Titre de la fiction : « PDJM »

Auteur : Sermina (chapitres impairs) Azerty (chapitres pairs)

Beta lectrice : Sermina et Azerty

Genre : Drame

Disclaimer : Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.

Chapitre 10

Un instant, kyûbi avait regretté que sa proie ne marche pas devant lui dans les interminables couloirs qui les menaient vers une destination inconnue, auquel cas il aurait pu s'amuser comme un fou à lui effleurer le dos d'un geste faussement innocent. Ou mieux : lui souffler discrètement dans le cou. Mais finalement, il s'était rabattu sur la technique non moins efficace : « je tortille du cul avec une démarche lascive et féline pendant que toi tu es bien obliger de regarder : avise toi de détourner le regard et tu ne verras plus où tu mets les pieds et tu te casseras magnifiquement la gueule ! »

C'est fou tout ce qu'on peut faire passer dans une simple démarche. Loué soit le postérieur rebondi de son hôte ! Comment peut-on être aussi bien roulé sans même s'en apercevoir ? Plus Kyûbi passer de temps libre dans ce corps, plus il se disait que lui seul savait le reconnaître à sa juste valeur, et qu'il méritait donc de le garder. Logique non ? Comment ça, « mauvaise excuse » ? Pour la peine, le renard rejeta légèrement la tête en arrière, faisant danser SES mèches or autour de SON visage d'ange.

Le démon et son escorte passèrent devant une fenêtre, et sur la surface de verre, Kyûbi eut la joie d'apercevoir le reflet écarlate de sa proie. Visiblement, son petit manège fonctionnait à merveille !

Mais il n'eut pas le temps d'en rajouter une couche, bien qu'il en mourraitd'envie : ils étaient arrivés.

A peine eut-il franchis la porte que le démon renard à neuf queues comprit que la pièce n'était pas ordinaire. Les fines marques d'encre tracées en pentacles sur le sol, la disposition des personnes, le chakra si concentré qu'il en devenait étouffant…

Tout ça sentait le jutsu à plein nez ! Et le piège aussi…

- Bienvenu à vous Kyûbi, lança Ichiro sans même lui accorder un regard. Tout d'abord, je voulais vous remercier de vous engager avec autant de bonne volonté dans notre plan de sauvetage de village.

- Et puis quoi encore, salle vers de terre ! Je ne vous ai jamais dit oui !

- Peut-être, mais c'est ce que nous avons officiellement annoncé aux villageois. Merci, donc, de nous aider avec autant de générosité, et de ne pas épargner votre chakra pour nous sauver.

- Qu'est ce que vous raconter espèce de…

Il n'eut jamais le temps de finir ça phrase. Ni même de crier lorsqu'il sentit le jutsu se refermer sur lui avec une extrême violence. Il s'effondra juste, secouer de spasmes de douleur.


- Dobe

- Teme !

Et les cris raisonnaient, avec tellement d'intensité que les vitres en tremblaient. Enfin, les cris de Naruto raisonnaient ! Sasuke, fidèle à lui-même, s'était adossé au bar de la cuisine américaine pour mieux pouvoir arroser son amant de regards noirs, et si sa voix était d'une froideur à congeler le pôle nord lui-même, son niveau de décibel restait à peu près correct.

On ne pouvait pas en dire autant d'un certain blond qui ôtait rageusement sa cape avant de lancer négligemment son chapeau sur le lit.

- Baka, si je te fais remarquer qu'il serait bien que tu apprennes à ranger tes affaires, c'est pas pour que tu recommences à balancer tes fringues partout en plein milieu de la dispute. Bon sang, c'est quand même tes habits officiels d'Hokage !

- Parfaitement : d'Hokage ! Je suis le chef je fais ce que je veux ! Na !

Et dans une preuve suprême de maturité, l'Uzumaki tira la langue à son petit ami avec un air boudeur. Le jeune chef des ANBU leva les yeux au ciel, avec une petite grimace suffisante si profondément Uchiwa que Naruto sentit son cœur faire un looping. Sasuke restait et resterai à jamais le même : un Sasuke qui se donne des airs pour cacher ses sourires. Un Sasuke perfectionniste. SON Sasuke.

Et comme les disputes faisaient partie de leur monde, de la logique et du naturel de leur petite vie ensemble, Naruto faisait exprès d'en déclencher une de temps en temps, rien que pour le plaisir. Enfin, il n'y avait sûrement que le jeune Uzumaki pour qualifier de « de temps en temps » quelque chose qui arrivait systématiquement au moins deux fois par jour ! Mais lui aussi restait le même : il n'avait jamais appris à faire dans la demi-mesure.

Et puis, c'était tellement facile ! Dans ce monde uniquement réglé par ses simples désirs, il n'avait qu'à commencer à divaguer sur le corps de son amant entre deux insultes pour que les chamailleries se transforment immédiatement en torride partie de jambes en l'air !

Chaque nuit, lové entre les bras rassurants de son premier et seul véritable amour, il offrait un sourire rayonnant à la lune, soufflant avec sincérité que ce n'était pas grave si tout n'était qu'une illusion : il connaissait Sasuke sur le bout des doigts, prévoyait avec une telle précision ses réactions dans leur train-train quotidien qu'il se savait capable d'imaginer leur relation jusqu'à la fin de ses jours.

- C'est bien possible oui.

Naruto sursauta, manquant de se casser la figure sur le coup de la surprise. Cette voix…

Non. Pas elle. Pas maintenant !

Il referma résolument ses paupières, fit comme s'il n'avait rien entendu et se resserra entre les bras de son amant. Bras qui semblaient bien immobiles et froids tout à coup… comme toute la pièce d'ailleurs ! Tendu, le jeune ninja attendit que les murs et les meubles partent en poussière, comme chaque fois, se raccrochant désespérément au Sasuke anormalement figé contre lui.

Mais cette fois, les choses ne se désagrégèrent pas : elles se contentèrent de s'arrêter. Comme si quelqu'un avait appuyé sur le bouton pause et branché un frigo au maximum. Et ce quelqu'un, c'était elle.

- Eh bien oui, c'est logique non ? répondit-elle à cette pensée. Tu as un pouvoir absolu sur ces rêves, il est donc normal que j'ai un impact sur eux également, même s'il est moindre !

- Pourquoi tu t'obstines à tout gâcher ? Tout allait très bien avant que tu réapparaisses !

- Non, ça n'allait pas bien du tout, et tu le sais très bien, sinon tu ne m'aurais jamais appelée.

- Je n'ai rien à voir avec toi !

- Oh que si, tout à voir. Et tu sais pourquoi. Tout comme tu sais que ton paradis illusoire ne peut pas durer.

- Et pourquoi ça ? lui crache-t-il à la figure.

Il s'était enfin décidé à se relever. Il avait repoussé violemment les draps et faisait résolument face à la petite peste présomptueuse.

Quoi que… pas si présomptueuse que ça à bien y regarder. Plutôt… morte de peur. Pâle, les lèvres abîmées de se les êtres mordues trop souvent, deux cernes sombres agrandissant ses yeux d'enfant. Elle avait vraiment perdu de sa superbe !

- C'est parce qu'au début, je pouvais faire comme si, soupira-t-elle en réponse à son regard intrigué. C'est à ça que je servais ! Mais maintenant tu ne peux plus nier. Tu sais très bien que la situation est grave, qu'ils sont en train de…

- TAIS TOI !

Il avait littéralement hurlé. Une partie de lui savait ce qu'elle allait dire et il ne voulait pas l'entendre. La fillette écarquilla les yeux mais ferma la bouche, impuissante : c'était lui qui tenait les rênes des rêves.

- Va-t-en maintenant. Je ne veux plus te voir !

Mais il ne faut plus attendre ! gémit la gamine d'une voix plaintive. Si ça continu tu vas…

Elle n'eut pas le temps de terminer : Naruto voulu de toutes ces forces qu'elle disparaisse, son souhait fut exhaussé. Et la seconde d'après, une paire de bras subtilement musclés enserrèrent sa taille, tendis deux lèvres caressèrent son coup doré.

- Déjà levé mon ange ? souffla une voix endormie à son oreille.

Instantanément, Naruto se détendit. Oui, c'est comme ça que les choses devaient être : il allait oublier la petite inconnue et le mauvais pressentiment qui commençait à lui ronger doucement les nerfs, et tout irait bien !

Satisfait, il se laissa glisser à nouveau dans son paradis illusoire.


Kyûbi était enragé, fou de colère, prêt à mordre jusqu'au sang tout ce qui passerai à sa portée. Pour un peu, il aurait enfoncé la porte de sa chambre à coup de tête ! … s'il en avait eu la force.

Abandonné sur son fauteuil par les ninjas qui l'avaient ramené, le traînant derrière eux comme une loque devenue inutile, il se contentait de saturer sa chambre d'ondes meurtrières et d'une telle aura de haine que la salle en devenait aussi accueillante que la gueule d'un alligator mâle de la forêt amazonienne à la saison des amours.

- Bande de cloportes, charognards, cafards bouseux…

- K… Kyûbi-sama ?

- … moucherons écrasés, tas de larves baveuses cannibales, chiens crevés !

Sans tenir compte du jeune homme affreusement gêné qui hésitait sur le pas de la porte, le démon renard continua à déverser un flot d'insultes plus ou moins colorées d'une voix acide aux accents de folie furieuse. Pourtant, il se tut soudain en sentant le contact frais d'un tissu sur son front, ôtant délicatement les traces de sueur séchée qui le recouvraient.

Kyûbi faillit sursauter. Pour qu'il ne l'ait même pas sentit approcher, il devait être devenu pitoyablement faible, lui, le grand démon à neuf queues! Il écarta la main importune d'un geste qu'il aurait voulu violent, mais qui manqua singulièrement de force. Irrité, il renonça et préféra se laisser faire plutôt que d'étaler encore sa quasi infirmité. Alors, il put remarquer tout ce que sa fureur lui avait masqué. Les mains du jeune humain qui tremblaient de colère par exemple ! Et puis, le sang qui séchait lentement sur sa lèvre fendue.

- Qui t'as frappé ? demanda le démon sans réfléchir.

Il le regretta aussitôt : à la lueur qui s'allumait dans les yeux d'Akiko, il fut clair que le jeune homme prenait ça comme une marque d'inquiétude pour lui, de la sollicitude. Et puis quoi encore ? Comme si un renard quasi millénaire pouvait se soucier d'un humain !

- Il n'avait pas à vous faire ça ! déclara le jeune ninja sans vraiment répondre à la question posée. Il n'avait jamais été question de vous faire du mal, quelque soit votre réponse ! On m'a chargé de votre bien être, et j'en étais très fier. Et puis le général Ichiro a... il a...

Il ne finit pas sa phrase, trop tremblant, consumé par la haine impuissante de ceux qui se sentent trahis. Si Kyûbi avait été au meilleur de sa forme, il aurait fait remarqué à sa proie qu'il y avait bien quelque chose qu'il pouvait faire pour son « bien être » avant de lui sauter dessus en lui léchant l'oreille, mais là, ce fut bien la dernière pensée qui lui effleura l'esprit.

- J'ai conscience que votre chakra est notre seule chance, mais ce n'est pas une excuse pour en venir à de telles extrémités ! Bien sûr, cette technique ne pouvait pas vous faire trop de mal : vous affaiblir quelques jours tout au plus ! Elle aurait été mortelle pour un humain, mais nous savions très bien qu'elle ne viendrait pas à bout d'une personne aussi merveilleusement puissante que vous Kyûbi-sama. Nous avions même prévu de l'utiliser si vous acceptiez de nous aider. Mais pas en une seule fois, et surtout, pas contre votre volonté ! Je n'étais déjà pas vraiment d'accord que l'on vous menace avec ce pendentif qui vous enchaîne, alors je n'aurais jamais toléré qu'on vous inflige ça si j'avais su Kyûbi-sama, je vous le jure !

Il interrompit son flot de paroles pendant quelques secondes, le temps d'effleurer du bout des doigts sa lèvre ensanglantée qui commençait à gonfler.

- Mais mon supérieur m'a rappelé à sa manière que je n'avais pas mon mot à dire, poursuivit-il d'une voix sombre.

Puis, d'un geste hargneux, il recommença à éponger le front et les joues de son « invité ».

- Quand je pense qu'ils osent vous traiter comme ça alors que nous vous demandons un service !

- Oh, je ne me faisais aucune illusion moi, ricana le renard avec un sourire psychopathe. Je commence à bien connaître les larves qui forment ta race : si je tends la main aux humains, ils finissent toujours par me bouffer le bras !

Après cette tirade dédaigneuse, lorsque le démon replongea ses yeux dans ceux de son jeune interlocuteur, il se dit que non, vraiment, il ne comprenait rien aux réactions de ce type. Ou est ce que cet imbécile était allez chercher ce brusque élan d'espoir qui scintillait dans ces pupilles ? C'est le fait de se faire traiter de larve parasitaire qui le rendait comme ça ?

- Kyûbi-sama... si vous leur... tendez la main, les humains en profitent « toujours »...

Oups ! Kyûbi se mordilla la lèvre d'un air boudeur, rageant de l'erreur qu'il venait de faire. Le petit con n'allait plus le lâcher maintenant ! Et en effet, en face de lui Akiko était devenu rayonnant :

- J'en étais sûr ! Je savais que vous n'étiez pas si mauvais qu'on le raconte Kyûbi-sama ! Vous êtes déjà venu en aide aux Hommes, vous...

- J'étais jeune, naïf, et j'ai bien retenu la leçon ! Vous êtes un peuple de sangsues sans parole et plus jamais aucun de vous ne pourra se venter d'avoir obtenu mon aide !

Sa voix était sifflante, haineuse, et ses orbes écarlates bouillonnaient de fureur lorsqu'il rajouta :

- Quant à ceux qui tenteront de se servir de moi contre ma volonté, je les tuerais tous.

Rage, soif de vengeance, ressentiments... impuissance, regrets et douleur.