Encore et toujours, un grand merci à ma beta, Prolixius5
(PS: désolée pour le retard, j'ai eu une journée assez chargée hier...)
Est-ce bien Collin Crivey, que je viens de voir passer en courant devant moi, le visage vert, recouvert de pustules oranges, tenant ses deux mains devant sa bouche ?
Je ne sais pas vraiment comment je pourrais décrire l'ambiance qui règne au beau milieu du dortoir des Gryffondor… En tout cas, personne n'a l'air de s'ennuyer. Et pour cause un soupçon de marchandise Weasley, et c'est parti pour de la bonne humeur pendant plusieurs heures…
Leurs caisses s'étalent un peu n'importe où, mais ils ont rassemblé le maximum au centre de la pièce. Je crois que ce qui a le plus de succès, ce sont leur fameuse Boites à Flegme. C'est probablement pour cela que la plupart des élèves ont l'air plus que malades…
Je les cherche parmi les gens qui se bousculent pour en obtenir, puis je finis par les repérer, au fond de la pièce, tous deux assis aux côtés d'un troisième année, dont le visage se couvre subitement d'énormes boutons rouges. Je les rejoins à grandes enjambées et une fois à leur hauteur, je leur dis
-Alors, Fred, Georges, ça a l'air de fonctionner, votre commerce… Du moins, auprès des Gryffondor.
-C'est vrai, me répond Fred. Il faut dire que depuis qu'Ombrage a intégré l'école, de nombreux élèves l'ont directement placée dans la catégorie « ennemie qu'il faut à tout prix éviter »… En même temps, c'est assez compréhensible, quand on voit la façon dont elle donne cours… J'ai dû mal à l'avouer, mais Lockhart était bien mieux qu'elle…
-Le prof d'il y a trois ans ? Celui qui ne se souvient plus de son propre nom, c'est ça ?
-Exact, reprend Georges. Bon, il avait balancé toute une horde de Lutins de Cornouailles sur les deuxième année, mais bon… il n'y a pas eu d'accident... A part qu'il a fallu décrocher Neville du lustre, d'après Ron.
J'esquisse un sourire.
-Oh justement, vous l'avez vu récemment ? Après les cours, on s'est séparés, avec lui, Harry et Hermione. Et je ne sais pas trop où il est, en ce moment.
-Je crois l'avoir vu passer il y a pas cinq minutes, avec Hermione. Je pense qu'ils se dirigeaient vers le salon central.
Alors que Fred s'apprête à ajouter quelque chose, le teint du jeune garçon devient violet et il arrache le chaudron des mains de Georges pour…
-Heu… Merci du renseignement, en tout cas…
-Il n'y a pas de quoi, Charlie.
Je m'éloigne en soufflant un bon coup, faisant mon possible pour m'éloigner de la vision du troisième année en train de rendre ses tripes, il y a pas trente secondes. Puis, effectivement assis dans l'un des canapés, je retrouve le trio, entretenant une conversation assez agitée, d'après ce que je peux en juger…
Je les rejoins, et dès qu'elle me voie, Hermione se redresse brusquement, se saisit de la main d'Harry, me la tend et s'exclame
-Ah, te voilà. Dis-moi est-ce que tu trouves ça normal, toi ?
J'attrape sa main, et regarde de plus près les lettres rouges gravée sur son dos.
-C'est pas vrai, c'est Ombrage qui t'a fait ça ?
-Je te l'avais dit, Harry, qu'elle réagirait comme nous !
-Ecoutez, c'est passé, et on ne peut rien changer, d'accord ? Je suis d'accord avec vous, Ombrage est quelqu'un qui ne devrait pas exister, mais c'est le cas et c'est comme ça.
-Cette prof est complètement cinglée, Harry, et toi, tu ne veux pas la dénoncer, je m'indigne. Dumbledore pourrait t'aider, et il…
-Dumbledore a des choses plus importantes à gérer qu'Ombrage, vous ne pensez pas ?
Il se lève en récupérant ses affaires.
-Attends Harry, le retient Hermione. Explique-nous ce qui cloche, alors. Tu ne peux pas la laisser agir comme ça.
Il ne lui répond pas, puis il monte les escaliers en direction de sa chambre.
Ron, Hermione et nous dévisageons durant quelques secondes n'ayant pas vraiment compris ce qu'il vient de se passer.
Autour de nous, la Salle Commune semble avoir peu à peu retrouvé son calme habituel. Fred et Georges ont remballé la plupart de leurs affaires et les ont remontées jusqu'au dortoir. Je crois même avoir revu Collin, le visage frais et clair comme avant.
Nous voyons ensuite Harry redescendre et se diriger vers la porte de sortie sans nous accorder le moindre regard.
-Il devrait en parler avec Sirius, s'exclame alors Hermione. Lui dire ce qu'il en pense de tout ça. S'il ne veut pas se confier à nous, qu'il le fasse au moins avec quelqu'un de sa famille, non ?
Nous acquiesçons. Ron regarde sa montre et annonce :
-On devrait y aller, le repas commence dans dix minutes.
-Tu ne penses vraiment qu'à manger, je me trompe ?
« Ça me rappelle quelqu'un » je pense. « Capable d'avaler une tarte entière à lui seul… »
Nous nous levons puis, rejoints par Ginny, un livre sous le bras, nous dirigeons à notre tour vers la porte en bois. Alors que nous quittons la pièce pour emprunter les escaliers, la petite sœur de Ron, nous ayant entendus parler, nous questionne
-Est-ce qu'il y a un problème avec Harry ?
-Bah, ici, on a toujours un problème, lui répond son frère. Mais là, ça commence à dépasser les bornes…
-Ombrage, dit simplement Hermione.
-Oh. Je vois… Elle a flanqué des retenues au quart de la classe aujourd'hui. Et comme par hasard, il n'y a que les Serpentard qui sont à chaque fois épargnés.
-C'est pareil de notre côté, lui dis-je d'un ton calme. Déjà qu'elle refuse d'assumer pleinement son rôle de professeur de Défense contre les Forces du Mal en nous interdisant d'utiliser la magie…
-Qu'est-ce que ça peut te faire ? dit une voix dans notre dos.
Nous ne sommes pas surpris de découvrir, en nous retournant, une tête blonde suivie de ses deux acolytes, nous dépassant dans les escaliers.
-La ferme, Goyle, lui dit Ron.
-Ça va, laisse tomber, lui dis-je. Laisse-le dire ce qu'il veut. On verra bien s'il obtient son diplôme à la fin de l'année…
-Attends, c'est à moi que tu parles, là, reprend celui-ci, d'un ton plein de reproches. C'est à moi que tu parles ?
-Et voilà, encore un qui a trop vu Taxi Driver, me dis-je pour moi-même. Evidemment que c'est à toi que je parle.
Bien sûr, cette remarque ne fait sourire qu'Hermione, car à part moi, elle est la seule parmi nous à connaître cette référence.
- Tu ne peux pas nous laisser deux minutes et retourner lécher les bottes d'Ombrage ? Fais juste gaffe à pas te cogner contre l'embrasure la prochaine fois que t'iras dans son bureau. Bah, oui, parce qu'avec la différence de taille entre vous, ça ne doit pas être facile, je me trompe ?
Cette fois-ci, je ne peux m'empêcher d'entendre les rires des quelques élèves qui passaient justement par là. Enfin une réplique qui est comprise par tout le monde ! Cependant, celui-ci ne perd pas la face.
-Tu es une incapable. Comme la Sang-de-bourbe Granger. Et une cinglée comme Potter. Vous êtes bien faits pour vous entendre…
-En plus, qui voudrait vraiment être sauvé par quelqu'un comme toi, un beau jour, poursuit Crabbe en ricanant.
-C'est vrai, reprend Goyle. La preuve, ses parents qui avaient peur de ternir leur réputation devaient avoir tellement honte d'elle qu'ils ont décidé de la laisser hors de tout ça…
-LA FERME ! Dégagez, et laissez-nous tranquilles !
Malefoy, quelque peu surpris par ma réaction, recule d'un pas. Je sens Hermione, derrière moi, me retenir par le bras. Elle ne l'aurait pas fait, il s'en serait pris une. Et on l'aurait retrouvé à l'infirmerie, avec un ou deux membres en moins.
Mais je finis par me calmer.
-Viens, me dit Hermione à voix basse, il n'en vaut pas la peine…
-Je sais, dis-je en me dégageant de son emprise. Et puis, je ne vais pas risquer de m'abîmer le poing sur sa gueule d'ange…
Les traits du Serpentard se modifient peu à peu.
-Viens, Malefoy, dit Crabbe en le tirant par la manche. On s'en va. On n'a pas de temps à perdre avec eux.
Alors qu'il s'éloigne, je ne peux m'empêcher de m'exclamer
-C'est ça, retourne voir Ombrage Peut-être qu'elle parviendra à te consoler en t'offrant une tasse de thé…
Il ne me répond pas, et lui et son groupe disparaissent derrière l'une des portes. Durant quelques instants, personne ne prononce le moindre mot.
-T'as tenu tête à Malefoy et aux autres, dit alors Ron. C'est... C'était assez épique…
-Je suis peut-être pas du genre à avoir un tempérament colérique, mais il hors de question que je me laisse faire. Surtout avec quelqu'un comme lui.
-Au moins, il te laissera tranquille pendant un bon moment, affirme Ginny. Mais tu n'avais pas tort. Les Serpentard sont les chouchous d'Ombrage. Elle fera tout pour les mettre en avant tant qu'elle sera enseignante ici…
-Je veux bien te croire, réplique Hermione. Il va falloir se méfier si on ne veut pas d'ennuis avec elle…
Tous les quatre, ainsi que quelques Gryffondor derrière nous, nous rendons dans la Grande Salle où un repas nous attend depuis quelques minutes. Evidemment, mon petit « accrochage » avec Malefoy nous aura légèrement mis en retard…
. . . . . . . .
Ron ne mange pas. Il dévore avec acharnement. Et ce depuis une bonne demi-heure. Je vois Ginny lever les yeux au ciel, se demandant s'il s'agit bien de son frère.
-Ron, tu n'arrêtes jamais de manger, lui demande Hermione.
-Quoi ? Mais, j'ai faim…
-A ce stade là, c'est plus de la faim… A croire qu'on t'a privé de nourriture pendant deux semaines, je réponds.
Alors qu'il soupire en se repenchant sur son assiette à nouveau remplie, une voix nous interpelle.
-Je peux me joindre à vous ?
A ce que l'on peut voir, Harry s'est décidé à revenir. Nous hochons la tête, mais au moment où il s'apprête à s'asseoir, nous entendons deux voix s'élever en dehors de la grande salle.
Curieux, nous nous levons tous au fur et à mesure, même Ron, qui daigne lâcher sa fourchette, et nous nous rapprochons de la porte.
Nous reconnaissons, bien avant de la voir, la voix insupportable d'Ombrage, qui semble être dans tous ses états. Quant à l'autre voix, je n'ai pas trop de mal à mettre un visage dessus. Je ne l'ai peut-être pas vue énormément, mais je me doute bien qu'il s'agit de McGonagall, qui, entre parenthèses, parait également assez remontée.
-Je demande simplement, dit celle-ci, lorsqu'il s'agit de mes élèves, que vous vous conformiez aux méthodes prescrites en matière de punition.
Nous devinons facilement que ce vieux crapaud a mis en retenue de nombreux élèves de notre Maison. Comme par hasard, bien sûr… Et notre directrice a la bonté d'intervenir… Même si, d'après la tournure de leur conversation, je doute que cela soit très efficace…
Elle travaille pour le Ministre de la Magie. Si elle le veut, elle peut avoir tous les droits sur nous.
Nous voyons un sourire s'afficher sur le visage de McGonagall lorsqu'Ombrage lui affirme qu'elle ne supporte pas la déloyauté. Et puis quoi, encore ? Evidemment, qu'elle, elle est parfaitement loyale à son boulot… Evidemment, qu'elle doit lécher les bottes de Ministre pour en arriver là où elle est… A enseigner à Poudlard…
Nous quatre, ainsi que Dean, Seamus, et quelques autres élèves de Gryffondor, nous les observons en silence. Elles savent bien que nous sommes là, mais elles sont trop occupées pour nous prêter attention.
-Si Fudge lui donne le plein pouvoir, ça ne va pas aller pour nous, murmure Harry. Elle tentera de prendre le contrôle total de l'école…
Hermione lui affirme que cela n'arrivera pas. Mais si seulement, au plus profond d'elle, elle le pensait… Car nous sommes tous persuadés qu'elle est capable de n'importe quoi.
. . . . . . . .
« Salut, Meg.
Je sais parfaitement que c'est une histoire de dingue. Crois-moi, je suis aux premières loges pour l'affirmer…
Je sais pas pourquoi, mais je me doutais que vous trouveriez quelque chose pour me couvrir. En tous cas, merci.
Alors, oui, je suis une sorcière. C'est vrai. Et de savoir qu'il y a quelqu'un, à Londres, qui me soutient, ça me rebooste le moral. Y'a pas que chez vous qu'il y a des problèmes tordus avec les profs…
Au fait, gardez le secret, ce n'est pas seulement pour nous. C'est aussi pour éviter que l'on vous envoie à l'hôpital…
J'espère que je te reverrai bientôt, Meg.
Cha'. »
…
« Hey, Dean-o.
J'ai reçu votre lettre. Et vous êtes des malades pour accepter ce qu'il se passe, sans aucune explication plus précise et détaillée…
C'est pour ça que je vous adore.
J'espère sincèrement que de votre côté, ça va. Je sais que tu aides encore ta mère pour gérer le bar, mais je sais aussi que tu t'en sors vachement bien et que t'aimes ça, en plus. Tu pourras lui passer le bonjour de ma part. Et aussi à Jo.
De mon côté, je m'en sors aussi. Vos têtes me manquent, mais comme je sais que je peux vous écrire… De toute façon, je crois que je vais rester quelques jours à Londres pour les vacances de Noël (quelques affaires à gérer…). Je verrai si je peux faire un saut…
En attendant ta réponse, Dean-o.
Cha' »
…
« Bon.
Je crois que ça va être dur de commencer cette lettre.
Pour commencer, mon p'tit Kevin, je suis désolée.
J'ai disparu sans laisser aucune traces, à d'après Meg, t'étais en panique totale quand t'as débarqué dans la classe avec mon sac… Te connaissant, t'as dû t'imaginer un tas de trucs un peu délirants…
Je sais que t'as essayé de me contacter. J'ai pas répondu, et… bah, je n'ai pas trop d'excuse valable (A part le fait que je suivais une bande de sorciers ?)… Et ensuite, quand je suis enfin revenue à la raison, mon portable était HS.
Je sais. Je suis désolée.
Mais bon, Meg l'a dit que ça n'avait pas laissé de séquelles… C'est déjà ça…
Voilà, cette lettre était juste pour m'excuser auprès de toi, parce que t'es mon ami et que t'as flippé pour moi.
A plus, p'tit Kevin.
Cha' »
