Chapitre 10 : Rebondissements et renaissances

Coucou ! Merci pour vos commentaires, c'est plaisant de voir que mon histoire vous plaise. D'autant plus, quand tous les voyants sont au vert ! Bonne lecture à tous !

AVERTISSEMENT : Ce chapitre contient du Rated M, pour un public très, très avertit donc attention (scène sexuelle non implicite).

Guest : Merci et ravie que le chapitre soit à ta guise.

Guest : Pour qui tu me prends, je ne pouvais pas séparer ce magnifique couple. Je ne tiens pas à briser des cœurs (moi inclus).

Angelye : Merci pour ton pardon et je compte bien me rattraper avec ce chapitre hyper Caskett !

La fin de la semaine fut rythmée par les divers résultats des investigations sur l'accident de Castle.

Un mug à la main, Beckett sortait de la salle de repos quand son téléphone retentit. En attente des analyses de la plume, elle se rua à son bureau.

-Beckett.

-Excusez-moi de vous déranger, c'est Brady.

-Vous ne me dérangez pas. J'attendais avec hâte votre coup de fil. Vous avez les résultats ?

-Oui mais ce n'est pas réjouissant, souffla le chef. Aucune emprunte, aucun ADN, aucune substance étrange.

-Rien ?! S'étrangla la jeune femme.

-Désolé Lieutenant. J'ai demandé une contre-analyse, conclusions identiques aux premières.

-Non, non, non. Ce n'est pas de votre faute. Je vous remercie. Bonne soirée !

-Bonne soirée !

La jeune femme avait peut-être mis trop d'espoir dans cet indice ces deux minutes de communication anéantirent ses perspectives d'enquête. Elle connaissait mieux que quiconque le métier de flic, les dangers, les coupables et le langage des indices. Or, aujourd'hui, elle avait anticipé les résultats – chose qu'elle ne faisait jamais d'ordinaire – et maintenant, avachie sur sa chaise, elle ruminait. Peu importe l'identité du responsable de l'accident de Rick, il s'avérait intelligent, manipulateur et futé.

-Beckett, l'interpella Ryan.

-Oui.

-Avec Espo, on a vérifié les alibis de tous les potes de poker de Castle. Tous solides.

-Bien, gémit-t-elle.

-Vous savez, on va réussir. On a toujours réussi. Peut-importe le temps qu'il faudra, peut-importe ce que l'on devra faire, on retrouva ce fumier.

-Merci Kévin. Tu peux dire à Espo que vous pouvez rentrer chez vous.

-A demain Boss !

Compter sur l'amitié, l'amour, l'affection, le soutien de ses collègues, voilà, une des pierres angulaires de son équipe, de sa vie. Ils se dévouaient tout autant qu'elle sur cette affaire, pour Rick mais pour aussi pour elle.

L'esprit embué par un mélange d'émotions et de réflexions, la brunette rejoignit Tory.

-Votre fiancé a des fans vraiment … perturbés, commenta l'experte.

-Je le savais déjà, souffla Beckett. Vous avez trouvé des choses étranges ?

-A part un nombre incalculable de sous-vêtements, de demandes à mariages, non.

-Des menaces, des mises en garde ? L'interrogea la lieutenant.

-Oui mais rien à classer dans la liste des passages à l'acte. La plus-part menace Monsieur Castle car il se marie avec vous ses fans n'apprécient pas de ne pas être à votre place.

-Je vois. Bon travail, vous pouvez rentrer.

-Merci. Bon courage Katherine.

Tant d'attente pour aucune piste les craintes de Kate se confirmaient. Ils s'embourbaient dans une affaire qui les dépassait, qui les affectait et plus le temps passé, plus les chances d'avancer s'amoindrissaient.

(…)

Le jour J, celui de la délivrance avait sonné pour Castle dans quelques heures, le plâtre ne serait plus qu'un mauvais et désagréable souvenir.

-Qu'est-ce que j'ai hâte que l'on me retire ce plâtre, marmonna Rick.

-Et moi donc, surenchérit sa fiancée.

-En plus, mes côtes ne font plus mal, dit-il en défiant du regard sa muse.

-Aurais-tu des plans en tête, murmura-t-elle à son oreille en en passant ses bras autour de son ventre.

-Mon imagination déborde … lieutenant.

-Je me sens libre. Tu ne peux pas t'imaginer comme c'est grisant de pouvoir marcher sans béquilles, te serrer dans mes bras, marcher à tes côtés.

Castle embrassa tendrement sa muse et lui tendit la main.

-Tu veux faire quoi ? J'ai pris ma journée, dévoila Kate.

-Je veux qu'on aille se promener au parc.

-En avant alors, sourit Kate.

Les deux fiancés déambulaient dans le parc, main dans la main, sereins, apaisés et amoureux plus que jamais. Leur marche était rythmée par le bruit des enfants, le chant des oiseaux ainsi que la circulation incessante de cette ville fourmilière. Toujours lovés l'un contre l'autre, Castle entraina sa douce dans un coin plus calme, plus romantique à l'abri des regards.

Songeuse mais confiante, elle lui laissa le choix de la mener où bon lui semblait.

Toujours sans un mot, il s'asseyait dans le creux d'un arbre, intimant silencieusement à sa muse de faire de même.

Kate s'exécuta assise entre les jambes de son homme, sa tête reposant contre son torse elle prit ses mains entre les siennes et les déposa sur ventre.

-Je peux te parler de quelque chose ? Demanda Rick, un peu inquiet.

-Bien sûr, je t'écoute.

-C'est à propos du mariage.

-Rick, si tu ne veux plus te marier, si tu veux prendre tom temps, je le comprendrais très bien ne t'inquiète pas, ça ne me dérange pas de vivre avec toi dans le péché, plaisanta-t-elle.

-Non, non, non. Je voulais justement te dire que je ne voulais plus perdre de temps. J'ai vraiment envie que tu deviennes Madame Rodger Castle. Mais … tu n'as plus envie de m'épouser ? Demanda Rick hésitant suite aux dernières révélations de sa muse.

La jeune femme se retourna prenant le visage de son homme entre ses mains.

-Bien sûr que si, idiot. J'ai tellement envie de me marier avec toi, dit-elle en l'embrassant.

Elle reprit place, dos au torse de son fiancé.

Machinalement, elle joua avec sa bague de fiançailles. Cet anneau, emblème de leur amour, de leur union, de Rick ne l'a quitté plus depuis l'accident. A chacun de ses pas, à chacune de ses actions, à chaque avancée de sa vie, elle souhaitait qu'il soit présent, au plus près de son cœur.

Savoir que Rick envisageait de se marier rapidement, la comblait de bonheur. Un intrus avait gâché leur première date mais elle allait enfin pouvoir prononcer ses vœux – qu'elle connaissait par cœur - passer la bague au doigt de son homme et officialiser son amour devant Dieu et Monsieur le Maire.

Pourtant peu traditionnelle ou conventionnelle, elle appréciait l'idée d'une union religieuse. Souvenir de sa mère, elle sentirait sa présence et son soutien dans l'allée qui la mènerait à l'autel, depuis les hauteurs du paradis.

-Tant que j'y suis, je voudrais discuter de quelque chose avec toi. Il fit une courte pause, inspirant ses douleurs. Suite à l'accident, j'ai remarqué que l'on n'avait pas discuté d'une chose et … avec les évènements, ton bouleau, mon rôle de consultant, je me suis dit que c'était important.

-Tu peux développer, tu me fais un peu peur, balbutia Kate.

-S'il m'arrivait quelque chose, je voudrais que tu hérites de mes biens, mon argent et que tu t'occupes d'Alexis … et mère aussi, sourit-il à cette dernière pensée.

-Rick. Je ne peux pas … Enfin, si. Je prendrais soins d'Alexis et de ta mère, c'est certain mais ton argent et tes biens leur reviennent. Ce n'est pas à moi de les avoir.

-Katherine. Elles auront chacune une part mais tu es ma femme, tu es mon tout alors s'il te plait fait de moi, un homme en paix en acceptant ma requête, la supplia-t-il.

-Richard. Je ne peux pas, je n'ai pas le droit. Tu m'apportes tant, ton soutien, ton amour et moi, je t'apporte un millième de tout ça. Je n'ai même pas un dixième de ton argent.

-Madame Rodger Castle, si tu savais tous ce que m'apportes … De la joie, de l'amour, de la gaité, de la passion, de la tendresse … de la vie. Alors je t'en prie, accepte.

La belle brune avait beau retourner la situation dans tous les sens, elle ne voulait pas peiner son homme et surtout pas au sujet d'argent ou d'héritage.

-D'accord, souffla-t-elle dans un murmure.

-Pardon ? Demanda Rick pour la taquiner.

-Tu m'as très bien entendu malgré ton grand âge et je ne répèterais pas, râla faussement la jeune femme.

-Qu'est-ce que vous venez de dire « mon grand âge » !? Tu vas voir si je suis vieux, dit-il en la plaquant sur la pelouse de tout son corps.

-Alors toujours aussi vieux ?

-Cela reste à prouver … ricana-t-elle.

Il s'empara avidement de ses lèvres l'entrainant dans un baiser qui faisait écho à toute la frustration qu'ils avaient accumulé durant ces six semaines d'abstention.

-Hep ! Hep ! Dom Juan ! Je n'ai pas envie de me faire arrêter pour outrage public à la pudeur.

Sans dire mot, il se releva l'entrainant avec elle.

Tel deux adolescents, bourrés aux hormones, ils s'empressèrent de regagner le loft. Ils n'avaient plus qu'une idée en tête : se prouver qu'ils s'aimaient.

La montée dans l'ascenseur fut plus qu'électrique mais la voisine de Rick avait eu la bonne idée de partager l'ascension avec eux.

Une fois sortis de cette cage et rentrés dans le loft, la tension dégagea tous son pouvoir. Heureusement pour eux, Alexis et Martha ne rentrait pas du week-end.

-Oh Rick …

Il la poussa contre la porte d'entrée, empoignant ses deux mains et les fixant au-dessus de sa tête. Ses hanches l'immobilisaient il était en train de la reconquérir, de la redécouvrir et d'assouvir leurs frustrations mutuelles. De sa main libre, il effleura ses hanches, ses seins, son cou pour finir dans ses cheveux. S'enivrant de son odeur de cerise, il déposa des milliers de baisers de sa jugulaire à son lobe d'oreille qu'il s'amusa à tirailler.

Son sexe hurlait de douleur tellement l'envie gonflait en lui et c'est tel un affamé que Castle vint presser ses lèvres contre celles de sa femme.

Le plaisir si intense que lui procurait son amant obligea Kate à renverser la tête en arrière, s'écrasant contre la porte. La sensation était presque douloureuse mais si exaltante … sexuelle … Gémissant de satisfaction, elle laissa passer la langue de son homme afin qu'il puisse explorer sa bouche dans une cavalcade déchaînée.

L'écrivain contempla une dernière fois sa muse et l'a saisi bestialement pour la déposer sur le sofa.

Agités, excités, échauffés, ils retirèrent tous les obstacles à leur union maintenant évidente et imminente.

Il l'a pénétra, sans merci, d'un coup sec, la remplissant, la comblant au plus profond de son intimité.

-Ah ! S'écria la jeune femme, surprise par la vigueur de son homme.

-Ça va ? S'enquit-il rapidement, croyant avoir blessé sa douce.

-Oui. C'est juste que six semaines sans toi, c'est …

-Je sens, tu es plus étroite que d'habitude, lui sourit-il.

Ils se rassurèrent mutuellement mais Rick savait qu'il ne tiendrait pas l'étreinte. Il accéléra donc, se mouvant de plus en plus vite, de plus en plus fort, à un rythme acharné, sans retenu. Kate faisait de son mieux pour assurer la cadence de ses coups de reins cependant quand il prit son visage en coupe entre ses mains pour l'embrasser rudement, elle devina sa perte.

Aussitôt, Rick la sentit se raidir autour de lui mais il continua sa torture jouissive.

Elle frémissait, se cambrait davantage et elle lâcha prise quand son amant se rependit en elle.

Se laissant tomber sur elle, il s'en voulait. Il avait assouvi son propre désir avant celui de sa muse, il avait été égoïste et en plus, cette étreinte avait été, certes, intense mais très courte.

-Je suis désolé, s'excusa-t-il.

-Rick, c'était … waouh. Alors ne t'excuse pas, dit-elle en l'embrassant tendrement.

Effectivement, elle se sentait bien, ses pensées s'étaient volatilisées et il n'y avait plus que cette délicieuse sensation … plus que lui … plus que son homme en elle.

Emergeant tous deux de cet exquis moment, il souleva sa fiancée telle une mariée et les éclats de rire de cette dernière les bercèrent jusqu'à leur chambre.

-Je t'aime.

-Moi aussi.

Doucement, Rick poussa sa muse sur le lit, savourant l'instant de l'observer en tenue d'Eve, ses joues rosies par le premier round et surtout à la pensée du second.

L'échange s'annonçait beaucoup moins brutal, plus charnel, plus romantique.

Assise au pied du lit, il lui saisit la main et la fit glisser sur son corps, ses épaules, ses bras, ses blessures, son ventre et enfin son entre-jambe. Par ce contact, il souhaitait lui démontrer qu'il était vivant, entier et fou épris d'elle.

Les deux partenaires s'allongèrent et le lit qui les accueilli apparu comme un nid doux et chaleureux.

L'écrivain susurra tout son amour à l'oreille de sa lieutenant mais celle-ci se mit à rire le souffle chaud de ses murmures l'a chatouillé. La regardant aussi heureuse, spontanée et épanouie, il l'accompagna dans cette joie communicative.

Soudain, elle s'arrêta et elle vit au fond de ses pupilles, cette lueur d'envie, de désir … et elle savait qu'ils allaient se retrouver dans cette intimité qu'elle chérissait tant.

Effectivement cinq secondes plus tard, son corps se cambrait et s'arquait au contact de sa langue habile. Il l'a torturé, il désirait qu'elle perde pied, qu'elle se libère, qu'elle jouisse. Remontant pour l'embrasser, il glissa délicatement son index en elle.

Elle le sentait s'immiscer et se retirer dans une lenteur déconcertante.

Le corps de sa muse lui suppliait d'agir avec vigueur mais il gardait le contrôle. Quand elle fut au bord du précipice, prête à se lancer corps et âme dedans, Rick l'embrassa et enleva son doigt. Il était fier de son petit jeu, il l'a contemplé.

C'est alors qu'il sentit son corps basculer sur le côté, pour être prisonnier de celui de sa fiancée. Elle venait de reprendre le dessus, en arborant une mine victorieuse. Elle le dévisageait, il paraissait changé, différent. Le visage tourmenté par l'excitation, les yeux mi-clos, la bouche entrouverte, elle pensait rêver. Elle glissa ses mains sur son torse chaud, pour l'embrasser sensuellement. Rick prit sa main et la déposa sur son cœur il voulait lui prouver qu'il battait et ça grâce à elle.

Elle se rapprocha de son visage et sa langue caressa la sienne pour une valse lente, érotique, un melting-pot de sensations.

S'accoudant de part et d'autre de la tête de son fiancé, elle le fit glisser lentement en elle. Il sentait tout le poids de sa muse contre le sien quand elle débuta des mouvements amples mais doux et nonchalants. Rentrant et ressortant, ils revivaient cette sensation de bien-être qu'ils convoitaient tant.

Rick décida de partir à la rencontre de sa muse, en soulevant ses hanches. Elle haletait si fort qu'une alerte nucléaire ne l'aurait pas dérangé.

De la sueur, des spasmes et des tremblements apparurent sur leurs deux corps quand ils s'écroulèrent dans un orgasme ravageur. Ils redécouvraient après six semaines ce qu'était la définition du mot plaisir.

Regardant son écrivain, elle ne put s'empêcher de titiller leur bulle de silence.

-Je t'aime Rick.

-Moi aussi Kate.

Ne disant plus rien et n'ayant rien d'autre à ajouter, ils s'endormirent apaisés, reposés mais pas totalement en sécurité.

Une délicieuse odeur de café et de pancakes lui chatouillait les narines. Décontractée et apaisée, Kate s'étendit dans le lit et sans grande surprise, elle ne sentit que des draps froids à côté d'elle. Son fiancé devait lui préparait le petit-déjeuner.

Revêtant un simple tee-shirt et un short, elle se dirigea vers la cuisine. Son homme s'afférait aux différentes préparations, sifflant et chantonnant.

Comme un sonar, Rick se retourna et découvrit sa muse.

-Hey toi !

-Hey lover ! dit-elle en l'embrassant langoureusement.

-Kate, si tu veux manger des pancakes non carbonisés, il faudrait que tu songes à ne pas m'allumer.

-Moi, je t'allume, s'offusqua-t-elle faussement. Qui est-ce qui se traine torse nu, avec comme seul vêtement un boxer ?

-Touché !

-Sinon les pancakes, c'est pour me remercier de cette nuit ? Le taquina-t-elle.

-En autre mais s'il fallait que je te remercie, nous serions déjà dans notre lit.

-Monsieur Castle ! Insatiable ! Allez, on déjeune et après je verrais ce que je peux faire de toi.

Rick déglutit face à cette proposition plus qu'alléchante.

Le petit-déjeuner se passa dans une brume de bonheur, d'amour et de tendresse.

Après une fin de petit-déjeuner mouvementée par un ebat sur le bar de la cuisine, l'écrivain et sa muse décidèrent de passer du temps à écrire pour l'un et à simplement profiter de son homme pour l'autre.

-Tu crois que l'on a bien fait de mettre les dossiers de ton affaire dans ton bureau ? demanda Kate.

-Oui, pourquoi ?

-Je ne sais pas. Pour écrire, ce n'est peut-être pas … encourageant ... stimulant.

-Ma muse qui s'inquiète de mon inspiration et de mes livres, dit-il songeant. Serais-tu impatiente de découvrir les nouvelles aventures de Nikki Heat ?

Comme seule réponse, il reçut un coussin en pleine figure.

Laissant court à son imagination, il couchait toutes ses idées sur papier. Certes, elles étaient sombres et lugubres mais elles faisaient écho à sa vie. Néanmoins, comme un sourire sur le cri de Munch, comme une fleur sur Guernica, sa femme pouvait le surprendre et éclaircir cette obscurité. Il voyait à travers ses yeux, son corps, son comportement qu'elle avait eu la peur de sa vie en pensant le perdre toutefois, aujourd'hui, il la voyait sous un autre jour. La jeune femme passait beaucoup plus de temps avec lui textos et coups de téléphone étaient plus fréquents, tout comme les « je t'aime » qu'elle ne retenait plus. Elle profitait de lui la preuve en était, elle l'observait écrire en ce dimanche matin.

Le dernier chapitre de ce Nikki Heat allait être complexe. L'esprit de l'écrivain était ailleurs … dans un passé proche mais tellement horrible. Il savait qu'il partagerait un jour cela dans un écrit. Partager ? Doux euphémisme. Cet écrit personnel, intime ne serait destiné qu'à une seule personne : sa femme. Certes, il s'était ouvert à elle, mais son cœur, son âme, son esprit et son corps restaient meurtris.

Reprenant le cours de son dernier opus, il s'inspira du mélange de joie et de désir de l'union charnelle de cette dernière nuit pour conclure le roman.

Sa fiancée l'admirait avec plaisir elle ne le voyait guère sérieux mais l'écriture était bien un des seuls moments où elle pouvait le voir si concentré. Le seul moyen de s'échapper des tracas de leurs vies était l'art : l'écriture, la lecture. Tomber amoureux, évidemment, était le seul intérêt de leurs vies, parce que c'était aussi l'unique moment qui les extrayait de leurs conditions de mortels.

Avec l'écriture, il s'évadait dans un monde fantasque, de fantasmes ponctué de faits réels. Il pouvait redevenir cet enfant insouciant qu'elle aimait tant mais qu'elle avait de moins en moins ces derniers temps.

Quoique le temps puisse faire, il avait à jamais changé.

Ce cocon protecteur fut brisé par la sonnette de la porte.

-Je vais voir qui c'est et toi, profite-en pour enfiler un tee-shirt.

-Oui, Madame, ironisa Rick.

Beckett ouvrit la porte sur quelqu'un dont elle ne s'attendait pas à avoir la visite.

-Papa !? Qu'est-ce tu fais ici ? Il y a un problème ? S'inquiéta Katherine.

-Bonjour Katie ! Je vais bien merci, railla-t-il. Suis-je obligé d'avoir une raison pour venir voir ma fille adorée ?

-Desolé papa! Entre vas-y.

-Rick n'est pas là ?

-Si, il arri…

-Je suis là, la coupa-t-il en train de se débattre pour enfiler son sweat-shirt.

-Bonjour Monsieur Beckett !

-Bonjour Rick ! Combien de fois, faudra-t-il que je te répète de m'appeler Jim.

-Désolé.

-Tu veux un café, un jus d'orange ? Demanda Kate.

-Oui, je veux bien un café.

-Je vais préparer ça. Tu viens m'aider Rick ? L'interrogea sa fiancée.

-Non. J'ai besoin de lui parler, rétorqua Jim.

Kate regarda tour à tour son père puis son homme, se demandant ce qu'il pouvait bien lui vouloir.

En échange, Rick l'interrogea du regard mais sa douce ne fit qu'hausser les épaules elle n'avait pas la moindre idée du sujet de la conversation.

-On va aller dans mon bureau. Nous serons au calme pour discuter.

La porte de l'antre de Castle se referma laissant les deux hommes seuls.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? Demanda Jim, en voyant des photos et des dossiers partout.

-Oh, c'est rien. Votre fille et moi avons décidé d'enquêter sur mon affaire, déclara-t-il en omettant la partie sur le mensonge de Kate.

-Ah ! Je vois, elle est têtue ?

-Je ne dirais pas le contraire. Vous désirez me parler de quelque chose en particulier ?

-Oui. Je voulais te redonner ça, dit-il en déposant un écrin sur son bureau.

-Ce sont nos … souffla Rick, en effleurant du doigt la boîte.

-Oui, ce sont vos alliances. Vos témoins me les ont donnés. Je te les donne maintenant mais ne voit rien en ce geste quelque chose qui t'obligerait à épouser Katie.

-Ce n'est pas ça. C'est juste que … je pensais que c'était Kate qui les avait.

Rick se tut un moment en jouant avec les deux anneaux en or. Ils étaient simples, ornés d'une simple gravure « always ».

-C'est de famille ?

-Pardon ?! S'étonna Jim, ne comprenant pas les propos de l'écrivain.

-Votre fille m'a également dit que le mariage n'importait guère.

-Elle n'est pas ma fille pour rien, railla l'aîné.

-Oui mais sachez Monsieur Beckett, que je compte bien épouser votre fille, rapidement. On en a discuté ensemble et elle est d'accord.

-Rick, je …

Deux petits coups retentirent dans le bureau ainsi qu'une tête.

-Je peux rentrer ?

-Oui, vas-y.

Kate, les mains chargées d'un plateau avec trois cafés, s'installa sur le sofa où était son père. Rick était dans son fauteuil, en face du père et de la fille.

-Alors as-tu encore essayé d'effrayer mon fiancé ? Plaisanta la jeune femme.

-Katie ! Ne me vois-tu que comme un père tyrannique ?

-Mais non, sourit-elle.

-Sinon, vous avez des pistes sur ton affaire, demanda Jim en s'adressant à son futur beau-fils. Il changea volontairement de sujet, ne voulant s'attarder sur le sujet du mariage. C'était personnel, un sujet dont il n'avait pas à se mêler.

-Pour l'instant, on sait juste que la personne qui m'a … agressé en veut à mon travail. Il a déposé une plume sur le lieu de l'accident et combiné à mes doigts brisés, l'écriture est apparue comme une évidence, expliqua l'écrivain.

Instinctivement, Rick se plaça devant le tableau recouvert de photos. Kate ne put s'empêcher de se mettre à ses côtés, enlaçant ses doigts aux siens. Désormais, elle n'avait plus aucune retenue montrer des gestes affectueux envers son fiancé devant son père ne l'a dérangé plus depuis un bon moment.

Jim observait ce couple fusionnel, aimant et fascinant. Il lui rappelait, en son temps, lui et Johanna, sa femme et la mère de sa merveilleuse Katherine.

Se levant à son tour, il fit face au tableau quand un élément lui sauta aux yeux.

-Je peux émettre une réflexion, déclara Jim.

-Oui, on t'écoute papa.

-Le rechapage de pneu ici, c'est celui de la voiture de Rick ?

-Oui, pourquoi ?

-Parce que, je peux t'affirmer que ce rechapage n'appartient pas à un pneu de Mercedes. C'est bien trop grand.

-Vous en êtes certains ? L'interrogea Rick.

-Oui. J'ai une passion pour l'automobile et pour ma part, je dirais que ce type de pneu date d'il y a un moment.

-Je vais contacter le chef Brady pour une analyse. Normalement, on aura les résultats dans la soirée, déclara Kate.

Beckett ne perdit pas une seconde et contacta le chef Brady afin de lancer les opérations.

-Merci, Monsieur … Jim.

-Ne me remerciez pas. Cela n'a peut-être rien avoir avec votre accident.

-Je ne vous remerciez pas … que … pour l'indice. Je voulais vous remerciez pour tout. Pour m'avoir parlé de Katherine, de m'avoir incité à lui ouvrir mon cœur, à m'avoir démontré qu'elle tenait à moi … à avoir créé une femme magnifique.

Jim était ému par la déclaration du petit-ami de sa fille. Il connaissait le Rick, fou amoureux de sa fille, joyeux, farceur, beau parleur mais là, il découvrait le Rick que sa fille lui dépeignait : doux, attentif et émotif.

-Merci Rick. Je pourrais vous retourner le compliment.

Les deux hommes s'autorisèrent une légère accolade avant que la source d'émotion revienne dans le bureau.

Le père de Katherine était repartit en fin d'après-midi, laissant les deux fiancés à leurs interrogations.

-Si ton père ne se trompe pas, c'est encore un indice volontairement déposé par mon agresseur. Mais quel est le lien avec l'écriture ?

-Attends …

-Tu as une idée ? S'enquit Rick.

-Quand on t'a retrouvé, tu étais près d'une station-service désaffectée. Peut-être que lien est la mécanique.

-Ou alors, mon agresseur a été pris de court. Il a trouvé cette station-service sur son chemin et il a pu s'enfuir par la voie rapide sans être ennuyé : pas de caméra, pas de contrôle, rien.

-Pas faux, ta théorie se tient, admit la jeune femme pensive. Hey ! Le mail des résultats est arrivé.

-J'arrive.

Assis côte à côte, ils lisaient attentivement les résultats. Le père de Beckett avait vu juste : le rechapage de pneu ne provenait pas de la Mercedes de Castle.

-Le pneu date des années 1988 ou 1989. Ca date, dit l'écrivain.

-Je suis d'accord mais je ne vois toujours pas pourquoi, ton agresseur l'a déposé. Il veut nous faire comprendre quelque chose. Je pense même qu'il souhaite communiquer avec nous.

-Peut-être qu'il souhaite qu'on le retrouve ? Grimaça-t-il.

Kate vit que son homme n'était pas enchanté à l'idée de revoir son bourreau.

-Rick quoi qu'il arrive, je serais toujours près toi maintenant. Tu ne te retrouveras pas seul avec lui. Je te le promets, le rassura-t-elle.

-Merci.

Ce dimanche chargé mais fructueux se termina dans l'intimité de la chambre des deux partenaires. Lovés l'un contre l'autre, comme si à deux la vie était plus simple, que les douleurs s'évaporaient, que la force se décuplait, que l'amour les protégeait de tout, ils regagnèrent un monde de songes paisibles.

Cette matinée s'annonçait un peu particulière si pour Kate la rentrée était passée, celle de Rick sonnait en ce lundi matin.

Admirant son écrivain, endormi sur le ventre, Kate pouvait distinguer ses muscles imparfaits, son grain de peau abimé par quelques ecchymoses tenaces mais elle pouvait surtout le sentir vivre. Elle se doutait que le stress le gagnerait au fil des heures. Même s'il ne parlait guère de cette agression, il était encore affecté.

Glissant sa main en travers de son dos, elle vint se blottir contre lui. Elle lui caressa le dos, elle joua avec ses cheveux quand il commença à gémir faiblement. Souriant face à l'homme sensible qu'elle avait à côté d'elle, elle se mit à déposer une infinité de baisers sur le bas de son dos, à la limite de ses fesses, remontant le long de sa colonne vertébrale. Les frissons de son fiancé ne se firent pas attendre. D'humeur joueuse et sensuelle, elle poursuivit son réveil charnel. Embrassant, titillant de sa langue, ses omoplates, ses épaules, son cou et son lobe d'oreille. Elle était à califourchon sur le dos de son amant.

Elle savait qu'il était maintenant réveillé son rythme cardiaque s'était accéléré et des frissons lui parcouraient l'échine.

-Je sais que tu ne dors pas, susurra-t-elle à son oreille.

-Hum …

-Rick, il nous reste deux heures avant d'aller au poste … dit-elle en le ceinturant, la tête posée contre son dos.

-Tu sais que je pourrais m'habitué à un tel réveil, grommela-t-il.

-Moi aussi.

-Pourrais-je profiter à mon tour du corps de ma magnifique fiancée ?

-Je peux voir, ce que je peux faire …

Cet ebat aurait le mérite de satisfaire deux amants épris de corps et d'esprits. Toutefois, pour Kate, ce n'était pas un plaisir égoïste. Elle souhaitait que Rick arrive le plus décontracté possible au bureau et quoi de mieux qu'une preuve de désir.

L'homme âgé de quarante-deux ans, figé dans son adolescence n'avait pas grandi. Il portait une paire de converse délavée, un jean troué et un tee-shirt des Rolling Stones. Un traumatisme, une erreur, un faux-pas, une faute, une stupidité … tant de mots qui pourraient définir le tournant de sa vie. Adolescent renfermé mais talentueux, il s'était fait avoir, il s'était perdu dans cette grande ville. Sans repère, New-York avait eu sa peau et son destin.

Mais maintenant, il allait enfin avoir sa une dans un journal, sa photo à la télévision, son reportage à la radio. Il allait être gratifié d'heures de gloire que Richard Castle lui avait volée. Ce petit Ricky, turbulent, agité, mais sans conteste le démon de sa destinée.

Dans l'ascenseur qui les menait au 12th, elle sentait le stress gagnait son homme. Elle vit le front de son fiancé se creuser d'appréhension, sa nervosité, émaner de tout son corps, son angoisse, transpirer de tous ses pores.

Ne se souciant pas du reste de la terre, se souciant uniquement de lui, elle saisit la main de son futur mari. Surpris mais heureux, il raffermit sa prise. Les yeux dans les yeux, elle l'encourageait.

Le ding de l'ascenseur retentit Rick tenta de dégager sa main mais le regard de sa fiancée l'en dissuada. Elle avait décidé de le soutenir, de l'épauler quoi qu'il arrive où qu'ils se trouvent.

-Merci, murmura-t-il.

Quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, Castle s'étonna qu'il y ait tant de monde. Certes, il s'était douté que ses collègues l'attendraient de là à être reçu par l'ensemble du 12th, il y avait de la marge. Les applaudissements redoublèrent d'intensité quand les deux partenaires mirent un pied dans l'open-space.

Les larmes de joie et de soulagement, s'abattirent sur le visage de Castle. Beckett se hissa sur la pointe des pieds et passa ses deux bras autour de son cou, le gratifiant d'une étreinte et d'un baiser.

-Ca va aller babe, chuchota-t-elle.

-Je t'aime Kate, sanglota-t-il.

-Moi aussi.

Chapitre terminé ! Les éléments de l'enquête se mettent en place … les rouages et engrenages sont en phases … Connaître l'identité du coupable n'est plus qu'une question de temps. Des idées ?

Un petit commentaire, Merci !

PS : Pour les messages que j'ai reçus (dans mes autres fictions) concernant le fait que Castle et Beckett ne mettent pas de préservatif, voilà ma réponse. Ils sont en couple depuis deux ans ils ont dû faire les tests et Kate doit prendre la pilule et ils ont confiance l'un en l'autre. Alors oui, pas de protection pour eux mais vous si !