Sara Tancredi avait toujours été une jeune femme plutôt solitaire. Son caractère introverti y était pour beaucoup, mais elle n'aimait en général pas fréquenter d'autres personnes, voir du monde…La solution de facilité, sans doute…Le peu d'hommes qui avait partagé sa vie en étaient bien vite ressorti, effrayés sans doute par le fait que Sara était assez renfermée sur elle-même, cynique, quelque fois froide et assez distante. Ils avaient tous renoncés à percer sa carapace, ils n'avaient pas cherchés plus loin. Sara Tancredi était un glaçon, point final.

Pourtant, Michael Scofield avait persévéré. Ce qui ne devait être au départ qu'un simple flirt pour les besoins de son plan s'était peu à peu transformé en quelque chose de plus fort, Sara et Michael avaient vu naître entre eux une véritable attirance. Michael avait cherché à savoir qui était vraiment Sara Tancredi, et même s'il subsistait des zones d'ombres dans la vie de la jeune femme, une fois que toute cette histoire appartiendrait au passé, ils auraient tout le temps d'approfondir cette relation qui avait pour le moins assez mal commencé.

Un sourire se dessina sur les lèvres de Sara lorsqu'elle vit Michael en face d'elle. Sans trop se poser de questions, elle alla se réfugier dans les bras du jeune homme qui la serra contre elle et ferma les yeux pour mieux s'imprégner de sa présence, de son odeur, de la chaleur de son corps contre le sien. Dieu que cela faisait du bien.

Michael et Sara s'écartèrent l'un de l'autre. Michael contempla Sara quelques secondes, comme pour imprimer cette image dans son esprit, et la jeune femme, quelque peu troublée, baissa la tête et sourit.

-Comment…Comment as-tu eu l'idée de cet arbre, Michael ?

Sara releva le tête, rencontra le regard du jeune homme.

-J'en avais entendu parler, une fois. J'ai trouvé que c'était mieux qu'un rendez-vous au bord d'une route déserte pleine de poussière.

Sara émit un petit rire à l'allusion à leur dernière rencontre.

-Avant d'aller retrouver mon frère, que dirais-tu d'une petite ballade dans le parc ?

-Bien sûr, pourquoi pas.

Michael et Sara commencèrent alors à marcher le long du chemin qui serpentait entre la végétation luxuriante de l'endroit. Ils furent silencieux quelques instants puis Michael, tout en marchant, tourna la tête vers Sara.

-Dans ton message tu disais qu'il t'était arrivé quelque chose.

-Oui, euh…Je…Lorsque j'ai quitté le motel, je…Je voulais revenir, Michael. Je ne voulais pas partir. Mais…Un homme m'a attrapé et…il m'a emmené…

A mesure qu'elle parlait, Sara revoyait toute la scène dans son esprit. L'arme de cet homme pointée sur elle. Lorsqu'il l'avait forcé à monter dans sa voiture et conduit dans un motel pour la torturer.

-Il…J'avais rencontré cet homme durant ma thérapie de groupe. Il m'avait dit être un drogué, et…On…On avait sympathisé, il paraissait gentil. Un peut trop curieux, mais gentil. Et puis dans cette chambre… Il m'a attaché et il a essayé de me faire avouer… Avouer ce que je savais sur ce que mon père m'avait donné.

Sara marqua une pause. La suite allait être dure. Michael ne disait rien, il se contentait de la regarder et d'attendre que la jeune femme trouve la force de lui dire. Tout ce qu'il pouvait lui offrir maintenant, c'était un soutien, une présence qui lui signifiait qu'elle n'était plus seule.

-Il a rempli la…la baignoire et il…il a essayé de me noyer...J'essayais de crier mais je ne pouvais pas…Je suffoquais…

Sara n'essaya pas de retenir les larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Mais ce n'était pas des larmes de chagrin. Non. C'était des larmes de rage, de colère rentrée.

-Michael, si je le retrouve, je lui ferais payer.

Ce dernier ne pouvait s'empêcher, d'une certaine façon, d'admirer Sara. Elle avait traversé tellement d'épreuves, et aujourd'hui elle était là, et ce n'était pas qu'une petite chose fragile et sans défense. Elle allait se battre pour que tout cela se termine. La plupart des personnes de ce monde aurait probablement laissé tomber. Cachées au fond d'un trou, elle auraient attendu que la tempête passe, ou alors elles auraient préféré abandonner la bataille et se livrer à la police pour aller croupir en prison. Mais Sara Tancredi ne faisait pas partie de ces personnes.

Michael et Sara continuèrent de marcher et de parler ainsi pendant plusieurs dizaines de minutes. Ils firent le tour du parc, et lorsqu'ils se retrouvèrent devant la grille d'entrée, l'endroit avait déjà attiré la moitié de ses visiteurs.

-Un endroit plus calme, ça te dirait ? proposa Michael.

-Avec plaisir.

Sara commençait à être excédée par cette foule compacte de personnes qui grossissait à vue d'œil. Ses oreilles bourdonnaient et elle n'avait qu'une seule envie : profiter de la présence de Michael, sans tout ces parasites autour. Michael lui désigna la voiture et ils prirent la direction de l'hôtel.

Dans sa chambre, Kellerman se demandait comment Sara allait réagir en le voyant. Elle n'allait sûrement pas lui sauter dans les bras…Mais peu importait. Tout ce dont il avait besoin, c'était cette foutue clé. Ce qui pouvait arriver à sa propriétaire, il n'en avait cure.