Passing By
Auteur : DeltaSwan90
Traduction : Lili26
Merci à tous pour toutes les reviews.
Je publie ce chapitre sans être passé par mon béta alors désolée pour les fautes mais je voulais vraiment poster ce chapitre :D
Bonne lecture
Chapitre 10 : Gentillesse
Le lendemain, Edward et moi allâmes au marché comme d'habitude, mais nous nous arrêtâmes à la poste* sur le chemin du retour. Je payais le timbre et nous envoyâmes la lettre.
Je pourrais dire qu'il était toujours nerveux, mais c'était pour le mieux. Je n'avais pas demandé ce qu'il leur avait dit de sa situation actuelle… ou celle passée. Malgré son inquiétude, je pensais toujours qu'Edward se sentait un peu soulagé. Comment ne pouvait-il pas l'être ? Je savais que ça lui avait pris beaucoup de courage pour demander mon aide et je ne pouvais pas être plus heureuse qu'il ait fait.
Tandis que les jours passèrent, Edward continuait à s'occuper dans la maison. Il était une complète et totale bénédiction. La maison n'avait jamais semblé dans un meilleur état. Il avait peint des murs, réparé des fenêtres, poli l'argenterie et des centaines d'autres choses pour lesquelles je n'avais jamais pensé qu'il puisse m'aider. Il m'avait même aidé à replanter quelques-unes de mes plates-bandes.
Presque chaque jour nous allions en ville et faisions les courses au marché. Edward était toujours silencieux – c'était assez ordinaire – mais alors que nous approchions de la fin de notre marche, il devenait aussi incroyablement tendu.
La tension culminait quand il allait vérifier le courrier. Je n'entrais jamais avec lui. Je ne voulais pas le rendre encore plus mal à l'aise. Chaque fois, il sortait du bureau de poste avec une différente expression sur le visage. Parfois il semblait soulagé, d'autres il semblait si déçu que mon cœur me faisait mal.
Je voulais tellement qu'ils lui écrivent. Mais, je ne savais pas simplement si cela arriverait.
Que pouvait-il leur avoir dit ?
Leur avait-il dit la vérité ? Était-ce pour cela qu'ils n'avaient pas écrit ?
Mais pourquoi leur dirait-il la vérité et pas moi ? Avait-il peur de m'effrayer ? N'avait-il pas confiance en moi ? N'étais-je pas assez importante pour qu'Edward se confie ? Il ne me disait pas que la vérité parce que… je ne pouvais pas adéquatement répondre à cette question. Je ne savais pas simplement pourquoi.
Un vendredi après-midi je faisais du rangement dans la bibliothèque en attendant Alice qui devait arriver d'une minute à l'autre. Elle allait nous accompagner, Edward et moi, au marché. Alice croyait que ce serait une bonne idée pour nos voisins de voir Edward dehors avait quelqu'un d'autre que moi. Elle disait que ça construirait… "l'Acceptation Sociale." J'espérais qu'elle avait raison. Je rangeais quelques livres, quand je tombais sur un petit morceau de papier qui sortait d'un livre posé sur le bout de la table.
Je pris le livre et souris au titre.
The Scarlet Letter.
Je cru un instant que le morceau égaré de parchemin pouvait simplement être un marque-page, mais il a été placé au tout devant du livre.
Mes parents m'avaient toujours enseignés qu'il était impoli d'espionner. Mais, c'était trop tentant, et mon avidité et curiosité triomphèrent de moi.
Je regardais par-dessus mon épaule et sorti le morceau de papier. Il était plié en deux, je l'ouvris donc. À l'intérieur il y avait plusieurs mots écrits dans l'écriture la plus élégante que j'avais jamais vue. Mais les mots n'étaient pas ce à quoi je m'étais attendu.
Oignon, Tomate, Petits pois, Blé, Pommes de terre
Farine, Huile, Herbes, Beurre, Sel, Poivre
Agneau haché
Je fus troublée un moment. Puis, je me souvins. L'agneau haché était l'ingrédient principal dans ce plat qu'Edward voulait que je fasse pour lui ! Cottage pie ! J'avais complètement oubliée !
Je me sentis horrible subitement. Il avait du écrire cette liste depuis quelque temps. Pourquoi ne me l'avait-il pas donné ? Je connaissais Edward assez bien maintenant et j'étais certaine qu'il doit avoir cru qu'il s'imposait trop pour demander. Bien cette pensée s'installa dans ma tête. Un plan commença à se formuler dans mon esprit. Maintenant le seul problème était que faire avec Edward.
Juste alors, un coup retentit à ma porte. Je mis la liste dans mon tablier et couru pour y répondre.
Je l'ouvris avec facilité et devant moi se tenait une Alice très joyeuse.
"Bonjour*, Bella. Edward et toi êtes prêts à y aller ?" dit-elle d'une voix chantante.
"Alice !" m'exclamai-je. "Tu dois m'aider."
"Avec quoi ?" demanda-t-elle, ses yeux écarquillés de surprise.
"Je t'en prie, entre. Bonjour*, Jane," ajoutai-je.
Laissant Jane dans l'entrée, je tirai Alice dans la bibliothèque et fermis la porte fermement derrière nous pour garantir de l'intimité.
"Alice," dis-je calmement, "Je veux faire un dîner spécial pour Edward. Mais cela doit être une surprise. S'il vient avec nous au marché cet après-midi, il saura ce que je veux faire."
"Oh Bella, je crois qu'est une… idée magnifique."
Je rayonnais. "Excellent, je veux juste faire quelque chose pour le remercier. Il a vraiment été une grande aide dans la maison depuis qu'il est là, tu sais ?"
"Vraiment ?" Alice a demandé.
Je gloussais. "Évidemment Alice, crois-tu qu'il reste simplement assis ici à me fixer toute la journée ?"
Les joues d'Alice s'enflammèrent. Je ne compris pas pourquoi. Alors ce qui pourrait seulement être décrit comme un diabolique sourire se propagea sur son visage.
"Je suis sûr qu'il pourrait trouver d'autres façons… émoustillantes… d'occuper son temps. Et le tien aussi."
Je l'interrompis, "Alice Brandon ! Comment oses-tu dire de telles inconvenances ?"
"Inconvenances ! C'est ton mari," plaisanta Alice.
"Je t'ai dis que ce n'était pas comme ça entre nous."
Alice soupira dramatiquement, "Je sais, Bella. Mais je continue à espérer."
Je ris… mais ne lui confiais pas que je continuai à espérer aussi. "Laisse-moi juste de me débarrasser d'Edward pour que nous puissions y aller. Ça ne te dérange pas d'attendre ici ?"
"Non, va tisser ton infâme complot," dit Alice avec un signe de la main. "Jane et moi allons t'attendre dehors dans la calèche."
Je savais que je devrais avoir honte pour ce que j'étais sur le point de faire. Mais, j'avais besoin qu'Edward soit occupé.
Je me dirigeai vers le jardin. La chance semblait être de mon côté aujourd'hui. Il se reposait dans une chaise, profitant du soleil. Je pris une profonde inspiration et me lançai.
"Edward ?"
Il leva les yeux et sourit quand il me vit. "Bonjour, Bella. Est-ce que vous êtes… tu es prête à aller au marché ?"
"Oh bien, Alice vient juste arrivée et elle m'a demandé d'aller avec elle… seules. Elle veut me parler de quelque chose en privé. Je crois qu'il est d'un de ses prétendants. Ça ne vous… te dérange pas, n'est-ce pas ?" dis-je d'une voix trop douce.
Il sembla confus, mais ne protesta pas. "Non, pas du tout. Vo… Tu es sûre que ça va aller ? Je veux dire que…"
L'inquiétude dans sa voix me submergea. Il était sincèrement inquiet pour moi et j'étais sûre qu'il considérait que Charles nous avait faits promettre – que je n'irais nulle part sans Edward. Mais, si ça devait marcher, je devais être ferme.
"Oh, n'y pense pas. Ça ne gênerait pas Charles. En plus je ne serai pas seule. Alice, Jane et Alec seront avec moi. Pas besoin de s'inquiéter."
Il me regardait avec scepticisme. J'avais le sentiment qu'il voulait me contredire, mais à la place, il répondit d'une voix serrée. "Si tu le dis, Bella."
"Je devrais être de retour dans quelques heures. Dîner à 7 heures, d'accord ?"
"Évidemment," répondit-il, sans émotion. Je me sentais mal d'avoir blesser ses sentiments, mais j'étais certaine que ma surprise me ferait pardonner.
"Excellent, on se voit au dîner."
L'après-midi se passa admirablement. Je posais des questions à la femme du boucher sur la cottage pie et elle avait la recette dans un vieux livre de cuisine. Je trouvais tout ce dont j'avais besoin à l'étalage des divers vendeurs de la place du marché*. Je passais aussi du temps avec Alice – chose que j'avais négligée dernièrement. Nous parlâmes de choses frivoles, choses qui permettaient à nos esprits d'échapper à nos problèmes pendant quelque temps.
Mais Alice s'exprima aussi sur combien elle était seule. Elle ne le dirait jamais comme ça, mais je savais à quel point elle était triste. Tout le monde aimait Alice Brandon, cependant elle n'avait jamais été en mesure de donner son cœur à quelqu'un.
Les autres filles ne voulaient pas écouter les malheurs d'Alice. Elles croyaient que si elle a voulu se marier, elle le pouvait. Mais Alice ne voulait aucun des hommes qui venaient la courtiser. J'aimais penser qu'elle attendait quelque chose de spécial… quelqu'un de spécial. Et elle savait qu'elle ne pouvait simplement pas se contenter de moins.
J'espérai juste qu'elle n'attendrait pas pour toujours.
Alice me déposa à la maison. Après lui avoir souhaitée une bonne journée, je me précipitai à l'intérieur et jetai tous mes paquets dans la cuisine. Edward m'attendait; il descendit de sa chambre dès qu'il m'entendit.
Lorsque j'entendis le léger grincement de pas dans l'escalier, je me plaçai à l'entrée de la cuisine.
"Edward, tu as passé une bonne après-midi, je suppose ?"
"Oui, as-tu trouvé tout ce dont tu avais besoin au marché ?"
"En effet, merci," dis-je rapidement.
"Hm bien je pensais t'aider avec le repas…"
Je le coupais. "Oh non, je n'ai pas besoin d'aide. En fait, j'espérais que tu pourrais vérifier les étagères dans la remise. Certaines d'entre elles sont desserrés et j'ai peur que mes affaires tombent."
Edward leva un sourcil. Je savais pourquoi – ça ne me ressemblait pas du tout – mais j'avais besoin qu'il sorte de la maison.
"Bien sûr, Bella. Je vais me mettre au travail tout de suite."
Je le regardais se tourner rapidement et marcher dans le couloir. Je cru entendre le claquement de porte arrière. Il était irrité contre moi. Je gloussai comme une écolière. Je ne pouvais pas attendre de voir son visage quand il allait voir ce que j'avais vraiment préparer.
Je me mis à cuisiner, et il me sembla qu'un seul instant était passé lorsque j'entendis la porte arrière s'ouvrir puis se refermer.
"Bella, les étagères étaient parfaites. Je ne sais pas pourquoi tu étais si inquiète," entendis-je Edward dire du couloir.
"Oh bien," dis-je en retour.
Silence.
"Bien, je vais me rafraichir. Je descendrais bientôt pour le dîner," dit-il rudement.
"Bien sûr," dis-je nonchalamment. Je dus étouffer mes gloussements alors que je le voyais monter les escaliers d'un pas lourd.
C'était parfait. Je courus dans la salle à manger et sortis ma jolie porcelaine et mes meilleurs linges de table. Je pouvais sentir l'agneau cuire dans la cuisine. Ça sentait divinement bon.
Une fois que tout fut prêt et déposé sur la table, il ne me restait plus qu'à attendre. J'espérai qu'Edward n'était pas trop énervé contre moi et qu'il descendrait pour le dîner.
Juste alors que je commençai à avoir peur que la nourriture refroidisse, j'entendis ces pas maintenant familiers descendre les escaliers et se diriger vers la cuisine.
Il m'appela quand il ne m'y trouva pas. "Bella ?"
"Ici, Edward," répondis-je.
Il avança lentement de la cuisine à la salle à manger, se tordant les mains sur tout le chemin. Sa tête était baissée lorsqu'il entra dans la salle à manger. Il marcha jusqu'à la table sans me regarder.
"Y a-t-il une raison pour laquelle nous mangeons…" A ce moment là, il leva les yeux.
Il vit la nappe rouge et crème que j'avais placée sur ma table de chêne sombre. La porcelaine d'ivoire étincelait dans la lumière des chandelles, et le repas cuisiné présent sur le centre de la table.
"Qu'est-ce ce c'est ?" bredouilla-t-il.
"Surprise," dis-je doucement.
"Quoi… Je ne comprends pas."
"C'est un remerciement, Edward. Pour tout ce que tu fais pour moi. J'ai trouvé ta liste pendant que je nettoyais la bibliothèque et j'ai cru que ce serait le parfait moyen pour te montrer combien je t'apprécie."
"Tu me remercies," dit-il.
"Évidemment," dis-je, légèrement troublée.
"Bella, je… cela semble délicieux."
"J'espère que c'est… ce n'était pas terriblement difficile de faire mais… tu sais."
Il hocha la tête tout en évitant mon regard.
"Bien, mangeons avant que cela devienne froid."
Après avoir souhaité une bonne nuit à Edward, je me dirigeai vers ma chambre. Je n'étais pas d'habitude aussi fatiguée à la fin d'une journée, mais pour quelque raison que ce soit tout ce que j'avais envie de faire était de me pelotonner et aller dormir.
Je ne fis rien d'autre que retirer les épingles de mes cheveux et enlever de ma robe, la laissant tomber à mes pieds, avant d'éteindre les lampes dans ma chambre et me posais sur mon lit. Je m'attendais à m'endormir tout de suite, mais je ne pouvais pas arrêter les pensées qui se précipitaient dans mon esprit.
Que se passait-il entre Edward et moi ?
Je voulais passer tout mon temps avec lui. Je voulais le faire le rire. Et faire des choses agréables pour lui. Mais, comment pouvais-je ressentir ça s'il ne me faisait pas confiance.
Je devenais de plus en plus frustrée à mesure que le temps passait.
Juste alors un coup de tonnerre explosa dehors. Je sursautais et tombais presque de mon lit. Je détestais les orages.
"Génial," marmonnai-je.
Je sautais de mon lit, remis rapidement ma robe sur et me précipitais vers la porte.
J'ouvris la porte pour ne rencontrer que l'obscurité. Il devait être plus tard que je croyais. Edward avait éteint toutes les lampes et était allé se coucher.
La tempête se renforçait tandis que je descendais les escaliers. La foudre illuminait chaque pièce dans une lumière blanche effrayante et mes pieds semblaient me porter plus vite. Je me retrouvais à la bibliothèque. Je n'ai pas été sûre de pourquoi je tremblais trop pour lire quelque chose.
Je me lovais au coin du sofa. Je posais ma tête sur un oreiller et priais que la tempête se termine rapidement.
Comme si Edward pouvait détecter mon sentiment de gêne, une sombre figure apparut à l'entrée de la pièce.
"Bella ?" appela-t-il.
Je levais les yeux. Il tenait une petite lampe et était toujours habillé dans les vêtements qu'il avait porté la journée. Il semblait quelque peu bouleversé. Peut-être que les tempêtes le dérangeaient aussi. Je sentie un élan de compassion envahir mon corps. Je voulais m'assurer qu'il allait bien, alors malgré ma propre peur et confusion, je lui fis un sourire brillant tandis qu'il marmonnait ses salutations habituelles.
"Puis-je me joindre à toi ?"
"Je t'en prie," dis-je. "Je n'aime pas vraiment les tempêtes et j'imagine que je ne vais pas beaucoup dormir cette nuit."
"Bien, je te tiendrais compagnie jusqu'à ce que ça passe."
Et je ne pouvais pas le croire… toute mon inquiétude se calma. Et de nouveau je me demandai… pourquoi son passé n'avait pas d'importance à mes yeux. Pourquoi rien n'avait d'importance. Il y avait qu'une seule chose qui comptait.
Lui.
"J'aimerai ça," dis-je.
Il me surprit ce soir. Au lieu de s'asseoir dans le fauteuil en face de moi, il s'est assis sur l'autre côté du canapé que j'occupais.
Son audace me rendit brave, je posais donc la question qui était sur le bout de ma langue depuis un bon moment.
"As-tu une idée de pourquoi tu n'as pas reçu de nouvelles de chez toi ?" demandai-je.
"Non. J'ai peur que mon premier instinct ait été le bon. Ils ont trop honte pour me contacter."
"Edward, ne pense pas de cette façon, s'il te plaît. Je suis sûre qu'ils étaient très heureux de recevoir de tes nouvelles. Il se pourrait même que leur lettre ne soit pas encore arrivée."
"Bien sûr," répondit-il sans espoir.
Je ne savais pas que dire pour le réconforter. Je savais que sa famille lui manquait.
Edward avait été dans cette prison pendant trois ans. Je ne pouvais pas même imaginer être enfermé comme ça dans un endroit si horrible. De n'avoir aucun contact avec ceux qui vous sont chers. Même un homme fort comme Edward avait du être effrayé.
"Leur … as-tu dit ce qui est arrivé ?"
Il ricana, "C'est compliqué, Bella. A quel point trouverais-tu facile de confier ton secret le plus profond, le plus sombre ? Aux gens qui t'ont aimé. Les gens qui ont été fiers de vous. Ça n'arrangera rien de m'expliquer."
Tu ne le sais pas ! Ça peut juste…"
Il me coupa. "Non ! Je suis fatigué, Bella. Je veux juste que tout le monde me laisse la paix et me permette de continuer ma vie," cria-t-il, "si on peut l'appeler comme ça."
Ces mots me firent plus de mal que tout ce qu'il ne m'avait jamais dit. J'avais appréciée notre temps ensemble et il essayait juste de passer le temps jusqu'à ce qu'il puisse s'en aller de cet endroit… s'éloigner de moi – la fille folle et naïve qui devrait seulement s'occuper de ses propres affaires.
C'est que je méritais en mettant permis d'espérer.
Je sentis mes yeux se remplir de larmes. Et bien que je tentais de les cacher, il le remarqua.
"Oh Dieu, Bella. Ce n'est pas que j'ai voulu dire…" dit-il anxieusement, mais j'avais assez.
"Non !" braillai-je en me levant pour le regarder de haut, les larmes coulant librement maintenant. "Je suis celle qui est fatiguée, Edward. Je eue confiance en toi quand tu ne m'avais donné aucune raison de le faire. Je t'ai ouvert ma maison, ma vie et je t'ai donné tout que je pouvais. Je fais de mon mieux et toi tu… seulement… je veux dire tu ne m'as même pas remercié. Pour n'importe quoi." Passionné, j'ai commencé à faire les cent pas.
"Comment je suis supposé me sentir ? Et tu ne peux même pas me dire ce qui est arrivé. Crois-tu que j'aurais moins de respect pour toi ? Je pense quand lorsque je t'ai arraché à la potence, ça aurait du être assez pour te prouver que tu pouvais me faire confiance, mais apparemment je me suis trompée !"
Edward se leva. "Ce n'est pas une question de confiance, Bella ! Tu penseras moins de moi ! Comment ça ne pourrait pas être le cas ?"
Je continuai à marcher. "Mais je ne comprends pas pourquoi, Edward."
Il attrapa mes épaules dans une prise inéluctable et tourna mon corps pour lui faire face. Son visage était maintenant à quelques centimètres du mien. "Parce que je suis coupable, Bella ! Est-ce cela que tu veux entendre ?"
J'étais trop stupéfaite pour dire quelque chose. Je ne pouvais pas bouger. Tout ce que je pouvais faire était de fixer l'homme devant moi. Mon mari. Mon Edward. Je ne pouvais pas comprendre qu'il me disait. Finalement, je réussis à laisser sortir un simple mot. "Quoi ?"
"J'ai dit que je suis coupable, Bella." Il prononça les mots lentement et avec précision, en essayant de s'assurer que j'avais compris. Mais ce n'était pas le cas. Je ne pouvais pas.
"Edward, non !"
"Si, Bella. Sais-tu comment ils m'ont trouvé ? Quand j'ai été arrêté ? J'étais accroupi au-dessus du corps d'une jeune fille. Elle devait avoir ton âge, peut-être encore plus jeune. Un couteau était à côté de nous. Son sang avait trempé mes vêtements. Et sur mes mains. Son sang était sur mes mains." Il me regarda avec une expression torturée sur le visage. Il tendit ses mains pour mon inspection. "Son sang est toujours sur mes mains, Bella. Il n'y a rien que je serai jamais en mesure de faire pour l'enlever." Sa voix était plus haute que d'ordinaire et il y avait une pointe d'hystérie dedans. Et la douleur dans ses yeux… ça me perça le cœur. Il ressemblait à un petit garçon suppliant un adulte pour fixer quelque chose de précieux et irremplaçable, quelque chose ce qui avait été cassé au-delà de toute réparation.
"Cette fille, Edward," commençai-je avant de marquer une pause, surprise par le son de ma propre voix. Elle était calme, détachée. Je me demandai vaguement comment elle pouvait sonner de cette façon quand mes pensées étaient à ce point agitées. Peut-être que j'étais en état de choc. Je poussai cette pensée en dehors de mon esprit et continuai dans ce ton étrangement placide, "Tu me dis que tu as pris sa vie ?"
"Non !" cria-t-il énergiquement. Et le petit garçon blessé réapparut avant moi. "Oui", dit-il calmement. Edward couvrit son visage avec ses mains et hocha sa tête. "Oh dieu, Bella. Je ne l'ai pas tuée, mais ça pourrait aussi bien être le cas. C'était ma faute ! Sans moi, elle serait toujours en vie !"
Je tendis les mains pour saisir ses poignets, les éloignant de son visage. Ses bras tombèrent à ses côtés. Son corps entier s'inclina en signe d'échec. Je relevai mes mains et pris son visage entre elles. Il se cachait toujours de moi. Son regard était fixé sur le sol. "Edward, ne fais pas ça. Je ne veux plus que tu te caches. Regarde-moi."
À contrecœur il releva les yeux jusqu'à rencontrer mon regard. Ils étaient remplis de tant d'émotions – douleur, peur, regret, honte. Je savais que son âme avait été empoisonnée par ce qui lui était arrivé. Il devait purger le venin. Il avait besoin de quelqu'un pour écouter. "S'il te plaît, Edward. Dis-moi. Je veux savoir. Tu peux te fier à moi."
"Je sais… je suis… Bella tu ne me croiras pas. Je ne veux pas que tu me regardes de la façon qu'ils m'ont regardé. Comme si j'étais un lâche. Un lâche," répéta-t-il calmement, "et un monstre."
"Je t'en prie. J'ai besoin d'entendre ton histoire, Edward. C'est bon. Tu peux me le dire. J'écouterai."
Edward ferma étroitement ses yeux et retint son souffle. Je crois que je tins également le mien.
Je savais qu'il luttait, essayant de décider s'il pouvait partager cette partie de lui avec moi. Après ce qui semblait une éternité, mais était véritablement une question de secondes, l'air quitta ses poumons et ses yeux s'ouvrirent, fixés sur les miens. Il avait pris sa décision. Il me fit un geste pour que je m'asseye.
Je revins à ma place et le regardai avec attention. Son corps se raidit et il prit dans une grande gorgée d'air, comme s'il se préparait à être battu par une force puissante. Il me regarda une dernière fois. Il me suppliait avec ses yeux maintenant. Puis il commença.
"Est-ce que tu es familière avec les complexités de la société britannique, Bella ?"
J'étais un peu surprise par la question. Ça semblait être hors de propos. Mais je lui avais promis que j'écouterais et je savais qu'il avait besoin de dire cette histoire à son rythme et de sa propre façon. Je secouai ma tête. "Pas vraiment, Edward. Je veux dire, j'ai entendu un peu. Mais je ne sais pas ce qui est réel et ce qui est fictif. "
Il fit un signe de tête. "Je suis une curiosité en Angleterre. J'ai toujours été coincé entre deux mondes. Ma mère était la fille du 5ème Comte d'Essex. La famille de mon père n'avait pas de titre, mais un noble lignage. Mon grand-père approuva l'alliance entre sa fille et mon père sans savoir que mes parents lui avaient caché un détail très important. Les coffres de la famille Cullen étaient vides. Mais mon père avait un plan. Il était bien instruit et ambitieux. Après qu'il ait épousé ma mère, il eut l'audace d'aller travailler ! Je ne sais pas si tu réalises combien l'aristocratie britannique méprise quelqu'un 'dans le commerce.'"
Je secouai la tête et attendis qu'il continue.
"Eh bien, mon père a pris la dot de ma mère et s'est installé dans l'expédition et le commerce international. Et il a commencé lentement à reconstruire la fortune familiale.
"Mon père m'a préparé pour suivre dans ses pas et m'a appris à toujours être honorable dans les affaires. Il était intransigeant sur le fait que je reste honnête et ne trompe pas une seule personne d'une livre simple et c'est ce que j'ai fait. J'étais très prospère. Contre le conseil de mon père, j'ai investi dans les textiles, les fonderies et l'industrie de chemin de fer. Tous mes investissements ont commencé à avoir des résultats impressionnants avant que je quitte l'Angleterre. Je pouvais m'occuper de ma famille d'une manière que même mon père n'avait jamais fait. J'ai envoyé ma sœur dans les meilleures écoles et ai acheté à ma mère les soies, les satins et les dentelles les plus parfaites. Mais, rien de cela n'était comparable à ce que je ressentais face à leur fierté. Notre famille était si heureuse. Aucun de nous ne parlait jamais d'argent, juste de la chance qu'on avait d'être ensemble. C'était comme un conte de fée.
"À la demande de ma mère, j'ai essayé de m'intégrer aux cercles sociaux de Londres. C'est là que j'ai réalisé à quel point j'étais une créature étrange. Par mes connexions de famille, j'étais acceptable au niveau social – même désirable – malgré mon absence de titre. Mais le fait que mon père et moi étions 'dans le commerce' m'avait souillé aux yeux de société britannique. Je pense que j'aurais été expulsé par beaucoup d'entre eux si ce n'est pour deux raisons. Les jeunes débutantes stupides étaient attirées par mon physique. Et leurs mères par mes comptes bancaires. Après trois saisons à Londres, j'étais devenu tellement blasé… tellement fatigué des hypocrisies de la société. Je devais partir, j'ai donc décidé de venir ici, en France, pour quelques semaines afin de rencontrer d'autres investisseurs et voir ce que je pourrais accomplir à l'étranger. Mon associé, Félix, vint avec moi."
C'était maintenant son tour de commencer à faire les cent pas. Je pouvais sentir la tension émaner de tout son corps. Je ne pouvais pas imaginer quel horrible virage son histoire allait prendre.
"Félix était une connaissance de Cambridge. Son milieu était semblable au mien et nous partagions un intérêt commun pour les affaires et l'industrie. Après l'université, Félix m'a contacté à propos de quelques perspectives d'affaires et nous avons commencé à poursuivre ces entreprises ensemble.
Cependant, notre association ne se transforma jamais en une amitié. Félix avait été plutôt gâté par ses parents aristocratiques, vois-tu. Il était arrogant et plutôt incliné à faire les choses de sa propre manière. Mais, je m'entendais avec lui relativement bien, même si je ne l'aimais pas vraiment.
"Nous étions là depuis à peine une semaine et nos réunions se passaient extrêmement bien…" Il s'arrêta de bouger alors, son regard devenant sombre et froid. Il fixa le mur derrière moi, mais je gardai mes yeux sur lui. Il regardait sans vraiment voir. Il était perdu, loin de cette bibliothèque, cette maison.
"Nous étions sorti pour faire la fête, Félix et moi, dans un café* local. En fait, ce n'était pas très loin d'ici, juste à quelques kilomètres. Je n'avais pas beaucoup bu contrairement à Félix. Il riait et disait que les deux seules choses que la France avait à offrir étaient d'excellents vins et des jolies filles et qu'il avait l'intention d'abuser des deux pendant notre séjour. Après quelques heures, Félix s'est excusé et je l'ai vu sortir du café* en chancelant. Je suis resté seulement quelques minutes de plus. Une troupe de musiciens locaux était présente et je voulais les écouter un peu plus longtemps. Mais je commençais à m'inquiéter au sujet de Félix. Je décidais d'aller voir comment il allait. Il était ivre et… il aurait pu se faire mal," grogna Edward.
"Je l'ai trouvé dans l'allée derrière le café. Il avait un couteau à la gorge d'une jeune fille. Elle criait, saignait et il tentait de défaire son pantalon. Je me jetai sur lui et l'écartai d'elle. Je ne me souviens pas de tout, seulement du sang, beaucoup de sang. Il se défendit, me criant dessus, en disant que si je n'étais pas intervenu tout se serait bien passé. Il m'envoya un bon coup de poing et s'enfui en courant. Je retournai vers la fille, mais… c'était trop tard. Elle était morte et il n'y avait rien que je puisse faire." Ses mains étaient dans ses cheveux alors qu'il s'évertuait à raconter son histoire. J'étais bien incapable de répondre.
"C'est à ce moment là que certains clients du café* m'ont trouvé, agenouillé près de son corps, son sang sur moi, sentant l'alcool, le couteau à proximité. Les gendarmes qui étaient intervenus n'ont pas hésité à me jeter dans la prison cette nuit. Et c'est là où je suis resté. J'ai essayé de leur dire que ce n'était pas me… que c'était Félix, mais les gens dans le café* avaient dit qu'il était parti bien avant moi. Je n'avais rien, rien pour prouver mon innocence. Ils m'ont même accusé d'avoir voler ses bijoux !Sa famille affirmait qu'elle portait un collier, un bijou de famille, la dernière fois qu'ils l'avaient vus. Je fus donc considéré comme voleur en plus de meurtrier," ajouta-t-il amèrement.
"Je ne sais pas ce qui est arrivé à Félix. Il est possible qu'il soit retourné en Angleterre ou même ailleurs sur le continent. Il avait assez d'argent sur ses comptes pour vivre tranquillement. Seul le Seigneur sait où il est maintenant…" s'interrompit-il dans l'horreur.
"Je… j'ai abandonné. Je n'avais aucun moyen de contacter ma famille. Je savais que Félix était toujours dehors et il n'y avait pas une seule fichue chose que je pouvais faire.
"Cette pauvre fille…Victoire était son nom. Je souhaite seulement avoir été à sa recherche plus tôt ou être sorti avec Félix au lieu d'être rester ces quelques minutes," dit-il, s'adressant surtout à lui-même.
"Pendant que j'étais en prison, j'en suis venu à accepter ma responsabilité dans ce qui était arrivé. Je n'ai pas tué la fille, mais si j'avais fait les choses différemment, elle serait toujours vivante. J'ai décidé que je méritai d'être où j'étais. Que je méritai mon sort."
Avec la fin de son histoire, le va-et-vient d'Edward s'arrêta. Il s'effondra dans le fauteuil en face d'où je me trouvai et, en appuyant ses coudes sur ses genoux, plaça sa tête dans ses mains.
J'étais soulagé de finalement connaitre la vérité, de finalement savoir qu'il était innocent, au lieu de simplement le sentir dans mon cœur. Mais j'avais besoin de lui faire comprendre qu'il était vraiment innocent. Cette culpabilité qui le rongeait n'était pas bonne. Je devais lui faire voir la vérité. Je m'approchai de lui et m'agenouillai à ses pieds. Il ne leva pas les yeux. Je tendis la main et fis courir mes doigts dans ses cheveux, le calmant comme une mère le ferait avec son enfant effrayé. "Edward," dis-je doucement. Quand il ne me regardera toujours pas, j'employai un ton plus ferme, "Edward." Cette fois ses mains quittèrent ses yeux et il rencontra mon regard à contrecœur. "Tu n'as fait rien mal. Tu n'es pas responsables de la mort de cette fille – d'aucune façon."
"Tu… tu me crois ?"
"Évidemment que je te crois !"
Son visage se tordit et vira au rouge. Il semblait… furieux. "Merde Bella ! Tu ne peux pas me faire ça. Tu ne peux pas !"
"Pourquoi es-tu furieux, Edward ? Qu'est-ce qui ne va pas ?" implorai-je.
"Toi ! Toi, Bella ! Comment est-ce même possible ? Tu passais juste à côté alors que j'étais sur le point d'être pendu pour quelque chose que je n'ai pas fait et tu arrives juste au moment de me sauver ? Je l'avais accepté ! C'était mon destin. J'étais condamné à mourir et cette… cette… chose était en liberté prête à terroriser d'autres gens ! Puis tu arrives avec tes grands yeux marron et ton sourire chaud et tu m'emmènes comme ça ! Tu m'ouvres les portes de ta maison ! Tu m'épouses ! Un meurtrier condamné, sans poser une seule question !"
"Mais, tu es… innocent et je savais que tu ne me ferais pas mal," chuchotai-je quand il prit une inspiration.
Une grimace apparut sur son visage avant qu'il ne se remette à crier, "Cela ! Qu'une personne est-elle supposée faire avec cela ?"
Je commençai à répondre, ne comprenant pas qu'il voulait dire.
"Comment peut quelqu'un comme toi existe ? Quelqu'un de si gentil et intelligent et… et beau. Ça n'a aucun sens. Et maintenant tu me dis que tu me crois et que tu avais confiance en moi depuis tout ce temps ? Comment est-ce possible ?" il émit un rire dépourvu d'humour et se frotta le visage. Il prit une profonde inspiration et continua, "Évidemment que je ne t'aie jamais dit merci – cela ne serait pas assez," dit-il calmement, légèrement.
"Qu'apporterai ma gratitude ? Tu mérites tellement plus qu'un merci simple, tu mérites… tout," dit-il d'une voix haletante, ses yeux dans les miens.
Avec cela il se leva, marcha à grands pas hors de la pièce et monta les escaliers en courant.
les mots suivis d'une * sont en français dans la version originale
la cottage pie est équivalent de notre hachis parmentier
Joyeux noël
