Loony Loopy Lupin

note: Euh... J'ai un peu perdu le compte de mes publications, là, mais bon...On va dire RDV dans deux semaines? Merci beaucoup à Melusine Fraise pour la relecture et les corrections!

Disclamer : Les personnages ne m'appartiennent évidemment pas... Et même l'histoire est à JK Rowling... (je ne vous apprends rien si je vous dis que ce n'est pas moi qui ai écrit le tome trois d'Harry Potter...)Mais quand même, il y a un peu de mon imagination !!!

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Chapitre 9:Nez crochu et pattes arquées

"Tu me crois, maintenant ?

-... Peut-être, Lupin, peut-être... "

Il avait jeté un sort sur Sirius. Il. Avait. Jeté. Un. Sort. Sur. Sirius. Et il ne pouvait oublié le regard qu'il lui avait lancé. Peine. Douleur. Tristesse. Regrets...

Remus se retourna sur son lit, froissant les couvertures. Sny, de son perchoir à côté de la fenêtre vint se poser sur la table de chevet.

"Laisse moi, Sny..." lâcha le lycanthrope faiblement. Mais l'oiseau portait bien son nom, et resta accroché au petit meuble en bois, refusant de se faire dicter sa conduite si facilement.

"Oiseau stupide."

Qu'était-il venu faire? S'était-il vraiment trompé de lit? Recherchait-il quelque chose ou quelqu'un, hormis Harry? Qu'avait-il ressenti en le revoyant?

Remus se posait tellement de questions qu'il ne pouvait même plus se concentrer sur autre chose et avait du abandonner ses copies sur son bureau pour aller se doucher, puis s'était couché directement... A trois heures de l'après-midi...

Son moral était vraiment mis à l'épreuve. Jour après jour. A chaque instant. Et il commençait à en avoir vraiment plus qu'assez. Un jour, il allait exploser, cracher à Snape qu'il se trompait sur toute la ligne, et que de toutes façons, s'il ne le croyait pas, il s'en fichait comme de l'an quarante, dire à Minerva que ses petites manières l'agaçaient fortement, à Dumbledore que sa passion pour les friandises lui donnait un air de papy gâteau... Et à Vector que Flitwick en pinçait pour elle... Cette perspective le fit sourire.

La pluie cessa brusquement de s'abattre avec violence contre la vitre. Sny poussa un hululement. Il voulait sortir. Remus également, mais ce dernier avait trop peur. Sirius était dans les environs, et il ne voulait pas risquer de tomber dessus au détour d'un sentier, par inadvertance...

Mais son besoin d'air frais fut le plus fort. Il respira un bon coup, puis se leva, le hibou à sa suite. Il traversa le château silencieux. Etrangement, en ce samedi après-midi, il n'y avait presque personne.

Les puissantes bourrasques de vent le faisaient trembler de la tête aux pieds, et il se sentait comme un fétu de paille face aux forces de la nature... Enfin, un gros fétu de paille, voire une motte... Ses forces de loup-garou étaient tout de même bien pratiques dans certaines situations! Le lac était agité et des vagues s'écrasaient contre ses rebords.

Remus s'approcha prudemment de l'eau. Il s'assit à une bonne distance pour ne pas risquer d'être éclaboussé, et se recroquevilla sur lui même, entourant ses genoux avec ses bras et en posant son menton sur les articulations. Il ferma les yeux.

Il ne savait pas combien de temps s'était passé. Une seconde? Une minute? Une heure? Mais lorsqu'il rouvrit les paupières, la pluie s'était remise à tomber. Sny, qui s'était envolé dès qu'ils avaient tout deux gagné le parc, rentra et piaillant dans le Hall par une des fenêtres encore ouverte. Mais Remus, lui, ne bougea pas. Ses sens de loup-garou l'en empêchaient. Ce n'était pas un peu d'eau qui allait le contraindre à s'enfermer! Il ressentait, au fond de lui, que ce n'était pas une bonne idée. Pourtant, rien à faire, il n'allait pas bouger.

Il se sentait lourd, pesant, et en même temps, avait la tête vide, l'empêchant de se concentrer ou de réfléchir à quoi que ce soit en particulier plus d'une demi seconde. Il resserra son étreinte autour de ses membres inférieurs, et frissonna. Il était trempé, glacé, fatigué... La terre sous son corps s'était transformée en boue.

A quoi cela l'avançait-il? A part a avoir le rhume de l'année, bien sûr... Il se posait toujours les mêmes questions, sans avoir de réponses... Il aurait été mieux dans la Salle-Sur-Demande! Peut-être sans plus d'informations, mais au moins au chaud... Et sec! Son instinct humain reprenait un peu ses droits...

Et peut-être, comme il n'y avait personne pour le surprendre, Sirius, sous sa forme de chien, viendrait à sa rencontre, et s'approchait près de lui... Trop près... Remus, dans ses pensées, crut même discerner une silhouette noire apparaître de derrière une haie, mais l'illusion fut vite chassée par une bourrasque chargée de pluie. Sa santé ne s'arrangerait pas comme ça, aussi bien physique que mentale ! Remus aurait presque put se croire masochiste. Il frissonna, mais pas de froid cette fois.

Il devait rentrer sans tarder, sinon il allait devenir fou... Et d'un autre côté...

Il pouvait attendre. Attendre que quelqu'un vienne le chercher. Si ce quelqu'un venait un jour.

Mais, par Merlin, que faisait-il? Il se mettait dans des situations impossibles, pour... Pour tester les gens? Au fond de lui même, Remus dut s'avouer que c'était exactement ce qu'il faisait... Qui sera le plus rapide, le plus prompt à réagir? Qui ne le cherchera même pas?

Il ne se reconnut plus. Etait-il vraiment devenu quelqu'un comme ça?

Remus ne se sentait pas fautif au point de vouloir vomir, mais cela n'en était pas loin.

Il voulut se lever, décidé à ne plus se prendre pour un gamin de six ans, lorsqu'il constata avec horreur que ses membres inférieurs ne le portaient plus. Il eut un hoquet de surprise, et s'affala dans l'herbe boueuse. Sa robe collait à son corps à cause de la pluie, et il tremblait de froid. Sournoisement, une petite voix venue de l'intérieur de sa tête lui souffla : tu l'as bien mérité !

Devenait-il fou? Car il avait l'étrange impression que cette vois appartenait à...

"Snape!"

"Ne cris pas comme ça...Ne parle d'ailleurs même pas à haute voix..."

"Par Merlin, que... qu'est-ce... QUE FAIS-TU DANS MON ESPRIT ????"

"Oh, moi, rien de particulier...

-Je reformule ma question... COMMENT ES TU ENTRE DANS MA TÊTE ???

-Hum... Un essai de potions...

-Et tu as cru bon de l' "essayer" sur moi? Tu ne crois pas qu'une seule présence importune me suffit amplement?

-C'est toi qui veux me prouver que tu n'es pas coupable!

-Ce n'est pas une réponse, mais...Tu as fait ça pour me disculper?

-Non.

-SNAPE !

- Je te l'ai dit, Lupin, c'était pour un essai!

-Evidemment!

-Bon, veux-tu que je vienne te chercher, ou non?

-C'est du chantage!

-Peut-être. A toi de voir, Lupin.

-Viens.

-... "

Snape trouva Remus en train de patauger dans les flaques.

"Retour en enfance, Lupin?

-Ha ha, très drôle! Sors moi de là!"

Le professeur de Potions ne demanda pas comment Remus s'était mis dans une situation pareille, car il l'avait déjà lu dans son esprit. Il se contenta donc de pousser un long soupir.

"Je vois que tu as réussi à annuler les effets de ta Potion.

-Effectivement."

Remus s'appuya sur l'épaule de Snape, et s'étonna d'ailleurs de sa résistance, lui qui était si frêle, par rapport à son corps de loup-garou.

"Ah, et euh... merci pour ton cadeau..."

Remus esquissa un faible sourire. Trouver un cadeau pour l'anniversaire de Snape n'avait pas été une mince affaire! Il avait longuement hésité, avait fait plusieurs voyages à Hogsmeade. C'était la première fois depuis de longues années qu'il restait aussi longtemps à faire les boutiques. Il avait d'abord pensé à acheter de nouvelles robes au professeur de Potions, les siennes étant quelques peu raccommodées, mais en se rappelant que lui même en avait besoin, il s'abstint de dépenser son argent pour quelqu'un d'autre afin de lui acheter ce dont lui avait besoin. Il avait ensuite songé à des ingrédients pour ses potions, mais se dit bien vite que Snape devait en avoir déjà une réserve hallucinante. Après ces deux idées infructueuses, il avait vraiment eut un gros trou d'inspiration, et avait stagner longtemps dans les rues, à la recherche d'un présent à offrir. Il se serait bien inspiré du pendentif de Sirius, mais donner à Snape un bijou aurait été mal vu... Puis, ce fut l'illumination, il sentit germer l'idée du siècle... Enfin, peut-être pas... De la semaine...

Il s'était précipité dans un magasin accueillant, et avait acheté... Un livre de cuisine ! Et bien oui, ce qui se rapprochait le plus, chez les Moldus, des potions, était la cuisine. Il avait donc trouvé un album relié avec de jolies gravures, achetés un peu de matériel dans un village un peu plus lointain, Hogsmeade étant entièrement sorcier- après coup, Remus se demanda même ce que faisait un livre de cuisine dans le village- avait emballé le tout dans du papier cadeau... Et l'avait offert à Snape pour le 9 janvier, la date de son anniversaire. Celui ci avait accepté le présent avec... scepticisme. Mais apparemment, ça lui avait plu... Il avait même été poli... Un grand pas vers un comportement correct !

Le reste du trajet se passa en silence... Snape ne poussa pas une seule fois un soupir, ni ne râla d'aucune manière. Remus en fut même étonné.

Les grandes portes lourdes de chêne s'entrouvrirent pour les laisser passer. Filch marmonna dans sa barbe quelque chose de probablement très peu poli, ayant été vraisemblablement dérangé au milieu de son repas.

"Viens dans mon bureau boire quelque chose, pour te réchauffer..." grogna Snape, ou tout du moins une formule ressemblant à celle-ci.

Etonné, Remus le suivit sans broncher. Voila quelque chose de nouveau! Snape désirait prendre un café, un thé, ou il ne savait quoi d'autre avec lui, pour "papoter"!

Les cachots n'étaient pas sombres, mais si peu accueillant qu'ils méritaient bien leur réputation de nid de chauves-souris. Le professeur de Potions fit apparaître un fauteuil de Remus ne savait où.

"Assis-toi."

Le lycanthrope obtempéra sans broncher, curieux.

"C'était quoi, ça ? demanda Snape d'un ton froid.

-Quoi? fit Remus, savant pourtant pertinemment de quoi parlait Severus.

-Je peux savoir ce que tu faisais en plein milieu du parc, en février, sous la pluie?

-Tu n'es pas ma mère, je n'ai aucun compte à te rendre.

-Oh Merlin, non, quel calvaire dans le cas contraire! Mais je repose ma question.

-Moi aussi.

-Comment?

-Dans quel but as-tu pénétré mon esprit?

-Je te l'ai dit.

-Il n'y a pas que ça.

-Si. C'était un... "

Snape incendia Remus du regard en s'apercevant que celui-ci avait réussi à détourner la conversation. Le loup-garou cligna des yeux.

"Et puis tu le sais déjà non? Tu ne vas pas me dire que lorsque tu es rentré là-dedans -il désigna sa tête- tu n'as pas appris la raison de cette... promenade.

-Mais bien sûr que je suis au courant de la raison! Ce que je veux c'est...

-M'engueuler?

-Je croyais que tu avais déjà remarqué que je ne suis PAS ta mère.

-Tu te conduis comme tel.

-Je ferais comme si je n'avais pas entendu. Ce serais mieux pour nous deux. C'est, donc... Mettre au clair tout ça...

-"mettre au clair tout ça" ? C'est-à-dire?

-Tu voulais qu'il vienne? Vraiment?

-Non!

-C'est pourtant ce que j'ai vu.

-Pas moi. Je n'arrive même pas moi-même à analyser ce que je ressens, alors t'aider à comprendre, laisse tomber.

-Tu te conduis comme un adolescent.

-Ah, tu peux parler.

-Sache que je ne te fais toujours pas confiance.

-Je sais.

-Tu es même très suspect. Mais comme tu l'as dit, si tu n'arrives pas toi-même à démêler ce que tu ressens, je ne vois pas comment je pourrais le faire.

-Bon... L'interrogatoire est terminé?"

Remus se leva, un peu énervé par les paroles de Snape.

"Oui."

Le lycanthrope contourna le fauteuil, et quitta la pièce sur ces entrefaites. La relation entre lui et le professeur de Potions était de plus en plus hasardeuse.

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Les Maraudeurs étaient quatre. Peut-être les quatre sorciers les plus brillants de leur génération. Ou pas. Mais à l'époque de leur scolarité au collège magique de Hogwarts, ils avaient fait preuves d'un zèle incomparable... En matière de blagues.

Qui dit blagues, dit punitions... Si on se fait prendre. Et les Maraudeurs ne se faisaient presque jamais prendre... Grâce à quoi? Une carte. Cette carte, tout le monde, à Hogwarts, ou presque connaissait son existence : un plan du château où était affiché les moindres recoins... Ce qui était moins connu, était sa fonction spéciale d'afficher les personnages, professeurs, élèves, ou tout être humain à l'endroit où ils se trouvaient, à condition que ce soit dans un endroit répertorié de la fameuse carte... Et ce qui l'était encore moins, était la capacité de la carte à informer ses fondateurs lorsque quelqu'un essayait de lire son contenu sans la phrase mot de passe, si ceux-ci étaient dans l'enceinte de Hogwarts.

Ce dernier dispositif avait été mis en place à la fin de la sixième année des Maraudeurs, et n'avait pas été beaucoup utilisé. Effectivement, les deux meneurs de la bande avaient été calmés dans leur ardeur par leurs amours respectifs. De plus, la montée du pouvoir de Voldemort avait arrêté totalement les farces au milieu de la septième année, après la mort des parents de James...

Ce fut donc avec surprise et méfiance que Remus accueillit le parchemin jaunâtre qui venait de se matérialiser devant lui, alors qu'il était dans son bureau, à corriger bêtement des copies.

Il resserra l'emprise sur sa baguette, qu'il tenait déjà à la main pour entourer les fautes qu'avaient commis ses élèves. Il regarda suspicieusement le bout de papier. Il était vierge. Il te tâta avec l'extrémité de sa baguette.

Alors, un message apparut sur le parchemin, comme écrit par une main invisible. Restant prudent, Remus s'approcha lentement.

"Mr. Prongs signale à Mr.Moony, dans le bureau de Défense Contre les Forces du Mal, qu'il serait prié de se rendre rapidement dans les cachots, où le professeur Snape essaie de découvrir les secrets de la Carte du Maraudeur... "

La mémoire revint tout d'un coup à Remus, et il se souvint de la particularité si pratique de la Carte. Il ne put s'empêcher de poussa une exclamation outragée. Comment Snape avait-il réussi à se procurer la Carte du Maraudeur? Pourquoi tentait-il de la forcer? Pourquoi maintenant?

Il n'y avait qu'une seule réponse. Harry. Ce jour là était le jour de la visite à Hogsmeade... Et il s'était fait prendre.

"Mr. Padfoot confirme les dires de Mr. Prongs, et en profite pour signaler à Mr. Moony qu'il l'aime très fort et l'embrasse."

Remus resta pétrifié devant le parchemin, le teint oscillant entre le rouge et le blanc crayeux.

"Mr. Wormtail ajoute que ce n'est pas le moment pour ce genre de choses, et propose à Mr. Moony de prendre le passage du tableau de William Georgh IV pour parvenir plus vite aux cachots."

Lentement, les phrases s'effacèrent, et le parchemin redevint blanc. Remus se leva d'un bond, et essaya de mettre de côté toutes les sensations qui affluaient dans son esprit, ne gardant en tête qu'une seule chose: Snape était en train d'essayer de révéler la carte du Maraudeur.

Le lycanthrope se précipita dans le couloir. Il ensorcela un bout de papier pour qu'il se rende dans le dortoir des Gryffindors prévenir Ron Weasley de la situation dangereuse de son meilleur ami. Alors qu'il passait la porte, la cheminée à l'intérieur de la pièce s'illumina d'une lueur verte.

Remus failli se frapper le front de ne pas y avoir pensé.

"Lupin! dit Snape de son bureau, à travers les flammes, je voudrais vous demander quelque chose."

Le coeur de Remus fit un bond, et il s'avança pour passer dans la cheminée.

Le cachot était, comme à son habitude, sale et peu accueillant... Mais pas aussi vide qu'à l'accoutumée, car Harry se tenait en plein milieu de la pièce, presque aussi blanc que Snape lui-même, ce qui n'était pas peu dire. Le jeune homme parut cependant soulagé de le voir.

Remus épousseta sa robe.

"Vous m'avez appelé, Severus? Le vouvoiement arracha presque une grimace à Remus.

-En effet. Je viens de demander à Potter de vider ses poches et voilà ce qu'il y cachait."

Snape était vraiment dans une fureur noire. Il brandit la Carte devant lui. L'estomac de Remus se retourna à la vue des quelques mots qui y étaient inscrits.

"Alors?"

Le loup-garou se demandait vaguement à quel jeu jouait Snape, pour qu'il y participe aussi. Faire une scène devant Harry n'était pas la meilleure des solutions. Remus réfléchit à toute vitesse. D'accord, que Severus ignore l'existence de Moony, Padfoot, Prongs et Wormtail était impossible, car comme tous les Slytherins il avait déjà tenté de découvrir le mystère des Maraudeurs... Il faisait donc sûrement toute cette comédie dans le but de ne pas éveiller la curiosité de l'adolescent. Ou peut-être pas. Car parmi toute cette colère malsaine, Remus discernait la jubilation de Snape à l'idée d'avoir dans ses mains la célèbre Carte du Maraudeur.

"Alors? répéta-t-il, continuant la mascarade. De toute évidence, ce morceau de parchemin déborde de magie noire. Vous êtes censé être un expert en la matière, Lupin. Où pensez-vous que Potter ait pu se le procurer?"

Qu'insinuait le vil serpent? Rien, il l'espérait, pour le déstabiliser... Encore... Il échangea un regard avec l'adolescent, muet.

-De la magie noire, vous croyez vraiment, Severus? A mon avis, c'est tout simplement un morceau de parchemin qui insulte quiconque essaye de le lire. Puéril, mais certainement pas dangereux."

Là, il venait de gagner un point. Snape n'allait jamais démentir quelque chose qui prouvait que Harry ressemblait à son père en faisait des blagues de mauvais goûts

"J'imagine que Harry a dû trouver ça dans un magasin de farces et attrapes.

-Vraiment? dit Snape en crispant les mâchoires avec force, sentant qu'il s'était fait avoir en beauté, mais ne perdant pas de sa morgue- cette altercation n'allait VRAIMENT pas arranger leur relation qui en était venue à être presque amicale - Vous croyez qu'un magasin de farces et attrapes pourrait fournir un tel objet ? Vous ne croyez pas plutôt qu'il l'a obtenu directement de ceux qui l'ont fabriqué?"

Remus enrageait. En une seule phrase, Snape avait réussi à mettre à plat leur belle couverture, s'il pouvait l'appeler comme ça. En tous cas, avorter la curiosité de Harry était peine perdue, à présent. Le lycanthrope continua tout de même et feignit l'incompréhension.

-Vous voulez dire de Mr. Wormtail ou de l'un des autres?"questionna-t-il innocemment, mais en fixant sur Snape un regard venimeux."Harry, connaissez-vous l'un de ces messieurs?"

Le professeur de Potions plissa les yeux. Bien sûr que le jeune Potter les connaissait

"Non, répondit sincèrement Harry.

"Vous voyez bien, Severus? J'ai bien l'impression que ça vient de chez Zonko..." Mais pour Snape, ces mots voulaient dire " J'ai bien l'impression que c'est moi qui aurait le dernier mot"

Et comme pour fignoler le dernier acte d'une pièce de théâtre, Ron Weasley, le meilleur ami de l'adolescent, fit irruption dans le bureau, hors d'haleine.

"C'est...moi...qui...ai...donné...ce...truc...à Harry, parvint-il à souffler, au bord de l'apoplexie. Je...l'ai...acheté...chez...Zonko...il y a... très...longtemps!

-Vous voyez? finit Remus, soulagé de s'être enfin débarrassé du problème. Voila toute l'explication. Je vais m'occuper de cet objet, Severus, d'accord?"

Le Slytherin suivit avec une attention toute particulière le chemin que le morceau de papier parcourut jusqu'à la poche rapiécée du lycanthrope. Se faire reprendre le trésor des Maraudeurs, leur précieuse carte si durement acquise au nez et à la barbe était enrageant.

"Harry, Ron, venez avec moi, ajouta Remus d'un ton dur. J'ai quelque chose à vous dire..." Il hésita quelques instants à peine perceptibles. " En ce qui concerne votre devoir sur les vampires. Excusez-nous, Severus."

Les deux adolescents obtempérèrent sans broncher, trop heureux d'être sorti d'affaire... A tort. Harry allait en entendre parler ! Avec Sirius dans les parages, un des inventeurs de la Carte, faire de petites ballades n'était vraiment, mais vraiment pas conseillé... Remus préparait déjà mentalement les sermons qu'il allait lancer sur le fils de James...

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Le ciel azuré était éclairé par un soleil étincelant. Le mois de Juin se finissait en apothéose par ces dernières semaines de beau temps et de chaleur.

Remus ferma les yeux, profitant de la douce brise qui agitait les feuilles des arbres.

La journée des examens s'était finie pour lui par celui des deuxièmes années, juste après les troisièmes. Il avait eu de très bons éléments durant l'année scolaire et était particulièrement fier du travail qu'il avait effectué.

De plus, il avait toutes les raisons d'être joyeux: deux semaines auparavant, les Gryffindors avaient gagné la coupe de Quidditch, et ils étaient en bonne voie pour remporter la coupe des Quatre Maisons !

Un élément gâchait ce si beau tableau : Buck, un des hippogriffes dont Hagrid prenait soin avait été condamné à mort. Remus aurait bien aimé venir apporter son soutien au Demi-Géant, mais il se doutait que Harry, Ron et Hermione, particulièrement proche du professeur de soins aux Créatures Magiques, allaient se charger de la tâche exemplairement, même s'ils étaient censés être interdits de sortie à l'heure de la décapitation. Remus pensait, à raison, que Harry utilisait la cape de son père pour faire de petites escapades nocturnes. Il avait failli, à plusieurs reprises, aller à sa rencontre pour ramener par la peau du coup à son dortoir le petit inconscient qu'il était. Mais il s'était retenu de justesse.

La Carte du Maraudeur était étalée devant lui, lui dévoilant tous les recoins du château de Hogwarts, excepté le Salle Va-Et-Vient, bien entendu. Les petits personnages s'affichaient, de Dumbledore qui faisait les cent pas dans son bureau, en compagnie de Fuge, à Snape qui faisait Remus ne savait trop quoi dans les cachots, jusqu'à Neville Longbottom, qui était dans le dortoir des Gryffindors...

Le lycanthrope soupira. Avec toute cette joie, il fallait toujours qu'il y est des désagréments... Il devait réfléchir à ce qu'il allait faire... Allait-il, ou, la vraie question, pourrait-il rester à Hogwarts enseigner le Défense contre les Forces du Mal l'année suivante ? Sirius resterait-il dans la nature, toujours libre, alors que les cours allaient se finir? Suivrait-il Harry jusqu'à Little Hangleton ? Que ferait Dumbledore, alors?

L'avenir était tellement incertain que Remus se serait crut de retour à la sortie de la septième année, la vie devant soi, et aucun chemin tracé à l'avance, perdu...

De plus, qu'en était-il de Voldemort? Il n'était pas mort, et Dumbledore en avait eu la preuve lors de la première année de Harry, lui avait-on dit. Mais où était-il? Reprenait-il des forces?

A travers toutes ces questions, on pouvait percevoir l'angoisse du loup-garou. Et en plus, la pleine Lune allait avoir lieu le soir même, avec tous les désagréments qui l'accompagnaient...

La porte du bureau dans lequel se trouvait Remus s'entrouvrit presque silencieusement, mais pas assez pour les sens avisés du lycanthrope. Il se retourna pour voir qui avait pénétrer dans la pièce. Il n'y avait personne. Les sourcils levés, il s'approcha du battant de bois et l'inspecta. Rien. Il le referma donc.

Un bruit dans son dos le fit sursauter, et se méfier d'avantage. Mais cette fois, rien d'inhabituel. Ce n'était que Sny qui tapait contre le carreau. L'oiseau n'avait toujours pas compris, en six mois, qu'il aurait fallu qu'il passe par la volière... Remus lui ouvrit la fenêtre. Le hibou se précipita dans la salle en ébouriffant ses plumes, et vint se poser sur le bureau. Il portait à la patte un morceau de parchemin.

Le lycanthrope le lui détacha et le lut. Il s'agissait d'une convocation au Ministère de la Magie par une certaine Dolores Jane Umbradge, qui allait, était-il dit, effectuer un changement dans l'habilitation des loups-garous.

Remus s'étonna une demi seconde que le Minstère sache qu'il était à Hogwarts, mais se reprit vite. Sny avait été appelé là-bas, et ce n'était pas un oiseau étranger qui était venu lui porter le message. Le Ministère ignorait donc toujours qu'il enseignait à l'école de sorcellerie. Ce qui était plutôt une bonne chose.

Il s'assit sur le fauteuil, et laissa aller Sny librement dans la pièce. L'oiseau était étrangement méfiant, ce qui ne lui arrivait presque jamais, puisqu'il était une vraie tête brûlée. Remus s'en étonna fortement.

Le hibou disparut derrière une commode.

Remus se remit à l'inspection de la Carte. Harry, Ron et Hermione sortaient du château, sûrement pour se rendre à la cabane de Hagrid.

Puis soudain, en un quart de seconde, une explosion de bruits se fit entendre : entre un hululement affolé d'une puissance sonore remarquablement élevée, un bruit non identifié, une boule noire se précipita sur lui à toute vitesse... Suivit d'une autre boule orangée, qui suivait l'oiseau de près... Trop près.

Remus essaya de reprendre ses esprits, mais Sny lui sauta là figure, semblant terrorisé, et un animal se jeta sur sa poitrine, toutes griffes dehors, tentant d'attraper le hibou.

Le lycanthrope poussa une exclamation de douleur et attrapa la bête qui semblait enragée à eux mains pour la soulevé. A sa grande surprise, il s'agissait du chat au nez écrasé et aux pattes arquées d'Hermione, prénommé Crookshanks, il lui semblait.

"Mais que...!" s'indigna-t-il.

Le chat lui répondit par un miaulement rageur.

"Que veux-tu à mon hibou? Sny, qu'est-ce que tu as fait? "

Les deux animaux sentaient l'aura bestiale qui entourait Remus, et se sentaient obligés de lui obéir. L'oiseau s'envola de la tête de son propriétaire pour se poser sur le bureau, une enveloppe dans le bec. Crookshanks rentra les griffes, et, dignement, rejoint Sny et lui arracha consciencieusement le papier, reprenant son bien.

Remus le regardait, surpris, et amusé par leur attitude.

Puis, le surprenant, le félin roux se dirigea vers lui et lui tendit le parchemin.

Remus hésita. Qu'était-ce? Il saisit l'enveloppe fébrilement. Sur papier blanc, rugueux au touché, un seul mot était écrit, d'une écriture si dénaturée que Remus ne la reconnut pas immédiatement : Moony.

Le lycanthrope sentit son sang se glacer. Il perdit toutes se couleurs. La brève idée de jeter le papier au feu sans le lire lui vint, mais fut soufflée rapidement.

Comment osait-il?

D'une main tremblante, alors qu'il s'y opposait de tout son coeur, si fragile, il dégrafa le dos de l'enveloppe.

Le mot était incrit à l'encre indélébile dans sa mémoire. Moony. Et cette calligraphie! Une écriture tremblante, faible, si différente de celle qu'il connaissait si bien... Il n'y avait q'une seule personne qui était encore en vie pour l'appeler par ce surnom affectueux.

Ses lèvres étaient sèches. Il ne se rendit même pas compte qu'il avait retenu son souffle.

Il sortit un morceau de parchemin d'une main hasardeuse. Pourquoi s'acharnait-il? Il était tellement plus simple de tout laisser tomber et de partir en courant!

L'écriture était la même, noire et recroquevillée, à l'intérieur qu'à l'extérieure de la lettre. Il baisa les yeux.

"Moony... A présent, je pense qu'entre nous, il n'est plus la peine de mettre un "cher" ou un "mon" précédent la formule d'appel...

Cela fait si longtemps... Je me demande encore, des fois, comment j'ai osé écrire ces mots... Tu es là, moi aussi... Après tout ça...Pourquoi? Je pourrais la jouer moins mélodramatique, et venir te le dire les yeux dans les yeux... Mais non, tu vois... Gryffindor n'était décidemment pas la bonne Maison."

Une larme coula, et s'écrasa au sol...

"Si je te dis que je suis innocent, je ne suis même pas sûr que tu aurais la force de me rire au nez... Enfin, si je suis encore vivant lorsque tu arriveras au niveau de mon nez... Et puis je ne le suis pas... Mais si seulement, si seulement tu connaissais toute l'histoire...

A la fin, on se demande à quoi cela a-t-il servi... je ne te fournirais pas cette réponse... Juste la vérité... Si c'est cette vérité là que tu désires entendre... Je n'ai pas fait tout ça pour eux, il y avait beaucoup de mon intérêt là-dedans aussi, bien sûr... Ne pas avoir à tout porter... Il en avait déjà tant...

Peter n'est pas mort. Il est caché. Et c'est lui le traître. Tout aurait été tellement plus facile si ça avait été moi... Je serais mort, et ça aurait été tout. Mais ce n'est pas le cas. Peter les as vendu, il les a assassiné aussi sûrement que Voldemort l'a fait.

En acceptant ça, Moony, tu accepteras tout. C'est pour cela que je ne te demanderais pas de le faire. Me faire confiance! Si j'étais vraiment comme les miens, cela te tuerait comme tout les autres... Je tiens trop à ta vie. Ne me crois pas.

Crois en la vérité. Tout simplement. Ou peut-être pas."

L'eau salée dégringolait le long des joues de Remus.

"Ne pleure pas, pas pour moi.

J'en ai trop fait, trop vu, et trop entendu... Ca suffit.

J'espère que tu sauras déceler le vrai du faux. Tout se jouera dans très peu de temps. Sois là où il le faut quand il le faut.

Oublie que je t'aime de toute mon âme et pour toujours...
Padfoot.
"

Les pensées de Remus étaient tellement emmêlées qu'il n'arrivait même plus à avoir une seule idée cohérente. Il hésitait entre paniquer, se laisser aller à la tristesse et au désespoir, s'énerver, ou bien ignorer superbement la lettre. Après quelques instants, il convint que la dernière option était impossible à réaliser. Il fallait qu'il choisisse. Croirait-t-il que Peter vivait, ou non? Sa raison lui disait que c'était impossible. Le Ministère ne se serait pas fait berner aussi facilement! Et comment le quatrième Maraudeur aurait-il réussi à dissimuler sa vie durant 12 ans, presque 13 ?

Mais quelque part, au fond de lui, il espérait. Sirius, innocent? Sirius, condamné injustement? Presque un héro, ayant résisté à treize ans d'incarcération à Azkaban? Tellement improbable!

Devait-il aller prévenir immédiatement Dumbledore? Le bon choix, il serait le seul à le prendre... Ou à ne pas le faire... Mais il devait agir.

Remus se prit la tête dans les mains. L'enjeu était sûrement un des plus importants de sa vie. Et il avait à peine le temps d'y réfléchir. "Tout se jouera dans très peu de temps"...

Mais... Qu'est ce qu'il lui prenait!? Depuis le début, ne voulait-il pas prouver à Snape qu'il avait tort, et qu'il tiendrait tête à Black? Il en avait l'occasion ! Il n'allait pas le croire... Peter était mort, depuis bien longtemps à présent, comme Lily et James. Cette réalité lui enfonça un pieu ardent dans le coeur.

Oui, il aimait Sirius Black, et celui-ci lui avait répondu que lui aussi... Mais ce pouvait être que des balivernes, des mensonges pour l'amadouer! L'amour était tellement facile à manipuler! Black était sorti d'Azkaban, il ne pouvait pas être sain d'esprit ! Il ne le pouvait plus...

Il avait pris sa décision. Irrévocable...

A ce qui lui semblait...

Une seule chose aurait pu le faire changer d'avis. Le destin, lui, avait crut en Sirius Black.

Sur la Carte du Maraudeur, sur laquelle se pencha Remus, qui écarquilla les yeux de surprise, une petite étiquette se déplaça dans le parc de Hogwarts, juste à côté de celle de Sirius Black, qui d'après le parchemin était celle correspondant à Peter Pettigrew...

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Je suppose que vous l'aviez compris, c'est bientôt la fin... XD !
J'espère que vous avez aimé ce chapitre ! Et... Bonnes vacances à tous et à toutes (enfin... ceux qui sont en vacances...) !!!