Bonjour tout le monde ! Je n'ai aucune excuse valable pour mon absence de publication, si ce n'est que j'ai vraiment pas eu le temps, ni le courage d'écrire la suite. Mais je m'y remet doucement, vous pourrez donc espérer avoir la suite un peu plus vite que ce chapitre là ^^ ! je remercie toutes celles (ceux?) qui m'ont envoyé des reviews pour me booster, ça fait toujours plaisir et ça motive :) !
Tout appartient à la grande J.K. Rowling, sauf certains personnages, les enchanteresses et l'intrigue !
Je suis désolée pour ceux qui reçoivent le mail pour la publication et qui l'ont reçu deux fois, j'avais juste oublié de mettre un petit résumé, histoire de se remettre dans le contexte :) !
Peter, après avoir attaqué Lily, est surpris par cette dernière lorsqu'il observe Sirius dans son sommeil. Ils sont tous les deux un peu traumatisés et décident de dormir ensemble, car Lily est un peu effrayée à l'idée de se coucher seule. Là, ils ont une conversation sur Faith, la petite-amie de Sirius assassinée par les Mangemorts, et sur la vie après la mort. Calyssa part au musée d'Histoire de la Magie avec ses camarades de classe, et elle parle à Matt de sa grand-mère peintre, et des tableaux encore entreposés dans la maison brûlée de ses parents, ils décident d'aller tous les deux les récupérer. Masha, l'infirmière des Aurors, passe à l'appartement des Maraudeurs pour donner une potion à James, ils finissent par coucher ensemble. Sirius décide de partir traquer Peter et les Mangemorts, pour venger Faith.
Enjoy !
« Waw ! » Elle enfila son pantalon informe en répétant ce mot, devant l'air amusé de James, adossé à la tête de lit, torse nu. Lui ne bougeait pas, la regardant se rhabiller.
« J'aurais jamais pensé me retrouver dans ton lit en venant ce midi ! » Elle regarda sa montre et enfila son soutien-gorge. « Merde ! Faut que je file, la potion est dans le salon, tu demanderas à quelqu'un d'autre de te l'appliquer. On se voit demain au boulot ? »
Il hocha la tête. Elle se pencha pour l'embrasser, ses cheveux blonds caressant la joue du jeune homme. Une voix féminine résonna dans le couloir, appelant Remus pour l'aider à chercher quelque chose.
« Au fait » Elle s'arrêta un instant. « Qui est la petite rousse ? La copine de Remus n'est pas censée être blonde ? »
« C'est Lily » Normalement il n'aurait pas parlé d'elle. Mais son cerveau était un peu débranché après leur séance coquine. Il lui raconta brièvement son arrivée, sans non plus s'attarder sur ses tentatives de drague, il avait quand même un peu de bon sens.
La jeune infirmière lui sourit et lui piqua un baiser rapide sur la bouche. « Il faut vraiment que je me casse ! J'ai un rendez-vous avec une vieille amie »
Elle s'éclipsa en lui faisant un clin d'œil. Après avoir entendu le claquement de la porte d'entrée, il commença à s'habiller et rejoignit Remus dans la salle à manger. Le lycanthrope était accompagné de Lily, qui, manifestement sans le vouloir, déchiquetait un biscuit en l'ignorant. Remus lui jeta un regard noir, il articula sans bruit :
« Sort d'insonorisation, tu connais ? »
La jolie rousse rêvait de se lever et d'enfouir les miettes de son biscuit dans le nez de James. En y repensant, elle se sentit rougir. C'était la première fois qu'elle entendait un couple en pleine action. Et le fait que ce soit l'imbécile qu'elle trouvait attirant l'énervait encore plus. Il avait volé son innocence et ses oreilles pures.
James eut un sourire amusé devant la gêne de Lily et s'excusa légèrement. Après que Lily ait disparu en tempêtant dans la chambre qu'elle partageait avec Calyssa, Remus parla plus librement.
« Tu es chanceux, Calyssa aurait été là et vous aurais entendu, tu peux être sûr qu'elle aurait débarqué dans ta chambre pour mettre le sort en te hurlant dessus. »
« Je lui aurais proposé de se joindre à nous » Il sourit au lycanthrope. Ce dernier lui jeta son Balai Magazine au visage en l'insultant.
« D'ailleurs, quand revient ta douce et aimable dulcinée ? »
« Elle ne devrait pas tarder, elle mangeait un morceau et revenait à l'appart. »
La porte s'ouvrit et Calyssa entra, lançant son blouson sur le porte manteau et hurlant un adorable : « Y A QUELQU'UN ? »
« Caly', casse-toi ! La question ! » S'écria James en la poussant dehors.
« Ah oui, mince. Vas-y »
« Laisse-moi réfléchir… Oh, celle-là est culte ! À qui as-tu cassé le nez en septième année parce qu'elle t'avait dit fantasmer sur Remus ? »
« Mary Macdonald » Elle jeta un regard noir à James. « Tu as cassé toute ma bonne humeur ! »
« Si ta bonne humeur consiste à hurler dès que tu rentres, il valait mieux pour tout le monde que je la casse ! » Il lui fit un clin d'œil et disparut dans le couloir quand elle voulut le frapper.
Remus avait assisté en souriant à la chamaillerie, confortablement installé dans le canapé.
La jolie blonde se coula à côté de lui en enfouissant sa tête dans son cou.
« C'était bien ? »
« Génial, j'ai eu l'impression d'être à Disneyland Paris quand j'avais quatre ans. Mon père m'y avait emmené pour mon anniversaire. »
« Dans un musée, tu es retombée en enfance ? » Il leva les yeux au ciel.
« Oh, mais tu ne peux pas comprendre, tu vas devenir Psychomage ! »
« Ouais, les trucs anciens, j'aime pas. J'aime les cerveaux tordus c'est ça ? »
Calyssa rit, et parut soudain fondre, les yeux câlins. « Rem' ? »
Il flairait le piège à cent kilomètres. « Tu veux quoi ? »
Sans se démonter, elle avoua : « J'aimerai retourner dans la maison de mes parents pour récupérer les tableaux de ma grand-mère, com- »
« Non. »
« Remus ! Ça me laissera au moins un héritage familial ! Ma mère est d'accord, je l'ai appelé tout à l'heure ! »
« Réfléchis un instant Caly' ! L'incendie était criminel, imagine que les Mangemorts aient posé des sorts un peu partout ou simplement surveillent encore la maison ! »
« Pourquoi feraient-ils ça ? »
« Ils ne nous ont pas tous eu. Ils savent qu'à un moment ou un autre, vous voudrez retourner dans la maison »
Le voyant s'échauffer, elle se redressa sèchement.
« C'est bientôt la plein Lune, non ? »
Il s'interrompit, surpris. « Demain soir, pourquoi ? »
« Tu es toujours carrément irascible les trois jours qui précèdent et qui suivent la pleine Lune, je m'en doutais. » Elle lui embrassa le bout du nez. « Tu vois comme je te connais ! »
« Excuse-moi d'être ce que je suis. » Dit-il sèchement.
« Ce n'est pas un reproche ! Je t'aime comme tu es, Rem'. »
Il grogna, levant les yeux au ciel. Elle se leva pour aller dans la cuisine. À la porte du salon, elle lança devant l'exaspération de son petit-ami : « Que tu sois un loup-garou ou pas. »
Elle n'entendit pas le grognement de Remus. Pas plus le cri effrayé de Lily qui venait de sortir de la salle de bain et avait juste saisit la dernière phrase.
Ses yeux émeraude fixaient le jeune homme avec une terreur si palpable qu'elle ramena Remus en enfance, face aux yeux des membres de sa famille. Il se leva, trop rapidement pour Lily qui siffla un : « ne m'approche pas ! » étouffé.
Ça le blessa plus que tout. Ils avaient eu plusieurs conversations amicales tout les deux, et en quelques secondes, après cette révélation, elle paraissait avoir tout oublié et faire abstraction de son côté humain. Une sourde colère et soif de justice s'empara de lui. Doucement, il la prit par le bras et la guida dans sa chambre. Il ferma la porte et, mine de rien, la bloqua avec son corps. Malgré ses efforts pour cacher sa colère, Lily paraissait paniquée.
« Tu vas bien m'écouter, d'accord ? »
Elle hocha la tête, effrayée.
« Est-ce que tu m'appréciais avant de savoir que j'étais un loup-garou ? »
La jolie rousse frissonna à l'annonce du mot et ne répondit pas. Finalement, elle acquiesça timidement et émit un « oui » couinant avant de s'asseoir sur le lit.
Remus se força à respirer, pour éviter de lui parler aussi sèchement. Il avait tellement eu l'habitude de ce genre de réaction !
« Tu ne peux pas savoir ce que c'est ! J'ai une partie de moi que je ne contrôle pas ! Bestiale, violente, puissante … Je n'ai pas demandé à être mordu, Lily !
« Tous les mois c'est la même culpabilité, je sais que si Calyssa me voyait sous ma forme de loup, je pourrais l'attaquer sans remords. Mon humanité disparait complètement, asservie. Je pourrais tuer mes parents, mes meilleurs amis s'ils se trouvaient devant moi ! »
« Je sais tout ça, j'ai lu des livres ! » S'énerva la jeune femme.
« Est-ce que les livres parlent de ta peau qui se déchire dès que la lune se montre ? Du hurlement qui te brûle la gorge et qui roule jusqu'à sortir et te briser les tympans ? De tes amis qui t'annonce le lendemain que tu as déchiqueté un renard qui passait par là ? Des nuits d'insomnies ou tu deviens paranoïaque en croyant que tu vas te transformer, alors que c'est une simple migraine ? »
Les larmes coulaient sur leurs joues, à tous les deux.
Elle sanglotait dans ses mains, pleine de compassion. « On m'a toujours dit que vous étiez des monstres sanguinaires … »
« Une fois par mois pendant deux jours. »
« Votre comportement doit bien »
« Merde ! C'est ton caractère qui est obtus ou les enchanteresses sont vraiment enfermées dans leur monde féerique ? Tout le monde à un coté noir ! Même toi, même Dumbledore ! Seulement, chez moi c'est une malédiction qui s'empare de moi ! »
Lily se détourna des yeux de Remus qui la fixait. Elle essuya ses larmes et renifla bruyamment. Elle refusait de le regarder.
« Tu as toujours peur, hein ? Reste assise, et écoute-moi bien. Le peu que je te connais, je sais que tu es incapable de haïr quelqu'un pour quelque chose qu'il ne contrôle pas »
Il s'assit en tailleur devant la porte et passa sa main dans ses cheveux châtains en soupirant.
« Je venais d'avoir onze ans quand j'ai été mordu. Mon père avait offensé Fenrir Greyback. C'est un de ceux qui font les légendes de notre époque sur les loups-garous, sur notre férocité. C'est un fou furieux assoiffés par le pouvoir et le sang, il est si avide qu'il est presque constamment sous sa forme de lycanthrope.
« Je me souviendrais toujours de ma première transformation. Ses dents ont lacérés ma peau, j'ai lâché ma baguette et crié. Mes parents sont sortis de la maison en courant pour voir ce qu'il se passait. Le sort que mon père a lancé a éloigné Greyback de moi. Mais le mal était fait. Le soir suivant, mes parents m'ont enfermés dans la cave et m'ont parlé durant toute la nuit. J'avais terriblement mal, et c'est comme si l'on m'arrachait une partie de moi. »
Lily se taisait, mi-horrifiée, mi-fascinée. Son imagination fertile était en plein travail, la Pleine Lune qui brillait, un Remus enfant se tordant de douleur sur le sol…
« Ma rentrée à Poudlard ne s'est donc pas passée comme prévu. J'avais eu de grands projets pour ça, mais j'étais maintenant flanqué d'un sacré handicap. Deux casse-cou m'ont collé aux basques dès le premier jour parce que j'avais réussi à mettre de la purée dans l'œil d'un Serpentard de septième année. Involontairement en plus. Bref, ils ne m'ont pas lâché, piaillant sur ma prédisposition aux farces et aux mauvais coups – oui, c'est les mots exacts qu'ils ont utilisés – et m'ont supplié de faire une blague aux Serpentard de première année. On les a attaqués avec des citrouilles, on en a assommé un et on a été collé trois heures dès la première semaine. »
La jeune femme sourit doucement en voyant que Remus revivait ses souvenirs en même temps que de les raconter. Il revoyait parfaitement les deux têtes brunes souriantes et innocentes, en apparence, qui lançait les citrouilles avec des rires sauvages.
« Peter a été le dernier à rejoindre la bande, petit et chétif, on a été plus qu'étonné en le voyant mettre un ver de terre dans le cou d'une fille insupportable de notre année. Nous étions quatre, et les farces n'ont jamais eu autant d'impact à Poudlard. Notre groupe était surnommé les Maraudeurs, et personne ne savait qui nous étions jusqu'à notre deuxième année. Année où les gars ont découvert mon secret. Je leur avais tout caché, inventant des excuses bidon pour expliquer mes absences mensuelles. Bien sûr, la crainte qu'ils découvrent tout et me rejette était toujours là. Ils ont été les meilleurs amis du monde, m'aidant du mieux qu'ils le pouvaient. Jusqu'à un point d'ailleurs que je regrette toujours de les avoir vu franchir… »
Elle n'était plus tellement effrayée. Remus était toujours Remus, avec un petit plus, une humanité encore plus grande. Il avait partagé ses doutes, ses peurs et ses angoisses avec elle. Elle se leva pour s'asseoir à côté de lui, regardant malgré elle la pilosité importante de ses bras.
« Je crois que j'ai encore beaucoup à apprendre de votre monde. Et nous ne vivons pas dans un monde féerique tu sais, nous sommes juste de vieilles filles frustrées et obligée de rejeter notre cynisme sur des gens malchanceux. »
« Sympathique »
« Et je commence seulement à ouvrir les yeux »
Elle se leva et épousseta sa robe. « Je ferais bien d'aller voir ce que Calyssa fait. » Elle le poussa gentiment du pied et sortit de la chambre.
Sirius n'entendait rien de ce que les autres racontaient. Les moulures du plafond du Ministère étaient simplement magiques. Les angelots mouvaient en emportant le bois et le relief qui les dessinaient, et ils voletaient dans le ciel peint en sautant de nuages en nuages. C'était de la niaiserie la plus absolue, mais cela réconforta Sirius de voir que quelque uns restaient innocents et enjoués ici bas.
James et lui était dans le bureau de leur professeur, Jerry Cresswell. Le brun à lunettes expliquait la situation de Sirius, et ce dernier s'obligeait à ne pas écouter, essayant d'éviter d'entendre à quel point sa vie pouvait être merdique.
Mais le cri de Jerry le ramena dans la conversation : « TU VEUX PARTIR ? Black, tu n'es pas sérieux, tu ne peux pas tout quitter comme ça. »
La dernière phrase n'était absolument pas interrogative, le regard de Jerry était plus que menaçant. Mais Sirius se sentit tout de même obligé de répondre.
« Je suis passif ici, si je pars, je pourrais aider les Aurors en tuant des Mangemorts. »
« Un crime reste un crime, même si ce sont des Mangemorts. À ce que je sache, le Ministère n'a pas encore autorisé le mort ou vif. Tu deviendras un criminel, Black. »
Sirius se passa la main devant les yeux en soupirant. Est-ce qu'ils se rendaient compte que c'était le dernier de ses soucis. Un des angelots du plafond lança un sort qui fit apparaitre un ruban rose s'enroulant autour d'un de ses condisciples qui dansait. Finalement, le plafond était vraiment trop niais pour lui. Il se redressa dans le fauteuil et fixa les deux hommes en face de lui.
« Merde, comment réagirais-tu si ta petite amie était tuée par l'intermédiaire d'un de tes meilleurs amis ? »
Jerry se racla la gorge, gêné. « J'attendrais impatiemment que les Aurors l'attrape, et je ne donnerai pas l'occasion aux Mangemorts de m'avoir moi. »
Le jeune homme s'énerva. « Pitié, Jerry ! Épargne-moi le discours de l'adulte responsable ! Ce n'est franchement pas ton genre, dis-moi la vérité. »
« Je ferais sans doute comme toi ! » Sirius eut un petit sourire que Jerry calma tout de suite « ce qui ne veut pas dire que c'est une bonne idée ! J'ai toujours eu tendance à me brûler les ailes. Je t'en prie Sirius, ne fais pas le con. »
L'emploi de son prénom fit sursauter le brun. Jerry les appelait toujours par leur nom de famille. L'affaire devait avoir beaucoup d'importance aux yeux de son professeur.
« Et je ne dis pas ça seulement parce que je perdrais un bon élément. Je dis ça aussi parce que ce n'est pas dans ton intérêt de partir en vadrouille tel un chasseur de vampire du siècle dernier. »
« C'est presque une déclaration d'amour » Nota James en regardant ses ongles, un sourire amusé au coin des lèvres. « Pad', je te propose un marché. Attends jusqu'aux vacances de Noël, et je partirais avec toi. »
Jerry s'apprêta à répliquer quand Sirius le coupa. « Qui me dit que ce n'est pas un stratagème pour avoir le temps de m'en empêcher ? »
James passa sa main dans ses cheveux et tendit son poing vers Sirius. « Je te promets de te suivre partout où tu voudras, et d'arrêter seulement quand tu le décideras. C'est clair ? »
Sirius regarda le poing de son meilleur ami, les larmes aux yeux. Des souvenirs de Poudlard remontaient en flèche.
« Parole de Maraudeurs, sur la carte ? »
« Sur la carte. »
Le poing de Sirius cogna vigoureusement dans celui de James. La dernière fois qu'il avait fait ça, c'était pour ne jamais se séparer après Poudlard. Ils étaient dans le wagon qui les amenait vers le quai 9 ¾, à la fin de leur septième année. Seul trois avaient respecté le serment.
Calyssa préparait le repas du soir dans le plus grand calme. Le discours de Remus lui était parvenu jusqu'aux oreilles, et la détresse qu'il avait mis dans ses paroles l'avait frappé de plein fouet. Ils n'en parlaient pas forcément beaucoup tous les deux. Remus était très renfermé, très secret. Et surtout, il avait peur qu'elle s'en aille un jour.
Lors de son dix-septième anniversaire, Calyssa avait invité son petit-ami chez elle pour le présenter à ses parents. Il leur avait fait si bonne impression que son père n'avait rien dit quand elle l'avait pris par la main pour monter dans sa chambre. Après une séance de baisers enflammés – ils ne pouvaient pas aller plus loin avec les parents dans le salon – Remus s'était mis à se tortiller les mains en évitant son regard. La jeune femme avait cru se faire plaquer le jour même de son anniversaire. Il lui avait avoué, avec une douceur telle qu'il l'aurait fait pleurer, sa lycanthropie. La manière dont il lui avait annoncé sonnait comme un adieu, il avait même ajouté qu'il lui donnait le temps de réfléchir à tout ça, et que si elle voulait tout arrêté, il ne dirait rien. Puis il s'était volatilisé, la laissant seule dans sa chambre de petite fille. Ce fut le week-end le plus long de sa vie.
Calyssa était déchirée.
Elle était effrayée du monstre que cachait Remus. Elle n'était pas courageuse, rien qu'une jeune écervelée qui voulait profiter de la vie. Une vie qui pourrait être gâchée en un rien de temps si elle se couchait tous les soirs près d'un loup-garou. Elle voulait des enfants, mais que diraient-ils si leur père disparaissait une fois par mois ? S'ils héritaient de la malédiction ? Elle devrait aussi vivre dans la précarité, les lois anti-loups-garous les empêchant d'exercer certains travaux. Comment vivre en ayant peur de son mari, peur qu'il la tue un soir de Pleine Lune ?
Faire des concessions. L'expression l'effrayait. Elle devrait renoncer à tous ses projets d'avenir à à peine dix-sept ans. Et il n'était peut être même pas l'homme de sa vie, finalement.
Pourtant elle l'aimait de tout son cœur, James avait complètement disparu de son esprit. Bien sûr, elle était au début sorti avec lui par dépit, peut être pour voir la réaction de James. Mais le lycanthrope avait si bien rusé, avait été si attentionné que le jeune Poursuiveur était passé à la trappe. Ils parlaient ensemble pendant des heures, et le sexe était merveilleux. Ils s'accordaient parfaitement, se comportant comme un vieux couple encore fous amoureux. Elle savait qu'elle voulait passer sa vie avec lui. Mais il avait tout remis en cause avec ce terrible secret.
Elle ne voulait pas risquer sa vie.
Sa sœur avait eut un grand rôle dans sa décision, Carmen avait toujours été moins superficielle et plus posée qu'elle. Selon sa jumelle, l'amour véritable n'avait pas de limite. Si elle aimait Remus, sa lycanthropie n'était qu'un obstacle à surmonter. Elles cherchèrent ensemble des renseignements sur les loups-garous. Outre les conservateurs qui clamaient que les lycanthropes étaient quotidiennement violents et adoraient la viande crue, tous les livres disaient qu'en aucun cas le loup influence la personne. Cela la rassura à moitié. Puis James vient la voir, au courant de l'histoire. C'était une des premières fois qu'ils se retrouvaient tous les deux depuis leur rupture, et le Maraudeur étant connus pour éviter ses ex, c'était une exception. C'est là que la jeune femme apprit qu'elle était la seule petite-amie de Remus à connaitre son secret. James s'était énervé quand il avait compris qu'elle doutait continuer sa relation avec le lycanthrope. Mais il avait tempéré son mauvais caractère et avait essayé de la comprendre. Sans succès. Énervé, il était parti en claquant la porte et en lançant un « fais ce que tu veux » blasé. C'est là qu'elle se rendit compte qu'elle aimait Remus plus que tout, et que si elle arrivait à supporter ses crétins de meilleurs amis, elle pourrait supporter sa lycanthropie. Après tout, elle n'aurait qu'à supporter ce problème une fois par mois, les abrutis seraient là constamment. C'était un raisonnement simpliste, un peu tiré par les cheveux, mais elle ne chercha pas plus loin. Elle prit ça comme une aventure, comme dans ces romans crétins où les personnages principaux vivaient une aventure passionnée semée d'embûches.
Remus ne sut jamais qu'elle avait, pendant vingt-quatre heure, pensé à mettre fin à leur relation.
Calyssa mit le plat au four et se frotta les mains. Cela faisait presque trois ans et la peur de Remus était toujours là. Mais elle ne voulait plus partir. Elle était jeune, trop jeune lorsqu'il lui avait dit, ça l'avait paniqué. Maintenant, elle était plus posée. Si elle devait le quitter un jour, ce ne serait pas pour sa lycanthropie. Une silhouette menue se glissa à coté d'elle et prit un verre dans le placard.
« Alors comme ça les enchanteresses ont des aprioris sur les loups-garous ? »
Lily rougit en se penchant dans le frigidaire pour en sortir une brique de jus de citrouille. « Tu as tout entendu ? »
« Presque » Lorsque Lily fit mine de se servir, Calyssa l'arrêta tranquillement. « Ne bois pas ça, Ils ont dû l'acheter au supermarché, c'est fait par des moldus qu'il n'y connaisse rien. Autant ils sont doué pour les cocktails, autant ils ne maitrisent pas la fabrication du jus de citrouille. Il doit en avoir un pichet plein dans le frigo, sers-toi dedans. »
En exécutant les ordres de Calyssa, la jeune femme s'adossa contre le plan de travail en sirotant paisiblement son verre.
« Ma mère me disait depuis toute petite que si je n'étais pas sage, elle me donnerait en pâture aux loups-garous. Ils étaient constamment dans mes cauchemars, alors même à dix-neuf ans j'en garde des souvenirs. »
Calyssa eut un sourire amer. « Le discours de Remus t'as ému ? »
Lily lui jeta un regard interrogatif. « Pourquoi tu me dis ça de cet air là ? »
« Il te raconte son histoire alors qu'il ne te connait que depuis quelques semaines. Il a mis un an avant de tout m'avouer, et encore, par brides. » Elle prit une gorgée de boisson dans le verre de Lily. « J'ai l'impression qu'il n'avait pas confiance en moi, c'est tout. »
« Tu sais, il est plus difficile de se confier à un proche qu'à un étranger. Puis, toi tu ne t'es pas effrayée lorsque tu l'as appris. Il était bien forcé de tout me confier s'il voulait changer ma façon de voir. »
Calyssa repensa à la terreur pure qui l'avait envahi après que Remus l'ai laissée seule dans sa chambre.
« Oui, tu as raison. »
Lily lui jeta un coup d'œil étrange. Empathique. « Remus est un gars bien, Calyssa. Ça se sent dans sa façon d'être, il respire la bonté, et ça je l'ai oublié en un instant après avoir découvert son secret. Toi tu as eu des années pour t'en rendre compte. »
« Je m'en rend compte ! » Calyssa ne comprit pas pourquoi elle avait la gorge nouée. « Je te jure sincèrement que je m'en rend compte. Je l'aime »
« C'est le principal non ? Après tout, l'amour est censé surmonter tous les obstacles ! » Lily avait un sourire studieux en disant ça, comme une écolière récitant sa leçon.
« Où as-tu chopé ça ? »
« Un livre dans ta chambre » L'enchanteresse éclata de rire.
« Et tu y trouves du sens ? »
« Absolument pas. » Elle posa son verre vide dans l'évier et sourit. « À moins que ça ne parle d'amour fraternelle ! »
« Tu as une sœur ? »
« Techniquement, nous sommes toutes sœurs, tu sais avec le sortilège défaillant. Mais oui, j'ai une sœur, Pétunia. »
« C'est courant les noms de fleur chez vous ? » Rit Calyssa.
« Ma mère s'appelle Dahlia … »
« Et comment est ta sœur ? »
« Typiquement enchanteresse. Ce qui signifie craintive, très embrigadée dans la politique anti-sorciers et moldus. Elle a prié Morgane pour le salut de mon âme lorsque je suis partie. Mais je me suis toujours très bien entendue avec elle, nous divergeons seulement sur certaines opinions. »
« Elle te manque ? »
« Oui, mais je sais que j'ai fait le bon choix. De partir je veux dire, c'était le mieux pour elles. Si j'arrive à leur faire entendre raison, elles seront sauvées ! »
Calyssa lui sourit mélancoliquement. Elle admirait Lily pour son courage, et son intégrité. Elle aurait aimé avoir une cause à défendre, elle aussi. Mais la seule chose qui la motivait en ce moment, c'était les tableaux de sa grand-mère.
Masha grignotait le contenu de son assiette tout en papotant de tout et de rien. Sa bouche remuait autant pour parler que pour manger.
« Alors il est beau ? »
« James est super canon, mais il vit dans un appart avec quatre autres personnes, c'est chiant »
« Quatre ? Ça fait du monde dans un appartement ! »
« A l'origine, il y avait seulement trois autres garçons, ses meilleurs amis. L'un d'eux a disparu, je ne sais pas trop comment, et la copine de l'un d'eux a emménagé. Puis décidemment, une enchanteresse a posé ses valises. »
« Une enchanteresse ? » Les ongles rouge acérés de l'amie de la blonde arrêtèrent de triturer sa salade.
« Oui, elle est arrivée il y a environ deux semaines, elle s'est d'abord amené à Poudlard et vu qu'ils sont proches de Dumbledore, ils l'ont recueillie. Je me demande ce qu'elle vient foutre ici »
Son amie passa un doigt dans ses cheveux blonds platine et se mordit la lèvre en souriant. Masha continuait de parler de Lily. Puis elle s'arrêta. « Au fait, Rita, tu l'as eu ta promotion à la Gazette ? »
« Oui » Elle eut un sourire carnassier. « Me voilà journaliste, il ne manque plus qu'un sujet croustillant »
12/10/80 Rubrique Arts et Histoire.
LES ANGELOTS DU MINISTÈRE, UN TRAVAIL D'ARTISTE OU SIMPLE ROMANTISME DÉSUET ?
Le travail anonyme qui orne le plafond du département des Aurors fait polémique depuis qu'un des étudiants Auror ait déclaré cela de la plus grande niaiserie au monde. Une parole qui intrigua la Gazette et ouvrit une enquête journalistique. Le lieu même de l'œuvre d'art porte à confusion. Peut être l'auteur voulait-il mettre un peu d'amour dans le monde de brute des défenseurs du monde sorcier. Une des sorcières de ministère, qui a tenu à garder l'anonymat, a fait une déclaration à ce sujet : « Si je tenais le jeune imbécile qui a fait ce discours, je le pendrais au plafond. Il n'y a pas une œuvre au monde qui arrive à la cheville de ce plafond magnifique. Même le plafond de la Grande Salle de Poudlard n'est pas aussi somptueux ! »
Alors, cher lecteur, de quel côté êtes-vous ?
OoO
J'ai eu du mal avec celui là ! Les suivants se passeront après le prologue, il fallait donc que je mette en place des trucs ... Le suivant est écrit à moitié, et j'essayerais de faire plus long, pour me faire pardonner de l'attente entre les chapitres ! Je suis là jusqu'à lundi, ce qui me permet de m'avancer dans le prochain chapitre, puis je pars pour trois jours. J'espère que la publication se fera le week-end prochain !
Bisous !
EwilanGil'Sayan.
