IMPORTANT :

Bonjour, alors voilà la suite ^^. D'abord, j'aurais vraiment besoin de votre aide pour ce chap... à la base, destiné à choquer, j'ai l'impression que c'est un chap comme un autre... alors j'aimerais bien un petit coup de main s'il vous plaît ! x)

Narya

Chapitre 9 : Folie pure.

Hiruma

J'avais envie de hurler. Je voulais crier, me débattre, partir. Laisser ces voix qui me torturaient la tête, de plus en plus nombreuses, criardes, aigues, indistinctes…

Ces voix. Ces voix qui hurlaient dans ma conscience, ces voix infernales. Ces voix qui me donnaient l'impression qu'un petit insecte me bouffait le cerveau, ces voix stridentes et continues, ces voix qui ne s'arrêtaient pas et qui me donnaient l'envie de me fracasser la tête…

Je voulais en finir, ça faisait un mal de chien. Ça se battait en duel dans mon crâne, ça tournait dans tous les sens, ça se mettait à l'envers, à l'endroit, ça dansait, ça jouait et ça ricanait. Ça me donnait l'impression d'un bordel complet, pire que tout ce que j'avais pu voir jusqu'ici. Le Tokyo stadium en plein délire devant un match décisif de foot US n'était rien en comparaison. C'était de la pacotille. Ces bruits… ces bruits qui me rendaient sourd et qui pourtant amplifiaient encore ce qui se passait à l'extérieur. Ces bruits insupportables.

Si j'en avais encore eu le pouvoir et la force, je me serais cogné la tête contre le mur jusqu'à m'exploser la cervelle et en crever. Mais je ne pouvais pas. Non, je ne pouvais pas. Parce que j'avais trop mal. Parce qu'en plus du bruit qui régnait dans mon crâne, la lumière des étoiles me grillait la rétine jusqu'au cerveau, m'aveuglait totalement. Une lumière trop blanche, trop pure. Une lumière qui amplifiait encore et toujours ces sons infernaux… celle des lampadaires étaient cent fois pire, pire encore que celle du soleil que j'aurais pu regarder en face, en plein jour.

Mais la douleur ne venait pas que de là, non, c'aurait été trop beau pour être vrai. Elle naissait de mon corps entier qui hurlait de souffrance, qui gueulait d'arrêter cette torture incessante qui se répercutait de partout et qui ne faisait qu'augmenter de seconde en seconde, comme une onde sismique inébranlable et inarrêtable. Et j'avais envie de m'égosiller autant que lui, j'avais envie de crier autant que lui, mais je n'y parvenais pas…

J'avais la sensation qu'on écrasait mes cordes vocales et mes membres, qu'on les piétinait, lentement, comme si on prenait un malin plaisir à entendre mes os se broyer ; et comme si ça n'avait pas suffit, j'avais l'impression qu'un feu liquide, brûlant, vif, me traversait chaque parcelle de peau, de muscle et d'os que je pouvais receler. Un feu destructeur, un feu qui ravageait toute sensation apaisante et ne faisait qu'augmenter le froid ambiant qui régnait, me brûlant les poumons de l'intérieur, me faisant suffoquer, m'empêchant de respirer…

Un vide béant se frayait un chemin à travers moi, un néant indescriptible et presque plus insupportable que le reste, me grignotant de l'intérieur. Ce vide qui s'avançait en moi comme un rouleau compresseur…

S'ajoutant à ça, je sentais mon estomac se tordre sur le coup d'une souffrance que je n'aurais plus jamais pensé revivre. Une souffrance étouffante. Une souffrance connue. Une souffrance qui disait : « Elle est morte, elle n'est plus là, tu ne la reverras jamais… »

Une souffrance insupportable.

Un grognement s'échappa de ma bouche à demi ouverte et mes ongles lacérèrent le béton sur lequel j'étais… je m'étais écroulé.

Des fuckin' tremblements, des spasmes irréguliers s'emparèrent de mon corps qui m'appartenait plus, mais plutôt à cette voix uniforme et pourtant si éclatée, indistincte, qui chantait d'un son strident dans mon crâne. J'essayais de la repousser, cette saleté de voix, cette fuckin' voix… j'avais l'impression qu'elle reprenait de plus belle quand j'arrivais plus à tenir et que je relâchai un tant soit peu mes efforts. J'avais la sensation qu'elle prenait totalement le contrôle de ma conscience, mais que c'était pas pour les meilleures choses… merde !!

Et puis… et puis elle était arrivée. Oh, je l'avais entendue de loin. Déjà en bas j'avais pu distinguer son cœur battre et son souffle chaud réchauffer ses mains qu'elle frottait l'une contre l'autre, quand elle avait monté les marches de son pas léger. Pareil quand sa peau était entrée en contact avec le métal de la poignée, quand elle avait ouvert la porte en-dessous de moi. Je n'entendais plus qu'elle, je ne me focalisais plus que sur elle, voulant oublier et oubliant presque cette douleur et cette voix qui hurlait dans ma tête, ainsi que tout le reste.

Je me fixai sur son souffle et le son irrégulier de ses paupières se refermant pour chasser le froid sec de ses yeux. Je l'avais entendue monter lentement les barreaux, presque en prenant son temps. J'avais envie de lui crier de se dépêcher, que sinon j'allais complètement sombrer, totalement perdre pied et plonger dans un trou noir duquel je pourrais plus me sortir. J'avais envie de lui crier d'aller plus vite pour me faire émerger de ce véritable cauchemar.

Pas un son ne put jaillir…

Ma bouche resta hermétiquement close.

Bordel de merde ! Qu'est-ce qu'il m'arrivait, hein ? Pourquoi j'avais des envies de meurtres et de suicides toutes les cinq secondes ? Pourquoi j'avais envie de bouffer un lion et de déchiqueter, massacrer, torturer tout ce qui venait à ma portée ? Pourquoi j'avais envie d'entendre des cris agonisants que j'aurais délibérément provoqués ? Pourquoi j'avais envie de détruire toute vie étant dans mon champ de vision en faisant endurer une douleur sans nom avant et après la mort ? Pourquoi j'avais envie de voir des visages parfaits se tordre et se crisper dans un hurlement de souffrance insupportable et sournoise ? Pourquoi, hein ? Tout ça, c'était même pas humain. Et si ça m'avait traversé l'esprit lorsque mes nerfs étaient sur le point de lâcher, j'aurais jamais pu commettre ce genre d'horreur.

Pardon ? Vous me voyez comme sadique, tout à fait capable de faire ça ? Oh, revoyez votre jugement, je suis pas un malade psychopathe bon pour l'asile, je suis humain, à la base… et si beaucoup de gens se prennent la honte à cause du chantage, je n'ai jamais tué ni fait délibérément souffrir quelqu'un. Et vous pourrez nier autant que vous voudrez, vous savez pertinemment que c'est vrai. Je n'ai tué personne.

Enfin…

À une exception près.

Mais ce n'est pas pour parler de ma fuckin' vie de merde que je suis là. Ces envies, hein, ces envies… ces envies de jubiler devant la souffrance des autres, ces envies de voir des personnes totalement anodines ou prétentieuses se tordre de douleur… oh, tout simplement sublimement jouissif.

- Hiruma… ? murmura une voix inconnue.

Je ne l'avais pas entendue monter. Trop plongé dans mes délires et fantasmes de pur sadisme pour ça…

Je restai quelques secondes à écouter un battement de cœur, puis… Oh… un être humain. Vivant, à côté de moi. Un être que je pourrais m'amuser à torturer… entendre ses cris désespérés d'agonie comme si… comme si quoi ? Aucune comparaison était possible pour ce que j'avais envie de faire subir…

J'esquissai un mince sourire de satisfaction : j'allais enfin pouvoir me défouler sur…

Non mais… attends deux secondes, c'est quoi ce délire !? Bordel !! J'allais pas me faire avoir par ces voix et ce truc à la con qui voulait la peau de tout ce qui bougeait ou qui sentait un tant soit peu la chair et le sang ! PUTAIN !! J'allais vraiment tomber dans un cercle infernal !! Avec ces voix, cette douleur, et ces envies… ! Bordel, ces envies c'était le pire… c'était de la folie, de la démence, de… de l'inhumanité. Mais, humain… est-ce que je pouvais encore me qualifier ainsi ? Vous pouvez me dire ça, vous qui êtes en train de regarder ma fuckin' vie de merde défiler devant vos yeux avec peut-être un sourire ? Est-ce que je l'étais encore, humain ?

Bien sûr… que non.

Je tournai la tête vers cette voix qui m'avait appelée il y avait… avant. Je sais même plus, j'avais plus aucune notion du temps, apparemment je pensais et faisais les choses à toute vitesse, beaucoup plus vite qu'un humain, plus vite qu'Agon, même, cette pourriture d'Agon…

Je découvris une jeune femme, devant moi, debout. Belle, peau nacrée, lisse, des formes peut-être un peu trop présentes, sans pourtant choquer… des cheveux châtains, presque roux, mais aux reflets blafards à cause de ces fuckin' lampadaires. Ses yeux… bleu saphir, un nez retroussé et une bouche légèrement pulpeuse, mais surtout… surtout, son cou, fin, blanc, gracieux, trouvez tout ce que vous voulez de positif. Et à ce cou, battant furieusement, sa jugulaire palpitante, où un sang chaud bouillonnait de terreur… oooh, alléchant.

Je me levais lentement, je pus sentir son odeur… exquise. Mon souffle se fit plus rauque, et je continuais de fixer son cou, ce qui m'intéressait le plus, où battait une veine qui émettait un son magnifiquement superbe. Une veine que j'avais envie de mordre, d'arracher et de déchiqueter comme un loup l'aurait fait avec sa prise. Ou même, mieux. J'allais la laisser en vie et lentement la lui retirer, en lui craquant les os, en lui arrachant la peau… en la faisant souffrir.

Oui, parce que… elle était ma proie.

- Mamori ! hurla une autre voix.

Une voix claire, pas stridente, non, limite dans les graves, même… et pourtant elle fut l'alarme qui m'arracha à ma torpeur quelques secondes. Pétard… qu'est-ce que j'étais en train de faire ? Je louchais sur Mamori depuis tout à l'heure avec l'envie de la faire souffrir et de la bouffer !? Mais c'est que j'étais bon pour l'asile, merde !! Pourtant, son cou, il avait l'air si savoureux… sa peau si douce à mordre, tendre, presque moelleuse…

MAIS NON, BORDEL !! Réveille-toi, bouge-toi, bouge-toi !

Son odeur, framboise…

- Mamori…, murmurai-je dans un dernier élan de désespoir total, me sentant plonger dans un trou noir.

Je voulais pas la perdre. Non, je voulais pas qu'elle parte. Elle était ce fil qui me raccrochait au reste, ce fil qui me permettait de passer au dessus de l'eau, au dessus du feu… mais le problème c'était que je risquais d'être le ciseau qui allait le couper, ce fil si fragile…

Le son de sa peau déchirée sous mes ongles, la chaleur de son sang bouillonnant dans ses veines, le tremblement de ses lèvres me suppliant de la libérer, la terreur de son visage si délectable et la souffrance qui le déformerait ensuite, le craquement de ses os si fins entre mes mains, la…

- Mamori… sauve ta vie…

Elle avait trop reculé, elle tombait un mètre et demi plus bas. Pendant tout ce temps où je l'avais regardée, elle n'avait exprimé que peur, peur, et peur. Sa figure avait été déformée par la peur. Cette peur que j'inspirais aux autres…

Pourtant, lorsque j'avais prononcé son prénom, elle avait sourit. Oui, sourit. Pendant la seconde avant qu'elle ne touche le sol et s'évanouisse, un sourire heureux était passé sur son visage. Et… et derrière elle, j'avais pu reconnaître Lee.

Lee…

Avec elle, elle serait en sécurité. Avec elle, elle aurait une chance de survivre, de m'échapper. Mon estomac se remplit d'un vide profond. Si, à présent, j'allais être comme ça, un monstre, pendant le restant de ma vie, alors c'était la dernière fois que je la voyais. Je pouvais définitivement lui dire adieu…

Un voile noir et épais commença à emprisonner ma conscience, m'enfermant dans des ténèbres abyssales.

Je parcourus les contours de son visage, de sa silhouette, l'éclat de sa peau pâle, sa bouche un peu pulpeuse, son cou fin et gracieux…

Son cou. Oh que oui, son cou avait l'air tellement doux, tellement crémeux… sa nuque se briser ? Non, ce serait une mort trop rapide.

Je regardai avec appétit Lee rentrer dans la cage d'escaliers, lui laissai un petit temps d'avance, ainsi la chasse serait plus palpitante… même comme ça, tout était joué d'avance. J'allais les saigner, toutes les deux, la rousse avant, et la fille à la peau de nacre ensuite, mais elle, plus lentement. Il fallait la faire crier, avant, lui faire sentir cette souffrance passionnante qui prenait ces pauvres êtres mortels lorsqu'ils étaient au seuil de la mort.

Je descendis avec empressement de la cage d'escaliers, enfonçait la porte comme du papier et courus avec délectation le long des couloirs noirs, suivant ces deux odeurs mélangées si alléchantes.

Au bout de quelques minutes de poursuite dont on connaissait déjà la fin, je pus voir la rousse s'acharner contre un battant de bois, ou métal, je ne sais plus… tout ce qui m'intéressait, c'était ce corps inconscient au sol.

Cette odeur… d'abord, celle de la fille debout, composée d'une très légère fragrance de fleur de cerisier mélangée à celle, plus forte, de mûre sauvage attachée à un soupçon de… de mer. Accompagnant tout cela, l'effluve moins enivrante de ses vêtements, parfumés à la lavande… mais pas vraiment de la lavande… trop artificiel. Mmh, superbe.

Mais l'arôme de ce corps par terre. Magnifiquement, superbement, exquisément bon. Tout d'abord, un léger parfum de framboise accompagné d'un petit soupçon d'odeur de choux à la crème. Derrière tout ça, c'était la senteur de la nature elle-même que j'avais distinguée : indémêlable, douce et sauvage à la fois, aussi fraîche que la brise, aussi chaleureuse que le soleil caressant légèrement la peau, aussi agréable que les fleurs de printemps tout juste ouvertes, aussi forte que l'océan, aussi douce qu'un bouton de rose… j'aurais pu continuer la liste sur plusieurs kilomètres tellement elle était longue.

Je m'abaissai et pris ce futur cadavre agonisant dans mes bras. Le parfum qu'il dégageait m'entoura de toutes parts, me donnant presque le tournis tant il était merveilleusement bon.

Je baissai les yeux sur le visage détendu de cette fille inconnue qui me rappelait vaguement quelque chose. Son odeur, trop enivrante, envahit une fois de plus mes poumons et je plongeai le nez dans ses cheveux fins, dans son cou, faisant durer le plaisir avant de pouvoir goûter cet arôme, le sentir couler, chaud, doux, dans ma gorge sèche.

Juste à ce moment là, je me souvins de l'autre fille. Je levai la tête, elle me regardait avec terreur, désespoir. Je posai le corps inconscient par terre, sans aucune délicatesse et me dirigeai vers elle. Pour sa vue, ses sensations d'humaine insipide, ça avait dû être un déplacement instantané.

Pas de chance, tu m'échapperas pas…

- …t'as pas dix-huit ans, souffla-t-elle.

Un éclair de lucidité traversa mon esprit complètement embrumé : aujourd'hui, c'était mon anniversaire. Mon dix-huitième anniversaire. Même que je détestais ça au plus au point.

Je lui pris le menton et lui tournai lentement la tête vers moi. De tout son être n'émanait qu'une seule pensée qui la poussait toujours plus bas vers le désespoir et la résignation.

Zéro pour cent.

- Si, murmurai-je. Aujourd'hui.

Je pus voir sur son visage une sorte de soulagement. Ça m'étonnait, j'aurais pas été rassuré, à sa place… bah, de toute façon, qui s'en souciait ?

J'approchai mes canines de sa jugulaire, savourant son odeur pourtant moins raffinée à mes yeux que celle émanant du corps étendu deux à trois mètres plus loin. Je profitais du moment, je goûtais cette peur invisible et pourtant si palpable qui flottait dans le couloir.

- Joyeux anniversaire, Hiruma, chuchota la voix.

Mon sourire apparut lorsque, sans plus attendre, je plantai mes crocs dans la chair tendre de l'humaine juste devant moi. Elle eut un sursaut de surprise puis se détendit totalement, comme résignée à mourir.

Oh, faire souffrir celle-là ne serait pas une mince affaire… elle avait trop de fierté pour hurler de douleur, cette cruche mortelle. Mais avec un peu de patience, de ravissement pour moi, j'arriverais bien à lui arracher quelque grimace ou cri…

Je sentis le sang parvenir à ma bouche, ce sang chaud et douceâtre. Je sentis mes canines s'enfoncer plus profondément dans la jugulaire, ainsi qu'une sorte de… liquide un peu épais s'écouler dans l'artère que je venais de mordre. Sans doute du venin… mon venin.

Quelques minutes se passèrent ainsi, le corps mortel entre mes dents se relâchant toujours un peu plus. Il allait s'effondrer lorsqu'il se raidit soudain, prit d'une violente convulsion. Je restai fermement planté dans son cou malgré les secousses qui s'emparait de ses membres, décidé à ne pas lâcher prise.

Cela dura encore un bout de temps, puis d'un seul coup, plus rien. Pas même un souffle, si on comptait pas celui de l'autre inconsciente par terre…

Sentant sa peau se durcir, j'enlevai précipitamment mes dents de sa chair. Le sang présent sur son épiderme coulait lentement le long de son épaule dénudée, mais plus aucune trace de la plaie que j'avais formée peu de temps auparavant.

Merde… qu'est-ce qui se passait encore ? Je pouvais pas torturer une mortelle tranquillement qu'elle m'attirait déjà les emmerdes ?

Oui. Des emmerdes.

Pourquoi ? Je le sentais. Un aimant à emmerdes.

La fille devant moi regarda son épaule, puis avec son index enleva le sang et… et le porta à sa bouche. Pardon !? Je viens bien de voir ce que je viens de voir ? Elle vient d'avaler son propre sang !?

Elle se retourna lentement, très lentement. Un tout petit sourire s'afficha sur mon visage. Sur le sien, je pouvais voir… une perversité et une sournoiserie sans nom, se muer soudainement en horreur, se changer quelques secondes après en sadisme décuplé, puis en une crispation légère, signe d'effort pour garder sa conscience, etc…

Et soudain, elle me vit vraiment. Elle se figea, sa face se mua en étonnement mais prirent rapidement et définitivement place la cruauté et l'inhumanité. Elle était devenue vampire… ?

Je n'eus pas le temps d'y réfléchir qu'elle se jetait sur moi avec une rage sans nom. Elle me plaqua contre le mur face à la porte défoncée, et avec un grognement venant du fond de ses entrailles, elle me projeta dans la salle ouverte derrière elle.

J'atterris sur le sol en faisant tomber quelques tables et chaises au passage. Elle, elle était calme, mais montrait les dents ; elle marchait doucement, mais un grondement continu sortait de ses lèvres entrouvertes. Je souris. Un second vampire… magnifique. Ça allait faire des étincelles.

Je me ruai sur elle de toute ma force et vitesse, elle ne dut pas me voir car elle n'esquissa pas un mouvement… et lorsque nous atterrîmes sur le béton armé du mur, il vola en éclat, laissant la pluie entrer à sa guise.

Je l'avais prise par la gorge, enfonçant mes ongles dans son cou, lui arrachant un grommellement. Elle retourna la situation en m'attrapant le bras et en me brisant les os qui émirent un « crac » tout à fait satisfaisant… pour elle.

Je pus le lire sur son visage, ce plaisir sadique de faire du mal, d'entendre craquer et hurler les victimes, cette envie folle de tout détruire, ce besoin de torturer, d'ôter des vies. Ce besoin que nous ressentions tous les deux…

- Ne bougez plus, où alors ce sera votre courte et misérable vie qui partira en fumée.

Nous nous tournâmes d'un même mouvement vers cette voix qui avait proféré la menace. Pourquoi ça, « ne plus bouger » ? Pourquoi ça, « ne plus saisir la chance de martyriser » ?

- Je suis comme vous et bien plus puissant, alors évitez, les jeunes, lâcha une autre voix derrière nous, plus grave, plus lasse, cette fois.

Nous restâmes de marbre. De toute façon nous n'avions pas le choix : plusieurs autres comme eux nous encerclèrent, condamnant toute voie d'échappatoire…

Et ils nous tombèrent dessus sans que nous ayons pu bouger. Je me laissai faire, mais elle, se débattit avec rage et force, déchiquetant l'un, brisant les os de l'autre comme de la paille, mettant à terre le troisième. Subjugué par le combat, je ne songeai même pas à bouger d'un pouce pour faire pareil…

Je sais pas comment, je sais pas par quel moyen, mais elle se retrouva dans une cage, seule. Surprise tout d'abord, elle aussi, elle se cogna ensuite contre les barreaux avec fureur, les secoua comme elle pouvait, grogna… rien n'y fit. La cage bougeait mais ne cédait pas.

- Hiruma Yoichi ? appela quelqu'un.

Je tournai la tête vers ma gauche. La seule chose maudite que j'aurais jamais pu oublier, c'était bien mon nom, mon fuckin' nom.

- Elle n'est pas morte, observa-t-on. Tu l'as mordue ?

Je ne dis rien, ne hochai pas la tête en signe d'affirmation. Seul un sourire carnassier put confirmer les dires de l'autre con devant moi.

- Il l'a mordue… et… elle a survécu, murmura un autre. Une explication ? demanda-t-il en se tournant vers les autres.

Plusieurs secondes de silence suivirent, coupés par les grognements de l'autre en cage. Je souris de plus belle, quand une femme s'avança, une femme à la peau blafarde, aux cheveux longs, épais. Une femme qui ressemblait drôlement à cette fille enfermée à moitié folle…

- C'est ma fille, lâcha-t-elle amèrement.

Un silence de mort s'ensuivit. Ah, j'avais tout de même réussit à faire souffrir quelqu'un un tant soit peu… mon sourire s'élargit.

La folie s'est emparée de Hiruma et Lee. Ils ne sont plus eux-mêmes et ne le seront sans doute plus jamais…

Ils sont devenus des vampires.

Voilà, pour le genre, je sais pas si vous aurez compris, ça pencherait vers... euh, gollum on va dire (pour la double personnalité) et vers le sadisme totalement démesuré, voire l'horreur pour certains passages. Et comme vous l'aurez compris, eh bien... je suis pas vraiment douée pour faire transparaître tout ça T-T

Narya