Et voici le nouveau chapitre! Sans plus attendre, je vous laisse le lire et on se retrouve comme d'ordinaire, en bas.

Bonne lecture.

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Elle se tenait là, à quelques mètres de lui, à l'endroit où ils s'étaient rencontrés pour la première fois, deux ans auparavant. Son sourire en coin malicieux, à la fois perfide et innocent, éclairait son visage parfaitement sculpté de la plus flatteuse des manières. Ses doigts s'ourlaient autour d'une rose de velours, celle qu'il lui avait offerte, ce soir-là, lorsque leurs destins avaient basculé. Comme à chaque fois qu'il sentait le sucre de son parfum, comme à chaque fois qu'il regardait dans ses yeux outremer, son cœur s'arrêta de battre quelques instants.

Puis la réalité prit le dessus, avec une violence inouïe, qui n'avait jamais cessé de le hanter, de lui faire craindre jusqu'à son nom, son souvenir, son ombre. Elle n'était plus là. Leurs rencontres n'appartenaient plus qu'au domaine des songes. Elle l'avait trahi de la plus odieuse des manières, l'avait jeté en pâture aux loups, en brisant son cœur, son âme, son essence même en un seul geste spectaculaire.

Malgré cela, il ne pouvait que l'aimer. Il l'adorait avec une passion qui n'appartient qu'aux contes, avec force, déraison, et ce à jamais.

Il se sentit stupide en tendant des doigts tremblants vers elle. Elle, qui souriait en effeuillant sa rose, le moquant, le blessant, le rendant plus bas que rien.

-M'aimes-tu ?

Sa voix était cristalline et un appel au péché. Il déglutit, enfonçant ses ongles dans ses paumes, comme un adolescent connaissant ses premiers émois.

-Tu sais bien que oui.

-Tu es un imbécile, Drago.

Il se tut. Il le savait déjà, tout cela.

-Tu me hantes, finit-il par prononcer d'une voix rauque. Jour et nuit, il n'y a que toi.

Elle ferma les yeux un instant, secouant la tête, et lança,

-J'aime te torturer.

-N'est-ce pas suffisant, ce que tu m'as fait ? J'aurais du te tuer.

-Tu en es bien incapable.

-Je le sais.

Il y eut un flottement paisible, puis elle reprit, une lueur assassine dans l'œil.

-Ta raison t'indique de me supplier de te laisser en paix, pour que tu puisses tourner la page et m'oublier. Mais si je faisais cela...

Elle jeta la rose à terre et l'écrasa brutalement sous son talon. Il eut l'impression que son cœur saignait devant la signification de ce geste.

-...Tu en mourrais, acheva-t-elle avec triomphe.

-Tu aimerais me voir mort, asséna-t-il.

-Tu te trompes, Drago. Toi mort, je ne pourrai plus te hanter, n'est-ce pas ?

-Comment réussis-tu cela ? À envahir mes rêves ?

Elle eut un sourire quelque peu mystérieux et ne répondit pas. Ses mèches auburn tombaient le long de ses joues pâles, enflammant sa personnalité et magnifiant sa beauté.

-Il y a l'autre, aussi, n'est-ce pas... ?

Il serra les poings et pour la première fois, détourna le regard.

-J'aimerais que tu ne parles pas d'Astoria, s'il te plaît.

Son rire était froid lorsqu'elle répliqua,

-Oh, mais je ne parlais pas d'elle.

Il leva la tête, confus, mais elle avait disparu. Alors, il laissa le néant de la peine l'envahir.

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Drago ouvrit les yeux abruptement, en sueur et le cœur comme poignardé. D'un bond, il se leva, fixant les draps humides d'un œil fou, comme s'ils étaient responsables de son rêve. Elle, encore et toujours elle...la seule femme qu'il eut jamais aimé. Et malgré sa trahison, il ne pouvait parvenir à regretter ce que lui dictait son cœur. Drago se tourna, nauséeux, et, éclairé par la lune qui caressait la chambre de ses rayons glaçants, saisit sa baguette qu'il pointa sur la porte d'une petite armoire au coin de la pièce. La porte s'entrouvrit avec un cliquetis.

Il s'avança lentement, comme hypnotisé. Délicatement posée sur un piédestal de marbre blanc, une cloche de verre abritait une rose de velours, belle et fraîche comme au premier jour. Il demeura longtemps devant le spectacle de sa propre déchéance, jusqu'à ce qu'une douleur au bras le rappelle à lui. Serrant les dents, il tira son regard de glace de la fleur et le reporta sur la Marque des Ténèbres ornant sa chair. Le devoir l'appelait.

Se détournant totalement de son secret le plus cher, il se vêtit rapidement et sortit de ses appartements en traversant l'antichambre. Il s'arrêta en voyant une petite forme roulée en boule à même le sol, seulement couverte de la cape de voyage qu'il lui avait donné. La lune l'éclairait, la rendant aussi délicate qu'une statue. Avec ses traits angéliques et ses boucles sauvages, Hermione Granger ressemblait à une ange déchue. Cette comparaison ironique lui rappela une fois où Elle, Elle l'avait comparé à un ange...il serra les dents. L'une comme l'autre et chacune à leur manière, ces deux femmes étaient des démons.

Drago laissa la porte claquer derrière lui en sortant.

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-Mon Maître.

Un sifflement d'avertissement s'éleva dans la pénombre, et par-dessus le dossier du fauteuil tourné dos à elle, Pansy vit la tête énorme d'un serpent s'élever, yeux fendus braqués sur elle. Néanmoins, elle ne broncha pas, se contentant de maintenir sa position, courbée servilement face au dossier.

-Pansy, s'éleva la voix glaçante de l'occupant du siège. Relève-toi et approche.

Pansy s'exécuta, contournant lentement le fauteuil pour se tenir entre la cheminée et son maître. Lord Voldemort, tournoyant sa baguette entre ses longs doigts osseux, fixa sur elle un regard calculateur et froid. La jeune femme attendit respectueusement qu'il lui fasse signe de parler.

-Alors, ma chère enfant, demanda Voldemort d'une voix calme. Où en est notre plan ?

Pansy inspira lentement et déclara,

-Tout fonctionne selon nos prévisions, Maître. À l'heure qu'il est, Avery et Mulciber sont à Douvres, arrêtant un convoi de Sang-de-Bourbe qui...

-Pansy, je ne te parle pas des affaires courantes, l'interrompit Voldemort avec une menace claire dans le ton. Je te parle de notre projet...particulier.

-Oui, Maître. À vrai dire, je n'ai pas eu vent d'une avancée quelconque. Drago reste trop dans le passé...

-Alors Drago mourra, décréta Voldemort d'une voix glaciale. Il sait ce que j'attends de lui.

-La Sang-de-Bourbe est passée à son service personnel ce soir, annonça Pansy. C'en est fini du traitement de Lucius à son égard.

-Parfait, répliqua songeusement Voldemort. Tu peux te retirer.

Pansy effectua une révérence et se dirigea vers la porte.

-Oh, et Pansy... ?

Elle s'arrêta net, dos au fauteuil.

-Je te conseille de précipiter l'échéance, sans quoi ma colère se fera sentir de manière très peu plaisante.

Elle hocha la tête, silencieuse, et sortit.

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-Je suis lassée de constater que la date du mariage est en permanence reculée, lança Astoria en faisant les cent pas. Lassée de ne pas savoir si mon fiancé va rentrer dormir à mes côtés ou non. Lassée de voir qu'il accorde plus d'importance au maintien de la Sang-de-Bourbe à ses côtés qu'à mon épanouissement personnel...

Narcissa tourna une page de son livre de potions, jeta trois gouttes d'une substance verdâtre dans son chaudron, et porta son regard de givre sur la ravissante jeune femme qui faisait claquer ses talons sur le chêne du parquet.

-Cessez donc de pleurnicher comme une enfant, ordonna-t-elle d'une voix coupante. Vos lamentations n'intéressent personne. Vous êtes fiancée à un Mangemort, pour l'amour de Belzébuth, tentez du moins de vous comporter en tant que tel.

Astoria lui jeta un regard furieux entre ses longs cils soyeux, et se posta devant une fenêtre, admirant silencieusement la neige qui tombait dehors.

-N'êtes-vous jamais lassée de voir votre époux batifoler avec une esclave ?

Narcissa se figea, et porta un regard assassin sur sa belle-fille.

-Ce ne sont pas vos affaires. Restez à votre place, Astoria.

-Mais moi je ne peux pas fermer les yeux, siffla la jeune femme en traçant un panneau de son index tendu. Je serais véritablement horrifiée si Drago en venait à...avec Granger...je ne peux même pas prononcer ces mots.

-Dans ce cas ne les prononcez pas, rétorqua Narcissa en haussant les épaules avant de saisir une fiole.

Astoria roula joliment ses yeux émeraude, et murmura,

-Il suffirait de faire disparaître Granger. Nous ne sommes pas à cela près...

La jeune femme lâcha un glapissement en voyant, dans la vitre, Narcissa lever sa baguette et lui jeter un informulé. L'éclair rouge l'évita à peine, venant briser le carreau, et la matriarche Malefoy fut devant elle en un instant, la tenant en respect avec son arme.

-Le Seigneur des Ténèbres a un plan pour la Sang-de-Bourbe, siffla-t-elle d'une voix à geler des glaçons. Je te déconseille de la toucher, Astoria. Ce sont toutes nos vies en jeu.

L'instant d'après, Narcissa était près de la porte, redressant son corset noir de jais avec élégance.

-Que diriez-vous d'une tasse de thé ? proposa-t-elle aimablement.

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Tadam.

Et voilà pour ce nouveau chapitre. Qu'en avez-vous pensé? Du rêve de Drago? De tout le reste? De la menace que représente Astoria? Etc.?

Mes autres fics se verront bientôt ajouter de nouveaux chapitres également.

Review please! Et à très vite!

Bises,

DIL.