Chapitre 10 :
PDV de Bella :
Bella s'accroupit et, serpillière en main, entreprit de frotter le sol recouvert de linoléum de la cuisine. Il était vieux et craquelé et, quoi qu'elle fasse, paraissait toujours sale. Mais elle savait qu'elle n'avait à s'en plaindre. Etant donné la longueur des listes d'attente, elle avait eu de la chance de se voir attribuer cet appartement. D'accord, il était minuscule, mais qu'aurait-elle gagné à avoir une plus grande surface ? Cela aurait été synonyme de davantage de travail. Et puis c'était tout ce qu'elle pouvait se payer de toute façon.
Les souvenirs lui revirent d'un appartement magnifique en Espagne, d'un château dominant la Méditerranée, de luxueuses chambres d'hôtels... Mais elle les repoussa presque aussitôt. A quoi bon se remémorer ce bref interlude de sa vie ?
A quoi bon se rappeler Edward Cullen ?
La douleur revint, et elle la chassa, comme elle l'avait fait tant de fois au cours de ces longs derniers mois. Car, malgré le temps qui s'était écoulé, il lui manquait toujours. Comme si une partie d'elle-même avait disparu.
Mais il lui fallait admettre qu'elle ne le reverrait pas, même s'il demeurerait à jamais dans son coeur.
« Pourquoi l'amour ne meut-il pas ? »
« Pourquoi ne s'assèche-t-il pas, ne tombe-t-il pas en poussière ? »
Le carillon aigrelet de l'entrée la tira de ses réflexions. C'était sans doute Victoria, sa voisine. Victoria était dans une situation similaire à Bella mais ne semblait rien pouvoir faire d'autre que geindre et se plaindre. Un jour parce que la municipalité lui avait refusé un plus grand appartement, le lendemain parce que la banque lui avait refusé un prêt pour l'achat d'un lecteur DVD. Victoria adorait venir raconter sa vie à Bella, affalée dans le sofa, tout en gavant de biscuits et en se plaignant de ses problèmes de poids.
La sonnerie retentit de nouveau, et Bella soupira. Victoria était têtue. Avec un soupir, elle abandonna sa serpillière, se redressa et, tout en massant son dos douloureux, se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit sans ôter la chaîne de sécurité.
-Victoria, ce n'est pas le meilleur moment...
Elle s'interrompit. Ce n'était pas Victoria.
Aussitôt, elle se sentit s'affaisser contre le mur.
-Bella !
La voix d'Edward lui fit l'effet d'un hallucination auditive. Cela faisait plus d'un an qu'elle ne l'avait pas entendue. La dernière fois, c'était lorsqu'il avait fait entrer le médecin dans la chambre, ce fameux soir...
-Bella !
La voix répéta son nom, et elle cligna des yeux. Ce n'était pas une hallucination. Et l'homme qui se tenait de l'autre côté de la porte ne l'était pas davantage.
Il paraissait plus grand que dans son souvenir, nota-t-elle presque distraitement. Et amaigri.
Elle le fixa pendant un instant, puis, sans réfléchir commença de fermer la porte. Son visiteur glissa aussitôt son pied dans l'entrebâillement et pesa de tout son poids sur le battant.
-Bella, ouvre ! J'ai à te parler.
Elle hésita avant d'ouvrir enfin.
C'était bien Edward, le vrai. Il avait maigri, comme le confirma un examen plus attentif de son visage. A part ça, il n'avait pas changé. Il était toujours aussi séduisant. Aussi brutalement viril.
-Est-ce que je peux entrer ?
Son accent était aussi chantant et troublant que dans son souvenir. Il parlait d'une voix posée, mais elle avait le sentiment qu'il était nerveux. De fait, un muscle jouait le long de sa mâchoire.
-Je peux entrer ? Répéta-t-il.
Bella secoua la tête, incapable de parler. Elle ne devait pas le laisser pénétrer dans l'appartement. Non, surtout pas.
-Il faut que nous parlions.
Son regard était sombre. Elle se surprit à admirer la longueur de ses cils.
Et, soudain, son esprit enregistra ce qu'il venait de dire.
« Il faut que nous parlions. »
Exactement ce qu'elle lui avait dit un an plus tôt. Mais il ne l'avait pas écouté.
-Si c'est à propos de l'argent, tu tombes mal. Je ne peux pas encore te rembourser. Mais je n'ai pas oublié ce que je te dois.
Edward fit la grimace. Elle se demande pourquoi, et enchaîna presque aussitôt :
-Ecoute, le moment est plutôt mal choisi. J'ai un tas de choses à faire et...
Une sorte de miaulement monta de la minuscule chambre. Edward fronça les sourcils.
-Tu as un chat ?
Elle se mordit la lèvre, puis acquiesça.
-Oui. Ecoute, comme je te l'ai dit, il faut vraiment que j'y aille. Je...
Elle ne termina pas sa phrase. Car le miaulement se transforma en pleurs de bébé.
Une expression de choc se peignit sur les traits d'Edward. Avant qu'elle puisse l'arrêter, il la dépassa et jeta un coup d'oeil dans la chambre.
-Por Dios... ( Traduction : Mon dieu... )
Avec un soupir de capitulation, Bella referma le battant et alla chercher le nourrisson qui s'agitait dans son berceau.
-Tout va bien, ma chérie. Maman est là.
Elle prit le bébé dans ses bras. Aussitôt les pleurs s'arrêtèrent.
Bella jeta un regard à Edward. Ses yeux était d'un vert profond. Et ils étaient dénués de tout expression.
-Ne t'en fais pas, elle n'est pas de toi, déclara-t-elle. Je me suis trouvée un autre riche pigeon sur le chemin du retour.
Son compagnon tressaillit visiblement.
-Ne dis pas ça.
Elle haussa les épaules.
-Pourquoi pas ? Ça pourrait être vrai.
Edward avait pâli visiblement, mais sa voix était toujours d'un calme olympien lorsqu'il demanda :
-Tu ne comptais rien me dire, n'est-ce pas ?
Bella affronta son regard sans ciller.
-Non.
-Pourquoi ?
-Parce que je ne voulais pas que tu t'imagines que je t'avais encore piégé. Et rassures-toi, ton nom ne figure pas sur le certificat de naissance. Personne ne viendra jamais te réclamer quoi que ce soit.
L'espace d'un instant, Edward arbora la mine d'un homme qu'on venait de frapper. Puis leur fille se rendit compte que la situation risquait de s'éterniser, et se remit à pleurer pour se rappeler à eux.
-Elle a faim, annonça Bella. Je vais devoir la nourri. A la prochaine fois.
Etant donné les circonstances, son propre calme l'étonnait. Si elle s'énervait, elle risquait de ne plus avoir de lait. Il lui faudrait alors faire passer la petite au biberon. Et tous les magazines soulignaient que l'allaitement était préférable.
Elle s'installa sur le canapé, son esprit se raccrochant à d'insignifiant détails. Tout, plutôt que de penser à Edward, qui était resté debout près du salon.
Bella souleva son pull, ouvrit son soutien-gorge d'allaitement et plaça sa fille contre son sein. L'enfant se tut et se mit à téter avidement.
Edward ne bougeait toujours pas. Le choc semblait avoir eu sur lui un effet rétroactif. C'était compréhensible... Bella se rappelait encore de sa propre stupeur lorsque le médecin, ce soir-là, lui avait appris qu'elle était enceinte. Elle avait dû faire appel à tous ses talents d'actrice pour demander au praticien de n'en rien dire à Edward, parce qu'elle préférait lui annoncer personnellement la merveilleuse nouvelle.
En réalité, elle s'était enfuie. Avait-elle vraiment eu le choix ? Il était évident qu'il l'aurait encore accusée de l'avoir piégé. D'en vouloir à sa fortune.
-Inutile de perdre ton temps ici, reprit-elle de cette même voix calme, dénuée de passion. Je ne te demanderai rien du tout. Et je vais bientôt recommencer à travailler, ce qui signifie que je te rembourserai jusqu'au dernier sou. Si ce n'est pas le cas... tu sais où me trouver, maintenant, conclut-elle avec un sourire amer.
Une ombre passa sur le visage d'Edward.
-J'ai dû engager des détectives pour te retrouver.
-Vraiment ? J'ignorais que tu avais besoin d'argent à ce point.
Il ignora l'accusation et reprit :
-Et tu sais comment je t'ai retrouvée ? Dans les registres publics. Naissances, mariages... et décès.
Ses yeux se posèrent sur elle. Ils recelaient une émotion qu'elle se refusait à lire.
-Décès..., répéta-t-il d'une voix sombre.
Puis son visage s'assombrit, et il gronda :
-Pourquoi ? Pourquoi ne m'avoir rien dit ?
-Comment aurais-je pu ? Répliqua posément Bella. Tu m'avais déjà demandé si j'étais sur le point d'inventer un histoire larmoyante. Et il y a beaucoup de larmes dans mon histoire.
Vif comme l'éclair, Edward se retourna pour donner un coup de poing dans le mur. La plâtre s'enfonça.
-Por Dios !
La minuscule tête de son bébé avait arrêter de téter. Bella caressa la tête de son bébé et la remit contre son sein.
-Je pensais que tu avais des goûts de luxe. Que tu étais arrivée en Espagne avec un riche amant qui t'avais habituée à la grande vie. Je... je ne savais pas.
-Non. Tu ne savais pas.
-Dis-moi. Raconte-moi. Je veux l'entendre de ta bouche. Je veux comprendre.
Pendant un long moment, Bella resta silencieuse, les yeux baissés vers sa fille. Puis, lentement, elle se mit à parler, tout en caressant la tête de son enfant. Une enfant illégitime, tout comme elle l'avait été.
Jamais elle n'avait connu son père. Ce dernier n'avait pas voulu la reconnaître, à sa naissance, et avait défié sa mère de prouver sa paternité et de la traîner en justice.
Enfant, Bella s'était toujours imaginée le retrouver un jour et le faire payer. Faire payer le salaud qui avait abusé de l'amour que lui avait porté sa mère, Renée.
Mais Bella avait fini par comprendre que c'était sa mère qui, précisément, souffrirait le plus. Elle n'en avait donc rien fait. Elle s'était donc consacrée à Renée, espérant qu'un chevalier en armure brillante surgirait, un jour, pour offrir à celle-ci une seconde vie amoureuse. Cela n'était jamais arrivé.
Et, pour couronner le tout, au cours d'un contrôle de routine, Renée appris qu'elle souffrait d'un cancer...
Le traitement avait été long et pénible. Bella l'avait vue maigrir, perdre ses cheveux. Mais elle avait gagné un peu de temps. Un temps précieux.
Bella avait demandé au médecin combien de temps il restait à sa mère. Ce dernier avait secoué la tête et répondu qu'elle en avait pour neuf mois, peut-être un an.
Bella avait alors pris sa décision. Elle avait abandonnée son travail de secrétaire et avait vendue tout ce qu'elles possédaient. A la somme rassemblée, Bella avait rajoutée ses economies. Puis elle avait pris ses cartes de crédits et avait appelé son fiancé, Jacob, pour lui annoncer qu'elle partait. Ce dernier lui avait répondu qu'elle était complètement folle, et qu'elle pouvait se dispenser de rappeler lorsqu'elle reviendrait.
Lorsque Renée Swan était sortie de l'hôpital, elle avait trouvé sa fille qui l'attendait, des billets d'avion pour l'Espagne à la main. Elles voyageraient en première classe. Sa mère, avait-elle décidé, allait mener la grande vie. Du moins pendant le peu de temps qu'il lui restait.
Renée Swan avait eu un merveilleux chant du cygne. Elles avaient vécu sans compter, séjournant dans les meilleurs hôtels, mangeant dans les meilleurs restaurants. Bella avait dépensé tout l'argent qu'elle avait pu rassembler, et avait tout de même été forcée d'emprunter sept mille euros pour couvrir la fin du voyage.
La fin du voyage.. Car la maladie avait rattrapé Renée. C'était à l'Alhambra. Renée était morte dans les bras de sa propre fille, dans le couvent qui les avait accueillies.
Bella regardait à présent sa propre fille. Elle avait su, dès sa naissance, que celle-ci serait sa raison de vivre. Ce ne serait pas facile, financièrement, mais elle s'en moquait. Et tant pis si sa fille n'avait pas de père. Elle n'en avait pas eu non plus.
Son seul regret était que sa mère ne soit pas là pour voir sa petite-fille.
-Je l'ai appelée Renesmée. Un mélange entre nos deux mères, finit-elle en souriant légèrement.
Un long silence vint conclure son récit. Puis Edward dit d'une voix douce :
-Après avoir trouvé le nom de ta mère dans les registres, je suis allé au couvent où elle est morte. Les nonnes se souvenaient très bien de vous deux. De ta tristesse, de votre dévotion. J'ai demandé qu'une messe de requiem soit dite pour elle.
-Merci.
De nouveau, le silence. Puis Edward s'agenouilla, et décocha à Bella un regard hésitant.
-Je peux la voir ?
O O o o .. .. o o O O
PDV d'Edward :
Elle acquiesça. Avec d'infinies précautions, il posa sa main sur la tête de l'enfant.
« Ma fille. »
Edward n'en croyait pas ses yeux. La peine et le bonheur se mêlaient en lui...
Une goutte d'eau s'écrasa soudain sur sa main. Il redressa la tête.
-Bella, non...
Elle était en larmes. En silence, il posa son front contre le sien. Aveuglément, elle glissa une main dans ses cheveux, agrippa sa nuque..
-Ne pleure pas... Je t'en prie...
O O o o .. .. o o O O
PDV de Bella :
Mais Bella ne pouvait s'en empêcher. Une année entière de larmes sortait brusquement. Comme si un barrage avait sauté et qu'une rivière déferlait, emportant tout sur son passage. La douleur, la colère, la rage, l'impuissance. Et pendant tout ce temps, Edward la serra dans ses bras, lui murmurant des paroles de réconfort à l'oreille.
Tout à coup, les larmes s'arrêtèrent. Un intense sentiment de lassitude et de bien-être leur succéda.
-Querida... Notre fille a arrêté de manger.
Bella leva la tête de son épaule et baissa les yeux. Renesmée la regardait d'un air accusateur. Elle agita une petite main.
Puis son regard se posa sur son père, et elle sourit. Emu, Edward mit son doigt dans sa main. Elle l'agrippa aussitôt.
-Hola, chiquita ( Traduction : Salut, ma petite fille ), fit-il d'une voix rauque.
Renesmée considéra son père un instant, puis tira son doigt vers sa bouche et se mit à le téter. Elle le rejeta aussitôt, et ouvrit la bouche pour pleurer. Bella ne put s'empêcher de se mettre à rire.
-Elle a encore faim.
Elle installa sa fille contre son autre sein. Les cris s'arrêtèrent aussitôt.
-Et voilà. Heureuse de nouveau, fit Bella.
Elle avait parlé instinctivement. La phrase resta en suspens, et ils échangèrent un long regard. Enflant telle une vague, une émotion nouvelle – ou, plutôt, une vieille émotion qu'elle avait trop longtemps réprimée -, s'abattit sur Bella.
O O o o .. .. o o O O
PDV d'Edward :
Edward n'était pas moins ému, et se laisse sombrer dans les grands yeux verts qui avaient hanté ses nuits au cours de l'année passée.
Bella était bien réelle, à présent. Elle n'était plus un rêve. C'était à lui, maintenant, de prononcer les mots qui permettraient à la blessure qu'il lui avait infligée de cicatriser enfin.
-Me pardonneras-tu jamais ? Je me suis comporté en parfait idiot. Je sais que je n'ai aucune excuse. Mais quand j'ai découvert que tu avais des dettes, quelque chose a explosé en moi. Je me suis sentie trahi. J'ai cru que tout ce que nous avions vécu n'avait été qu'un mascarade, le résultat d'un calcul glacial et sordide.
Il s'interrompit, pensif, avant de reprendre :
-J'ai repensé à notre histoire, à tout ce que nous avions fait, tout ce que nous avions dit. Beaucoup d'éléments semblaient confirmer mes soupçons. Le mystère dont tu entourais ton passé, par exemple. Le fait que tu ne voulais jamais parler de la personne avec laquelle tu étais arrivée en Espagne... Quand j'ai découvert cette histoire de dette auprès de Newtown, j'ai perdu la tête.
-Je ne voulais pas t'en parler. Je ne voulais pas que cette histoire nous contamine. J'ai essayé de te l'expliquer, mais tu n'as pas voulu m'écouter.
Il y avait une immense tristesse dans la voix de Bella, et Edward sentit son coeur se serrer.
O O o o .. .. o o O O
PDV de Bella :
-Je voulais que le peu de temps que nous allions passer ensemble soit parfait, reprit-elle. Parce que je savais que tu finirais par te lasser de moi.
Un sourire amer apparut sur les lèvres de son compagnon.
-Même de cela, je me suis méfié, confessa-t-il. Je me demandais pourquoi tu étais si peu exigeante, si discrète, si... parfaite.
-Jusqu'au moment où tu as découvert que je n'étais pas parfaite. Je n'ai pas pu supporter ta colère. Ce mépris brutal dans tes yeux. C'est pour ça que je suis partie.
O O o o .. .. o o O O
PDV d'Edward :
Edward se rembrunit, comme il revivait mentalement ce jour-là..
-Je n'arrivais pas à croire que tu m'aie quitté. Je me suis dit que tu reviendrais. J'en étais certain, par arrogance. Pourtant tu n'es pas revenue. Et jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, j'ai dû accepter le fait que tu ne reviendrais pas. Que je t'avais chassée pour de bon? J'ai essayé de me dire que c'était pour le mieux, mais je me mentais. Tu me manquais, jour et nuit. Aucune autre femme n'a pu remplir ce vide.
-Il y a eu d'autres femmes ?
O O o o .. .. o o O O
PDV de Bella :
Bella avait parlé plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.
-J'ai essayé, confessa-t-il. Mais je n'ai pas pu. Aucune ne te ressemblait assez : aucune n'était... toi. Rien au monde ne l'était, acheva-t-il d'une voix sourde.
Il resta un instant silencieux puis, après une hésitation, demanda :
-Quand as-tu su que tu étais enceinte ?
-Je n'ai rien vu venir. C'est le médecin de l'hôtel qui l'a soupçonné. Il a pensé que c'était la cause de mes nausées, et il avait raison. J'ai compris que je devais partir si je voulais éviter d'autres accusations de ta part.
Edward partit d'un rire dur.
-Dios... Si je n'étais pas finalement parti à ta recherche, j'aurais perdu ma fille en même temps que toi.
Quelque chose dans sa voix ébranla profondément Bella.
-Je suis désolé, murmura-t-elle en pleurant.
Elle sentit le bras d'Edward, réconfortant, se resserrer autour de son épaule.
-Non, tu n'as pas à l'être. Ni maintenant ni jamais. Et je ne te laisserai plus verser une seule larme dorénavant. Pas une de plus.
Il l'embrassa, doucement, tendrement.
-Je t'aime, lui dit-il. Je t'ai toujours aimée, mais j'ai été trop stupide pour le comprendre.
-Je n'attends rien de toi. Vraiment. Tu n'as pas à te sentir obligé de...
-Ne dis pas n'importe quoi. Tout ce que j'ai t'appartiens. Ma vie, mon amour, mon âme.
Et il l'embrassa de nouveau.
O O o o .. .. o o O O - O O o o .. .. o o O O
-Tu te rends compte que je dois une fière chandelle à Jessica ? Dit Edward un peu plus tard, regardant sa fille dormir pendant que Bella préparait du café.
-Jessica ? Quand vient-elle faire dans cette histoire ?
Edward jeta un dernier coup d'oeil à Renesmée et s'approcha de Bella. Elle songea que, en sa présence, l'appartement paraissait plus petit encore que d'habitude.
-C'est elle qui m'a parlé de ta mère.
-Vraiment ?
-Oui. D'abord, je ne l'ai pas crue. Je me suis dit que vous vous étiez mises d'accord pour inventer une histoire à dormir debout. Je m'attendais presque à ce qu'elle ajoute que son propre mode de vie était destiné à financer la maison de retraite de ses grands-parents ! Mais elle s'est mise en colère quand j'ai exprimé mon scepticisme, m'a traité d'imbécile et m'a dit de vérifier par moi-même.
Bella eut un sourire ému. Jessica, en définitive, s'était révélée une amie digne de ce nom.
-Quand l'as-tu revue ? Je croyais qu'elle était au Portugal.
-Elle est revenue. Mais pas seule.
-Ne me dis pas quand c'est encore Newtown ?
-Non, répondit Edward en riant. Ses fréquentations s'améliorent. Cette fois, sa prise est un charmant retraité américain du nom de Hiram T. Hackensacker. Apparement, il a trois fort méchantes filles qui essaient de l'empêcher de profiter de la vie. Jessica a décidé de contrecarrer leur plan.
Ils échangèrent un regard, puis se mirent à rire de concert.
-Cette bonne vieille Jessica ! S'exclama Bella.
-Oui. Il faudra l'inviter à notre mariage.
La jeune femme se figea.
-Notre mariage ?
Edward s'approcha d'elle, lui ôta le paquet de café des mains des mains et lui caressa le visage.
-Je voudrais que tu deviennes ma femme. Que tu reviennes avec moi en Espagne. Que nous fondions une famille. Que tu m'aimes, Isabella Swan.
-Je t'aime déjà, murmura-t-elle. Je t'ai toujours aimé. Et je t'aimerai toujours...
-Moi aussi.
Edward la prit dans ses bras, et ils scellèrent leur promesse d'un long baiser.
Le dernier chapitre est enfin en ligne. L'épilogue arrivera bientôt.
