C'est encore moi! Bon j'ai mis beauuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuucoup de temps à pondre ce chapitre (très court) et je m'en excuse, mais j'ai des concours dans 2 mois et pas mal de problèmes en ce moment, bref je ne sais plus ou donner de la tête et j'ai quelque peu du mal à trouver le temps pour écrire et dessiner. bref, *mode racontage de life off*
Ah puis petite devinette: il y a une incohérence dans le chapitre précédent (le 9), l'avez vous trouvée? =P
CHAPITRE X : Sentiments
Enid était débordée. Les BUSE arrivaient beaucoup trop vite et le match de Quidditch contre les Gryffondor était maintenant dans une semaine. Quand elle ne révisait pas, elle s'arrachait les cheveux pour trouver une stratégie susceptible de briser les défenses de l'actuelle meilleure équipe de Poudlard. Elle dormait trop peu et rattrapait son sommeil en retard en Histoire de la Magie. Grace au bracelet qu'elle avait reçu à Noël, elle comprenait à présent très bien ce que racontait son professeur mais la matière n'était pas devenue moins ennuyeuse pour autant. Quand à sa vie sociale, elle s'était nettement améliorée. Les Neomaraudeurs n'étaient et ne seraient sûrement jamais ses amis, quoi qu'il se soit passé, mais à présent il la laissaient tranquille et elle n'en demandait pas plus. Aussi, lorsqu'elle descendit dîner ce soir là, elle ne se doutait pas un seul instant de la tournure qu'allait prendre la soirée. Ana était plongée dans un vieil exemplaire du Chicaneur lorsqu'Enid pris place à côté d'elle. Elle se servit largement et s'attaqua sans aucune grâce à une cuisse de poulet. Trop réfléchir l'affamait en plus de l'épuiser. Lorsque son ventre fut rempli, elle se servit un grand verre de jus de citrouille qu'elle avala d'une traite. Après avoir reposé son verre sur la table, elle s'aperçut qu'Ana la fixait.
« Tu sais, tu ressemble à un gnome qui n'as pas mangé depuis une dizaine de jours. »
Elle tenta de répondre mais, la bouche trop pleine, elle ne réussit qu'à émettre un son étouffé. Elle continua cependant de se goinfrer jusqu'à ce que la peau de son ventre soit si tendue qu'elle aurait presque pu jouer du tambour dessus. C'est alors qu'un cri à la table des Serpentard attira son attention. Lucy Zabini se tenait la tête dans les mains et semblait au bord de la panique. La grande salle était devenue silencieuse, toutes les têtes étaient tournées vers la table des Serpentard quand un nouveau cris retentit, à la table des Serdaigle cette fois ci. Alors ce fut comme une réaction en chaîne, des cris fusaient dans toute la grande salle. Enid ne comprenait pas, elle se tourna alors vers Ana, juste à temps pour voir le visage de son amie se modifier. Au lieu de ses grands yeux bleus habituels, elle arborait maintenant de petits yeux noirs perçants. Ses cheveux avaient considérablement raccourcit et étaient passés du blond au vert pomme. Ses traits s'étaient fait plus carrés, beaucoup moins fins, on aurait dit une chanteuse de punk moldu. D'un coup de baguette Ana fit apparaître un miroir et se contempla.
« Intéressant ! , fit-elle, pas inquiété le moins du monde. Ne fait pas cette tête Enid, tu n'as presque pas changé toi. Et ferme la bouche on dirait que du va recracher tout ce que tu as avalé depuis le début du repas. »
Que voulait-elle dire par là ? Sans réfléchir Enid arracha le miroir des mains de son amie et fixa son reflet. Il lui ressemblait vaguement en effet. Mis à part que ses yeux étaient bleus et beaucoup trop grand par rapport au reste de son visage, qu'elle n'avait plus aucune tache de rousseur et que ses cheveux, habituellement longs, étaient coupés en un carré plongeant avec une frange épaisse.
« J'aime beaucoup tes cheveux comme ça. » , lui assura Ana sans se départir de son calme.
Enid releva lentement la tête vers son amie et inspira profondément avant de répondre :
« J'aime aussi beaucoup les tiens, court, verts et décoiffés, tu devrait y penser la prochaine fois que tu veux changer de coiffure !
-J'y penserais, assura son amie le plus sérieusement du monde. Oh, regarde, Alex n'a pas changé de tête... tu crois que c'est Maxime à côté de lui ? »
Tournant la tête elle aperçut Alex qui regardait tout autour de lui en riant à gorge déployée. Autour de lui les Serpentard qui ne paniquaient pas lui lançaient des regards noirs. Enid aurait été incapable de dire lequel d'entre eux était Maxime tant leurs têtes lui étaient inconnues. Alex lança un regard dans leur direction et son fou rire redoubla d'intensité.
« Le jus de citrouille ! » , s'écria Enid en se retournant vers Ana.
Alex avait horreur du jus de citrouille et n'en buvait jamais. Cela lui avait évité quelques mauvais tours depuis qu'il était à Poudlard puisque c'était le moyen privilégié des Neomaraudeurs pour faire leurs blagues. Tout le monde le savait et pourtant personne ne s'en méfiait jamais. Enid posa alors son regard vers les trouble-faits, comme la plupart de l'école. Les quatre Gryffondor arboraient leur tête habituelle et riaient à s'en tenir les côtes.
Cette fois ci, les professeurs ne prirent pas la peine d'établir un antidote. Les effets de la potion ne duraient en effet que quelques heures et ne gênaient en rien la vie quotidienne des élèves. Enid s'endormit avec un tête qu'elle ne connaissait pas pour se réveiller le lendemain avec sa tête, une sensation très troublante. Elle avait l'impression de se voir pour la première fois et pour la première fois elle se rendait vraiment compte de ce qui clochait dans son visage. Premièrement, ses taches de rousseur. Elle les avait toujours détestées mais, cette fois ci plus que toutes les autres, elle les trouvaient grotesques. Ensuite son nez était trop retroussé et trop petit, il faisait ridicule au milieu de son visage. Et pour finir, des cheveux étaient bien trop épais pour qu'elle puisse en faire quoi que ce soit. Elle se demanda vaguement ce qu'Ana avait ressenti ce matin là, mais cette dernière avait simplement l'air d'avoir trouvé l'expérience « intéressante ».
oooooo
Oliver avait longuement préparé ce match. Non qu'il doutait de leur victoire, l'équipe multimaison ne pouvait s'être assez améliorée en quelques semaines pour les battre, mais il aimait avoir une nouvelle stratégie à chaque match. Ainsi ses adversaires ne savaient jamais à quoi s'attendre, et puis c'était un moyen assez efficace d'impressionner les spectateurs. Quand il entra sur le terrain sous les acclamations, il était donc confiant. Mais à peine s'était-il envolé qu'une Enid furieuse arriva sur lui à pleine vitesse, manquant de peu de le percuter.
« On a pas besoin de votre pitié ! , vociféra-t-elle.
- Pardon ? , lui répondit-il étonné.
- Votre histoire de 20 points d'avance, on en veut pas, compris ? Ce match, on le gagnera ou on le perdra, mais ce sera à la loyale.
- Écoutes Milévitch, de une je n'y suis absolument pour rien, c'est Malfoy qui vous a fait gagner ces points, donc prends toi en à lui pas à moi, ensuite Rose a juré sur sa maison donc je crains qu'il ne soit impossible de faire autrement à présent. »
Il lui adressa alors son plus beau sourire avant de repartir vers ses buts. Folle de rage, elle pris son poste à son tour. Mais l'Erreur avait une idée, il aurait du s'en douter. Cruck réussit a attraper le souafle à l'engagement, mais l'Erreur réussit à nouveau une de ses acrobatie et le lui reprit. Cependant, au lieu de foncer vers lui, elle fit demi tour et alla marquer dans les anneaux de sa propre équipe. Il y eut un moment de flottement dans le stade.
« 20 partout, le match peut commencer ! » , hurla soudain Lucas dans son micro.
Aussitôt l'agitation repris chez les spectateurs comme sur le terrain. Les premières minutes, Gryffondor menait clairement. L'autre équipe se défendant peu, voir pas du tout, seul leur gardien leur permettait de ne pas se faire déborder, à vrai dire il avait énormément progressé depuis leur dernier match. L'équipe multimaison semblait observer plus que jouer. Puis l'Erreur fit un signe au reste de son équipe et tout bascula. Ses poursuiveurs mis en difficultés semblaient désorientés et accumulaient les erreurs, si bien que lui même était mis en difficulté. Il tenta tant bien que mal de leur crier des instructions, mais cela acheva simplement de le déconcentrer et les points commencèrent à pleuvoir pour l'équipe adverse. Oliver compris trop tard son erreur : l'équipe multimaison les avaient laissé jouer afin de connaître leur stratégie pour ensuite agir en conséquence. Ils avaient réussi à trouver le seul point faible de l'équipe des Gryffondor : l'incapacité à improviser. Qu'à cela ne tienne, il passa au plan B... Plan B qu'il venait tout juste d'inventer soit dit en passant.
« AL', LE VIF, MAGNE TOI ! », s'époumona-t-il en direction de son attrapeur.
A peine avait-il dit cela qu'il capta le regard de l'erreur. Loin de paniquer, elle semblait déterminée à tout faire pour leur mettre des battons dans les roues.
« PLAN B ! » , hurla-t-elle à son tour.
Aussitôt, la stratégie de leurs adversaires se modifia. Les batteurs se concentrèrent sur Al', sans jamais le toucher, mais le visant de si près qu'il faisait de sacrés écarts de trajectoire. Quand aux poursuiveurs, ils avaient adopté une formation qu'Oliver n'avait jamais vu auparavant : l'Erreur était au centre et les deux autres gravitaient autour d'elle, le souafle passant de main en main tandis qu'ils fonçaient vers lui avec la puissance de dix hippogriffes en colère. De cette façon, le souafle était bien plus difficile à reprendre et la trajectoire de tir presque impossible à prévoir. Les points s'enchaînèrent beaucoup trop vite. Oliver ne cessait de lancer des regards à son attrapeur. Lorsqu'enfin ce dernier se lança à pleine vitesse à la poursuite de la petite balle d'or, il ne manquait que 20 points à l'équipe multimaison pour gagner, vif ou pas vif. Heureusement pour eux, l'attrapeuse de l'équipe multimaison, bien qu'ayant progressé elle aussi n'arrivait pas à la cheville d'Albus et celui ci attrapa enfin le vif d'or, quelque seconde avant qu'une Poufsouffle ne marque 20 points.
oooooo
Déception. C'est tout ce que ressentait Scorpius à cet instant. À quelques secondes près ils auraient gagné et dire qu'ils avaient bien joué était encore trop faible face à l'exploit qu'ils venaient de réaliser.
« Eh, on est venu à bout du gardien, la prochaine fois on s'occupe de l'attrapeur, un problème à la fois, lui fit Enid en posant une main amicale sur son épaule. Moi je trouve qu'on a extrêmement bien joué et je suis fière d'être votre capitaine, ajouta-t-elle à l'adresse de l'équipe.
Lorsqu'ils sortirent des vestiaires, ils eurent l'immense surprise de trouver toute l'école les attendant. Ils furent alors acclamés comme s'ils avaient gagné, puis il la vit : Rose. Elle s'avança vers lui et lui adressa un sourire timide.
« Vous avez très bien joué aujourd'hui. Bravo. »
Elle croisa son regard, il ne vit dans ses yeux aucune trace de méchanceté, ni de mépris. Dans un sens, peut-être bien qu'ils l'avaient effectivement gagné ce match ?
Le midi, lorsqu'il essaya de rejoindre sa table, il fut intercepté par quelqu'un qui le tira par le bras.
« Aujourd'hui, tu manges avec nous ! »
Enid l'entraîna alors jusqu'à la table des Poufsouffle où toute son équipe était déjà installée. Il ne pensait pas cela possible mais aucun professeur ne les pria de regagner leurs tables respectives, il crut même voir la directrice sourire dans leur direction.
Il ne se souvenait pas avoir un jour autant ri lors d'un repas.
Bonheur. Voilà ce que ressentait Scorpius à cet instant.
oooooo
Enid avait été chargée de faire un détour par les cuisines. Elle, Maxime, Alex et Ana avaient rendez vous dans leur salle cette nuit et il leur fallait de quoi grignoter. Aller jusqu'aux cuisines fut étonnamment simple, elle ne croisa absolument personne. Même Peeves semblait avoir déserté le château. Cependant, lorsqu'elle entreprit le chemin inverse, elle tomba nez à nez avec Grumbler. Ce dernier détalla en hurlant à la mort. S'il n'avait pas réveillé tout le château, il avait au moins averti Miss Caretok. Elle se mit aussitôt à courir en direction de leur salle. Plus que trois couloirs et elle serait en sécurité. Elle entendait des bruits de pas précipités dans son dos, à moins que ce ne soit devant elle, elle ne savait plus trop. Mais au moment où elle allait tourner dans un autre couloir, elle percuta quelque chose de plein fouet. Stoppée nette dans son élan, elle se retrouva sur les fesses au milieu de l'intersection. Un peu sonnée, elle fixa longuement la main tendue devant elle.
« Tu comptes te relever oui ou non ? On a pas toute la nuit, ils arrivent ! »
C'était Potter. Elle venait littéralement de percuter Potter au détour d'un couloir. Retrouvant peu à peu ses moyens, elle attrapa la main qu'il lui tendait et se releva précipitamment
« Je vais bien, c'était gentil à toi de t'en inquiéter. » , marmonna-t-elle tout de même, pour la forme.
Albus sortit un espèce de vieux parchemin plié de sa poche et le consulta rapidement. Une expression paniqué passa sur son visage, il regarda autour de lui, empoigna Enid par le bras et la tira derrière une statue. Quelques secondes plus tard, Miss Caretok passait en courant devant eux, précédée de peu de Grumbler. Si après ça elle osait encore affirmer que son yorkshire avait un meilleur odorat que tous les animaux de Poudlard réunis...
« J'ai comme une impression de déjà vu, souffla Potter.
- Ne te met pas à crier cette fois, j'aimerais autant éviter une nouvelle retenue.
- Comment ça ne TE met pas à crier ? C'est toi qui avait commencé !
- Chut ! Je plaisantais, fit-elle plus bas. Ceci dit je maintiens que c'est toi qui a commencé à crier l'autre fois. » , continua-t-elle sur un ton de défi en plantant son regard dans les yeux du garçon.
Ce dernier eut alors une réaction des plus inattendue. Se penchant vers elle, il posa doucement ses lèvres sur les siennes. Enid était en état de choc, si bien que lorsqu'il se recula, elle ne parvint qu'à bafouiller :
« Potter, qu'est ce que... »
Sans répondre, le Gryffondor recula visiblement aussi déconcerté qu'elle, avant de s'enfuir la plantant là. Elle resta plusieurs minutes aussi immobile que la statue derrière laquelle elle se cachait. Quand elle retrouva l'usage de ses jambes, elle se rendit jusqu'à la salle où l'attendaient ses amis. Son cerveau ne s'était pas encore tout à fait remis en marche, mais lorsqu'elle en franchit la porte, elle identifia très clairement ce qu'elle ressentait : de la déception. Au fond d'elle, elle aurait aimé que Potter ne se soit pas sauvé, qu'il l'ait juste attendu un peu plus loin.
Les trois jours suivant, elle n'eut pas l'occasion de le croiser. A vrai dire, elle devait se rendre à l'évidence : il l'évitait soigneusement, arrivant en cours à la dernière minute et repartant dès le cours terminé, ne passant dans la salle commune que pour monter dans son dortoir et s'asseyant toujours à l'opposé de la table de Gryffondor lors des repas. Aussi lorsqu'elle rentra un soir et tomba sur les quatre Neomaraudeur discutant dans la salle commune, elle se lança, consciente que ça serait sûrement sa seule et unique chance de clarifier la situation. Déterminée, elle s'avança vers le petit groupe.
« Potter, il faut que je te parle. »
Ça avait beaucoup mieux sonné dans sa tête. L'intéressé la toisa avant de lui rétorquer d'un ton glacial :
« Je ne crois pas non. »
Sur quoi il tourna les talons et sortit de la salle, suivi de ses trois amis. Enid resta bouche bée, tous les regards étaient tournés vers elle et le vent monumental qu'elle venait de se prendre en pleine figure. Son ego en avait pris un sacré coup. Elle sentit la main d'Ana se poser sur son bras et l'attirer vers leur dortoir.
Plus tard, Enid n'arriva pas à trouver le sommeil. Pourquoi Potter refusait-il de lui parler ? Et quoi qu'il en soit, était-il obligé de la ridiculiser ainsi ? Attrapant son journal, elle griffonna rageusement :
Note pour plus tard : faire avaler sa langue à ce crétin de Potter... Ou lui faire avaler du Naga Jolokia (*)... ou les deux à la fois tient !
« Enid ? , fit soudain la voix de Maxime dans sa tête.
- Comment tu sais que je ne dors pas ?
- Je te sens stressée.
- Ah...
- Tu sais, ça fait trois jours que je te laisse tranquille, mais je sais ce qu'il se passe et je sais à quel point ça te touche, donc si tu veux en parler... »
Elle resta un moment sans savoir quoi répondre. Bien sur qu'il savait, il savait toujours tout de toute façon.
« Ça ne me touche pas, répondit-elle seulement.
- Racontes ça à Ana si tu veux, mais pas à moi.
- Je ne vois vraiment pas en quoi ça devrais me toucher, et puis de toute façon je suis fatiguée, bonne nuit Maxime. »
Tout était faux : ça l'affectait tellement qu'elle ne savait plus ni quoi penser, ni comment se comporter et puis elle n'était pas du tout fatiguée.
(*) Naga Jolokia = l'un des piments les plus forts du monde.
