Voilà LE chapitre ! Avec du retard comme prévu, mais vous l'apprécierez d'autant plus, j'en suis sûr ^^.
Bon, je vous laisse le lire maintenant, sachez juste qu'il s'agit de l'avant dernier chapitre, et oui déjà. Donc merci beaucoup à vous tous de m'avoir suivi jusque-là, et merci particulièrement à toutes celles qui m'ont encouragé de leurs reviews, je vous adore ! *Bisous*
Chapitre 8 : Miroir, mon beau miroir.
Ses longs cils battant la cadence d'un réveil pénible, Aphrodite ouvrit les yeux ce matin-là dans un grand lit de soie rouge, un fin drap froissé tout autour de son corps et de celui de l'homme contre lui. L'aurore commençait à poindre que déjà l'on entendait s'activer dans tout le palais du Grand-Pope les servants du Sanctuaire.
Le jeune chevalier eut à ce moment-là la délicieuse envie de se rendormir dans ce matelas si confortable, quand un mouvement brusque se fit sentir à ses côtés, faisant bouger la literie. Une grimace lui échappa alors, son corps et particulièrement le bas de son dos irradiant instantanément de douleur à cette secousse. Il ferma un instant ses yeux bleus, comme à chaque réveil dans ce lit, dans l'attente du prochain mouvement, qui arriva bien vite.
La literie se mit rapidement à bouger au rythme de l'homme qui se retournait et se penchait sur lui, et pendant une seconde, Aphrodite se sentit soudainement anxieux. Une main possessive lui prit alors le visage et le tourna de son côté, de façon à ce que les grands yeux bleu clair rencontrent ceux d'Arès, rouge sang. Mais le chevalier des Poissons ne se détendit réellement que quand son amant vint chercher le chemin de ses lèvres, ses mains caressant doucement son corps, avec la force de l'habitude.
Ses muscles se décontractèrent subtilement, il semblait être pardonné pour son insubordination d'hier.
Et pourtant, alors qu'Aphrodite commençait à réellement s'abandonner aux caresses sensuelles du faux Pope, faisant fi de la douleur de son corps, de l'heure qu'il était et de toute autre futilité le coupant de son bonheur immédiat, son amant se redressa et s'écarta de lui, un sourire cruel et amusé plaqué sur sa figure. Il lui lança seulement, avant de l'abandonner pour se détendre aux thermes.
- Mon beau, ne crois pas être le seul qui pourrait m'intéresser. Garde toi ça bien dans la tête.
La pique lancée ayant fait son effet, ce ne fut cependant que quand Aphrodite se sut seul dans la grande pièce intime qu'il laissa échapper un soupir de frustration, fierté oblige. Un grognement déçu sorti de sa bouche, Arès était décidément toujours en rogne contre lui. Et pourtant, il avait pensé avoir payé assez cher son insubordination, au vu de la douleur enserrant encore son corps.
Reposant son regard vers les draps de la même couleur que les yeux de son amant, le chevalier aux roses s'affaissa totalement dessus, sans plus aucune résistance, son corps douloureux refusant de bouger. Maintenant, il avait véritablement envie de rester couché et ne plus bouger le moindre pourtant, au prix de maints efforts, il se redressa quelques minutes après, son beau visage crispé sous la douleur endurée et qu'Arès lui avait prodigué toute la soirée.
-Tss, il n'y est vraiment pas allé de main morte, l'enfoiré.*
Se plaignant encore un peu, il finit par s'assoir sur le rebord du lit où il s'arrêta encore un instant, cherchant le courage de continuer. Il faut dire que c'était bien la première fois que son amant, certes brutal, cherchait à lui faire réellement mal au travers de leurs étreintes nocturnes.
La première et la dernière fois, se jura le Poisson en grimaçant à nouveau. La colère de son amant était bien plus difficile à supporter que ce qu'il s'était imaginé hier. Ha ça, il aurait l'air fier aujourd'hui, tiens ! Manquerait plus que DeathMask, dans un brusque élan de socialisation, ne décide de lui tenir compagnie aujourd'hui.
S'imaginant parfaitement les railleries et sous-entendus pervers combinés des quatrième et huitième ors (que DM préviendrait immédiatement qu'il verrait le Poisson et comprendrait, le salaud), le Poisson eut des sueurs froides et se jura de rester caché toute la journée dans sa serre, espérant ne pas trouver ses amis diaboliques sur la route jusqu'à son temple.
Tout autre chevalier garderait ses distances avec lui et ne ferait aucun commentaire s'il le croisait, Aphrodite en était sûr. Il le savait, sa réputation récente du pire assassin du Sanctuaire envenimait progressivement ses relations avec autrui. Même avec les autres chevaliers d'ors, il ne pouvait plus se dire réellement proche que de ses deux amis Scorpion et Cancer. Ses relations avec les autres s'étaient réellement distendues au fil des années sous le joug d'Arès, jusqu'à se casser complétement.
Et c'était uniquement dans ces moments-là qu'il pensait encore à Shion, à cette unité qu'il avait essayé de leur inculquer étant jeunes, mais qui avait volé bien vite en éclats et qu'il avait lui-même jetée aux orties, en même temps que sa morale de chevalier. Accrochant de manière presque automatique son regard à celui que reflétait le grand miroir de la chambre Popale, il soupira. Il se retrouvait aujourd'hui bien loin de l'image qu'il s'imaginait enfant, et une grimace de dégout vint prendre place sur sa figure alors qu'il observait son corps.
En effet, Arès, pour le punir, s'était fait un devoir de marquer son amant de nombreuses et profondes marques de griffures et de morsures. Et son acharnement ayant duré toute la nuit, le corps du Poisson était encore marqué en de nombreux endroits, son pouvoir de régénération cellulaire accélérée ayant du mal à gérer le nombre important de blessures à faire disparaitre.
La bile monta alors rapidement à la gorge du jeune homme, plus blessé psychologiquement de se voir ainsi que physiquement, et il détourna rapidement les yeux de son reflet, honteux, se penchant non sans grogner de douleur pour récupérer ses vêtements. Dans le lit maintenant vide, la couleur des draps voilait le sang du Poisson, rendant encore plus secrète l'étrange et violente scène qui s'y était déroulée cette nuit.
Le reste de sa journée fut un véritable calvaire pour la santé mentale d'Aphrodite, qui heureusement pour ses nerfs ne croisa aucun animal à pince ou dard sur son trajet de retour à sa demeure. Malgré l'aide précieuse de son cosmos pour le soigner, le processus de régénération cellulaire était bien plus long que d'habitude et s'éternisait, s'étirant sur des heures entières, jouant dangereusement avec sa patience et son narcissisme poussé à bout.
Il retournait donc par automatisme chaque heure dans sa chambre et se déshabillait entièrement, inspectant son corps sous toutes ses coutures pour constater en fulminant la disparition progressive des marques laissées comme sanction par Arès. Car celui-ci connaissait bien la propension de son amant à détester toute marque visible sur son corps et s'il s'amusait généralement à en laisser une ou deux à des endroits apparents du corps d'Aphrodite, c'était juste pour le voir s'énerver et user de son pouvoir pour les faire disparaître dès le saut du lit.
Mais cette fois-ci avait été différente, ce n'était tout simplement pas un jeu de la part du Pope, et cette réalité eut le don de blesser le fier Poisson, maintenant habitué et réclamant presque le corps de l'homme contre lui, qu'il pensait naïvement acquis à ses charmes.
Pourtant sa beauté ne devait être en rien altérée, Arès le savait, savait pourquoi, même s'ils n'en parlaient jamais, le sujet étant totalement tabou. A vrai dire, une seule personne osait encore enfreindre cette loi, mais cette personne était heureusement pour Aphrodite bien trop faible pour continuellement blesser le Poisson.
Chassant de ses pensées le nom de l'homme dont le venin coulait depuis trop longtemps dans ses veines, sans qu'il n'arrive à s'en débarrasser, à sa plus grande incompréhension, Aphrodite préféra se reconcentrer sur son corps, dont les marques disparaissaient quant à elles petit à petit. Car c'était bien l'unique raison pour laquelle il tolérait sur son corps les marques possessives d'Arès, tout simplement car elles étaient à l'image de leur « couple », elles disparaissaient rapidement une fois le plaisir consommé, tout comme les deux s'oubliaient bien vite.
Contrairement à ce que l'autre cherchait à graver en lui…
Ses yeux se rencontrèrent alors à travers la glace, se sondant, même s'il détourna rapidement le regard, désespéré et honteux, le souvenir enfoui d'une promesse encrée dans son cœur, qui le faisait tant souffrir.
Ses lèvres étaient collées depuis quelques secondes à d'autres lèvres, et honnêtement cela lui donnait pour l'instant plus envie de rire que de continuer. Rouvrant les yeux alors que l'autre s'éloignait légèrement de lui, Éros comprit immédiatement qu'il n'était pas le seul à trouver cela bizarre. Un sourire complice prit place sur son visage, ses yeux s'illuminèrent en même temps que ceux de son partenaire et ils explosèrent simultanément du même rire joyeux.
-C'était nul. Affirma alors l'autre, sans aucune gêne.
-Ouais, comment ils font pour apprécier ça à ce point ? Continua Éros, amusé.
-La langue peut-être ? Ou alors c'est nous qui somme nul.
-Ou maître Christophe qui explique vraiment très mal.
Les jumeaux repartirent alors dans un fou-rire incontrôlable, les larmes aux yeux. Ils avaient surpris le jour d'avant un jeune couple se bécotant à l'abri des regards. Le sujet les intéressant de plus en plus alors qu'ils venaient d'avoir huit ans, ils s'étaient promis de demander à leur maître quelques explications « pratiques » sur le sujet. Ce fut d'ailleurs la première fois qu'ils virent leur maître mis mal à l'aise par une simple question et bafouiller pour leur répondre, ce qui les amusa beaucoup.
Pourtant, tout ce qu'ils comprirent des explications embarrassées du chevalier fut qu'ils avaient encore le temps pour s'intéresser à cela et qu'il fallait s'aimer pour s'embrasser et plus. Le Poisson en titre les avaient d'ailleurs mis à l'entrainement dès que les jumeaux avaient demandé ce qu'on faisait de plus quand on s'aimait. Ils n'avaient bien sûr pas réussi à obtenir plus d'informations, mais l'idée s'était implantée dans leur tête.
Il fallait qu'ils voient ce que cela donnait de s'embrasser, alors pourquoi ne pas s'embrasser eux deux ? Après tout ils s'aimaient plus que tout au monde, ils étaient jumeaux, alors cela ne pouvait être que génial de s'embrasser dans ce cas-là, non ?
Ben non, et l'idée saugrenue de fourrer sa langue dans la bouche de son frère, comme ils avaient déjà pu observer faire,parut plus dégoutante qu'autre chose à Éros. Déjà qu'ils avaient trouvé ça répugnant quand les deux adolescents qu'ils avaient surpris l'avait fait, alors les imiter, ça non !
Aphrodite eut un sourire à ce souvenir enfantin, ce qu'il avait pu être gamin à l'époque. Mais la suite de cette petite histoire lui arracha pourtant le cœur de douleur.
-Peut-être qu'il a raison aussi, maître Christophe, raisonna Aphrodite. On est peut-être encore trop jeunes pour ça. Dans quelques années on trouvera ça sûrement mieux, t'en dit quoi, hein ?
Se pelotonnant alors contre son frère et fermant les yeux, l'ainé attendit patiemment sa réponse, la connaissant presque mieux que lui.
-Tu dois avoir raison, oui. Mais dans ce cas-là, on fait quoi, on attend et on réessaie ?
-Oui, de toute façon moi je n'aime que toi, alors j'embrasserais personne d'autre, jamais, c'est promis !
Éros sourit en ébouriffant les cheveux de son jumeau.
-Moi aussi je te promets que je n'embrasserai personne d'autre que toi, tu es le seul que j'aimerais jamais, tu peux me croire.
Toujours devant son miroir, Aphrodite se souvient de cette promesse enfantine, mais qui marquait son âme plus surement que n'importe quelle trace physique. D'où son envie de les faire toutes disparaitre, ces traces qu'il avait quand même appris à apprécier par la force des choses, mais qui le dégoutait toujours autant, qui marquait tant sa déchéance. Des traces qui lui faisaient comprendre combien il était devenu sale au fil du temps, lui qui embrassait avec passion un autre que son frère, qu'il trompait en quelque sorte, alors qu'il lui avait promis qu'il ne le ferait jamais.
La honte était là, toujours présente en son âme quoi qu'il fasse et quoi qu'il se dise. Quelles que soient ses justifications, qu'Arès le forçait à cela par exemple, il savait que c'était faux, et ce depuis bien longtemps.
Ho certes au début c'était vrai, le faux Pope été venu le trouver dans son lit la nuit et l'avait soumis de force, le menaçant du statut de traitre s'il se rebiffait de quelque manière que ce soit, mais avec le temps, la haine née de cette situation était devenue plaisir et acceptation, et malgré son dégout pour lui-même quand il y pensait de trop, il ne pouvait plus nier qu'il aimait en partie ce traitement que le démon lui faisait subir.
Mais le pire était quand l'autre parvenait à reprendre possession de son corps, lors de leurs étreintes nocturnes. C'était dans ces moments-là qu'il trahissait réellement son frère, il le savait, quand il écoutait les douces paroles qui lui étaient dites, et qui le faisaient frissonner au creux de la nuit, totalement soumis au venin qu'elles inoculaient.
Non, il ne devait pas y penser !
Aphrodite reprit conscience avec la réalité de par la légère douleur sur sa main, qu'il retrouva encastrée dans le miroir, des éclats de verre entaillant sa peau si fine. Retirant sa main en partie ensanglantée, il la fixa le temps du processus de régénération et regarda les pores se refermer, encore une fois cette journée. Il reporta ensuite son attention sur le miroir brisé, reflétant maintenant parfaitement son image, morcelé tel son âme.
Le jeune homme, les yeux mi-clos, traça alors délicatement du bout du doigt les cassures du verre, dont l'impact se trouvait au niveau de sa poitrine. Il remonta sur la fêlure la plus importante, qui séparait l'image de son visage en deux, et s'arrêta au niveau de la bouche. Alors tout doucement il se rapprocha du miroir jusqu'à toucher de ses lèvres la surface froide. Un léger baiser, rien de plus, qui lui brisa encore plus le cœur.
Les lèvres de son amant étaient chaudes, elles. Elles lui plaisaient et lui apportaient tous les frissons qu'il s'était imaginé enfant. Mais celles de son frère, de l'être qu'il aimait depuis toujours et encore maintenant plus que tout au monde, elles qui lui avaient été enlevées, ne lui apportait maintenant plus rien que cette horrible sensation de vide et de manque, de froid mordant et ce trou béant dans son cœur, et qui apparaissait à contrecourant dès qu'Arès ou Saga le touchait, l'embrassait, l'électrisait entier dans leur désir d'amour ou de sexe.
Car l'amour n'était pas réellement présent dans ses ébats avec Arès, non, si peu, trop peu, même si un lien étrange s'était créé entre eux par le désir, ce n'était rien de plus, à part quand Saga décidait de participer.
Une fois de plus, Aphrodite chercha à faire le vide dans son esprit, se demandant ce qui était réellement le pire dans cette journée. La douleur, les marques nombreuses et profondes qui disparaissaient petit à petit et non instantanément à cause de leur trop grand nombre, ou ces idées noires qui se bousculaient dans sa tête depuis ce matin, et qui l'amenaient constamment à penser au Gémeau ?
Un peu plus et Aphrodite aurait presque préféré écouter pendant toute cette journée les commentaires sexuels et stupides de ses deux seuls amis, au risque de finir plus énervé que jamais et de les virer de son temple à coup de roses piranha et d'injures bien senties.
Finalement, le manipulateur de roses parvint à se détendre après de nombreuses minutes de relaxation, les nerfs encore à vif de cette semaine réellement pourrie qu'il avait vécue. Mais sa tranquillité fut de courte durée, alors qu'il sentit un cosmos qu'il haïssait plus que tout au monde devant la porte de ses appartements. Se retournant pour aller chasser l'intrus, il se retrouva nez à nez avec un chevalier aux cheveux bleus et au regard consterné. Mais avant d'avoir pu sortir la moindre réplique acerbe mais salvatrice, le jeune homme se retrouva emprisonné encore une fois dans les bras de son ainé, qui ne cessa de lui demander pardon pour ce qu'Arès lui faisait subir.
La partie dominante de lui, la plus hypocrite, se sentie aussitôt dégoutée par la faiblesse et les bons sentiments qui suintait de l'homme qui le tenait, mais pourtant commençait aussi à poindre la peur de ce qui se passerait ensuite, tandis qu'il se sentait déjà captif de l'être qui semblait se reprendre et le relâcher, plantant ses yeux dans les yeux bleu clair.
L'homme à la chevelure bleu nuit profita alors de son immobilisme total pour l'embrasser tendrement, électrisant les sens et les dernières parcelles de lucidités du douzième chevalier. Alors que son cœur tambourinait comme s'il cherchait à sortir de sa cage thoracique, la seule pensée cohérente qui parvient encore à Aphrodite fut de se demander comment et pourquoi Saga était ici, libre de ses mouvements, dans sa chambre. Ensuite, il ne se souvint plus trop comment, il se retrouva plaqué entre le Gémeau et les draps de son lit, son cerveau n'arrivant plus qu'à analyser les sillages de feu que laissait chaque caresse sur son corps.
Puis le Gémeau recommença à prononcer ce mot, ce simple nom qu'il arborait tant et qui dans cette bouche seule parvenait à lui faire perdre raison et réduire à néant son mur de protection. Oui, Saga était le seul à pouvoir l'appeler comme cela, même Arès n'essayait pas, il était le seul à lui dire d'une telle façon ce qu'il ressentait pour lui.
-Éros, je t'aime, pardonne moi.
Son ancien nom, à peine murmuré par la voix si tendre de Saga, fit se tordre de douleur le cœur du jeune Poisson, mais cette douleur était aussi étrangement tellement agréable. Se laissant faire par les mains dures mais aux mouvements délicats, il se retrouva rapidement nu contre le corps chaud de l'homme qui le bouleversait tant, et ce depuis si longtemps, sans qu'il en est réellement conscience.
Son cerveau cessa définitivement de fonctionner dès le deuxième baiser, pour s'abandonner, tremblant, à l'étreinte proposée. Et cette nuit fut merveilleuse, bien loin de celle de la veille. Cette fois-ci, c'était Arès qui semblait muselé à l'intérieur, étrangement. Et tout était si différent avec Saga. Tout était tellement … meilleur. Il n'avait pas d'autre mot pour décrire la douce pression des lèvres contre sa peau, les mains calleuses mais si tendres quand c'était lui qui contrôlait son corps. Tout devenait parfait dans leur étreinte, et son cœur battant encore plus de bonheur et de tristesse.
Bonheur et tristesse de se savoir amoureux du Gémeau. Bonheur et tristesse d'entendre ce nom que cet homme murmurait telle une litanie contre lui, qui le faisait frissonner sous les accents de passion déclamée et pleurer pour la réalité qu'il exprimait. Et pourtant le plus jeune ne parvenait en ce moment pas à appréhender cette réalité, pas encore, pas sous les baisers brulants qui lui faisaient perdre pied, pas alors qu'il se retrouvait uni à cet homme tout aussi enchainé que lui, pas alors qu'il entendait, tout contre son oreille, tout bas, des « Je t'aime » à lui fendre le cœur.
Chaque geste, chaque caresse, chaque mot que prononçait le Gémeau à chaque fois qu'il reprenait possession de son corps devenait alors le plus merveilleux et le pire des supplices. Et c'était une nouvelle blessure dans son âme, une blessure qui elle ne pourrait disparaitre et ce malgré toute la volonté qu'il y mettait. Une blessure faite à lui, à son frère, directement en plein dans son cœur, comme un venin qu'on inocule lentement.
Mais c'est dans son plus beau miroir qu'Aphrodite arrivait seulement à comprendre pourquoi l'autre cherchait tant à lui faire ainsi mal, à le détruire mentalement, alors qu'il lui répétait sans cesse ces mots d'amour. Car dans les yeux du Gémeau, miroir de son âme et miroir ou se reflétait le visage d'Aphrodite en ce moment de volupté, on pouvait lire toute la peine et la souffrance engendrée par cet état de captif.
Alors rien qu'un instant, le Gémeau cherchait à se débarrasser de tous ces faux semblants, dans les bras de la seule personne à savoir, au plus profond de lui, même s'il n'en avait pas réellement conscience, ce que Saga ressentait. Car tous deux étaient des prisonniers bien différents, mais des prisonniers quand même de ce double qui les étouffait jusqu'à les faire disparaitre au plus profond d'eux même. Ces moments entre eux si rares, accordés par Arès quand il se sentait trop faible, étaient devenus une véritable bouffée d'oxygène pour le Gémeau, ils lui étaient vitaux pour ne pas sombrer totalement . Alors que pour Éros, ils étaient la pire des tortures, car il s'agissait de détruire ce qu'il était maintenant.
Mais ne venaient les regrets et le dégout de lui-même qu'une fois le plaisir consommé et cet état de bonheur entre les bras de Saga envolé, quant au petit matin les cheveux bleus reprirent leur couleur grise et qu'Arès partit, sans prononcer un seul mot, lui ayant seulement adressé un sourire satisfait.
Bien, il semblait être pardonné maintenant, cette mascarade pouvait terminer.
Se retournant dans son lit, les yeux vides de toute expression, il les posa de nouveau sur son miroir brisé. Dans son reflet morcelé, il ne lui semblait plus voir qu'un fantôme, et il se fit la réflexion que la mort serait sa seul délivrance. Mais au plus profond de lui, il sentit renaitre cet étrange pouvoir qu'il ne maîtrisait toujours pas.
L'armure d'or posée dans un coin de la chambre émit alors un puissant appel, et bientôt un cosmos doré vient frapper la surface de verre, lissant sa surface. Un sourire narquois vient alors dessiner les lèvres bleutées. Non, il n'était pas destiné à la mort, mais à la beauté que renvoyait son reflet, et la déesse dont il portait le nom savait toujours le lui prouver. C'est pour cela qu'au fond de son cœur, sa trahison lui importait peu. Son nom était devenu celui de la beauté au fil du temps, et son frère était devenu un second pan de son être.
* C'est juste un ressenti personnel mais je vois bien Aphrodite utiliser un langage grossier quand il est sûr que personne ne le regarde. Après tout, à quoi servent les fausses apparences quand on est seul? Et Aphrodite est bien loin de l'image parfaite qu'il cherche à montrer à tous.
Well, ben ce fut un chapitre laborieux à écrire, je suis bien contente de l'avoir fini ^^.
Je tenais juste à vous prévenir que le prochain chapitre, le dernier donc, aura peut-être le même temps de retard, tout simplement car j'ai retrouvé du travail (Ho joie ! ^^) et j'ai forcément moins de temps à consacrer aux fanfictions maintenant :p.
Voilà, à bientôt pour la fin de cette fiction !
PS : Je serai Samedi 6 Juillet à la Japan Expo, si vous voulez me rencontrer, aucun problème, ça me ferait super plaisir. Donc envoyez-moi un PM ou dites le moi dans une review, je vous répondrai sans faute ;).
