Bonsoir à toutes et à tous!
Voici un nouveau chapitre de "Se battre pour survivre". J'espère que ce chapitre vous plaira. Et vous comprendrez aussi pourquoi Caius a est lié à Eir. A moins que vous l'aviez déjà compris au dernier chapitre. :)
Et n'hésitez pas à laisser votre avis. :)
Bonne lecture! A bientôt!
Chapitre 9:
Le lendemain matin, Creirwy se réveilla et fut étonnée de sentir les bras chauds de Caius autour de sa taille. Son cœur s'était apaisé. Il était revenu vivant. Mais pour combien de temps? Elle sentait que Médon allait ordonner à son amant d'être l'appât jusqu'à ce qu'ils attrapent ce meurtrier. L'idée de le voir étendu mort sur les pavés d'Athènes la fit frissonner d'effroi.
"_ Tu es enfin réveillée? Fit la douce voix du blond."
Elle opina lentement de la tête. Sa gorge était nouée par la tristesse. Il ne fallait pas qu'il se doute de son plan. Autrement elle ne pourrait se mettre en sécurité. La jeune femme accueillit ses lèvres chaudes avec joie bien qu'elle se sentit mal de lui mentir. Puis elle sentit les doigts de son compagnon caresser délicatement ses cernes. Elle recula, surprise.
"_ Me le dirais-tu si tu avais un problème? S'enquit Caius."
Eir ainsi que Creirwy avaient bien remarqué l'inquiétude du Grec dans ses yeux azurés. La jeune femme s'allongea sur le dos et regarda le plafond. Elle jouait avec ses cheveux. Elle glissa ses yeux sur le corps de l'Athénien et lui souriait comme elle avait l'habitude faire quand il lui posait cette question. Elle n'aimait pas parler d'elle. De ses sentiments. Car même s'ils s'aimaient... Ils pouvaient aussi se détruire. Et Creirwy voulait s'en protéger.
"_ Je fais juste... Des cauchemars. C'est tout, répondit-elle après un moment de silence. Mais votre présence me réconforte."
Caius crut à son mensonge tandis qu'Eir se doutait bien de l'état d'esprit de la jeune mère. Comment pouvait-il être aussi aveugle? La fiancée de Carlisle avait juste envie de le secouer comme un pommier pour qu'il voit à quel point, Creirwy était inquiète pour lui. Une des mains de l'homme prit le médaillon de son amante. La jeune femme l'observa faire. Il savait que c'était le seul objet qui lui rappelait Avallach. Il ne lui avait jamais posé de question sur sa demeure. Sur sa terre natale. Il ouvrit la bouche mais ce fut la douce voix de Creirwy qui s'éleva dans les airs.
"_ Avallach est une île où les arbres fruitiers n'ont pas besoin d'être taillés, ni d'être arrosés. Nous cueillons leurs fruits juste lorsqu'ils arrivent à maturité. Nous avons beaucoup de vergers qui regorgent de pommes toutes aussi succulentes les unes que les autres. Avec ces pommes, nous fabriquons du cidre et de l'hydromel."
Creirwy parla des paysages, du temps, de la mer et des animaux mais jamais elle n'évoqua le statut des femmes dans cette société car elle avait peur que Caius la punisse d'être une femme cultivée, érudite. Elle avait bien compris que chez les Grecs, la femme ne jouait que le rôle de mère. Avoir un homme qui aimait son épouse était rare. Tous les Athéniens avaient leurs concubines attitrées ainsi que des concubins. Creirwy n'avait jamais demandé à Caius s'il allait coucher avec des hommes. Cette pensée la pétrifia. S'il le faisait... Cela mettait une raison de plus pour le quitter.
"_ Cela doit être... Magnifique, finit-il par dire.
_ Oui, affirma naïvement Creirwy, rêveuse."
Caius continuait à tripoter le pendentif. Il le retourna, vit des inscriptions sur le dos du collier et toucha doucement la gravure. L'air pensif, il n'avait jamais vu cette écriture auparavant. Peut-être devrait-il s'y intéresser... Au lieu de courir chercher ce meurtrier. Cependant il devait prouver à son père qu'il n'était pas un lâche. Et il tenait à lui montrer sa valeur.
"_ Qu'est-ce que cela dit?"
Creirwy jeta un coup d'œil sur l'objet en question bien qu'elle savait ce qui était marqué dessus. Elle le traduit d'une voix claire et envoûtante.
Fille de la mer
Maîtresse d'Avallach
Gardienne des anciennes croyances
Caius la contempla, médusé. Ses yeux ressortaient de leurs orbites. Comme s'il venait de comprendre quelque chose. Ainsi... Elle appartenait à une société matriarcale. C'est peut-être pour cela qu'elle voulait avoir plus de liberté. Le visage du jeune homme s'adoucit. Pourquoi n'avait-il pas pensé à cela plus tôt? Il avait toujours trouvé Creirwy spéciale... Maintenant il savait la raison.
"_ Je dois le transmettre à ma première fille, fit joyeusement Creirwy puis elle se rappela des paroles de Caius."
Il ne voulait que des enfants mâles pour perpétuer l'okios, c'est-à-dire que les garçons hériteraient des biens matériels de leur géniteur. Elle baissa les yeux, un peu honteuse d'avoir dire son vœu à cet homme qui ne pouvait pas comprendre l'importance que cela avait pour elle.
"_ Enfin... Si je puis en avoir une..., ajouta-t-elle avec plus d'hésitation."
Le Grec comprit le message caché de sa jeune amante. Cela lui permettait de transmettre ses origines à sa descendance comme l'okios pour ses fils. Il caressa les cheveux de son aimée et déclara:
"_ Je ferai en sorte de t'en donner une, Creirwy."
Ce fut la première fois qu'il disait son prénom. Habituellement, il l'appelait "femme". Cette distinction fit rougir la concernée, touchée par la déclaration de son amant. Son visage s'illumina comme le soleil. Cette réaction fit moult tumultes dans le fort antérieur du jeune homme qui se mit sur le corps de sa concubine. Il plaqua ses lèvres sur celles de Creirwy et lui murmura au creux de son oreille:
"_ Et je compte bien m'acquitter de cette promesse dès à présent."
Eir détourna le regard et préféra sortir de la pièce avant d'être une nouvelle fois témoin de leurs ébats. Pour une fois, elle put se déplacer librement dans la demeure de Caius. Mais elle fut tout de suite reconduite vers la chambre qu'occupait Creirwy. Caius venait de sortir de la pièce, puis quelques minutes plus tard, ce fut au tour de Creirwy. Elle s'était habillée d'une stola et d'un long manteau qui recouvrait son visage.
Eir savait la destination de Creirwy: le port. Les deux jeunes femmes empruntèrent un chemin qui reliait la cité aux quais. Creirwy priait pour que Caius ne soit pas dans cette partie de la ville... Autrement, il serait bien capable de ne plus la toucher. Et aussi de lui infliger une correction corporelle... Et elle devait bien admettre, elle ne pouvait plus se passer de ses douces et voluptueuses caresses. La concubine de Caius recherchait des navires marchands, du coup, elle n'hésitait pas à demander des informations à droite et à gauche afin de parvenir à son but.
Enfin, Creirwy trouva un navire. Le capitaine était en train de discuter avec son second sur les quais. Quelle aubaine! Au moins, elle n'était pas obligée de monter dans le bateau. Pas pour le moment en tout cas. Le commandant du navire était svelte avec des épaules assez larges. Il avait des cheveux mi-longs, bruns et des yeux verts. Sa peau était bronzée. Il regarda la jeune femme arriver vers eux. Il la trouvait vraiment... A son goût.
"_ Que puis-je faire pour toi, femme? Demanda-t-il d'une voix grave.
_ Je cherche un navire pour partir vers Rome ou Massalia. Savez-vous... Où je pourrais trouver un capitaine qui irait dans cette direction? Demanda poliment Creirwy."
Les deux hommes la dévisageaient de la tête au pied. Comme si elle était devenue folle. Pour les convaincre de l'emmener avec eux, elle ajouta:
"_ Je ne vous coûterais pratiquement rien. Je peux faire à manger, recoudre vos habits et vos voiles, faire le ménage des cabines et du pont. Je suis pratiquement née sur un bateau. Certes, il était plus petit mais c'était quand même un navire."
Cette nouvelle parut réjouir le capitaine. Il esquissa un sourire.
"_ Nous allons bientôt lever l'ancre, femme. Peut-être devrais-tu songer à dire adieu aux personnes qui te sont chères?
_ Je n'en ai pas, déclara durement Creirwy."
Mais au fond d'elle-même, elle sentit son cœur se fendre en deux.
"_ Eh bien... Je ne sais pas trop où te mettre pour le moment.
_ Dans ton lit, lâcha son second en lui donnant un coup de coude dans les côtes de son supérieur.
_ Dans ma cabine? Rectifia le capitaine en regardant la jeune femme."
Elle opina de la tête. Tout simplement.
oOoOo
Lorsque Caius rentra chez lui, il se dirigea directement vers la chambre de son amante. Il ne frappa pas à la porte. Il n'en avait pas besoin mais il savait que Creirwy était en train de l'attendre bien sagement, sur son lit. Ou sur une méridienne afin de nourrir leur fils. Le fils du polémarque pénétra dans la salle et fut étonné de ne pas voir Creirwy. Il haussa un sourcil puis remarqua que les bijoux et les étoffes qui avaient offert à son amante... Avaient disparu. Il aurait pu penser à un vol mais il n'y avait pas de traces de lutte.
Tout d'un coup, ses yeux s'écarquillèrent, comprenant où elle était allée. Il grogna férocement et fit volte-face afin de partir à la recherche de Creirwy. Il courrait dans les rues d'Athènes, questionnant les marchands, les artisans, les hoplites et même les esclaves et les mendiants. Caius fouillait dans les bordels, n'hésitant pas à séparer des couples dès qu'il voyait une femme ressemblant à Creirwy.
Si jamais il la retrouverait... Si jamais il parvenait à mettre ses mains sur elle, elle ne ressortira jamais de sa chambre. Elle ne se lèvera plus jamais de son lit.
Puisqu'elle n'était pas dans la cité en elle-même, il se dirigea presque automatiquement vers le port. Comme si c'était les Dieux qui le guidaient vers elle. Vers celle qui avait emprisonné son cœur. Le seul lieu où il n'avait pas regardé. Il s'élança une nouvelle fois à travers Athènes. Bousculant, poussant les passants - femmes, hommes, et enfants. Qu'importe! Il s'en fichait bien de leurs réactions. Il fallait juste qu'il la retrouve. Il l'enchaînerait au lit et il lui ferait comprendre qu'il n'y avait que lui qui pouvait la toucher, la prendre et l'aimer. Oui! Il l'aimait! Beaucoup trop. Mais il n'avait même pas eu le courage de le lui dire.
Arrivé au port, il chercha une silhouette féminine des yeux. Un hoplite, qui gardait justement la sécurité des quais, vint à lui.
"_ Cherches-tu quelqu'un?
_ Une femme.
_ Il n'y en a qu'une qui est passée par ici. Et je ne l'ai pas vu remonter vers la cité. Elle cherchait un bateau partant pour la Gaule. Ou du moins, elle souhaite se rapprocher le plus possible de la Gaule, répondit le soldat en montrant la direction à Caius.
_ Je te remercie, mon ami."
Caius reprit sa folle course. Blessé d'être abandonné par l'être qu'il aimait le plus. Ainsi Creirwy voulait rentrer chez elle. Pourquoi ne lui a-t-elle rien dit? Caius aurait pu le comprendre. Il aurait trouver un moyen pour qu'ils aillent ensemble... Mais il se souvenait aussi de la crainte qu'elle portait même envers lui... Il ferma les paupières, coupable. Il n'avait pensé qu'à sa petite personne et pas assez d'elle. Il serra les poings. Son regard s'était rempli de détermination et de fermeté. Même s'il devait fouiller terre et ciel, Caius se promit de la retrouver et de l'aimer comme elle était. Il ne comptait pas la laisser partir ainsi. Il ne voulait pas que leur relation se termine de la sorte. Il ne le voulait pas!
Au loin, il aperçut un bateau lever les voiles, et accrocher leur ancre sur un des côtés du navire. Caius écarquilla les yeux lorsqu'il vit, à son bord, une silhouette familière. D'un coup, ses nerfs lâchèrent.
"_ CREIRWY!"
La jeune femme ne se retourna pas à l'entente de son prénom. Peut-être n'avait-il pas crier assez fort? Il fallait qu'elle sache qu'il était là! Qu'il l'aimait! Mais le bateau s'éloignait rapidement de la côte. Les vents étaient avec eux. Et Caius dû se résoudre à abandonner... Sa gorge se noua, douloureusement face à la montée cette boule de tristesse et de colère. Il lui avait fait confiance...
"_ Creirwy, souffla-t-il. Reviens-moi... S'il te plait..."
Les jours et les mois passèrent. Caius s'était consolé dans le travail et dans son entrainement aux maniements des armes. Il était le fils du polémarque, il se devait d'être irréprochable dans l'art de la guerre. Bizarrement, la créature d'Hadès n'avait plus commis de meurtres depuis que Creirwy était partie. Caius ne la soupçonnait pas. Elle n'avait pas la personnalité de ce tueur en série. Et puis... Il aurait remarqué des signes montrant que sa concubine était coupable. Or... A part sa fatigue et ses vomissements... Il écarquilla les yeux. Non. Cette fatigue et ces nausées matinales... Cela voudrait dire qu'elle était enceinte de lui?
"_ Par Athéna..., murmura le blond. Pourquoi n'ai-je pas compris?"
Un domestique lui dit que Médon voulait le voir. Il se dirigea donc vers le bureau du polémarque d'Athènes. Il y avait les autres Maîtres de guerre de la cité, toujours autour de la table où reposaient les cartes de la Grèce.
"_ Sparte vient de nous déclarer la guerre, indiqua Médon.
_ Depuis le temps qu'il l'attendait, siffla un des hommes."
Caius les rejoignit, aux côtés de son père. Il ne le regarda pas. Il fixait un point sur la carte. Sûrement le lieu de la bataille qu'il allait devoir mener. L'armée était prête à accueillir comme il se doit les Spartiates. Le jeune homme espérait qu'il allait en ressortir vivant de cette guerre parce que, dans son cœur, il sentait qu'une autre quête l'attendait...
Quelques jours plus tard, Caius se trouvait en armure, marchant vers la mort. Il priait Athéna pour qu'elle le guide et le protège. Car, pour le moment, il ne pouvait faire que ça. Il pensa aussi à Creirwy et à leur enfant. Était-ce une fille ou un garçon? Quelque part, il espérait que cela soit une fille. Le jeune homme esquissa un triste sourire. Si jamais il mourrait, Creirwy n'aura jamais à affronter cette nouvelle. L'armée athénienne franchissait une autre colline puis s'arrêta en sommet de la crête. Les Athéniens surplombaient la contrée et l'armée spartiate. Alors que le polémarque haranguait fièrement ses hommes, Caius sentit qu'ils étaient épiés. Il tourna son regard vers les arbres, plissa les yeux et distingua une silhouette sombre dans les branches de feuillus. Il avait l'étrange impression que sa peau brillait sous les rayons du soleil. Il cligna plusieurs fois des paupières puis glissa ses yeux vers ses adversaires. Son père donna l'ordre de charger en même temps que le polémarque de Sparte. Caius savait que la moindre erreur pouvait être fatale.
Il n'était pas encore prêt. Pas prêt pour mourir. Oui. Il l'admettait. Il avait peur. Peur de mourir.
Les soldats des deux camps courraient à travers la plaine et dans un énorme fracas, ils se frappèrent, blessèrent et s'entretuaient sans perdre haleine. Sans pitié. Leurs armures si étincelantes avaient pris un mélange de teinte pourpre et de marron. Caius tournoyait tel un aigle volant au-dessus de sa proie. Il piquait le cœur de son ennemi comme les crocs des serpents. Le jeune homme sentait cette énergie se propager dans son corps. L'excitation. Le goût du sang. Le plaisir de voir sa victime agoniser, mourir sous ses yeux. Il se sentait revivre. Il se sentait protéger par sa déesse: Athéna.
Cette colère, cette tristesse, qu'il avait si souvent refoulé lors de ses entraînements servaient à présent à ôter la vie des personnes étaient dangereuses pour la sienne. Non... Il ne partirait pas aujourd'hui. Il ne partirait pas rejoindre le monde souterrain. Il voulait retrouver Creirwy. Et pour cela, il fallait qu'il vive.
Les combats faisaient rage. Caius ne regardait plus le nombre de Spartiates qu'il attaquait, achevait, massacrait. Tout ce qu'il voulait, c'était la fin de cette fichue bataille pour qu'il puisse retourner chez lui. Et préparer son long voyage.
Tout d'un coup, quelqu'un l'agrippa et le projeta contre un arbre. Il tomba lourdement sur le sol et lâcha sa lance. Le souffle coupé, il tentait en vain de se relever. Caius remarqua qu'il était loin du champ de bataille. Il comptait rejoindre ses camarades d'armes lorsqu'une brindille craqua. Le Grec se releva d'un bond tout en saisissant son arme. Quelqu'un éclat de rire. Le jeune homme se retourna, brandit sa lance vers son adversaire et vit... Un homme aux yeux de braise. Caius l'observa.
"_ Crois-tu vraiment que tu peux me faire face avec ça? Demanda l'inconnu, en montrant l'arme."
L'Athénien s'était mis en garde. Prêt à attaquer. Il avait encore assez de force pour se défendre.
"_ Je t'ai vu comment tu te battais... Cette rage de vouloir rester en vie... Cette joie d'ôter la vie à tes ennemis... Je pourrais... Facilement te donner l'immortalité.
_ Pourquoi ferais-tu cela? Qu'est-ce que tu as à gagner?
_ Oh... Rien... A part semer le désordre et la terreur chez les humains, ricana la créature."
L'homme s'approcha rapidement - trop rapidement - de Caius et le plaqua contre le tronc d'un arbre, la main sur sa gorge.
"_ Ainsi... Tu auras tout le temps pour retrouver cette femme. Et te venger d'elle. De ce qu'elle t'a fait."
Caius n'en revenait pas. Il l'avait espionné. Puis... Si vraiment il pouvait lui donner l'immortalité, il pourrait facilement rejoindre Creirwy. Alors il opina de la tête, attendant la morsure de cette créature d'Hadès.
A Avallach, Creirwy regardait le ciel, serrant sa petite fille dans les bras. Il faisait beau. Aucun nuage était à l'horizon. Mais son cœur sentait que Caius était en danger. Elle ferma les yeux. Elle sonda la mer. Et lentement, la jeune femme laissa ses larmes couler. Le bébé parlait dans un langage incompréhensible pour les adultes. Mais Creirwy sentait que son enfant voulait la consoler. La réconforter dans sa tristesse.
Ainsi... La créature avait fini par l'avoir.
oOoOo
Lorsque Eir ouvrit les yeux, la première chose qu'elle perçut c'était les bras de Carlisle autour de sa taille. Elle voulut s'en dégager mais il la serra plus contre lui. La jeune femme soupira, à moitié vaincue par la force de son amant. Elle se tourna vers son compagnon et l'embrassa tendrement. L'humaine entendit un doux ronronnement de la part de son homme et fit un sourire. Enfin, elle était chez elle. A sa place. Elle en avait vraiment marre d'être dans ce rêve... Mais cela lui avait fait prendre conscience de plusieurs choses... Inutile d'en parler à Carlisle, il la prendrait pour une folle. Elle ne voulait pas qu'il s'inquiète pour des futilités. Et puis... Cela ne le concernait pas.
"_ Je ne t'ai pas trop manqué? Demanda l'humaine d'une voix taquine.
_ Si, un peu, répondit Carlisle en boudant à moitié. Mais je compte bien rattraper ces instants que j'ai perdu."
Eir eut un tremblement. Pas de froid. Juste de plaisir. Elle se plaqua un peu plus contre lui. Voulant sentir son odeur comme si sa vie dépendait. Elle se demandait combien de temps elle était restée au lit. Elle avait peur de voir Carlisle prendre congé en lui disant que ses vacances étaient enfin terminés.
"_ Il y a intérêt, oui, le sermonna gentiment Eir. Autrement plus de câlin.
_ Oh non... J'adore tes câlins, soupira le vampire avec une moue enfantine."
Ils éclatèrent de rire puis Eir se mit à califourchon sur Carlisle qui ferma les yeux pour profiter de ce moment de tranquillité et de complicité entre eux. Elle se pencha vers son visage afin de l'embrasser mais avant qu'ils n'aillent plus loin, un petit lutin - du nom d'Alice - apparut dans la pièce tout en sautillant. Contente que son amie se soit enfin réveillée.
"_ Allez! Lève-toi! Nous avons pleins de chose à préparer! S'exclama-t-elle en tirant Eir du lit."
L'humaine gémit. Elle n'avait vraiment pas envie de se lever. Elle voulait profiter de la présence de Carlisle avant qu'il ne reparte au travail. Bon, il lui restait encore quelques jours... Mais quand même, elle voulait profiter de lui. Juste de lui. Elle en avait le droit, non?
"_ Me préparer à quoi? Soupçonna Eir en plissant les yeux pour essayer de déceler un mensonge."
Pourquoi avait-elle un mauvais pressentiment? Alice la poussa dans la salle de bain. Et ce n'est qu'à ce moment-là, qu'Eir remarqua qu'elle était dans l'appartement d'Erwan et Robin. Juste au-dessus du bar. Elle ferma les yeux en se disant que Carlisle avait dû passer ses nuits dans sa chambre d'adolescente... Punaise, la honte...
Bon, la chambre était de taille moyenne parsemée de bouquins sur les contes et légendes des pays celtes, gréco-romains, égyptiens, mayas ou japonais. Sur les murs, elle avait accroché beaucoup d'esquisses de personnes, de personnalités divines ou mythologiques au point où on ne voyait même plus la couleur des murs et du plafond. Il y avait un lit deux places ce qui arrangeait Eir et Carlisle pour leurs petits câlins en tête à tête.
Maintenant c'était sûr. La mortelle pouvait se méfier de son amie. Elle était coriace quand elle avait une idée en tête. Surtout lorsque cela concernait les fêtes.
"_ Alice?"
La vampire l'enferma dans la pièce après lui avoir lancé:
"_ Lave-toi.
_ Pourquoi ai-je l'impression que tu me prépares quelque chose dans mon dos?
_ Mais non, je veux juste fêter ton réveil, rassura le lutin. Maintenant, tu vas avoir besoin de prendre une bonne douche. Trois jours et trois nuits sans se réveiller, eh ben, c'est comme si tu venais faire Landerneau - Concarneau à pied.
_ Eh! Je ne te permets pas! Protesta Eir, vexée. Pour ma défense, j'étais malade.
_ Hop! Hop! Hop! Encouragea Alice. Allez, autrement, c'est moi qui vais te laver."
Eir préféra écouter la vampire avant de la voir réellement fâcher. Elle se dépêcha, entra sous la douche, tout en pensant que c'était nettement mieux si Carlisle était avec elle. Elle se pinça les lèvres puis elle s'exclama:
"_ Je peux avoir mon petit Doc avec moi?
_ Non!
_ Roooh... C'est pas juste, râla Eir, de mauvaise humeur."
Quand elle eut terminée, Alice entra directement dans la salle, fit asseoir la jeune femme, qui boudait toujours, sur un tabouret et commença à la coiffer et à la maquiller.
"_ Tu as vraiment des beaux cheveux, complimenta Alice, admirative. Je sais déjà ce que je vais te faire! Oh oui! Tu seras magnifique!"
Alice venait de lui faire deux nattes cascades qui encerclaient joliment le crâne de l'humaine. Eir trouvait que son amie était vraiment douée pour ça. Elle lui souffla un "merci", émue.
"_ Maintenant, passons à la robe, fit la vampire en frappant des mains."
C'était une robe pin up noire, sans manche. Le cou était couvert. Et un rond faisait office de léger décolleté. La longue de la robe allait juste en dessus du genou. Ce n'était ni trop long, ni trop court. Au moins, ce n'était pas vulgaire. Eir n'aimait pas les vêtements où il n'y avait que trois pauvres morceaux de tissu et qui cachait peu le corps de la femme. Alice ne se trompait jamais dans ce choix. Et l'humaine l'en remerciait. La jeune femme enleva le collier qu'elle venait de trouver, à contrecœur. Cela ne lui plaisait pas de l'abandonner ainsi. Elle craignait que quelqu'un allait lui voler l'objet.
"_ Et voilà! Conclut-elle, toute fière. Avec ça! Carlisle ne tombera que dans tes bras!"
Les mots sonnèrent étrangement dans l'oreille d'Eir. Elle fronça les sourcils tandis que la fille de son fiancé fit semblant de ne pas l'avoir vu. L'humaine ouvrit la bouche pour parler mais ne fut pas la plus rapide.
"_ Bon, je crois qu'il est temps de te rendre à ton fiancé. Il est vraiment impatient.
_ Quoi? Comment... Comment ça? Paniqua Eir."
Alice la prit par la main et l'embarqua jusqu'au premier étage. Avant de rentrer dans le bar, elle confia l'humaine au médecin qui n'hésita pas à la contempler avec gourmandise. Il baisa le front de son aimée puis ses lèvres. Il ronronna une nouvelle fois et se colla un peu plus contre son aimée. Alice avait mystérieusement disparu, comme si elle ne voulait pas les déranger dans ce moment d'intimité.
"_ Je n'ai vraiment pas envie de me décoller de toi, fit Eir entre deux baisers.
_ Ce n'est pas toi qui voulait connaître mes enfants?
_ Ils ne peuvent pas attendre que j'en ai terminé avec toi?
_ Pas sur que tu gagnerais."
Eir arrêta son baiser. Elle lui souriait amoureusement. Et ensuite elle ouvrit la porte tout en grand. Le bar avait l'air vide. Et sombre. La mortelle se tourna vers Alice, avec un regard rempli de méfiance. D'un coup, la lumière s'alluma et beaucoup de vampires s'écrièrent à part quelques Volturi comme les rois, Jane, Alec et Démétri:
"_ Bon anniversaire, Eir!"
L'humaine tourna une nouvelle fois son regard vers la voyante afin de la foudroyer, manque de chance, cela n'avait pas marché. Eir détestait les fêtes surprises. Et encore moins lorsqu'on lui fêtait son anniversaire.
"_ Juste pour fêter mon réveil, hein, Alice? Répéta la mortelle avec un regard assassin.
_ C'est aussi pour fêter vos fiançailles, se justifia-t-elle en se réfugiant dans les bras de Jasper."
Eir leva les yeux au ciel, exaspérée par le comportement de son amie. Mais avant qu'elle ne réplique à nouveau, Carlisle l'emmena vers un petit groupe. C'était deux couples. Celui de gauche était composé d'une belle et séduisante blonde et d'un homme à la carrure d'un ours. Et celui de droite, d'une femme brune aux cheveux ondulés et d'un homme aux cheveux cuivrés. Tous avaient des yeux ambrés comme Carlisle.
"_ Je te présente Rosalie et Emmett, et Isabella et Edward.
_ Appelle-moi juste Bella, dit l'épouse d'Edward.
_ Enchantée de faire votre connaissance, fit tout simplement Eir."
Le peu de réaction de l'humaine en étonna plus d'un. Erwan, Robin, Carlisle et les Volturi avaient pensé qu'elle se serait jetée sur eux pour les enlacer. Mais... Non. Elle ne l'avait pas fait. Étrangement, le médecin sentit que quelque chose avait changé en elle depuis sa noyade. Eir perçut le regard de son aimé et des autres vampires sur elle mais tenta tant bien que mal de penser à autre chose. Elle ne pouvait pas leur dire la vérité sur son ascendance, si? Et puis... Ils ne comprendraient pas le fait qu'elle soit... Liée à l'île d'Avalon et qu'elle pouvait sentir l'aura de chacun de ses congénères... Et qu'elle pouvait ressentir leurs émotions. Elle chassa ses pensées de la tête. Comme dirait Alice, il faut savoir s'amuser ainsi Eir tromperait les sens de ces vampires afin d'éviter les questions trop embarrassantes.
"_ Si je vous fais la bise, vous n'allez pas me voir comme une alien? Non parce que j'ai fait ça à un groupe d'anglais qui était venu à l'UBO et ils m'ont dévisagés comme si j'étais une folle. Je n'ai vraiment pas compris pourquoi..."
Carlisle et sa famille éclatèrent de rire face aux explications de la mortelle. Puis un à un vint la prendre dans ses bras en lui disant "Bienvenue dans la famille", " Heureux de voir que Carlisle ait enfin trouvé le bonheur" et autres phrases de politesse. Au bout d'un moment, cela lassa l'humaine. Certes, elle était encore fatiguée par rapport à son étrange en plus de cela, elle n'éprouvait pas l'envie de s'amuser. Elle voulait juste rentrer chez elle et profiter de Carlisle. Ensuite, le médecin la guida vers un autre groupe. Deux blondes aussi splendides que Rosalie, de deux hommes bruns, l'un avait les yeux écarlates et l'autre ambrés. Et une troisième femme aux cheveux châtains.
"_ Voici, nos cousins, le clan Denali. Tanya, Kate, Garrett, Eleazar et Carmen.
_ Enchantée, répéta Eir en souriant."
Kate voulut serrer la main à Eir. Elle eut un moment d'absence puis fixa la vampire dans les yeux:
"_ Ne voyez pas cela comme un affront mais mon instinct me dit que vous voulez tester quelque chose sur moi."
Eleazar eut l'air surpris tandis que Kate ouvrait la bouche en grand. Eir ajouta:
"_ Attention. Vous allez gober des mouches.
_ Eir..., soupira Carlisle en secouant négativement de la tête."
Carlisle haussa les épaules tandis que l'ancien Volturi ne cessait de dévisager l'humaine. Il essayait de déchiffrer ce qui n'allait pas avec cette mortelle. Bien que son visage était impassible, ses yeux montraient une curiosité assez vive. Alors que Carlisle entraîna la mortelle vers les Volturi, Aro avait une nouvelle fois changé de vision sur Eir. Elle pourrait être une recrue intéressante. Il fallait juste qu'il sache ce qu'elle avait comme pouvoir. Mais inutile de précipiter les choses. Il ne fallait pas qu'elle s'éclipse.
"_ J'imagine que tu connais déjà nos dirigeants? Interrogea Carlisle, doucement.
_ Oui. D'ailleurs, j'avais une question à vous poser. Comment dois-je vous appeler? Seigneur, Maître, Vos Altesses ou juste votre prénom? Demanda Eir avec beaucoup de respect."
Cela arracha un sourire à Marcus et à Caius tandis qu'Aro l'observait avec cette attitude béat bien propre à lui.
"_ Comme vous le souhaitez, du moment que vous ne nous manquez pas de respect, fit calmement Caius.
_ Alors, je vais continuer à vous appeler par vos prénoms. Si... Cela ne vous dérange pas."
Caius leva les yeux au ciel avec une expression qui disait: "Puisque je vous le dis..." qui fit rire Marcus. Son rire grave avait fait sursauter la plupart des immortels car... Eh ben... Ils n'avaient jamais eu l'occasion de l'entendre rire depuis la disparition de Didyme. Carlisle plaqua un peu plus Eir contre lui, comme s'il craignait une attaque venant d'Aro. Le végétarien n'était pas idiot. Il savait ce que pensait son "ami" à propos de Eir. Le Volturi pouvait aussi bien la vampiriser que la tuer sous un coup de folie. Et ça, Carlisle voulait l'en préserver tant qu'il en avait le pouvoir.
"_ J'aimerais que vous lui expliquez notre monde, déclara le médecin. Après tout, vous êtes les mieux placés pour le lui dire.
_ Effectivement, fit lentement Aro. Mais ne pourrions-nous pas... Profiter de cette soirée avant de rentrer dans le vif du sujet? Je sens que ta fille n'a pas trop envie qu'on lui gâche ces festivités qu'elle a eu tant de mal à préparer."
Erwan et Robin se tenaient juste à côté de Félix et Démétri. Eir s'approcha d'eux avec un grand sourire. Laissant son fiancé aux mains de ses souverains. Les gardes des Volturi ne la quittèrent pas des yeux.
"_ Alors comme cela on est allergique au soleil, hein? Dit malicieusement leur fille adoptive.
_ Désolé de t'avoir..., commença Robin. Mais il faut que tu comprennes qu'on ne pouvait pas..."
Eir leva la main pour lui intimer de se taire. La vampire écarquilla les yeux, ahurie, tandis que l'humaine prenait la parole.
"_ Normalement je devrais vous en vouloir à mort. J'ai même pensé à me venger de me l'avoir caché... Mais comme je suis une très gentille fille et que je suis très compréhensive... Vous n'avez pas à vous excuser. Vous vouliez savoir si j'étais digne de votre confiance. Si vous me l'aviez dit... J'aurai pu garder votre secret bien sagement... Ou bien le révéler aux humains... Personnellement, je ne vois pas ce que je gagnerais en faisant cela... Je n'ai vraiment pas envie de perdre... La seule famille qui me reste. Vous avez fait le choix d'attendre que je sois assez mûre pour me le dire, n'est-ce pas?"
Erwan se jeta sur elle pour la prendre dans ses bras. On entendit des légers craquements d'os et le visage de la mortelle était devenue... Un peu rouge?
"_ Erwan... Tu es juste en train de m'étouffer, là... Pas sûr que Carlisle ait envie de se marier avec un cadavre."
Le vampire s'éloigna d'elle comme si elle venait de lui dire qu'elle avait la peste tandis que ses congénères avaient l'air de s'amuser par la répartie de la mortelle. Une souffrance indescriptible était apparue sur le visage d'Erwan.
"_ Hey! C'est bon, ce n'est pas comme si je gisais déjà par terre.
_ Vraiment... Elle a un drôle d'humour, dit Marcus, toujours le sourire aux lèvres.
_ C'est pour cela que je l'apprécie beaucoup, mon frère, avoua Caius.
_ Ah, il faut aussi que je remercie mon sauveur. Je ne voudrais pas me faire passer pour une humaine sans manières.
_ Vous n'êtes pas une humaine sans manières, fit remarquer Aro. Vous avez même trop de manières."
Aro la dévora des yeux d'une telle façon qu'Eir pressentit qu'il allait l'attaquer. Elle inspira et calma son cœur. Depuis qu'elle avait fait sa connaissance, elle trouvait qu'elle avait des réactions bizarres. Avec tout le naturel qu'elle put mettre dans la voix, elle lui répondit:
"_ Mince... Devrais-je me dévergonder?
_ NON! S'écrièrent Robin, Erwan et Carlisle d'une même voix.
_ Ça va... C'était juste une question parmi tant d'autres...
_ Vous avez de drôles d'interrogations, ma douce enfant, reprit le leader des Volturi.
_ Je sais. Carlisle me le dit souvent. Bon revenons à nos moutons... J'aimerais bien savoir qui m'a tiré de la noyade."
Aro montra Félix en le désignant du doigt. Félix eut un grand sourire fraternel envers l'humaine. Le visage d'Eir s'illumina. Elle écarta les bras tout en s'exclamant:
"_ Hey! Viens ici mon petit gaillard! Que je t'embrasse!"
Félix s'avança vers elle mais ce fut la mortelle qui l'enlaça. Il posa délicatement ses bras sur son dos tandis qu'elle lui baisa les deux joues. Il éclata de rire puis il fit:
"_ Je t'ai juste repêché.
_ Bon... C'est qui que je dois remercier alors?
_ Caius. Normalement, il préfère tuer les humains que de les sauver, fit remarquer Aro en regardant Eir passer une nouvelle fois devant lui."
L'humaine ne releva même pas la mise en garde du Volturi et continua son chemin tranquillement. Il se demandait même si elle n'était pas trop téméraire.
"_ Ça, c'est parce que je l'ai tapé dans l'œil, ria Eir mais Carlisle la retient en plein vol. Ben... Quoi? Je n'ai même plus le droit de plaisanter? Laisse-moi au moins le remercier."
Le végétarien céda à contrecœur alors qu'Eir fit la bise à Caius - qui à la surprise de tout le monde - la serra dans ses bras. Il la complimenta sur sa robe et sur sa coiffure. Il tenait les bras de la jeune femme. Son regard fut alors attiré par une tache de naissance, en forme de croissant de lune. Il passa son doigt dessus juste pour vérifier si ce n'était pas un tatouage. Non... Ce n'était pas un. Puis il leva les yeux vers les émeraudes d'Eir qui exprimaient beaucoup de respect et de bienveillance. Maintenant il savait pourquoi il voulait tant la protéger.
"_ Je m'en serais voulu toute l'éternité si j'avais laissé une humaine aussi divertissante mourir.
_ Euh... Divertissante? Répéta-t-elle. Dans quel sens? Comment dois-je le prendre? Carlisle? Il se trouve que je n'arrive pas à bien comprendre le sens de sa phrase. Est-ce que... Est-ce qu'il me considère comme... Un repas?
_ N'allons tout de même pas dans ces extrêmes, dit Caius en éclatant de rire. Carlisle ou moi vous transformera."
Gros silence. Eir regarda Carlisle, puis Caius afin de savoir si ce n'était pas une blague. Aro remarqua que l'humaine n'était pas encore prête pour la vampirisation. Un éclat de tristesse survola ses prunelles et soudain, elle leur offrit un magnifique sourire qui avait le don d'attendrir les cœurs les plus froids. Aro crut sentir son cœur glacé rebattre et des fourmillements parcouraient agréablement son corps. Pourquoi cette humaine lui faisait tant d'effet? Cela l'agaçait... Royalement. Il enviait tellement Carlisle d'avoir Eir, et Eir, Carlisle. Il cacha son malaise aux yeux de tous car il ne voulait pas montrer ses faiblesses à ces vampires qui ne voulaient qu'une seule chose: le voir disparaître.
