Coucou ! Comment se passent vos vacances ?
J'ai beaucoup avancé dans cette histoire pendant que j'étais en Grèce et j'ai même trouvé pleins d'idées pour en faire une nouvelle ! (mais chaque chose en son temps, je dois d'abord terminer celle-ci). Je viens de voir d'ailleurs qu'avec ce chapitre d'ajouter elle fait plus de 100 pages sur Word. Jamais je n'étais allé aussi loin dans une fiction ça m'a fait bizarre (et après j'ai ouvert le champagne)
Oh et avant de commencer à lire : il y aura un lemon. C'est le tout premier que j'écris j'espère qu'il n'est pas trop rater… Non en fait je crois qu'il est vraiment rater ToT Je passe le Rating à M pour ça, mais aussi à cause de ce qui va se passer par la suite ; je ne vous en dis pas plus !
Bref, bref, je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 9 : Menace – Première Partie
Noël approchait à grands pas. Ça se sentait rien que par le vent hivernal qui faisait frissonner les passants dans les carrefours. Tous les arbres et les grands sapins blancs – synthétiques – étaient déjà décorés de guirlandes et de lampions multicolores. Les commerçants avaient placé leurs meilleurs produits à l'avant des vitrines pour attirer les clients. L'atmosphère était à la fête et aux jeux. Kise aimait bien cette ambiance. L'hiver était son mois préféré.
Il attendait en ce moment même à l'extérieur du poste de police où travaillait Aomine. Son service devait bientôt se terminer. Il le voyait assis à son bureau à travers la vitre teintée et l'encourageait par de grands sourires à chaque fois que leurs regards se croisaient. C'était devenu leur petit rituel. Parfois le bleuté venait le chercher à son travail à bord de sa petite Mustang grise, et ils finissaient presque toujours par se rendre à un terrain de basket avant de rentrer chez eux. Kise avait appris beaucoup de choses en sa compagnie. En un rien de temps il était devenu un adversaire capable de pousser Aomine à dépasser ses limites, et il en était assez fier. Car sur le terrain, ce type était un vrai démon. Malgré ses efforts, il ne parvenait toujours pas à marquer plusieurs fois de suite contre lui. Mais il ne s'avouait pas vaincu.
- Salut, souffla le blond quand son ami fut enfin sorti. Comment s'est passé ta journée ?
- Bah, comme d'hab'. Ils nous font bosser comme des dingues, même à Noël. A ce propos, tu ne devrais plus m'attendre aussi près du poste. Mes collègues commencent à se demander si tu n'es pas mon copain où un truc du genre.
- Ce n'est pas ce que je suis ?
- Si mais ça m'énerve d'être au centre des rumeurs.
- Dis plutôt que tu as honte de moi, répliqua Kise en gonflant ses joues, vexé.
- Tu veux que j'te prouve le contraire ? le défia le policier en se penchant vers lui pour l'embrasser.
Ses lèvres effleurèrent les siennes le temps de quelques secondes avant que le blond ne le repousse, les joues rosies.
- C'est bon, j'ai compris, marmonna t-il.
Aomine étira un petit sourire satisfait. C'était tellement facile.
Ils se promenèrent un peu dans les allées remplies de monde. Kise ne pouvait pas s'empêcher de coller son nez à toutes les vitrines des magasins devant lesquels ils passaient, ayant des tas d'idées de cadeaux pour un tel où une telle personne. Aomine le suivait avec toujours ce même sourire au coin, amusé par son attitude de petit garçon émerveillé par la magie de Noël. Ils passeraient le réveillon en compagnie de Kuroko, Momoi, et même Takao, qui avait promis d'emmener Midorima avec lui, de gré ou de force. Ryota avait presque l'impression d'être redevenu normal : il allait passer les fêtes avec ses amis et son petit-copain. Il cherchait des cadeaux à offrir comme tous ses gens autour de lui, oubliant de plus en plus son véritable objectif.
Ça faisait plusieurs semaines maintenant depuis qu'il avait découvert le passé de sa cible. Et il n'avait pas avancé d'un millimètre dans l'accomplissement de sa mission. Qui voulait tuer Aomine ? Pourquoi ? Peut être étais ce lié à la mort de ce Kagami, mais il avait bien trop peu d'indices et trop de suspects potentiels : Himuro qui détestait le bleu et qui aurait fait semblant de ne pas le reconnaitre pour le tester ? Non, c'était trop facile. La belle Alexandra Garcia pourrait-elle cacher une profonde rancœur derrière son sourire chaleureux ? Où alors Kuroko, qui au fond en voudrait toujours à son meilleur ami d'avoir laissé mourir son amant ? Ça faisait trop d'hypothèses pour peu d'éléments concrets au final.
- Eh, Kise.
Qu'avait-il fait ses derniers temps à part sortir s'amuser ? Comment agissait-il avec Aomine, en dehors du petit ami modèle ? Si Akashi découvrait la vraie nature de ses occupations, il lui ferait regretter. Il pourrait penser que le blond était tombé amoureux et qu'à cause de ces sentiments il retardait volontairement l'enquête. Et ce n'était pas du tout le cas. Du moins… c'est ce qu'il essayait de se convaincre.
- Ryota ! Tu baves devant cette robe depuis tout à l'heure. Si tu y tiens tant achète là mais je tiens à te prévenir que c'est pas trop mon fantasme, les travelos…
- Idiot, rit le blondin en lui donnant un coup de coude. Je me demandais quoi offrir à Momoicchi.
- Elle a déjà deux armoires qui débordent d'affaires. Prend lui un parfum et puis basta.
- C'est tout sauf original !
- Alors trouve lui un copain. Ça nous évitera de supporter ses plats dégueulasses qu'elle nous apporte tous les deux jours parce qu'elle n'a rien d'autre à faire.
Kise éclata de rire. La rose était une jeune femme pleine de qualités, mais sa cuisine laissait vraiment à désirer. Il sentit alors vibrer son téléphone dans son pantalon. Il s'excusa auprès de son petit-ami et s'éloigna de quelques pas.
- Allô ?
- Ryota, c'est moi.
Il n'avait pas besoin de nom pour identifier son interlocuteur. Cette voix froide, impérieuse, ne pouvait appartenir qu'à une seule personne.
- Oh, Akashicchi… Ça faisait longtemps.
- En effet. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je t'appelle.
Kise fut pris de sueurs froides. Ce moment qu'il avait tant redouté finissait par arriver.
- Tu es seul ?
Le blond jeta un coup d'œil à Aomine, qui regardait avec intérêt un match de basket projeté sur le petit écran d'un magasin de sport.
- Ou-oui.
- Alors écoute-moi bien parce que je ne me répéterais pas.
Il garda le silence et Akashi le prit pour une approbation.
- Notre client a appelé pour savoir où tu en étais. Pour la première fois de ma vie je n'ai pas su quoi dire, car justement il n'y avait rien à dire. Ta mission ne semble pas avoir avancé depuis un bon moment. Je peux savoir ce que tu fabriques ?
Il n'avait pas élevé la voix, non il était très calme comme s'il parlait de la pluie et du beau temps. Mais Kise le connaissait depuis suffisamment longtemps pour deviner la colère froide camouflée derrière ce ton si posé. Il essaya de se trouver une excuse, assez crédible pour que son patron y croie, seulement Akashi n'était pas n'importe qui. Et ça n'allait pas jouer en sa faveur.
- J'ai une petite idée de ce qui se passe, reprit doucement le rouge sans attendre de réponse. J'espérais que ce jour ne viendrais jamais, que tu serais assez intelligent pour ne pas tomber dans le piège mais…
- Ce n'est pas ce que tu crois Akashicchi ! s'écria Kise d'une voix aigue, qui fit se retourner plusieurs passants autour de lui. Tout ce que je fais est dans l'intérêt de la mission ! Ce ne serait pas la première fois que je sortirai avec une cible, tu le sais bien ça !
- Alors tu n'as aucun sentiment pour lui ?
- B-bien sur que non !
- Ne me prend pas pour un idiot Ryota.
- … Peu importe ce que je ressens. Au final, je le tuerais. Jamais je ne trahirais notre contrat.
- Tu en es sur ? Depuis que tu as – disons de l'affection – pour cet homme, as-tu pensé à de quelle manière tu pourrais bien le tuer ? Seras tu capable de le regarder droit dans les yeux avant d'appuyer sur la détente ? Lui dire toute la vérité, à lui qui crois que celui qui a tué son ami et toi le tueur en série si recherché sont la même personne ?
- Arrête…
- Je devrais envoyer quelqu'un d'autre finir ce travail à ta place. Tu ne me semble plus apte à le faire.
- Quelqu'un d'autre ? A qui est ce que tu pense ?
L'évidence le frappa soudain et son visage se décomposa.
- Ne me dis pas que tu penses à ce type ?
- Et si c'était le cas ? Cela te motiverait à reprendre tes esprits ?
- Tu ne peux pas le faire venir ici ! Pas lui ! Ce mec est le pire taré que je connaisse. Aomine pourrait ne pas être la seule victime !
- Ais-je le choix ? Mon agent le plus compétent s'est emmouraché de sa victime, et mes éléments les plus fiables n'ont pas le profil pour commettre un meurtre.
- Je m'en occuperais moi-même, je te le promets ! le supplia presque Kise.
- Je ne sais plus si je dois croire en tes promesses, Ryota.
Et il raccrocha sans un mot de plus.
Kise rangea le téléphone dans sa poche, l'air absent. Il y avait une chance sur un million pour qu'Akashi ne mette pas ses menaces à exécution. Et la phrase sèche qu'il avait employée en guise d'adieu ne lui disait rien qui vaille.
- Eh, ça va ? T'es tout pâle, lui fit remarqué Daiki qui l'avait rejoint. C'était qui ?
« Ouais, se dit Kise en voyant son reflet à travers la vitre d'une voiture. J'ai le teint d'un fantôme et l'air effrayé. Ce n'est pas digne de moi. Akashi a raison, je me laisse trop submerger par mes émotions en ce moment… ». Il se tourna vers son compagnon avec un sourire nouveau plaqué au visage.
- Oh, c'est juste Kasamatsu-senpai qui me prévenait que si j'étais aussi distrait que tout à l'heure au travail demain, il me priverait de congé pour Noël.
- Il t'exploite beaucoup trop celui là si tu veux mon avis, grommela Aomine d'un ton crispé, presque jaloux. J'vais aller lui dire deux mots moi.
- Mais non, il n'était pas sérieux, le rassura Kise, amusé malgré lui.
Mais une boule se forma dans sa gorge, faisant trembler sa voix. Bientôt, il le sentait, ce serait la fin.
- T'es sur que ça va ? insista le bleu.
- Oui, oui. Allons-y.
Kise attachait un père Noël en plastique sur sa porte d'entrée. Ils passeraient le réveillon chez lui comme il l'avait lui-même proposé, et il avait encore tout l'intérieur de la maison à nettoyer pour qu'elle soit présentable dans les trois jours à venir. Takao avait fini par convaincre Midorima de se joindre à eux mais ils savaient tous les deux que le vert détestait le désordre : s'il découvrait ne serais-ce qu'une seule couche de poussière sur les meubles, il serait capable de s'en aller illico. Un vrai maniaque. C'est pour ça qu'il fallait que tout soit parfait.
Des mains recouvrirent alors son visage et il sentit son cœur s'affoler. Il se retourna aussitôt, paré pour se défendre. C'était juste Aomine. Celui-ci paraissait d'ailleurs assez surpris.
- Je fais si peur que ça ? se moqua t-il en lui ébouriffant les cheveux.
- Non, je… désolé, souffla Kise dont le rythme cardiaque se calmait doucement.
Aomine fronça les sourcils.
- T'es bizarre depuis quelques temps…
- Quelques temps seulement ? sourit le blond en passant ses bras autour de la nuque de son amant.
- Ouais, c'est vrai. Je voulais dire, encore plus bizarre que d'habitude.
- Méchant…
Et il l'embrassa tendrement. Voilà un habile moyen de détourner les sujets de conversation gênants. Et alors que Daiki les entrainait à l'intérieur pour passer aux choses sérieuses, Kise jeta un dernier coup d'œil dans la rue. Personne à l'horizon, mais il ne pouvait pas s'empêcher de rester sur ses gardes depuis l'appel d'Akashi. Sa vigilance baissa bien vite cependant quand la porte se fut fermée et que le bleu commençait à s'attaquer à son cou. Sa tête bascula en arrière. Comment pouvait-il avoir aussi chaud alors que la température ne dépassait pas les dix degrés ?
Leurs vêtements tombèrent rapidement au sol, dévoilant les corps que l'un comme l'autre connaissaient maintenant par cœur. Ils se trainèrent jusqu'au lit où le blond tomba pendant qu'Aomine se mettait à califourchon sur lui, le surplombant de toute sa hauteur. Comme d'habitude, il mènerait la danse. Kise ne s'était jamais laissé dominer avant, mais étrangement ce rôle ne lui manquait pas. Pas avec Aomine. Combien de choses nouvelles et agréables le basané lui avait fait ressentir depuis leur rencontre ? Il voyait briller des milliers de lueurs dans ses yeux, à la fois de désir, d'affection et… d'amour ? Mais Kise refusait d'interpréter ce sentiment comme réel.
- Ryota…
Tout comme il refusait d'avouer qu'entendre son prénom murmuré d'une voix si suave provoquait de longs frissons le long de sa colonne vertébrale. Le bleuté lui enleva son caleçon, seul obstacle encore présent à leur union imminente, à coups de dents. Ses doigts allèrent s'enrouler autour du membre du plus jeune qui soupira, fermant les yeux pour mieux apprécier le contact. Aomine attrapa une de ses jambes pour l'écarter de sa consœur, prêt à passer à l'acte. Il ne prendrait pas vraiment le temps de le préparer ; Kise avait compris depuis longtemps que son amant n'était pas du genre doux et prévenant. Il n'était pas violent non plus, disons plutôt… sauvage. Passionné. Mais c'est surtout pour ça qu'il l'intéressait depuis le départ. Sans aucune forme de cérémonie, l'autre se glissa lentement en lui. La sensation de leurs deux corps ne formant qu'un le faisait se sentir bien. Enormément bien. Aomine se mouvait avec précaution, continuant les caresses sur sa peau pâle. Kise agrippa alors ses doigts dans les courts cheveux sombres et les tira brusquement pour attirer sa tête à lui, faisant s'entrechoquer leurs dents. Aomine ne put s'empêcher de râler :
- Et après c'est moi la brute…
- Ssht… Plus vite…
- Tes désirs sont des ordres, répondit-il avec un sourire carnassier.
Il bougea alors beaucoup plus fort. La chambre fut envahie de longs râles et de gémissements de plaisir. Daiki faisait vraiment l'amour comme un dieu.
« Ne me prends pas pour un idiot Ryota »
La voix d'Akashi lui revint alors en tête. Il avait eu tord de croire qu'il tomberait dans le panneau. Le rouge avait raison, il avait finit par affectionner cet homme qui le faisait se sentir tellement bien. Il ne pouvait pas utiliser le mot « amour », non il ne pouvait pas. C'était un mot trop fort, et il refusait de tomber là dedans.
« As-tu pensé à de quelle manière tu pourrais bien le tuer ? Seras tu capable de le regarder droit dans les yeux avant d'appuyer sur la détente ? »
Kise entrouvrit ses paupières et tomba droit sur les billes saphir d'Aomine qui le regardait. S'il pourrait le regarder mourir ? Il n'en avait vraiment aucune idée… Pour le moment il voulait juste profiter de tout son soûl de ses instants magiques. Il fixa cet homme si imposant, si puissant. Il était à lui, et rien qu'à lui. Cette pensée le fit sourire.
- Qu'est ce qui a ? souffla le bleu contre sa joue.
- Rien. Je suis juste content, révéla le blond dont le sourire s'agrandit davantage.
Il avait une expression angélique. Aomine poussa un coup de hanche plus fort que les autres sans le vouloir. Kise poussa un dernier grognement et le bleu se retira, s'allongeant ensuite sur le côté. Tous les deux étaient haletants et épuisés. Ils regardèrent un moment le plafond, silencieux.
- Ryota…
- Hm ?
Allait-il enfin lui faire une déclaration ? Jusqu'à présent, ce n'avaient été que des sous entendus douteux au lieu d'un « je t'aime » clair et net. Jamais ils n'avaient franchis ce cap.
- Nan… rien. J'vais chercher des affaires chez moi, je reviens.
- Ok, répondit le blond un peu déçu, mais en même temps soulagé.
Ce ne serait pas pour aujourd'hui apparemment. Le blond ne quitta pas des yeux Aomine (qui ne le regardait pas) pendant qu'il se rhabillait. Ils fuyaient cet aveu, chacun pour des raisons pas si différentes que ça au final. Ils avaient peur de l'amour, peur de ce que ce sentiment pouvait engendrer. Aomine avait perdu Kagami qu'il avait autrefois aimé. Depuis ce jour il refusait de s'attacher à qui que ce soit ; il avait même repoussé Momoi et Kuroko pendant un temps, après l'incident. Il ne voulait plus perdre un être cher, et par conséquent souffrir. Car amour est synonyme de souffrance, c'est bien connu. Kise lui avait des obligations. Il ne pouvait pas aimer cet homme car il devrait le tuer un jour. La vie était cruelle mais il ne pouvait pas se plaindre. N'étais-ce pas lui qui avait choisi cette voix solitaire ? Pas d'attaches, hormis les habitants du manoir Akashi, ses complices. Il s'était volontairement retiré le droit d'aimer. Il devait assumer.
Kise passa un bras par-dessus ses yeux. C'était bien beau de promettre quelque chose qu'on ne connaissait pas. Le sentiment qui l'habitait en ce moment, jamais il ne l'avait ressenti auparavant. Bien qu'il ne pouvait pas encore le définir avec exactitude, tout ce dont il était sur est qu'il se sentait bien. Il appréciait le quotidien que cette mission lui avait apporté, ainsi que les gens qu'il avait rencontré. Et puis Aomine, sa cible, assez détesté par quelqu'un pour être condamné à mort, il l'appréciait chaque jour un peu plus. Le tuer serait dur, très dur…
Le silence fut soudain troublé par un bruit sourd. Un coup de feu venait d'être tiré.
Kise sursauta, se levant brusquement du lit. Il enfila un caleçon à la hâte et se précipita dehors, manquant de tomber à plusieurs reprises. Il sentait son sang pulser dans sa tête. Ils habitaient dans un quartier calme, sans histoire. La seule explication était que l'homme d'Akashi venait de passer à l'action. Aomine était-il… ?
- Aominecchi !
Le bleu se trouvait au milieu de la rue, se tenant son épaule droite ensanglantée. Il regardait de tous les côtés, aux aguets. Plusieurs voisins alertés comme Kise du bruit de tir étaient eux aussi sortis, l'air surpris et effrayés. Le blond courut vers son amant.
- Aominecchi tu es blessé ?!
- Rentre vite à l'intérieur ! lui hurla ce dernier en se tournant brusquement vers lui.
Il fit un geste en direction des voisins.
- Vous aussi ! Rester pas plantés là comme des cons allez vous abriter ! C'est dangereux ici !
Il avisa une jeune femme, simple passante qui marchait par hasard dans la rue et qui était par terre, surement sous le choc du coup de feu :
- Vous habitez loin d'ici ?
- A-assez oui, murmura t-elle.
- Kise ramène là chez toi le temps que les patrouilles arrivent.
- Qu'est ce que tu compte faire ?
- Je vais appeler le poste. Et en les attendant, j'vais essayer de retrouver le salaud qui a failli me buter.
- T'es fou ! S'il te visait ça veux dire que tu cours toujours un risque ! Et tu es blessé !
- C'est mon métier Kise. Puis j'peux pas rester là sans réagir. D'autres personnes pourraient être en danger.
- D'accord mais je viens avec toi.
- Sois pas bête ! T'es un civil t'as rien à foutre sur le terrain ! Maintenant fais ce que je te dis et rentre chez toi !
Jamais le blond ne l'avait vu aussi affolé.
- S'il te plait.
Ils se soutinrent un instant du regard.
- Fais attention à toi, souffla le blond avant d'attraper le poignet de la jeune femme pour l'amener à l'abri chez lui.
Avant de rentrer à l'intérieur, Kise jeta un dernier coup d'œil au basané qui parlait au téléphone – sans doute la police – disparaissant progressivement derrière les maisons, du sang coulant à grosses gouttes sur le trottoir. Le jeune homme ferma la porte, songeur et inquiet. Aomine n'avait pas été touché. Le tireur avait volontairement dévié la trajectoire de la balle pour lui faire passer un message et celui-ci était très clair. Ce type dangereux n'était pas loin et les surveillait, il en était certain maintenant.
- Euh… Excusez-moi…
Il avait presque oublié la présence de la fille. Elle était toute rouge, et Kise réalisa enfin que sa tenue (qui n'en était pas vraiment une) ne le rendait pas très présentable.
- Oh, je suis désolé. La cuisine est au fond du couloir, servez vous un verre d'eau le temps que j'enfile un pantalon.
Il prit son air le plus charmant et la femme acquiesça faiblement, rougissant davantage. Quand elle eut disparu de sa vue, les yeux du blond redevinrent graves. Cette étincelle qui lui passait généralement aux moments précédant des meurtres apparut alors. Le monstre était réveillé.
La police arriva environ un quart d'heure plus tard. Kise compta six voitures et une quinzaine d'hommes en uniforme. Ceux-ci sonnèrent de portes en portes pour recueillir des témoignages, savoir si par chance quelqu'un avait un indice où vu un individu suspect quitter les lieux précipitamment. Quand ce fut son tour, Ryota parla calmement de ce qu'il avait entendu et interrogea habilement l'un des deux enquêteurs devant lui, jouant le parfait citoyen inquiet.
- Vous avez des suspects ?
- Pas encore. Le tireur devait se trouver à distance car personne ne semble l'avoir aperçu. Il a du s'enfuir dés qu'il s'est rendu compte qu'il avait manqué sa cible. Un collègue qui se trouvait sur place l'a cherché mais en vain.
- Il va bien ? Demanda anxieusement le blond.
- Oui, ne vous inquiétez pas. Une équipe médicale s'occupe de lui. Les attaques de ce genre sont assez courantes malheureusement…
- Oui… Oh, pouvez-vous ramener cette fille chez elle ? demanda t-il en désignant la fille en question qui n'en menait pas large. Elle ne faisait que passer quand c'est arriver et elle est toujours sous le choc.
- Bien sur, acquiesça l'agent. Suivez nous mademoiselle.
- Merci encore de m'avoir hébergé, dit elle en s'inclinant devant Kise qui la rassura d'un geste.
- C'est normal. Vous avez été d'une agréable compagnie.
Il ajouta un clin d'œil en prime qui la fit rougir une nouvelle fois. Cette journée n'aura pas eu que des inconvénients finalement, se dit elle en entrant dans la voiture de police.
Une fois seul, le blond s'appuya contre un mur et s'y laissa glisser. Les bruits de sirène dehors n'arrivaient pas à le calmer ; savoir un troupeau d'agents à quelques pas de lui et de ses secrets mettait tous ses sens en alerte. A quoi pensait donc Akashi ? Avec tout ce remue-ménage, il pourrait sans s'y attendre faire l'objet d'une enquête !
Il appela d'abord Aomine pour être sur qu'il allait bien. Entendre sa voix grave et ses injures contre les infirmiers qui le soignaient le rassurèrent aussitôt. Momoi et Kuroko cherchèrent aussi à le joindre, et ce fut à son tour de les rassurer en leur jurant qu'Aomine allait bien et qu'il s'en sortirait au pire avec un os cassé. Mais alors qu'il allait ranger son téléphone, le cœur un peu plus léger, il remarqua un nouveau message, d'un numéro inconnu, sur l'écran.
Au resto Kaijo dans une heure où tu peux être sur que la prochaine fois, je ne me raterais pas.
Ses sourcils se froncèrent. Kaijo, c'était l'endroit où il travaillait. Kasamatsu l'avait baptisé ainsi en hommage à son ancien lycée où il avait passé de belles années. Alors ce type connaissait aussi son lieu de travail. Plus de doute, Akashi l'avait envoyé avec tous les renseignements pour le menacer, et pire encore. Le rouge savait très bien que cet homme était l'un des seuls au monde à lui faire peur. Peut être parce que le blond lui avait pris sa place dans l'entreprise, mais surtout parce qu'il était à son opposé cruel et sadique, ne montrant de pitié pour personne. Il aimait torturer ses victimes comme un enfant joue avec de la nourriture avant de la jeter. C'était un monstre sans morale. Akashi avait fini par en avoir assez de son comportement et pour être sur qu'il ne fasse pas d'autres bêtises, l'avait fait mettre en prison. Il devait avoir une furieuse envie de se défouler après toutes ses années passées derrière les barreaux. Kise ne le redoutait que davantage.
Il prit son arme avant de se rendre au point de rendez vous. Car il s'y rendrait bien, mais pas sans précautions. Une fois sur place, dans l'arrière cour de la boutique déserte, le blond attendit quelques secondes avant de sentir un souffle chaud sur sa nuque. Il n'eut pas le temps de se retourner que la lame glacée d'un couteau de poche vint chatouiller son cou.
- Pas un geste la blonde. Ne tente rien ou je fais de ton cou une charcuterie.
- La prison ne t'a pas appris les bonnes manières à ce que je vois, répliqua cependant Kise. C'est comme ça que tu dis bonjour aux gens Haizaki ?
L'autre ricana et retira sa lame. Kise se tourna précipitamment et tomba droit sur le sourire mauvais de l'homme coiffé rasta.
- T'a pas changé. Tellement beau qu'on aurait envie de lacérer ce visage rien que pour le défigurer, susurra doucereusement Haizaki en lui touchant la joue.
Le blond se recula comme si l'autre l'avait brûlé. Hors de question de laisser ce type haïssable le tripoter sans gêne.
- Parait que t'es tombé amoureux du flic. Bravo, même moi j'aurais pas fait mieux, se moqua Haizaki. T'a drôlement baissé dans l'estime d'Akashi tu sais ? Peut être qu'après t'avoir régler ton compte il me laissera reprendre du service…
- Ne te fais pas d'illusions, l'avertit Kise d'une voix polaire. Tu retourneras dans ta cellule très bientôt. Je finirais cette mission comme j'ai fini toutes les autres, peu importe ce que je peux ressentir.
- Tu chantes ce discours à tout le monde pour te convaincre que tu peux le faire. Mais ce ne sont que des mots. J'en sais quelque chose, crois moi.
Kise ne put cacher son étonnement.
- Toi ? Tu veux dire que…
- Ouais. C'est humain l'amour après tout. C'pour ça que je l'ai tué pendant qu'elle dormait. Pas de larmes, pas de cris inutiles. Qu'est ce que j'ai été soulagé après ça ! J'ai réalisé au final que cette fille ne m'avait apporté que des emmerdes.
Une bouffée de colère envahit le blond, qui se retenait pour ne pas se jeter sur Haizaki et lui faire sa fête. Pendant un instant il avait cru qu'il pourrait le comprendre parce qu'il avait vécu la même chose. Il avait espérer des conseils pour le sortir de ce piège de sentiments. Mais alors que pour lui la pensée de tuer Aomine était une véritable torture mentale, l'autre en parlait comme s'il s'agissait d'une simple corvée. Tuer cette femme dans son sommeil, sans donner aucune explication… Haizaki était un lâche. Il ne pouvait pas comparer leurs deux cas, et encore moins appeler ça de l'amour.
De l'amour… ?
L'image d'Aomine lui vint à l'esprit, ces quelques fois où il l'avait entendu éclater d'un rire sincère et ces petites moqueries destinées à le taquiner. Pouvait-il réellement dire qu'il aimait cet homme ?
- Je n'aime pas quand on m'ignore.
Un coup frappé dans son estomac lui fit reprendre contact avec la réalité. Le choc le fit se plier en deux, suffocant. Haizaki ne l'avait pas loupé.
- Qu'est ce que… tu prévois de faire ? articula le blond entre deux hoquets.
- Rien pour l'instant. Mais je te conseille de bouger ton joli cul avant qu'un autre ne termine ton boulot à ta place.
Il lui attrapa une bonne touffe de cheveux et releva sa tête pour le regarder dans les yeux. Kise supporta la douleur sans broncher.
- Je parle de moi bien sur.
Et il le relâcha d'un geste brusque qui mit le blondin à terre. Le temps qu'il se relève et le rasta avait déjà disparu.
- Merde…
Ses poings se serrèrent de rage. Cette semaine était vraiment la pire. Akashi et Haizaki, les hommes les plus dangereux qui soient, rassemblés pour lui mener la vie dure. Et s'il voulait retrouver sa tranquillité, il devrait tuer Aomine. Comment s'était-il retrouver dans ce pétrin déjà ?
Pour la première fois depuis qu'il avait commencé cette nouvelle vie, il regrettait d'être devenu tueur à gages.
Voilà ! Bon l'histoire n'a pas beaucoup avancée dans ce chapitre mais je tenais à montrer ce qu'est devenue la relation entre Aomine et Kise depuis l'annonce de la mort de Kagami. Il m'a permis d'introduire Haizaki aussi (je ne le supporte vraiment pas celui là mais il me sera utile pour la suite alors…). Donc pensez que c'est lui le vrai méchant et pas Akashi. Faut pas le détestez Akashi. Il veut juste remettre Kise dans le droit chemin (enfin le chemin du mal) mais disons qu'Akashi est un gentil méchant.
Je tiens encore une fois à vous remercier. Pour suivre cette histoire, et bien sur pour vos adorables commentaires. Ils me motivent et m'inspirent pour la suite. J'adore lire vos théories, vos avis, ainsi que tout le reste :
Naomi Fujiwara : Kuroko comme commanditaire, ça se pourrait oui. Dans deux chapitres, ce sera révélé alors tu verras bien ! ;) tout comme le passé de Kise, qui arrive très bientôt. En tout cas la Grèce m'a beaucoup inspiré, j'espère que tes vacances se passent bien aussi de ton côté ;3
Fairy-Heaven : Tout d'abord, merci pour ton commentaire ! Ça me fait plaisir que l'histoire et son univers te plaise, et que tu trouves que je respecte les caractères des persos – c'est ma plus grande peur ça, de les faire trop OOC… - j'espère juste qu'Akashi est apprécié tel que je le présente (j'aime tellement son côté psychopathe… c'est bizarre ?) Aah les ''ces'' et les ''ses'', mon prof de français me corrige toujours la dessus mais je continue à faire les fautes :') j'y ferais attention ! Venons-en à Bakagami. Je les voyais tellement Aomine et lui coéquipiers et en uniformes oWo (non non je ne fantasme pas sur les uniformes xD). Tu fais parti des rares qui ne le croient pas mort. C'est une théorie intéressante, tout comme celle que tu as faite sur Alex. Vous aurez bientôt le fin mot de toute cette histoire alors patience ! Haa le AoKise est mon couple phare dans KnB, ils sont tellement différents mais complémentaires à la fois je trouve. Pareil pour le MidoTaka, et d'autres encore. Il y a trop de couples à exploiter dans ce manga *.* merci encore !
SL-Fairy-Tail : Mon bac s'est super bien passé oui merci ! A part en sciences mais ça je m'y attendais, je ne suis pas très douée :') pour le commanditaire, je peux juste te dire qu'il était lié à Kagami et que toutes tes théories pourraient fonctionner. Le passé de Kise est pour bientôt aussi ! Merci pour ta review et je te souhaite à toi aussi (un peu tard c'est vrai) de bonnes vacances là où tu es ! ;)
Laura-067 : Théories très intéressantes comme toujours ! J'aimerais tellement pouvoir y répondre, alala ça me démange… Tu sauras tout dans le chapitre 11 qui est en cours d'écriture, ce que je peux te dire c'est que c'est bien lié à l'affaire Kagami. En tout cas tu as bien deviné pour Haizaki ;) c'est vrai que Kise a un peu oublier son objectif – d'où l'appel d'Akashi – d'ailleurs j'imagine bien ce dernier regarder ce qu'ils font avec Aomine à la plage xD
Maoruwa : Haha merci :'D les chapitres vont arrivés plus rapidement maintenant alors tu n'auras pas le temps d'oublier promis !
InfiniteScorpioInuko : Hihi peut être que c'est Kuroko… ou Momoi… ou Imayoshi… où un autre des noms que tu as dit… Patience vous saurez bientôt ! ;3 pour le nombre de chapitres, je dirais 14 ou 15 grand maximum. C'est toujours en court d'écriture mais je ne pense pas aller plus loin que ça.
Granotte : Je suis contente que l'histoire te plaise ! L'idée qu'Aomine et le client soit la même personne faisait parti de mes choix principaux au tout début alors ta spéculation pourrait très bien être vraie ;) Tu le sauras bientôt !
Alicia : Ça m'a vraiment fait de la peine de tuer Kagami (mais oui c'est vrai ! C'est un de mes perso préférés en plus…), mais je me rachète en lui donnant quand même un rôle important dans l'histoire. Hihi eh ben j'espère que le lemon de ce chapitre t'aura plu ! Même si j'en suis pas fière T.T Merci en tout cas et bon séjour à toi aussi où que tu sois ;)
Angel44 : C'est super touchant ce que tu me dis là je suis contente que tu aimes autant ma fic ! :'3 Bientôt vous saurez pour le client tu n'aura plus de mal de tête ;D Ça me rassure que tu ais ris pour le coup des serviettes – j'ai un humour proche de celui d'Izuki dés fois alors j'évite d'en faire trop xD Houlà Haizaki n'a qu'à bien se tenir alors parce que ce qu'il a fait à Kise là c'était rien… Merci encore !
Prochain chapitre la semaine prochaine, sans faute ! Il y aura Haizaki, parce qu'il faut bien qu'il serve à autre chose que torturer tout le monde. Kise fait des confidences sur son passé et une décision importante sera prise. Ah oui, et y aura le réveillon de Noël aussi (écrire une période d'hiver alors qu'en Grèce il fait 40 degrés et plus, ça donne super chaud…)
