Oui, ça ne fait que deux jours, mais vous avez été nombreuses à reviewer, donc la suite arrive vite (tu vois, ilai, même trois mots, ça sert : ça booste, l'auteur !). Donc grand merci à tous, ça rassure de voir qu'on est lue, vous vous en doutez. Bienvenue à scheir4ever parmi les lecteurs qui laissent un mot (pour cette fic-ci, parce que tu as déjà été plutôt généreuse avec les autres fics :p).

Julie Winchester et ses calculs (tu fais bien de compter !) : L'insémination à leur insu, c'est pas très sympa en effet... Alors, niveau éthique, qui est le pire ? Atlantes, Furlings, Anciens ?

Je précise à Hathor2 que j'aurai bien voulu lui dédier un chapitre, mais vu que cette découverte des grossesses sur Atlantis vire au cauchemar, je vais m'abstenir...


J + 18

- Heeeu qu'est-ce qui se passe ?

John avait été appelé par le doux son du haut-parleur de la Cité, alors qu'il était fin prêt pour se coucher, et donc sous silence radio. Lui qui se ravissait déjà de pouvoir, pour une fois, se coucher à une heure décente – minuit et demie- s'était vu intimé de se rendre à l'infirmerie. C'était donc rhabillé - mais avec toujours son tee-shirt de pyjama « Tequila forever » des sponsors mexicains - qu'il avait atteint le pôle médical. Trois patients un peu inquiets étaient assis sur leurs lits, le regard tourné vers le fond de l'infirmerie, d'où provenaient des piaillements de voix aigues, qui tenaient plus de l'élevage en batterie que du salon de thé. Ne sachant répondre à John sur ce qu'il se tramait là, le lieutenant-colonel s'approcha.

Un groupe d'une dizaine de femmes – dont deux étaient en larmes, nota-t-il – discutaient vivement. Teyla, Jennifer et Sam étaient parmi elles et il crut reconnaître aussi Katie Brown. L'atmosphère était lourde, elles semblaient anxieuses voire paniquées pour certaines. Une quinquagénaire à l'air pas commode se tenait quelques mètres avant le peloton, barrant le passage à tout intrus. John lui reposa sa question, inquiet :

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- On vous attendait.

La poigne de Laverne était légendaire, mais la tester n'était jamais très reluisant : sans qu'il ait eu le temps de réagir, elle le poussa vers le gynécée, et il se retrouva seul homme au milieu d'un monde cruellement dénué de testostérone. Ces dames se turent à son arrivée « musclée », et il se racla la gorge. Il aimait les femmes, oui, mais là c'était trop : il n'était pas à l'aise du tout, et en voir deux pleurer renforçait encore ce sentiment. Heureusement pour lui, Sam le prit vite à part. Les autres repartirent leur discussion animée.

- John !

- Mon colonel… qu'est-ce qui se passe ?

Il espérait enfin avoir une réponse, mais elle ne fit que soulever une évidence :

- Nous avons un problème.

- Ce qu'il me semblait.

Elle désigna l'assemblée féminine qui babillait toujours et lâcha gravement :

- On est enceintes.

Il n'eut pas la réaction escomptée : il se contenta de passer la langue sur ses lèvres en fronçant les sourcils, avant de demander :

- Répétez ?

- Nous-sommes-toutes-enceintes.

Cette fois, l'idée du faire son chemin, ou alors il se rendit compte qu'il ne rêvait pas. Elle crut que ses yeux allaient sortir de ses orbites.

- QUOI ?

- Je répète une deuxième fois ?

- Mais vous nous avez dit que vous n'étiez pas… et Teyla ? Et Keller ?

- Toutes. A cent pour cent.

Il avait encore la bouche ouverte et les yeux écarquillés à outrance quand Jennifer les rejoint.

- Je vois que Sam vous a annoncé…

- Je dois dire que… c'est assez… déconcertant. Autant d'un coup. Vous… c'est le hasard ou…

- Ok, vous n'avez rien compris, déduisit Keller.

Il la regarda de travers et elle explicita :

- Nous sommes célibataires.

- D'accord, mais ça n'empêche pas…

- Pas de rapport sexuel depuis un an pour moi. Un peu plus pour elle, fit le médecin en désignant Sam. Beaucoup plus en fait.

Elle espérait qu'en insistant ainsi il saisisse, et ce fut le cas : il se retrouva à nouveau sans voix. Pour toute explication elle lui passa une image d'une échographie qu'elles avaient réalisée. Il l'observa à la lumière, inquiet.

- C'est…

- Ce que nous avons toutes dans le ventre, fit Sam, amère.

Le cœur de Sheppard s'accéléra et son visage s'assombrit.

- On dirait…

- Des Furlings, finit Sam.

Il la regarda, éberlué.

- Comment c'est possible ça ?

- Ce n'est pas possible.

Il regarda à nouveau l'échographie, tourmenté. Sam atterrée commença à expliquer ce qu'il s'était passé ce début de nuit : la prise de conscience que quatre femmes s'étaient déclarées enceintes, le doute, les tests de grossesse avec les infirmières, le constat absurde de leur positivité, l'appel à Teyla et à celles qui se pensaient futures mamans, les prises de sang et les échographies pour toutes. Il en resta abasourdi. Il comprenait maintenant la détresse de Lucy et de Milla, qui pleuraient à chaudes larmes à deux pas de là : leur joie de se penser futures mères s'était cruellement envolée pour laisser place à la certitude que dans leurs ventres grandissaient des monstruosités. Katie quant à elle avait l'air attristée, mais pas autant que les deux autres.

- Voilà où nous en sommes, conclut Sam en soupirant, dépitée.

- Nous venons d'effectuer les tests sur nos échantillons sanguins : nous sommes presque toutes enceintes de neuf semaines.

Le sergent Bell avait au moins été rassurée de voir que son taux anachronique de bêta-hCG relevait d'une certaine « norme ».

- « Presque » toutes ?

- Et bieeen… il y a quelqu'un qui est vraiment enceinte et qui a des taux qui correspondent à son état, fit Keller en jetant un regard à l'une des femmes du groupe. Et son échographie est explicite…

- Laquelle des quatre ?

- Des quatre ?

- Des quatre qui se sont déclarées enceintes.

- Oh, aucune des quatre…

- C'est moi, John.

- … TEYLA ?

L'Athosienne s'était rapprochée pour annoncer la nouvelle. Il ne la lâchait pas des yeux. Ca faisait beaucoup pour cette nuit.

- Ecoutez, vous en discuterez plus tard, conseilla Carter. C'est la seule chose naturelle du moment : c'est le surnaturel qu'il s'agit de gérer maintenant.

John fit un effort surhumain pour cligner des yeux et revenir sur la dernière chose que Keller lui avait annoncée, mais avec une toute petite voix pas du tout assurée.

- Enceintes de neuf semaines, vous avez dit ?

- Oui.

- C'était quoi il y a neuf semaines ? Halloween ?

- De toute façon les résultats ne correspondent pas à une réalité, fit Sam. Nous avons découvert le Furling il y a bien moins de neuf semaines, cela ne fait même pas vingt jours…

- Mais comment il a pu… vous mettre enceintes… alors qu'il est mort ?!

- On n'en sait rien, avoua Sam.

- Bienvenue dans le programme Stargate, colonel, lança Jennifer d'une voix non enjouée et monocorde.

Ils se turent tous quatre. Teyla profita que les trois autres réfléchissaient pour s'éclipser et continuer à réconforter les pleureuses. Elle était mal à l'aise malgré elle de savoir qu'elle était la seule à pouvoir se réjouir d'être enceinte.

Des trois Américains, John fut le premier à formuler ce que tout le monde pensait :

- Il faut interroger Leia.

- Neleia, corrigea Carter par automatisme. Oui. Là il est… une heure du matin, je ne sais pas si la réveiller maintenant nous avancera beaucoup…

- Peut-être qu'en effet tout le monde a besoin d'une bonne nuit de sommeil pour que tout ceci s'éclaire.

- Sheppard ! Vous n'êtes pas en train de rêver !

Il soupira à la remarque, pertinente, de Keller.

- Il a raison, fit Sam. On ne va pas la réveiller maintenant. La priorité c'est surtout de savoir combien de femmes sont concernées par le phénomène, pour pouvoir traiter leur cas au plus vite.

- Quoi, vous pensez qu'il peut y en avoir d'autres ?!

- John ! Il n'y a aucune raison que ça se limite à nous seules !

Le lieutenant-colonel poussa un soupir à fendre l'âme, mais il fallait se montrer fort devant le sexe faible. Il échouait hélas lamentablement. Il désigna l'échographie des mini-monstres :

- Qu'est-ce que vous comptez faire de ça ?

- Avortement, expliqua laconiquement Keller. On a de quoi pratiquer trois IVG médicamenteuses, mais ça ne suffira pas. Et puis il vaut mieux être sûrs que… tout a été enlevé. Déjà que c'est arrivé sans prévenir…

Elle semblait faire abstraction du fait qu'elle était aussi concernée, pour parler d'un ton professionnel, même si sa voix tremblait légèrement.

- La première IVG est programmée demain, en fin de matinée, annonça-t-elle.

Il hocha la tête, mais sa moue signifiait bien que ces choses le dépassaient et qu'il n'avait rien à en dire. Le médecin devait savoir ce qu'elle faisait.

Carter récapitula :

- Demain, dès huit heures, réunion de toutes les femmes au mess. On distribue des tests, on fait des prises de sang… Ensuite on interroge Neleia… et on voit ce qu'elle peut nous dire. Puis on procédera aux premières interventions.

- En espérant que nous ne soyons pas trop nombreuses, fit Keller. Pour que ce soit vite fini.

- C'est vous qui allez faire tout ça ?

La question de John était une interrogation déguisée afin de savoir comment Keller allait faire pour son propre cas. Elle répondit simplement :

- Le docteur Biro et le docteur Cole me suppléeront.

- En quelques jours, tout ceci devrait être fini, fit Sam. Et espérons que nous aurons également compris ce qu'il s'est passé, pour éviter que cela ne se reproduise… et que personne n'aura de séquelles.

Son ton était grave, la solution semblait trouvée mais elle n'avait pas l'air vraiment rassurée. Ses deux subordonnés non plus : ce qui leur arrivait était trop étrange et touchait trop intimement certaines personnes ici pour être pris avec détachement.

- Bien, je vais annoncer qu'il n'y a plus rien à faire d'autre que dormir, pour ce soir, annonça Keller en s'éloignant vers le groupe de femmes.

Sam échangea un regard avec son second, un regard qui voulait signifier que les jours à venir n'allaient pas être faciles.

Elle s'éloigna de Sheppard penaud, et laissa la place à Teyla – ce qui ne le remonta pas forcément. Les deux amis se regardèrent un moment sans rien dire. John finit par ouvrir la bouche :

- Donc vouuus… ?

- Oui.

- Mais quaaand… ?

- Je l'ai appris ce soir.

- Oh. Eeeet… ?

Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas cette fois le sens de sa demi-interrogation. Il finit par prononcer :

- Qui ?

Elle soupira et le considéra un moment.

- Un Athosien. Kanaan.

- Maaaais… d'accord.

- Nous sommes ensemble depuis plusieurs mois maintenant, mais ma situation est compliquée, nous ne pouvons nous voir aussi souvent que nous le souhaitons… Je suis très heureuse d'attendre un enfant de lui. Même s'il y a une certaine forme de jalousie de la part des autres femmes ici…

Le militaire continuait à la regarder avec de grands yeux à la fois stupéfaits et presqu'horrifiés. Peut-être autant qu'en découvrant l'échographie des Furlings. Il bloquait complètement sur l'information. C'était la première chose de la journée que Teyla trouvait amusante. Si elle n'avait pas été aussi fatiguée…

- Je suis enceinte de trois semaines. Avant que l'on ne découvre le vaisseau Furling, donc. Il faut croire que ça m'a préservé d'une grossesse « étrangère » survenue sans doute après que l'on n'ouvre le vaisseau.

- C'est sûr ?

- … Que je n'ai pas de Furling en moi ou que je suis enceinte ?

John soupira. Bon sang, il y avait des journées où il aurait encore préféré se retrouver seul face à trois ou quatre Wraiths. Au moins, l'affaire aurait été dans ses cordes, et surtout vite réglée.

vVv

- Colonel Carter ? Vous m'avez appelé ?

- Il y a vingt bonnes minutes, Hoacks.

- Excusez-moi, je me suis perdu : je ne savais plus où était votre bureau.

Sam soupira. Elle avait les traits tirés et des cernes marqués : elle avait très peu et mal dormi.

- Asseyez-vous, Henri. Dans une heure nous allons convoquer toutes les femmes de la Cité, suite à… une effroyable découverte cette nuit.

- Ah bon ? s'inquiéta le psychiatre en pliant ses grandes jambes pour se poser sur sa chaise, face au bureau de la dirigeante.

- Il va falloir que vous les aidiez à accepter quelque chose de difficile. Et que vous aidiez aussi celles qui sont déjà au courant… parce que je vous assure qu'elles ont toutes beaucoup de mal à supporter l'idée…

vVv

Les portes du mess, une fois n'était pas coutume, étaient closes. Des grappes d'hommes s'agglutinaient devant elles, histoire de savoir ce qui se tramait à l'intérieur. L'un d'entre eux, en retrait et bras croisés, dominait la foule et restait concentré sur l'entrée.

- Ronon ?

Il se tourna vers le major Lorne qui arrivait, un peu décontenancé par le bazar ambiant, et surtout par l'annonce qui était passée il y avait une demi-heure, ordonnant à toutes les femmes de se rendre au plus vite au mess. UNIQUEMENT les femmes.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Aucune idée.

Le Satédien reposa son regard sur les portes. Elles ne tardèrent pas à s'ouvrir, et Sheppard sortit. Quand elles se refermèrent, l'officier en second de la Cité se retrouva seul face à une bonne cinquantaine d'Atlantes mâles. Il fendit la foule sans répondre aux questions, se contentant de lever les bras en signe d'apaisement.

- On vous expliquera, on vous expliquera !

Le « on » bien sûr était un pronom choisi. Il s'éloigna et les curieux, voyant qu'il ne les désapprouvait pas, reprirent leur poste. Encore heureux que la découverte des grossesses multiples n'ait pas encore fait le tour de la Cité. Laverne avait su se montrer très persuasive envers les trois malades qui avaient assisté à toute l'effervescence de cette nuit. Il atteint Lorne et Ronon.

- Mon colonel ? Que se passe-t-il ?

- Je me défile.

Il ne répondit pas au regard interrogateur de ses deux interlocuteurs et se passa une main sur le visage.

- C'est grave ? demanda Ronon.

- Si vous entendez des cris venir de l'intérieur dans quinze minutes alors oui, c'est grave. Vraiment très grave…

Le major et Ronon échangèrent un regard peu rassuré.


Julie Winchester pourra établir un compte précis du nombre de femmes enceintes au total après le prochain chapitre !