Bonjour tout le monde !

Je poste Samedi soir car je vais à un festival demain alors je me couche tôt et je suis pas sûre d'avoir le temps de le poster demain ;) Mais ça sera dimanche la prochaine fois, ça ne change pas. Vous aurez juste à attendre 3h de plus par rapport à d'habitude.

Ce chapitre sera le plus long de tous (normalement XD) j'ai rajouté 5 pages sur ce chapitre ce qui l'a totalement allongé. Si un jour je ne publie plus, c'est que Epsi aura décidé de me tuer parce que j'apporte des modifs de dernières minutes ! (N'hésitez pas à signer la pétition "Contre les co-auteurs qui veulent tuer les autres co-auteurs alors qu'ils sont gentils" !)

J'espère en tout cas qu'il vous plaira. Il se passe beaucoup de choses dans ce chapitre.

Bonne lecture.

Merci à Mélody pour avoir corrigé ce chapitre.

/!\ Pour le bien de cette histoire, Teddy Tonks est né le 23 Décembre 1997 /!\

NdA : La publication se fera à raison de une fois par semaine, tous les dimanches. De plus, nous souhaitons vous préciser que pour chaque review laissée, nous enverrons en MP (vous devez donc avoir un compte fanfiction) une préview du prochain chapitre à l'aimable personne :)

Bêta : Merci à Mélo pour son aide et sa correction !


Le p'tit mot d'Epsi : Non mais je ne veux pas la tuer… C'est juste… C'est juste… Nan mais clairement, je lui mettrais bien des baffes parfois à Aude ! :P

Mais non, t'inquiète pas chaton je savais dans quoi je m'embarquais, et tu me fais toujours rire quand tu me dis "Heu… j'ai pensé à un truc pour ASAP…"

Bref ! Bonne lecture pour ce nouveau chapitre plein de douceur malgré sa tristesse.


RAR anonyme :

amlou : Salut ! Tu vas pouvoir découvrir dans ce chapitre les réactions des autres. Plusieurs choses vont évoluer et je te laisse découvrir quoi ;) Bonne lecture et merci pour ta review !

Guest : Coucou, en effet, le Drago/Hermione est moins présent, mais il y a de temps en temps des passages où l'on rappelle ce qu'il se passe. Merci pour ta review !


Chapitre 10 : Une nouvelle ère

Drago regardait Harry accueillir avec joie ses amis. Le blond était en haut des escaliers et essayait de ne pas se faire remarquer. Depuis cet endroit, il pouvait voir ce qu'il se passait. Non pas qu'il était un voyeur, il voulait juste voir leur arrivée.

Pathétique.

Drago se trouvait ridicule. Il soupira et alla jusqu'à sa chambre chercher son balai, ses amis n'allaient pas tarder alors il préférait s'éloigner de l'entrée pour le moment.

Harry, de son côté, était loin de se soucier des pensées de Drago, il retrouvait enfin ses amis après une longue absence. Des tonnes de choses s'étaient passées et il ne savait pas trop ce qu'il devait dire ou pas à Ron et Hermione. S'il n'avait pas de doute sur la réaction de Hermione, qui était compréhensive, cela était différent avec Ron. Alors pour le moment, il ne voulait pas parler de sa relation avec Severus.

Tous les trois allèrent dans le jardin en souriant et rigolant parfois. Hermione et Ron n'avaient rien dit mais voir leur ami en si bonne forme leur avait vraiment faire plaisir.

De l'autre côté d'une fenêtre, Lucius, de son bureau, regardait Harry avec ses amis. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Il ne regrettait pas d'avoir laissé le brun inviter les deux Gryffondors.

-Ce jardin est magnifique Harry ! fit Hermione en regardant autour d'elle avec admiration.

Ron, lui, regardait comme un idiot les poteaux de Quidditch qui se voyaient au loin.

-Mec… t'as un terrain de Quidditch !

-Le jardin de Lucius est super non ? demanda Harry en regardant les yeux éberlués de ses amis.

-Harry, répondit Hermione en le regardant. Tu sais que ce jardin est aussi le tien maintenant ? Donc votre jardin est super !

-Mmh… Oui… murmura Harry, gêné.

Pour lui, il n'était qu'un invité en ces lieux, mais peu lui importait tant qu'il pouvait en profiter, il n'avait pas besoin de plus.

-Harry… gémit Ron. Il y a réellement un terrain de Quidditch ici ? De Quidditch ?!

-Oui, il est plus petit que celui de Poudlard, mais tout de même imposant. Tu veux aller le voir ?

Avant que Ron n'ait pu sauter de joie, Hermione se mit face à lui, les mains sur les hanches.

-Je te préviens Ronald, si nous allons voir le terrain de Quidditch, nous n'y restons pas toute l'après midi !

-C'est bon… marmonna le rouquin en soupirant.

Harry sentait une certaine tension dans l'air entre les deux, il était sûr qu'ils s'étaient disputés avant de venir. Il ne posa pas de question néanmoins, ça ne le regardait pas. Tous les trois marchèrent en direction du terrain, les conversations avaient repris assez naturellement.

Harry leur proposa de faire un détour et de se poser quelques instants un peu au bord du lac. Il préférait attendre un peu avant de rejoindre le terrain car il avait vu Drago passer avec ses amis, armés de leur balai. Cela lui permettait également de parler tranquillement au bord de l'eau. Cet endroit avait le don de le calmer.

Lorsqu'ils s'installèrent, le brun en profita pour prendre des nouvelles de Andromeda.

-Que lui était-il arrivé la dernière fois alors ?

-Un malaise, rien de plus, expliqua Hermione. Ils l'ont gardée un peu plus longtemps pour être sûre que tout allait bien et les examens sont revenus nickels donc elle a pu ressortir.

-Et Teddy ? Qui s'en est occupé ?

-Papa et maman, répondit à son tour Ron. Tu connais maman, avoir un mioche à la maison la rend toute joyeuse. C'était infernal…

-Je n'avais pas osé lui demander ce qu'il lui est arrivé, je ne voulais pas paraître indiscret... C'est vrai que c'était il y a longtemps, mais j'avais besoin de savoir si tout s'était bien passé.

Hermione lui fit un sourire et acquiesça.

-Harry, je veux pas paraître énervant, mais on peut aller au terrain de Quidditch ? fit Ron les yeux pétillants.

Le brun accepta en rigolant, il était par contre légèrement inquiet car le rouquin avait lancé un regard noir aux Serpentards lorsqu'ils étaient passés près d'eux pour se diriger vers le terrain. Harry espérait vraiment que Ron ne ferait pas de remarque.

Tous les trois reprirent le chemin pour rejoindre l'endroit tant attendu par son ami. Une fois sur le bord du terrain, ils purent constater qu'ils n'étaient pas les seuls à vouloir profiter du beau soleil de ce mois d'août. Effectivement, Drago Malefoy, Blaise Zabini et Théodore Nott étaient tous les trois, montés sur des balais et semblaient se livrer un match enragé.

-Mon pauvre vieux, souffla Ron. Devoir partager ton quotidien avec tous ces serpents…

-Arrête Ron, répondit Harry, tu sais très bien que Drago est mon ami maintenant et c'est la première fois que je vois Nott et Zabini ici…

Le rouquin grommela mais accepta les paroles de son ami.

-Tu as déjà profité du terrain Harry ? demanda gentiment Hermione.

-Un petit peu, mais seulement en la présence de Severus, grimaça Harry. Il dit que que je suis encore un peu faible pour le moment.

-Severus ?! s'étouffa Ron.

-Oui… dit Harry mal à l'aise. Vous savez… depuis la fin de la guerre, on s'entend plutôt bien… Il est plutôt gentil et il m'aide beaucoup.

Il y eut un silence, pendant que son meilleur ami digérait l'information, Harry regardait fixement le sol, n'osant pas affronter son regard. Pourtant, Hermione prit la parole :

-Il y a plus n'est-ce pas ? demanda Hermione avec douceur.

-Pa… Pardon ? bafouilla Harry.

-Oh arrête Harry ! Je te connais ! Depuis ta septième année tu recherches sans arrêt son approbation, tu faisais un maximum d'efforts pour qu'il te respecte et lui aussi avait changé de comportement. J'ai vu la tendresse dans ses yeux lorsqu'il est passé près de toi tout à l'heure pour rejoindre le bureau de Monsieur Malefoy.

-Oh…

C'est tout ce que put répondre Harry. Il ne savait absolument pas quoi dire d'autre. Hermione était… époustouflante. Par contre Ron de son côté…

-Tu couches avec Snape ?! hurla-t-il.

Heureusement, ils étaient seuls et les Serpentards volaient trop haut dans le ciel pour avoir entendu distinctement. Par contre, ils avaient entendu les cris et les regardaient fixement.

-Déjà que tu as épousé un Malefoy et maintenant tu baises avec Snape ?! C'est une blague ?! Que ce…

Il n'eut pas le temps de continuer, qu'il sentit une vive douleur sur sa joue.

Voyant Harry se mettre à trembler, Hermione s'était plantée devant son petit ami et lui avait collé une gifle retentissante.

Au dessus d'eux, Drago se régalait du spectacle avant de s'apercevoir qu'Harry tremblait et de descendre en piqué pour s'occuper de lui. Il sauta presque de son balai pour courir jusqu'à son ami. Avec tous les événements qui s'étaient déroulés récemment, il n'avait pas besoin de demander au brun ce qui se passait. Il le savait bien. Ce rouquin était intolérant, Drago ne comprenait pas vraiment pourquoi, mais il l'avait toujours été.

-Harry ? Tu veux qu'on rentre ? demanda-t-il au jeune homme en passant un bras autour de ses épaules.

A côté de lui, Hermione attrapait Ron par son tee-shirt pour l'approcher violemment d'elle.

-Ecoute moi bien Ronald Bilius Weasley, je n'en peux plus de toi et de tes remarques insupportables ! Je suis une Gryffondor et pourtant je sais mieux que toi que ce n'est pas parce que cette maison abrite des Serpentards que cela fait d'eux des meurtriers. Mais depuis que notre ami - enfin le considères-tu encore comme un ami ? -, depuis qu'il nous a annoncé qu'il allait épouser Lord Malefoy, tu n'as pas cessé de me faire crises sur crises en me disant et m'expliquant de toutes les manières possibles que cela était ignoble et intolérable qu'il puisse épouser un fidèle de Voldemort. Et bien maintenant, j'arrête de me taire ! J'essayais toujours de te calmer quand on était seuls pour que tu ne fasses pas d'exclandres devant les autres mais c'est fini. Je ne veux pas que tes remarques blessent Harry une fois de plus. Tu es juste un idiot, un imbécile et tout est fini ! Je ne veux plus jamais te voir, toi et ton hypocrisie.

Toute sa tirade s'était faite sur une voix basse, tellement basse qu'elle avait donné des frissons à tout ceux qui l'avaient entendue. Harry n'avait d'ailleurs jamais connu Hermione avec une voix aussi menaçante.

-Tu… tu ne me quittes pas Hermy ? Ma chérie…

La jeune femme poussa violemment le rouquin qui tomba sur le sol.

-Oh que si ! Je ne veux plus jamais te voir ! Tu pars d'ici.

-Mais… mais c'est Harry le maître de maison, tu ne peux pas me faire partir d'ici, commença à crier Ron en se relevant.

Drago se détacha de son ami et s'avança vers l'ex-copain de Hermione.

-Je suis également l'un des maîtres de ce manoir. Et vu que tu ne tolères pas deux relations dans cette maison, je ne vois pas pourquoi tu devrais y rester une seconde de plus. Mais dans ma grande bonté… je te laisse deux minutes pour quitter le domaine !

-Je ne vais pas t'obéir la fouine !

-D'accord… Expecto patronum !

Une brume bleutée sortit de la baguette de Drago et dansa dans les airs pour former un petit animal. Le blond écarquilla les yeux quelques secondes. Son patronus était un cheval. Son patronus avait toujours été un cheval. Mais là, devant lui se tenait une jolie petite loutre. Elle se mit un instant sur ses deux pattes arrières et détala à toute vitesse en direction du manoir.

Ron de son côté, parlait toujours à Hermione.

-C'est bon, je ne suis pas intolérant envers les Serpentards… C'est juste que… C'est bizarre. Non seulement il est marié à un homme, un serpent de surcroît mais en plus il couche avec un autre. Et l'un comme l'autre ont léchés les bottes de Tu-Sais-Qui ! Ils font partie des personnes qui ont tué Fred, blessé Bill ! Je ne vois pas comment il peut accepter ça et comment je peux accepter ça. Il doit y avoir un problème. Je suis ouvert d'esprit mais il ne faut pas trop m'en demander. Harry est mon ami, je veux juste l'aider.

-Comme tu l'as aidé pendant le Tournois des Trois Sorciers ? Ou comme tu l'as aidé quand tu es parti pendant la guerre ?

-Arrête de ressasser ça ! Tu sais que je m'en suis voulu pour ça.

-Non je ne sais pas et…

Pendant ce temps, dans le bureau du Maître des lieux, Lucius et Severus parlaient tranquillement du procès lorsqu'un patronus inconnu débarqua devant eux. C'est avec surprise qu'ils entendirent la voix de Drago.

-Père, Weasley a fait une connerie ! Il faut le mettre dehors. Harry va mal !

Puis, le patronus disparut.

Sans réfléchir plus longtemps, les deux hommes se levèrent vivement et se hâtèrent au terrain de Quidditch où ils savaient trouver Harry. Les deux se posaient beaucoup de questions, qu'est ce qu'avait fait ce petit crétin de rouquin ?! Mais surtout : comment allait Harry ?

Plus ils s'approchaient de la scène, plus ils sentaient leur sang bouillir. Ils distinguaient parfaitement la forme tremblante de Harry dans les bras de Drago. Severus grogna :

-Lucius… Tu t'occupes du fils Weasley, je risque de le tuer...

Le blond jeta un regard en biais à son ami et le vit fulminer silencieusement. Severus était effectivement un protecteur. En arrivant près des jeunes, ils entendirent les paroles cruelles de Ronald.

-... et c'est des Mangemorts ! Tu vas pas me dire que ce n'est pas bizarre qu'il couche avec les disciples du connard qui a tué ses parents, qui ont torturé et tué des amis ! Et j…

Il n'eut pas le temps d'en dire plus, qu'il se sentit happé en arrière. Une douleur au cou le fit haleter.

Lucius, fou de rage, avait attrapé le jeune par son col et l'avait tiré en arrière jusqu'à l'éloigner un peu des autres, il le retourna et le souleva légèrement pour le regarder dans les yeux. C'est d'une voix basse et absolument terrifiante qu'il prit la parole :

-Monsieur Weasley… Je ne crois pas vous avoir invité chez moi pour me faire insulter et encore moins pour insulter mon époux. Je pensais lui faire plaisir en acceptant la venue d'un Weasley au manoir, je me suis apparemment trompé… Je vois que Miss Granger a plus de jugeote et elle ne m'a donc pas mis en colère. Vous par contre, c'est tout autre. Considérez à partir d'aujourd'hui que vous n'êtes plus le bienvenu dans cette demeure. J'informerai votre chef de famille pour cet affront et je ne vous autorise plus à approcher mon époux ou vous aurez affaire à moi, gronda Lucius.

Lucius ferma juste une seconde les yeux pour se concentrer. Il était le maître du domaine et son manoir, comme Poudlard, avait sa propre magie qui ne répondrait qu'à son propriétaire. Alors l'homme demanda à la demeure de faire partir cette personne qui voulait du mal à ses habitants.

Une bourrasque de vent fit voler le rouquin en dehors de la propriété.

Le lord se tourna enfin vers son mari qui se trouvait dans le creux des bras de Severus. Ce dernier lui parlait doucement dans l'oreille. Lucius n'entendait pas ce qu'il lui disait mais cela devait s'apparenter à des mots de réconfort. Il s'avança vers eux et posa une main délicate dans les cheveux bruns de Harry tout en regardant son ami qui le fixait pour voir ce qu'il allait faire.

-Ramène-le au manoir. Occupe toi de lui.

Severus acquiesça et partit directement vers la demeure en amenant son amant avec lui. Lucius les regarda partir avant de se tourner vers son fils.

-Merci de nous avoir prévenu.

L'homme fit un signe de tête. Il allait pour reprendre le chemin qui menait au manoir quand Hermione l'arrêta :

-Attendez monsieur Malefoy… Je… je suis désolée pour ce qu'a dit Ronald. J'aurais dû savoir qu'un jour il déraperait et blesserait Harry. Je vous présente mes excuses.

Le lord se tourna vers la jeune femme et la regarda avec un léger sourire.

-Voyons Miss Granger, ce n'est pas vous qui nous avez insultés mon mari, mon ami et moi. Ne vous excusez pas, cela n'a pas lieu d'être.

Lucius, cette fois-ci, repartit directement sans se faire arrêter de nouveau. Il essayait de faire bonne figure mais entendre quelqu'un blesser Harry le touchait profondément. Lui avait l'habitude de se faire insulter ou se faire montrer du doigt. Severus aussi avait cette habitude. Mais ni lui, ni Severus, ne voulaient que leur passé retombe sur le jeune garçon.

Hermione et les trois Serpentards étaient à présent seuls. Théo et Blaise se regardèrent et après avoir haussé les épaules, remontèrent sur leurs balais pour reprendre leur partie.

Drago allait faire de même mais Hermione l'arrêta.

-Drago ? Je voulais te remercier… d'avoir pris soin d'Harry. Je sais que tu passais souvent au Square et que tu le forçais à se nourrir. Je sais aussi que tu lui fournissais les potions du professeur Snape et je t'en suis reconnaissante. Pour une fois, la solution n'était pas dans un livre, et je dois avouer que j'ai paniqué.

Drago s'était retourné et regardait la jeune femme qui avait baissé la tête et continuait à parler.

-Je… Je ne sais pas ce qui va se passer maintenant. Mais Harry habite ici à présent et s'il me veut encore dans sa vie, malgré mes erreurs et mon manque de soutien, nous nous verrons régulièrement... J'aimerais que tout se passe bien et qu'il ne soit pas au milieu de nos disputes. Je te promets de faire des efforts pour être acceptée dans votre entourage.

L'héritier Malefoy vit avec horreur, les larmes commencer à perler sur les joues de la jeune fille.

-Harry est tout ce qu'il me reste… Je ne veux pas me séparer de lui à cause de querelles d'adolescents.

Sa voix était ferme, elle ne sanglotait pas, malgré tout, elle pleurait. Drago était mal à l'aise et ne savait pas comment s'y prendre. Il leva le bras et tapota maladroitement l'épaule de la jeune fille. Celle-ci leva la tête et lui fit un sourire lumineux.

-Tu me réconfortes Drago ?

-Ne t'y habitue pas… maugréa-t-il avant d'enfourcher son balai.

Il n'avait dit qu'une phrase, mais ces quelques mots avaient ouvert une porte à la réconciliation, peut-être même aux sentiments.

###

Severus fit entrer Harry dans sa chambre. Il s'était laissé mener durant tout le trajet, il n'avait de toute façon pas envie de se rebeller, pas contre son amant. Ce dernier, après avoir fermé la porte, se mit derrière lui et le serra dans ses bras.

-Tu veux parler ?

-Il a dit que j'étais anormal… que c'était immonde. Qu'on était immondes. Et que vous n'étiez que des mangemorts.

Harry se tourna vivement vers son ancien professeur et prit son visage en coupe.

-Mais tu l'es pas, ni toi, ni Lucius. Vous n'êtes pas des monstres. Je le sais. Et notre relation n'est pas immonde. En ce qui me concerne…

Harry ferma les yeux. Il entendait son oncle lui répéter qu'il était un anormal, accentuant ses paroles avec des coups de ceinture. Parfois, il lui arrivait encore de se dire qu'il méritait ces coups, que si on les lui donnait, c'est qu'il y avait peut-être une raison.

Devant cette réalisation, il s'arracha de l'étreinte de Severus et lui tourna le dos, ayant peur de croiser son regard. Le Maître des potions le rejoignit immédiatement et l'enlaça par derrière, il ne voulait pas qu'Harry se perde encore dans ses ténèbres.

-Tu n'es pas anormal Harry. Ton oncle t'a mis des horreurs dans le crâne, et je compte bien te prouver à quel point il avait tort, dit-il tout bas.

Il passa une main sous le tee-shirt du jeune homme pour caresser la peau douce de son ventre alors que l'autre remontait pour flatter son cou, puis il reprit la parole :

-Tu ne penses pas que je suis un monstre, pas vrai ?

Harry secoua vivement la tête, n'ayant pas confiance en sa voix pour répondre convenablement.

-Alors, si je n'en suis pas un, penses-tu que j'en caresserais un comme je le fais avec toi ?

N'obtenant aucune réponse, il continua.

-Si je te touche de la sorte, Harry, c'est parce que je te trouve beau, je sais que tu es une bonne personne et j'aime la personne que tu es. Mais tu sais que je ne suis pas doué avec les mots… Je préfère te montrer.

D'un geste vif, il retourna Harry pour qu'ils soient face à face et avec une douceur qu'il ne se connaissait pas, vint cueillir les lèvres de son amant.

Il l'embrassa avec tendresse, toute celle dont il était capable. Et tout en goûtant ses lèvres, il avança vers le jeune homme qui n'avait pas d'autre choix que de reculer s'il ne voulait pas tomber. Il s'avança et s'avança jusqu'à ce que Harry bute contre le lit et tombe sur le matelas.

Severus se pencha et se mit juste au-dessus de lui, tenant en équilibre grâce à ses coudes. Le jeune homme leva une main et caressa la joue de son amant en tremblant.

-Tu aimes la personne que je suis ? Tu… commença Harry.

-Ne dis rien. S'il te plait.

Severus avait lâché ça sur le coup. Il avait encore du mal à interpréter ses sentiments et ne voulait pas que Harry se fasse de faux espoirs. Avec sa propre enfance, l'ancien professeur ne savait même pas s'il saurait aimer quelqu'un totalement, entièrement. Corps et âme. Alors il ne voulait pas lui dire ces trois mots. Il ne voulait pas d'un "Je t'aime" sans aucun sens.

Harry lui fit un sourire, il n'allait pas lui demander plus. Il le connaissait assez pour savoir que cela le gênait. Alors, ne pensant qu'à la douceur de Severus, à ce qu'il lui donnait jour après jour, le jeune homme ouvrit ses jambes et se décala pour se mettre un peu plus sur le lit.

L'ancien professeur le vit et se mit au-dessus de Harry qui commençait à ouvrir sa chemise rapidement. Ce dernier avait besoin de le sentir contre lui, de se prouver que les propos de Ronald étaient des inepties, que rien n'était immonde dans leur relation. Car quand Severus le prenait, il n'y avait pour lui, rien d'anormal. C'était sa place.

Severus descendit son visage dans le cou du jeune homme et embrassa encore la peau tendre qui s'y trouvait. Comme à chaque fois, il avait besoin de le marquer, de prouver qu'il était à lui, rien qu'à lui. C'était étrange comme façon de penser, mais Severus était quelqu'un de possessif.

De ses mains, il le caressait encore et encore, sublimant ses formes qui redevenaient peu à peu ce qu'elles étaient auparavant. Bientôt, Harry pourrait remonter sur son balai, et peut-être que Severus reverrait sur son visage, le sourire qui lui plaisait tant.

Il attrapa la peau du cou entre ses lèvres fines et commença à l'aspirer, provoquant un son qui les électrisa plus encore. Caler entre les cuisses de son amant, toujours habillé, il commença un mouvement de hanches pour attiser leurs plaisirs.

Harry se laissa complètement aller dans les bras experts de Severus. Il n'y avait plus de Ron, plus de Lucius, plus personne d'autre que lui et cet amant qui lui donnait tant de plaisir.

Après avoir relâché la peau de son cou, le Maître des potions fit courir ses mains sur les vêtements d'Harry pour dévoiler sa peau qui avait repris une jolie teinte hâlée grâce à ses nombreuses après-midi devant le lac.

Severus prit alors tout son temps, pour redécouvrir encore une fois le corps de Harry et lui donner du plaisir. Tout pour lui faire oublier ce qui venait de se passer.

Ils firent l'amour et pendant leurs ébats, Harry ne pensa qu'à lui et au fait que tout cela était normal. Il était normal.

###

Le soir même, Hermione resta au manoir. Harry, avec l'accord de Lucius, avait proposé à son amie de rester séjourner chez eux. Ce fut vers la fin du repas que Hermione osa parler un peu avec le brun :

- Je suis désolée pour ce qu'il est passé tout à l'heure Harry, fit-elle avec un visage triste. J'aurais dû me douter que, un jour, Ron allait déraper.

-Ne vous excusez pas Miss Granger, intervint Severus en regardant la jeune femme. Je préférerais qu'on oublie tous cette journée.

Harry acquiesça même s'il savait parfaitement que cela ne serait pas possible. Ron était... avait été son meilleur ami pendant des années et il lui était difficile de s'imaginer qu'il venait de perdre son premier ami.

-Tu loges chez les Weasley c'est ça ? demanda-t-il pour changer de sujet.

-Oui, répondit-elle gênée. Mais je n'ai pas vraiment envie d'y retourner pour le moment.

-Vous pouvez rester ici quelques temps si vous le souhaitez Miss Granger.

Harry se retourna vers la personne qui avait dit ceci et qui n'était nulle autre que Lucius. Dire qu'il était surpris serait un euphémisme. Il avait donné son autorisation pour qu'elle vienne puis pour qu'elle loge ici ce soir et là, il lui proposait de rester plusieurs jours. Le brun était vraiment reconnaissant envers son mari qui essayait de se montrer courtois avec les personnes qu'il appréciait.

-Merci monsieur Malefoy. Je ne vais pas vous embêter longtemps... je pense que je vais aller en Australie...

-Tu vas essayer de retrouver tes parents ? dit Harry qui avait eu un déclic en entendant son amie parler de l'Australie.

-Oui, j'aimerais leur rendre la mémoire, j'ai jusqu'à la rentrée pour y arriver...

Harry posa une main réconfortante sur le bras de son amie. Cette dernière avait les yeux humides et le brun n'avait pas besoin de lui demander pourquoi. La guerre lui avait retiré ses parents et elle en avait souffert mais maintenant, elle pouvait enfin les retrouver.

Toutes les personnes présentes dans la pièce savaient ce que Hermione avait fait pour sauver sa famille alors tout le monde garda un peu le silence. Sauf Drago, qui surprit tout le monde par sa proposition :

-Je peux venir t'aider, si tu le veux ? Je reviendrai avec toi pour la rentrée...

-Je... pour… pourquoi pas, bégaya-t-elle sous l'étonnement.

Hermione regarda un moment le blond avant de se tourner vers Harry qui avec un petit sourire contrit lui dit :

-Moi je ne peux pas t'accompagner Mione. Je ne suis pas sûr d'être en pleine forme pour un tel voyage et il y a... quelques petites choses qui me retiennent ici.

Il disait cela car il ne savait pas quand le procès aura lieu. Il n'en avait pas encore parlé avec Lucius et il ne pouvait donc pas se permettre de partir comme ça.

-Je suis content que Drago t'accompagne en tout cas, cela va me rassurer qu'il soit avec toi, continua-t-il avec un sourire entendu pour le blond.

-Et bien... si Drago veut venir, je ne vois pas comment je pourrais refuser... j'imagine, fit-elle gênée.

-Tu comptes partir quand ? demanda Harry.

-J'y ai réfléchi après ce qu'il s'est passé aujourd'hui... c'était un projet un peu en attente mais maintenant, je veux y aller le plus vite possible. Je pense réserver le voyage pour après-demain. Ca t'ira Drago ?

Elle se tourna vers le garçon avec un peu d'hésitation mais ce dernier accepta rapidement, ce qui la rassura. Avec un sourire, elle conclut le repas :

-Alors c'est réglé !

###

Ce fut le soir même, un soir d'orage et de pluie où Lucius put enfin parler du procès à son époux.

Lucius, Severus et Harry étaient dans le salon. Ce dernier se sentait plutôt mal à cause de leur discussion. En effet, les trois hommes avaient congédié Drago ainsi que Hermione pour discuter du procès. L'aristocrate venait de dévoiler au plus jeune toutes les preuves qu'il avait et ce qu'il lui manquait : ses souvenirs. Face à ça, il savait que le Magenmagot ne pourrait qu'agir.

Malgré tout, Harry se sentait mal de devoir refaire face à son ancienne famille. Lorsqu'il était parti de chez eux, c'était dans l'espoir de ne plus jamais les revoir. Il en voulait à Lucius de remettre son passé en avant mais il comprenait également que c'était nécessaire.

Severus et Lucius étaient en train d'essayer de rassurer Harry sur le procès quand un elfe de maison - que Harry ne reconnut pas - arriva soudainement.

-Maître Malefoy ! Vous devez venir vite ! Il y a un incendie dans les écuries et nous n'arrivons pas à empêcher le feu de se propager.

Lucius regardait son elfe comme s'il venait de lui pousser une deuxième tête.

-Les écuries ? Quelles écuries ?

-Vite Maître Malefoy !

Harry et Severus regardaient la scène, totalement surpris. Depuis quand il y avait des chevaux dans ce domaine ?

-On vient avec toi pour t'aider, s'exclama Harry en s'approchant de l'elfe qui tendait sa main à son maître.

Severus s'approcha, prêt à dire à Harry de rester ici mais il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que le jeune homme attrapa sa main et celle de l'elfe. Les trois hommes transplanèrent directement auprès de deux bâtisses en flammes.

Une pluie fine tombait mais celle-ci n'était pas suffisante pour étouffer le feu. Elle était juste assez présente pour tremper les personnes présentes dehors.

-Merlin... murmura Severus avant de s'empresser de sortir sa baguette pour arroser le feu.

Les deux autres sorciers l'aidèrent très rapidement. Harry était quand même surpris de voir tous ces elfes s'agiter dans tous les sens pour s'occuper des chevaux, terrorisés, afin de les amener à un autre endroit. Il ne savait pas où ils les amenaient mais, en effet, leur aide était la bienvenue.

Il tourna son regard et vit que les flammes commençaient à s'étendre vers les arbres.

Alors c'était là qu'elles se cachaient les écuries ? Derrière ce qu'Harry pensait être des bosquets, mais si ces bosquets pouvaient cacher deux écuries, pouvait-il alors considérer cela comme une forêt ?

Les trois sorciers réussirent à endiguer les flammes au bout de plusieurs minutes. Heureusement, l'elfe était venu les chercher rapidement. Ce n'était pas l'habitude de ces créatures de demander du soutien - dans certaines familles, elles pouvaient être fouettées pour cela - mais Lucius savait que c'était un cas de force majeur. Il n'y avait pas assez d'elfes pour s'occuper des chevaux et également du feu.

Le feu enfin éteint, l'elfe qui était venu les chercher s'approcha en couinant vers son maître. Il savait qu'il n'aurait pas dû demander de l'aide et avait peur de se faire punir mais au lieu de recevoir une correction de la part de Lucius, celui-ci s'étonna :

-Depuis quand il y a des écuries ?

-Le grand-père de Maître Malefoy avait fait construire ces écuries pour son plaisir personnel. Le grand-père de Maître Malefoy avait demandé aux elfes de s'occuper des chevaux et les elfes l'ont toujours fait.

-Pourquoi je ne connais pas leur existence ?

-Le grand-père de Maître Malefoy est mort peu après l'arrivée des chevaux et avait fait construire les écuries dans le plus grand secret.

-Imbéciles d'elfes ! Personne n'aurait pu me dire qu'il y avait des chevaux sur mon domaine non ?!

Lucius était clairement énervé et ni Harry, ni Severus ne tentèrent de le raisonner. Le plus jeune regardait les elfes s'affairer pour remettre en état les abris des chevaux tandis que son amant congédiait la petite créature et demandait à son ami s'ils pouvaient maintenant rentrer.

Le blond soupira et accepta. Mais un tour sur lui-même lui fit comprendre qu'il n'avait aucune idée de comment ils pouvaient rentrer vu qu'il n'avait aucune idée de l'endroit où ils étaient… Il devrait tout de même rejoindre le manoir à pied pour connaître le chemin, car il avait bien l'intention de revenir profiter de ce petit coin tranquille et des magnifiques étalons qu'il avait vus passer.

-C'est pas vrai, grogna Lucius. YUNI !

Ce dernier, apeuré, arriva. Son maître lui demanda sèchement comment rejoindre la maison et celui-ci pointa un coin de la forêt.

Lucius s'empressa de se diriger vers l'endroit qu'avait pointé l'elfe et rapidement, les deux autres hommes le suivirent.

Ce fut dans un silence qu'ils retournèrent ensemble au manoir. Harry commençait à grelotter car, malgré que ce soit l'été, la nuit était froide et ses habits trempés n'arrangeaient rien.

A peine furent-ils à l'abri que Severus, d'un sort, fit venir à lui une serviette de bain pour la mettre autour de Harry et le frotter vigoureusement. Celui-ci grelottait de plus en plus dans son étreinte et Severus entendait ses dents claquer. Il se rapprocha encore pour lui procurer plus de chaleur et embrassa son front.

-Harry… Harry ça va ?

Lucius, qui était jusque là énervé, se stoppa et regarda la scène sous ses yeux. Severus tenait contre lui un Harry tremblant, qui profitait juste que l'homme s'occupe un peu de lui.

-Ca va Severus, j'ai juste froid, murmura-t-il en se rapprochant encore un peu de son amant, recherchant sa chaleur.

Le regard tendre de Lucius, posé sur Harry, dévia quelques secondes pour croiser les prunelles noires de Severus.

-Nous allons nous coucher. Nous continuerons notre discussion de tout à l'heure, un autre jour Lucius.

Ce dernier acquiesça et regarda les deux amants s'éloigner pour monter vers les chambres. Il était chamboulé… Il ne savait pas s'il aurait aimé sécher Harry ou être séché lui aussi… mais cette image l'avait rendu envieux.

Il avait l'impression de devenir fou. Il n'avait pas l'habitude de réagir de cette façon, il était Lucius Malefoy, et ce qu'il voulait, il l'obtenait. Mais à l'heure actuelle, tout était tellement confus qu'il ne savait même pas ce qu'il ressentait lui-même.

Voir le corps tremblant de son époux, caliné par Severus, alors que lui-même était complètement trempé, avait fait ressentir une sensation étrange au creux de son estomac.

Lucius secoua la tête et décida de monter à son tour pour pouvoir se changer. Il passa devant la porte de la chambre de son mari, légèrement entrouverte et entendit quelques murmures. Son pas se fit alors plus silencieux pour être à l'écoute.

-... que tu me parles Harry, fit une voix basse que Lucius reconnut comme celle de Severus.

-Tout va bien, je te jure. J'attends juste le procès pour mettre tout ça derrière moi. J'ai juste besoin d'oublier leur existence et tant que le procès n'aura pas eu lieu, je ne le pourrais pas…

Le blond décida de ne pas écouter plus leur discussion. Cela ne le regardait pas. Harry se confiait à son amant et Lucius avait déjà écouté une fois derrière la porte, il ne voulait pas le refaire une nouvelle fois. En tout cas, lui aussi espérait que Harry arriverait à avancer une fois le procès passé.

###

Deux jours après la dispute sur le terrain de Quidditch, Hermione et Drago étaient partis pour l'Australie. Ils avaient préparé le voyage tous les deux et Harry les avait regardés partir avec l'impression qu'ils seraient bien plus proches à leur retour du continent.

Hermione lui avait confié qu'elle souhaitait partir qu'une seule semaine pour s'assurer d'avoir le temps de se préparer pour la rentrée. Ce qui n'avait pas du tout étonné Harry. C'était Hermione après tout. De plus, la jeune femme souhaitait voir la bibliothèque des Malefoy qui avait attisée sa curiosité. Harry savait donc qu'elle allait revenir rapidement. Leur retour était déjà prévu pour le vingt quatre août, ce qui leur laissait peu de temps pour retrouver ses parents mais Hermione était persuadée que cela serait suffisant.

Mais ce fût cinq jours après l'incident avec Ron que tout bascula dans la vie de Harry. Lorsque Severus le réveilla un matin. Il était assis sur le bord du lit et regardait le drap blanc, espérant qu'il allait lui donner du courage ou des réponses.

-Harry, j'ai quelque chose à te dire, commença Severus, incertain. Pendant que tu dormais, un hibou du Ministère est venu frapper à la fenêtre. La lettre était pour toi alors nous ne l'avons pas prise, nous avons juste ouvert la fenêtre mais il nous pressait de prendre le pli, à coups de bec. Je pense que les sorts lancés sur ta chambre l'empêchaient de venir te voir mais que c'était vraiment urgent et donc c'est ton époux qui devait s'en charger…

Harry, toujours en pyjama dans son lit, le regardait avec des grands yeux, appréhendant la suite. Severus lui, était mal à l'aise. Il ne savait pas annoncer les mauvaises nouvelles, pas plus que les bonnes d'ailleurs, et avait peur de briser Harry un peu plus.

-Andromeda Tonks est décédée il y a quelques heures à Sainte Mangouste.

Harry haleta. Encore un mort. Ce n'était pas possible. Pas encore. Mais aussitôt son esprit réalisa quelque chose.

-Teddy… murmura-t-il.

-Justement… reprit Severus. Tu es le parrain de l'enfant. Sa marraine étant une Auror, décédée pendant la guerre, il n'a plus que toi. Il est en ce moment même à Saint-Mangouste, attendant que tu le prennes en charge.

-Je… J… bafouilla Harry.

-Si tu ne veux pas le faire, il sera confié à un orphelinat moldu, je suis sûr qu'il y sera très b…

-Non ! Harry s'était relevé vivement et commençait déjà à s'habiller, mettant précipitamment ses vêtements par dessus son pyjama. Il ne peut pas être élevé comme Tom Jedusor dans un orphelinat moldu. Surtout qu'avec son don de métamorphomage, il serait encore plus bizarre aux yeux des autres. Et puis… Il est ma seule famille… Le seul lien avec Remus… Je ne peux pas le laisser tomber, dit-il en fonçant vers la porte oubliant de mettre un tee-shirt.

###

Harry avait du mal à respirer par moments mais il n'en avait rien à faire. Il faisait les cent pas dans le couloir d'un service de Sainte-Mangouste, attendant de voir le médicomage et l'assistante sociale qui allaient arriver. Ils devaient arriver. Rapidement si possible. Il voulait Teddy dans ses bras le plus rapidement possible. Se dire que tout n'était pas perdu.

-Harry, calme-toi s'il te plaît, fit Lucius en posant une main sur son épaule - vêtu d'un tee-shirt que Severus avait pensé à prendre - pour le stopper.

Le brun le regarda et ferma les yeux quelques secondes pour se reprendre.

-Je dois m'absenter, j'ai des choses qui m'attendent au manoir et au ministère. Toi ou Severus pouvez me joindre s'il y a le moindre souci d'accord ?

Lucius posa une main sur la joue de son mari et la caressa tendrement. Il devait jouer la comédie, enfin, c'est ce qu'il essayait de se dire, pour les personnes qui les regardaient aux alentours.

Severus s'avança et posa une main sur l'autre épaule de Harry.

-Tout va bien se passer, d'accord Harry ? rassura Lucius en posant ses lèvres tendrement sur son front.

Cette marque d'affection était venue seule. C'était juste l'homme qui voulait rassurer une autre personne qui lui était chère.

-Merci Lucius, dit Harry sentant pendant quelques instants l'angoisse s'éloigner.

Le blond lui fit un signe de tête et partit rapidement. Il se fit la promesse d'aller voir l'enfant et Harry quand ils seraient au manoir.

Les deux hommes, maintenant seuls, restèrent un peu statiques avant que Severus ne guide Harry vers un siège. Ils étaient là depuis au moins deux heures maintenant et l'attente était insupportable. Surtout qu'ils ne savaient pas pourquoi c'était aussi long.

A peine Harry s'installa sur le siège qu'enfin, le médicomage se montra. Le brun se redressa aussitôt et sauta presque sur l'homme.

-Où est Teddy ?

-Venez avec moi monsieur Potter. Je vais vous expliquer ce qu'il va se passer maintenant.

Harry se tourna vers Severus avec un regard inquiet.

-Si vous le souhaitez, votre ami peut venir.

-Je veux qu'il vienne.

Le médecin acquiesça et commença à prendre le chemin pour retrouver son bureau. Il savait qu'il allait devoir expliquer plusieurs choses et ce genre de situation était toujours délicat.

Les trois hommes entrèrent dans le bureau vide. Tous s'installèrent dans les fauteuils et le médicomage commença à expliquer ce qu'il se passait :

-Madame Tonks est morte d'une crise cardiaque. Lorsqu'elle est arrivée, il était malheureusement trop tard pour que nous puissions intervenir et l'aider. Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour elle mais malheureusement, elle est morte ce matin à cinq heures trente six.

-Est-ce que cela avait un rapport avec ce pourquoi elle était venue la dernière fois ?

Le médicomage semblait attristé.

-Je ne pense pas. Nous avions fait tous les examens possibles la dernière fois et elle n'avait rien.

-Et… et Teddy ?

-Oui… Teddy… Le petit a été traumatisé car il a vu sa grand-mère avoir son attaque. C'est lui, par de la magie accidentelle, qui a prévenu les voisins de Madame Tonks. Il est assez touché par l'événement et il va avoir besoin d'attention pour pouvoir passer à autre chose. Son jeune âge va sûrement jouer en sa faveur mais si vous voyez que quelque chose cloche avec son comportement, n'hésitez pas à revenir.

-Comment ça son comportement ?

-Quelque chose qui sort de l'habituel.

Harry ferma les yeux. Il avait envie de pleurer car il se rendait compte qu'il ne connaissait pas le comportement habituel de l'enfant… car il n'avait pas assez côtoyé Teddy pour savoir comment il agissait en temps normal.

-Et si je le remarque pas, et si je n'y arrive pas ? demanda le jeune homme qui commençait à s'affoler.

Severus, qui était assis juste à côté de lui, posa une main qui se voulait rassurante sur son épaule.

-Tout va bien Harry, tu ne seras pas seul, ne l'oublie pas.

Harry hocha la tête et se concentra de nouveau sur le médicomage.

-Je… je peux le voir ?

-Vous pouvez le voir, puis après avoir signé les papiers vous donnant sa garde provisoire, vous pourrez partir.

-Provisoire ?

-Juste le temps que le ministère fasse le changement et que vous y alliez avec votre mari pour devenir ses parents adoptifs.

Severus regarda Harry. Lucius serait toujours omniprésent dans leur vie, il n'allait pas pouvoir y échapper.

Le Survivant finit par acquiescer et demanda où il pouvait trouver son filleul. Le médicomage les amena directement jusqu'à l'espace pour enfants où Teddy se trouvait.

Harry, en voyant la chevelure grise dans le parc pour enfant, fonça vers Teddy. C'était lui, il n'avait pas besoin de voir son visage, il avait le même comportement que sa mère lorsqu'elle n'était pas bien. Il s'avança et prit l'enfant dans ses bras pour le serrer contre lui. Cela faisait tellement de bien de le sentir là, tout près de son coeur.

Andromeda était peut-être morte, mais Teddy était là.

Harry respira un grand coup et se tourna vers Severus.

-Tu veux bien le prendre le temps que j'aille signer les papiers ?

-Non.

-Comment ça non ?

-Je ne porte pas les gosses qui ne savent pas encore marcher ni parler. Tout ce que ça sait faire c'est baver et il est hors de question que ce soit sur moi. C'est contraire à mes principes.

Harry vit rouge, il n'avait pas besoin en plus que Severus fasse une crise en plein milieu de l'hôpital. Il avait d'autres choses à gérer. Alors il tendit Teddy à l'homme qui n'eut d'autre choix que de le prendre.

Le Gryffondor fut désespéré de voir la façon dont il le portait. Severus avait les bras tendus devant lui et tenait avec difficultés l'enfant qui gigotait pour pouvoir bouger.

-Severus, tu vas le faire tomber comme ça !

-Mais ça bouge !

-Evidemment ! C'est un enfant !

Harry reprit alors Teddy dans ses bras et le remit dans le parc pour enfants. Il serait mieux là-dedans que dans les bras de Severus.

-Je vais signer les papiers, fit Harry en passant à côté de l'autre homme sans un regard.

Ce ne fut qu'une heure plus tard, après divers papiers et divers conseils de la part du médicomage que Severus et Harry purent enfin partir de l'endroit.

Tous les trois sortirent du service, Harry avec Teddy dans les bras et Severus les suivant. Le brun n'avait pas parlé à son amant après son caprice dans l'espace de jeux. Cela l'avait énervé qu'il ne l'aide pas plus que ça. Alors il s'avança vers la sortie sans même regarder derrière lui pour voir s'il le suivait bien.

Mais Harry ne s'attendait pas à avoir des tonnes de flash en passant la porte principale. Son premier réflexe fut alors de poser une main devant les yeux de Teddy pour éviter que la lumière l'aveugle. Severus, en voyant cela, les enveloppa de sa longue cape noire d'un geste vif et transplana directement au manoir Malefoy.

Le jeune homme le regarda un instant avant de s'éloigner pour aller au salon.

Il n'avait pas envie de lui parler, pas encore. Harry avait juste besoin d'un peu de temps pour lui et pour Teddy. Pour son filleul. Qui, par la force des choses, devenait son fils et celui de Lucius.

Merlin.

Il était père maintenant.

###

Harry regardait Teddy qui s'amusait à déplacer les cubes avec sa magie d'enfant. Il aurait été mignon aux yeux de Harry si celui-ci n'avait pas tant envie de pleurer. Ce dernier était démuni, il ne savait pas quoi faire avec l'enfant qui venait juste d'arriver. Il semblait si heureux, si insouciant… Ses cheveux avaient même repris la teinte brune de d'habitude.

Alors il le regardait jouer en espérant que son envie de boire passerait ainsi que celle de pleurer.

Lucius entra dans le salon. Severus l'avait prévenu qu'ils étaient rentrés avec l'enfant et le blond avait voulu le voir et, peut-être aussi, voir comment Harry prenait l'arrivée du petit être.

Harry se retourna aussitôt quand il entendit la porte et vit son mari entrer dans la pièce. Ce dernier lui fit un petit sourire avant de s'avancer directement vers le petit qui le regarda avec de grands yeux.

Teddy avait cessé de jouer avec les cubes pour regarder le nouvel arrivant. Sa bouche formait un o parfait et ses prunelles pétillaient.

Lucius s'avança et se mit à genou devant le garçon.

-Bonjour toi, fit l'homme avec une voix douce.

Harry put voir la chose la plus magnifique chez son mari, quelque chose qu'il n'avait pas encore remarqué : un vrai grand sourire. Il souriait de bonheur face à Teddy et ce ravissement se voyait sur tout son visage.

Sublime.

Lucius était sublime comme ça.

Teddy devait penser la même chose car il tendit les bras vers l'homme qui le prit dans les siens avec joie. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'y avait pas eu d'enfant sous ce toit qu'il ne s'était même pas rendu compte à quel point ça lui avait manqué.

Le petit prit une mèche de cheveux dans ses doigts puis Harry le vit fermer les yeux, fort, très fort. Comme s'il allait faire dans sa couche. Et Lucius avait pensé la même chose pendant un instant. Avant de voir les cheveux de Teddy devenir aussi blond que ceux du maître de maison.

Le brun se leva et s'approcha de son mari. Il passa une main dans les cheveux de son, désormais, fils et chuchota :

-Tu es magnifique comme ça.

Harry regarda pendant quelques secondes Lucius avant de replonger dans les yeux de son fils. Le blond fixait son mari, se demandant juste un instant, à qui il s'était adressé.


J'espère que ce chapitre vous aura plu ! Voici un énorme tournant dans la vie de nos protagonistes. N'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé !

A dimanche

Aude & Epsi Snape