Salutation !
Comme promis, le chapitre 10 avant la fin du week-end ! Pour information, j'ai créer un blog sur cett fic', hésitez pas à y faire un tour si vous etes perdu avec les personnages, les maisons nobles ou les lieux, il est là pour ça.
lesmanuscritsdebelthyiel. wordpress
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Merci pour vos reviews, Sephora4, Juu-Greenleaf, Noooo Aime, Julindy, Naheiha et Sabrinabella,
je les attends et les dévore comme des chocolats de Noël !
Merci également à tous ceux qui suivent cette histoire, et sur ce, bonne lecture !
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Chapitre 10. Manœuvre royale
Le conseil durait déjà depuis une heure, qui semblait être une éternité à Niphredil. Pour l'occasion, elle avait revêtu une robe couleur bleu pâle et prit le temps de tresser ses cheveux à la manière de chez elle, dans un entrelacs de nattes et de ruban. Bien que Dis ne fût pas là pour lui venir en aide, elle était plutôt satisfaite du résultat, et Thranduil, bien qu'étonné devant cette coiffure typiquement naine, n'avait rien eut à redire à ce sujet.
De ces échanges d'apparence mortellement ennuyeux, elle n'avait clairement compris que les présentations, ainsi quelques brides de conversations en sindarin. Parmi les quatre participants en plus du roi, elle n'avait reconnu que Heledir, qui était le portrait craché de Naur, avec le visage légèrement plus rond mais un air lunaire, semblable à son père. Ce dernier semblait peu à l'aise dans cette assemblée, et le roi le regardait avec dureté les rares fois où il posait ses yeux d'acier sur lui.
Il ne parlait presque pas, mangeant d'abords le déjeuner qu'elle avait servi à chacun des seigneurs en silence, jusqu'à ce que Niphredil voie Thranduil ressortir la note écrite en Khuzdul ainsi qu'une autre pile d'un air courroucé, et ordonna à sa servante de la porter jusqu'au jeune homme. Elle croisa le regard du roi qui brilla d'une lueur étrange, alors que de son côté, Heledir était plus livide que jamais.
-Je crois comprendre que depuis que tu es en charge des relations extérieures, tu rencontres des difficultés avec Daïn, le roi des monts de fer, déclara Thranduil en langue commune, surprenant toutes les personnes présentes, et voilà qu'à présent, il m'écrit en Khuzdul. Quelles solutions proposes-tu à cela, Heledir, Seigneur de Bar-rhùnen ?
L'ellon tritura la note, mal à l'aise, et il semblait avoir beaucoup de mal à soutenir le regard du roi. Tentant de se ressaisir, il parla en en langue commune, se pliant à la volonté de son roi qui l'inquiétait au plus haut point :
- Un traducteur devrait arriver d'ici quelque semaines pour traduire la lettre... Pour... Pour apaiser nos relations, je pensais offrir plus d'or à Daïn pour le vin qu'il nous fait parvenir, ainsi que l'argent.
Niphredil laissa échapper un imperceptible murmure avec un sourire qu'elle dissimula en une seconde, mais ce détail n'avait pas échapper au Grand Roi des Elfes, qui fit mine de n'avoir rien remarqué.
-Nous payons déjà l'argent plutôt cher, seigneur, Heledir, soupira Mallos, le seigneur de l'Ouest, à ce rythme-là, toute la fortune royale y passera.
-Tu es un imbécile, Heledir, soupira Thranduil, un imbécile qui fait honte à son père. Tu ne mérites pas l'honneur qu'il te fait, en te laissant gérer sa maison à sa place... Depuis dix ans que tu es ici, nos relations avec le monde dont tu es responsable diminuent, et meurent !
-Pardonnez-moi, mon roi, dit-il, la tête basse en accusant les reproches, de plus en plus blême, mais...
-Je me fiche de tes excuses ! Ma servante serait plus douée que toi dans cette affaire ! Tonna-t-il, puis il ajouta avec un sourire carnassier, tien, faisons une expérience, échangez vos places.
Tous les seigneurs se raidirent en entendant les paroles du roi, et à présent, le pauvre Heledir semblait ne plus avoir de couleur :
-Je... Je vous demande pardon, murmura-t-il, monseigneur...
-Lève-toi de cette place, ordonna-t-il d'une voix doucereuse, laisses la demoiselle Niphredil s'y asseoir. Sers-lui du thé, et continue de débarrasser la table. Dois-je également t'expliquer le rôle d'un échanson ? Cette tâche est-elle aussi hors de ta portée ?
L'elfe à la chevelure dorée n'ajouta rien, et se leva, invitant poliment Niphredil à prendre sa place d'un geste tremblant, et repoussa galamment la chaise derrière elle. L'elleth, qui elle aussi avait blêmit s'assit à la table des seigneurs, fixant résolument son regard sur les correspondances devant-elle en cherchant à reprendre contenance.
-Niphredil, déclara le roi d'une voix douce, je crois savoir que vous êtes familier des nains, peut-être pourriez nous éclairer sur la lettre de Daïn ?
Il lui jeta un regard intense, et elle sut qu'elle était piégée. Ou elle niait à nouveau, et serait humiliée devant ces nobles gens, ou elle obéissait... Et Thranduil obtenait ce qu'il voulait d'elle grâce à son petit larcin. Néanmoins, elle tenta sa chance et d'une main tremblante, elle se saisit du parchemin et commença à lire :
-Moi Daïn Ier, roi des monts de Fer, salue la noblesse de la Forêt-noire, ainsi que le... L'interprète que ce fieffé crétin d'Heledir Naurion aurait sans doute fait venir de l'autre bout du monde par ce qu'il n'a jamais fait l'effort d'apprendre un seul mot notre noble langue... Dit-elle en déglutissant péniblement, vous avez déjà raté les fiançailles de ma fille, Lysa, et ce manquement est un terrible affront. Elle célébrera ses épousailles le jour de Durin de cette année, sous le regard de Mahal... Puissiez-vous être présent, ou soyez assurés que notre amitié commerciale prendra fin... S'en suis tout un tas de formules de politesse, acheva Niphredil d'une voix tremblante.
Un silence de plomb retomba sur l'assemblée, et enfin Sirion, le seigneur du Sud s'adressa à l'échanson d'un jour en lui adressant un regard sincèrement navré : avons-nous reçu une invitation pour ses fiançailles ?
-Je... Je l'ignore, mais il y a déjà eu une lettre en Khuzdul un jour...
-Oui, elle devrait être rédigée en Khuzdul également, et vous avez dû la recevoir il y a environ un an, déclara timidement Niphredil. Les nains des Monts de Fer sont très superstitieux, et ils craignent de traiter des affaires aussi importantes à leurs yeux en langue commune, de peur de s'attirer la malchance en faisant affront à Mahal, leur créateur. Ce n'est ni une injure, ni une provocation, roi Thranduil, seulement une tradition.
- La tradition exige-t-elle également une réponse dans cette langue ? Demanda le roi, d'une voix calme et posée, avec néanmoins une légère intonation dans sa voix qui trahissait un sentiment de satisfaction.
-Cela serait très apprécié, répondit-elle en reprenant doucement contenance. Le jour de Durin est dans cinq mois, monseigneur... Mes seigneurs ne devaient pas trop tarder à se décider, car plus la réponse tarde, plus le roi Daïn, qui est particulièrement susceptible, le prendra comme un désintérêt de votre part pour son royaume et une insulte personnelle.
Thranduil la dévisagea un moment en silence, toujours cette étrange lueur dans les yeux et déclara : bien, je pense pouvoir dire que l'expérience est concluante. Heledir, tu transmettras tout ce que vous avez à ce sujet à Niphredil, tu ne t'occuperas plus des Monts de Fer à l'avenir. Ton ignorance a été remarquée par les autres royaumes, et nuit gravement à nos relations.
-Mais, monseigneur, s'insurgea Heledir, la demoiselle Niphredil n'est ici que de passage, est-ce bien sage de lui confier les secrets de notre cité ?
-Je ne crois pas t'avoir demandé votre conseil à ce sujet, cracha-t-il Thranduil en lui jetant un regard assassin, seul ton incompétence est la cause de ceci. Taches d'y remédier au plus vite.
La séance se fini peu de temps après au grand soulagement de Niphredil, que Thranduil pria de rester un peu, alors que Heledir quitta la pièce en lui jetant un regard venimeux, lui fourrant dans les mains une pile de papier. Elle soupira, tentant de reprendre contenance en buvant une gorgée de thé et demanda au roi qui affichait un sourire victorieux :
-Pourquoi avoir humilier votre seigneur de la sorte ? Les nains ne font pas confiance aux étrangers, je doute que Daïn lui est un jour facilité la tâche...
-Il s'en remettra, et avec un peu de chance, il tira-t-il leçon de cela, répondit Thranduil d'un geste dédaigneux. Toi en revanche, tu as fait forte impression pour ta première réunion, je te félicite, j'ai eu raison de croire en toi.
-Oui, grâce à vous, maintenant, tous vos seigneurs me détestent ! S'exclama-t-elle inquiète, je ne veux pas avoir à traiter avec Daïn, je veux rentrer chez moi, Thranduil ! Je veux juste... Rentrer voir ma famille !
-Je sais, dit-il en posant une main apaisante sur son épaule, et je te promets que si tu parviens à améliorer les relations entre Vert-Bois et les Monts de Fer, je te rendrais à ta famille... Nous nous rendrons au mariage de la fille de Daïn, et tu seras libre d'aller où le désire à la fin des festivités, en remerciement de tes services.
Niphredil cligna des yeux, étonné et murmura : vraiment ? Vous êtes sérieux ?
-Tu as ma parole, assura le roi, un air confiant sur le visage. Ces échanges commerciaux sont importants pour nous... Tu n'auras plus à jouer les échansons à présent, car nul ne doutera plus de ta valeur après ton intervention. Ta place dans le royaume est maintenant celui d'ambassadeur auprès des nains de Fer. Soit digne de cet honneur, et ne craints pas le courroux des autres seigneurs : tous savent qu'Heledir est incompétent, et que le jour ou il se tournerait en ridicule arriverait.
Niphredil réfléchit un moment, ses yeux parcourant distraitement l'expression du roi, sans voix. Il lui faisait un grand honneur c'était incontestable, mais aussi, il lui promettait ce dont elle rêvait : la liberté de revoir les siens. A présent, ses inquiétudes s'étaient envolées, et elle finit par demander avec un sourire complice :
-Depuis quand préparez-vous ce petit tour ?
Il lui rendit son sourire, accompagner d'un rire cristallin qui la choqua presque, car depuis un mois qu'elle était ici, c'était la première fois qu'elle l'entendait rire, avant de reprendre plus un peu plus sérieusement :
-Niphredil, je crois avoir comprit que tu aimais beaucoup Mithrandir. Demain soir, nous festoierons en l'honneur de son arrivé, j'espère que tu nous feras l'honneur de ta présence.
Le Grand Roi des Elfes sortit à son tour de la salle de conseil, avec un sourire victorieux, mais malgré tout, une ombre sur le cœur.
Le soir des festivités vint rapidement. Thranduil s'était apprêté pour recevoir Gandalf en milieu d'après-midi, alors que Niphredil était resté dans ses appartements à lire chaque document concernant les Monts de Fer. Une lecture terriblement ennuyeuse, qu'elle avait éparpillée tout autour d'elle sur le lit ou elle était assise au milieu tentant de remettre de l'ordre dans une correspondance négligée depuis des années.
Les appartements de service, autrefois sobre, avait été arrangé pour être plus chaleureux, et sur le mur qui ne comportait pas de fenêtre, des dessins de forêts et des portraits crayonnés de Thorin et Dis figuraient, mais aussi d'autres nains chers à son cœur, des amis qui lui manquaient terriblement.
Le roi vint troubler son étude, vêtu de ses atouts rouges et ocre qui le rendait particulièrement impressionnant, sa couronne tenant ses cheveux en arrière en une cascade d'or au reflet d'argent. Niphredil le détailla un instant avant de siffler d'admiration :
-Vous êtres très élégant, Roi Thranduil.
-Tous ce passe comme tu veux ? Déclara-t-il en la remerciant pour le compliment d'un geste de la tête.
- Tout ceci est terriblement assommant...Soupira-t-elle en posant la note qu'elle avait dans la main, je me demande comment Heledir n'a pas put mourir d'ennui...
-Tu devrais t'apprêter pour ce soir, déclara le roi en voyant qu'elle portait toujours sa tenue grise qui lui servait à faire le ménage, n'importe quelle elfine s'y attellerait déjà depuis midi.
-Leurs journées doivent être bien plus ennuyeuses que ses dossiers si elles n'ont que cela à faire, déclara-t-elle en commençant à réunir ses parchemins par pile. Mais vous avez raison, je vais m'y mettre.
-Je t'ai mis des vêtements plus adéquat pour les festivités dans ma salle de bains, tu peux l'utiliser à ta guise... Legolas vient de rentrer avec les éclaireurs. Il viendra te chercher d'ici deux heures, soit prête.
Niphredil cligna des yeux, surprise, et alors que le roi fit mine de partir, elle le retint :
-Thranduil ?
-Oui, pinig, petite ?
-Je crois que je ne vous ai encore jamais remercié pour... Tout.
Il lui accorda un dernier sourire, inclina la tête et disparu.
Legolas vint précisément deux heures trente plus tard. Il trouva la jeune rousse assise dans le salon, occuper à tresser une mèche de ses cheveux avant de l'attaché avec les autres qui formaient une demi-queue soigneusement élaborée, entrelacé de perles irisées. La demoiselle avait revêtu une robe bleu pâle et blanche vaporeuse ainsi qu'un collier d'opale, arrachant un murmure admiratif au prince elfe. Lui-même était très élégant dans une tenue dorée et blanche, le front ceint d'une fine couronne d'argent qui retenait ses cheveux en arrière, à la manière de son père.
-Wen Niphredil, ech vain sui ninniach, dame Niphredil, tu es aussi belle que l'arc en ciel.
- Nin Ernil, glassen na chen cenin, Man mthach ? Mon prince, je suis heureuse de te voir, comment vas-tu ?
-Je vais très bien, assura le prince, aucune ombre n'a croisé notre route... Viens, les festivités vont bientôt commencer, et crois-moi, tu n'as jamais vu un banquet, tant que tu n'as pas vu ceux de notre cité ! On dit que Gallion s'est surpassé pour l'occasion !
Il lui offrit galamment son bras, la menant vers la plus haute terrasse de la ville. A la grande surprise de Niphredil, l'un des murs taillés dans le roc qui entourait le jardin semblait s'être ouvert pour révéler un large escalier qu'elle n'avait encore jamais vu, et qui menait plus haut encore, au-dessus du refuge sylvestre. Au-dessus de tout ce qu'elle avait pu voir depuis son arrivé, loin sous la voûte céleste qui lui manquait tant.
-Nous n'ouvrons ce passage que pour les banquets, expliqua Legolas en voyant son air surprit, car il serait trop dangereux de laisser une telle trouée vers l'extérieur ouvert en permanence... Mais quand nous célébrons un événement, c'est toujours sous la lumière des étoiles.
-L'extérieur, répéta rêveusement Niphredil alors que son regard s'était embrasé, cette simple idée me réjouit.
-Vous êtes bien une elfe des bois, murmura Legolas avec un sourire amusé, il faudrait être fou pour en douter. Puis il ajouta plus sérieusement : il y a beaucoup de monde là-haut. Ne vous laissez pas déstabiliser, souriez et ne lâchez pas mon bras, tout ira pour le mieux.
Les escaliers de marbre blanc débouchèrent sur le haut d'une colline au cœur de la forêt-Noire, et dominait celle-ci, offrant une vue dégagée à couper le souffle. Ses yeux se perdirent un instant dans la contemplation de la vue crépusculaire, s'arrêtant sur la montagne solitaire avec émotion, alors que celle-ci disparaissait dans les dernières lueurs du jour. De vieux chênes entouraient la place circulaire, ainsi que plusieurs lampadaires de pierres blanches du même esthétique que la porte des elfes, portant chacun un lampion qui dégageait une puissante lumière blanche. Au centre de tout cela, se trouvait de grandes tables arrangées en cercle, ou devait trôner deux cents convives, au bas mot.
Elle entendit la voix lointaine d'un Herault qui annonça leurs noms alors qu'elle constatait avec horreur qu'ils étaient devenus le centre de l'attention, et elle adressa un regard angoissé à Legolas qui lui accorda un sourire rassurant. Ils marchèrent jusqu'à la table d'honneur, et Legolas lui indiqua sa place, qui était à côté de la sienne, face à deux elfes qu'elle ne connaissait pas. Elle reconnut Gandalf à la droite du Roi Thranduil, la place d'honneur, et celui-ci lui lança un regard dès surprit, et se pencha à l'oreille du roi pour lui murmurer quelque chose. Elle ne pouvait pas entendre ce qu'ils disaient, mais Gandalf ne semblait guère rassuré par les propos du roi.
-Wen Niphredil, laissez-moi vous présenter, Haldir de Lorien, déclara la voix de Legolas la ramenant à la réalité, ainsi que son grand frère, Orophin, respectivement commandant de la garde, et commandant des archers. Messieurs, voici dame Niphredil, fille de Thorin Ecu-de-chêne, chef des nains d'Erebor, et ambassadrice du royaume de Vert-Bois auprès des Monts de Fer.
Elle les salua poliment, ignorant leurs airs surpris. C'était deux elfes vêtus de blanc, très proche sur le plan physique plus blond encore que Legolas, si cela était possible, leurs trains fins, rayonnants de bienveillance, tant que cela semblait à peine réel. Cependant celui que Legolas avait présenté comme Orophin avait une minuscule cicatrice prêt de l'oreille, et des yeux presque gris aussi, alors qu'Haldir avait des yeux bleus, et elle sut qu'elle pourrait au moins les différenciés, lui épargnant des situations gênantes.
-J'ignorais que les nains avaient de tels trésors, complimenta Haldir, votre histoire doit être passionnante !
-Je crains au contraire qu'elle ne soit ennuyeuse à mourir, déclara-t-elle avec un sourire poli, des palabres à n'en plus finir, rien en comparaison des aventures de guerriers émérites.
Le compliment eut l'effet escompté, car les deux elfes de la Lorien partirent sur des récits épiques, laissant de coté l'histoire de Niphredil, que cette dernière était peu désireuse de raconter. Elle jeta un regard envieux à la table des gradés où Amdir et Wilwarin étaient assis, et ou l'ambiance était bien plus ardente qu'à la table d'honneur.
Néanmoins, elle n'eut pas le loisir de s'ennuyer une seule seconde, car ses compagnons de table s'enhardissaient au fil du temps, et il y avait toujours de l'animation, que ce soit de la part des convives ou des artistes qui venait présenter leurs talents.
La nuit se fit noire et avança au rythme des douces flûtes et du vin qui s'écoulait sans cesse, et nul convive ne ressentait de lassitude, si bien que les festivités auraient pu continuer ainsi pendant des années.
Niphredil voulut rapidement modérer sa consommation de vin alors qu'Orophin la servait copieusement dès que son verre se vidait un temps, soit peut. Hélàs pour l'archer, l'elleth était toujours inquiète à l'idée d'avoir oublié une soirée entière auprès de Thranduil et craignait que cela ne se reproduise à nouveau, mais en compagnie d'ellon bien moins honorable que le roi.
Legolas, dont le regard pétillait, était bien moins dans la retenue qu'à l'ordinaire, et alors qu'Orophin parlait de quelque voyage qui l'avait mener à Meduseld, cité royale du Rohan, il déclara d'une voix forte, un sourire hilare sur les lèvres :
-Ah le Rohan ! La cité de Meduseld est un peu rustre à mon goût, mais les grands espaces de cette région sont impressionnants, l'air y est pur, et leurs femmes ont le sens de l'hospitalité comme nul part ailleurs !
Cette déclaration fit rire tous les convives à table, hormis Thranduil qui n'en avait pas perdu une miette et lui accorda un regard réprobateur avant de déclarer en arrachant la coupe de vin des main de son fils :
-Peut-être est-il temps que tu emmènes notre invitée sur la piste de danse.
-Je doute que Mithrandir soit intéressé par mon invitation, répondit-il, toujours hilare malgré les signes d'avertissement d'Orophin qui tentait de prendre un aspect sérieux sous le regard du roi, alors qu'un sourire béa flottait toujours sur ses lèvres.
-Le prince n'a pas tort, répondit Gandalf, désireux d'éviter tout ennui au prince sylvestre, mais néanmoins, dame Niphredil, si vous acceptez de m'accorder cette danse, en souvenir de notre dernière rencontre, j'en serais très heureux.
-Ce serait avec plaisir, Gandalf, répondit cette dernière alors que l'Istari s'était déjà levé, mais je ne connais rien aux danses des elfes...
-Allons, c'est assez simple, vous verrez, dit-il avec un sourire confiant alors qu'il saisit sa petite main pour l'entraîner sur la piste de danse ou plusieurs couples se laissaient porter par la musique.
Les pas étaient, en effet, assez simple, car assez proche de ceux des nains, mais ce n'était pas l'amour du rythme qui avait poussé Gandalf à agir, car son visage se fit soucieux dès qu'il fit dos à la table d'honneur :
-Es-tu bien traitée ici, Niphredil ?
-Les elfes ont été très bons avec moi, Gandalf, ils m'ont sauvés, soignés... Je leur suis très reconnaissant, vraiment... Mais Thranduil ne veut pas me laisser partir, et ma famille me manque terriblement.
-Je sais, cela, soupira Gandalf, et je ne peux rien hélas pour toi. Tu es mineure selon les lois de ce royaume, et il cache ses véritables intentions en prétextant devoir te protéger du monde.
-Quelles intentions Gandalf ? Fit-elle avec un élan d'inquiétude, il ne m'a rien demandé de particulier depuis mon arrivé... Thranduil est très différent de ce que père m'en avait dit !
-Ce n'est pas un ellon mauvais, je te l'accorde, assura le magicien, mais méfie toi malgré tout, Niphredil, Thranduil est une âme torturée, il peut faire beaucoup de mal sans le vouloir. Tu dois à tout prix t'éloigner de lui avant que l'ombre de son cœur ne s'étendre sur toi.
La chanson s'acheva, mais Niphredil ne put quitter la piste de danse, car ce fut au tour d'Amdir, de l'inviter à danser d'un pas incertain, étourdit par le vin et plus joyeux encore qu'à l'ordinaire. Puis à celui de Naur, rayonnant dans sa tunique blanche, et enfin Wilwarin, qui lui, malgré sa résistance d'elfe, chancelait sous l'effet du vin plus encore que son acolyte à la chevelure brune.
La chanson s'achevait lentement, et alors qu'elle crut qu'il allait à présent la relâcher, il resserra son emprise sur elle et se pencha à son oreille pour murmurer :
-Meratyen anta miquelis *?
-Je... Je ne comprends pas, Wilwarin...
-Viens chez moi, et je t'apprendrais ça, et bien d'autre chose... Poursuivit-il en caressant une mèche de ses cheveux alors que son haleine envinassé chatouillait les sens de la jeune elfine d'une manière peu séduisante.
-Vous devriez davantage aller vous assurez que vos hommes sont toujours à leurs postes, et sobre, déclara une voix aussi glaciale que menaçante sur leur droite.
C'était Thranduil. Si ses yeux pouvaient lancer des éclairs, Wilwarin serait mort foudroyé sur place. Aussi, il s'éclipsa sans rien ajouter après une profonde révérence, l'air penaud, tel un enfant qui aurait été pris en faute.
Encore une fois, Niphredil cru qu'elle pourrait regagner sa place, et encore une fois, elle se trompait. Thranduil se saisit de sa main, et s'inclina devant elle avant de l'entraîner dans une valse plus rapide que les précédentes.
-Que... Que faites-vous ? Demanda-t-elle d'une voix tremblante en tentant d'ignorer les regards qui se posaient sur eux, se laissant porter par l'assurance du souverain.
-Hé, bien, à première vue, je danse avec toi, répondit-il d'un ton légèrement moqueur.
-Oui, répondit-elle en croisant son regard, oui vous dansez... Avec moi... Je danse avec le roi... Et tout le monde nous regarde...
-Ne sois pas si nerveuse, ce n'est qu'une valse, assura-t-il, toujours ce sourire à la fois moqueur et amusé, les musiciens le prendrait comme un reproche si je restais indifférent à leurs musiques.
Tentant d'ignorer le rouge qui lui montait aux joues, mais le regard impitoyable du roi n'en manqua rien :
-Timide, pinig... Ça pour une surprise...
-Je n'ai pas grandi dans ce monde de fête et d'opulence, Thranduil, se défendit-elle. C'est déjà un défi pour moi de comprendre ce que votre langue...
-Tu es très jeune Niphredil, déclara-t-il paisiblement, et te voilà déjà plus soucieuse que mon fils, qui est ton aîné de plus de deux mille ans... Imagines que la vie est comme cette valse, et acceptes de me faire confiance pour te guider, la vie n'en sera que plus douce...
Quand le rythme s'apaisa, le roi invita Elena, l'épouse de Sirion de la maison du Nord à danser, laissant Niphredil seule avec ce dernier. Sirion était un ellon roux aux yeux vert comme les profondeurs de la forêt, il portait la noblesse sur lui, rayonnant d'une prestance incontestable. La sévérité de ses traits s'était légèrement dissipée, mais contrairement à la plupart des elfes présents, il était totalement sobre. Il posa sur elle un regard qui la mettait plus que mal à l'aise, aussi, elle prétexta avoir besoin d'un verre d'eau pour s'esquiver, et retourna rapidement à sa table, à présent vide de convive. Après cette troublante rencontre, Niphredil s'écarta un peu des festivités pour prendre l'air, et remettre ses idées en place alors que la valse de Thranduil l'étourdissait encore et que ses propos raisonnaient dans son esprit. Marchant à travers les chênes centenaires, elle inspira profondément et se reposa quelques secondes, les yeux rivés vers les étoiles. Une vision qui l'apaisa immédiatement, mais hélas, que pour un court instant, car une voix familière retentit derrière elle :
-Il n'est de plus beau spectacle que celui des étoiles.
C'était Heledir, qui malgré ses paroles douces, ne lui adressa qu'un regard plein de haine et de dégoût malgré son beau visage, qui paraissait si doux au matin. Elle le salua et fit mine de s'esquiver pour rejoindre la fête, mais l'ellon la retint par le bras et la poussa contre l'arbre le plus proche sans la moindre douceur :
-Que vas-tu faire maintenant, fille de Thorin l'exilé, maintenant qu'il n'y a plus le roi pour te protéger ?
-Je n'ai jamais voulu te causer le moindre tord, Heledir Naurion... J'ignorais..
-Ah oui ? la coupa-t-il d'un ton venimeux, je ne te crois pas ! Voilà un mois que tu restes recluse dans les appartements du roi, à empoisonner son esprit de tes paroles pleines de convoitises ! Tu n'es qu'une vile catin, Niphredil ! Et je le ferais savoir au monde !
Pour toute réponse, elle lui cracha au visage, et lui assena une claque magistrale, qu'il lui rendit aussi sec avant de se saisir de ses poignées pour éviter toute riposte. Il était fort, bien plus qu'elle, et il ne lui laissait pas la moindre chance.
-Mais c'est qu'elle mord la gueuse ! Rit-il d'un ton froid, et j'ai entendu dire que tu étais couverte de cicatrices, hideuses... Allons, ne soit pas timide, montres-les moi... Imagine que je suis ton roi, cela t'aidera peut-être.
Il déchira sa robe sans ménagement, alors qu'un sourire sadique naissait sur ses lèvres pendant qu'il posait ses yeux sur les épaules meurtries tandis que l'elleth se débattait tant bien que mal contre lui.
-Il suffit, ion-nin, mon fils ! As-tu perdu l'esprit ?
Naur venait d'apparaître, l'air furieux, et administra une violente gifle à son fils, qui le projeta au sol dans une exclamation de surprise. Le médecin en chef défit sa cape blanche sur ses épaules, signe qu'il s'apprêtait sans doute à quitter la fête, et la posa sur les épaules de Niphredil qui avait les yeux rougit et tremblait de rage, serrant contre sa poitrine sa robe déchirée.
Il lui tendit une main pour l'aider à se relever, mais Niphredil le repoussa, ivre de rage et donna un violent coup de pied dans l'abdomen du jeune ellon, se fichant que sa cape glisse de son épaule, exposant au médecin de bataille des cicatrices qu'il connaissait déjà. Cependant, Naur rajusta le tissu et déclara sur un ton d'excuse, tentant d'apaiser sa colère sans pour autant tenter de protéger son héritier :
-Je le punirais sévèrement pour ce qu'il vient de faire, je vous le jure Niphredil ! Il le regrettera amèrement... Mais par pitié, ne dites rien à Thranduil...
-Je suis pourtant sûr que cette histoire l'intéresserait au plus au point... S'exclama-t-elle en défiant le seigneur blond du regard, alors qu'Heledir se relevait douloureusement.
-Je vous implore dit Naur, presque gémissant, les yeux pleins de tristesses, pas pour lui, mais pour moi, et pour l'honneur de ma maison... HELEDIR ! Rentre dans tes appartements, MAINTENANT !
-Certainement pas ! Dit-il en portant la main à sa lèvre que Naur avait fendue, je ne vais pas quitter le banquet à cause d'une traînée !
Naur le frappa à nouveau, écorchant sa joue cette fois de son imposant joyaux blanc qui trônait sur sa main : hâte-toi, ou je te battrais jusqu'à ce que tu consentes à obéir ! Cher Sang de mon sang.
Heledir foudroya son père du regard, mais obéit en silence cette fois.
Naur invita Niphredil à faire quelque pas avec lui, et alors qu'il s'apprêta à dire quelque chose, Amdir apparu, visiblement préssé par le bruit de la lutte qui avait précédé. Il leur jeta un regard surpris et écarquilla les yeux en voyant la légère entaille sur la joie de l'elfine, mais Naur coupa l'ellon d'une voix sèche dans son élan :
-Wen Niphredil a trébuché, je me charge de prendre soin d'elle Amdir, tu peux rejoindre la fête.
Ce dernier s'inclina profondément devant eux, les salua en lui accordant un bref regard inquiet à Niphredil avant de disparaître en silence.
Alors qu'ils n'étaient qu'à quelque pas de la fête, Naur s'immobilisa un instant, tournant un visage soucieux vers l'elleth rousse qui semblait perdue dans sa cape trop grande pour elle :
-Nous allons passer devant le banquet, fait comme si de rien n'était. Je te raccompagnerais jusqu'à tes appartements. Si nous avons de la chance, nulle ne se rendra compte de notre passage.
Niphredil ne dit rien, les sourcils froncés et obtempéra en silence. Ils passèrent d'un pas de promenade et silencieux sur la place de la réception ou la fête battait encore son plein, et s'engouffrèrent rapidement dans les escaliers qui menaient à la ville.
Après quelques minutes de silence, l'elleth fini par déclarer d'un ton mordant :
-Ainsi, vous protégez Heledir des conséquences de ses propres méfait. Vous le laissez déshonorer votre maison...
-Je suis désolé, répondit-il d'un ton triste, j'aurais aimé que les choses ne se passent pas ainsi, mais Heledir est mon fils, mon héritier... N'en veux pas à Amdir d'avoir passé son chemin, car tu dois comprendre certaines choses : Amdir n'a en aucun droit de me questionner sur mes activités, ni sur celle de mon fils. Sa mère est servante pour la maison du Nord, et sa famille fait parti de la plus basse branche de notre clan. Il s'est élevé au grade de capitaine en travaillant durement pour ça. Si moi ou Heledir était mécontent de lui, les conséquences pour eux pourraient être terribles...
-Il est de votre clan, souffla Niphredil en écarquilla ses yeux encore rougit.
-Oui, affirma-t-il, c'est bien cela. Heledir est son seigneur, il a tous les droits sur lui, ainsi que sur sa famille... Hormis celui de mort, qui n'appartient qu'au roi Thranduil.
Il n'en dit pas plus, mais Niphredil, comprit très bien ce qu'il voulut dire. Après quelques instants, elle soupira :
-C'est donc cela, la vie chez les elfes... Comme j'ai hâte de rentrer chez moi.
-Ne dis pas cela, la reprit-il, tu as des amis ici, et malgré ton arrivé récente, tu fais partit des privilégiés. Espérer n'avoir que des alliés étaient un rêve enfantin, mais tu en as... On te protégera. Et s'ils n'y parvenait pas, alors Thranduil le fera. Tu as une chance inespéré de rapprocher deux peuples en froid, Niphredil, ne laisse cette chance passé pour une simple robé déchirée.
Thorin était paisiblement allongé sur son lit, lisant un épais volume de cuir qui retracé l'histoire de ses ancêtres, cherchant à se concentrer sur leurs aventures les plus héroïques, et prendre leçon de leurs défaites. La nuit de printemps était noire depuis longtemps, mais le sommeil semblait résolu à le fuir, ce soir encore.
Il entendit le pas léger de Dis, et une seconde plus tard, la porte de sa chambre s'ouvrit dans un léger grincement :
-Thorin ? Je peux entrer ?
-Bien sur, dit-il en refermant son livre pour se redresser, entre ma sœur.
Elle s'approcha et s'assit en face de lui, la mine peinée :
-Thorin, je sais que ces temps sont durs pour toi... Mais comme tu le sais, Nali est invité au mariage de la fille de Daïn en tant qu'artificier... Et je pense qu'à la fin de la semaine, nous allons prendre la route avec lui pour rejoindre la maison de notre cousin.
-Tu... Tu t'en vas ? Dit-il d'une voix neutre, mais ses yeux trahirent sa peine. Sa soeur était de loin sa meilleure amie, et depuis toujours, elle apportait de la douceur et de la stabilité dans sa vie chaotique. Elle, qui avait par ailleurs largement influencé le caractère bienveillant de sa fille perdue...
-Ce n'est pas chez nous ici, Thorin, ce n'est qu'un refuge... À chaque tournant, j'attends de voir Niphredil apparaître, avec son sourire, et ses rubans dans les cheveux... Ça me fait trop de mal... Je dois changer d'air.
-Dis... Je... Soupira Thorin, l'air sincèrement navré, puis ne trouvant pas les mots, il lui tendit une note qu'il y avait à côté de lui. Cette dernière s'en empara d'un geste inquiet, redoutant le pire. Mais c'est une exclamation de joie qu'elle laissa échapper en découvrant son contenu, écrit dans la langue commune.
-C'est le document de Thranduil exige pour la libérer... Souffla-t-elle sans oser y croire.
-J'ai eu une longue discussion avec Balin à ce sujet. Tu avais raison Dis, j'aurais dû la refaire venir au plus vite... J'espère qu'elle me pardonnera un jour d'avoir tant tardé.
Mais en vérité, ce n'est pas seulement l'amour qu'il portait à la petite elfe qui l'avait poussé à se décider, bien qu'il n'oserait jamais l'avoué devant sa sœur qui débordait à présent d'enthousiasme.
Il avait longuement parlé avec Balin, oui, et ce dernier lui avait exposé un point de vue tout autre du siens : Niphredil était une elfe qui connaissait nombre de secrets des nains d'Erebor, et plus que de convoiter l'or de la montagne solitaire, c'était peut-être bien cela que Thranduil souhaiter avoir. Les secrets, le trésor le pus vaste et le mieux gardés de tous les nains. Leur langue, leurs tunnels secret, leurs mots de passe... Tout cela, Thranduil n'avait à présent qu'à tendre la main pour s'en saisir, car combien de temps encore Niphredil garderait ses secrets en se croyant abandonné par les siens ?
Non Dis n'avait pas besoin de savoir tout cela. Thorin ne voulait pas qu'elle le croit sans cœur, car ce n'était pas le cas. Mais depuis que Thrain était parti, il devait faire passer les intérêts du clan avant tout. Même avant ceux qu'il aimait plus que sa propre vie.
La naine blonde étreignit son grand frère, émue et enchanté de voir qu'il était revenu à de meilleurs sentiments. Néanmoins, elle ajouta :
-Viens avec nous aux Monts de Fer, Thorin, toi aussi, tu as grand besoin de changer d'air... Il n'y a plus rien pour toi ici, que la tristesse... Daïn est ton cousin, et un nain jovial, il sera égayer ton coeur, et tu le connais : la fête sera sans égal.
-Les seules choses que je puisse vouloir n'est pas à notre portée...
-Tu dois te faire connaître parmi les autres royaumes nains, en tant que chef des nains d'Erebor ! Ce n'est pas en offensant Daïn que les choses changeront ! Déclara-t-elle d'un ton sévère.
Thorin soupira. Elle avait raison. Trop souvent d'ailleurs, s'en était presque agaçant. Néanmoins, alors qu'il hésitait depuis prêt d'une semaine, ce soir-là, Thorin alla confier le précieux document qui lui rendrait sa fille à un corbeau, et ce dernier prit son envol sur le champ, ignorant la nuit.
Ce soir, il ne ferait pas de cauchemars ou il la voyait souffrir aux mains des orques, car il avait l'esprit en paix.
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Meratyen anta miquelis* ? : Me donnerais-tu un baiser ?
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