Titre : Des racines au pays de la terre
Correction : -
Base :
Naruto
Genre : Aventure/Romance/Mysthère
Disclaimer : Les personnages et l'univers du manga "Naruto" ne m'appartiennent pas à l'exception des individus du pays de la terre


Chapitre 10 : Frères et… sœur

Le soleil était couché depuis déjà plusieurs heures quand Jiraya entra dans le bâtiment de l'hokage, un sourire plus que confiant étirant ses fines lèvres. Il grimpa les volées de marches jusqu'au premier étages pour entrer dans l'une des salles de briefing de l'ANBU sobrement agencée, un tableau, des cartes et une grande table en son centre. Une fois dedans, ses yeux firent l'inventaire des personnes présentes dans la pièce. Genma et Shizune portaient des vêtements de civils. Le premier avait passé une tenue d'inspiration du pays de la terre. Un pantalon à poches multiples brun foncé, un épais pull-over en laine noire et un foulard sans insigne du village de la feuille noué comme à son habitude sur son front. Shizune avait opté pour un kimono noir ouvert sur les cotés afin de laisser apparaître un pantalon de toile bleue-marine. Par-dessus, elle avait revêtu un court manteau à col d'officier de laine bleu-marine lui aussi. Tout deux portaient des bottes en cuir marron. Lui de lourds brodequins à lacets remontant plus haut que ses chevilles et elle des bottes hautes à boucle de cuivre qui atteignaient le dessous de ses genoux. Une fois les informations pour la mission acquises, ils revêtiraient chacun une cape en cuir doublé gris anthracite.

A leurs cotés, se trouvait Tsunade. La godaïme ne semblait pas vraiment dans ses meilleurs jours. Toute cette opération auprès du Tsuchikage la révulsait. Mais en y réfléchissant, se qui l'énervait le plus était le fait que Jiraya ait trouvé une solution pour obliger son assistante et le commandant des ANBU à exécuter une mission ensemble. La blonde sannin soupira rageusement. Elle n'aurait jamais osé l'avouer à son ancien co-équipier, mais elle était jalouse de sa trouvaille. Elle darda de ses yeux noisette l'homme aux cheveux blanc qui la dépassait bien d'une tête quand il arriva devant elle. Un sourire narquois fut la seule réponse que l'ermite des grenouilles voulu bien lui accorder. D'un signe de la main, elle lui fit comprendre qu'il était plus que temps de commencer sa présentation.

Le vieil homme déposa une petite pille de dossier sur la table de présentation autour de laquelle tous les membres présents se placèrent. Il sorti deux chemises qu'il tendit respectivement aux deux jeunes personnes ayant revêtu des attributs civils. Les documents en carton brun estampillées top secret comportaient chacune une fiche d'identité, des informations concernant les personnages que Jiraya avait concocté et une carte d'identité du pays du feu avec leurs nouveaux noms inscrits dessus.

- Monsieur et Madame Agako ! Vous êtes deux jeunes mariés en voyage de noce auprès du très cher oncle de Monsieur, l'ambassadeur du pays du feu à Iwa, Tetsuo Agako. Vous êtes là pour une bonne semaine et bien entendu que vous allez vous intégrer à la vie du palais du Tsushikage. J'entends par là concerts, visites, soupers et bien entendu le bal de la nouvelle année qui aura lieu dans quelques jours et ou bien entendu se trouvera tout le gotha du pays de la terre. Expliqua jovialement le sannin légendaire.

- Un bal ? Des soupers ? Heu, je ne suis pas sur que nous ayons été formés pour ce genre de mission… et puis… je… heu… S'embrouilla le jeune commandant en rougissant légèrement.

- Tu te sentirais plus à l'aise un kunaï à la main ? Interrogea narquoisement l'homme aux lignes de peinture rouge.

- Et bien… Oui… Marmonna Genma en baissant les yeux.

Jiraya se tourna vers son ancienne co-équipière d'un air des plus sérieux qui soit.

- Tsunade ! Depuis quand n'as-tu pas envoyé ce cher commandant en mission d'infiltration dans un milieu social normal ?

- Peut-être depuis un peu trop longtemps, mais je pense que cette mission devrait vous faire du bien commandant. Allez ! Finissons-en ! Ordonna l'Hokage en reportant son attention sur l'instigateur de cette opération.

L'homme aux cheveux blanc sourit.

- Plus sérieusement, le Tsushikage sera au courant de votre réelle identité et probablement deviendra-t-il votre allié le plus puissant et le plus sur dans cet environnement particulier. L'ambassadeur sera votre couverture et mis au courant par message secret de votre venue d'ici quelques heures. Ne faites confiance à personnes car la taupe doit être placée particulièrement haut pour ne pas avoir été démasquée plutôt. En cas de problèmes, essayez de maintenir votre anonymat le plus longtemps possible et si vraiment il le faut. Dévoilez vos rôles de ninja. Déclara d'une voix neutre, mais sérieuse l'ermite des grenouilles.

- La vie à Iwa est incontestablement différente d'ici, vous le remarquerez très rapidement. Le palais du Tsuchikage ressemble plus à une coure et à un château féodale qu'à un bâtiment administratif. Beaucoup de gens y viennent et les conspirations font parties intégrantes de la culture de ce pays. Je vous souhaite vraiment bien du courage pour démêler cette situation particulièrement tendue. Expliqua posément la blonde aux yeux bruns.

- J'allais oublier. Vous pourrez conservez vos prénoms pour cette mission. Trop peu de gens vous connaissent dans vos rôles respectifs au sein du village de la feuille. Fit remarquer leur aîné.

Les deux jeunes ninjas se regardèrent du coin de l'œil pendant un instant. La mission n'allait franchement pas être une partie de plaisir. Que se soit pour Shizune qui se savait piètre danseuse ou pour Genma qui détestait ce genre de faste, inutile à son goût. L'entrevue ne pris guère plus de temps. Toutes les informations se trouvaient dans les dossiers et la nuit ne serait pas des plus longues. Il faudrait donc en profiter au maximum. Tsunade les congédia rapidement afin de rester seule avec le sannin légendaire.

- Je me demande comment ils vont se débrouiller. C'est vraiment la pire couverture que tu pouvais inventer pour eux. Soupira-t-elle en s'appuyant à la table de présentation.

- Je suis sur qu'ils vont très bien s'en tirer. Clama l'ermite des grenouilles avec force et vigueur.

- Shizune déteste se genre d'ambiance et je ne te parle même pas du regard de chien battu que Genma m'a adresser quand tu as expliqué dans quel genre d'événements mondains ils allaient devoir se rendre. Lui qui ne vient déjà que rarement aux fêtes officielles que son grade est sensé lui imposé. Lâcha-t-elle mollement.

- Ils sont faits pour s'entendre. Pouffa le vieil homme.

- Je l'espère, dans ton intérêt. Grinça Godaïme en se dirigeant vers la sortie de la salle de briefing d'un pas las.


Kurenai regarda le ciel s'éclaircir à l'Est, annonçant l'arrivée d'un jour clair et sans nuages sur les cotes blanches de neige du pays de la terre. La voute bleu-nuit allait gentiment laisser place à des nuances plus lumineuses, précédant la venue de l'astre solaire. Le vent ne soufflait pas, laissant les abords de la forêt toute proche inertes et sans vie, comme figés par les glaces et le froid. Un soupir s'échappa de ses lèvres légèrement charnues pour gagner l'atmosphère en plusieurs serpentins de buée blanche. La jeune femme contempla au travers de ses pupilles vermeilles les volutes argentées s'étioler dans les derniers instants de la nuit.

Une utlime gerbe d'étincelles rouge s'éleva en un craquement. Le modeste feu de camp expirait une dernière fois. D'un geste sur, la belle se mis sur ses jambes et jeta un coup de pied dans la neige pour finir d'éteindre complètement la source de chaleur. Aucunes traces ne devaient trahir leur passage, ni la direction de leur périple. Un léger frisson lui parcouru la colonne vertébrale. Le froid était bien plus mordant dans les derniers instants de la nuit précédent le lever du soleil, mais elle ne pourrait pas attendre jusque là. Accompagnée de ses acolytes, le campement serait déjà loin derrière eux quand les premiers rayons de l'astre viendraient faire étinceler ce paysage figé.

Elle frotta ces mains engourdies par l'inactivité contre ses cuisses tout en se dirigeant vers les chevaux, entravés pour la nuit. Elle détacha son puissant étalon noir et resserra les sangles de son harnachement, réajustant la couverture placée sur sa croupe musculeuse par la même occasion. Malgré sa grande taille et sa prestance, la bête vint doucement renifler les mains gantées de sa cavalière. Un sourire éclairant son fin visage, elle fit un collier de ses bras à l'encolure arquée du grand cheval. L'odeur forte de son destrier envahi le nez de la belle en même temps que sa chaleur se rependit contre son visage glacé par le dernier tour de garde. Elle resta un moment blottie contre lui, ses pensées dansant dans tout les sens et ses souvenirs se faufilant au travers des méandres de son cœur. Une perle humide s'insinua entres ses yeux fermés pour dévaler ses joues laissant un sillon brillant derrière elle. Un léger sanglot fit tressauter ses épaules. Elle s'en voulu de se laisser aller si facilement, mais l'ennui était plus fort que sa volonté. Inoshi lui manquait terriblement et la peur de ne pouvoir rentrer pour s'occuper de lui l'étreignait depuis plusieurs jours avec chaque matin, un peu plus de poigne. Son instinct de mère lui rappelait avec force que sa place n'était pas vraiment d'être ici, au fin fond d'un pays ennemi, à la recherche d'un ami disparu. Au fond, elle préférait pleurer maintenant plutôt que devant d'autres personnes plus tard.

Elle passa le revers de sa main sur ses yeux pour en chasser toutes traces de se moment de faiblesse, puis elle attrapa la bride de l'étalon pour se diriger vers le reste des dormeurs à éveiller. Il suffit de quelques mots pour que la rose et Yamato s'éveillent de leur douce léthargie et commencent de ranger équipements et couches. Quand Kurenaï s'agenouilla auprès de Saï qui ne réagissait pas aux paroles de la femme aux pupilles écarlates, elle remarqua ses lèvres légèrement bleuies. La crainte s'empara rapidement de son cœur et elle se pencha brusquement sur le tors du jeune homme, afin de s'assurer qu'il vivait encore. Après quelques secondes d'attente, elle entendit enfin le poult lent et presque trop ténu du noiraud.

- Sakura ! Vient vite ! Cria la jeune femme en jetant son manteau sur le corps endormi.

- Que se passe-t-il ? S'enquit la cadette en arrivant aux cotés de son aînée.

- Je crois qu'il fait de l'hypothermie. Souffla Kurenaï en tâtant le pout du jeune homme de ses doigts glacés.

Immédiatement, Sakura joignit ces mains et fit jaillir une lueur verte qu'elle apposa sur le corps du peintre au teint presque cadavérique. Elle ferma les yeux le temps de trouver la cause de ce sommeil trop profond, puis elle dirigea ses mains différemment de manière à élargir le faisceau de chakra pour recouvrir presque la moitié supérieure du corps allongé devant elle.

- Vous aviez vu juste. Lança-t-elle à sa supérieure avant de formuler un jutsu médicale qui intensifia le flamboiement du chakra.

- Tu le réchauffes ? Demanda la seconde femme.

La rose répondit par un hochement affirmatif de la tête tout en déplaçant le faisceau le long des jambes raides du jeune homme. Elle répéta plusieurs fois le même va et viens sur lui. Après une bonne minute d'application, il remua légèrement les lèvres à la recherche de quelque chose. Kurenaï ouvrit sa gourde et glissa une rasade de thé encore chaud du soir précédent entre les lèvres entrouvertes du garçon. Ce dernier avala péniblement le précieux liquide destiné à réchauffer ses entrailles.

- Saï ? Tu m'entends ? Questionna Sakura avec douceur.

- Mmmh… Qu'est-ce qui c'est passé ? Demanda faiblement le peintre en ouvrant précautionneusement les yeux, laissant apparaître les pupilles d'un noir profond et brillant.

- Tu as fait de l'hypothermie. Répondit simplement la jeune mère en lui relevant la tête pour lui faire avaler une nouvelle gorgée de thé.

- Je me sens tout engourdi. Laissa-t-il entendre de sa voix enrouée.

- Ne te fais pas de souci. On va te donner un manteau supplémentaire et tu devras essayer de marcher un peu plus pendant notre trajet d'aujourd'hui afin de forcer ton corps à se réchauffer. Tu aurais du nous dire que tu avais froid. Le sermonna gentiment la jolie médic-nin.

- Je n'avais pas l'impression d'avoir beaucoup plus froid que d'habitude. Murmura-t-il en laissant ses lèvres s'étirer en un simple sourire, comme à son habitude.

- Viens, il faut que nous partions. Je vais t'aider à te relever. Déclara simplement la rose en prenant le bras du jeune peintre pour le passer par-dessus ses fines épaules.

Le beau ténébreux n'arriva pas entièrement à se redresser sans s'appuyer réellement sur la médic-nin. Sa respiration s'accéléra quelque peut une fois complètement relever et la jeune femme assura sa prise en passant son bras autour de la taille du peintre pour l'amener au près de son destrier. Elle senti qu'il tremblait un peu et qu'il n'avait pas encore retrouvé la totalité de son équilibre. Kiba qui s'était éveillé pendant que Sakura soignait son co-équipier, aida la demoiselle à faire monter Saï sur le dos de son cheval. Il du s'agripper fermement à la selle pour ne pas trop sentir sa vue danser. Yamato, déjà sur son étalon, s'approcha de lui pour lui déposer un second manteau sur les épaules afin qu'il se réchauffe.

Entre temps, tout le monde avait pris place sur son destrier ou sur son chien pour Kiba. Kurenai lança un dernier coup d'œil sur le campement afin de s'assurer qu'ils ne laisseraient pas trop de traces derrière eux. La journée s'annonçant belle et ensoleillée, il serait impossible de faire complètement disparaître les preuves de leur passage en ces lieux. Elle donna un coup de talon sur les flans de l'étalon qui s'élança souplement au trot pour prendre la tête de la petite troupe et donner ainsi le signal du départ. En passant à coté du peintre, elle ralenti sa monture pour lui adresser un léger sourire. Le ténébreux répondit à sa supérieure en faisant lui aussi une mimique semblable, mais une légère crispation à la commissure de ses lèvres fit comprendre à Kurenai qu'il n'arrivait pas à se remettre totalement de son hypothermie. En dépassant Sakura qui précédait le noiraud, elle lui fit un clin d'œil et désigna d'un léger mouvement de la tête le garçon qui se trouvait derrière elle. La rose répondit en souriant de toutes ses dents et en inclinant sensiblement la tête en signe d'assentiment. Le puissant cheval s'arrêta à la hauteur de Yamato qui lisait une vieille carte jaunie de la région qu'ils s'étaient procurés lors d'une de leurs haltes dans un village marchand de la bordure de la plaine grise.

- Nous devrions pénétrer dans la citée portuaire de Miso en fin d'après-midi. Déclara-t-il simplement sans lever la tête du feuillet élimé par le temps et l'âge.

- Je sais. Répondit tranquillement la jeune mère en réajustant ses gants et son écharpe.

- Tu veux ensuite pousser jusqu'au village se trouvant sur la falaise face à l'île Noire ? Questionna-t-il en relevant ses yeux bruns, brillants d'intelligence, de sa lecture pour les poser sur la femme au regard pourpre qui lui faisait face.

- Probablement, mais tout dépend de la météo et de l'heure de notre arrivée. Le soleil ne va pas briller toute la journée, c'est la période des grandes tempêtes sur la mer du Nord. De plus, je ne sais pas si nous pourrons progresser au rythme prévu initialement. Saï me semble plus éprouvé par le froid qu'il ne veut bien l'avouer. Nous devrons vraisemblablement ralentir pour le faire marcher et se réchauffer. Répondit songeusement la leader de la petite équipe en fixant les vallons enneigés qui se trouvaient devant eux et qui les séparaient encore du littorale et de leur objectif.

- Soit, nous aviserons en arrivant à Miso. Préconisa l'ANBU en rangeant la carte sous son manteau.

Kurenai se retourna sur sa selle et fit signe au trois chunnins qui les suivaient de se mettre en route. Toute la petite équipe s'ébranla doucement, le silence de la vallée figée sous le manteau blanc, seulement perturbé par la respiration des chevaux et le bruit de leurs sabots sur la neige craquante. Le soleil se lèverait d'ici une bonne heure, au loin le ciel commençait déjà de s'éclaircir.

Ils progressèrent dans le vallon, le remontant jusqu'au moment ou il ne resta plus qu'une sente zigzagante vers un petit col, seul moyen d'accéder au littoral sans entièrement contourner les montagnes ou les gravirent. Un vent froid hurlait entre les falaises enserrant de plus en plus les voyageurs, sifflant sa violence au point de vriller les oreilles d'Akamaru qui couina doucement. Kiba se pencha sur son fidèle ami pour lui caresser le flan en guise d'encouragement et le chien repris son acensions. Les autres membres du groupe avaient mis pied à terre afin d'économiser leurs bêtes pour le retour qui devrait être rapide et très probablement épuisant. Kurenai menait en tête avec Yamato sur ses talons. Le chemin ne permettait plus de continuer à marcher deux de front avec les chevaux derrière. Kiba suivait à distance le cheval de son aîné pour ne pas lui faire peur, les bêtes avaient encore un peu de peine avec le chien géant du jeune Inouzouka. Quelques mètres plus bas, Sakura progressait plus gentiment afin de garder un œil sur Saï qui marchait plus lentement.

Au début de l'acensions du col, il avait accueilli avec joie le fait de marcher et il s'était élancé avec entrain à la suite de ses co-équipiers. Cette nouvelle activité physique l'avait réchauffé. Pourtant, plus le temps passait et plus il se sentait mal. Sa vision commençait à se brouiller et depuis une poignée de minutes son sens de l'équilibre lui demandait des efforts violents et continus. Tous dansait autour de lui et parfois la pente raide se trouvant au dessous de lui semblait se rapprocher si rapidement qu'il se jetait contre le mur de pierre se trouvant à l'opposé, agrippant de ses mains gantées les aspérités de la roche pour se redonner confiance. Marcher devint gentiment un véritable calvaire. Des pointillés noirs de fort mauvais augure commencèrent à scintiller devant ses yeux, puis se fut au tour de ses jambes de ne plus vouloir obéir. C'était comme si elle se transformait en coton et pliaient sous son propre pois. Il gémit légèrement en essayant de conserver son appui contre la falaise.

Sakura se retourna pour la énième fois afin de s'assurer que Saï allait bien quand ses yeux s'agrandir subitement en remarquant que le ténébreux n'était plus derrière elle, mais plus bas agrippé à la paroi. Immédiatement, elle lâcha son cheval et se glissa su son coté pour rejoindre le jeune peintre qui se recroquevillait de plus en plus sur lui-même. Elle du courir une petite dizaine de mètre avant d'atteindre son but. Saisissant le noiraud par les épaules, elle l'aida à s'asseoir contre le mur de pierres.

- Saï ? Tu m'entends ? demanda la rose en retirant le capuchon du jeune homme afin de pouvoir prendre sa température.

Le shinobi soupira douloureusement. Les falaises et le ciel virevoltaient autour de lui quand il rouvrit les yeux pour essayer de fixer sa co-équipière.

- Mes jambes ne me portent plus… Souffla-t-il en essayant de se pelotonner contre la paroi de roche noire. Tout tourne… et mes yeux n'arrivent plus à voir net… Expliqua-t-il d'une voix terne.

- Tu as mangé ce matin ? Interrogea gentiment la médic-nin en retirant sa main du font froid du ténébreux.

Il n'avait pas de fièvre, fort heureusement.

- J'ai juste bu un peu de thé et grignoter un morceau de pain. Laissa-t-il échapper en frissonnant.

- Tu aurais du manger et boire beaucoup plus après cette nuit. Le réprimanda gentiment la rose en sortant du sucre de raisin d'une de ses sacoches. Mange ça ! Sa va te redonner des forces. Lui dit-elle sur un ton encourageant.

Elle fit glisser le bonbon blanc entre les lèvres gercées du jeune homme. Ce dernier le mâcha doucement, frissonnant sous les assauts du vent particulièrement glacial. Sakura remarqua les légers tremblements secouant le peintre. Elle réajusta le manteau, la cape et le capuchon de ce dernier, puis elle l'attira contre elle pour faire de son propre corps un rempart au souffle mordant. Saï se laissa faire. Il n'avait plus la force de la repousser ou de faire quoique ce soit d'autre. La jeune femme décrocha sa gourde de thé accrochée à son paquetage pour en faire boire un peu au noiraud blotti entre ses bras.

- Ne t'endors pas ! Tu m'entends ? Ne t'endors pas ! Cria la jeune femme, sentant l'homme se laisser aller et se détendre.

Le beau ténébreux sursauta et rouvrit doucement les yeux. Fixant d'un regard interrogateur sa soignante, l'air de ne pas comprendre se qui se passait autour de lui, il fit un signe affirmatif de la tête à la rose. Cette dernière présenta le goulot du récipient plain de thé aux lèvres du malade. Le liquide chaud et odorant fila entre les lèvres fines du jeune shinobi qui l'avala par petites goulées. D'un faible mouvement de la main, il repoussa un instant la gourde pour reprendre son souffle. Cependant, il ne fit pas mine de vouloir boire à nouveau.

- Il faut que tu boives plus, Saï. Sinon tu vas de nouveau perdre conscience. L'encouragea doucement la kunoshi en redressant le buste du noiraud tout en rapprochant le récipient.

- Je suis désolé… Je suis vraiment désolé… Murmura-t-il d'une voix imperceptible.

- Mais de quoi ? De quoi es-tu désolé ? Lui demanda gentiment la rose.

- Je vous retarde, je suis entrain de mettre la mission en péril… Si vous m'attendez, vous mettrez la vie de Kakashi-sampai en danger… Une légère quinte de toux l'empêcha de terminer sa diatribe, Sakura ne lui laissa pas le temps d'en rajouter.

- Tu dis n'importe quoi ! Bois au lieu de dire des bêtises ! Ordonna-t-elle en lui collant le goulot aux lèvres.

- Vous devriez me laisser en arrière et tenter d'arriver le plus vite possible à Miso… D'après Kurenai, ils ne vont pas se contenter de l'enfermer comme simple prisonnier. Cela fait déjà plus de deux semaines qu'il a disparu… On… On ne soutient pas… la torture indéfiniment… Déclara d'une voix éraillée, le pauvre peintre en toussant de nouveau.

- Arrête tes âneries ! Il est hors de question que l'on laisse qui que se soit derrière nous. C'est compris ? Et cesse tes raisonnements calculateurs d'ANBU sans sentiments ! Aucun de nous ne t'infligerait une chose pareille… Fini-t-elle par murmurer en attirant le jeune homme contre elle. Tu vas boire encore un peu de thé et nous allons reprendre la route. Si par malheur tu recommences ce genre de discours, je te colle une droite dans ton magnifique facies d'ange. C'est compris ? lui susurra-t-elle à l'oreille.

Saï ne pu s'empêcher de sourire, blotti contre la jeune fille et finit par acquiescer de la tête. Sakura inclina un peu la gourde et il but plusieurs rasades du liquide sucré. A son tour elle bu elle aussi un peu de thé, puis elle replaça la gourde sur son sac. Ensuite, elle passa le bras droit du shinobi autour de ses épaules et son bras gauche autour de la taille du ténébreux pour l'aider à se relever. Le jeune homme poussa un léger râle sous l'effort que lui demandaient ses muscles pour le remettre d'aplomb. Cette fois-ci, c'est avec force qu'il du se résoudre à prendre appui sur la jeune demoiselle qui le soutenait. Doucement, ils se mirent en route. Lui appuyé contre elle, la tête tournant toujours autant, mais au moins ses jambes le portaient à nouveau. Elle, concentrée sur le rythme pour ne pas trop épuiser le peintre et surveillant les deux chevaux dont elle gardait les rênes dans sa main libre.

Kiba avait remarqué depuis déjà un petit moment que ses co-équipiers ne suivaient plus. Inquiet, il talonna Akamaru pour se rapprocher des senseis pour les prévenir et ensuite il redescendit voir se qui se passait. Il arriva au moment ou les deux shinobis reprenaient la route. Saï plus que lourdement appuyé sur la frêle Sakura.

- Sa va ? Questionna-t-il, l'air soucieux.

- Il n'est pas au top de la forme. Il s'est évanoui juste avant. Répondit la médic-nin en franchissant un nouveau coude du sentier.

- Je peux vous aider ? Demanda-t-il spontanément.

- Oui. Prends le cheval de Saï avec toi. Je ne peux les garder tous les deux. Le sentier est trop étroit. Expliqua Sakura en plaquant le ténébreux contre la falaise et en tendant les rênes au maître-chien.

Ce dernier les saisit, puis il emmena rapidement la bête un peu plus loin.

- Sakura ! Sa va aller pour monter jusqu'au col ? Hurla le grand brun.

- Oui ! Je pense que sa va aller. Il reste combien de zigzagues jusqu'au sommet ? Demanda-t-elle.

- Environ cinq ! Kurenai et Yamato arrivent au dernier coude. Allez ! Courage ! Vous y êtes presque ! Cria-t-il en continuant de traîner le cheval rétif à cause de la préséance imposante d'Akamaru.

Sakura ajusta son bras autour de la taille du jeune homme qu'elle soutenait. Ce dernier eu un soupir douloureux. Il se sentait si faible, si fatigué. Pourtant il ne lui semblait pas avoir pris froid ou quoique se soit qui puisse causer des étours pareils. Même parler lui semblait au-delà de ses forces. Il fit quand même une tentative.

- Sakura… Pourquoi… Pourquoi…je suis comme ça ? Hoqueta-t-il doucement.

- Tu as fais de l'hypothermie la nuit passée et ensuite tu n'a presque rien manger. Ton corps n'avait plus de ressources pour te réchauffer et te maintenir en forme suffisamment bien. C'est pour cette raison que tu as des pertes de connaissances. C'est sa manière à lui de te faire savoir qu'il ne va vraiment pas bien. Maintenant que tu as mangé du sucre de raisin et que tu as bu, sa va aller mieux. Dès que nous serons au col, nous nous arrêterons pour manger quelque chose de plus consistant. Sa va aller ? lui demanda-t-elle gentiment.

- Oui… souffla-t-il si doucement que la rose arriva juste à comprendre se qu'il venait de prononcer.

Ils marchèrent encore quelques mètres pour gravir le prochain coude. Une fois le contour passé. Saï pris son inspiration.

- Merci… Pour ce que tu… tu fais pour… pour moi… Murmura-t-il lentement.

- De rien. Sa me fait plaisir de pouvoir t'aider. Répondit gentiment la demoiselle en serrant un peu plus le jeune noiraud contre elle.

Un faible sourire étira les lèvres du peintre, fendues par le froid. Il laissa sa tête se poser doucement contre l'épaule de la kunoshi aux yeux verts émeraude. Cette dernière ne pu s'empêcher de tourner légèrement la tête et de déposer un chaste baiser sur le front de son ami qui frissonna sous ce contact particulièrement inhabituel pour lui. Personne n'avait jamais manifesté quoique ce soit de cette manière envers lui. Décidément, la vie en tant que ninja normal décelait bien des choses étranges.

Sakura perçu le trouble qui secouait l'homme aux cheveux noirs. Saï était un étrange mélange de violence, froide, calculatrice et de naïveté presque enfantine. Il était un homme au regard d'enfant, un garçon qui avait grandi trop tôt ou encore un adolescent qui avait du devenir adulte sans savoir se qu'est l'amour, l'amitié, la joie et les sentiments. Il était toutes ces choses, mais aussi un être doué d'un humour un peu particulier qui ne faisait pas toujours rire tout le monde. La rose ne le connaissait pas depuis longtemps, pourtant certaines choses l'attirait chez ce shinobi magnant les pinceaux mieux que les kunaïs. Peut-être était-ce son coté ténébreux qui lui rappelait Sasuke, son ancien co-équipier et premier grand amour. Ou alors était-ce ces yeux d'enfants, reflétant parfois tant d'incompréhension envers certaines choses toutes bêtes de ce monde. Elle ne savait pas vraiment quoi répondre à ces questions, mais elle était sure d'une chose. Plus le temps passait et plus elle apprenait à apprécier ce jeune homme pour qui il était.


Un coup de vent plus violent que les précédents fit vibrer la lourde porte de chaîne de la cellule. Les courants d'air semblaient être bien les seuls à être libre dans cette citadelle aux pierres humides et froides. Avec rapidité et souplesse, ils s'infiltraient, venant chatouiller la moindre parcelle de peau dénudée, la moindre coulée de sueur ou de sang.

Frissonnant et tremblotant, Kakashi essaya de se rouler un peu plus en boule pour conserver le bien le plus précieux qu'il lui restait dans ce cachot, un peu de chaleur. Une mauvaise quinte de toux, lui arracha une grimasse et un râle douloureux. Chaque inspiration tiraillait ses cotes brisées, alors une quinte de toux valait presque une séance de torture. Razan n'avais pas pu faire grand-chose pour le soulager. Ce qui lui fallait c'était du repos, plus le moindre mouvement et un lit chaud. Quelle futilité ! Depuis que le seigneur du clan Azerti avait découvert ce nouvel handicap, il prenait un malin plaisir à frapper le ninja de Konoha dans les flans ou à le forcer à exécuter des mouvements lui arrachant inévitablement des cris de souffrance. Chaque fois que la lourde porte grinçait pour annoncer la venue d'un visiteur, l'argenté espérait que la mort le saisisse avant que Fuyuhira ou l'un de ces sbires ne le trainent en salle de torture. Le malheureux shinobi n'aurait pas vraiment su dire clairement combien de temps s'était écoulé depuis sa capture. Il ne voyait plus du jour que le liserai grisâtre pénétrant sa cellule. Il lui semblait que les pierres froides et humides mordant sa chair pendant les séances de supplice l'entouraient depuis des années. Même les passages de Kinnao ne lui semblaient plus distincts. Tout était trop vague dans ses souvenirs. L'inconscience appela doucement l'ébouriffé, l'attirant de ses bras mous vers le dernier endroit ou personne ne pouvait lui faire de mal, où le froid ne régnait pas.

La serrure claqua durement, puis la porte s'ouvrit à la volée laissant la place à une ombre trop bien connue. Deux flemmes vertes étaient les seuls éléments visibles de son visage. L'imposant personnage pénétra dans la pièce sombre et froide, suivi du gardien, une torche dans la main.

- Éclaire-moi ce fils de chien ! Eructa la voix grave du seigneur Azerti.

Kinnao s'approcha du corps recroquevillé contre la paroi noire. Les flemmes dansantes mettaient encore plus en valeur les traits tirés et la pâleur de la seule partie du visage que le masque bleu-marin ne cachait pas. Les cheveux aux reflets métalliques collés par le sang et la sueur sur les tempes du jeune homme tranchaient étrangement avec les tintes pales et ternes de sa peau ou du vieux manteau élimé qui le recouvrait.

- Retire-lui ce morceau de toile ! Cracha le géant en faisant un signe de la main.

- Oui maître. Murmura le gardien au visage buriné par les années de vie au large.

Un grimace déforma le profil de statue du vieux soldat quand il vit l'état du dos de l'argenté. Des stries sanglantes déchiraient la peau blanche sur toute la longueur de la colonne vertébrale. Certaines commençaient à se refermer, mais d'autres brillaient de sang pas encore sec. Kinnao tira doucement le jeune homme par l'épaule pour contempler son tors. Des hématomes violet foncés parsemaient ces cotes, des rougeurs ressemblant fortement à des brûlures et des lacérations marquaient elles aussi ce coté du corps inconscient du fils du Croc-Blanc de Konoha. Le maton remarqua la plaie purulente à l'omoplate gauche que le kunaï de son maître avait infligée au jeune homme lors de sa capture. Razan avait vraiment fait le maximum pour éviter l'infection, mais Kakashi passait tellement de temps en salle de torture depuis quelques jours qu'il n'avait pas pu lui administrer les soins nécessaires à éviter une infection. La plaie n'était pas belle à voir et c'est le regard soucieux que le cinquantenaire leva la tête vers son maître qui semblait se repaitre de ce spectacle déplorable.

- Ne fais pas cette tête Kinnao ! Cette charogna va bien finir pas parler. Ricana froidement l'homme vêtu de son indissociable cape brune.

- Je ne sais pas s'il aura encore la force de soutenir un interrogatoire Monseigneur. Il ne se nourrit plus depuis bientôt trois jours. Fit simplement remarquer le gardien en charge de la distribution des repas.

- Mais tu t'es fais un plaisir de lui donner la béquée. Ne crois pas que j'ignore ton petit manège aux prisons. Grinça le seigneur dans un ricanement au cynisme cinglant.

- Détrompez-vous Maître, je n'ai pu que lui faire avaler du liquide. Il n'a plus la force de mâcher quoique ce soit. Rectifia l'homme grisonnant.

L'ombre brune se rapprocha du corps meurtri, roulé en boule contre le mur de la geôle suintante. Kinnao poussa un cri de surprise, bientôt suivi par celui de souffrance provoqué par le coup de botte que le géant venait d'asséné dans les cotes du blessé qui ouvrit un œil terrorisé avant de s'évanouir définitivement.

Sans jeter un regard au corps meurtri qui traînait misérablement sur le sol, le seigneur Azerti fit demi-tour pour retourner dans son donjon. Kinnao le regarda quitter la cellule, les jointures des phalanges blanches tellement il serrait les points de rage. Quand le pas lourd de son supérieur ne fut plus qu'un claquement lointain, il se baissa. Soulevant délicatement le corps inanimé du jeune shinobi, il le transporta jusque dans sa cellule de garde. Bien qu'il ne connaisse pas autant la médecine que Razan, il savait pertinemment que l'argenté ne survivrait plus très longtemps dans la pièce froide et humide qu'il occupait. Il l'allongea sur la table qui trônait au centre de l'ancienne cellule. Il lança une nouvelle buche dans la cheminée et se dirigea d'un pas rapide vers la geôle du font, celle du détenteur de la pupille du clan Yuhi. Quelques minutes plus tard, les deux hommes se tenaient autour du shinobi de Konoha. Ce dernier respirait difficilement, l'air provoquant de terrible sifflement lors ce qu'il passait dans la trachée. Une nouvelle quinte de toux le tira de son inconscience. Du sang coula par la fente laissée sur le masque au coin de sa bouche, lors d'une séance de torture. Il geignit faiblement. Razan fit apparaître son chakra vert et essaya de soigner au mieux les blessures les plus graves, ainsi que celles risquant de s'infecter le plus rapidement.

Kakashi réussi, au prix d'un effort surhumain, à ouvrir ses paupières laissant briller deux pupilles luisantes de fièvres. Kinnao plaça un linge humide sur le front bouillant du ninja. Il sentit la douce chaleur réparatrice du chakra de celui qui aurait probablement pu être un très bon médic-nin s'il avait pu sortir de cette prison quand il avait eu l'âge de se former. Les mains expertes effleurèrent ses cotes meurtries se qui fit se cambrer violement l'argenté sous la douleur, se mordant les lèvres pour ne pas pousser un hurlement de souffrance. Sa respiration s'accéléra et bientôt il se mit à hoqueter difficilement, tout son corps l'élançant après le mouvement brusque qu'il avait accompli par réflexe.

- Calme-toi ! Il va te laisser tranquille un moment pour qu'il vienne voir par lui-même l'état misérable dans lequel tu es. Tanta de le rassurer le gardien de prison en tamponnant le visage en sueur du jeune homme qui tremblait douloureusement.

- C'est sur que dans un état pareil il va être obligé de faire une pose. Murmura cyniquement le soignant.

- Tait-toi Razan ! J'en connais un qui n'était pas dans un meilleur état, il y a quelques mois encore. Le reprit Kinnao en fusillant le jeune homme qui lui faisait face de ces yeux noirs.

Le membre du clan Yuhi baissa les yeux pour les porter sur la poitrine couverte de blessures qui se soulevait rapidement, mais difficilement, laissant entendre le son strident du souffle court du ninja de Konoha. Il fit doucement le tour de la table pour se retrouver dos à la porte, mais face aux jambes couvertes de brûlures semblables à celles du tors et du dos de l'ébouriffé. Le rayonnement vert couvrait chaque morsure que le fer chaud avait laissée sur la peau palle, atténuant la rougeur de certaines.

Tout à coup, une ombre empli le cadre de la porte, un éclat de terreur brilla dans les yeux du geôlier lui faisant face et un claquement cinglant retenti dans les couloirs de la prison. Il fut suivi d'un profond gémissement rendu presque aigu par la souffrance. Razan tomba à genou sous la violence du coup de fouet, grimaçant douloureusement.

- J'aurais du me douter que tu y étais pour quelques chose. Il ne pouvait pas faire preuve d'une telle endurance à la torture sans qu'il y ait anguille sous roche. Kinnao n'avait pas les compétences pour le permettre. Grinça le seigneur Azerti en ramenant la langue de cuire près de lui.

Il empoigna le bras amaigri du soignant pour le relever, puis il le plaqua brusquement contre le mur de la cellule du gardien.

- Laisse-moi ! Tu n'es qu'un monstre imbu de sa personne. Susurra haineusement Razan en se tortillant.

- Et toi tu n'es qu'un fils de pute. Lui cracha à la figure le maître du clan décimé en décrochant un crochet du droit que le malheureux n'eu pas le temps d'esquiver.

Un filet de sang glissa depuis l'arcade sourcilière du prisonnier fixant d'un regard lourd de rage les deux orbites vertes luisant doucement.

- Cette pute était aussi ta mère que je sache. Lâcha-t-il en se redressant légèrement pour faire face à l'ombre capée qui était presque aussi grande que lui, mais bien plus musclée et mieux bâtie.

Une pluie de coups de points fut la seul réponse que le seigneur Azerti voulu bien lui accorder. Un crochet lui coupa le souffle et c'est en se tenant le ventre qu'il s'effondra à terre, une main le soutenant. Du sang coulait de son nez et sa lèvre inférieure avait éclatée sous la fureur des coups. Une poigne de fer saisit son menton et le força à regarder les deux pupilles vertes.

- Si nous avions eu la même mère, elle n'aurait jamais mis au monde un lâche et un incapable comme toi. De plus, elle ne t'aurait pas abandonnée pour quitter notre père avec sa chienne de fille. Lui cracha à la figure dans un murmure de colère le géant.

- Tais-toi… Murmura le plus faible.

Un ricanement sordide fit trembler les murs de la cellule, puis l'ombre repoussa violement son frère sur le sol de terre battue. Il releva la tête pour fixer le gardien qui n'avait pas bougé d'un millimètre, pétrifié par la dureté de son maître. Il laissa aussi ses yeux se poser sur Kakashi qui avait suivi avec difficulté l'altercation. Il cracha par terre et fit demi-tour en rangeant son fouet à sa ceinture. Le son clair des bottes s'éloigna laissant place à un silence de mort interrompu par le sifflement de la respiration de Kakashi et par les hoquets de souffrance du dernier fils du clan Azerti. Kinnao se rapprocha du jeune homme aux pupilles rouges et l'aida à se relever gentiment.

- Ramène-moi… dans ma cellule. Implora-t-il d'une voix brisée, n'osant pas regarder l'homme mur dans les yeux.

Le geôlier hocha la tête et aida le prisonnier à regagner la pièce froide ou il vivait depuis si longtemps. Une fois Razan assis sur la couche de paille faisant office de lit, il lui remit les fers l'empêchant de se déplacer commodément. De ses mains calleuses, il replaça le vieux manteau sur les épaules fines du jeune homme. Un sanglot secoua le corps amaigris du soignant. Affectueusement, le gardien sera dans ses bras celui qu'il considérait presque comme son propre fils. Des larmes salées vinrent se mêler au sang qui coulait du visage encore jeune, mais déjà marqué par la douleur et les privations. Kinnao resta dans la cellule pour bercer le petit frère du seigneur Azerti jusqu'à ce que ses épaules cessent de tressauter et que le sommeil le gagne. Plus le temps passait et plus le gardien se demandait comment le jeune homme faisait pour survivre à toutes les violences que l'être issu de la même filiation, lui faisait subir. A plusieurs reprises, le geôlier avait cru que le benjamin de la famille Azerti ne passerait pas la nuit après une séance de torture plus longue ou plus violente que les simples fois ou le maître venait passer ses nerfs sur le corps maigre et faible de son petit frère. Aussi surprenant que cela soit, même le bourreau en titre Fuyuhira n'était pas autorisé à touché au jeune homme. Seul le seigneur capé de brun osait s'occuper de lui, si tant il est que rouer de coup et fouetter puisse être considérer comme s'occuper de quelqu'un. Kinnao était tolérer par le géant pour prendre plus ou moins soin du prisonnier, mais le vieux ninja savait qu'il ne fallait pas être surpris trop près du jeune détenteur de la pupille Yuhi en présence de son aîné. Une cicatrice courant sur son bras le lui rappelait à chaque fois qu'il revêtait ses vêtements au sortir du lit.

Razan s'était endormis, mais son sommeil était agité. Le gardien déposa doucement le corps du jeune homme sur la litière de paille, puis il quitta la geôle pour regagner sa loge et Kakashi toujours allongé sur la table de bois. L'argenté fixait le plafond de l'ancienne cellule de son œil noir, tremblant de fièvre. Il sursauta quand la main de Kinnao se posa sur son avant bras.

- Tu me sembles bien soucieux pour quelqu'un qui devrait dormir au vu de son état. Fit doucement remarquer le geôlier en soulevant la tête du shinobi de Konoha pour faire glisser un peu d'eau dans la coupure du masque, au coin de la bouche.

Le jounin avala difficilement le liquide frai et fini par en recracher une partie, une quinte de toux le secouant douloureusement.

- Pourquoi… ? Murmura faiblement le prisonnier.

- Tu veux savoir pourquoi le seigneur Azerti est aussi dur avec son propre frère ? demanda lentement l'homme grisonnant.

Kakashi hocha doucement la tête.

- C'est une salle histoire. Tous se que je peux te raconter c'est que le seigneur brun est aussi fou que son père si se n'est plus, alors que Razan ressemble bien plus à sa mère et à sa sœur. D'ailleurs, même physiquement on peut constater ces dissemblances, leurs yeux représentent les attributs du parent auquel ils ressemblent le plus. Expliqua tranquillement le ninja de la terre tout en plaçant une nouvelle compresse sur le front du blessé.

Il effleura aussi les cotes du jeune homme en voulant nettoyer une plaie qui s'était rouverte durant l'altercation entre les deux frères. L'argenté étouffa un cri de douleur, mais s'était bien plus que son endurance pouvait encore soutenir. Délicatement, il sentit l'inconscience l'emporter.

- Kurenai… C'est Kurenai… Souffla-t-il imperceptiblement avant de sombrer dans les abymes.

- Qu'as-tu dis ? Demanda le geôlier en haussant la voix sous la surprise du nom qu'il croyait avoir compris.

Malheureusement, il n'eu pour seule réponse qu'un gémissement confus.

- C'est impossible… Marmonna-t-il en continuant de nettoyer la plaie. Tout bonnement impossible… Ne cessa-t-il de répéter durant plusieurs minutes.