Note : Comme l'hiver, le chapitre 9 is coming ! Je n'ai pas grand chose à dire hormis que j'espère que vous apprécierez.

Merci à Louli, Flore et K pour leurs adorables commentaires !


Chapitre 9 - Stars don't disappear, they keep blazing


Deux semaines plus tard se tenait la première compétition d'athlétisme inter-écoles.

Debout sur la piste en terre battue, Thomas observait d'un air songeur le soleil qui commençait à décliner derrière les hautes tribunes du stade de l'Ecole Voltaire, organisatrice de l'évènement. Il s'étira machinalement, les yeux toujours rivés vers les nuages, et sautilla afin de s'échauffer pour le sprint final.

Le bruit des conversations que tenaient les spectateurs dans les gradins lui parvenait comme à travers du coton, traversant difficilement la bulle de concentration dans laquelle il tentait de se plonger. Il devait se l'avouer : il était incontestablement nerveux.

Minho, enthousiasmé par ses performances de la journée, l'avait placé en dernière position de la course de relais, place qu'il s'attribuait généralement, et Thomas commençait à ressentir une pression désagréable sur ses épaules. Respirant profondément, il calcula rapidement les scores des différentes équipes, un sourire satisfait lui étirant les lèvres quand il réalisa que l'équipe des Blocards était probablement en tête à l'heure actuelle. Les garçons étaient en très grande forme, et ils avaient déjà raflé plusieurs médailles, notamment au 100m dans lequel ils excellaient.

La journée avait pourtant relativement mal commencé. Rendus agressifs par la nervosité, Thomas et Gally s'étaient écharpés plusieurs fois, et avaient même failli en venir aux mains, pour une histoire de dossard mal rangé, avant que Minho n'intervienne pour les séparer. Leurs nombreuses victoires avaient permis de détendre un peu l'atmosphère, et les deux garçons avaient réussi à ne pas créer de nouvel incident en s'évitant tout le long de la compétition, Gally ne participant qu'aux épreuves de lancer.

Durant cette journée, Minho avait déployé des trésors de diplomatie que Thomas ne lui connaissait pas, et il comprenait mieux l'appétence de son ami pour les sciences politiques. Même s'il lui arrivait parfois de mettre franchement les pieds dans le plat, Minho était un conciliateur hors pair, et Thomas le bénissait pour les avoir mis en pratique ce dimanche, les empêchant de ruiner trois mois d'entraînement intensif, et notamment les deux dernières semaines, durant lesquelles les garçons en avaient vraiment bavé.

Thomas ne s'en était pas plaint, tant les révisions des examens de fin novembre commençaient à lui peser. Cependant, à quelques minutes du début de la course, il commençait à regretter de ne pas avoir choisi une activité moins stressante, comme le ping-pong ou le point de croix.

Enfouissant son ressentiment contre Gally, il laissa dériver son regard sur les tribunes, parmi les spectateurs issus des écoles participantes, qui brandissaient de larges banderoles aux couleurs des différentes équipes.

De là où il se trouvait, il ne pouvait apercevoir ses amis, qui s'étaient installés près de la ligne d'arrivée, mais son cœur fit un bond dans sa poitrine quand il aperçut une chevelure blonde bien connue à côté de l'arbitre chargé de vérifier quel coureur arrivait le premier.

Newt et lui s'étaient croisés toute la journée, le blond étant chargé de prendre des photos pour le compte du site de l'Institut. Un sourire rêveur étira les lèvres de Thomas au souvenir de leur brève rencontre dans les vestiaires désertés de ses coéquipiers.

Il faisait les cent pas dans la salle exiguë, tétanisé par le stress. La journée avait commencé par les épreuves de lancer, auxquelles il ne participait pas, et il tordait nerveusement le bas de son tee-shirt tout en essayant de calmer les battements erratiques de son cœur. En entendant la clameur du public qui saluait le premier lancer de javelot, son estomac s'était violemment contracté, et il avait attrapé sa bouteille d'eau d'une main tremblante.

Il venait d'avaler fébrilement une énorme gorgée, manquant de s'étouffer, quand un rire s'était fait entendre derrière lui. Il s'était retourné en sursaut, renversant la moitié de sa bouteille sur le carrelage, et son soulagement avait été perceptible quand il avait aperçu Newt dans l'encadrement de la porte.

« Qu'est-ce que je t'avais dit la première semaine au sujet de la propreté des humains ? » lui avait lancé le blond d'un ton narquois en s'avançant dans la pièce les mains dans les poches.

La gorge serrée, Thomas n'avait pu que répondre un rire crispé, et Newt s'était rapproché un peu plus, l'attirant vers lui pour le prendre dans ses bras. Posant les mains sur les hanches du blond, Thomas les avait fait reculer jusqu'à la porte afin de la fermer d'un coup de pied, avant de plaquer Newt contre le battant.

Les lèvres du blond s'étaient perdues dans son cou, et Thomas avait définitivement cessé de penser, uniquement tributaire des baisers que Newt égrenait le long de sa mâchoire.

Une dizaine de minutes plus tard, alors que la foule acclamait le vainqueur de l'épreuve, Newt ressortait du vestiaire des garçons, les cheveux en bataille, un air satisfait étalé sur le visage, tandis que Thomas relaçait ses chaussures pour la dixième fois, les paumes toujours aussi moites, mais le cœur plus léger.

Lissant du pied la terre battue autour de lui, Thomas laissa ses pensées s'attarder sur les deux semaines qui venaient de s'écouler.

Suite à leur nuit passée ensemble, Newt avait mis plusieurs jours à se rapprocher de nouveau de lui, et il avait fallu à Thomas une bonne dose de self-control pour ne pas lui sauter dessus et attendre que le blond soit enfin prêt à remettre le couvert.

Ils n'avaient pas réellement discuté de cette relation étrange qu'ils construisaient au fil des jours, et Thomas ne savait pas vraiment ce qui était en train de se passer entre Newt et lui. Cependant, quitte à choisir, il préférait encore ces étreintes brûlantes et clandestines au froid que l'absence du blond laissait quand ils n'étaient pas ensemble.

Parmi leurs amis, seule Teresa était au courant de leur petit manège, ou du moins se doutait fortement de quelque chose. A la suite du petit-déjeuner durant lequel Newt et Thomas étaient apparus réconciliés, la jeune femme avait cherché à en savoir plus, et Thomas avait consenti à lâcher quelques informations, mentionnant rapidement un ou deux baisers sans approfondir le sujet. Heureusement, Teresa semblait comprendre la réserve avec laquelle Thomas s'exprimait sur leur relation, et les avait couverts plus d'une fois alors qu'ils revenaient d'une de leurs séances de bisouillage.

En effet, guidés par leurs hormones, les deux garçons s'éclipsaient souvent entre deux couloirs, incapables de résister à la tentation. Passer de longues heures en cours, l'un à côté de l'autre, relevait souvent de la torture, et il n'était pas rare qu'ils passent la pause déjeuner dans leur chambre, à découvrir sans fin le corps de l'autre.

Ils étaient restés chastes pour le moment, se contentant de baisers et de caresses plus ou moins poussées. Thomas mourait d'envie de passer à l'étape supérieure, et savait qu'il en était de même pour Newt, mais ils se stoppaient toujours avant que les choses ne dérapent, pour la bonne raison qu'ils crevaient tous les deux littéralement de peur.

Jamais encore Thomas n'avait couché avec un garçon, tout comme Newt, et sauter le pas ensemble rendrait leur histoire terriblement sérieuse et importante, ce que chacun se refusait à faire. Les deux garçons persistaient à croire que tout ça n'était qu'une question d'hormones, et les jours défilaient, rythmés par le travail, les soirées, et leurs retrouvailles passionnées entre deux portes.

Thomas soupira en s'étirant les épaules. De toute manière, vu la quantité de boulot que l'Institut leur faisait effectuer chaque jour, ainsi que les entraînements militaires auxquels le soumettait Minho, il n'avait pas vraiment eu le temps de s'appesantir sur l'étrangeté de sa situation avec Newt. Cela semblait leur convenir à tous les deux, et la paix était revenue sur le groupe tandis qu'ils s'affichaient plus proches que jamais.

Pour dire la vérité, Thomas se sentait réellement soulagé d'avoir retrouvé cette complicité unique qu'il partageait avec le blond. Newt et lui s'accordaient à merveille, leurs caractères complémentaires leur permettant de constamment se contrebalancer, Thomas distillant la folie dans leur duo et Newt la tempérance. Il savourait chaque moment qu'ils passaient ensemble, aux écuries à la fin des entraînements de Newt, dans leur salle commune à discuter avec leurs amis, ou dans leur chambre quand ils regardaient des films, blottis l'un contre l'autre.

Parfois, ils restaient simplement ensemble à parler, les yeux dans les yeux, et Teresa s'empressait de distraire l'attention des autres pour qu'ils ne remarquent pas à quel point ils semblaient dans leur bulle. Le monde autour d'eux semblait s'effacer, tandis qu'ils débattaient d'un sujet anodin ou d'une importance extrême, sans prêter attention à leurs amis qui participaient la minute d'avant à la discussion.

Thomas eut un sourire doux en pensant au bien que le blond lui faisait. Au-delà du plaisir physique qu'il ressentait lors de leurs étreintes, il savait que Newt avait une bonne influence sur lui mentalement. Hyperactif, Thomas avait du mal à se poser et à réfléchir avant d'agir, et Newt l'apaisait, calmant ses coups de sang et ses montées d'adrénaline par une simple main sur son avant-bras.

Et en parlant de calme, à l'heure actuelle, Thomas n'aurait pas été contre une petite dose d'anti-stress, son souffle s'accélérant alors que la voix dans le haut-parleur annonçait le départ imminent de la course.

Il se mis en position, chacun des coureurs se souhaitant mutuellement bonne chance. Le coup de feu retentit, et Thomas retint son souffle en observant le premier coureur, Hank, qui venait de s'élancer de l'autre côté du terrain. Les cris d'encouragement du public dans les gradins lui parvenaient étouffés tant son cœur battait fortement dans ses tempes.

Le second coureur des Blocards, Ben, récupéra rapidement le témoin et s'élança de toutes ses forces vers Minho, qui sautait sur place d'anticipation. Ben avait une dizaine de mètres d'avance sur les autres concurrents, et Thomas devinait sans le voir le sourire fier de Minho qui constatait que ses entraînements acharnés portaient leurs fruits.

Ce dernier venait tout juste de récupérer le témoin, et Thomas se tendit, prêt à commencer à courir. Son ami se rapprochait de lui à toute vitesse, et le passage du témoin se fit avec fluidité, avec la même facilité que lors de leurs entraînements.

Thomas détala alors comme un lapin, déterminé à mettre le plus d'espace entre lui et les autres coureurs. Il courait, courait, courait, sans entendre autre chose que le martèlement de son propre cœur dans ses oreilles, le bruit fort de sa respiration et les coups sourds de ses pieds contre le sol de terre battue.

Quand il franchit la ligne d'arrivée, arrachant le ruban qui la matérialisait, tous les supporters de l'Institut se levèrent comme un seul homme dans un rugissement pour fêter leur victoire.

Thomas ne s'arrêta que plusieurs dizaines de mètres plus loin, à bout de souffle après l'effort considérable qu'il venait de fournir. Plié en deux pour tenter de retrouver une respiration normale, il sursauta violemment quand une tornade brune le percuta en hurlant de joie, l'entraînant dans une délirante étreinte d'allégresse.

Teresa et lui furent rapidement entourés d'une foule de gens, et Thomas, ainsi que les trois autres coureurs qui l'avait rejoint, furent portés en triomphe. Bon prince, le brun offrit cérémonieusement le témoin de la victoire à Teresa, qui lui claqua une bise sur la joue avant de se tourner vers Minho pour le serrer dans ses bras. Le jeune homme rougit fortement avant de lui rendre son étreinte.

Thomas tourna la tête, sondant du regard la masse de personnes se trouvant sur la piste, et aperçut Newt légèrement en retrait. Le blond leva les yeux de son appareil photo, cessant un instant de mitrailler les célébrations des supporters, et lui décocha un sourire rayonnant de fierté. Thomas fendit la foule pour le rejoindre et ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre.

Ils restèrent enlacés quelques instants, Thomas savourant l'exaltation du moment, le nez enfoui dans le cou du blond. Il frissonna quand Newt s'écarta, et il croisa son regard amusé quand son ami lâcha d'un ton narquois « On pourrait rester longtemps comme ça Tommy, mais tu devrais aller mettre un pull, tu es en sueur. »

Thomas répondit, faussement offusqué « Dis tout de suite que je pue ! »

Un sourire moqueur étira les lèvres du blond « Maintenant que tu le dis… »

Thomas lui décocha une bourrade, et accepta l'écharpe que le blond lui tendait, s'en drapant comme le ferait une diva d'opéra, retournant se mêler à la foule d'étudiants surexcités après avoir tiré la langue en direction de son ami.

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X

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Une demi-heure plus tard, après avoir rendu son écharpe à Newt et revêtu un haut de survêtement, Thomas se tenait droit comme la justice sur la première marche du podium en bois qui avait été installé sur l'herbe au milieu du stade. Les organisateurs de la compétition avaient fait les comptes, et l'équipe des Blocards avait été sacrée grande gagnante de cette journée.

Tandis que le public leur faisait une standing ovation, le Professeur Xavier s'approcha d'eux, le visage irradiant de fierté. M. Lensherr poussait son fauteuil roulant, et chacun des garçons se pencha avec déférence pour recevoir les médailles d'or qu'il leur passa autour du cou.

Une fois que chaque membre de l'équipe reçut sa récompense, les garçons s'attrapèrent les mains avant de lever les bras et de crier. L'intégralité des étudiants de l'Institut présents dans les gradins leur répondit, et Thomas éclata d'un rire sonore, croisant le regard de Minho qui brillait d'une joie jumelle à la sienne. Newt, qui immortalisait la remise des médailles, prit encore quelques photos des coureurs avant qu'ils ne sautent du podium.

Après avoir reçu moultes félicitations et tapes dans le dos, les garçons foncèrent dans le vestiaire pour se changer, avant de rejoindre dans un joyeux chahut les bus que l'Institut avait affrété afin de relier les deux écoles. L'équipe eurent le droit à une haie d'honneur organisée par les étudiants, et Thomas s'affala dans le siège à côté de Newt, un léger sourire sur le visage.

L'ambiance du bus, au départ euphorique, se calma rapidement, laissant place à une torpeur nonchalante que seules quelques conversations fatiguées venaient briser. Thomas se sentit sombrer lentement dans le sommeil, bercé par les mouvements du car et la musique que Newt et lui écoutaient, se partageant une paire d'écouteurs.

Lorsqu'ils furent arrivés à l'Institut, la majorité des étudiants dormait, et Newt attendit que le bus se vide avant de réveiller Thomas. Il lui caressa doucement les cheveux, et Thomas émergea lentement, ronronnant comme un chaton alors que les doigts de Newt descendaient sur sa nuque.

Ses yeux se fixèrent sur les lèvres du blond, et ils étaient très probablement sur le point de s'embrasser quand la voix caverneuse du chauffeur les fit sursauter.

« J'ai dit terminus, tout le monde descend ! » leur lança vertement le vieil homme depuis sa place, les fixant dans le miroir qui se tenait au-dessus de l'allée centrale.

Thomas ignora la chaleur caractéristique de la gêne qui enflammait ses joues, et attrapa son sac de sport avant de descendre rapidement du véhicule, suivi de Newt qui s'excusait auprès du conducteur.

« Ce type est un connard. » décréta Thomas, traînant mollement des pieds dans l'allée qui les menait au bâtiment. Il entendit Newt ricaner à côté de lui, et soupira dramatiquement quand ce dernier lui répondit « Je te rappelle que ce connard peut décider d'encastrer son bus dans un mur, avec nous tous à l'intérieur. Autant rester courtois. »

« C'est pas l'optimisme qui t'étouffe… » marmonna Thomas, avant de pousser la lourde porte d'entrée en chêne. Le grincement de la porte se mêla au grondement qui s'échappa de son estomac vide, et il réalisa qu'il avait ce qui était communément appelé une dalle d'enfer.

Les deux garçons se dirigèrent vers la grande salle, qui bruissait d'effervescence tandis que les étudiants qui n'avaient pu être présents lors de la compétition se faisaient conter le résumé de cette victorieuse journée.

Quand tous les élèves furent arrivés, le Professeur vint porter un toast en l'honneur de l'équipe, et Thomas devenait de plus en plus grognon alors que le discours de félicitation s'éternisait. Il était sur le point de littéralement défaillir de faim quand ils purent enfin commencer à manger, et il se jeta sur la salade de pommes de terre, manquant d'éborgner Winston du bout de sa fourchette.

Une fois le repas terminé, il s'excusa auprès des autres avant de monter dans sa chambre, se ruant sous la douche avec délice, lançant ses vêtements un peu partout dans la pièce. Une fois sous l'eau brûlante, il réalisa que chaque partie de son corps lui faisait mal à cause des courbatures, et il tenta vainement d'étirer ses muscles endoloris.

Quand il sortit de la petite pièce embuée, uniquement vêtu d'un boxer, Newt était assis en tailleur sur son lit et faisait tourner du bout des doigts le short de sport de Thomas qui avait atterri sur son oreiller.

« Merci pour le cadeau, mais je le préfère sur tes fesses... » susurra-t-il, effleurant le tissu d'un air taquin.

Thomas esquissa un sourire narquois avant de s'avancer vers lui pour récupérer le vêtement, grimaçant légèrement tandis que ses cuisses douloureuses se rappelaient à lui.

« J'ai l'impression que mon corps est en train de brûler de l'intérieur… » grinça Thomas, tandis que Newt haussait un sourcil interrogateur.

« Un petit massage peut-être ? » proposa le blond d'un ton nonchalant, un petit sourire sur le visage.

Thomas, qui était en train de s'asseoir péniblement sur son lit, tourna brusquement la tête vers lui, surpris de la proposition qu'il venait de lui faire. Malgré ses réticences du début, Newt ne cessait de le surprendre, prenant les devants alors qu'il s'y attendait le moins. En fait, il était quasiment pire que lui, avec son air de ne pas y toucher et ses sous-entendus discrets.

Leurs regards s'accrochèrent, et Thomas se maudit intérieurement d'être si réactif quand il sentit une partie particulière de son corps engourdi se réveiller à la vue de l'air faussement innocent que Newt avait plaqué sur son visage et sa démarche prédatrice alors qu'il se rapprochait de son lit.

Quelques minutes plus tard, il était allongé sur le ventre, plongé dans une délicieuse torpeur alors que Newt, assis à genoux à côté de lui, s'appliquait à masser chaque centimètre de son dos et de ses jambes. Les doigts du blond s'égarèrent à la lisière de son boxer, et Thomas ferma les yeux en frissonnant, toute fatigue définitivement évaporée.

Il se retourna sur le ventre d'un coup de bassin, et envoya au diable la fatigue et les courbatures en saisissant la nuque du blond pour l'attirer vers lui.

Et cette nuit encore, un seul lit fut défait dans la chambre numéro 5 du couloir des Journalistes.

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X

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Thomas et Newt passèrent les deux semaines suivantes en huis-clos, absorbés par les révisions de leurs examens de fin de session. De larges plages horaires avaient été aménagées pour permettre aux étudiants de travailler, et les deux garçons avaient passé le plus clair de leur temps enfermés dans leur chambre, à se faire réviser mutuellement.

A l'Institut, contrairement aux écoles ordinaires où la période de cours se divisait en semestre ou en trimestre, quatre sessions d'examens terminaux se déroulaient, et Thomas était sorti de sa semaine de partiels complètement groggy, avec une envie de dormir pendant au moins une vie, voire deux.

Cependant, quelques heures seulement après avoir rendu sa dernière copie, le jeune homme était littéralement déchaîné. La soirée organisée pour fêter la fin des examens avait démarré aux alentours de 18h, et Thomas avait cessé de compter les verres qu'on lui tendait, pour la bonne raison qu'il commençait à voir flou.

D'abord regroupés dans le parc, les étudiants de première année s'étaient ensuite éparpillés dans les différentes salles communes, et Thomas s'était évidemment retrouvé devant la salle des juristes, titubant pour trouver la porte, un Newt hilare pendu à son bras.

De nombreux étudiants des années supérieures, dont Minho et Teresa, s'étaient évidemment incrustés à leur petite fête, accueillis à bras ouverts par les nouvellement libérés. De toute manière, et comme l'avait dit Minho, acceptés ou pas, ils seraient venus quand même car, selon ses propres mots, "on ne dit jamais non à un open bar".

Sur le coup, Thomas avait été totalement d'accord avec lui, mais maintenant que la pièce tournait étrangement quand il fermait les yeux, il n'était plus très sûr de partager son avis. Il avait l'impression que tout son corps vibrait au rythme des basses qui sortaient des énormes enceintes, et il était intimement persuadé d'avoir vu les fenêtres trembler alors que le volume augmentait crescendo au fil des heures.

Minho et lui se trouvaient au centre de la piste improvisée, et sautaient plus qu'ils ne dansaient, incapables de calmer leur fou rire. Les étudiants qui les entouraient étaient dans le même état qu'eux, et Thomas ne comptait plus le nombre de personnes qu'il avait serré dans ses bras, saluant ses meilleurs amis d'un soir.

Quelqu'un d'avisé avait lancé du Overwerk, et Thomas se sentait littéralement en transe tandis qu'il dansait de plus en plus proche avec Sonya, une étudiante en médecine que Harriet lui avait présenté. La jolie blonde n'avait cessé de lui faire du charme toute la soirée, et plus son taux d'alcoolémie augmentait, plus Thomas se persuadait que la tentation était faite pour y céder.

Il jeta un regard du côté de Newt, affalé sur le canapé avec Alby, Teresa, et d'autres étudiants qu'il ne connaissait pas. Thomas fronça les sourcils en apercevant Brenda qui se dirigeait vers le groupe, un verre dans chaque main, et serra la mâchoire quand la brune en tendit un à Newt, qui lui lança un sourire lumineux pour la remercier.

"Ça reste entre nous, gneugneugneu" marmonna-t-il entre ses dents, avant de reporter son attention sur la jeune fille qui venait de passer ses bras autour de son cou pour se coller à lui. L'électro avait laissé la place à une musique plus langoureuse, et Thomas s'humidifia les lèvres en serrant plus fort le corps de la jeune femme contre lui.

Il ne put s'empêcher de jeter un regard du côté de Newt, et son sang ne fit qu'un tour quand il s'aperçut que Brenda s'était installée dans le canapé tout contre lui. Il s'excusa auprès de Sonya, lui assurant qu'il revenait dans une minute et se dirigea d'un pas décidé vers le groupe d'étudiants.

Ignorant le regard de Teresa qui le dissuadait de faire une connerie, il attrapa le poignet de Newt avec un sourire crispé « Je vous l'emprunte quelques minutes, ce ne sera pas long ! » Winston lança une remarque grivoise, mais Thomas l'ignora et commença à entraîner Newt jusqu'à la porte. Le blond se débattait faiblement, essayant vainement de réprimer son fou rire alcoolisé.

Arrivés dans le couloir, Thomas plaqua Newt contre un mur. Son ami paraissait au moins aussi bourré que lui, et il lui lança un regard séducteur en susurrant « J'espère que tu ne vas pas m'emprunter que quelques minutes Tommy, je serai déçu. »

Thomas grogna « Tu t'amuses bien avec Brenda ? »

Newt fronça le nez, les yeux rieurs « Pourquoi, tu es jaloux ? Je dois t'avouer que tu commençais à me manquer. » murmura-t-il, en nichant sa tête dans le cou de Thomas. Ce dernier étouffa un gémissement quand le blond commença à mordiller la peau tendre, et enfouit automatiquement ses mains dans les cheveux de l'autre garçon.

Le bruit de la porte qui s'ouvrait les fit sursauter, et Thomas se recula immédiatement. Deux étudiants sortirent de la salle, leur jetant un regard suspicieux. Newt sortit son paquet de cigarettes de sa poche, et proposa d'un ton nonchalant d'aller fumer. Les deux arrivants détournèrent leur attention d'eux, et Thomas ne put s'empêcher de soupirer de soulagement.

Ils ne rencontrèrent personne sur le trajet jusqu'à l'extérieur, et Newt entrelaça leurs doigts d'un air détaché tandis qu'ils marchaient. Thomas fixa stupidement la main du blond dans la sienne, et dû fortement se retenir de balancer Newt dans un des canapés du salon pour l'embrasser jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Arrivés dans le parc, ils trouvèrent un endroit suffisamment éloigné, à l'abri de tout regard. Ils allumèrent chacun une cigarette, se fixant à la lueur du clair de lune. Newt était adossé au tronc d'un arbre, et Thomas se rapprocha de lui, tout en s'assurant qu'ils étaient bien invisibles depuis la terrasse, où plusieurs groupes d'étudiants étaient sortis fumer.

« J'ai envie de t'embrasser. » dit-il doucement.

Newt eut un rictus et répondit d'une voix traînante « Depuis quand tu as besoin de ma foutue permission pour le faire ? »

Une seconde de flottement s'écoula, avant que Thomas ne se jette sur lui, leurs corps entremêlés s'entrechoquant violemment contre l'arbre. Ils s'embrassèrent ainsi pendant de longues minutes, leurs cigarettes se consumant doucement au bout de leurs doigts.

Newt avait un goût de clope et de raisin, à cause du vin rouge qu'il n'avait pas cessé de boire depuis le début de la soirée. Thomas lui mordit la lèvre comme s'il croquait dans un fruit, et un gémissement sourd du blond lui répondit, son étrange à la frontière du plaisir et de la douleur.

Après un long moment, jugeant qu'ils avaient eu leur dose pour au moins la prochaine heure à venir, ils décidèrent de revenir à la soirée, jetant au passage leurs mégots complètement consumés.

Avant de rentrer dans la salle, Thomas retint Newt en l'attrapant par le poignet.

« Danse avec moi Newtie. » chuchota-t-il d'une voix rauque.

Le blond grimaça et répondit sur le même ton « Ça va pas le faire Tommy, on va se faire griller… »

Thomas resserra sa prise sur le poignet du blond « Arrête de dire n'importe quoi, je danse avec Minho depuis le début de la soirée et personne n'est venu me faire de remarque sur une quelconque romance passionnée et défendue. »

En avisant l'air hésitant de Newt, Thomas sentit une bouffée de colère l'envahir. Il lâcha brutalement son poignet et entra d'un pas vif dans la salle, se dirigeant directement vers le bar improvisé. D'une main tremblante, il se servit un shooter de tequila qu'il avala d'un coup sec, renversant sa tête en arrière dans un mouvement brusque.

Minho était en train de s'ouvrir une bière, et il lui jeta un regard amusé en s'exclamant « Wow du calme le bleu ! Tu m'en sers un ? »

Thomas hocha la tête, et les deux garçons s'avalèrent plusieurs cul-secs en trinquant.

Dix minutes plus tard, Thomas était de retour sur la piste, plus en forme que jamais. Il ignora résolument le canapé que Newt avait réintégré, et préféra se concentrer sur Sonya, toujours aussi charmante.

Ils dansèrent longtemps tous les deux, de plus en plus langoureusement, et ils finirent par s'embrasser, indifférents aux autres étudiants qui se déhanchaient. Thomas, assommé par l'alcool, ne se rendait plus compte du temps qui défilait, ni du fait que la salle commençait lentement à se vider. Sonya l'entraîna vers le bar, et ils restèrent longtemps à discuter tout en buvant.

Vers cinq heures du matin, ils finirent par décider de remonter à leurs dortoirs. Ils se firent naturellement la bise pour se souhaiter bonne nuit, et Thomas fut soulagé de voir que la blonde ne cherchait rien de plus que de l'amusement pour une soirée.

Il avait eu envie de hurler quand il avait réalisé que leurs baisers n'avaient absolument rien de comparable avec ceux qu'il pouvait échanger avec Newt, et il fit exprès de faire le plus de bruit possible en ouvrant la porte de leur chambre, laissant le battant valdinguer contre le mur.

A peine avait-il franchi le seuil de la pièce qu'un éclair blond se jetait sur lui, l'envoyant valser brutalement contre son armoire. L'instant d'après, Newt était collé à lui, le bras en travers de sa gorge.

« T'es vraiment un connard Edison. T'avais pas vraiment besoin de moi pour danser à ce que j'ai pu voir. » siffla le blond, le maintenant avec colère.

Thomas se dégagea avec humeur, crachant rageusement « Je dois demander une autorisation écrite pour danser avec quelqu'un ou comment on s'organise ? »

Newt s'éloigna en ricanant, passant nerveusement sa main dans ses cheveux « Danser avec quelqu'un ? Je ne sais pas ce que vous faisiez, mais c'était tout sauf danser ! »

Les yeux de Thomas se réduirent à deux fentes quand il répondit « Comment oses-tu me faire une crise de jalousie alors que… »

Il fut interrompu par Newt, qui s'était jeté sur lui pour la deuxième fois en quelques minutes, mais dans un tout autre but que celui de l'étrangler. Thomas les fit avancer jusqu'à son lit, sans se décoller du blond, et ils se laissèrent tomber sur le matelas tout en continuant de s'embrasser.

Ils auraient bien assez de temps pour parler de tout ça le lendemain.


Note bis : Here we are, la fin d'un chapitre qui n'était en définitive pas si terrible que ça ! Tout va plutôt bien dans le meilleur des mondes n'est-ce pas ? Je trouve que ça sent un peu le roussi, mais c'est un avis personnel niark.

A la semaine prochaine, et n'oubliez pas : une review qui réchauffe le coeur = 1 euro économisé sur la facture de chauffage de l'auteur !