La seconde affaire entre dans le sérieux. D'une certaine manière ça démarre vraiment sur les chapeaux de roues. Je m'excuse du retard, j'étais occupée à bosser sans compter le manque d'inspiration flagrant. Finalement ce chapitre fut écrit en deux jours . dire que ça fait des mois que je bosse dessus.
L'installation des équipements avaient pris plus de trois heures : il avait fallut déblayer un grand rectangle de neige pour pourvoir commencer la construction de la tente. Puis les piquets, faibles face à la terre gelée, refusèrent de creuser le sol. Enfin il avait fallu toute la patience et le talent de Lin pour parvenir à faire fonctionner le système de chauffage et d'électricité via la puissante batterie que contenait le van qui, malgré cela, ne serait pas assez puissante pour alimenter suffisamment de caméras. Ne cessant de jouer avec son stylo, Naru paraissait passablement tendu, et Mai se félicita d'avoir insisté pour amener suffisamment de litres d'eau. Dans cet état d'esprit, jamais son admirable patron n'aurait supporté un thé à la neige. Rien que la perspective la faisait à moitié-sourire.
Pourtant les circonstances n'étaient pas propices au rire, outre la difficultés à mettre au point l'équipement, l'hostilité des villageois pesait sur l'équipe. En plus de l'agression d'Ayako de la veille, les avis de témoignages qu'ils avaient affichés avait été arrachés. Visiblement, il ne faudrait pas compter sur leur collaboration.
Frissonnant, elle resserra son manteau et s'avança vers la base. Naru avait insisté pour qu'elle soit le plus à l'écart possible de la demeure. D'ici on ne voyait qu'une partie de son mur d'enceinte à travers les arbres. Personne ne l'avait encore vue dans son entier. Ce ne serait pas pratique mais, comme à son habitudes, il avait coupé court aux protestations.
Mai avait la sensation qu'entre la prudence de Naru et la présence de Kugumiya, rien n'annonçait une affaire simple et chaleureuse. Le regard sombre elle entra dans la base. Bô-san l'apostropha tout de suite, d'un air soulagé :
« Mai ! Tu as réussi à joindre la mairie ?
- Naru avait raison, on peut obtenir du réseau en s'approchant le plus possible de l'antenne relai.
- Tu as calculé le temps nécessaire pour y accéder ? » demanda ce dernier.
- Huit minutes et quarante-six secondes. » répondit-elle en souriant légèrement. « Yoshiro-san arrivera dans à peu près une heure, il apportera aussi les plans que nous avons demandé.
- Bien. »
Il y eut un bref silence dont elle profita pour s'asseoir au cotés d'Ayako. L'équipe entière était réunie ici, plus pour profiter de la chaleur que pour autre chose. En tant que chef, Naru prit la parole le premier :
« En raison du froid et des villageois, nous ne pouvons pas laisser le matériel sans protection. Deux d'entre nous serons constamment à ses cotés. Deux autres resteront au village pour obtenir des informations. Les quatre autres chercherons des indices dans la demeure, installerons le matériel ainsi que le plans. Les équipes se relaieront à tour de rôle. Chaque nuit, deux d'entres elle retourneront dormir au villages, les deux autres resteront ici. Restez toujours groupé par binôme, je ne veux pas que les évènements Urado se reproduisent. »
Masako rougit férocement, tandis que Mai baissait la tête. Ayako répliqua :
« Ce ne serait pas plus simple si la base était à proximité du manoir ? Comme ça deux d'entre nous ne seraient pas isolés.
- Nous avons tous observé les photographies. » expliqua Naru avec calme. « Dans la mesure où l'incendie à détruit l'aile Est, son absence de murs signifie également une absence de barrière.
- Les esprits n'y seraient pas contenu ? » devina John.
Le chef de la SPR opina tandis qu'Ayako continuait de grincer :
« Si vous vous donniez la peine d'être plus clairs…
- Kazuya veut dire... » fit Kugumiya d'une voix excédée. « Que les esprits ne peuvent pas être contenus à l'intérieur du manoir, étant donné que l'incendie en a détruit les murs. En conséquence nous ne sommes en sécurité ni à l'intérieur ni à l'extérieur.
- …
- C'est pourquoi il faut rester à l'extérieur du mur d'enceinte. Théoriquement nous y sommes en sécurité. »
Ils méditèrent tous sur cette nouvelle et dangereuse perspective. Bô-san faisait remarquer à Ayako qu'elle avait foncé droit dans le mur quand Naru reprit :
« Bô-san et Mai, Hara-san et Kugumiya-san, commencez à enquêter. Matsuzaki-san et Lin chercheront des informations. »
Mai remarqua que les équipes formées étaient assez peu communes, et bien qu'elle-même soit bien tombée avec Bô-san, le fait de devoir compter sur Kugumiya en cas de problème l'inquiétait : d'après les dires de Sean et la précédente affaire, était-ce une bonne idée de lui confier Masako ? L'ironie de la chose la fit grimacer : si elle s'en souciait vraiment, elle n'aurait pas laissé la SPR participer. Cependant, la seule personne qui pouvait lui donner des réponses était l'exorciste.
« C'est trop tard. Merde ! J'avais pas prévu ça ! »
…
« Il n'y a pas d'erreur, c'est eux. Qu'est-ce qu'on fait ? »
Il serait incapable de te faire vivre ce que lui-même n'a jamais vécu. Danny est mort.
Si les seules visions que pouvaient procurer les morts étaient les leurs, alors seul Gen aurait pu lui montrer cette partie de sa vie. Après un mois d'absence, maintenant ça.
Qui était assez proche des associations anglaises pour être au courant de son meurtre et impliqué dans celui de Fond ? La seule personne suffisamment puissante était Sean. Si Kugumiya était son pion, se serait facile de remonter vers lui.
Il se reverraient, puisque c'était ce que Gen souhaitait.
Était-ce un hasard ou bien volontaire ? L'intuition, même inconsciente, de Naru le sidèrerait toujours. Quoiqu'il en soit, éloigné de ses deux sujets de surveillance, Lin rongeait son frein, mais qu'aurait-il pu donner comme excuse à cette formation d'équipe ? Il se souvint avec dépit de sa conversation avec Naru à ce sujet.
« Je formerai les binômes sur des critères de prudence et de capacité. Matsuzaki-san et toi êtes doués pour la recherche d'informations. Organisez un parcours de recherche que les prochaines équipes pourront suivre. »
Il ne pouvait malheureusement rien objecter contre cette logique : sur le long terme, Naru serait plus en sécurité si l'affaire était conclue rapidement. Vaincu, il jeta un coup d'œil à sa collègue. Au vu de ce silence inhabituel, elle ne devait guère se sentir à l'aise. C'était à la fois plus rassurant et plus pesant que ses bavardages.
« Lin-san… tu as une idée de par où commencer ? »
Il avait visiblement parlé trop vite.
« Je pense que vérifier les archives de la mairie est un bon début, le village tient sans doute un journal local ou conserve les revues régionales. Nous pourrions également recueillir des témoignages.
- Eehh ?! Ils m'ont carrément agressé ces villageois ! »
Peut-être auraient-ils dû y aller plus fort ?
« Je pense que les commerçants seront plus malléables si nous sommes des clients potentiels. Le maire et ses adjoints peuvent aussi être interrogés. Nous pourrons également visiter l'inspecteur de police qui s'est chargé de l'affaire. » énonça machinalement Lin.
- Tu sembles avoir l'habitude.
- C'est une procédure classique. »
Convaincue, la jeune femme reporta son attention sur le paysage montagneux.
« Il y a vraiment beaucoup de lacs par ici. » remarqua-t-elle en observant la vallée.
- Oui, énormément de lacs. »
Les photos de Kugumiya retraduisaient mal l'atmosphère réel du lieu. Peut-être que les décombres auraient été moins impressionnantes si elles n'étaient pas si immenses, mais tout était si démesuré.
Cinq bonnes minutes avaient déjà été nécessaires pour parcourir l'allée. Bien cachée par un bois particulièrement touffu, la demeure des Obayashi, véritable manoir japonais, n'apparaissait qu'aux abord de la dernière courbe. L'aire Ouest en très bonne état, puis l'aile Sud et enfin l'aire Est en décombres. Chacune aurait été suffisante pour accueillir à elle seule une famille de dix personnes. Dans l'esprit « comment gaspiller son fric », cette famille avait fait fort. Au centre de la cour, le minuscule autel prêtait à rire.
« D'après les plans de Yashiro-san, » commença Mai, qui contrairement à lui ne semblait nullement impressionnée par le lieu, « la famille ne vivait que dans les ailes Sud et Ouest, l'Est était réservé aux domestiques.
- Mais c'est là que c'est déclenché l'incendie ?
- Oui, et aucun domestique n'est décédé, seulement les Obayashi.
- Ca n'a pas de sens.
- Il doit y avoir une raison. » continua la gamine avec un regard qui rappelait immanquablement celui du patron. « Le problème va être d'installer les caméras, je ne suis pas sûre que ni le sol ni les murs soient stables. »
- Si ça continue comme ça je vais t'appeler Mai-bou. » soupira Houshou. « T'inquiète, on pose ça n'importe où et on avisera s'il y a un problème, comme d'habitude.»
Elle rigola :
« C'est pas professionnel, Bô-san.
- Il a une assurance. » répondit calmement le moine. « Bon, en attendant que les deux majestés n'arrivent, explorons.
- Commençons par l'aile Est. » décida Mai. « C'est le plus important. »
Il opina et ils s'avancèrent tous deux vers l'aile incendiée. Surélevée comme toutes les autres parties de la demeure, il fut difficile d'avancer tout en espérant que le plancher ne les propulse pas plus bas que terre. La végétation avait fait son chemin à travers les lattes manquantes. Mai notait les emplacements idéaux et la température au cours de leur avancée.
On pouvait reconnaître les limites de certaines pièces, parfois même, quelques morceaux de cloison subsistaient encore. Ils repérèrent rapidement l'origine de l'incendie : un vide pur et simple.
« C'est incroyable que l'incendie ait pu durer au point de détruire la structure du manoir. » remarqua Houshou en fronçant les sourcils. « Les secours auraient dû arriver plus rapidement. »
- Le manoir est très isolé. » tenta Mai. « Il faut un quart d'heure pour y accéder depuis le village. »
- Mais quelqu'un aurait forcément dû appeler les pompiers. En une demi-heure le feu ne se serait pas autant propagé.
- Non, sans doute pas. » approuva laconiquement sa coéquipière. « On en a fini ici, nous tentons l'aile Sud ?
- Attendons plutôt Masako. » conseilla le moine. « Au moins on saura tout de suite à quoi s'en tenir. »
Puis, observant un instant le visage pâle de l'adolescente :
« Tu es sûre que toi tu ne ressens rien ?
- Non, rien. » affirma-t-elle.
Il n'était pas sûre qu'elle l'aurait avoué dans le cas contraire, ceci dit… Il y avait des jours ou il plaignait Naru-bou.
« Même tes visions habituelles ? Dis-nous si tu veux en parler…
- Tout va bien Bô-san. » répondit-elle avec une note d'impatience. « Vous les connaissez déjà ces visions. » ajouta-t-elle radoucie. « C'est juste fatiguant, mais ça va mieux depuis quelques jours.
- Vraiment ?
- Vraiment. »
Si c'était vrai, c'était une bonne nouvelle. Il sourit largement, et s'apprêta à descendre la pente de gravas. Tout à sa bonne humeur, il n'entendit ni ne sentit les gravillons qui se précipitaient vers le vide.
« Bô-san ! Attent… »
Il sentit la pierre rouler sous son pied. « Vraiment, c'est pas de bol, » pensa-t-il soudainement. Une douleur cinglante traversa sa cheville tandis que son corps se projetait vers l'avant.
La sirène de l'ambulance lui provoquait une migraine atroce. Il ne devait sûrement n'y avoir que lui pour posséder des employés aussi stupides. Une entorse, en descendant des gravas que n'importe qui aurait pu juger instables. Fort heureusement, les ambulanciers l'avait assuré qu'il nécessitait juste un bandage et des béquilles, aucun besoin d'aller à l'hôpital.
Dire qu'en voyant arriver Hara-san en courant, il avait pensé au pire. Mais quel abruti !
« Comment qu'on va faire maintenant ? » demanda Brown-san avec son éternel accent campagnard. « Faut-il que je rejoigne Mai-san ? »
Telle était la question en effet, le moine serait dorénavant cantonné à la base.
« Non, pour aujourd'hui du moins. Mai rejoindra Rie et Hara-san. Il ne reste que quelques heures avant le changement d'équipe et nous devons installer les caméras d'ici là. Nous nous chargerons tous deux d'installer le matériel aux endroits que Mai a déjà indiqué. Elle continuera avec la seconde équipe dans les deux autres ailes. Bô-san nous coordonnera.
- Je vais préparer le van alors. »
Tout en le regardant partir, Kazuya médita sur le gain de temps que procurait les bons employés. Ce retard dans les installations le préoccupait, d'autant que la surface à surveiller était immense. Il prit une gorgée de thé pour apaiser sa nervosité. Cela ne lui ressemblait pas. Tentant de retrouver sa concentration, il songea aux commentaires de Mai sur les circonstances de l'incendie.
« Les dégâts sont vraiment importants, il a dû durer plus d'une heure. C'est étrange que personne n'ait appelé les secours. Que faisaient les domestiques ? »
Oui, que faisait les domestiques en effet. Quelques scénarios s'imposèrent à lui, tout aussi inutiles les uns que les autres en l'absence de preuves. Un rictus désabusé parcouru ses lèvres : chercher des complications était dérisoire, il était ici pour une raison autre que cette affaire.
Plus le temps passait, et moins il en sentait la nécessité. Sans doute était-il temps de passer à autre chose.
Il régnait dans les archives l'odeur fétide qui n'appartenait qu'à elles : des énormes liasses de papier abandonnées à la décomposition en attendant qu'un quelconque inconnu ne s'y intéresse. Personnellement, Ayako trouvait qu'elles avaient au moins la chance que l'inconnu soit Lin. Des tas de filles auraient adorées être à leur place.
Soupirant, elle se détourna de cet homme trop froid pour être un parti honnête et se replongea dans la chasse à l'article. Ce n'était pas tant l'ennui que la longueur de la tâche qui rendait les choses ardues : chaque article un tant soit peu intéressant devait être photocopié quatre fois. Naru utilisait un système de notation compliqué de par sa nature principalement anglophone, et insistait pour que chaque preuves soit répertoriée de manière drastique.
Franchement, ce n'était pas comme si quelqu'un allait un jour s'intéresser au cas. Ils n'y avaient qu'eux pour bosser sur des affaires aussi compliquées.
Grommelant, Ayako se pencha une nouvelle fois sur le journal. Mai 1980, l'année de l'incendie. Le journaliste commentait la baisse des actions de l'entreprise familiale Obayashi, principalement depuis la mort d'Obayashi Asagoro.
Ainsi, ils étaient en difficulté financière et un membre de leur famille était mort auparavant. Sûrement le père, quoiqu'ils ne connaissent pas exactement le nombre d'Obayashi qui vivaient ici. Ca pouvait être n'importe qui.
« Je vais me renseigner, voir si je peux consulter les registres de naissances ou de recensements. » fit-elle à Lin.
Il n'eut, évidemment, aucune réaction. Fidèle à sa nature rancunière autant que Lin son caractère introvertie, Ayako claqua la porte. Le bruit sourd se répandit dans le couloir, résonnant contre les murs dénudés. Si le village avait en lui-même une atmosphère sévère, la mairie réunissait en elle-même tout ce qu'il pouvait y avoir de plus sinistre. « Ca ne devait pourtant pas avoir été toujours le cas, » se dit-elle en contemplant les nombreuses traces claires qu'avaient laissés des tableaux aujourd'hui disparus.
Les archives où ils travaillaient étaient du même acabit. Grandes pour un si petit village, elles réunissaient de nombreux celliers aujourd'hui vides. Des dizaines de cartons contenant des notes administratives avaient été empilés dans un coin, à l'abandon. La plupart ne dataient que de quelques années. Sans doute ne voulaient-ils pas prendre la peine de les trier.
Plus d'une fois, elle avait maudit Naru : il traitait ses employés comme des chiens, n'expliquait jamais ce qu'il faisait, ne la remerciait jamais non plus. Elle maudissait aussi le moine d'être aussi maladroit. Car elle méritait tout sauf d'être coincée entre les deux femmes les plus détestables de sa connaissance.
Cela dit, contrairement à ce que Mai aurait pensé, les deux autres n'avaient fait aucun commentaire, ni déclenché aucune dispute. Depuis combien de temps ne s'était-elle pas chamaillé avec Masako à propos de Naru, du travail, ou de n'importe quoi d'autre ? Bizarrement, la perspective lui manquait.
Quant à Kugumiya, maintenant que Mai connaissait la vérité, elle n'oserait certainement plus la prendre de haut. Elle-même ne tenterait rien non plus. Une sorte de guerre froide : elles possédaient autant d'armes l'une et l'autre, si jamais l'une d'elle tirait l'autre l'anéantirait également.
Malgré cela, l'atmosphère n'était pas hostile, simplement lasse et teintée de culpabilité. Elle songea, avec un peu d'aigreur, qu'elle collait parfaitement au lieu.
Elles se trouvaient toutes les trois dans l'aile Sud. Ce bâtiment semblait être le lieu de vie principal de la famille. La plupart des pièces ne donnaient pas sur la cour mais sur le derrière de la demeure, comportant un jardin délaissé bordé de pins. Un étang, qui devait autrefois être plus petit, se situait en son centre. Il lui rappelait, de manière macabre, celui de l'affaire de la poupée.
« Les pièces sont toutes plus ou moins vides. » fit Kugumiya. « Des voleurs ont sûrement bien profité de ces 28 années d'abandon.
- Je pensais que les villageois vénérait la famille. » murmura Masako.
- Les villageois, oui. Les autres habitants de la région, non. »
Mai releva une dernière fois la température avant de se tourner vers la médium :
« Est-ce que tu ressens quelque chose ?
- C'est confus. Il n'y a rien de distinct, mais une impression de malaise récurrente. Pour dire les choses clairement, » ajouta-t-elle en fermant les yeux. « je pense qu'un esprit habite bel et bien les lieux, mais au bout de tant années, il trop fort ou trop timide.
- Je ressens aussi cette sensation de malaise. » avoua Mai. « Comme un mauvais souvenir que l'on voudrait chasser.
- Les esprits ne sont-ils pas tous un peu comme ça ? » fit Kugumiya.
- La plupart s'accroche à leur vie passée, pas le contraire. Vous devriez savoir ça. »
Mai retint un sourire tandis que l'exorciste se détournait, embarrassée. C'était bien joué de la part de Masako. Cette dernière soupira avant de se diriger vers la pièce suivante.
« Nous devons nous dépêcher, c'est bientôt l'heure du roulement.
- Si je suis le plan, il reste encore deux pièces dont les commodités. Ce devrait être rapide. » répondit Mai.
- Il y a beaucoup trop de pièces pour l'ensemble des caméras, et je suis quasi-certaine que l'esprit ne nous attaquera dans aucune d'elles. » se plaignit Kugumiya.
- Nous ne pouvons pas prévoir si se sera le cas. » objecta l'assistante. « Certain esprits réagissent violemment. »
L'exorciste ne répondit pas et laissa le silence s'installer. Mai songea que c'était sa meilleure initiative depuis le commencement de l'enquête. Elle aussi avait hâte d'en finir : elle entendait les cris de ses visions de la même manière que si elles étaient derrière elle. C'était moins pénible qu'à l'habituel mais l'empêchait de se concentrer.
Elle buta contre Masako par inadvertance. L'assistante allait demander à la médium pourquoi elle s'était arrêtée si subitement, lorsqu'elle entrevu l'intérieur de la pièce. Celle-ci n'était pas vide.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? » murmura Masako.
Derrière elles, Kugumiya les écarta légèrement pour pouvoir entrer dans la pièce. Une fois fait elle s'agenouilla et ramassa le premier à sa portée.
« Des statuettes de Jizos. Une offrande pour un enfant mort né. » résuma-t-elle en effleurant le bavoir qui l'ornait.
- Il y en a des dizaines… »
Avec douceur, Mai fit reculer Masako, l'arrachant de la contemplation des statues, puis reporta son attention sur la pièce.
« La plupart ne portent pas de bavoirs. » fit-elle remarquer. « Tu crois que ce sont les villageois qui les ont placés là ?
- Qui d'autre ? Ce sont aussi eux qui ont construit l'autel au dehors.
- C'est vrai. Et ils sont tous orientés vers le Nord-est.
- Et ?
- Je vois où tu veux en venir. » affirma Masako en se redressant. « Il faudra en parler à Naru. »
Elles échangèrent un regard de connivence sous le regard interdit de Kugumiya, pour que finalement la médium se détourne d'un air paisible :
« Allons à l'aile Ouest, Mai-san. »
D'un geste fluide, Lin continua à tourner machinalement les pages. Il arrivait au mois de septembre. Plusieurs minutes passèrent avant qu'il ne s'arrête enfin à un article daté du 15. La photo montrait un équipe policière en exercice. Elle s'activait autour d'un bâtiment encore fumant qu'il n'eut aucun mal à reconnaître. « Drame au village Matsubayashi. ». L'article recensait la mort de la famille Obayashi, sans aucune précision sur ses membres. Elle dénotait cependant quatre disparitions.
Derrière lui, il entendit la miko descendre les escaliers. Elle apparut bientôt avec un jet de photocopies dans les mains.
« Ils ne m'ont pas laissé consulter les registres. » déclara-t-elle d'une voix outrée. « Privé qu'ils disent, mais elle a quand même été photocopier une page de mon choix. J'ai choisi l'année 1979, un an avant l'incendie. »
Il songea que s'était une bonne initiative tout en se demandant pendant combien de minutes elle avait harcelé l'autre femme. C'était la page des O. Quatre personnes figuraient au nom des Obayashi. Tout concordait.
« Naru a appelé. » prévint-elle. « Le moine s'est cassé la gueule, il veut qu'on prenne ses médicaments en revenant à la base.
- Rien d'autre ? » demanda Lin en évitant d'imaginer la scène.
- Pas vraiment. Il a dit qu'il brieferait tout le monde ce soir. Il ne veut sûrement pas répéter dix fois la même chose. »
C'était probable. Il se leva pour photocopier l'article qu'il détenait.
« Nous allons bientôt rentrer. » annonça-t-il. « Nous devons y être pour la relève. Préparons simplement un résumé de ce que nous avons trouvé.
- Ok. J'espère qu'ils y passeront autant de temps que nous. » grinça-t-elle avec une pure mauvaise foi.
« Je me demande comment ils vont se débrouiller maintenant que le moine est hors-jeu. »
Il ne prit pas la peine de répondre. Silencieusement, il s'installa à son ordinateur. Même ici la température commençait à baisser, il s'inquiéta brièvement pour le matériel de la base. Tiendrait-il le coup ? Soupirant, il commença à taper.
« Encore de l'anglais hein ? » constata la miko en observant par-dessus son épaule.
Et sans lui demander aucune réponse, elle commença paisiblement à classer les dossiers.
Quand je me relis je me dit : mais où est-ce que je vais ? Il faut avouer que la précédente version de cette affaire était très confuse.
Observez que pour une fois, ce n'est pas Mai qui souffre XD
Le prochain chapitre devrait être riche, cependant ça prendra un peu de temps pour l'écrire, je suis plutôt occupée ces temps-ci
Merci pour vos reviews ^^ elles m'ont toutes vraiment encouragées.
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Maydulilas : je suis contente que tu ais aimée le précédent chapitre. Tu vois, je ne fais pas souffrir Mai à tous les chapitres XD (tous sauf celui-ci). Merci pour tes encouragements ^^
Gabrielle-P- : Je ne sais pas pourquoi, je sens la fan de yaoi XD. Je suis contente que le chapitre t'ais plus ;)
Naty-chan : Mai était plus vivante ce coup-ci, ça contraste même un peu trop avec les chapitres précédent -.-'''. Je suis contente que tu aimes ce nouveau couple ^^ nous les retrouverons au prochain chapitre. Pour le Naru/Mai, patience XD, patience…
Fandemanga51 : Je suis contente que l'intrigue t'intéresse ^^'' c'est parce que je voulais apprendre à créer une intrigue que j'ai écrite cette fanfic, alors c'est super si elle te plaît.
Ce serait super que tu écrives cette histoire ^^ je te supporte à fond ! Si tu as besoin d'aide ou quoi que ce soit n'hésite pas !
Dogywoman : y a pas de quoi ^^' je trouverais vraiment malsain de pas répondre à mes lecteurs. Qu'on me supporte ça fait vraiment plaisir ^^ Merci beaucoup !
Suzie : Merci beaucoup ! ^^ En même temps j'ai veillit XD en tant que vielle je suppose que mon style s'est développé. Désolée pour l'attente.
Tema-chan : C'est flatteur que tu t'impatiente ^^' même si je suis désolée d'être aussi lente. Comme la précédente version s'est stoppée dans les environs je dois tout reprendre et remanier, ça prend plus de temps. (XD si vous saviez les heures que je passe dessus). Merci pour ta review ^^
Vermillia : J'espère que la suite ne te décevra pas ! Le moment de vérité approche ^^. Merci pour ta review.
!.!
J'aimerais créer un forum Ghost Hunt où nous pourrions rassembler toutes les données sur la série, ce qui nous éviterais entre autre de re-visionner tous les épisodes pour connaître la signification du Nord-Est (entre-autre XD).
Une sorte d'encyclopédie en quelque sorte avec une zone de discussion et une zone d'entraide entre les auteurs etc…
Evidemment, je ne lancerais ce projet que si certains d'entre vous sont intéressés, mais je me dis que ça pourrait être sympa.
Donnez moi votre avis ^^
