Lorsque Blaise réussit à détacher son regard des mots qu'il lisait en boucle depuis plusieurs minutes, il ne fit que de voir quelque chose de pire. Les lettres que Pansy n'avait pas décachetées, n'avait pas lues, ne provenaient pas de ses parents mais directement du Ministère de la Magie lui-même et le jeune homme aurait pu mettre sa main à couper qu'il s'agissait des papiers officiels attestant du fait que Pansy n'était maintenant plus rien. Il restait sidéré de voir à quel point tout cela était si simple. Par quelques lettres seulement, les parents de la jeune femme lui avaient enlevé son nom, son rang et toute ses chances de vie stable dans le futur.

Il fallait faire quelque chose, mais quoi ? Blaise ne pouvait rien faire. Monsieur et Madame Parkinson avaient fait leur choix et, aux yeux de la loi, ce dernier était irréversible. D'un sort, le jeune homme métamorphosa l'un de ses oreillers en une simple peluche, un ours marron, et la donna à Pansy. Elle ne le remercia pas mais serra l'ours contre elle.

Installé dans le salon, encore en train de discuter avec Isabella, Drago entendit Blaise arriver bien avant de le voir. Il reconnaissait le pas rapide et stressé de quelqu'un qui paniquait, qui ne savait pas quoi faire. Blaise ne fit même pas attention à la présence de la jeune femme et commença à expliquer ce qu'il venait d'apprendre. Son ami non plus ne savait pas quoi faire ils refusaient d'admettre qu'ils ne pouvaient rien faire d'autre que d'attendre que Pansy aille mieux et que d'être simplement présents pour elle en attendant, ce qu'Isabella leur fit sèchement remarquer.

« Je vous en prie, commença-t-elle, légèrement ennuyée par la conversation. Cessez de faire comme si vous étiez capable de faire quelque chose. Elle savait ce qu'elle risquait en venant ici. »

Tandis que Blaise la regardait avec dégoût, Drago, lui, la regarda avec déception avant de se rendre compte, de se rappeler qu'elle n'était qu'une moldue, qu'elle ne pouvait pas comprendre l'ampleur des dégâts que la vie de Pansy venait de subir. Aucun des deux garçons ne lui répondit, préférant l'ignorer et s'éloigner d'elle.
Ils rejoignirent la cuisine pour parler sans que leur hôtesse ne soit là et commencèrent à réfléchir à ce qu'il était possible de faire. La vie de Pansy, dans la société sorcière anglaise, était détruite et quasiment impossible à réparer. La seule chose qui pourrait aider la jeune femme à retrouver une place était un mariage, un mariage avec un exceptionnellement bon parti mais cela n'arriverait jamais. Personne n'accepterait de voir son fils se marier avec une rebue de la société car s'affilier à ce genre de personne était comme accepter de se mettre soi-même en marge des autres. Au final, seules les plus anciennes et respectées familles pourraient aider Pansy tout en survivant à ce mariage mais, même ainsi, trouver quelqu'un serait difficile, surtout qu'être heureuse tout en étant dans un mariage arrangé était impossible…

Drago et Blaise continuaient à réfléchir et finirent par trouver deux options. Si Pansy était rayée de la société sorcière anglaise, alors il n'y avait plus que deux choix : quitter la société sorcière ou quitter la société anglaise. Les deux garçons se rendirent également rapidement compte que leur amie n'accepterait jamais de quitter la société sorcière, de passer dans le monde moldu et d'y vivre. Eux-mêmes ne pourraient jamais accepter ce genre de chose.

Le choix était vite fait, Pansy ne pourrait être heureuse que si elle quittait l'Angleterre, ce choix de camp et, surtout, cette société dans laquelle ses parents lui avaient fermé toutes les portes… mais où irait-elle ?

Blaise avait quelques contacts en Italie et, avec l'aide de sa mère, sûrement pourrait-il l'aider à se refaire une vie là-bas mais encore fallait-il que sa propre mère accepte et, surtout, que Pansy accepte elle-aussi.

« Envoie déjà une lettre à ta mère, avait alors dit Drago. Selon sa réponse, on en parlera ou non avec Pansy. »

Blaise s'était donc dépêché d'aller chercher de l'encre et du parchemin pour écrire sa lettre tandis que Drago, lui, resterait avec Pansy.

« Chère mère,

Poudlard a connu beaucoup de changements, cette année, mais ne vous inquiétez pas, mon année scolaire se passe bien et mes résultats ont été salués par mes professeurs. Je travaille afin d'obtenir un nombre d'ASPICS suffisant.

L'Angleterre et l'Écosse sont de beaux pays mais certaines personnes préféreraient changer de destinations pour de longues et futures vacances. L'Italie serait-elle possible ? Je sais que vous avez toujours rêvé d'avoir une fille pour parler de vos passions.

Bien à vous

Votre fils. »

En relisant ce qu'il venait d'écrire, Blaise eut simplement envie de rire à gorge déployée. Sa mère ne devait pas se douter de ce qu'il était présentement en train de faire, qu'il n'était plus à Poudlard depuis bien longtemps déjà et reparler de l'école dans les conditions actuelles était risible, mais après tout, pourquoi pas ? Il fallait parfois faire quelques sacrifices pour que Rhéa Zabini daigne l'aider.

Cependant, Blaise se rendit comte de quelque chose de problématique : il n'avait pas de hibou. En quittant leurs dortoirs, Drago, Pansy et lui-même avaient pris leurs affaires les plus importantes et avaient laissé leurs compagnons à plumes à la volière, trop encombrants qu'ils étaient à transporter. Il faudrait donc demander à Isabella, malheureusement.

Blaise retourna alors dans le salon où Isabella lisait désormais un livre sur des potions au niveau basique et, tandis qu'il lui demandait s'il pouvait trouver un hibou pour envoyer une lettre, il eut l'impression de n'être rien. Elle le regarda durant quelques secondes, sans répondre avant de lui indiquer de demander aux elfes qui eux, devaient bien savoir puisqu'ils habitaient ici depuis bien plus longtemps qu'eux tous réunis. Étrangement, Blaise avait eu l'impression que la jeune femme savait ce qu'il allait envoyer, qu'elle connaissait le contenu de la lettre à la virgule près et c'était une sensation des plus dérangeantes.

A bien y réfléchir, cela n'était de toute façon pas possible et Blaise oublia bien rapidement ces pensées.