Bonsoir ! Un peu tard je vous l'accorde, mais voici le dixième chapitre.
A Rainbow Girl : Merci à toi pour ce commentaire, pour avoir pris le temps de me l'écrire. Je suis heureux.e que tu te reconnaisses dedans, que tu te sentes représentée, car c'était l'un de mes buts en démarrant cette histoire.
Bonne lecture
Enfance : Insistance
J'ai manqué le premier jour d'école pour accompagner James au Poudlard Express. Albus également. Je suis heureuse : le train est magnifique et c'était exceptionnel de voir tous ces sorciers et leurs enfants se presser sur le quais. Certains portaient déjà leurs uniformes aux tenues de leurs maisons. Teddy, qui est en dernière année à Poufsouffle et vient d'être nommé préfet-en-chef. Papa était très fier il lui a offert une montre en or pour sa majorité et un Eclat d'étoile. C'est un balai rare dont le but n'est pas la vitesse mais la maniabilité, le confort et l'adaptabilité, parfait pour Teddy !
Je suis anxieuse pour demain. Tante Hermione a réprimandé nos parents pour nous avoir fait manquer le premier jour, qui est le plus important selon elle, mais Oncle Ron lui a fait remarquer que Hugo manquerait le premier jour l'année prochaine aussi pour accompagner sa sœur. Apparemment, c'est non-négociable, mais je crains une dispute en perspective -à laquelle nous n'assisterons pas bien sûr. Quand je dis « je crains », c'est parce que je pense que cela va arriver et que c'est une jolie formulation.
Je ne sais pas si Hugo m'a gardé une place ou si Zack s'est encore accaparé le siège à son côté. Je ne sais pas qui est ma nouvelle maîtresse ni si Alma est dans ma classe et si je vais pouvoir m'asseoir à ses côtés.
Maman dit que j'ai été exécrable ce soir. Ca me fait de la peine, mon cœur se serre et j'ai envie de pleurer.
Albus m'a vue assise par terre dans ma chambre. J'ai les genoux repliés contre ma poitrine et j'appuie mes yeux sur eux. Les larmes s'accumulent et trempent mon legging noir. C'est injuste. Je ne le fait pas exprès. Est-ce que ça veut dire que j'ai blessé Maman ? Je ne voulais pas la blesser. Je ne sais même pas en quoi j'ai été exécrable, et elle n'a pas voulu me l'expliquer.
Al s'assied à côté de moi et entoure mes épaules de son bras. Je tremble et je continue de pleurer.
-Regarde moi, Lily-jolie, m'encourage-t-il.
Je ne veux pas le regarder. J'ai mal à la tête et le noir me fait du bien. Je me sens protégée.
-Lily-jolie, chantonne-t-il.
-C-c'est pas juste.
-Ne t'inquiètes pas, Lily. Tout va bien se passer. Tout va bien se passer.
Il me serre avec son épaule, et je commence à me calmer un peu. Je vais aller m'excuser, parce que j'ai blessé Maman, même si je ne sais pas pourquoi. Je veux savoir pourquoi.
Papa vient d'être appelé en urgence, il est d'astreinte ce soir. Je suis d'autant plus inquiète. Je frappe à la porte de la chambre parentale.
-Maman ?
Ma voix se brise, elle est toujours pleine de sanglots. Les larmes séchées se craquellent sur mon visage en fonction de mes expressions. Maman est assise au bureau, à travailler son prochain article de Quidditch.
-Maman... Je suis désolée. Qu'est-ce que j'ai fait ? Je suis désolée.
Elle se retourne, pose sa plume dans l'encrier et soupire.
-Lily... Laisse un peu tomber, veux-tu ?
-Mais je ne sais pas, et je risque de recommencer...
Maman soupire de nouveau, je monte les épaules vers ma tête dans une attitude craintive. Elle passe une main dans ses cheveux aussi roux que les miens pour remettre une mèche en place.
-Tu as été très difficile ces derniers jours, c'est tout, tu te mets en colère à la moindre contrariété. Je suis fatiguée ce soir, j'ai moins de patience.
-Mais...
Maman soupire de nouveau, se lève, et je me recule instinctivement. Elle fronce les sourcils.
-Viens là, Lily.
Elle se dirige vers le lit. Je l'y rejoins, confuse, mais puisqu'elle sourit, je dois être pardonnée.
-Tu m'excuses ? je demande.
-Ma puce.
-Tu m'excuses ?
-Mais oui !
Elle a l'air exaspérée. Est-ce qu'elle m'excuse vraiment ? Des larmes brillent dans ses yeux bruns. Ma lèvre se met à trembler.
-James va me manquer aussi ma puce, me dit-elle en me serrant dans ses bras.
Elle s'allonge sur le lit et m'entraîne avec elle. Je profite de sa chaleur quelques instants, puis commence à m'ennuyer, alors je bouge, et je commence à babiller sur les chouettes, et la façon dont Godric a régurgité des pelotes. Je demande à maman si les pelotes de Coq ressemblent à ça ou si elles sont plus petites, mais elle ne sait pas.
