C'est ce jour-là ou les cauchemars ont commencés. Je rêve à chaque fois de la torture que j'ai subis . Je sens encore la douleur de la lame glisser sous mes côtes et celle du scalpel tailler ma peau, si fine, fine.
Je me débat, je hurle avant de me réveiller en sursaut en frottant mes bras énergiquement comme pour me débarrasser de ses ombres rampantes.
Mes yeux tombent sur un éclair gris et je comprends qu'il s'agît de Lucius toujours sur le canapé en train de me bercer contre lui pour me calmer. Je le regarde la bouche entre-ouverte en tentant de reprendre mon souffle et je murmure les yeux pleins de larmes :
-Draco va me détester encore plus quand il va apprendre la nouvelle...
-Non, il ne te détestera pas. Murmure Lucius. Car grâce à toi il a sut gravir un échelon de le cœur d'Astoria. D'ailleurs si je ne m'abuse ils doivent être en train de déjeuner ensemble à cette heure-ci.
Sur ces paroles je sursaute et me lève en serrant les dents, frissonnant quand la cape chaude quitte mon corps. Je m'exclame :
-Il faut que j'aille m'occuper du repas !
Lucius qui s'est levé lui aussi s'approche doucement de moi en saisissant mes mains, il dit avec douceur :
-Dans moins d'une semaine tu seras ma femme. Ta place est désormais à table Ruby.
Je le regarde apeurée avant de gémir :
-Mais qui va servir le repas ? Nicky ne peux pas faire tout, tous seul. Il n'est plus tous jeune et ça me générais trop !
Lucius soupire en se frottant l'arrêt du nez et je tremble de le voir si agacé. Je recule contre le mur en ouvrant des yeux terrorisés. Il s'approche et mes yeux papillonnent sous la peur qu'il me frappe, pourtant il prend ma main avec douceur en m'invitant gentiment à le suivre.
Je m'exécute et il nous entraîne vers ses appartements, quand nous pénétrons dans la pièce, il ouvre une porte qui donne lui sur un superbe dressing. En quelques coup de baguette, je le vois faire disparaître les affaires de Narcissa. Il dit d'une voix ferme :
-Dans la semaine nous irons t'acheter de nouveaux vêtements. Je te laisserais bien y aller seule mais je suis sûr que tu vas en profiter pour t'échapper. Désormais ceci est notre chambre.
Il dit cela en insistant bien sur le « Notre » et je baisse la tête tristement en murmurant :
-Bien maître.
Il s'approche alors brusquement de moi et me relève le menton en me grondant gentiment :
-Non Ruby, pas de maître et plus de « vous ». désormais appelle moi Lucius et tutoie moi ! Est-ce bien compris ?
Je hoche la tête et Lucius m'adresse un sourire satisfait, ses mains glissent sur mes côtes et je frissonne de peur. Il murmure avec sa voix grave :
-Et maintenant, puis-je rendre hommage comme il ce doit à ma future épouse ou bien est-ce encore trop tôt pour toi ?
-Ne me fait pas de mal, c'est tout... Je murmure en enfouissant ma tête dans son épaule.
Il me porte alors jusqu'au grand lit recouvert d'une couvre lit en satin sombre avant de m'allonger dessus en me chevauchant de toute sa hauteur.
Mes mains s'agrippent à ses bras musclés et j'ose poser mon regard sur lui. Doucement il ce baisse son souffle effleurant ma joue et je déglutis alors que ses lèvres se posent pour la première fois sur les miennes. Son odeur envahit mon nez ainsi qu'une drôle de chaleur, j'ose fermer les yeux en relevant légèrement ma tête pour approfondir ce contact.
Lucius saisit mes hanche et me fait rouler sur lui en gardant nos lèvres collées, quand il glisse sa langue dans ma bouche, j'ouvre des yeux surpris et je tombe sur son regard rieur. Puis, ses mains glissent dans mon dos et je gémis en me cambrant contre lui. J'ose alors partir à la découverte de son corps en passant une main sous sa chemise. Je rencontre alors un ventre musclé et un torse qui ferait pâlir de jalousie plus d'un homme de l'âge de Lucius. Ensuite, j'entreprends de défaire les boutons de son vêtement pendant qu'il me regarde avec tendresse. Une fois la tâche achevée, j'écarte sa chemise, dévoilant son corps que je n'avais jamais put admirer sous cet angle. Je regarde timidement Lucius ne sachant quoi faire, il ce redresse et s'assoit en me gardant sur ses genoux avant de m'entourer de ses puissants bras et de commencer à baiser mon cou et mon épaule. Je frissonne de plaisir avant de me mettre à haleter sous la chaleur dévorante qui me consume.
Puis, une autre idée viens ce glisser dans mon esprit. Qu'est ce que je suis en train de faire ? Je pense. Je suis en train de me donner à un homme qui m'a violé, qui a pris ma première fois sans pitié et qui recommencera très certainement sur d'autre filles. Mais pourtant, je suis là, sur lui à apprécier ses caresses et ses attentions. Je ne peux pas nier qu'il est attirant même quand je le croisais aux ministères à l'époque ou j'allais voir mon père, il ne me laissais pas indifférente. Mais alors ? Et puis moi, pleine de marques à cause de lui et des autres. Ces cicatrices ignobles, il doit être dégoûté. Il sait très bien caché ses émotions, il ne peux pas aimer ce qu'il est en train de faire et moi non plus !
Alors je le repousse brusquement avec le peu de force dont je suis capable, les yeux remplis de larmes. Lucius me regarde sans comprendre, du moins il fait semblant et je m'écrie :
-Comment puis-je accepter et aimer les attentions d'un homme qui m'a violé et brisé ! Je me dégoûte et toi aussi je te dégoûte tu n'es pas obligé de faire ça. La conception de ta future descendance peut attendre après le mariage !
Lucius s'approche de moi en essuyant mes larmes et il déclare très calmement :
-Tu ne me dégoûte pas, je me dégoûte. je... Ruby, je ne pourrais jamais revenir en arrière, je ne pourrais pas refaire revenir à la vie les jeunes filles qui sont mortes tués empoissonnés par Narcissa. Car oui, elles les tuaient une par une comme des mouches, prétextant la fièvre, c'est elle qui était responsable de votre condition de vie et je n'ai pas osé lui tenir tête à part pour toi. Je ne pourrais pas non plus réparer les viols, ni te rendre ta première fois mais je peux m'améliorer. Dès le premier regard tu m'as rendu fou de désirs. Je pensais que ce n'était que physique mais je me trompais, je ne dormais plus la nuit, ton image me hantait. Alors j'ai essayé de te briser pour que tes yeux verts perdent cet éclat qui me rendait fou mais ça n'a pas marché. Moi, Lucius Malfoy perdait le contrôle de ses émotions à cause d'une gamine et ça me rendais fou de rage. Je m'en veux terriblement d'avoir été aussi égoïste. J'ai essayé d'améliorer tes conditions de vie, prétextant suivre les conseils de Severus pour que Narcissa te laisse en paix. Je te trouve toujours aussi magnifique même avec tes cicatrices, tu es ma fille de feu. Et bientôt mon épouse et j'espère qu'un jour tu auras la force de me pardonner.
A la fin de sa tirade, je ne sais pas quoi penser, je suis si fatiguée de toute cette situation et la main de Lucius en train de caresser mon visage n'aide pas à me concentrer. Je murmure :
-Pardonne-moi, je suis perdue...
-C'est normal. Je te laisserais le temps. Dit-il en reboutonnant sa chemise.
Il ce lève en me tendant sa main pour m'aider à me relever en déclarant :
-Allons manger, tu as besoin de reprendre des kilos.
Une fois à table, nous mangeons dans un silence gêné, il est bientôt deux heures et je demande à Lucius :
-Tu ne doit pas aller travailler ?
-Non, j'ai pris une dizaine de jours pour m'occuper de toi cette semaine et profiter de nous après le mariage.
J'acquiesce silencieusement en savourant le fondant au chocolat que Nicky a préparé exprès pour moi car il sait que c'est mon désert préféré.
À la fin du repas, je me cale au fond de la chaise en soupirant presque de bien-être sous les sourcils froncés de mon futur époux. Je souris timidement avant de lui dire :
-Je n'en peux plus !
-Mais, tu n'as pratiquement rien mangée ! S'exclame t-il.
-En tous cas, mon estomac n'est pas du même avis et Nicky sera content d'avoir un reste de gratin de pomme de terre.
-L'elfe ne mange que le soir !
-C'est Nicky ! Dis-je un peu énervée. Et désormais il mangera le matin, midi et soir ! Tu lui doit une fière chandelle, si je suis en vie c'est en grande partie grâce à lui.
Je sens Lucius très agacé et je me surprends de lui tenir tête aussi vite. Mes réflexes se remettent en route et je me met à trembler de tous mes membres avant de courir jusqu'au toilettes pour vomir mon repas.
Lucius arrive quelques instants après la mine inquiète et je lui dit aussitôt :
-Tout va bien ce n'est rien. Je n'aurais pas dut te contredire, je suis pas encore ta femme et même quand je le serais, je me plierais à tes choix.
-Pourquoi cela ?
-Parce que j'ai été éduquée dans cette optique.
Comme Lucius me regarde dans comprendre, je souffle :
-La famille Grace est tout de même une famille de sang pur ! J'ai été élevée comme Astoria ou Pansy et tous les autres !
-Alors je comprends mieux. Dit il en me relevant. Mais j'aime bien quand tu te rebelles. Cela prouve que tu es forte même après tous ce que tu as enduré.
Après notre petite discussion, Lucius m'apprends qu'il part travailler dans son bureau et que si j'ai besoin de quelque chose je peux venir le déranger. Je le regarde partir dans la petite pièce où il m'a torturé pour la première fois et je pense que je ne suis pas prête d'y retourner même si je suis menacée de mort.
Comme j'ai carte blanche sur mes activités à part d'aller dehors qui serait, je le cite « encore trop tôt pour moi ». Je décide d'aller explorer le manoir, c'est ce jour où j'ai trouvé l'immense et magnifique bibliothèque. Elle a presque autant de charme que celle de Poudlard. J'attrape un livre à la couverture noir et corné en m'essayant dans un fauteuil douillé recouvert de peau de mouton.
Le livre n'étant pas particulièrement intéressant à moins d'aimer l'histoire des sorcier au 17éme Siècle, je finis par m'endormir dans la chaleur du bois et du papier.
…
Quelques heures plus tard, la grande porte claque me disant que Draco est rentré et que la discussion tant redoutée est arrivé...
