Evening tout le monde !

Le monde de harry potter ne m'appartient toujours pas malheureusement.

Alors voilà, y a pas mal d'entre vous qui trouvent les chapitres assez courts donc je vais essayer de les allonger, mais vous me promettez de tenir le coup, et les lire meme s'ils comportent onze mille ligne ok ? Promis ?

Petit rappel des personnages tout sorti de mon imagination (pour le reste je ne fais pas de présentation)

Maisy Warington : Gryffondor, en 5ème année, partage le dortoir avec Lily et Alice (n'apprécie pas beaucoup les filles)

Marcus Shafiq : Gryffondor, 5ème année également, mentionné dans le chapitre 2 parmi ceux attirés par Lily.

Voilà, J'attends vos reviews avec impatience (comme j'ai attendu ma lettre ! j'espère que les vôtres ne seront pas juste un petit rêve :( )


Les étoiles rendent la lune radieuse.

- Lily ! Lily, s'il te plait attend !

- Quoi ?

Ses yeux étaient devenues vert foncé, une colère incommensurable s'y dessinait.

- Ecoute, pour mon bien et le tien, il faut que tu me laisses du temps, je n'ai pas changé d'avis pour l'instant, pas plus qu'hier, avant-hier ou la nuit d'avant, je n'ai pas la force ce matin s'il te plait.

Rogue regarda son amie s'en aller. Pouvait-il la nommer encore son amie ? se demanda-t-il. Si seulement, elle comprenait, si seulement, le choixpeau l'avait mise à Serpentard, leurs vies seraient tellement différentes. Il avait tout fait pour surmonter leurs différences, mais plus les années passaient, plus il avait du mal à se tenir à l'écart de son monde, par contre, il n'aspirait plus faire partie ou même comprendre celui de son amie.

Bizarrement, Lily ne comprenait pas pourquoi elle avait oublié sa rancune envers ses agresseurs, mais n'avait pu oublier que son ami se tenait à quelques marches d'eux et qu'il n'avait rien fait. Il avait certes amorti sa chute d'après la version de Frank, mais cela lui importait peu, elle chérissait Severus presque comme un membre de sa famille, mais plus Lily changeait, plus elle grandissait, plus la couardise du jeune garçon faisait outrage aux bonnes mœurs de leur relation. Elle méritait mieux, elle le savait.

- Lily. Tu peux me donner un coup de main s'il te plait ?

Lily sortit de ses pensées en se tournant vers Peter. Il était accroché à une échelle et essayait de faire tournoyer des boules en formes de citrouilles à visage qui faisaient toutes sortes de grimace, au plafond du couloir.

- Peter, il faut les éteindre avant de les accrocher sinon, elles vont continuer à faire des grimaces et ne pas se tenir sur place.

- Elles s'éteignent comment ces horribles choses ?

- Attends, jette-moi une pour voir.

Lily intercepta la boule et la regarda en souriant. Dumbledore avait décidément un goût très prononcé pour les farces. Elle essaya d'éteindre les yeux lumineux de la boule, puis de chercher un bouton sur la face sans visage de la citrouille qui continuait de faire des grimaces, mais en vain. Peter descendit de l'échelle et essaya de deviner avec elle comment éteindre ces choses-là.

- On m'avait parlé de ce genre de boules folles, je sais qu'elles doivent s'éteindre d'abord, mais je me demande comment.

- Et si on lui demandait de se taire tout simplement. Proposa Peter.

Ils se regardèrent puis se lancèrent à l'unisson.

- Tais-toi !

La boule en question fit une grimace encore plus tordue et se mit à pouffer.

- Mais elles sont complètement idiotes.

- Pourtant, cette tête me rappelle quelques uns de tes amis, Peter.

Peter la regarda avec curiosité, il voulait rétorquer puis vit son air cocasse.

- Lily. Il est gentil James.

- Vous vous racontez tout ou quoi ? Demanda-t-elle en ne s'attendant pas du tout à ce qu'il devine le prénom de l'ami qu'elle visait.

- Evidemment. Lança-t-il avec fierté. En réalité, James est vraiment quelqu'un de bien et de cool.

- Ravi qu'il te plaise Peter. En parlant d'ami, pourquoi tu te bats avec ces boules ? Ce n'était pas plutôt à Rémus de le faire ? Demanda Lily innocemment.

- Il… Il est un peu fatigué. Donc, je le remplace pour qu'il n'ait pas du retard sur les préparatifs, sinon tu connais Susan Perry, elle risque de le tuer. Même si Frank est un ami, il ne peut rien contre la préfète-en-chef… Elle est indomptable, tu sais…

Lily se rendit compte que Peter faisait tout pour détourner le sujet principal de sa question. Il était tellement nerveux, qu'il était capable de continuer à parler ainsi pendant une heure. Elle regarda son calendrier et se rendit compte que la pleine lune était ce soir. Elle n'écoutait plus Peter, lorsqu'il fronça les sourcils et lui tapota l'épaule.

- Tu es en retard quelque part ? demanda-t-il.

- C'est gentil à toi de le remplacer. Tu vois ça c'est de la gentillesse ! Intima-t-elle en faisant allusion à son autre ami.

Peter rosit légèrement au compliment et soudain il la regarda d'un air triomphant.

- Tu as réussi, elle ne bouge plus.

- Ah oui !

- Tu as fait comment ?

- Je ne sais pas. Je crois que je la caressais pendant que nous parlions, ou bien je l'ai chatouillé, vas-y essaie.

Peter se mit à chatouiller la boule qui sourit puis devint immobile.

- Merci Lily.

Il remonta sur son échelle pendant qu'elle lui envoya un sourire et continua son chemin.

Elle avait oublié que Rémus serait malade ce soir, elle avait donc oublié de lui préparer des petits remontants comme elle avait pris l'habitude de faire depuis sa troisième année.


Troisième année.

- Lily !

Lily vit un Rémus tout joyeux ce jour-là, son anniversaire était une réussite, il tombait après une longue semaine d'absence, d'une maladie qui l'avait cloué à l'infirmerie sans que personne ne le voit. Il s'en était sorti indemne, mais Lily n'avait pu rater cette cicatrice camouflée mais pas complètement disparue, qui se traçait de son front jusqu'à son arcade droite.

Durant sa semaine de convalescence, elle avait tenu à aller le voir. Seulement, elle n'avait aucune envie de rencontrer sa bande, qu'elle ne supportait pas tout le temps. Elle se demanda si elle ne devait pas attendre que le couvre-feu s'approche mais réalisa que cette bande-là, bien au contraire, préférait ces horaires-là pour gambader dans le château. Elle avait fini par y aller en se cachant grâce au sort de désillusion qu'elle avait appris à maitriser avec Severus.

Arrivée, à la porte de l'infirmerie, elle réalisa que ses appréhensions étaient bien fondées, la clique de Potter était bien là. Elle décida de rester cachée en attendant qu'ils daignent se bouger, elle se donna quinze minutes d'attente, s'ils ne partaient pas elle reviendrait une autre fois. Elle entra sans faire de bruit et s'affaira doucement dans une chaise un peu éloignée du lit où était allongé le malade. Elle était cachée par un paravent ce qui lui permettrait de rester dissimulée même au cas où son sortilège ne faisait plus effet.

- Il s'est fait beaucoup de mal cette fois. Entendit-elle malgré elle.

- Je n'imagine pas ce qu'il doit endurer là-bas tout seul, pauvre Rémus. Continua Sirius avec un ton désolé.

- J'espère que Peter reviendra vite de la cuisine, il n'y a pas mieux que le chocolat, pour lui remonter le moral lorsqu'il se réveillera.

Lily réalisa alors que Rémus devait être endormi, que seuls James Potter et Sirius Black étaient à son chevet et que Rémus avait eu quelque chose de bien plus grave que ce qu'on racontait dans le château. La curiosité de Lily était piquée à vif. Elle regarda autours d'elle à la recherche d'un je ne sais quoi. Son esprit tournait vite, mais il n'y avait rien, seul un calendrier trainait au mur et un tableau orné d'un vieil ours endormi. Lily regarda à l'extérieur, une grosse lueur couleur grisâtre la dévisageait. Soudain, elle détourna le regard vers le calendrier, cette date… Petit à petit des morceaux d'un puzzle commencèrent à se former dans son esprit, puis une phrase que Severus a dit une fois lui revint en mémoire « Il est tout le temps malade lui, je suis sûr qu'il le fait exprès, personne ne tombe malade une fois par mois ». Une fois par mois, pensa-t-elle. Presque toujours à la même date, mais le pire était qu'une fois, elle était venue le voir à l'infirmerie comme il lui avait dit, mais elle ne l'avait pas trouvé. Il lui avait dit que sa mère aussi était malade, qu'il avait du aller la voir. Elle n'y avait pas réellement crue, mais lui réserva le droit d'avoir ses propres secrets, peut-être faisait-il une bêtise dont elle ne serait pas fière ? Elle avait pensé ce jour-là. Mais à ce moment là, plus Lily songeait plus elle s'approchait à une conclusion qui avait essayé de s'imprimer dans son cerveau sans qu'elle veuille y croire.

Il était pâle, il était malade à chaque fin ou début du mois, il était seul d'après ces amis, il s'est fait du mal…

- On devrait pouvoir faire quelque chose pour lui, il ne peut pas juste se blesser à chaque fois comme ça. Dumbledore lui a offert une solution, mais elle protège les autres et pas lui.

- Je sais, je sais, mais il a raison, on ne peut pas l'approcher, nous sommes des humains, il ne nous reconnaitrait même pas, il pourrait vraiment nous tuer. Alors comment pourrait-on l'aider ?

Lily sentit une vague de sentiments mélangés lui couvrir le corps et l'esprit. Maintenant, elle savait.

Rémus tuer ces propres amis ! Impossible ! Pourtant Rémus se transformait bien en monstre chaque pleine lune.

- Mais McGo, elle, elle va le récupérer des fois pour le ramener ici. Continua James avec espoir.

- Parce qu'elle se transforme en chat sûrement, mais…

Sirius n'acheva pas sa phrase. Les garçons se turent un instant, Lily ne les voyant pas ne pouvait pas comprendre, ni savoir qu'ils se regardaient comme si un seul cerveau les régissaient, ils étaient sur la même longueur d'onde, et le même sourire de triomphe se dessina sur leurs visages.

- Hé ! J'ai failli me faire capturer par Rusard. Il faut vraiment que j'arrête de me goinfrer autant. Cria Peter en entrant en trombe, tout essoufflé.

Lily profita de l'ouverture de la porte pour s'y plonger en courant.

Elle courut sans se rendre compte du chemin qu'elle prenait, elle courait en même temps que son esprit cogitait. La rapidité avec laquelle, elle amassait toutes les informations, lui donna le tournis. Elle s'arrêta un instant, prit une grande inspiration et continua son chemin en marchant. Arrivée devant la grosse dame, elle lança.

- Astral

Lily se mit à sourire. La coïncidence était quand même hilarante. Elle entra dans son dortoir sans un mot tira sur ses rideaux et se mit directement dans son lit. Elle réalisa qu'elle avait toujours le sortilège administré à son corps, elle le leva et fixa le plafond. Cette nuit-là, elle réfléchit longtemps, et c'est ainsi que le jour de son anniversaire, elle lui lança cette phrase qui le dérouta au petit déjeuner. C'est aussi cette phrase qui avait fait pousser Rémus à venir lui parler avant de finir sa fête d'anniversaire, le soir même.

- Tu t'amuses bien Rémus ?

- Oui. Merci de t'être pointé, même si tu ne connais pas beaucoup de monde ici.

- Marlène m'a un peu forcé à descendre, mais j'avoue que je suis contente de te voir un peu plus gai, qu'en début de semaine.

- En parlant de…

Il regarda autours de lui et vit Sirius le fixer avec un regard goguenard. Il demanda alors à Lily de le suivre et sortit de la salle commune trop bruyante. Il s'éloigna un peu de la grosse dame et regarda Lily droit dans les yeux. Elle lui sourit, tira un paquet de sa poche emballé avec soin et lui tendit avant qu'il ne dise un mot.

Il lui offrit un sourire timide et défit son paquet. Il contenait un petit carnet avec une couverture en velours, entouré par une bande métallique fermé par un cadenas, d'où n'émanait aucune clé.

- Oh ! Merci Lily. C'est gentil. Ça sert à quoi ?

Lily ne put s'empêcher d'appréhender un peu. Elle avait décidé de lui offrir tout son soutien, mais serait-il vraiment content que quelqu'un apprenne son secret sans qu'il ne le partage lui-même ? Ils étaient toujours cordiaux depuis leur première année, mais ils n'étaient pas plus amis que cela. Ils s'aidaient des fois en cours quand ils tombaient en binôme, se disaient bonjour, se respectaient depuis leur première semaine à Poudlard, mais Lily n'était pas sa meilleure amie, d'ailleurs elle ne savait pas grand-chose de sa vie. Devait-elle vraiment entrer ainsi sans qu'elle y soit invitée ? Elle hésita puis finit par expliquer avec douceur.

- C'est un objet moldu que j'ai un peu modifié. Normalement, ça sert pour les journaux intimes, les amies de ma sœur en ont toutes. Chaque jour, elles y écrivent leurs pensées et le ferme à clé pour que personne ne vienne lire. Celui-là, je l'ai un peu ensorcelé, il n'y a pas de clé, mais il n'y a que toi qui peut l'ouvrir en donnant un mot de passe que tu choisirais, tu glisses le mot de passe dans le cadenas et il reconnait ton écriture et s'ouvre.

- C'est vraiment génial comme cadeau. Je pourrais y noter toute sorte de chose.

- Oui, mais ce n'est pas tout. A l'intérieur, il y a un calendrier euh… Spécial… Il y a des espaces vides dans certaines parties du mois, où tu pourras aussi assigner des tâches aux personnes qui te remplacerait… quand tu ne pourrais pas être là. Ces personnes en question recevront des rappels dans leurs parchemins aux dates que tu marqueras… mais il te faut leur permission bien sûr, tu ne peux pas assigner à qui tu veux. Il faut que tes amis veuillent bien… aider… dans le besoin… quand tu ne peux pas… quand tu es malade…

Rémus avait les yeux grands ouverts, il ne s'était pas trompé, elle avait bien fait allusion à sa lycanthropie ce matin au petit déjeuner, en lui rendant son parchemin. Elle savait. Il ne parla pas pendant plusieurs secondes. Il avait les yeux fixés sur son carnet. Elle savait et la première chose qu'elle faisait était lui offrir un cadeau pour l'aider de la manière qu'elle trouva le mieux. Il la regarda et vit qu'elle était en situation d'attente. Pour seul réponse, il la serra contre lui aussi fort qu'il pouvait. Il y mit toute la gratitude qu'il ressentait, toute la gentillesse qu'elle méritait.

- Tu vas m'écraser Rémus.

Il se détacha d'elle et elle vit que ses yeux étaient larmoyants.

- Je sais et je n'ai pas le droit de m'immiscer comme ça dans ta vie. Mais ça ne change rien, ce que tu peux être une fois par mois, ne définit pas qui tu es vraiment. Sinon, je te promets, nous, toutes les filles on serait que d'horrible mégères à abattre.

Rémus éclata de rire, il n'arrivait pas à croire que Lily Evans comparait sa lycanthropie aux menstruations des filles.

- Je… Tu ne peux pas savoir… Merci Lily. Etait tout ce que sa bouche réussit à décamper comme syllabes.

Elle déposa une bise sur sa joue et s'apprêta à partir puis se rappela d'une chose.

- Maintenant que j'ai décidé de m'introduire dans ta vie, je te préviens je suis un peu fouineuse, et il faut que tu saches que tu plais à une certaine demoiselle, donc évites de briser les cœurs, comme tes chers amis.

- Quoi ? Qui c'est ? Demanda Rémus en rougissant.

- Désolée. Collaboration féminine, mes lèvres sont scellées.

Fin du flash back.


Lily se dirigea vers son dortoir prit son sac et y rajouta un autre livre de potions. Bien qu'elle ait un double cours de Défense Contre Les Forces Du Mal, elle se promit de rester dans la classe par la suite pour essayer de préparer une potion pour Rémus avant le déjeuner. Elle ramassa ses affaires et descendit, elle surprit Maisy faisant les yeux doux à Potter dans les escaliers menant vers le dortoir des garçons. Elle voulait descendre mais réalisa qu'en faisant, elle devra passer par eux, alors elle se fit le plus discret possible, se demandant ce que faisait cette fille dans le dortoir des garçons.

- Non, je n'ai pas ton livre. Maisy, est-ce que tu m'as déjà vu avec plus d'un livre en main à la base ! Rétorqua James avec véhémence.

C'est ce ton arrogant qui faisait que Lily le trouvait insupportable.

- Tu es sûr ? J'étais assise en face de toi et Peter le dernier cours, peut-être que Peter l'a.

- Alors demande à Peter.

- Je ne sais pas où il est.

- Tu l'as vraiment cherché ? Ou bien tu cherches juste une excuse pour venir me parler à nouveau ?

C'est aussi cette attitude qu'elle n'aimait pas, mais elle devait avouer qu'il l'avait percé au grand jour, Lily savait que Maisy tournait autours de Potter, depuis le jour où elle trouva ses dessins dans un de ses livres jetés dans leur dortoir.

- Oups ! Et alors ? Dit Maisy d'une voix qu'elle voulait sensuelle.

Maisy gloussa puis s'approcha de lui. Elle était à quelques centimètres de son torse. Il remonta une marche pour s'éloigner, elle le suivit, il la poussa doucement et la regarda avec son mauvais rictus.

- Et alors disons que je n'aime pas les filles qui n'ont aucune personnalité. Aucun piquant, je me lasserai vite.

- Tu ne me connais pas assez.

Lily n'en revenait pas. C'est à cause de filles comme Maisy que Potter se prenait pour un dieu.

- Maisy, Maisy, tu penses être mystérieuse. Mais tout le monde sait que je te plais. Tu n'es pas une gentille bien que tu essaies de le montrer, tu es jalouse de pas mal de fille, tu n'as pas beaucoup confiance en toi et tu te nourris de ragot pour remonter ton estime !

Sans crier gare, Maisy remonta en courant elle heurta Lily et lui envoya un regard noir, en lui criant de dégager de son chemin. Au même moment, James apparut derrière Lily, qui se massait l'épaule en suivant Maisy du regard.

- Evans ! Chantonna-t-il avec sourire.

Lily se tourna vers lui en roulant des yeux.

- C'est toi qui l'as fait exploser comme ça ?

- Les gens n'aiment pas la vérité. Lança-t-il en haussant les épaules.

- Vraiment ? Toi si, je présume ? Si je me mettais à te lancer tes quatre vérités en face de manière crue, tu me prendrais dans tes bras peut-être ?

- Toutes les raisons seront bonnes pour te serrer contre moi Evans.

Lily ne s'y attendait pas. Elle le regarda avec dédain et pestiféra.

- Dans tes rêves !

- Bien sûr, dans mes rêves. Moi, j'y suis dans les tiens ?

- Non ! Mais tu es incroyable ! Tu penses vraiment un instant que je vais te sourire bêtement en me servant ce genre de débilité ?

Elle posait la question sérieusement pour une fois. Il ne répondit pas se contentant de la dévisager.

- Laisse-moi être claire. Potter tu représentes pour moi, tout ce qu'il y a de plus mauvais en une personne. Tu es misogyne, immature, arrogant et prétentieux.

- Tu penses être blessante ? Avec tes petits doigts frêles et tes mots répétitifs ? Evans toi ! Ne te prends pas pour plus que tu n'es. Ta fausse sympathie et ta pseudo maturité ne me trompe pas, encore moins ton hypocrisie.

- Quoi ? Moi hypocrite ?

- Oui, tu joues le rôle de la fille modèle, alors que je l'ai vu dans tes yeux que tu crèves d'envie de te déchainer, de braver peut-être même les interdits ! Tu crois que je n'ai pas vu hier, ta soif de jeu ? Tu as une langue bien pendue et tu te prétends gentille et sympa ? Tu ne me connais même pas et tu te permets de me juger !

- Et toi parce que tu m'a vu une fois, tu crois avoir cerné ma personnalité !

- Je suis plus perspicace que tu le crois !

- Et moi je te connais bien avant que tu saches qui je suis !

- Alors quoi tu me suivais ?

- Tu vois ! Tu vois, c'est de cette arrogance que je parle, tu penses que le monde ne tourne qu'autours de toi ! Détrompe-toi Potter dans le mien, tu n'es rien.

- Tu crois que j'ai envi de faire partie de ton monde si rigide ?

Ils se toisèrent un instant, ne bougeant pas. Leurs yeux étaient reliés par un fil qu'aucun d'eux ne réussit à rompre. De la colère, de la haine, de la rage, des mots qu'ils regrettaient d'avoir entendu ou dit. Aucun d'eux n'était connu pour perdre son sang froid. S'il y avait bien un point qu'ils avaient en commun était qu'ils arrivaient à se maitriser. Et pourtant…

- A quoi vous jouez ?

Les deux jeunes se tournèrent et réalisèrent que des portes étaient ouvertes autours d'eux. Sirius, Alice, Dorcas, ses camarades de dortoir, et deux autres Gryffondors de sixième année les regardaient incrédules.

Lily ramassa son sac et s'en alla sans un regard derrière elle.

Le reste de sa journée se passa sans encombre. Severus, ne lui parla pas la laissant tranquille durant le cours qu'ils avaient en commun. Alice, essaya de la débrider en lui disant que si Lily ne comptait pas s'intéresser ou sortir avec Marcus Shafiq, elle allait l'utiliser pour oublier Frank. Potter et sa bande ne se montrèrent pas et elle réussit à faire une potion correcte pour son ami.

Il était 17h, James tournait en rond dans sa chambre. Sirius se goinfrait et Peter relisait un livre pour la énième fois en leur posant chaque trente secondes une question.

- Peter. Ce n'est pas la première fois qu'on se transforme. Arrête de stresser. Lança Sirius la bouche pleine.

- Hé ! James stresse aussi !

- Hein ! quoi ? non. Je ne stresse pas !

- Alors pourquoi, tu tournes comme ça, tu essaies de décoller sans ton balai ou quoi ?

- Rien.

James était irrité. Il n'y avait qu'une chose qui arrivait à le mettre dans cet état. Le Quidditch, et il n'y avait ni entrainements, ni match pour l'instant. Peter, se demandait pourquoi il avait l'air sur le point d'exploser. D'habitudes, James tournait tout à la dérision et ne prenait jamais rien au sérieux pour que cela puisse lui faire virer le moral au plus bas. James s'assit, puis se releva et dit à ses amis.

- Je reviens dans dix minutes.

- Ne tarde pas. Dit Peter. On doit être là-bas à…

Sirius lui fit un signe de la main, lui signifiant de le laisser partir.

- Qu'est-ce qu'il a ?

- Je crois que sa dispute avec Evans ce matin l'a gardé dans cet état.

- Mais c'était aussi grave que ça ?

- Ils ont réussi à me réveiller, avec leurs cris. s'exclama Sirius.

- Quoi ? mais toi tu ne dors pas, tu tombes dans le coma. Comment ils ont fait ça ?

- Dis celui qui peut dormir n' importe où et n'importe quand.

James se dirigea vers la tour de Serdaigle. Il était sorti avec plusieurs filles de cette maison, il connaissait beaucoup de coins tranquilles. Il s'installa dans un des balcons qui donnaient sur la cour et observa le soleil se coucher.

Il revint vers ses amis de meilleure humeur et leur annonça trois bonnes nouvelles.

- Dumbledore n'est pas là. Donc on peut rester toute la nuit avec Rémus, c'est McGo qui viendra le chercher, elle ne vient qu'au petit matin. Et demain, nous aurons une grosse journée, j'ai décidé que Lily Evans ne pouvait pas juste s'en sortir comme ça. Et, j'étais dans la tour, de retour de mon petit coin chez les Serdaigle quand Sabrina est venue vers moi.

- La moitié Vélane ? Demanda Peter en écarquillant les yeux.

- Oui…

Le sourire de James signifiait qu'il avait surement passé un bon quart d'heure avec la jeune fille.

- Quel chanceux ! Lança Peter jaloux

- C'est qu'il sait parler aux filles ce petit escroc, quand il veut. Ricana Sirius. Et sinon pour Evans, tu lui feras quoi ?

- Rien de bien méchant. Juste comme d'habitude.

- Ça t'avait manqué, les retenues. Lança Peter. En réalité moi j'ai une folle envie d'écrabouiller un peu de Serpentards.

- On fera tout ça cette semaine. Fini les vacances les nazes.

- Je me demande comment Rémus va prendre notre illégal petit secret ? Se demanda Sirius

Les trois garçons se glissèrent sous la cape d'invisibilité, et se dirigèrent vers la cabane hurlante. Rémus en avait encore pour minimum une demi heure avant d'entrer se cacher ici. Les garçons, qui avaient tout organisé à l'avance, avaient dressés une table avec quatre couverts sur une jolie nappe et des plats variés sur la table, une bougie en forme de baguette était planté au milieu et des rideaux aux couleurs de Gryffondor ornaient la pièce. Ils avaient nettoyé le débarras qui s'y trouvait avant.

- Il va flipper je te jure.

Les trois garçons se bougeaient en éclatant de rire. Ils avaient hâte de voir la réaction de leur ami.

Quelques minutes plus tard, ils entendirent madame Pomfresh entrer dans le tunnel, donner quelques encouragements à Rémus et fermer la porte à clé derrière lui, elle dressa un barrage avec sa baguette pour que Rémus ne puisse pas enfoncer la porte. Les trois garçons se donnèrent le signal.

Rémus ouvrit la porte avec un air las, il ne réalisa pas que la pièce avait changé de prime abord, il avança, soudain, vit une table dressée au milieu de la pièce, les murs étaient moins sales, les rideaux de la couleur de sa maison, et le plus étonnant dans tout ce décor était que trois animaux étaient installés autours de la table.

Il poussa un cri, un juron, voulut courir puis vit que les animaux ne bougeaient. La scène était ridicule. Un cerf, un chien et un rat attablé… Comme s'ils l'attendaient.

- C'est quoi ce bordel ?

Il regarda le cerf le contempler avec des yeux doux, le rat installé sur la haute chaise pour arriver à hauteur de la table et le chien noir le dévisager. Les animaux ne bougeaient pas, on aurait dit que leur maitre leur avait ordonné de ne pas bouger et qu'ils l'attendaient docilement, autours d'une table dressée ! Dressée par qui d'ailleurs ? D'où venait cette nourriture ? Rémus n'en croyait pas ces yeux. Il n'arrivait pas à savoir s'il devait éclater de rire devant ce tableau ou partir en courant.

- Poppy m'a drogué ou quoi ?

Il écarquilla les yeux puis tomba sur ceux du chien, ils étaient particuliers et familiers, la lueur taquine, mais surtout leur couleur grise ne lui était pas étrangère. Il s'approcha de lui pendant, que les autres animaux le fixaient. Il n'y crut pas un instant, puis entendit l'aboiement du chien et il éclata de rire.

- Mon dieu mais on dirait Sirius !

Soudain, les trois corps d'animaux changèrent devant ses yeux laissant apparaître ses trois meilleurs amis.

- Quoi ? Cria Rémus

Les autres garçons éclatèrent de rire.

- Je garderai ce souvenir à vie. Oh mon dieu ! Cria James en se tordant de rire.

- Il a cru qu'il était drogué !

- Mais c'est quoi ça ?

Rémus ne riait pas et son ton agressif n'échappa pas à Sirius.

- Qu'est-ce que tu as le luné, ne me dis pas que tu ne trouves pas ça drôle !

- Non espèce de clebard non ! expliquez-vous !

Les garçons se mirent à parler tous en même temps en vitesse.

- En gros, toutes ces fois, où vous alliez à la bibliothèque parce que vous prétendiez moins comprendre les choses, ou avoir accumuler trop de devoirs, tous ses bouquins bizarres que je trouvais cachés chez Peter c'était pour ça ? Vos petits chuchotements des fois, ou les herbes volées que j'ai trouvées au milieu des feux d'artifices de Sirius ? Vous me dites quoi là ? Vous êtes vraiment des animagi ?

- Oui. Souffla James avec fierté

- Vous êtes malade ! Vous êtes complètement inconscient ! Et si quelque chose s'était mal tourné et si vous vous étiez fait mal ! si tu restais un clebs à vie toi, et toi ! Un rat ! Un rat ?

- C'est vrai que les premières fois, je me suis retrouvé avec ces cornes coincés sur ma tête, alors que j'étais humain.

- C'était trop drôle. S'écria Peter.

Voyant l'air colérique de Rémus. James comprit qu'il n'allait pas rire, même s'ils essayaient.

- On s'entraine depuis la troisième année. Tout a commencé la semaine avant ton anniversaire, tu étais très mal, tu t'étais fait tellement de mal et on voulait aider, on se disait si au moins tu pouvais sortir au grand air, tu pourrais gambader, tu pourrais te sentir moins frustré et tu passerais moins tes nerfs sur toi-même, alors Sirius et moi on a eu l'idée à ce moment là. On n'a fait des recherches pendant longtemps. Déjà, il nous fallait de la mandragore, un Sphinx tête-de-mort mais surtout une chance liquide. Le sphinx tête-de-mort on l'a volé du magasin de la grand-mère de Peter lors d'une des sorties de Pré-au-lard en troisième année (oui c'est là qu'il avait disparu, il n'avait pas de diarrhée et était bloqué aux toilettes), moi j'ai volé la chance liquide du bureau de Slughorn, et Sirius la mandragore de chez Chourave. Nous avions du étudier tout ça chaque pleine lune où tu n'étais pas avec nous, pour pas que tu nous prennes sur le coup. Ensuite vint l'été, Sirius ayant pris l'habitude de s'enfuir sans se faire remarquer il a pu passer avec moi beaucoup de temps, on a tout appris par cœur, et pendant juillet entier on devait garder la feuille de mandragore dans notre bouche, ma mère a failli devenir folle, elle pensait que nous faisions des expériences folles, du genre agrandir nos mâchoires ou nos langues, mais bon le goût était horrible.

Les trois garçons frissonnèrent à ce souvenir.

- Moi, continua Peter, je faisais la même chose chez moi, tout en cherchant un endroit où ne passait personne pour pouvoir cueillir une rosée dans un endroit à l'ombre, il n'y a pas meilleur endroit que près de la serre de ma grand-mère. D'ailleurs elle a failli, tout détruire parce qu'elle commence à perdre la mémoire. Toutes ces fois où je vous invitais à la maison, et que James disparaissait en prétextant vouloir aller voler, c'était pour doubler le sortilège de protection autours de notre coin caché. Moi, je ne m'en sortais pas très bien.

- Mais si tu t'en sortais bien, je faisais que doubler tout ça. Mais le pire c'était qu'on était en plein été et pour pouvoir finir le processus il fallait qu'il y ait de l'orage et c'est la que nous avons tardé.

- Tout ce que nous avons à faire comme étape suivante était régi par l'orage, alors on a tout préparé à l'avance et on s'est mis d'accord d'attendre l'hiver, d'ailleurs l'année dernière, c'était l'hiver le plus orageux…

- Mais avant ça, il fallait en attendant cet orage réciter chaque jour au coucher et lever de soleil, Amato Animo Animato Animagus, en dirigeant nos baguettes vers nos cœurs, et la semaine où tu étais chez moi, continua Peter, on s'est tellement amusé que j'ai tout bêtement oublié du coup j'ai du refaire tout depuis le début, et Sirius et James ont décidé d'attendre avec moi.

- Après qu'il ait fini, nous avons continué à Poudlard et la c'était plus difficile, déjà on était devenu obsédé par le temps parce qu'on surveillait les orages et tu commençais à te douter qu'on essayait de fabriquer quelque chose, alors on n'a laissé jusqu'aux pleines lunes. On a caché les trois fioles qui contenaient les Sphinx, mandragore, rosée qui étaient imprégnés de seulement la moitié des rituels, dans la salle sur demande. Personne ne pourrait la trouver sauf nous trois et on a continué à réciter l'incantation, chaque lever et coucher de soleil.

- C'est pour ça que j'avais un rappeltout. Continua Peter.

- Et c'est ce que tu m'as trouvé en train de faire plusieurs fois, mais je prétendais que je me remémorais des trucs de Quidditch à essayer aux entrainements. Enchaina James.

- Le soir, où tu m'as trouvé tout seul dans le couloir, en quatrième année, je revenais de la salle sur demande, parce qu'il fallait que je sorte les fioles, vue qu'il y avait un éclair. C'est pour ça que j'ai fait semblant que j'étais avec une fille dans un placard que ce n'était pas le moment de te parler. Tu as passé une semaine à me harceler sur son identité, j'ai du inventer cette histoire que c'était quelqu'un de plus âgé que je ne pouvais pas dire qui c'est. Mais en réalité, désolé Rémus, il n'y avait personne. Continua Sirius

- Ensuite, on a réalisé que nos fioles n'étaient pas rouges comme il le fallait alors on a refait encore quelques tentatives mais cette fois en avalant la chance liquide, alors le processus s'est accéléré et tout ce que nous avons préparé s'est déroulé à merveille, seulement nous avions du arrêter d'en prendre parce qu'il y avait les examens de fin d'année, et on ne voulait pas risquer de se faire virer de l'école pour triche.

- Là on a attendu jusqu'à ce qu'on soit réuni chez moi cet été, c'est la que nous avons revérifiés nos fioles et quelles avaient vraiment viré au rouge sang. On a arrêté de prendre la chance liquide, parce que Sirius ici présent à commencer à ressembler à un drogué, d'ailleurs il ma fallut du temps pour le désintoxiquer et la j'ai du le dire à ma mère pour qu'elle nous aide. Dit James en ricanant.

- Merci d'ailleurs, son sermon était plus affligeant que ceux de ma mère.

Les amis sourirent à ce souvenir, et Peter prit la parole.

- On a commencé à se voir dans la plaine derrière le manoir de James, juste une fois par semaine seuls, pour ne pas sentir qu'on t'abandonnait. En plus je crois que je culpabilisais trop de te cacher autant de trucs, et ces deux là avaient peur que je lâche le morceau. Le premier à avoir réussi sa transformation c'est James. C'était brillant, mais il n'a plus voulu la fermer quand il a découvert la royauté de son cerf. D'ailleurs, il nous baratine toujours avec ça.

- C'est majestueux tu ne peux pas le nier.

Sirius hocha la tête de gauche à droite.

- Ensuite, c'était moi, ce n'était pas vraiment une surprise, puisque monsieur le mal luné pensait que je ricanais toujours comme si j'aboyais.

- McKinnon aussi, remarqua Peter. Bon, continuons, moi comme d'habitude j'étais à la traine, je n'avais pas encore ressenti le deuxième battement de cœur que les deux garçons ont ressenti avant de commencer la transformation, alors qu'il nous restait qu'une semaine pour cette rentrée. Là, les garçons ont profité de ton absence à la pleine lune, et m'ont gardé éveillé toute la nuit jusqu'à ce que je réussisse 15h plus tard, j'ai dormi 48h d'affilée après ça.

- Tu peux dormir 48h d'affilée, même après avoir monté cinq marches, ça n'a aucun rapport ça. Lança James. Après il a fallu entendre le mélodramatique ici, se plaindre après chaque transformation, monsieur avait mal aux os et voulait un massage.

- Je te signale que je m'y donnais à fond moi, c'est pour ça que ça faisait aussi mal. Contrairement à toi, qui préférait garder quelques atouts après être devenu humain, il oublie les cornes sur sa tête, tu imagines ?

Soudain, les trois garçons réalisèrent que Rémus avait écouté tout leur récit sans jamais les interrompre. Il leur tourna le dos et fixa la porte pendant très longtemps.

- C'est dangereux, illégal… Vous avez volé, vous vous êtes drogués, avez minimum bravé milles interdits de Poudlard et du ministère.

- On le refera une nouvelle fois s'il le faut. S'écria Sirius.

- On n'a pas fait ça, pour que tu te morfondes encore plus Rémus, tu aurais fait pareil pour moi, ou Peter ou Sirius !

- Et puis tu sais ce que ça veut dire ? Continua Peter. Nous avons réussi ce que des gens passent dix ans à faire. On l'a fait en deux ans ! Tu devrais être fier de nous.

- Tu ne resteras plus jamais ici seul, Rémus. Ajouta Sirius

- Tu n'auras plus jamais à t'ennuyer ici, on te fera braver les interdits avec nous. Surenchérit James.

Rémus se contenta de les regarder en réalisant que ses yeux se remplirent de larmes. Il savait que Poudlard avait été la meilleure chose qui lui soit arrivé, il éprouvait une reconnaissance incroyable envers Dumbledore qui avait tout fait pour faire intégrer le monstre qu'il était. Il était ému par Lily et son attention envers lui, elle était si avenante qu'il en perdait souvent les mots et ne pouvait qu'essayer de lui rendre la pareille chaque jour qu'il vivait. Mais là, en ce moment, le sentiment qu'il ressentait n'était autre que de l'amour. Il ressentait de la gratitude certes, mais un amour infini pour ses trois garçons, il n'oublierait ce qu'ils venaient de faire pour lui, même enterré trois mille pieds sous terre. Il se sentit tellement chanceux, qu'il ne pensait pas mériter autant. Il ne put dire aucun mot et se contenta de les regarder l'un après l'autre. Une larme coula sur sa joue droite qu'il s'empressa de balayer, mais elle ne passa pas inaperçue et Sirius accourut vers lui, ils se serrèrent l'un contre l'autre, avant que James et Peter ne s'y mettent aussi.

- Allez mangeons, avant que cet échange ne devienne embarrassant et gay. Lança James.

Soudain Rémus éclata de rire.

- Vous êtes complètement fou. Vous êtes fou, vraiment ! Mais, ça me touche… Et c'est la première fois que vous allez me voir dans cet état, alors j'espère que vous ne regretterez pas vos risques.

- Je ne pense pas que ton petit problème de fourrure, me fasse regretter quoique ce soit. Lança James en attaquant son repas. La dernière fois que j'étais aussi excité, c'était à mon premier match de Quidditch.

- Moi, c'était sûrement quand j'ai embrassé notre professeur de défense contre les forces du mal, l'année dernière. Continua Sirius

Les quatre garçons éclatèrent de rire en se remémorant ce souvenir.

- Franchement, je ne sais pas comment tu as osé faire ça. Elle était vieille ! Lança Peter en retroussant le nez.

Les trois autres garçons le regardèrent de manière incrédule.

- Elle ne devait pas avoir plus de trente ans ! Se justifia Sirius

- Sans oublier qu'elle était vraiment canon. Continua James

- Et super douée. Surenchérit Rémus.

- N'empêche c'était dégueulasse ! Commenta Peter.

- Je me demande si je vais aimer manger les rats en tant que chien. Lança Sirius à Peter pour clore le débat.

Les quatre garçons éclatèrent de rire. Un rire si emphatique et honnête qu'il en deviendrait contagieux à toute personne qui l'entendrait. Tous les quatre avaient réussi à faire l'impossible jusqu'à maintenant et plus impossible encore à détourner une situation si horrible en havre de rire.

Le lendemain, Lily se dirigea vers 10h à l'infirmerie, elle n'avait son prochain cours qu'à 13h30. Elle en profita pour aller voir Rémus.

Elle entra et sursauta, au lieu de trouver Rémus seul, il y avait Peter allongé dans un lit et Sirius dans un autre. Seul James était assis entre les lits de Sirius et Rémus, il tenait un magazine entre les mains.

Lily essaya de sortir quand James la vit. Il fronça les sourcils et un embarras nouveau se dessina sur son visage. Pas celui de quelqu'un qui avait fait une bêtise, mais celui qui avait quelque chose à protéger.

Par fierté, elle décida de rester. Elle n'allait pas fuir, parce que James Potter était là. Elle se dirigea vers le lit de Rémus et se rendit compte qu'une petite fente sur sa joue saignait, il dormait. Elle dirigea sa baguette sur sa plaie et stoppa le saignement. Puis elle regarda Sirius, ensuite Peter tout le monde dormait. Peter avait des égratignures sur le visage et le bras puis un bandage était enroulé autours de sa cheville, tandis que Sirius avait la main en écharpe. Elle se tourna alors vers James et le scruta, il avait une plaie sur le front et un bleu pas encore de couleur unifiée sur la tempe gauche. Elle ne dit pas un mot et alla s'asseoir près de Rémus.

Elle devait se décider. Pouvait-elle s'occuper de Rémus en la présence de Potter ? Si elle le faisait, il saurait qu'elle sait… Sauf si Rémus avait déjà dit à ses amis qu'elle savait. Elle en doutait, puisqu'elle ne trainait pas avec les mêmes personnes, ils étaient dans la même maison, mais ils n'avaient pas le même entourage. Elle ne pense pas un jour avoir été dans un sujet de leur conversation. Elle regarda son ami allongé, il était dans un piteux état. Elle décida de n'accorder aucune importance à la présence de Potter.

Elle ouvrit son sac en sortit deux fioles et une barre de chocolat. Elle tapota son bras avec douceur, pour tâter son état de fatigue, pouvait-il la sentir ? Ou avait-il une nuit mouvementée ? Elle savait qu'il avait le sommeil léger, et les fois où il ne sentit pas son bras, elle lui laissait les potions et partait. Il bougea légèrement mais n'ouvrit pas ses yeux, elle refit le même mouvement deux fois, mais en vain, elle sortit alors une plume et un parchemin et écrivit :

« J'ai changé la première fiole, je te préviens son goût n'est pas aussi génial, mais le Ricin est plus efficace, pour me faire pardonner de la saveur dégueulasse que tu risques de sentir, il y a une tablette de chocolat qui te fera passer le goût.

P.S : j'ai laissé Potter à côté, réclame ta barre au cas où tu ne la trouves pas.

Lily »

Elle le posa à son chevet et sortit de l'infirmerie. Elle s'attendait à ce que James la suive ou lui parle mais il ne fit rien.

- Alors Evans sait. Fut la première phrase que dit James à Rémus.

Le temps de comprendre, James donna à Rémus le parchemin.

- Oui.

- Depuis quand ?

- Troisième année.

James se mit à marcher.

- Pourquoi elle te prépare ces choses-là ? Ce que te donne Pomfresh n'est pas suffisant ?

- C'est différent. Les fioles de Lily, c'est pour le moral. Pas pour mes blessures physiques. C'est quelque chose qu'elle avait lu, pour qu'en me réveillant, je me sépare de l'âme de… Que la bête ne m'atteigne pas, que je ne déprime pas ou ne laisse pas les remords me ronger… ça agit sur beaucoup de choses.

- Elle a du faire beaucoup de recherches… Elle fait ça après chaque pleine lune ? Je ne l'ai jamais vu.

- Presque, ceux dont elle se rappelle, elle fait de son mieux, c'est une sorcière très occupée. Dit Rémus avec un sourire. Tu ne l'as jamais vu, parce qu'elle se met souvent sous le sortilège de désillusion pour éviter d'attirer l'attention. Elle doit filer en douce, pour que ses amies ne la voient pas et se cacher pour que vous ne la surpreniez pas. Tu sais c'est elle qui m'a offert, le carnet à assignement.

- Ah bon ?

- C'est comme ça qu'elle m'a dit qu'elle savait, la première chose qu'elle avait faite en sachant qui je suis était de m'aider. Comme vous.

James regarda son ami en étant dérouté. Rémus se permit un autre sourire.

- Pourquoi elle t'intrigue autant ?

James ne répondit pas, il passa ses mains dans ses cheveux et continua de marcher de long en large.

- Tu me donnes le tournis, James.

- Elle est différente. Lança enfin ce dernier en s'arrêtant.

- Oui. Soupira Rémus avec un énorme sourire.

James ressentit une appréhension, était-ce de la peur ? Rémus n'avait pas tort, il était intrigué, curieux, pensait à elle sans arrêt, il commençait à nourrir pour elle une vraie obsession. Il la voyait partout, alors qu'il avait passé cinq ans à ignorer son existence et il ne comprenait pas pourquoi, elle réussissait à l'atteindre, lui qui se sentait au dessus de tout. Il ne pouvait pourtant comprendre comment il pouvait autant vouloir lui jeter des sorts et penser à elle autant.

Rémus ne dit plus un mot, but les fioles et se mit à rire, il croqua un chocolat tout en observant James. Si un jour, il avait pensé que Lily Evans serait celle qui ferait mouvoir James Potter, il aurait éclaté de rire à cette idée. Bien qu'à y penser, ils avaient plus de points en communs qu'ils ne voulaient se l'avouer.

Les garçons sortirent de l'infirmerie en fin de journée, ils réussirent à se faire enlever soixante points en totalité. James, Sirius et Peter avaient dû justifier leurs blessures, et comme mensonge, ils avaient déclaré, qu'ils avaient décidé de faire un tour dans la forêt interdite pour aider Peter à être plus précis dans son devoir pour le cours de soins aux créatures magiques, mais qu'ils avaient entendu un troupeau de centaures avaient eu peur et étaient revenus en courant, qu'ils avaient trébuchés l'un sur l'autre, s'était fait marché dessus par inadvertances et qu'ils avaient fini caché derrière la cabane de Hagrid où ils furent attaqués par des Scrouts à pétards. Mcgonagall, avait cessé d'écouter leur récit, au moment où ils décidèrent de donner tous les détails croustillants de leur excursion. Comme Sirius, qui prenait un air outré sur le fait que Peter mettait des chaussettes chacune d'une couleur différente, chose qu'il remarqua lorsqu'il tomba sur sa cheville, ou James qui ne comprenait pas pourquoi, Sirius ne l'avait pas laissé parlé à l'un des fantômes qu'ils avaient rencontré en route, sous prétexte que celui-ci dormait, comme si un fantôme dormait… Elle leva la main dans le ciel, ils se turent et elle leur enleva les points les traita d'imbéciles et fourbes, puisqu'ils avaient profités de l'absence de leur ami préfét pour se lancer dans une aventure aussi dangereuse.

Rémus qui était en colère contre lui-même d'avoir embarqué ses amis dans autant de tourments finit par se faire à l'idée que personnes n'aurait pu les empêcher de faire ce qu'ils voulaient lorsqu'ils s'étaient mis des idées en tête, sauf peut-être Peter.

- Tu deviens narcissique le luné là ! On croirait corne de gazelle ici présent. Tout ne tourne pas autours de toi, peut-être que j'ai fait ça pour développer mon profil de voyou ! En plus je trouve que mes binômes en cours s'occupent mieux de moi depuis que j'ai le bras en écharpe. Quoi Peter ?

- Corne de gazelle. Cria Peter en essuyant ses larmes de rire.

James et Rémus se joignirent.

- En parlant de ça, j'en ai marre de votre surnom de luné là !

- Tu préfères quand je t'appelais connard peut-être ? Proposa Sirius.

- Lunard ! un peu de Luné un peu de Connard. Je trouve que ça te va comme un gant, mon petit. Corrigea James avec une mimique en se moquant.

Ils partirent en fou rire à nouveau.

- C'est génial comme nom. Lunard ! Continua Peter en tapant des mains.

- Alors venez, on appelle James corne de gazelle.

- Mais ça va oui ? Tu m'appelles comme ça je me remets à t'appeler chiffe mole ! Râla James à l'adresse de Sirius.

- Tu es fou ça n'a aucun rapport avec …

- Ben j'y rajouterai le rapport si tu te mets à m'appeler comme ça.

- Patte mole ! S'exclama Rémus

- Ah oui ! s'écria James. Parfait Patte mole !

- Pourquoi est-ce qu'on se cherche des surnoms déjà, rappelez-moi c'est l'idée idiote de qui ça ?

- De toi cher patte mole, en appelant pauvre Mumus le luné. Tu as ouvert le jeu.

Sirius tapa son ami avec son oreiller et se tourna vers Peter.

- Tu crois que c'est parce que tu ne participes pas que tu vas y échapper ?

- Ça sera sûrement difficile de me trouver quelque chose qui ne soit pas juste le nom d'un repas. S'écria Peter en évitant les oreillers venant de partout à présent.

Les autres garçons rirent à nouveau.

- Raton laveur.

- Rat laveur.

- Raton baveur.

- Queue de rat.

- Je vous ai dit ! Pas fastoche ! lança Peter avec ruse.

- Bon transforme-toi laisse nous te reluquer. On verra ce qu'on trouvera.

- Hé ! un peu de décence, tu crois que je vais me transformer juste pour que tu me trouves un surnom Sirius.

- Ouais. Lancèrent Sirius et Rémus.

- Les votes sont clos, petite queue, allez bouge-toi ! S'exclama James.

- Petite queue mais vous êtes malade ! ça risque de prêter à confusion votre surnom là, je n'ai pas envi de porter ça comme surnom.

Les amis continuèrent de rire, sans trouver de surnom adéquat pour James ou Peter. Ils profitèrent de leur maitrise en transformation pour essayer de trouver des idées pour la soirée d'Halloween.

- Ce qui est bien c'est que cette fois, je n'ai pas à choisir qui inviter. Lança Sirius.

- Et moi je ne suis pas obligé d'inviter Sabrina, et rendre les choses officielles, je suis même pas obligé de danser avec elle, je pourrais faire ce que je veux ça fait parti du thème.

- Je ne crois pas que ça t'ait empêché de faire ce que tu voulais corne de…

- Ta gueule !