Harry croque la vie à pleines dents.

Chapitre 10 : L'arrivée à Poudlard.


Le reste de la ballade en train fut plus mouvementé, surtout à cause de la visite d'un blondinet.

_ Greengrass, Davis et Zabini avec un Sang-de-Bourbe …

_ Dis encore une fois ce mot Malefoy et tu ne pourras plus jamais dire quoique ce soit avec l'éolienne à merde qui te sert de bouche, capiche ? Demanda d'une voix glaciale le soi-disant Sang-de-Bourbe, surprenant les trois autres qui partageaient son compartiment depuis le début du voyage.

_ Comment oses-tu me parler de la sorte Sang-... commença Malefoy avant que deux couteaux de lancer ne le plaque à la porte du compartiment. Harry apparut alors devant Malefoy, ayant passé les deux armoires à glace miniatures qui lui servait de gardes du corps sans que personne ne l'ait vu bouger.

_ Ce mot, tu le bannis de ton vocabulaire, exigea simplement Harry en sortant une troisième lame de ses robes. Le poignard avait un pommeau argenté en forme de serpent dont les yeux étaient sertis d'émeraude, la lame était très fine mais avait un aspect recourbé qui lui donnait un air intimidant. Ou je te promets que je te coupe la langue, même si ensuite je suis condamné à quelques années à Azkaban, informa Harry. Ma mère était une née-moldue Malefoy, souviens-toi de ça, ordonna-t-il au garçon particulièrement pâle. Tu ne voudrais pas que j'insulte ta mère alors fais de même avec les autres, et tu vivras peut-être longtemps, avertit Harry. Harry Potter, c'est le nom que tu cherches, et non je ne suis pas un né-moldu mais un sang-mêlé, éclaircit-il en voyant l'expression songeuse sur le visage du gamin même si elle était assez secondaire par rapport à l'air terrifié qu'il arborait.

Harry récupéra ses couteaux, qui avaient fait deux trous béants dans la porte du compartiment, et alla se rasseoir alors que Malefoy et ses deux sbires quittaient le compartiment en vitesse. La née-moldue d'avant réapparut au moment où Harry avait sa baguette pointée vers la porte et s'apprêtait à la réparer.

_ J'ai vu trois autres garçons quitter le compartiment comme s'ils avaient vu un fantôme, j'espère que vous n'étiez pas en train de vous battre hein ! S'exclama-t-elle d'un air alarmé.

_ Non, on ne se battait pas, on avait juste une discussion entre héritiers de familles en guerre depuis plus longtemps que ton pays n'était même créé, informa Harry. Les Maisons Potter et Malefoy étaient techniquement en guerre depuis le Xème siècle … pas étonnant que Harry soit plus facilement irritable par l'albinos que par n'importe qui d'autre, sa magie était chargée en partie de plus de 1 000 ans de ressentiment.

_ Quoi ? Lâcha Hermione spontanément avant de pouvoir s'arrêter. Les trois autres avaient l'air intéressés par cette petite information.

_ Les Maisons Potter et Malefoy sont en guerre depuis le 5 février 914, quand la Maison Malefoy, alors tout juste constituée a insulté la Maison Potter en tentant de prendre une de ses fermes quand elle a débarqué de France pour l'Angleterre. Comme aucun paiement n'a été fait depuis lors et que jamais un Potter et un Malefoy n'ont combattu du même côté à travers les 1 077 ans qui nous séparent de cette date, nos familles sont techniquement toujours en guerre. Et comme la création d'un état considéré comme l'Angleterre ne remonte qu'à la conquête normande de 1 066, notre guerre est plus ancienne que le pays dans lequel tu vis, ai-je tort ? Demanda Harry.

_ Euh … non … mais … tu es Harry Potter ! Cria-t-elle d'un seul coup. J'ai tout lu sur toi !

_ Cool, tu as lu les tissus d'âneries écrit à propos de moi, trop de bonheur, je trépigne d'impatience à l'idée que tu puisses me régaler d'histoires relatant ma propre vie dont je ne me souviens pas, ironisa Harry. Il y avait quelque chose chez cette fille qui lui donnait envie de la balancer par-dessus bord … étrange. Étais-ce une de ces chouchoutes qui avaient toujours rapporté ses moindres faits et gestes quand elles comprenaient qu'il était dans le collimateur de la maîtresse quand il avait été à l'école une fois dans sa cavale … quand il avait 6 ans.

_ Que … non, c'était des livres …

_ Des livres écrit sans aucune source vérifiable par des incompétents n'ayant aucun moyen de savoir plus qu'une seule chose sur cette nuit du 31 octobre 1981, que Voldemort est venu, il a vaincu, et j'ai survécu, expliqua Harry. Personne ne sait exactement ce qu'il s'est passé, personne ne sait ce qui a causé la chute de Voldemort et surtout, personne ne sait la moindre chose sur ma survie, tu sais pourquoi ?

_ Non, répondit la jeune fille d'une petite voix effrayée alors que les trois autres avaient du mal à ne pas s'avancer pour être surs de ne rien rater.

_ Parce que les seules personnes qui y étaient n'ont jamais rien dit à propos de ce qui s'est passé cette nuit-là ! Qu'est-ce que t'en dis de ça ?

_ Ce … c'est …

_ Quatre personnes dans la maison, trois mortes, une qui n'avait même pas l'âge de changer ses propres couches tout seul, déclara Harry en sachant pertinemment que ce n'était pas vrai, il avait du changer ses couches tout seul chez les Dursley.

_ Mais ils ont menti alors sur ce qu'ils ont dit ! Hurla la née-moldue sous le choc.

_ Ils ont utilisé les faits et le mystère entourant le peu de vérités que l'on connaît pour vendre, ce n'est pourtant pas si différent du monde moldu, rappela-t-il. Tu as déjà lu un tabloïd, railla Harry.

_ Mais, eux, ce sont des livres historiques … des livres éducatifs, insista-t-elle d'un air outré.

_ Et alors, qui allaient les en empêcher, fit Harry. Ce n'est pas comme si mes parents avaient pu me protéger de toute la communication faite autour de moi après leur mort, et mes gardiens étaient techniquement des moldus, expliqua-t-il. Maintenant, par contre, les choses ont changé, déclara-t-il avec un sourire carnassier.

_ Les attaques en justice, déduisit facilement Zabini. Plusieurs ont déjà du payer des millions de gallions pour ne pas devoir mettre la clé sous la porte ou faire face à des charges criminels, ceux qui ont publié ces livres sur Halloween 81, les marchands de tout poil qui ont vendu toute sorte de produits dérivés estampillés Harry Potter.

_ N'oublie pas les Smith, rappela avec un sourire vicieux Greengrass. Harry dut supprimer un sourire, la déchéance des Smith allait faire parler d'elle, surtout avec l'héritier de la Maison à Poudlard.

_ Les Smith ? Demanda la brunette aux dents en avant.

_ Celle qui est maintenant l'ex-Très Noble et Ancienne Maison des Smith et qui a voulu affronter sa Maison en procès, expliqua Greengrass. Ils ont été détruit par les avocats de Potter et n'ont eu aucune chance, leur Maison n'est maintenant plus que l'Ancienne Maison des Smith, ils ont du payer quatre fois les bénéfices de toutes leurs opérations invoquant le nom de Harry Potter, près de 360 millions de gallions de dommages et intérêts, même pour la Maison qui se dit héritière de Poufsouffle, c'est un coup énorme, dit-elle en jubilant du sort des Smith.

_ Zacharias Smith est un crétin de toute manière, fit Davis avec un mépris évident pour l'héritier des Smith.

_ Smith a été élevé dans une bergerie, c'est pas de sa faute, répondit Zabini.

_ Mais qu'ont fait les Smith pour devoir payer plus … d'un milliard de livres comme ça ? Demanda la née-moldue d'un air horrifié.

_ Ils ont monté une maison de publication le 3 novembre 1981, raconta Harry d'une voix onctueuse, une maison de publication appelée Potter Books et se sont mis à éditer les Aventures de Harry Potter, un genre de super-sorcier en couche-culotte capable de fracturer la mâchoire d'un dragon avec sa tétine et d'abattre un mage noir avec un cure-dent en disant que c'était une histoire vraie et que tous les bénéfices retirés de la vente du bouquin seraient reversés à Harry Potter pour l'aider à surpasser la mort de ses parents. Ils ont édité 172 tomes en 10 ans qui se sont vendus à plus de 600 millions d'exemplaires à travers le monde au prix unitaire de 0,75 gallions en faisant un bénéfice net de 120 millions de gallions. J'ai fait un geste de bonté quand le verdict m'est parvenu, je les ai laissés tranquilles après le versement de seulement trois fois leurs bénéfices et la dissolution de Potter Books, narra-t-il en adoptant une expression bienveillante vers la fin.

_ C'est la meilleure ! Éructa Davis. Les Smith ont du te haïr pour ça.

_ Ça doit être la raison du regard noir du patriarche Smith pendant tout le temps qu'on a été face à face lors de la signature de son chèque …

_ En tout cas, je ne pensais pas … murmura la fille en se rappelant ce qu'ils disaient avant de partir sur autre chose.

_ Écoute, née-moldue, t'as déboulé ici, pour la deuxième fois, avec autant de savoir-vivre qu'un babouin en chaleur et t'as commencé à essayer de faire la morale à quelqu'un sans rien savoir à la situation, tu devrais un peu cogiter sur ton comportement et attendre la prochaine fois de savoir ce qu'i savoir sur les interactions de tes camarades avant d'assumer qu'ils sont en faute, attaqua Greengrass d'une voix dure.

_ D'ailleurs, j'étais en train de faire quelque chose avant que t'arrives, fit Harry avant de passer en un coup de vent derrière la fille aux cheveux châtains, sa baguette brandie vers la porte où les deux trous de plusieurs bons centimètres de diamètre continuaient d'attirer les regards de ceux de l'extérieur du compartiment.

_ Tu vas faire de la magie ! S'excita d'un coup la née-moldue. Les trois autres soupirèrent de dépit. Alors voyons un peu ça …

_ Reparo, dit Harry, les deux trous se résorbant petit à petit alors que du bois apparaissait et comblait les moindres imperfections de la porte identique à celle du compartiment que Harry avait visualisé dans son esprit.

_ Ouah ! Ça a vraiment marché ! Félicita-t-elle. Tout-à-l'heure, j'ai vu un roux qui essayait de changer son rat en jaune mais ça n'a pas vraiment fonctionné, déclara-t-elle. Moi, je n'ai essayé que des sorts assez simples mais ça a marché à chaque fois, se vanta-t-elle.

_ Le rouquin, c'était certainement Weasley, commenta Greengrass avec mépris. Celui de cette année a l'air particulièrement gratiné.

_ Il me cherchait, mais je crois que j'ai évité une montagne de problèmes, fit Harry d'un air amusé.

_ Et il a un rat alors ? Demanda Davis. C'est dégueu …

_ Londubat avait un crapaud, rappela Greengrass.

_ D'ailleurs, interrompit la née-moldue. Vous ne l'avez pas vu, il le cherche toujours.

_ Tu sais, nous sommes de futurs serpents, si on avait vu un crapaud, on l'aurait sûrement tué, moqua Greengrass.

_ De futurs serpents ?

_ Serpentards, précisa Davis en levant les yeux au ciel.

_ Je vais être à Gryffondor moi, c'est la meilleur Maison, le Professeur Dumbledore y était selon le Professeur McGonagall, déclara fièrement la jeune fille.

_ Serpentards et Gryffondors ne s'entendent pas vraiment qui que tu sois, dit Zabini d'un air faussement déçu. Il vaudrait mieux que tu ne sois pas vue avec nous par les autres gryffs, ça pourrait occasionner des problèmes.

_ Mais … gémit la née-moldue.

_ De toute manière, nos parents nous ont défendu de nous faire des amis de ton pedigree, informa Greengrass.

_ Hein !? Cria une Hermione interloquée par la déclaration de la blonde.

_ Des nés-moldus, on a pas le droit de vous fréquenter, seulement en cours et dans les parties communes et sans jamais être trop près de vous.

_ Pense à la ségrégation raciale américaine, simplifia Harry qui s'était réinstallé à sa place et avait repris son étude approfondie du Ionien et de ses copains.

_ M-mais … C'est si … C'est barbare ! S'insurgea la née-moldue.

_ Mais c'est l'état des choses, dit fermement Greengrass en montrant la porte d'un coup de menton. Hermione, apparaissant stupéfiée et abattue sortit sans un mot. Quand elle fut partie, Greengrass poussa un grand soupir de soulagement. J'ai cru qu'elle ne partirait jamais, exhala-t-elle en se rasseyant.

_ Et donc, tu es Harry Potter, fit Davis en se retournant vers Harry.

_ Oui, dit Harry, mais ça ne change rien au fait que je voudrais du calme et de la tranquillité, je crois que c'est pour ça que Miss Greengrass s'est invitée dans mon compartiment.

_ C'est vrai, accorda Greengrass. Juste, je m'appelle Daphné Greengrass.

_ Tracy Davis.

_ Blaise Zabini mais tout le monde me connaît ici.

_ On a sympathisé pendant que vous preniez une demie heure pour vous changer, clarifia Harry quand il vit l'échange de regards des deux filles.

_ Désolé, s'excusa Daphné sans paraître désolée du tout. C'est juste qu'on était curieuse de savoir ce que tu lisais depuis le début du voyage et on a essayé de déchiffrer mais c'était trop compliqué, même si on a quelques notions de latin.

_ Même pas gênée d'avoir fouillé dans ses affaires, murmura Blaise comme s'il n'y croyait pas. Excuse Daphné, sa famille est importante et elle se croit un peu tout permis par moments.

_ Pas de soucis, rassura Harry. Je n'aurais pas laissé mes notes ici si je n'avais pas voulu qu'on les lise, dit-il avec un sourire. Et vous ne pourriez pas comprendre grand chose à ces notes pour la simple et bonne raison que c'est de l'Ombrien de Spolète expliquant comment parler divers dialectes grecs antiques, expliqua Harry.

_ De l'ombrien et du grec antique, reprit Blaise. Qu'est-ce que tu peux faire avec des langues pareilles.

_ Tous les textes magiques ne sont pas consignés en latin, renifla Harry avec mépris.

_ Je ne disais pas ça pour paraître condescendant, ma mère parle une vingtaine de langues dont sept ou huit doivent être considérées comme anciennes, se défendit Blaise.

_ Mon père parle que l'anglais et a même des problèmes à retenir les bases du latin, moqua Daphné.

_ Mon père pareil, fit Tracy.

Harry ne prit même pas la peine de demander ce qu'il en était pour leurs mères, il savait qu'elles étaient les femmes de Mangemort classiques, comme Narcissa Malefoy, ayant brillé à Poudlard et aux A.S.P.I.C avant de servir de trophée à exhiber lors des soirées mondaines et réunions entre amis.

Quelques heures plus tard, la nuit tombait déjà et ils approchaient de l'école, Harry pouvait voir les trois autres personnes de son compartiment gagner en nervosité au fur et à mesure qu'ils avançaient. Ils avaient tous les trois confié qu'ils ne savaient pas la méthode Répartition, et Tracy et Daphné étaient réellement anxieuses à l'idée de se retrouver autre part qu'à Serpentard.

_ Serdaigle ne serait pas trop problématique même si passer 7 ans entourée de rats de bibliothèque me filerait le cafard. Mais Poufsouffle ou Gryffondor, ce serait le suicide assuré. Le choix entre la Maison des abrutis fonçant la tête la première dans n'importe quelle situation sans jamais penser aux conséquences ou celle des minables pas foutus de penser par eux-mêmes et obligés que tout le reste de leur maison pré-mâche à leur place, avait analysé Daphné avec une bonne dose de dégoût.

_ Je sais pas, avait répondu Blaise, il y aura des beautés dans toutes les maisons, avait répondu Blaise. Mais je pourrais me laisser tenter par Serpentard, avait-il confié en lançant un regard éloquent vers les deux jeunes filles qui avaient rosies.

Harry ne savait pas vraiment dans quelle maison il serait, il essaierait d'éviter Gryffondor, Weasley, la née-moldue, le garçon au crapaud … ce serait compliqué de coexister avec eux. Harry était patient mais sept ans avec eux, il devrait trouver un moyen de décompresser à Poudlard en plus de safaris destructeurs l'été. Poufsouffle ne lui conviendrait pas vraiment, il n'avait pas réellement d'amis au sens propre du terme. De la famille de substitution oui, des collègues en affaires ou au combat, oui, mais des amis, avec qui il jouait à des jeux et disait tous ses secrets … aucun, à part peut-être Tomas mais il était son boss …

Quant à Serdaigle, ce serait assez difficile là aussi, il aurait à composer avec une armée de robots encyclopédiques vénérant les bouquins selon ce que sous-entendait Blaise. Et Serpentard serait l'option 'bain de sang', tentante mais interdite s'il ne voulait pas massacrer un bon cinquième de sa génération avant la fin de la première nuit. Il n'avait donc rien dit, même quand on lui avait demandé, concédant juste un 'j'en sais rien et je m'en fous' pour les faire stresser dans leur coin. Au final, ça n'avait pas une réelle importance, il serait à Poudlard, dans la place forte de Dumbledore, tel le cheval de bois géant à Troie … une bonne année s'annonçait.

Finalement, le train arriva dans la gare d'un village, apparemment le seul village complètement sorcier du pays, appelé Pré-au-Lard. Ils devaient laisser leurs bagages devant le train et procéder jusqu'à Hagrid qui leur ferait découvrir le reste du parcours sous un ciel noir prêt à lâcher tonnerre, foudre et trombes d'eau sur leur tronche s'ils s'avisaient de le regarder de travers. Ils passèrent sur un chemin à moitié pavé particulièrement glissant, plusieurs première année manquant de se ramasser dans la boue bien odorante et arrivèrent jusqu'au bord du lac, appelé le Lac Noir … très ingénieux comme nom, selon Blaise que sa mère avait tenu à éduquer dans tous les endroits bien confortables pour emmener ses futures petites amies sur le bord du lac.

De là, ils montèrent à quatre par bateau, étant soulagés d'être déjà quatre depuis leur compartiment car Weasley avait tenté de s'incruster mais s'était retrouvé à devoir partager avec Malefoy et ses sbires. La situation entre le roux et l'albinos commençait rapidement à s'échauffer quand Harry sortit une main télescopique et signala silencieusement aux autres de ne rien dire. Blaise, Daphné et Tracy l'observèrent d'un air confus alors qu'il se penchait précautionneusement en direction du bateau de Malefoy et Weasley qui étaient bien trop occupés pour remarquer l'avancée de Harry. Leurs bateaux étaient les plus à droite du groupe de bateaux, avec celui de Harry et compagnie qui bloquait le champ de vision des autres.

Harry déploya sa main télescopique qui s'agrippa au bateau des autres. Ses trois camarades avaient depuis lors compris ce qu'il allait faire et l'encourageaient en chuchotant avec des sourires éclatants et des yeux brillants. Au même moment où Hagrid disait de se baisser pour passer une arche bien trop haute pour que le moindre élève soit frappé par la pierre, Harry donna un coup sec vers lui avec sa main télescopique, le bateau fut secoué et se mit à chavirer entraînant les quatre autres garçons dans les eaux glaciales du lac sous les rires du reste des élèves de première année.

Harry rangea sa main télescopique et aida même Hagrid à rallier leur position avec sa barque alors que des tentacules commençaient à déposer les garçons frigorifiés et trempés dans leur barque qui avait été remise à flots par d'autres tentacules.

_ C'est ta faute Weasley, ta famille est tellement pauvre que Poudlard essaye de t'empêcher de venir polluer l'école avec tes vêtements miteux et ta stupidité contagieuse.

_ Non, c'est tes saletés de potes, ils ont du bouger et ça a fait chavirer le bateau ! Protesta le roux en se faisant déposer par un tentacule.

_ Héla ! Interpella Hagrid. Arrêtez un peu votre boucan et dépêchons-nous de rejoindre la côte.

_ Mais j'ai froid !

_ Mais je suis mouillé !

_ Et j'ai faim !

_ Je grelotte !

Le concert de plaintes continua en gros quarante-cinq secondes jusqu'à ce qu'ils arrivent en vue du château dont les lumières se reflétaient sur le lac, dessinant la silhouette majestueuse d'un château de pierre élégant aux tours élancés mais gardant son côté rustique de château de fin fond du Moyen-Age.

Ils gravirent alors un nouveau chemin boueux et à moitié pavé avant d'arriver devant une grande double-porte avec de gros heurtoirs en bronze en forme de lions. Hagrid saisit un des heurtoirs et frappa trois coups sonores. Ils attendirent un petit peu et la porte s'ouvrit pour révéler Minerva McGonagall, une femme aux cheveux longs et noirs arrangés en un chignon haut parfaitement formé, ne laissant aucune mèche égarée, à la tenue simple mais impeccable et au visage fermé reflétant bien trop ses 56 ans pour ne pas être une illusion ou un changement de forme de la part de la sorcière, sûrement pour accentuer l'effet d'intimidation et asseoir pleinement sa position de professeur sévère.

_ Bonsoir Hagrid, salua-t-elle d'une voix dure et tendue. Vous avez un peu de retard.

_ Ceux-là sont tombés dans le lac, Professeur McGonagall, expliqua Hagrid en montrant les quatre élèves frissonnant de manière constante, Weasley et Malefoy trouvant quand même le moyen de s'envoyer des regards noirs tout le long. McGonagall eut sa baguette au-dessus des garçons à une vitesse qui surprit même Harry, et les garçons s'arrêtèrent presque instantanément de trembler de froid.

_ On dit merci quand on est bien élevé, réprimanda-t-elle en foudroyant les quatre du regards.

_ Merci, répondirent les quatre.

_ Merci, Professeur McGonagall, reprit-elle avant de congédier Hagrid. Elle semblait pressée, sûrement à cause du retard dont elle avait parlé. Elle les guida vers une antichambre sur le côté du hall, avec un escalier menant à une porte dérobée. Beaucoup de bruits émanait de derrière le mur en question, c'était sûrement là qu'étaient tous les autres élèves. Elle leur fit un court discours leur disant qu'ils allaient être répartis dans leurs maisons juste après et qu'ils devaient vérifier qu'ils soient parfaitement habillés et convenablement préparés pour apparaître devant le reste de l'école sans faire honte à leur future famille.

Toutes sortes d'idées saugrenues concernant la Répartition se mirent à circuler, un test de connaissances, un test de magie, un test de personnalité … combattre un troll.

_ Autant de stupidité réunie au même endroit, c'en est révoltant, commenta finalement Daphné, brisant le silence qui avait accompagné le groupe de quatre jusqu'à maintenant.

_ T'as vu que Weasley a toujours la tache marron qu'il avait dans le train sur son nez, moqua Tracy d'une voix un peu plus forte. Weasley lui lança un regard noir mais ils le virent se frotter le nez comme un forcené, ce qui fit pouffer de rire les deux filles et sourire Blaise et Harry.

_ On dirait que vous allez bien vous amuser ? Demanda Harry.

_ Pas autant qu'on le voudrait, tu vois la fille là-bas, dit Daphné en montrant une fille qui semblait avoir grimacé continuellement depuis sa naissance, tant et si bien, qu'elle avait un air renfrogné qui apparaissait naturel chez elle. C'est Parkinson, informa Daphné. On doit faire attention à ne pas la mécontenter, il paraît que c'est la futur Madame Malefoy, mon père et celui de Tracy veulent qu'on se rapproche d'elle, mais c'est une grognasse, elle va vouloir nous dicter nos vies.

_ On va être obligées de la suivre partout, ça va être infernal, grogna Tracy.

_ Je suis aussi une connexion importante et Harry est la poule aux œufs d'or donc ça ne devrait pas être très compliqué de convaincre vos pères que vous ne pouvez pas tout le temps coller aux basques de Parkinson, planifia Blaise.

_ Davis, Greengrass, Parkinson et Malefoy sont de vieux amis, ils ne sacrifieront pas leurs vieux partenariats pour essayer d'attirer de nouveaux membres, contra Harry en envoyant un regard entendu à Blaise qui opina lentement de la tête.

_ On trouvera sûrement un moyen, fit Tracy. Pansy est lente à la détente même si elle a un don pour trouver les insultes parfaites.

Des cris retentirent alors de l'autre côté de la salle et Harry et les autres furent surpris de voir toute une multitude de fantômes traverser le mur à l'opposé de celui à travers lequel ils entendaient les bruits des autres élèves en discutant apparemment de Peeves.

_ Poudlard a la plus grande concentration de fantômes, entendit Harry, la née-moldue du train semblait très pressée de partager ses connaissances avec un peu n'importe qui voulant l'entendre.

Les fantômes dirent quelques mots encore en continuant leur chemin, un moine assez volumineux leur souhaitant d'un air enjoué de rejoindre sa maison de Poufsouffle et McGonagall revint les chercher, inspectant chaque élève avec les lèvres pincées, s'arrêtant particulièrement sur un gamin à taches de rousseur à qui il manquait un sourcil qui semblait avoir été brûlé, Weasley qui avait encore et toujours sa tache sombre sur le nez et Londubat qui semblait avoir réussi à accrocher le bas de sa robe à son oreille.

Mais McGonagall ne fit aucune remarque et parut s'affaler un petit peu en se retournant pour les emmener dans la Grande Salle. Harry avait lu que la Grande Salle de Poudlard était réputée dans le monde magique pour être l'un des endroits les plus spectaculaires par rapport aux magies variées et complexes qui y étaient actives ou dormantes comme le plafond reflétant le ciel à l'extérieur ou la magie des elfes leur permettant d'envoyer les plats demandés les cuisines en dessous de la Salle.

La Grande Salle était en tout cas une pièce assez grandiose, devait reconnaître Harry, hébergeant les trois centaines d'élèves que devait compter Poudlard avec aise, des armures scintillantes alignées le long des murs comme à Gringotts et une argenterie reflétant le faux plafond enchanté au-dessus. Les Professeurs étaient assis à l'écart des élèves qui étaient divisés en quatre tables, pour les quatre maisons à tous les coups. Harry distingua Rogue qui lui envoyait un regard confus et empreint d'une haine calculatrice. Il y avait également Hagrid, installé à un bout de la table, rayonnant, Dumbledore et sa grande barbe argentée brillant autant que son trône doré que Harry aurait bien ajouté à sa collection de breloques précieuses inutiles.

Les première année furent menés jusqu'au centre de la Grande Salle où McGonagall déposa le chapeau vieux et rapiécé sur le tabouret qui avait vu de meilleurs jours qu'elle avait en main depuis qu'elle était revenue les chercher dans l'antichambre à côté du hall. Et là le chapeau chanta et des étoiles entrèrent dans les yeux de Harry.

_ Il m'en faut un comme ça, chuchota-t-il à Blaise qui se contenta de lui envoyer un regard sceptique avant de retourner écouter la chanson du Choixpeau Magique.

_ Quand j'appellerais votre nom, vous viendrez mettre le Choixpeau, ordonna McGonagall en sortant un rouleau de parchemin qui se déplia de lui-même.

_ Abbott Hannah, appela-t-elle. La fille à couettes qui avait réussi à calmer Susan Bones avec une bonne séance de commérage s'avança.

_ C'est la fille de Trenton Abbott, l'héritier de la Famille Abbott qui a épousé une née-moldue, ça a fait un scandale il y a une vingtaine d'années, pas autant que ton père et ta mère, Potter mais pas loin, chuchota Daphné.

_ POUFSOUFFLE !

_ Bones Susan ! Demanda McGonagall. La petite rouquine de la famille d'Amelia Bones alla mettre le Choixpeau qui lui tomba au menton.

_ C'est une orpheline, il ne lui reste plus que sa grande-tante directrice du Département de la Justice Magique qui l'élève, informa Daphné. Sa famille a payé très cher l'utilisation de sa fortune et de son siège au Magenmagot contre Tu-Sais-Qui.

_ POUFSOUFFLE !

_ Boot Terry ! Un garçon aux cheveux châtains et à la coupe au bol alla s'asseoir sur le tabouret.

_ Son père est Lord chez les Moldus et ils possèdent pas mal de terrain vers Carlisle, certains disent qu'ils seraient plus riches que les Malefoy. Les Boot sont toujours neutres et sont redoutables en affaires selon mon père, expliqua Daphné.

_ Tu vas faire ça à chaque fois ? Demanda Harry d'un air purement interrogateur, ça ne le dérangeait pas vraiment.

_ Oui, l'héritier des Potter doit savoir qui sont les personnes avec qui il va partager l'année, décida d'elle-même la jeune fille. Harry acquiesça en haussant les épaules, elle avait raison et en savait plus que ce qu'il avait eu de Cassiopéia … elle avait surtout des informations sur les années 50-60 ou avant.

_ SERDAIGLE !

_ Ça a pris longtemps, intervint Blaise.

_ C'était Serdaigle ou Serpentard, assura Daphné. Je l'ai déjà rencontré, il est très intelligent, a une encyclopédie à la place du cerveau mais sait s'en servir pour parvenir à ses fins.

_ Brocklehurst Mandy ! Une jeune fille avec des couettes blondes sortit du rang.

_ C'est la fille de l'avocat, fit Daphné. Harry hocha la tête, il l'avait vu une fois en passant voir Brocklehurst à son cabinet. Les Brocklehurst sont une Famille importante, c'est pour ça qu'ils arrivent à jouer le jeu du Magenmagot aussi bien, ils sont versés dedans depuis tout petit et depuis des générations. Il n'a même pas du avoir affaire à une polémique quand il a épousé une née-moldue.

_ SERDAIGLE !

_ Brown Lavande ! Un fille blonde assez grande ayant déjà quelques formes émergentes sortit du troupeau de première année.

_ Les Brown ont des vélanes bien enfouies dans leur arbre généalogique, expliqua Blaise. Elles mûrissent rapidement et ont des formes voluptueuses, commenta-t-il en gagnant une lueur perverse dans le regard.

_ Elles sont aussi calculatrices, rancunières et généralement affligeantes dans leurs études, contra Tracy d'un air agressif.

_ GRYFFONDOR !

_ Ben voilà, tu devras la rayer de ta liste, Zabini, envoya Tracy.

_ Et pourquoi donc, ma mère se fiche éperdument du système de maisons tant que je prends beaucoup de bon temps et ne fais pas honte à la Veuve Noire si tu vois ce que je veux dire, insinua-t-il avec un grand sourire, faisant souffler bruyamment sa camarade.

_ Bulstrode Millicent ! Une fille assez costaude se dirigea vers le promontoire.

_ Les Bulstrode sont une famille disgraciée, il a été découvert il y a quelques années que la mère de Millicent que tout le monde croyait morte était en fait une troll des cavernes, ils n'ont réussi à rester actifs qu'avec la mise à mort du père de Millicent par son propre père, un Mangemort sous Imperium, ironisa-t-elle. Millicent devrait être une esclave pour Pansy vu qu'elle est la plus importante des filles de notre année, prédit Tracy alors que Daphné acquiesçait.

_ SERPENTARD !

_ On va devoir préparer les sorts de rafraîchissement de l'air, plaisanta Daphné.

_ Corner Michael ! Un garçon aux cheveux coupés assez courts et assez foncés s'avança.

_ Oh lui c'est un gros lourd … râla Tracy.

_ Quoi, je l'aime bien moi, ironisa Blaise.

_ C'est parce que vous passez des heures à parler de filles en feuilletant les albums dénudés des Harpies de Holyhead, soupira Daphné. Au-delà du fait d'être un pervers de première comme Blaise, Corner est un petit sac à merde qui aime bien faire des farces vraiment pas drôles.

_ Tu dis ça parce qu'il a ruiné ta robe au dernier Bal de Noël, dénonça Blaise.

_ C'est un Sang-Mêlé d'une famille assez puissante dans les placements financiers, sa mère est une moldue, informa Tracy alors que Blaise et Daphné continuaient de s'échanger des piques.

_ SERDAIGLE !

_ L'aurait être un gryff, il en a le côté suicidaire, grommela Daphné.

_ Cornfoot Stephen ! Un garçon blond avec des pointes rousses s'avança sous l'œil désaprobateur de McGonagall.

_ Et son complice, dit Blaise d'un ton amusé. Les Cornfoot et les Corner sont très proches, il y a eu plusieurs mariages entre les deux Maisons. Les Corner sont dans la finance et les Cornfoot s'occupent de la légalité de leurs affaires. Cornfoot est un sang-pur sur quelques dizaines de générations au moins.

_ SERDAIGLE !

_ La Maison Serdaigle va avoir du mal à garder un nombre de points respectable avec ces deux-là réunis dedans, déclara Daphné.

_ Crabbe Vincent ! L'une des deux armoires à glace miniatures escortant Malefoy alla mettre le Choixpeau sur sa tête.

_ Ce serait trop demandé d'espérer poufsouffle ? Demanda Tracy.

_ Crabbe, comme son père ou son grand-père est une coquille vide où on a oublié de mettre un cerveau, indiqua Daphné.

_ SERPENTARD ! Annonça le Choixpeau.

_ Il doit quand même y avoir quelque chose alors dans sa caboche, intima Blaise en regardant l'héritier de la famille Crabbe avec un regard calculateur.

_ Davis Tracy ! Appela McGonagall. Tracy s'avança après que Daphné lui ait souhaité bonne chance. Les trois restèrent silencieux pendant la courte vingtaine de secondes qu'il fallut au Choixpeau pour se décider et applaudirent, Daphné avec bien plus de vigueur que les autres, pour la jeune fille qui paraissait extatique en fondant vers la table des Serpentards.


Auteur : Pauvre Hermione qui ne se doute pas encore de toute la complexité du monde dans lequel elle voudrait trouver sa place.

Un Harry assez apathique oui, dans le principe, ce n'est pas son problème et Hermione est assez agaçante.

Après, oui, je vais faire la Répartition complète (que pour cette année), c'est l'Année avec un grand A après tout ! Ça me permet de bien fixer tous les élèves qu'il y a dans l'année de Harry, leurs maisons etc... Ça donne une idée claire aussi du nombre d'élèves dans Poudlard (on va arriver à 46 élèves en première année, sachant que les deux années d'A.S.P.I.C. sont moins chargés mais que l'année de Harry est la plus petit à cause de l'intensité redoublée de la guerre aux alentours de 1979, on est dans les 300-350 élèves.

Le commentaire de Daphné (et parfois de Blaise et avant, Tracy), je l'ai trouvé indispensable, ce sont des gamins de 11 ans, et au-delà de l'indignation de Daphné, il y a aussi la volonté de parler de ce qu'elle sait sur les autres et des petits secrets des différents élèves. Et puis, si vous n'aviez pas remarqué encore, Daphné a une affection particulière pour le commérage très critique ... on va dire ça comme ça.

Dadoumarine au chapitre 8 : C'est pas bien de vouloir se faire justice soi-même :D

Merci pour les commentaires en tout cas, et je vais essayer d'éviter de poster tard le soir ou durant la nuit, j'ai l'impression que ça occasionne moins de reviews :D

(Nan en plus je suis assez fier, j'ai plus de 2 ou 3 personnes qui suivent la fic, c'est vraiment cool :D)

Ah et la coupure a été difficile, mais je ne pouvais pas mettre la cérémonie complète directement (ça m'aurait fait un chapitre deux fois plus long que les autres je crois) et puis ça maintient le suspens pour Harry :D

Édition 29/05 : Expliquée au chapitre suivant.