_ Et tu l'as largué? Comme ça?
_ Chérie, je n'allais tout de même pas me laisser mener par ce misogyne!
Cuddy éclata de rire.
_ Il ne voulait pas partir à cause de son boulot.
_ C'est bien ça le problème! Un gosse pleurnichard qui a peur de s'engager et de suivre la femme qu'il aime soit disant jusqu'au bout d'un monde!
La doyenne se crispa et bu une gorgée de vin. Mégane s'accouda à la table et se pencha vers elle.
_ Mais dis moi, toi, tu en as un dans ta vie? Un homme qui n'a pas flippé en apprenant que tu dirigeais un hôpital.
_ Eh... Bien...
_ J'ai croisé Gregory House dans le couloir. Ou plutôt, je l'ai aperçu et lui était trop occupé à insulter une pauvre femme pour me voir... Il n'a pas changé d'un poil! Tu l'as embauché? Et pourquoi se balade-t-il avec une canne?
_ Et l'Europe? ça te plait? Tu vis où exactement?
Mégane fronça les sourcils.
_ Quand tu évites les questions c'est que... Oh! C'est lui?
_ Bien sûr que non voyons!
_ Ne joue pas ce jeu avec moi Lisa! J'te connais bien!
_ Mais arrête, c'est juste un employé! House est un bon médecin qui...
_ A un beau derrière.
Cuddy jeta de furtifs regard autour d'elle, en espérant que personne n'ait entendu son amie.
_ Mégane! Voyons!
_ Oh aller... Retire moi ce masque de doyenne frigide et raconte moi tout!
_ Je crois que je vais prendre un autre verre...
_ Est-ce qu'il baise bien au moins?
Cuddy vida son verre d'une traite et expira longuement.
_ Malgré son handicap... Oui, il est plutôt bon.
Mégane haussa un sourcil. Ce qui fit sourire la doyenne malgré elle.
_ Ok j'avoue, c'est l'extAse! Et House reste et restera le meilleur coup que je n'ai jamais eu. Mademoiselle a eu ce qu'elle voulait?
Locke éclata de rire et leva son verre.
_ Du moment que tu es comblée, je suis heureuse pour toi! Et sa canne n'est vraiment pas mal!
_ Toi alors... Tu n'as pas changé...
_ Toi non plus Lisa. Preuve en est, tu es avec Greg. Tu n'a pas cessé de...
_ Est-ce qu'on pourrai arrêté de revenir sur le passé et parlé du présent? Hum?
Cuddy prit sa fourchette et la planta dans son filet sans quitter son amie du regard.
_ Tu es gênée d'en parler parce que vous êtes dans une impasse? Vous êtes arrivé à un stade où vous devez faire un choix qui changera votre vie et votre façon de voir les choses... Qui changera vos rapports... C'est ça?
Cuddy soupira.
_ J'avais oublié que tu avais fait des études de psychologie...
Mégane sourit mais jugea bon de ne pas pousser son enquête sur la vie affective de son amie.
_ Je suis installée en France depuis trois ans.
_ Et tu aimes?
_ Pour mes convictions, c'est le paradis. Je crois bien que ce pays est le seul pays au monde ou il existe des associations pour des associations, des syndicats pour des syndicats. Des manifestations contre des manifestations...Et des grèves contre d'autres grèves!
_ A ce point?
_ Chacun à son point de vue et le défend à sa guise! Et les lois sont du côté de ceux qui veulent hausser la voix. C'est parfait pour faire valoir le droit et le pouvoirs des femmes.
_ A côté de toi, Malcom X n'est rien!
_ Vas-y moque toi, mais tu verras. Tout peux changer. Du jour au lendemain...
_ Je suis ravie que tu te plaise là-bas! Mais dis-moi, qu'est-ce qui t'amène ici?
_ Les affaires. Un fusion a mettre sur pied, des contrats à signer... Deux trois détails à régler pour un flamboyant projet.
_ Top secret?
_ Quasi! Je ne t'en dis pas plus, tu seras mise au courant en temps et en heure...
_ Par les journaux.
_ Fréquenter Grégory te change.
_ Arrêtes avec ça.
_ Si tu n'es pas heureuse...
_ Je vais très bien! Je suis heureuse! J'ai un boulot qui me plait, un relation bizarre je l'avoue mais qui me suffit et me contente!
_ Alors fais le lui savoir.
_ Un autre verre?
_ Chérie, dans vingt minutes il te faudra reprendre le boulot, je crois qu'on a assez bu.
_ On ne s'est pas vu depuis quoi... Quinze ans? ça se fête!
Mégane sourit et se servit un verre d'eau.
_ On aura l'occasion de se revoir... Je vais rester pendant un certain temps.
Cuddy hocha la tête et s'appliqua à finir son plat.
_ Sinon... Ton Grégory... Il aurait pas un ami célibataire?
La doyenne manqua de s'étrangler sous le regard moqueur de Mégane Locke.
Non... En quinze ans... C'était toujours la même...

_ Oh mon Dieu non! Non! Ce n'était pas elle... Juste une femme qui lui ressemblait... Non...
Cuddy se posa une main sur le front et ferma les yeux.
_ Qui est Mégane? demanda Wilson.
_ Une vieille amie. répondit House en observant la doyenne marcher en long et en large.
_ Si je comprends bien, toutes nos anciennes connaissances se pointent pour se servir de nous ou nous mettre des bâtons dans les roues...
_ C'est à peu près ça oui.
_ J'ai eu une visite de ma grand-mère récemment.
_ Ben je suis sûr que c'est le cerveau de l'affaire!
Cuddy se tourna brusquement vers House et le fixa d'un regard incertain.
_ Oui?
_ C'est vrai?
_ Que la grand mère de Wilson est le cerveau de ce réseau terroriste?
_ Non! Que tu es entré en contact avec la CIA!
_ Mégane est venue te recruter c'est ça?
_ Là n'est pas la question!
_ Tu devrais entrer dans leurs rangs. Tu auras de beaux joujoux tous neuf et le respect de tes paires.
Exhalant un soupir, la doyenne se rapprocha de lui.
_ House... Si tu en sais plus, si tu as une carte en main que nous ignorons Wilson et moi... Il serait temps de nous en faire part... Je suis dépassée... Et j'apprends des choses sur toi de la bouche des autres...
_ Si tu es entré en contact avec un agent de la CIA, je crois que nous sommes en droit de le savoir. dit Wilson.

_ Il n'y a rien à savoir.
House sortit de l'ascenseur et clopina vers son bureau. Wilson le suivit en étouffant une imprécation.
_ Et tu priais quel dieu là? demanda le diagnosticien en poussant la porte.
_ Hier, à moitié saoul, tu m'as dit que tu avais une piste. Donc qui dit piste dit enquête...
_ Élémentaire mon cher Wilson!
_ House!
Le diagnosticien alla jusqu'à son bureau, faisant mine de na pas l'avoir entendu.
_ House!
_ Je suis infirme mais pas sourd. marmonna-t-il en fouillant dans son tiroir.
_ Regarde moi.
Il leva la tête et croisa un regard assassin.
_ Tu me fais peur. dit-il avec ironie.
_ Cuddy est au courant de se que tu prévois de faire ce soir?
_ Pas encore. répondit House en replongeant dans son tiroir.
_ Qu'est-ce que tu cherches?
_ Son string.
_ Sérieusement!
Le diagnosticien leva la tête vers lui et :
_ Son string.
Wilson, main sur les hanches, pencha la tête.
_ Le dossier. Je cherche le dossier du parrain.
_ Tu vas avoir des problèmes.
_ J'en ai déjà. Tu oublies que le corps à disparu? Les autorités sont sur le dos de Cuddy... Je dois régler ça...
_ Depuis quand t'occupes-tu des problèmes de l'hôpital et de Cuddy?
_ Si ma patronne se fait larguer, on va avoir un nouveau boss et mes actions risquent d'être fortement restreintes. Ah! Te voilà!
Il brandit le dossier et clopina en vitesse vers la sortie.
Wilson lui barra la route.
_ Cet homme que tu prévois de voir ce soir... Qui est-ce au juste?
_ Moins tu en sauras, mieux tu te porteras.
_ J'en sais déjà trop.
House sourit.
_ Tu ne sais rien.
Wilson glissa sur le côté. Le diagnosticien fit un pas en avant puis se tourna vers lui.
_ Et n'espère pas en savoir plus en allant trouver Cuddy.
_ Quand tu seras décidé à tout me dire - après avoir perdu un œil ou un doigt - viens me voir.
_ Faut que t'arrêtes les polars italiens. lui lança un House hilare en quittant la pièce.
Wilson soupira alors que le diagnosticien s'éloignait précipitamment.
Quand il fut certain que personne ne le suivait, il ralentit la cadence et parcourut l'hôpital, plongé dans ses pensées et le dossier.
Alors qu'il passait devant le local du gardien, la porte s'ouvrit brusquement, une paire de mains l'agrippa et le tira à l'intérieur.
_ Qu'est-ce que...
Son agresseur le fit taire d'un baiser autoritaire et glissa ses mains glacées sous son tee-shirt.
_ Vous ne devriez pas être en consultation docteur House?
Le diagnosticien étouffa un gémissement quand ces mêmes mains glacées glissèrent sous sa ceinture.
_ J'y serais si ma patronne ne venait pas de nous enfermer dans un placard étroit et sombre. lui glissa-t-il avant de capturer ses lèvres.
Cuddy le poussa contre le mur avec force, lui coupant le souffle. Il lâcha le dossier et s'attaqua à son chemisier tout en se laissant glisser sur le sol.
Allongés dans une position plutôt inconfortable, ils s'échangèrent des caresses enflammées en oubliant petit à petit qu'ils étaient dans le local du gardien.
Tout en retirant le soutien gorge de sa supérieure, House susurra :
_ J'en connais une qui a passé une rude journée...
_ La ferme.
Elle plaqua sa bouche contre la sienne pour couper court à toute conversation.
Le diagnosticien ne se fit pas prier d'avantage et répondit comme il se devait à cet ordre intimiste. Avec passion et malice.
Mais au bout d'un moment, elle se dégagea de lui et soupira.
House leva les yeux au ciel. C'était trop beau!
Elle se redressa et s'adossa au mur. Il l'imita et attendit qu'elle énonce la cause de cet arrêt soudain. Alors qu'elle cogitait en silence, il joua avec son soutien en le faisant tournoyer en silence. Un tableau plutôt comique...
_ J'ai un cas. finit-il par dire en posant le soutien gorge sur sa tête.
Cuddy se tourna vers l'aviateur H&M et soupira à nouveau.
_ Je suis désolée...
_ Pas autant que moi...
Il agrafa le soutien sous son menton et tendit le bras vers l'interrupteur. Il alluma et se tourna vers la doyenne.
_ J'ai l'air de quoi?
_ D'un parfait idiot. répondit-elle en lui arrachant le soutien gorge de la tête.
Elle l'enfila et tendit le bras vers son haut. House attrapa sa main et la força à le regarder.
_ Mon cas n'est pas urgentissime!
_ Ce que j'ai fait est tout sauf professionnel. Nous sommes sur notre lieu de travail... Nous ne devons avoir aucun ra...
_ La première fois qu'on l'a fait, ce n'est pas ce que tu disais.
_ Et bien j'avais tort!
Elle se dégagea de sa prise et attrapa son chemisier.
_ Tu es préoccupée. déclara le diagnosticien en l'observant.
_ Un peu oui... avoua-t-elle en se boutonnant.
_ Encore cette histoire de corps disparu?
_ Les actionnaires posent des questions et les bruits courts sur l'identité de notre cher macabé. Si les mauvaises personnes apprennent qu'il s'agissait d'un parrain de la mafia italienne...
_ Il me faudra baiser avec un nouveau boss...
Cuddy se raidit mais ne releva pas. Les paroles de Mégane flottaient toujours dans son esprit et le vin coulait encore dans ses veines.
House prit sa veste et en retira son flacon de vicodine. Il goba un comprimé puis ferma les yeux.
_ Qu'est-ce que tu fais? demanda-t-elle. Tu as mal?
_ Non... J'essaie juste de calmer mes pulsions sexuelles éveillées par ma charmante patronne...
_ Je suis désolée.
_ On l'aura compris...
Cuddy sourit et lui déposa un baiser sur la joue.
_ Je te promets de me rattraper ce soir.
_ Justement... En parlant de ça... Je risque d'être là plus tard.
_ C'est à dire?
_ J'ai retrouvé la trace de Consuela et ce soir je dois rencontrer...
_ Il n'en ai pas question!
House lui fit signe de se calmer.
_ On pourrait nous entendre... Et je suis buste nu.
Cuddy ramassa son tee-shirt et le lui jeta en pleine tête.
_ Plus maintenant! siffla-t-elle.
_ Laisse moi au moins t'exposer la situation...
_ Non! Je t'interdis d'aller là-bas!
_ Tu ne sais même pas où je vais...
_ Peu importe, ce sera dangereux et je ne veux pas te revoir découpé en petits morceaux dans un bocal!
_ Toi aussi, va falloir que tu arrêtes les vieux polars italiens...
_ Hou...
Il lui plaqua une main ferme sur la bouche. Elle se dégagea et continua en chuchotant.
_ House! Il n'est pas question que tu risques ta peau pour étancher ta soif de curiosité. Cet homme a été assassiné...
_ Par le biais d'une chose inconnue!
_ Et si nous nous en mêlons, nous risquons de nous retrouver entre des feux croisés ou pire encore! Alors non c'est non!
_ Je vais juste récolter deux trois informations...
_ J'ai dit non!
_ Et combien de fois fais-je ce que tu m'ordonnes de faire?
Cuddy se figea. Là, il marquait un point. Quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse, il n'en ferait qu'à sa tête.
_ Promets moi d'être prudent.
Le visage de House se fendit d'un sourire enjôleur.
_ Inquiète?
_ Je n'ai pas de pénis de substitution.
Et vlan! House ouvrit la bouche puis la referma. Aucune réplique cinglante ne vint à son esprit. Il opina en silence et enfila son haut.
Cuddy l'observa faire avec un sourire narquois puis lui tendit sa canne. Elle prit son dossier et se releva. Quand House fut debout et habillé elle le lui tendit et l'embrassa dans le cou.
Avant qu'il ne sorte, elle lui glissa :
_ Je n'ai pas de pénis de substitution parce que le tien me suffit amplement et ne me fait jamais faux-bond.
Ragaillardi, le diagnosticien sortit du local la tête haute et le buste bombé.
La doyenne le regarda s'éloigner avec amusement et appréhension.

TBC...

TBC...