Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à la BBC, j'ai fait de mon mieux pour ne pas les abîmer mais j'ai pas vraiment réussi. Seule l'histoire est de moi. L'univers appartient tout entier à la série Merlin.
Note : Reprise de la troisième saison en ayant inclus le modifications apportées par mes deux fics précédentes. (Balinor et Merlin et Hunith et Balinor)
Je remercie Bernie Calling, Ameliesky61 et Angelyoru pour leur gentil commentaire. :)
Remarque sur le retard : Hier j'étais tellement crevée que j'ai finalement fait le tour de l'horloge, bref je me suis endormie avant de poster. Ça arrive. ^^. Désolée.
Bonne lecture.
Le poison de la mandragore II : Partie 3
La porte de la salle du conseil claqua derrière le prince Arthur lorsqu'il sortit royalement, suivi avec peine par son serviteur qui évita de justesse de se faire démolir le nez dans le même mouvement. Néanmoins, Merlin le rattrapa péniblement et restant derrière lui commença à longer la galerie couverte tout en papotant.
-Vous avez été parfait, vraiment. J'étais impressionné. On en est à évoquer un siège, des vivres, des béliers, des armes, des catapultes. Vous avez pris une décision difficile, nous… vous risquez des centaines de…, racontait Merlin pris d'une envie irrépressible de papoter pour combler le silence, et espérant également faire en sorte qu'Arthur exprime les sentiments qui l'animaient maintenant qu'il n'était plus la cible de tous les regards.
-Je vais te dire quelque chose, répondit Arthur, en s'arrêtant, déjà pleinement agacé par son valet.
-Quoi ? questionna de manière innocente Merlin, à l'image même de l'agneau qui venait de naître, bien qu'il sache pertinemment qu'Arthur s'apprêtait à le rembarrer.
-J'aimerais vraiment que tu te tiennes tranquille dans ce genre de situation, affirma le blond, d'un ton dur et catégorique.
-J'essaye seulement de vous aider un peu, répliqua Merlin, plein de verve et de mordant.
-Tu oublies, ordonna le prince, conscient que son ordre risquait peu d'être suivi, mais l'espérant tout de même grandement.
-Je sais que ce n'est pas ce que vous voulez. Vous êtes inquiet, mais vous n'avez nul besoin de l'être. Regardez tout ce que nous avons, réfuta Merlin, sûr de lui.
-Quoi ? s'étonna Arthur, complètement désarçonné par cette assurance que le serviteur semblait émettre parfois.
-Vous et… moi ? argua le sorcier, surpris par la question.
-Merlin, qu'as-tu l'intention de faire au juste ? interrogea le blond, parfaitement inquiet à présent.
-Eh bien, je serai à vos côtés, comme toujours, je… vous protégerai Arthur, avoua le jeune brun, autant surpris par la question, que gêné par la réponse qu'il donnait, même si elle était parfaitement appropriée.
-J'y crois pas, soupira le prince, reprenant sa marche et laissant son serviteur derrière lui, particulièrement perplexe.
Alors il ne le croyait toujours pas capable de veiller sur ses royales fesses ? Merlin soupira, il était pourtant persuadé que leur amitié avait évolué durant son accident, sa convalescence, la recherche de Morgane et la terrible campagne qui venait de terminer.
Arthur était tellement buté, pourquoi refuser d'admettre que son valet avait une part dans sa réussite et ses succès ? … ah oui, parce qu'il continuait à lui mentir. Maintenant que Morgane savait, elle pouvait lui faire part de ses erreurs. Tout comme il pourrait lui demander de l'aide ouvertement, enfin officieusement quand même, en cas d'attaque magique. Il risquait très vite de devenir inutile, n'est-ce pas ? Il secoua la tête pour chasser cette vilaine pensée et se remit en marche pour courir après les dites fesses royales.
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Sifflotant, la jeune métisse défaisait une partie de l'ouvrage commencé par Morgane. Certains endroits étaient trop tendus, d'autres points trop lâches. Pour faire simple, Morgane n'avait aucune constance. Gwen releva la tête de l'ouvrage pour la regarder, allongée dans son maigre lit, dormant paisiblement. Contrairement à Arthur, elle n'avait émis aucune remarque désobligeante sur celui-ci. La jeune dame s'était contentée de demander la permission à Gwen pour l'utiliser.
Comment deux êtres élevés par la même personne pouvaient être aussi différents ? D'accord, Morgane avait d'abord été élevée par son père jusqu'à ses 10 ans, mais par la suite, hé bien, Uther l'avait littéralement gâtée. Rien n'était assez beau pour elle. Alors que son fils était toujours traité de la manière la plus sévère possible.
Et tout aussi étrangement, l'une se battait pour le bien-être des moins nantis et était la générosité même. Tandis que l'autre était devenu arrogant et prétentieux … enfin jusqu'à l'arrivée de son dégonfleur de tête particulier. La jeune fille retint un rire à cette pensée.
-Pourquoi souris-tu ?, demanda la voix fluette de Morgane, encore endormie et qui se relevait maladroitement sur le lit. Mmh, que ça fait du bien de dormir …, acheva-t-elle en s'étirant.
-Je pensais juste à Merlin… enfin à la manière dont il a dégonflé la tête d'Arthur, précisa la jeune fille dont la peau caramel ne s'enflamma même pas comme lorsqu'elle se trompait habituellement.
-Merlin et pas Arthur ? J'en connais un qui va être jaloux … rétorqua Morgane moqueuse. Oh mon ouvrage, tu as défait plus de la moitié ! s'exaspéra-t-elle.
- Navrée, c'était assez flou comme résultat, je pense que vous préférerez obtenir quelque chose de parfait, corrigea Gwen, ne relevant pas la taquinerie.
-Je crois que je n'ai juste aucun talent, c'est trop calme … pour moi, acheva-t-elle dans un sourire après avoir soupiré discrètement.
-Vous avez du talent, regardez cette partie-ci est splendide ! répliqua son amie en désignant la dite partie. C'est très bon quand vous vous en donnez la peine. Je dirais que vous ne devriez pas y consacrer plus d'une demi-heure par jour. Dès que vous commencez à vous ennuyer, arrêtez et faites autre chose, expliqua sa compagne.
-Tu crois ? Fit la sorcière surprise.
Elle arrondit les yeux et pencha la tête sur le coté alors que la métisse esquissait un sourire :
-Oui, je le pense vraiment. Mais il est vrai que les activités féminines sont loin de vous correspondre, vous êtes trop hardie pour vous contenter de cela.
-Tu es aussi quelqu'un de courageuse, Gwen. Mais tu es juste plus tempérée et moins encline à agir de manière impulsive. Parfois je déteste être aussi spontanée, compléta Morgane, pour ne pas être en reste.
-Alors avez-vous faim ?
-Oui, maintenant que tu m'en parles…, s'amusa-t-elle.
-Que désirez-vous ? fit Gwen, tout sourire.
-Qu'as-tu ? répondit Morgane joyeusement.
Et les deux jeunes filles de rire gaiement. Grâce au cadeau qu'Uther avait fait à Gwen en l'élevant socialement et grâce à la vérité révélée, leur amitié effilochée s'était réparée, soignée pour mieux se souder.
-Gwen ?
-Oui, ma Dame ?
-Arrête de me donner du ma Dame, s'il te plaît, c'est déjà suffisant avec Audrey.
La métisse laissa échapper un rire discret avant de reformuler :
-Oui, que voulez-vous savoir ?
-Mmmh pourquoi tu me vouvoies encore ? demanda la brune.
-Oh, l'habitude je suppose, et puis vous restez la première dame du château, répondit Guenièvre après un instant de réflexion.
-Je ne le serai plus quand tu auras épousé Arthur … lâcha sa compagne innocemment.
-Vous ne cessez donc jamais ? s'écria-t-elle en rougissant furieusement.
-Jusqu'à ce que tu avoues …, sourit largement la sorcière, je ne comprends pas vraiment pourquoi tu le nies … je suis persuadée qu'Arthur a dû en parler avec Merlin. Les garçons font ce genre de chose, je pense.
-Je pense qu'il est inutile d'envisager quelque chose qui ne peut pas arriver et n'arrivera jamais. déclara la métisse, rendant les armes.
-Tu crois … que ça ne se fera pas ? Mais Guenièvre, il est fou de toi !
-Je suis une servante et lui un prince.
-D'abord tu n'es plus servante, tu fais partie de la petite noblesse maintenant. Ensuite, tu vaux beaucoup mieux que lui, même en étant prince, la contra son amie aux yeux pers.
-Vous exagérez, un jour il sera un grand roi et il fera de Camelot un endroit idyllique, affirma fermement Gwen.
-J'admire la détermination de ce que tu affirmes, j'éprouve des difficultés à le voir autrement que comme le benêt avec lequel j'ai été élevée, acheva-t-elle en pouffant.
-C'est parce que d'une certaine façon, c'est une sorte de frère pour vous, n'est-ce pas ? demanda la métisse.
-Tu n'as pas tort, reconnut Morgane, les yeux dans le vague, dis-moi, penses-tu qu'une fois roi, et Camelot devenu cet endroit idyllique, on pourra y pratiquer la magie ? reprit-elle.
Gwen posa sa main chaude et douce sur la fine main blanche de Morgane, faisant tourner la tête de celle-ci dans sa direction. Ayant ainsi capté son attention, elle sourit paisiblement et serra la main amie, en signe de compréhension.
-Oui, je suis persuadée qu'un jour la paix régnera et que nous pourrons tous vivre en parfaite harmonie.
Le visage pâle de Morgane se colora, son sourire s'épanouit et prenant dans ses bras son amie, elle commenta sa dernière réplique :
-Comme j'espère que tu aies raison.
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Dans les plaines, l'armée de Cenred progressait lentement, mais il est toujours plus difficile de faire bouger des centaines de personnes qu'une dizaine. C'est pourquoi Cenred et quelques éclaireurs arrivaient déjà à hauteur de Morgause qui attendait ses alliés depuis déjà un moment sur le haut d'une colline surplombant les dernières vallées qui les séparaient de leur objectif.
Assise sur sa monture, la cavalière avaient ses cheveux blonds bouclés libres qui volaient autour de son visage, en harmonie avec sa cape, découvrant son armure. Cet aspect guerrier fit sourire un peu plus le roi qui venait de faire stopper son propre cheval. Qu'elle était belle ainsi, une tenue aussi masculine qui soulignait encore plus sa féminité et sa beauté du diable. Il avait eu raison de s'allier à elle, … et pas que pour obtenir Camelot.
-Ma chère Morgause ! salua le souverain de manière suave.
-Cenred, répondit-elle de manière tout aussi hypocrite et mielleuse.
-Mon armée arrivera avant que la nuit ne tombe. Je suis heureux que cela vous plaise, badina-t-il.
-J'attendrai de voir comment les choses se passent pour confirmer, se confia la femme, un sourire perfide sur le visage.
Souriant, Cenred l'interrogea sur ses futurs projets :
-Que ferez-vous alors ?
-J'organiserai une fête dont vous souviendrez jusqu'à la fin de vos jours.
Et les voilà en train de sourire de plus belle, de connivence et d'une joie malsaine à accomplir leur basse vengeance.
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La nuit était tombée sur la cité lorsque Gwen raccompagna Morgane au château. Marchant lentement dans les couloirs, les jeunes filles goûtaient au calme relatif qui régnait sur toute la forteresse. Bientôt ce ne serait qu'agitation.
Alors qu'elles passaient devant les appartements d'Arthur, Morgane obliqua et entra, suivie en retrait par Guenièvre, curieuse de ce qui emportait ses pas dans cette direction.
La brune frappa discrètement à la porte entrouverte, avant de pénétrer dans l'espace sombre, éclairé par quelques chandeliers bien faibles dans cette lutte contre les ténèbres.
-Morgane ? fit surpris le prince en reconnaissant sa visiteuse.
-Je venais vous encourager et prendre de vos nouvelles, cela doit être dur pour vous, je le sais, répondit la sorcière.
Arthur sourit, reconnaissant la jeune fille courageuse et généreuse avec laquelle il avait grandi.
-Cela est aimable à vous, mais mon père a davantage besoin de vous que moi en ce moment, sourit-il en posant sa main sur son épaule, à présent qu'elle se trouvait à sa hauteur.
-Je ne crois pas, Gaius m'a affirmé qu'il entrait dans sa phase de convalescence, le plus dur est passé, il a juste besoin de repos maintenant, fit-elle en secouant la tête. J'aurai beaucoup de chose à vous dire à la fin de ce siège, mais je tenais à ce que vous sachiez déjà à quel point je tenais à vous, et que j'aimerais que vous preniez soin de vous, acheva-t-elle en l'enlaçant.
Arthur lui rendit son étreinte, conscient que la situation devait être dure aussi pour elle. La jeune fille se détacha, et essuyant des larmes naissantes :
-Si ce n'est pour moi qui vous aime comme un frère, faites attention à vous ne serait-ce que pour quelqu'un que nous aimons tous les deux, commenta-t-elle en tournant la tête vers la porte et indiquant Guenièvre qui ne savait trop ce qu'elle devait faire.
Morgane lui sourit, embrassa Arthur sur la joue et emprunta une porte dérobée pour rejoindre ses appartements, laissant les deux tourtereaux se retrouver en paix.
La métisse fit quelques pas dans la pièce, tandis que Arthur la regardait de ce regard doux et passionné qu'il avait chaque fois qu'il la voyait.
-Excusez-moi, je ne voulais pas vous…, commença-telle avant de se faire couper par le blond qui souriait et lui indiquait d'entrer.
-Non, je t'en prie, entre.
-Comment se porte votre père ? demanda-t-elle, ne sachant pas trop comment entamer la conversation, toute gênée qu'elle était et entrant tout à fait dans la pièce pour le rejoindre.
-Son aide me serait précieuse, confia le prince en s'appuyant sur son bureau.
- Vous devriez avoir un peu plus confiance en vous, affirma la jeune fille avec assurance et fierté comme à chaque fois qu'elle évoquait les talents de leader du futur roi.
-Que dit le peuple de tout cela ? s'enquit-il, inquiet pour eux, ses sujets dont il était à la fois responsable et mortifié d'être à l'origine de leur déconfiture.
-Les gens sont contents que vous assuriez la régence.
-Ils devront supporter un siège, déclara-t-il durement. Il va y avoir des morts Guenièvre, compléta-t-il, montrant par sa fermeté l'importance de la culpabilité qu'il ressentait.
-J'ai foi en vous Arthur, répliqua-t-elle en s'avançant et s'appuyant sur son bras croisé, plus qu'en Uther, plus qu'en nul autre au monde. L'inquiétude n'est jamais bonne conseillère. Faites ce que vous croyez juste, vous devez essayer d'oublier tout le reste.
Attendri et réconforté par cette femme qui était tellement sûre de ses capacités, il décroisa son autre bras et reposa sa main, sur celle fine et petite de la jeune femme qu'il serra doucement, tel qu'il aurait voulu l'étreindre elle. Il reposa son regard sur elle, et tandis que l'intensité du moment montait durant cet échange visuel, Gwen se rendant compte qu'il s'apprêtait à l'embrasser, y mit un terme.
-Je dois y aller Sire, reprit-elle, ainsi que sa main et entama son retour vers la porte.
-Il est inutile de m'appeler ainsi, l'interpella le blond.
-Je ne suis pas de cet avis. Sire, répondit-elle en souriant et le laissant finalement seul.
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Assise devant sa coiffeuse, Morgane avait revêtu sa robe rouge et semblait dubitative devant son miroir. Elle se retourna finalement et regarda sa sculpture de faucon dans la main et son message dans l'autre … Incapable de décider de ce qu'elle devait faire.
C'est ainsi que Gwen la trouva, perdue dans ses réflexions. Elle se rapprocha doucement et s'agenouilla à sa hauteur.
-Morgane ?
-Oh Gwen…
-Qu'est-ce que c'est ?, fit la métisse en remarquant les objets que son ancienne maîtresse tenait.
-C'est pour prendre un rendez-vous avec Morgause.
-Oh… mmmh je vois, acquiesça la métisse en fronçant les sourcils. Pourquoi veux-tu la voir? Interrogea-t-elle.
-J'aimerais la mettre au pied du mur, elle a essayé de tuer Merlin, et … en même temps, je me sens terriblement coupable de l'avoir écoutée. J'ai peur, tu sais, si jamais je me retrouve en sa présence de me laisser aller à la croire encore…
-Morgane, tu n'es pas obligée de la voir, surtout si tu ne t'en sens pas la force. Veux-tu que je reste avec toi ?
Morgane releva la tête et l'hocha vivement. Gwen sourit et se rapprocha de son amie si perdue. Elle lui prit doucement la poupée et le message et les déposa sur la coiffeuse avant de commencer à dénouer délicatement les cheveux noirs et souples de la sorcière. L'ancienne servante prit la brosse, et se mit à méthodiquement démêler et brosser les cheveux libérés. Sous les caresses entamées par les mouvements contrôlés de l'objet, Morgane se détendit et se mit à pousser un soupir de bien-être.
-Viens, je vais t'aider à revêtir ta tenue de nuit, lâcha Guenièvre en reposant la brosse sur la coiffeuse et indiquant le paravent.
La brune sursauta, déçue que le traitement s'arrête, mais surtout surprise :
-Mais, … tu me tutoies !
-Depuis que je suis là. Je croyais que c'était ce que tu désirais ?
La sorcière sourit franchement et hocha la tête joyeusement. Manifestement, parler avec Arthur en tête-à-tête avait fait du bien à sa meilleure amie.
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La nuit pourtant bien avancée ne laissa pas place au calme habituel, car dans tous les sens des gens allaient et venaient. Les serviteurs ramenaient des provisions, les soldats sortaient les munitions et les répartissaient le long des points de défense. Les feux crépitaient, et dans la grande salle de cérémonie, Gaius était en train d'installer un hôpital de fortune avec l'aide d'Hunith et de Balinor.
Des matelas avaient été disposés ci et là, on avait aménagé une aire de repos, une aire propre aux interventions médicales graves, et une dernière où les blessures moins graves pourraient être traitées par des petites mains. Hunith avait veillé à la propreté de la salle, tandis que Balinor aidait le médecin à descendre ses stocks de remèdes, potions, et plantes.
À présent Balinor répondait aux questions de Gaius qui s'assurait qu'il se rappelait des bases de médecine et lui apprenait d'autres choses sur le traitement des plaies; ils ne seraient pas trop de deux pour s'occuper des blessés graves, surtout si Merlin suivait Arthur dans la tourmente. De son coté, sa femme déchirait consciencieusement des draps afin d'en faire des bandages, ce serait une perte de temps de le faire au fur et à mesure des besoins, il fallait qu'ils soient sous leur main lorsque la situation deviendrait plus trouble.
-Bien, le principal est prêt, fit le vieux médecin, allons-nous reposer, il sera encore temps demain de paniquer.
Balinor se contenta de serrer l'épaule du vieil homme d'une prise ferme, tandis qu'il attirait de son bras libre Hunith contre son cœur.
-C'est une bonne idée, allons-y, répondit doucement la femme, appréciant l'idée.
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Il était tard, ou plutôt très tôt lorsque Gwen quitta son amie. Elles avaient discuté une bonne partie de la nuit, et Morgane avait enfin pu délester le poids qui hantait son cœur. Elle haïssait son tuteur … elle n'arrivait pas à se sentir en sécurité dès lors qu'il apparaissait dans son champ de vision.
La métisse ne chercha pas à apaiser ses craintes, sentant que cela ne servirait à rien d'essayer de raisonner Morgane. Après tout, elle n'avait pas tort d'avoir peur. Au moins, ainsi, elle pouvait exprimer ses appréhensions et envisager avec Gwen des solutions pour pouvoir gérer ce type de situation.
La brune reconnut aussi qu'il lui était particulièrement dur de couper les liens avec cette sœur qu'elle venait juste de découvrir. La jeune et nouvelle noble l'écouta attentivement avant de répondre.
Hésitant tout de même un peu, elle finit par lui parler de son frère qui avait quitté la forge familiale et qui n'était même pas revenu lorsque son père était mort. Il avait beau faire des bêtises, elle l'aimait et ferait tout pour l'aider.
La sorcière lui sut gré de ne pas invoquer le fait que Morgause ne se contentait pas de faire des bêtises, mais de mettre en danger toute une cité, mais cela la frappa de plein fouet. Sa sœur n'avait aucune limite dans sa vengeance, tout comme Uther et c'était un comportement qu'elle avait toujours désapprouvé jusque-là.
Elle se leva alors sans que Gwen ne comprenne et puis celle-ci la vit jeter dans le feu la statuette. Se tournant vers son ancienne servante, la brune sourit.
-Jamais plus, je ne la laisserai guider mes opinions. Il est temps pour moi de reconnaître que je tiens à elle mais que je ne peux lui faire confiance. Tant que je ne saurais contrôler mes sentiments je ne l'approcherai plus.
C'est donc le cœur plus serein que Guenièvre la quitta. Après cette décision, les jeunes femmes s'étaient mises d'accord pour rejoindre l'équipe de Gaius qui aurait bien du travail avec son hôpital de fortune.
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Le lendemain matin, très vite, une cohue sans fin se mit en place et bientôt on ne put plus qu'entendre d'incessants bourdonnements. Le peuple arrivait dans la cour de Camelot, la ville haute étant prise d'assaut par les habitants des villages voisins et ceux de la ville basse qui craignaient en y restant d'être les premières cibles.
Chaque chariot qui passait sous la large grille du pont était empli de sacs, d'enfants et d'animaux en tout genre. Ce chaos créait un bruit pour le moins hétéroclite. D'une part, les bêtes ne cessaient de meugler, aboyer, miauler ou glousser selon leur espèce, de l'autre on entendait des enfants rire, inconscients de la situation et qui ne voyaient dans ce voyage qu'un immense jeu ou d'autres qui au contraire pleuraient, perdus dans les jupes de leur mère.
Dans le château, les serviteurs couraient dans tous les sens, pour veiller à la fois à ce que les nobles soient le moins dérangés possible pendant ce siège par la basse populace et en même temps que ce peuple soit tout de même installé correctement dans l'espace restreint qu'il occupait à présent. En parallèle, l'armée patrouillait ou préparait ses armes, guidée dans ses efforts par les cris des chevaliers dont les ordres se répercutaient au travers des couloirs et des salles du château.
Arthur, déjà revêtu de sa cote de maille, s'apprêtait à descendre l'escalier principal à la recherche de Merlin lorsqu'enfin il l'y croisa.
-Merlin ! Où étais-tu passé ? interrogea le prince, je t'ai cherché partout et tu…
-J'accumule les provisions ! l'interrompit le jeune sorcier. De la morue séchée, vingt-cinq sacs ! Sans compter quinze chapons, ainsi qu'un jambon de sanglier fumé !
- Qu'est-ce tu veux faire de ça ? demanda sceptique son interlocuteur, perplexe quant à la santé mentale de son serviteur.
-On se prépare à soutenir un siège non ? interrogea le brun, ne comprenant pas l'absence de satisfaction de son maître.
-Oui, mais il ne s'agit nullement d'un banquet ! s'exclama le blond, exaspéré.
-Vous êtes insupportable quand vous avez faim ! Là on pourra passer des semaines, des mois ici sans sortir ! expliqua son vis-à-vis. Regardez ce que j'ai pour vos petits-déjeuners ! Ce que vous préférez ! Des œufs macérés dans du vinaigre ! déclara-t-il comme s'adressant à un enfant.
Arthur soupira et s'en alla, sentant qu'un mal de tête poindrait le bout de son nez s'il ne faisait même qu'essayer d'argumenter. Aboutissant dans la cour, il trouva sir Léon auprès de qui il s'empressa de vérifier si ses ordres avaient été correctement suivis.
-Les habitants des villages alentours ont tous trouvé asile ? questionna-t-il.
-Nous avons fait le mieux possible. Ils sont presque neuf milles pour l'instant, mais ils ne cessent d'affluer, expliqua l'homme dont les boucles encadraient doucement le visage, faisant transparaître légèrement la rudesse des traits mis à mal par ces occupations bien peu agréables.
-Nous disposerons de vivres pour combien de temps ? demanda le prince.
-Tout dépend, Sire, des pertes que nous subirons, répliqua le chevalier en grimaçant à une telle perspective.
-Et Cenred ?
-Nos éclaireurs affirment qu'il sera à nos portes dans quelques heures, poursuivit sir Léon.
Arthur hocha la tête, satisfait puis prit congé de son compagnon d'armes avant de rejoindre les appartements de son père.
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Dans la chambre du roi, le calme était revenu, Uther dormait paisiblement, enfin libéré de ses cauchemars sans fin. Lentement, pour ne pas briser la plénitude du lieu, Arthur pénétra dans la pièce et s'installa auprès de son père. Le fils scruta le visage de l'homme qui l'avait élevé, cherchant les dernières traces de la maladie brutale qui s'était si rapidement installée pour repartir tout aussi rapidement, mais laissant son objet si terriblement affaibli.
Le prince resta dans cette position plusieurs minutes, conscient que cette maladie n'avait rien de naturel. Gaius et Merlin n'avait rien dit, à part qu'ils avaient trouvé la cause et l'avaient détruite, mais il savait bien d'où pouvait venir cet étrange mal. Il soupira, incertain. Ce n'était guère le moment d'y penser. Bientôt il lui faudrait prendre la tête de l'armée et des chevaliers et contraindre Cenred à cesser son attaque.
C'est les yeux dans le vague et l'esprit ailleurs que son serviteur le trouva lorsqu'il se glissa dans la pièce pour prévenir son maître. Le sorcier avança doucement, tout en se demandant ce qu'il aurait fait si un de ses parents avait subi cette torture. Il est vrai qu'Uther était loin d'être un saint, mais pour Arthur, il était le dernier lien qu'il avait avec son enfance et surtout sa mère. Ennuyé de devoir le déranger, Merlin finit tout de même par s'avancer.
- Sire. L'heure est venue. Allons-y, chuchota le serviteur pour ne pas réveiller le roi.
-Je vous promets de ne pas vous décevoir, fit Arthur, en regardant son père, toujours endormi et serein.
Lentement, il se leva et quitta la pièce sans dire un mot, laissant le sorcier le suivre sans desserrer les lèvres. Ils longèrent les couloirs d'un pas rapide, mais néanmoins d'une lenteur infernale pour Merlin qui, rongé par la culpabilité, ne cessait de penser à son propre secret non révélé et à celui qu'il portait pour Morgane. Au moins elle pourrait soulager sa conscience après cette bataille, … lui pas.
Pourquoi devait-il encore maintenir sous silence sa condition ? Certes, Gaius et ses parents avaient été très clairs : Morgane avait une place particulière dans le cœur d'Uther et d'Arthur, c'était cela uniquement qui la protégeait, voire même l'immunisait. Il secoua la tête, bien sûr il n'était qu'un roturier, son serviteur même, il ne pouvait prétendre à l'amitié qu'il portait à son maître mais qu'il sentait pourtant au fond de lui être réciproque.
Pourtant Arthur était juste … Ne pourrait-il tolérer aussi sa condition de sorcier ? Les mensonges eux, le blond ne les accepterait pas, on lui avait trop menti pour cela. En fait, Arthur réprouvait même l'idée qu'on puisse lui mentir. Encore que… était-ce vraiment un mensonge ? C'était plus une cachotterie, un secret personnel, non ? Merlin soupira sans s'en rendre compte et se raidit. Puis la tension s'allégea lorsqu'il se rendit compte que le prince ne l'avait pas entendu. En réalité, ce dernier était déjà arrivé devant sa porte et entré dans ses appartements. Merlin prit une grande respiration et courut pour accomplir ses corvées. Inutile d'en rajouter aujourd'hui avec ses bêtises habituelles.
À suivre
Voilà, j'espère que ça vous a plu. Vous êtes libres de commenter ou pas. Cela dit, ça me ferait plaisir.
À la semaine prochaine.
