Chapitre 10 - Le secret du roi

Isil ne savait pas qu'elle ressemblait à ce point à son père. Mais les révélations du roi sur ses airs et son attitude lui permis de croire que c'était de cette façon que le roi et son Intendant l'avaient reconnue. Aragorn ne semblait pas vouloir s'arrêter là et reprit en lui disant :

- Votre père a rencontré votre mère en Lorien lors de notre passage là-bas. Ce fut presque le coup de foudre dès qu'il a posé ses yeux sur elle. Nous avons tous été surpris qu'il succombe aux charmes d'une elfe comme votre mère mais l'amour frappe au moment ou l'on s'en attend le moins. Pendant tout notre séjour à Caras Galladhon, il voyait votre mère le plus souvent possible. Mais lorsque nous sommes partis, je sais qu'elle en a eu une peine très grande. Ce fut pire lorsque son ami de plus proche, lui annonça la disparition de Boromir. Mais au même moment, elle apprenait qu'elle portait le fruit de son amour pour lui… vous. Elle survécus jusqu'à votre naissance. Mais que c'est-il passé par la suite, nous n'en savons rien. Dit le roi dans l'espoir qu'Isil puisse lui en dire plus.

Isil était impressionné par tout ce qu'il savait sur elle. Elle aurait bien voulue en savoir plus sur ce qu'il savait, mais ce n'était pas l'histoire de sa mère qu'elle voulait savoir, mais celle de son père. Elle lui dit alors :

- Je n'ai aucun besoin de savoir ce que je sais déjà. Je vous crois sur parole quand vous dites que vous en savez plus que je ne le croyais. Mais si vous en savez autant, racontez-moi plutôt l'histoire de mon père. Dit-elle sèchement.

- J'y viens Milady, j'y viens. Dit-il amusé par son impatience.

Aragorn décida de lui raconter les circonstances de la mort de Boromir. De cette façon, elle pourrait juger si il était responsable de son décès comme elle le prétendait. Il prit une profonde respiration et lui dit plus calmement :

- Dès que nous avons quitté la Lorien, nous avons sentis une présence maléfique tout autour de nous. Nous étions sur l'Anduin et avons voyagé pendant un certain temps jusqu'aux chutes du Rauros. Et c'est à ce moment que tout a changé pour nous. La présence des orcs tout autour de nous ne nous laissait aucun répit. Malheureusement, Boromir était influencé par l'anneau de pouvoir…

- Non, c'est faux, il n'aurait jamais fait une chose pareille. Il était le meilleur du Gondor et il était loyal et fidèle à sa parole. Dit Isil plus durement

- L'anneau lui parlait à lui comme à nous tous Isil. Mais seulement, il était le seul parmi nous qui avait une position importante dans la société. Et l'anneau le savait et influençait ses pensées et ses gestes…

- Non, c'est impossible… c'était lui le Gondor… Il était fort et courageux, ce que vous n'avez pas été assez lorsque ce fut le moment de lui prêter main forte. Vous l'avez laissé mourir aux mains des orcs parce qu'il était une menace pour vous. Il était le seul obstacle entre vous et le trône du Gondor. Et c'est pour ça que vous l'avez laissé mourir. Dit-elle avec colère.

- Non, vous faites erreur, ce n'est pas ce qui c'est passé. Dit-il irrité.

- Mais vous l'avez laissé mourir! Dit-elle

- Non, je ne l'ai pas laissé mourir. Malheureusement, je ne suis pas arrivé a temps pour l'aider à combattre l'ennemi. Dit-il tristement.

- C'est ce que je disais, vous l'avez laissé faire face seul a un trop grand nombre d'ennemi. Vous saviez qu'il n'y arriverait pas sans aide et vous l'avez abandonné à son triste sort. Dit Isil toujours aussi durement.

Aragorn garda le silence un moment. Il pouvait voir cette même étincelle de fierté que Boromir avait autrefois. Il eut pincement au cœur et incapable de soutenir son regard, il lui tourna le dos. Legolas voulu dire quelque chose mais Arwen lui fit signe de ne rien dire. Elle voyait son époux réfléchir. Réfléchir a ce qu'il était pour lui dire maintenant. Le roi baissa la tête en soupirant et ferma les yeux. C'était le moment de vérité pour lui et tout doucement, il lui dit :

- Nous étions tous séparé afin de rechercher Frodon qui avait quitté le campement sans être vue. Nous avons été surpris par les orcs et chacun de notre côté nous nous battions pour notre survit. Les orcs étaient très nombreux et nous le combattions comme nous le pouvions. Malheureusement, dès que nous avons entendu le cor du Gondor, nous savions que Boromir était en danger. Nous en avions plein les bras et la progression fut difficile jusqu'à lui. Ce fut lorsque je suis arrivé sur place que je suis intervenu, mais il était déjà trop tard. Il était agenouillé devant un Uruk qui le pointait de son arc pour mettre fin à ses jours.

Isil ne l'avait pas quitté des yeux, mais elle sentit un immense chagrin serrer son cœur. Elle ne savait plus quoi penser. Il parlait de cette période avec beaucoup d'émotion. Elle adoucit son air, mais un très court moment puisqu'il poursuivit en disant :

- Lorsque je suis arrivé près de lui, il a refusé que je le soigne me disant qu'il avait ce qu'il méritait pour avoir tenté de prendre l'anneau….

- Non… je ne vous crois pas… il n'aurait pas fait ça. Dit Isil en se levant furieuse.

- C'est pourtant ce qui s'est passé… Il m'a porté allégeance et m'a reconnu comme son roi… dit-il sèchement

- Vous auriez pu insister pour le soigner, mais non… sa mort vous arrangeait de toute façon puisqu'il n'était plus une menace pour vos ambitions de pouvoir…

- Ce n'est pas vrai… je ne pouvais rien pour lui puisqu'il ne voulait plus vivre. Il était déjà mort avant mon arrivé près de lui… du moins c'est ce que je croyais…

Aragorn avait baissé le ton sur sa dernière phrase. Isil sursauta et mis quelques secondes avant de réagir. Elle laissa échapper un cris de surprise et dit :

- Quoi? Qu'est-ce que vous dites?

Aragorn soupira en se rendant compte de ce qu'il venait de dire. Il baissa la tête décourager. Il ne pouvait plus revenir en arrière maintenant. Il regarda sa femme qui l'encouragea d'un sourire et Legolas qui lui fit un signe de tête positif. Il prit alors une profonde respiration et se redressa dignement. Il devait continuer son histoire même s'il savait qu'elle lui ferait une scène terrible. Il dit à Isil plus calmement cette fois :

- j'étais certain qu'il était mort, je ne sentais plus son cœur battre sous mes doigts ni son souffle sur ma joue. Nous l'avons déposé dans une des barques elfiques et l'avons envoyé à la mer. J'espérais ainsi que quelqu'un le trouve et qu'il le ramène vers son père. Mais ce ne fut pas le cas. Dit le roi

- Ai-je bien compris? Il n'était pas mort lorsque vous l'avez laissé tomber dans les chutes? Vous ne l'avez pas seulement abandonné aux mains des orcs mais vous l'avez aussi noyé? Dit elle de plus en plus furieuse

- Non, pas du tout, il n'est pas mort noyé. Dit Aragorn en l'a regardant tristement.

Isil fronça les sourcils confus par ce qu'il disait. Elle voulait comprendre, mais n'y parvenait pas. Elle secoua la tête négativement. Ce qu'il disait était confondant et sur un ton sarcastique elle lui dit :

- Comment? Je ne comprends pas! Qu'avez-vous fait pour lui? Rien… il n'est plus là maintenant puisqu'il est mort…

- Cette fois Aragorn en avait assez. Il fit un pas vers elle et d'un air menaçant il lui dit avec colère :

- Je ne l'ai pas laissé seul face aux orcs, ni laissé se noyer. Vous ne pouvez pas m'accuser de l'avoir tué puisqu'il n'est pas mort. Dit il durement.

Isil sursauta et fit un pas derrière. Elle était encore plus confuse qu'avant et le regarda avec crainte. Aragorn profita de ce moment de confusion pour lui dire plus calmement.

- Boromir du Gondor, Capitaine-général de la tour blanche est mort pour tout ceux qui le connaissent, mais Boromir fils de Finduilas est toujours vivant et en excellente forme. Il n'habite plus ici depuis plus de 25 années.

Isil sentit ses jambes fléchir et chercha un appui pour ne pas tomber. C'était trop pour elle et fut incapable d'en endurer plus. Sa tête se mit à tourner et elle sentit son souffle lui manquer. Elle était au bord de l'évanouissement lorsqu'elle sentit une ombre voiler ses yeux. Elle tourna de l'œil peu avant de sombrer dans le néant.