Caliméra !!!

Merci à Ingrid, Coralie91, Amazing-Destiny, Sunny angel et Rosa020 pour leurs reviews !


Chapitre 8.2

Jack Harkness fermait tout juste la porte de sa chambre lorsqu'un bâillement lui décrocha une énième fois la mâchoire. Il s'étira de tout son long, faisant craquer quelques articulations par la même occasion avant de compléter sa gymnastique du matin par quelques mouvements d'assouplissement. En ce si bon matin, Jack se sentait en pleine forme et de très bonne humeur. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas eu une nuit si paisible. Ce fut un sommeil profond, sans rêves ou cauchemars et très réparateur. Le Tardis avait toujours eu cet effet sur lui. Elle l'apaisait et le réconfortait. Harkness adorait plus que tout s'allonger sur son lit, chassant toutes pensées de son esprit pour écouter tranquillement le doux murmure du vaisseau. Rien n'était plus reposant que cet état de béatitude dans lequel le Tardis le plongeait. Rien ne l'égalait d'ailleurs, à part sans doute les bras d'un certain jeune homme préposé au café.

Machinalement, Jack consulta sa montre. Et râla une nouvelle fois. À moins d'être bidouillés par le Docteur, pendules, montres, réveils et horloges s'arrêtaient systématiquement à l'intérieur du vaisseau. Le gallifréen adorait radoter à tout va que dans le Tardis, on ne regardait jamais l'heure qu'il était, on décidait de l'heure qu'il était. Alors Jack appliqua et jugea que c'était l'heure de son café matinale.

Le Capitaine fit quelques pas avant de stopper son élan. Il se retourna, une main dans les cheveux puis soupira. Il aurait pourtant juré que... il en était même sûr. C'était ce chemin qu'il avait emprunté la veille avec le Docteur qui l'avait alors accompagné à sa chambre. Il en était certain. Il l'avait mémorisé avec soin. Méticuleusement même. Ce chemin d'un point A vers un point B. C'est à dire de sa chambre à la cuisine. À droite, puis tout droit sur une vingtaine de mètre, descendre un escalier en colimaçon, tourner à gauche, marcher tout droit jusqu'à la prochaine intersection et prendre à gauche et il devrait -normalement- tomber sur la cuisine. C'était simple au premier abord. Un gamin de cinq ans aurait réussi ! Sauf que le Tardis ne lui facilitait pas la tâche ! Non, elle avait une nouvelle fois réorganisé à sa manières les pièces ! Résultat ? Il n'y avait plus d'escalier en colimaçon où il devrait y en avoir un. Il s'était tout simplement volatilisé !

Harkness pesta dans sa barbe contre ce fichu vaisseau. Il avait oublié cette fâcheuse manie de celle-ci. Un vrai labyrinthe ! Et, il venait de s'y perdre ! Jack fut soudainement bien dépité. Le Tardis venait d'entamer la partie avec lui. Elle avait jeté les dés pour jouer avec lui. Elle adorait toujours autant s'amuser avec ses passagers. Elle allait sûrement jubiler à l'observer tourner en rond, tomber sur une impasse, revenir sur ses pas, prendre un autre chemin...

Maudite boite bleue !

L'ancien agent du temps s'interrogea alors sur la façon dont Rose s'y retrouvait à l'intérieur. Elle allait et venait sans jamais se perdre. À moins que la solidarité féminine y soit pour quelque chose, ce qu'il soupçonnait fortement. À croire que toutes les créatures féminines étaient apparues pour leur malheur ! Et ce, rien que pour les faire devenir fou ! Jack en connaissait un qui ne devait certainement pas s'ennuyer !

Bombant le torse, bien décidé à gagner la partie engagée par le Tardis, Jack jeta les dés à son tour. Il n'avait pas l'attention de rater son rendez-vous galant. Et encore moins d'y arriver en retard !

Sa chère tasse de café l'attendait !

*** ***

Après avoir parcouru plus d'une bonne dizaine de couloirs, monté et descendu plus d'une bonne centaine de marches, ouvert plus d'une trentaine de portes -il avait cessé de comptabiliser depuis un moment-, Jack commençait à désespérer de trouver son bonheur. Et à moins de tirer une carte chance, celle de trouver Rose ou le Docteur sur sa route, il doutait sérieusement de sortir indemne de ce petit jeu.

D'un geste dorénavant machinal, il posa sa main sur la poignée, poussa la porte et jeta un furtif coup d'œil dans la pièce. À son plus grand désespoir, il constata qu'il n'était toujours pas sur la case « arrivée », mais à la bibliothèque. Il s'apprêtait à refermer la porte lorsqu'un détail le frappa soudainement. Un vêtement trainait sur le sol. Un pantalon de costume plus précisément. Le regard de l'ancien agent du temps suivit la piste. Une chemise, une robe puis un magnifique sous-vêtement féminin -sur lequel, il s'attarda émerveillé quelques secondes- pour finalement tomber sur le divan. Sur celui-ci se trouvait un enchevêtrement de bras et de jambes. Deux corps nus entremêlés sur lesquelles un plaid ne cachait que le strict minimum. Deux masses, l'une blonde et l'autre châtain, se distinguaient parmi la couleur chair dominante. Un grand sourire coquin étira les lèvres du chef de Torchwood. La masse châtain, la tête du Docteur, reposait sur la poitrine de Rose à la vue du lent et régulier mouvement de roulis de sa respiration. Les deux amants enlacés formaient un magnifique tableau. Très touchant et... charnel, sensuel, érotique, voluptueux, lascif... tels étaient les mots piochés au hasard qui venaientt à l'esprit de Jack.

Harkness avait toujours su ce qu'il y avait entre ses deux amis. Tous les trahissaient : leurs paroles, leurs gestes, leurs regards, leurs sourires... pire, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Cela n'échappait à personne leur pseudo relation d'amitié qui camouflait une certaine alchimie. Cette alchimie si particulière entre deux êtres qui faisait que ce serait cette personne à tout jamais. Et la leur était rare.

Non seulement, Rose et le Docteur avaient une relation d'élève et de professeur, mais ils étaient principalement des amants refoulés. Enfin plus refoulés à l'heure qu'il était face à cette incroyable et merveilleuse vision que Jack n'aurait jamais cru voir un jour se réaliser sous ses yeux. Il existait entre eux ce magnétisme qui fonctionnait aussi bien dans les deux sens, ils s'attiraient tout en se repoussant. Pourtant, même s'il y avait eu Mickey -un faux prétexte que chacun avait utilisé à leur manière-, ils ne cessaient de se frôler sans jamais pour autant se toucher.

Jack restait persuadé que si la bataille de Canary Wharf se serait terminée d'une autre manière que leur douloureuse séparation, il se serait -enfin- passé quelque chose entre ces deux-là. Surtout avec cette nouvelle régénération, ce Docteur, ce grand savant fou extravagant. Jack soupçonnait presque le gallifréen d'avoir en quelque sorte influencé sa régénération pour être au même niveau que Rose dans leur petit jeu de séduction.

Tôt au tard, l'un aurait abattu ce mur -qui ne demandait qu'à l'être- érigé entre eux. L'interdit, cette limite imposée aurait été franchit, car bien trop séduisant, bien trop attirant, et bien trop dévorant pour résister plus longtemps. Après tout chaque être dans l'Univers ne cherchait-il pas à posséder l'inaccessible ? À croquer à pleines dents dans cette pomme, porteuse de rêves et d'espoirs ?

Jack, durant son bref passage en tant que membre d'équipage du Tardis, avait souvent pensé en les observant tous les deux qu'ils ne faisaient que repousser cette échéance inévitable. Parce qu'il aurait fallu d'une étincelle. Une simple étincelle entre eux pour que le brasier s'enflamme. Rien qu'une... même infime.

À savoir ce qu'il se serait passé par la suite, le cap franchit, Jack n'en aurait certainement pas mis la main au feu. Il y avait tout autant de chance que le Docteur considère cela comme une erreur ou bien qu'il cesse de fuir ses sentiments et Rose...

Mais là, à observer les deux amants repus d'amour, Jack poussa un soupir de ravissement. Ils avaient finalement réussi à se trouver, à cesser de se cacher cette vérité qu'ils étaient le pendant de l'autre. Il leur avait fallu des larmes, des souffrances et des regrets pour comprendre qu'ils étaient indispensable à l'autre. L'Univers leur avait pris trop de choses, trop de temps aussi. Cependant, c'était peut-être ce qui en cet instant même leur permettait de vivre entièrement et pleinement leur amour. Et d'être conscient que c'était leur plus précieux des biens dans la vie. C'était de cette manière qu'ils venaient de réussir à triompher de l'orage, et vaincraient la tempête qui se levait. Et ce main dans la main...

Harkness, un sourire indélébile sur les lèvres, referma la porte sans un bruit pour ne pas troubler ce moment de béatitude des deux amants afin de les laisser dormir paisiblement. Et, c'est les deux mains dans les poches, le cœur plus léger qu'il se remit à la recherche de la pièce où il trouverait son bonheur : une bonne tasse de café...

*** ***

Après une dizaine de couloirs parcourut avec autant de portes à ouvrir, et sans doute parce que le Tardis s'était lassé de son petit jeu, Jack tomba miraculeusement sur la cuisine. Son besoin de caféine devenant de plus en plus pressant. C'est en manque de ce liquide noir au doux arôme qu'il s'en versa une grande tasse. Et en fut contenté que la troisième gorgée avalée. À présent, il était confortablement installé à table devant une énorme pile de crêpes -Rose en ayant fait pour tout en régiment. Autour de son assiette se bataillaient confitures, gelées, miels, sirops d'érables et un énorme pot de pâte à tartiner. Les couverts à la main, Jack s'interrogeait depuis plusieurs minutes sur le choix d'assaisonnement de son petit-déjeuner. Le dilemme qui se présentait à lui s'avérait être très cruel. Et le rendait quelque peu désespéré. Il n'arrivait toujours pas à prendre sa décision. Décidément faire un choix pour sauver le monde, il savait faire ! Mais quand il s'agissait de choisir à quelle sauce il allait manger ses crêpes, il hésitait !

Le chef de Torchwood reposa ses couverts abattu et se laissa aller contre le dossier de sa chaise, les yeux qui allaient et venaient sur les différents pots présents face à lui. Il poussa un grognement. Ce n'était quand même pas sorcier ! Zut à la fin ! Ce n'était pas de sa faute tout de même s'il y avait trop de choix ! Bougonnant, Jack attrapa sa tasse de café -juste la troisième- et but une gorgée du liquide bienfaiteur.

Rose entra au moment même où le Capitaine laissait vagabonder ses pensées vers un certain membre de son équipe. Il offrit un sourire à la jeune femme et la contempla. Ce matin, elle était resplendissante. Le Docteur en était indubitablement la raison. Il ne l'avait jamais vu jusque là, si rayonnante. Elle semblait s'être comme illuminée de l'intérieur. Elle était tout simplement magnifique avec ce sourire radieux et quelque peu rêveur sur les lèvres et ses longs cheveux blonds qui cascadaient le long de ses épaules avec une certaine grâce. Ce qui ravit plus particulièrement Jack, faisant ressortir toute la beauté de son amie, ce fut quand il croisa son regard. Celui-ci avait retrouvé un certain éclat et pétillait à nouveau de vie. Et en plus, elle fredonnait ! Rien que ça !

La jeune femme s'avança, se pencha vers lui pour l'embrasser sur la joue avant de se diriger vers le plan de travail. Tout en continuant de fredonner, elle s'occupa de mettre de l'eau dans la bouilloire avant de la reposer sur son socle puis sortis le thé -Earl Grey, of course !- et inutile de préciser pour qui était cette attention. Puis, elle installa deux couverts sur la table face à Jack.

- Alors, ma belle, la nuit a tenu toutes ses promesses ? Demanda t-il avec un large sourire et d'un ton ton bien trop innocent pour qu'il le soit réellement.

Elle lui lança un regard interrogatif. Et après quelques secondes silencieuses, elle porta soudainement une de ses mains à sa bouche alors que ses joues se coloraient d'une charmante couleur coquelicot. Le sourire de Jack s'élargit. Dieu qu'elle était encore plus jolie avec cette soudaine pudeur.

- Jack ! S'exclama t-elle embarrassée.

Il haussa des épaules, amusé.

- Lorsqu'une femme fredonne, cela signifie bien des choses...

Rose en réponse le tapa gentiment sur le haut de son crâne en secouant la tête.

- Finalement, les hommes de cet Univers sont bien tous les mêmes ! Ils sont toujours aussi idiots !

- Même ton Docteur ? Lui répliqua t-il.

Elle rit légèrement en s'asseyant face à lui après s'être servit une tasse de café.

- Cela lui arrive bien plus souvent qu'on ne le croit...

- D'ailleurs où est-il passé ?

- À la salle de contrôle. Avec le Tardis.

Jack se mordit l'intérieur de la joue, réprimant à grande peine une réplique. Une drôle de pensée venait de lui traverser l'esprit sur le gallifréen. Comment s'en sortait-il avec ses deux créatures féminines de sa vie ? D'une certaine manière, il avait deux amantes qu'il aimait chacune à sa façon. La vie ne devait pas être tous les jours facile avec ces deux créatures au fichu caractère. Rose lui lança un regard faussement réprobateur avant de lui sourire un tantinet polissonne. Elle se saisit de sa fourchette et vola une des crêpes de l'assiette à Jack.

- Hey ! S'écria t-il. Ma crêpe !

- Tu n'avais qu'à la manger !

- Mais, c'est ce que je m'apprêtais à faire, sauf que...

Rose aperçut le regard du Capitaine se poser sur chaque pot et comprit son dilemme. Elle leva les yeux au ciel. C'était des véritables gosses et ce à tous les âges, même à neuf cent ans et des poussières ! Et dans le cas présent, Jack était comme un gamin, le nez collé à la vitrine, rêvant de goûter à toutes les sucreries qui débordaient de l'étalage qu'il avait sous les yeux alors qu'il ne pouvait en choisir qu'une seule. Humain, Seigneur du Temps... à croire qu'ils étaient tous fabriqués dans le même moule !

Alors que la compagne du Docteur attrapait la marmelade, Jack se saisit de son poignet doucement au-dessus de la table. Elle poussa un petit cri et se défit d'un geste brusque de son emprise. Ils se scrutèrent quelques secondes, mal à l'aise face à ce qui venait juste de se passer, ne sachant pas quelle attitude adopter envers l'autre. Ce fut Jack qui décida en premier à se lancer pour désamorcer la pesante situation.

- Rose, je suis désolé... je n'avais pas l'attention de te...

- Je sais, le coupa t-elle. Tu n'as pas à t'excuser.

La jeune femme lui sourit pour lui signifier que l'incident était clos devant son regard coupable et soucieux par sa réaction. Elle posa sa main sur la sienne pour lui signifier que tout allait bien, qu'il ne lui avait fait surtout aucun mal.

- C'est que... expliqua t-elle. Tu m'as surprise et je...

Harkness hocha de la tête comprenant ce qu'elle voulait lui dire. Une séquelle de sa vie en tant que Louve. Il avait déjà remarqué que le Docteur la touchait toujours d'une simple pression avant de la prendre dans ses bras pour la prévenir alors qu'elle ne s'y attendait pas. Et même si elle était une femme forte comme il n'en avait jamais connu avant elle, elle aura à jamais une certaine défiance envers les hommes. Pour se protéger, se préserver d'eux. Ce qui paraissait compréhensible à la vue de ce qu'ils lui avaient endurer comme atrocités.

Il porta son attention sur leurs mains. De son pouce, il lui caressa le dos de la main et observa en détail l'anneau qui ornait un de ses doigts. Sa bague était faite de trois métaux s'entrelaçant le plus naturellement du monde les uns aux autres, dont les couleurs se mariaient à la perfection. Elle était simple, discrète mais magnifique. Tout d'un coup, il remarqua que la peau de la jeune femme sous ses doigts devenait spectrale. Il ferma les yeux un bref instant et secoua sa tête. Sa vision devait lui jouer une nouvelle fois un tour.

- Je...

Jack hésita encore quelques secondes avant de se lancer :

- Rose, nous n'avons pas eu réellement le temps de parler ensemble. De se retrouver notamment devant un de ces vieux films avec Bogie avec un saladier remplis de pop-corn...

Ils se sourirent aux souvenirs de ces moments de complicité et de paresse qu'ils avaient partagé et de leurs nombreux fou rires auxquels Jack faisait référence.

- Je sais qu'en tant qu'homme, je ne pourrais pas comprendre réellement ce que tu as traversé, ni ce que tu ressens face à tout cela. Je voulais simplement te dire que je suis là moi-aussi, si tu en éprouves le besoin. Je veux être là pour toi en tant qu'ami.

Rose resta silencieuse. Cependant, elle accentua la pression de ses doigts sur les siens, touchée par sa déclaration. C'était une femme forte et pourtant elle était si fragile, si frêle à la fois, pensa alors Jack devant ses yeux qui s'embuaient légèrement. Hésitant, il approcha son autre main du visage de Rose, recherchant dans ses yeux une quelconque marque de peur ou de crainte. Elle n'eut aucun geste de recul et le laissa volontier faire quand il passa quelques mèches dorées avec beaucoup de tendresse derrière son oreille avant de prendre avec une infinie douceur son menton dans sa paume.

- Je ferais tout pour aider ton Docteur à lever le voile sur les circonstances mystérieuses de ton retour. Je te promets de lutter jusqu'au bout à vos côtés contre cette tempête qui vous menace tous les deux. Parce que je veux vous voir triompher de la bataille, la tête haute, main dans la main, d'accord ma belle ?

Leurs regards ancrés, elle hocha de la tête. Alors, Jack se pencha au-dessus de la table pour l'embrasser sur le front.

- Deux preux chevaliers à mon service, lança la jeune femme en plaisantant pour cacher son émotion, j'en ai de la chance...

Ils se sourirent une nouvelle fois, leurs doigts enlacés aussi fort que l'étaient leur amitié et leur tendresse qu'ils se portaient l'un à l'autre.

- Bon, fit Jack en se laissant aller contre le dossier de sa chaise. Qu'est-ce que tu me conseilles ?

- Non, lui répliqua t-elle malicieuse. L'homme doit parfois se débrouiller seul pour faire ses choix. Même si celui-ci est douloureux !

La compagne du Docteur éclata de rire devant la mine déconfite du Capitaine. Finalement, ce dernier repoussa son assiette en jetant un regard assassin aux divers pots qui le narguaient depuis quelques minutes et attrapa au passage un fruit dans la corbeille. Mécaniquement, il éplucha le fruit à la peau jaune avant d'en engloutir une partie dans la bouche. Il haussa un sourcil d'interrogation face à l'attitude curieuse de Rose. Elle venait de se lever d'un bond de sa chaise avant de se précipiter vers la porte qui dissimulait les réserves du Tardis. Elle s'engouffra à l'intérieur et en ressortit à peine quelques secondes plus tard. Elle s'adossa contre le battant et la referma, puis secoua la tête comme si elle était désolée du sort du Capitaine.

- Qu'est ce qui se passe ? S'inquiéta t-il de sa réaction, la bouche pleine.

- Jack...

- Quoi ! S'écria t-il en avalant le contenu de sa bouche. Qu'est-ce que j'ai encore fait ?

Elle fit un mouvement du menton vers ce qu'il tenait entre ses doigts. Mais qu'est ce qu'il se passait à la fin ? À la réaction de la jeune femme, on pouvait croire qu'il venait de provoquer un incident diplomatique. Et pourquoi donc avait-il ce soudain picotement sur la nuque ?

- Jack... s'il y a bien une chose que tu n'aurais jamais dû oublier, c'est celle-ci...

- Quoi ?

- Le petit-déjeuner du Docteur.

- Oui et alors ? Fit-il en continuant de manger son fruit.

- C'est toujours le même, Jack. Et ce malgré sa régénération...

La lumière se fit soudainement dans l'esprit de l'ancien agent du temps. Il jeta un coup d'œil vers le fruit qu'il venait d'entamer. Il avala difficilement sa bouchée. Pire qu'un incident diplomatique, il venait de déclencher les hostilités.

- Il a bien des réserves planquées quelque part...

Elle secoua vivement la tête par la négative.

- Je viens de vérifier. Et malheureusement pour toi, c'était la dernière.

C'est à ce moment précis qu'un gallifréen -à l'air béat- se décida à faire son entrée tout en lançant un joyeux bonjour à la volée. Sans prêter la moindre attention à Jack, il se dirigea vers sa compagne pour aller lui souhaiter une nouvelle fois un bonjour très langoureux. Et pendant ce temps-là, le Capitaine se passait une main tremblante sur le visage tout en se demandant l'espace d'un instant, s'il était bien réellement immortel. Houston, ironisa t-il alors sur son sort, nous avons là un très gros problème...