Auteur: Bellatrix18

Disclamer : Tout appartient à la grande Stephenie Meyer (sauf l'intrigue et les membres de la famille de Rosalie). Je ne fais que m'amuser avec ses personnages pour mon plus grand plaisir et le votre j'espère :-)

Voilà la suite que vous attendiez. Je tiens à remercier les personnes qui m'ont laissé des reviews, cela m'a fait plaisir. Désolé de ne pas répondre aux reviews dans le détails dans ce chapitre, mais il sort tous juste de la correction et je me suis dit que vous voudriez le lire.

Je tiens à m'excuser pour l'attente, mais j'ai eus quelques imprévu qui font que je n'ai pas publier plus tôt. Pour le prochain chapitre, je m'y mets tous de suite pour vous le donner rapidement.

Je vous souhaite à toutes une bonne lecture.

Chapitre 9 : Retour à Rochester

Depuis que j'étais à Forks, mes cauchemars s'étaient amenuisés et s'étaient montrés légèrement plus doux, à défaut de trouver un mot plus adéquat. Mais depuis que ma mère m'avait annoncé notre retour à Rochester, ils se montraient plus violents. Dans ma tête passait en boucle ce fameux soir avec Royce. J'avais même l'impression de sentir à nouveau ses mains et son souffle sur ma peau, tandis que son visage apparaissait devant mes yeux chaque fois que je les fermais. Je revivais dans ma tête l'enfer que j'avais vécu plusieurs mois plus tôt.

Alors, afin de ne plus avoir de cauchemars, j'avais décidé de ne plus dormir. Le café, des médicaments à base de caféine et le fond teint étaient mes meilleurs alliés. Les deux premiers arrivaient plus ou moins à m'empêcher de dormir, tandis que le dernier effaçait efficacement les traces de fatigue. Mais malgré tout ça, je ne savais pas comment je faisais pour tenir le coup. D'ailleurs, mon corps me le faisait sentir. Mais dormir s'avérait tout simplement inconcevable pour moi.

Nous étions la veille du départ, et je me trouvais allongé sur mon lit, alors que mon estomac était totalement noué. Ma valise traînait dans un coin de ma chambre, attendant que je daigne la remplir. Chose que je ferais volontiers si ce n'était pas au-dessus de mes forces et que j'en avais envie. Pourtant, tôt ou tard il faudrait que je m'y mette. Sauf que je gardais l'espoir au fond de moi que ce voyage vers l'enfer soit annulé, même si je savais qu'il s'agissait d'une douce illusion.

Perdue dans mes sombres pensées, un coup frappé à ma porte me ramena à la réalité. Ma mère apparut quelques secondes plus tard. Elle s'apprêta à me parler, quand son regard se fixa sur ma valise. Un air clairement désapprobateur apparut sur son visage, mais elle se mordit la lèvre, s'empêchant sûrement de me faire une remarque.

« J'aurais besoin que tu ailles faire des courses pour le dîner et de quelques bricoles pour notre séjour chez ta grand mère, me dit elle en posant un morceau de papier et sa carte bleu sur mon bureau. Tu pourrais y aller s'il te plaît ? »

Sans prendre la peine de réfléchir, j'acceptais. Après tout, c'était toujours mieux que de rester dans ma chambre à brasser du noir et attendre patiemment que l'inévitable arrive.

Me levant avec peine, j'enfilais mon manteau, et attrapais mes clés de maison en plus de la liste de course et la carte. Puis d'un pas traînant, j'allais à ma voiture avant de me rendre jusqu'au supermarché. Par chance, le parking semblait assez désert, en dehors de quelques voitures, dont une énorme Jeep Wrangler noir, flambant neuve. Si j'avais put, j'aurais jeté un petit coup d'œil sur le moteur.

Un vent glacé, qui me fit frissonner, m'empêcha d'admirer plus longtemps ce petit bijou. D'un pas rapide je me dirigeais vers les caddies, puis j'entrais dans le magasin. Je jetais un bref coup d'œil à la liste et soufflais d'exaspération en voyant que ma mère avait presque remplie la feuille. Ne voulant pas passer des heures dans le magasin, je me forçais à augmenter l'allure.

Au final, je passais près d'une heure dans le magasin à rassembler les différents éléments notés sur la liste de ma mère. J'étais à la recherche du gel douche d'Andrew, quand j'eus la sensation d'être épié. Prise d'une légère panique, je balayais l'allée dans laquelle je me trouvais, sans voir personne. Je crois que ce voyage à Rochester me rendait non seulement folle, mais aussi paranoïaque. Je n'avais pourtant pas besoin de cela.

Voulant sortir rapidement de ce magasin, j'attrapais un gel douche quelconque et cherchais le dernier produit de la liste. En lisant le nom, je ne pus réprimer un frisson de dégoût. Ma mère n'avait rien trouvé de mieux que de me faire acheter des préservatifs pour elle et mon père. Beurk. Je croyais qu'ils étaient trop vieux pour ça. Et pour être vraiment honnête, j'aurais aimé que ça reste comme ça.

Légèrement mal à l'aise, je me rendais dans le rayon approprié. Les joues légèrement rosies, je cherchais rapidement ce qu'elle me demandait. Après quelques minutes, je les trouvais tout en haut du rayon, hors de portée de main, bien sûr. Vérifiant que j'étais seule, je me mis sur la pointe des pieds pour essayer de l'attraper. N'y parvenant pas, je montais sur le bord du rayon, et tentais une seconde fois ma chance, n'ayant vraiment aucune envie de demander de l'aide.

Après ce qui me sembla être une éternité, j'arrivais enfin à attraper le produit de malheur. Sauf que je n'avais pas du tout prévu que je glisserais. Me sentant partir en arrière, j'attendis d'heurter durement le sol. Mais ce ne fut pas le cas. A la place, je fus accueilli par une odeur enivrante et apaisante, ainsi que des bras musclés, dans lesquels je me sentais étrangement en sécurité.

« Ça va ?, me demanda une voix que j'aurais reconnue entre mille. »

Comme si je venais de recevoir une décharge, je me remettais sur mes pieds d'un bond et fis face à mon sauveur. Emmett Cullen lui, me regardait fixement, les sourcils légèrement froncé dans un signe d'inquiétude. Ou alors il me prenait pour une folle. Je savais que j'aurais dût lui répondre. Les mots « Vas y Rose ! Répond au monsieur ! » Tournaient en boucle dans ma tête pour me motiver. Mais rien ne vint à part un sourire crispé sur mon visage.

« Tu veux que j'appelle un médecin ? », s'enquit il soucieux.

« Non non. Je vais bien, réussis je enfin à répondre. J'étais juste perdue dans mes pensées. Merci pour le sauvetage. »

Je tournais le dos et allais pour pousser mon caddie, quand Emmett m'appela. Mon cœur battant la chamade, je m'arrêtais, respirais à fond et me tournais l'air de rien.

« Je crois que tu as oublié ça », me dit-il en me tendant fièrement la boîte de préservatifs.

A cet instant, le rouge me monta aux joues, tandis que je priais pour que la terre s'ouvre sous mes pieds et m'engloutisse.

« Ce n'est pas pour moi, réussis je à dire. Mais pour mes parents. »

A peine les mots avaient franchis mes lèvres que je les avais aussitôt regrettés. Je m'empressais alors d'attraper l'objet dans ses mains, marmonnant un rapide merci et filais à la caisse payer mes articles, morte de honte comme jamais je l'avais été.

Arrivé chez moi, je déposais les sacs de courses dans la cuisine puis montais dans ma chambre sans un mot. Je préférais garder pour moi l'incident du magasin, ne souhaitant pas en entendre parler durant des années entières.

Une fois dans ma chambre, j'eus la désagréable surprise de voir que mon sac de voyage était fait. Le voir ainsi, prêt, rendait mon voyage encore plus concret qu'il ne l'était déjà. J'avais l'impression de recevoir un coup de poing en plein ventre. Mon estomac se rappela alors à mon bon souvenir, et je courais le plus rapidement possible aux toilettes, régurgitant le peu de chose que j'avais réussi à manger durant les quinze derniers jours.

J'étais en train de me passer un gant mouillé sur le visage, quand un coup fut frappé à la porte de la salle de bain.

« Rose, m'appela ma mère à travers la porte. Tout va bien ? Tu es malade ?

- Non. Un truc que j'ai mangé et qui passe pas », mentis je sans conviction.

Je m'essuyais le visage et sortais de la salle de bain. En voyant ma mère toujours, là, je tentais un semblant de sourire.

« Ca fait combien de temps que tu n'as pas dormi ?, me demanda t'elle sur un ton de réprimande.

- Ca va. J'avais juste pas mal de devoir à faire, inventais je. Mais je me rattraperais pendant les vacances. »

Ne semblant pas vraiment convaincue, elle laissa néanmoins passer. Aussi, j'en profitais pour retourner dans ma chambre, lui lançant un petit merci pour la valise.

Après cela, le temps passa trop vite à mon goût. Sans m'en apercevoir, je me retrouvais assise dans l'avion, qui se posait en enfer. Durant le voyage, j'avais même fermé les yeux, espérant je me réveillerais ailleurs. Mais ce ne fut pas le cas. A la place, je voyais encore et toujours le visage de Royce, un sourire de conquérant sur le visage.

Lorsque mes pieds touchèrent le sol, je dus me faire violence pour garder le peu que j'avais mangé ce matin dans mon estomac. Une fois nos bagages en main, nous dûmes prendre un taxi, ma grand-mère n'ayant pas son permis. Durant le trajet, je m'étais obstiné à fixer mes pieds, ayant peur de voir le démon que je voyais dans mes cauchemars.

Arrivé à destinations, la première chose que je vis, ce fut ma grand-mère, debout devant sa porte, un sourire bienveillant sur le visage. Aussitôt, je courais vers elle et la pris dans mes bras. En sentant l'odeur si familière de cannelle qu'elle dégageait, j'eus mon premier vrai sourire depuis ce qui me semblait être des décennies. J'avais l'impression à l'instant d'être retourné en enfance.

Bien trop vite à mon goût, elle m'éloigna d'elle et me regarda d'un œil critique.

« Tu vas me faire le plaisir de monté dans ta chambre et dormir jeune fille, me dit elle d'un ton sans appel. Regarde-toi ! Tu as l'air épuisée. Et ce soir, tu mangeras tout ce que je mettrais dans ton assiette. Tu es tellement maigre que l'on croirait que tu n'as pas mangé depuis un an.

- Tu exagère grand-mère. Je suis juste un peu surmenée avec les devoirs.

- alors interdiction que je te vois le nez dans tes livres ou cahiers d'école. Je peux t'assurer jeune fille que tu vas repartir avec une meilleure mine. Et maintenant, file te reposer ! »

Sans me laisser le temps de me laisser protester, elle me poussa à l'intérieur de sa maison. Redoutant de mettre ma grand mère en colère, et à juste titre d'ailleurs, je m'empressais de monter dans la chambre que j'occupais lors de mes séjour chez elle. Jetant mon sac dans un coin de la pièce, je réussissais à y rester une dizaine de minutes, avant de tourner en rond tel un lion en cage. Puis, sans que je ne m'en rende vraiment compte, mes pas finirent par m'emmener dans son jardin, et plus précisément dans ma vieille cabane.

Enfant, j'avais toujours voulut avoir ma propre cabane. Mais mon père ne voulait ni la construire, ni l'acheter. Pour lui, c'était inutile. Pourtant, j'avais utilisé toutes mes techniques pour l'amadouer ou l'agacer jusqu'à ce qu'il cède. Sans succès. Alors, ma grand-mère en avait fait construire une pour me faire plaisir. Au fil du temps, c'était devenu mon refuge, l'endroit ou j'allais quand je voulais me sentir en sécurité. Et à cet instant précis, j'étais étonnée de voir que je ressentais cette douce, mais fausse et éphémère, impression d'être en sûreté.

Perdu dans mes pensées, j'eus un violent sursaut en sentant quelques choses sur mes épaules. Je ressentis un énorme soulagement en voyant qu'il s'agissait de ma grand mère et que cette dernière avait juste posé une couverture sur mes épaules. Je remarquais alors qu'il faisait noir dehors et que je tremblais de froid. Le visage impassible, elle me tendit une tasse fumante de ce que je supposais être un chocolat chaud avec un marshmallow à l'intérieur, avant de s'asseoir à mes côtés. Sa façon d'agir me rendit nostalgique. Déjà enfant, elle faisait ça. C'était devenu notre petit rituel rien qu'à nous deux. Et pour être honnête, j'aimais la nostalgie qui se dégageait de ce moment, de cette époque si lointaine ou je croyais encore que le monde était tout beau et le mal un vague concept que les parents utilisaient pour faire peur à leurs enfants.

Nous restâmes quelques instants toutes les deux silencieuses, attendant que l'autre parle en premier.

« Tu sais que tu peux tout me dire ?, finit elle par dire. Que quoique tu me dises, je ne te jugerais pas et que ça restera entre nous. »

Je la regardais alors et pris un visage impassible.

« Je sais grand-mère. A part un peu de surmenage, je vais parfaitement bien, lui assurais je.

- Tu en es absolument certaine ?, insista t'elle.

- Tu te fais trop de souci grand mère.

- Toujours quand il s'agit de mes petits-enfants. »

Cette fois, je réussissais à lui faire un vrai sourire, qu'elle me rendit. Puis, elle piocha dans la poche de son manteau, et en sorti un petit paquet qu'elle me tendit. Intriguée, je le regardais sans savoir vraiment quoi faire.

« Prends, me dit-elle. Il est pour toi. »

Toujours aucunes réactions de ma part.

« C'est ton cadeau d'anniversaire », précisa-t-elle.

Lentement, je pris enfin le paquet. Ensuite, le plus soigneusement possible, je l'ouvrais. Il s'agissait d'une boîte, dans laquelle se trouvait un magnifique pendentif en argent, sur lequel était gravée une rose. Il était tout simplement magnifique.

« Quand ton père est né, ma belle mère m'a offert ce pendentif. Elle l'avait elle même reçu de son époux pour la naissance de ton grand père.

- Merci, la remerciais je émue. Il est magnifique.

- Normalement, j'aurais dût l'offrir à ta mère pour ta naissance. Mais bien que j'adore ta mère, je sais pertinemment qu'elle ne l'aurait pas jugé à sa juste valeur et qu'elle aurait été capable de le vendre. Donc je te l'offre à toi. »

Ne trouvant pas quoi lui dire, je la remerciais une seconde fois tout en la prenant dans mes bras.

Après cela, nous dûmes retourner à l'intérieur pour le dîner. Et autant dire que ma grand mère avait tenue parole et m'avait gavé comme une oie. J'avais mangé tout ce qu'elle m'avait donné, réussissant tant bien que mal à garder la nourriture dans mon ventre. Par chance, elle avait eus pitié de moi et je pus me passer de dessert. Le repas terminé, je l'avais aidé à faire la vaisselle, avant monter dans ma chambre, où je passais la nuit sur mon lit, contemplant d'un air vide le plafond.

Le lendemain matin, j'eus l'agréable surprise de voir Véra débarquer. Cette dernière m'avait sauté dans les bras en criant mon prénom, au cas où je l'aurais sûrement oublié. Heureuse de sa présence, nous discutâmes une bonne heure dans la cuisine. En revanche, lorsque nous eûmes terminé de parler, celle ci insista pour que nous sortions faire les boutiques. Et là, la joie que j'avais pu éprouver retomba aussitôt. En posant les pieds à Rochester, je m'étais juré de ne pas mettre un seul pied hors de la maison de ma grand-mère. Mais voilà, face à ma meilleure amie, j'avais été faible.

C'est ainsi que je m'étais retrouvé à arpenté les rues de Rochester. Durant tout le temps que l'on passa dehors, je n'avais put m'empêcher de jeter sans cesse un œil par dessus mon épaule. Même quand nous étions dans les magasins et le petit restaurant dans lequel on mangea, elle plus que moi d'ailleurs, je me montrais sur le qui vive. Pourtant, il s'agissait d'endroit bondé ou j'aurais dût me sentir à l'abri. Mais rien n'y a fait.

Vers quinze heures, Véra décida enfin qu'il était temps pour nous de rentrer. Et au fur et à mesure que nous nous rapprochions de chez ma grand-mère, je laissais le soulagement m'envahir. Arrivé à seulement un pâté de maison, je baissais enfin ma garde et me permettait de sourire, me croyant hors d'atteinte. Ce fut alors à cet instant qu'une mais se posa sur mon épaule et me força à me retourner.