Chapitre 10
Sam traversa la cour vers l'étable, un verre d'eau froide dans sa main. Le soleil de la mi-matinée était chaud et brillant et merveilleux, et elle laissa la chaleur pénétrer ses bras nus. L'été -- la saison de 'croissance' -- avait été chaud et beau, et maintenant la moisson approchait.
Le bruit du bois coupé vint de l'autre côté de la grange, et Sam dépassa le bâtiment pour atteindre l'autre côté. Elle s'arrêta dans l'embrasure de la porte, son épaule contre le montant, pour observer. Le nouveau four de Jack s'élevait à cinq mètres de la grange, pour tenir éloigné la structure en bois d'une chaleur trop intense, et une flamme brillante brûlait à l'intérieur de la porte ouverte en bas. Jack se tenait juste à quelques mètres d'elle, coupant plus de bois pour amener le feu à plusieurs centaines de degrés.
Il lui tournait le dos, sa chemise jetée sur le tas de bûches à côté. A chaque balancement de la hache, les muscles de ses épaules et de son dos se ployaient, le léger éclat de la sueur sur sa peau brillant au soleil. Chaque fois qu'il levait la hache, le cordon de son pantalon bougeait au bas de ses hanches, lui offrant une vue plaisante de deux fossettes juste au-dessus de…
« Aimerais-tu à boire ? »
Jack s'arrêta au milieu de son mouvement, laissant la hache tomber sur la bille de bois. Il se tourna pour lui faire face avec un sourire, sa poitrine se soulevant et s'abaissant de l'effort fourni.
« Oui, merci. »
Elle marcha vers lui, tendant le verre, et il le but goulûment, deux gouttes d'eau tombant de son menton sur sa poitrine. Alors qu'il buvait, Sam saisit l'opportunité pour le regarder. Quelque chose qu'elle faisait chaque fois qu'elle pouvait.
Jack avait toujours eu un physique au top. Il devait en être ainsi dans son travail. Il était soldat, l'avait été la plus grande partie de sa vie. Mais le travail physique de la vie sur une planète où le dur labeur était la manière de vivre avait rendu son corps tel que beaucoup d'hommes jeunes envieraient. Ses bras étaient durs et forts, sa poitrine et son ventre durs et plats. Il bougeait comme une machine bien huilé, fluide, soigné et sexy comme diable.
Elle dut cesser son voyeurisme alors qu'il finissait l'eau et soupirait de plaisir. « Excellent. » Il enroula son bras autour de sa taille et l'attira brutalement contre sa poitrine. « Encore meilleur », dit-il, presque dans un grognement, et pressa son visage contre sa gorge.
Sam se blottit contre lui, passant ses mains sur sa poitrine et ses bras. « Nous devons partir bientôt pour la cérémonie 'd'union'. Ça commence à midi. »
« Oui, bien sûr », marmonna-t-il contre son cou, juste sous son oreille, et un frisson la parcourut. « Tu parles ! » Sa main glissa de sa taille à ses fesses.
Sam gémit doucement. « Tu dois te laver, Jack. » Elle haleta quand il se pencha et la souleva dans ses bras. « Jack ! Qu'est-ce que tu fais ? »
« Je vais me laver. Dans le ruisseau. »
La bouche de Sam s'ouvrit. « Non. Jack. Non ! »
« Ouais. »
« Jack ! »
Il la porta sans effort en bas du talus derrière la grange vers le petit ruisseau qui courait derrière leur maison. Pendant tout ce temps, Sam se tortilla dans ses bras, et se libéra presque, mais pas à temps pour l'empêcher de les tirer tous les deux dans l'eau froide. Le choc du froid chassa l'air des poumons de Sam alors qu'il s'enfonçait plus profondément jusqu'à ce que l'eau arrive au-dessus de la taille, alors il la reposa sur ses pieds, la tenant étroitement contre le courant.
« Jack, je jure… » Il la réduisit au silence avec un baiser, et toute sensation de froid disparut alors qu'une chaleur montait en elle.
Sam gémit lorsque Jack entoura ses bras étroitement autour d'elle et la serra, lui coupant presque le souffle, et qu'il pressa son visage dans le creux de sa gorge. Il embrassa sa peau avant de se reculer pour la regarder. Sam sourit à l'étincelle dans ses yeux sombres, et aux profondes fossettes sur ses joues dues à son sourire.
« Quoi ? » demanda-t-elle.
« Es-tu heureuse, Sam ? »
Elle toucha ses joues, balayant les gouttes d'eau qui avaient éclaboussé lors de l'entrée dans le ruisseau. « Bien sûr que je suis heureuse. »
« Même sans ton labo et tes bidules et-- »
Sam posa un doigt sur ses lèvres. « Jack, je suis heureuse. Plus heureuse que je ne peux me rappeler l'avoir jamais été. De plus, je ne suis pas sans mes bidules, merci à toi. »
« As-tu découvert quelque chose de bien ? » demanda-t-il nonchalamment alors que ses doigts tiraient l'ourlet de son chemisier depuis la taille de sa jupe.
Les yeux de Sam papillonnèrent, mais elle réussit à se concentrer sur lui. « Um… pas beaucoup encore. Je fais les choses à l'ancienne. Je fais des tests sur ce métal. Corrosion, ténacité, ce genre de… Oh… »
Ses mains faisaient des choses merveilleuses sous son chemisier, et ses lèvres jouaient contre sa gorge au point que ses genoux devinrent faibles.
« J'adore cela quand tu parles sciences. »
« J'aimerais un peu moins de paroles, Jack O'Neill », murmura-t-elle alors que ses doigts froids trouvèrent le cordon de son pantalon. « Et plus d'action. »
« Oui, m'dame. »
Quelque temps plus tard, Sam assise sur le talus passait ses doigts à travers ses cheveux à présent humides alors que Jack se tenait au milieu du courant et finissait de se laver. Toutes les minutes, Jack regardait dans sa direction et souriait. C'était un sourire qu'elle n'avait jamais vu sur son visage avant, pas avant de venir ici. Certainement pas avant le début de la saison de croissance. D'accord, peut-être une fois.
« Jack, puis-je te demander quelque chose ? »
« Bien sûr. Quoi ? »
« Il y a quatre, presque cinq ans. Quand toi et Teal'c étiez pris dans cette boucle temporelle… »
« Ouais… » Il plongea sa tête sous la surface et frotta son cuir chevelu avant de les lisser vers l'arrière, des filets d'eau dégoulinant sur son dos et ses épaules.
« Quand nous l'avons arrêtée, le matin suivant, te rappelles-tu la discussion au petit déjeuner ? »
Jack secoua la tête, envoyant voler l'eau si loin que cela éclaboussa son chemisier. Elle essuya les gouttes sur son visage. « Je me rappelle. » Il sortit de l'eau et remit son pantalon trempé qu'il avait laissé sur le talus. Il lui offrit sa main et releva Sam sur ses pieds.
« Daniel t'a demandé si tu avais fait quelque chose durant la boucle… quelque chose que tu n'aurais pas fait autrement si tu devais faire face aux conséquences. »
Ils remontèrent le talus main dans la main et se dirigèrent vers leur maison. Jack marchait avec sa tête baissée, regardant le sol, puis il leva sa tête et loucha vers le soleil. « Oui. »
Sam soupira. Il allait se faire traîner. Comme pour se faire arracher les dents. « Qu'avais-tu fait, Jack ? »
« Veux-tu tout savoir ? »
Sam s'arrêta, et ils se tournèrent pour se faire face. « Non pas tout. Puisque je ne pense pas que tu savais faire de la poterie quand je t'ai rencontré, je suppose que cela pourrais être une des choses. Ce que je veux savoir est ce que tu avais fait pour mettre ce sourire sur ton visage ce matin-là. »
« Quel sourire ? » Ses lèvres se relevèrent légèrement, d'abord un coin puis l'autre.
« Ce sourire. Daniel t'a demandé et tu m'as regardée avec ce sourire. Jack, avons-nous… toi et moi… »
« Non », dit-il brusquement. « Non, je n'aurais – je n'aurais pas fait cela. »
« Mais quelque chose s'est passée. »
Jack se remit à marcher, l'emmenant avec lui. « Un jour, j'ai attendu jusqu'à la fin. Juste quelques minutes avant que la boucle ne recommence. Alors je suis allé dans la salle de contrôle, et j'ai tendu à George ma démission. »
« Ta démission ? Pourquoi ? »
« Parce que, j'ai fait alors ceci. » Avant que Sam ne puisse se préparer, Jack s'arrêta et prit son visage dans ses mains, couvrant sa bouche avec la sienne. Alors il passa son bras autour d'elle et la pencha en arrière, en l'embrassant toujours. Sam encercla son cou avec ses bras, répondant à son baiser. Puis il la redressa à nouveau et laissa aller, liés par leurs mains, et marcha à nouveau vers la maison.
Sam attendit que la rougeur sur ses joues s'efface, passant sa langue sur ses lèvres avant de parler à nouveau. « Pourquoi avais-tu démissionné ? S'il n'y avait pas de conséquences, tu pouvais simplement m'embrasser et rien ne serait arrivé. »
« Peut-être. »
« Alors, pourquoi avais-tu démissionné ? »
« Parce que, je pensais que peut-être – si je n'avais pas d'abord démissionné – tu n'aurais pas répondu à mon baiser. Tu sais, toujours inquiète du… truc. »
Sam hocha la tête, observant son profil alors qu'ils marchaient. « Hum hum. Et, cela a marché ? Est-ce que j'ai répondu à ton baiser ? »
Le même sourire lent, sexy souleva ses lèvres. « Dieu, oui… »
oOoOoOoOo
A Calla Hills, il n'y avait qu'une manière de faire une célébration. GRANDE ! Grande fête. Grand feu de joie. Grand étalage de nourriture. Et au moins vingt quatre heures de fête, sinon plus. Et leurs cérémonies 'd'union' n'y faisaient pas exception.
Alors, ce soir-là, Jack se retrouva une fois encore dans le grand Hall de Rencontre avec son ventre plein et ses yeux lourds. Il appuya son dos sur la pile de coussins derrière lui et observa les enfants jouer au milieu de la salle. Le couple nouvellement uni assis au haut bout de la pièce sur une estrade alors que les membres de la communauté attendaient leur tour pour les féliciter et leur offrir les cadeaux.
Lui et Sam avaient déjà offert leurs cadeaux, un ensemble de pots en grès qu'il avait lui-même fabriqué. Pas son premier essai. Ca faisait un moment qu'il n'avait rien tenté, aussi cela prit quelques essais. Mais ce n'était pas trop mal, se disait-il à lui-même.
Sam revint de sa discussion avec Sarai et s'assit, jambes croisées, auprès de lui. Jack tendit sa main pour la poser sur son genou, ayant peu d'énergie pour bouger tandis qu'il digérait le repas gargantuesque.
« Ces gens savent comment s'amuser, hein ? » dit Sam avec un sourire. « Sarai me disait comment ils croyaient qu'une union pendant l'Ornorean est spécialement béni, que rien de mal n'arrivera jamais au couple. Et que tout enfant conçu pendant que l'Ornorean est dans le ciel sera en bonne santé et fort, et destiné à être un leader du peuple. »
« Wow. Ils mettent beaucoup de vertus dans ce Ornorean, hein ? »
Sam hocha la tête. « Je crois que oui. Mais d'après ce que je peux voir, il n'y a rien ici pour prouver qu'ils aient tort. »
Jack ramena son bras sur les coussins, les étalant, et lui fit signe avec ses doigts. « Viens ici. »
Avec un sourire sexy, elle se mit sur ses genoux et rampa vers lui. N'auraient-ils pas été dans une pièce pleine de monde, Jack aurait fait beaucoup plus que la laisser se pelotonner contre lui avec sa tête sur son torse. Elle passa ses bras sur son corps et monta ses jambes sur les siennes. Jack passa ses mains à travers ses cheveux.
Il pourrait être heureux ici.
En dépit du fait qu'il n'avait pas d'eau chaude, de bière froide, ou son 4x4… C'était un endroit diablement agréable pour des vacances prolongées. Et il était heureux.
Tout cela grâce à la femme qui dessinait les symboles de la Porte sur sa chemise. Jack embrassa son front et la serra étroitement. « Hum, Sam… »
« Mmmmm », fredonna-t-elle doucement, et il sut qu'elle s'endormait.
Il embrassa à nouveau son front, lissant ses cheveux et dégageant sa tempe et son front. « Unis-toi à moi. »
Elle gloussa doucement. « Ne penses-tu pas qu'il y a un peu trop de monde dans le hall de rencontre, Jack ? »
Sa peau était douce sous ses doigts alors qu'il caressait sa joue et suivait la ligne élégante de sa gorge depuis le lobe de son oreille jusqu'à son épaule. Un frisson la traversa et elle se blottit plus près. Jack étouffa le gémissement que son simple contact provoquait.
« Ce… n'est pas ce que je veux dire. Unis-toi à moi, Sam. »
Sa tête se leva brusquement de son torse, et elle le dévisagea avec des yeux écarquillés et la bouche ouverte. Jack lui fit un grand sourire. « Ferme ta bouche, Sam, avant d'avaler quelque chose que tu n'aimerais pas. »
Son expression choquée se transforma lentement en un grand sourire, et elle fit une moue. « Jack O'Neill, es-tu en train de me demander… »
« Oui, je crois que oui. »
Elle le dévisagea, sans dire un mot. Après quelques instants, Jack remua et se racla la gorge. « Hum, Sam. Pourrais-tu ne pas être si longue pour répondre ? Tu me fais-- »
Sam étendit ses mains sur ses joues et remonta son corps pour l'embrasser, et il aspira l'air brusquement par son nez contre l'effet intense et débilitant du baiser. Il saisit l'arrière de sa tête pour la maintenir et pour approfondir le baiser autant que possible. Les doigts de Sam agrippèrent sa chemise.
Avant qu'il oublie complètement où il était, Jack se recula et aspira. « J'espère que ça veut dire oui. »
Sam hocha la tête. « Oui, mais Jack. Et quand-- »
Il posa son pouce sur ses lèvres, tenant son menton dans ses doigts. Jack secoua la tête. « Ici. Sur Terre. Ca n'a pas importance. D'accord ? »
« Ca arrivera un jour », dit-elle, sa voix plus sérieuse.
Jack leva ses doigts et tapota le bout de son nez. « Pas autant que tu penses, je parierai. »
Ses sourcils se haussèrent, et elle le regarda avec un air interrogateur. « Oh ? Et pourquoi cela ? »
« Tu ne penses pas qu'ils vont trouver un nouveau Général pour diriger le SGC ? Tu penses qu'ils ne l'ont pas déjà fait ? Sam, d'une façon ou d'une autre, nous ne pouvons rien faire à propos de cela. Nous savions tous les deux que ce n'était pas sans conséquence, d'accord ? »
Elle acquiesça.
« La question est… cela en vaut-il la peine ? »
Il retint sa respiration alors qu'elle semblait s'imprégner des détails de son visage, ses cheveux, sa bouche. Elle toucha les rides sur les côtés de sa bouche, passa son doigt le long de sa lèvre inférieure, mit sa paume sur son cœur.
Jack déglutit pour lutter contre la sècheresse de sa gorge. « Sam… »
« Oui, Jack. Ca en vaut la peine. »
La tension dans son corps s'écoula lentement, et il pressa sa main dans le creux de ses reins, la serrant plus près. « Alors nous sommes d'accord… » Jack fit signe entre eux. « Nous allons faire ce truc de l'union ? »
Sam hocha la tête. « Oui, nous allons faire ce truc de l'union. »
Jack lui fit un large sourire. « Cool. » Il se souleva et se mit debout, lui offrant sa main.
Sam la prit et il l'amena sur ses pieds, la tirant à son côté alors qu'ils se dirigeaient vers la porte.
« Où allons-nous ? »
Il pressa ses lèvres sur son oreille et l'embrassa avant de murmurer, « J'aime assez l'idée de cette autre union. Te rappelles-tu cette colline où nous nous sommes assis la première nuit que nous étions ici ? »
La respiration de Sam s'altéra, faisant bouillir son sang. « Oui. »
Ils sortirent dans l'air frais de la soirée, le changement de température ne suffisait pas à réduire la fièvre sous sa peau. Le bras de Sam encerclait son dos, sa main glissée dans la ceinture de son pantalon. Jack ferma ses yeux, mais il pensa que ce n'était pas malin de marcher dans la nuit avec ses yeux fermés. Alors qu'ils s'éloignaient de la fête, les bruits de musique et de rires diminuèrent jusqu'à ce qu'ils n'entendent que les bruits de la nuit.
Jack se rappela le chemin qu'il avait emprunté presque un cycle auparavant, et avec un sourire, réalisa qu'ils étaient sur cette planète depuis près d'un de leurs cycles. C'était une sorte d'anniversaire. Il conduisit Sam à travers l'obscurité jusqu'à ce qu'il trouve le même endroit où elle l'avait trouvé assis pendant la célébration de l'Ornorean. Ils s'assirent l'un à côté de l'autre, et sans avoir besoin de parler, s'étendirent sur l'herbe fraîche.
Les filaments de coton argenté cristallisé de l'Ornorean tourbillonnaient et dansaient au-dessus d'eux, et Jack pensa à cette nuit. Il n'avait pas été sur une planète avec Sam depuis des mois, et à cette époque, les choses étaient si différentes. Pourtant, il l'avait alors désirée juste autant qu'il la désirait maintenant. Cela lui avait beaucoup coûté de devoir la regarder, avec l'illumination au-dessus d'eux soulignant son visage, et ne pas l'embrasser. Maintenant, il la regarda à nouveau, et sourit.
« Viens », dit-il doucement.
Sam lut dans son esprit, et quelques instants plus tard elle le chevaucha, ses jambes de chaque côté de ses hanches et se pencha sur lui pour un baiser qui l'aurait mis à genoux s'il avait été sur ses pieds. Jack agrippa ses hanches alors qu'elle se redressa et enleva son chemisier par-dessus sa tête. Derrière elle, l'Ornorean tourbillonnait et dansait dans un glorieux halo d'argent.
Ouais, l'Ornorean faisait une superbe toile de fond pour Samantha Carter.
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