Noooo Aime : Ah bah c'est malin, je dois me balader pieds nus, maintenant. Alors qu'il fait encore froid dehors, et tout !
Suis contente que tu n'aies pas été déçue d'apprendre que Bucky était notre mystérieux SDF ninja. Pour la petite histoire, la description que j'ai faite de lui dans le chapitre avec Em correspond exactement à la toute dernière image du générique de fin de Captain America - The Winter Soldier, que j'ai été obligée de visionner plusieurs fois pour faire une description fidèle de l'individu. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas par amour de l'écriture, hein... *sifflote d'un air innocent*
De fait, on peut interpréter cette décision finale comme un pas vers l'ancien Bucky. Mais il faudra encore voir s'il y parvient...
Disons que la cuisine d'Em fait l'unanimité. Sa personnalité, c'est pas encore certain. Ses frangines l'adorent, bien sur, mais pour les autres, ils n'ont pas encore eu l'occasion de la connaître vraiment... ^^
Et pour Darcy, ce que j'adore avec ce perso, c'est la manière dont elle dit tout ce qu'elle pense (mais d'une manière plus gentille que Tony, tout de même). C'est un vrai plaisir de l'écrire !

Lulu : Eh oui, c'était Bucky. Et même si je t'en ai spoilé une partie (en même temps, j'avais prévu dans l'intro du chapitre 1), je conseille le 2e opus des aventures de Cap, il est vraiment très chouette. En particulier le Winter Soldier lui-même, d'ailleurs... *-* Et non, ce n'était pas Noël, mais ça m'encourage, d'avoir des retours positifs, sans compter que j'ai un très gros faible pour Bucky, alors le chapitre s'est écrit tout seul ou presque...

Quetzynette : ça me touche beaucoup, ce que tu me dis là... je suis toute fière d'avoir réussi à te faire balancer entre Clint et Sam, et que ma scène de combat t'ait plu. Pour Darcy et Quicksilver... disons qu'il y a du potentiel, mais il faudra voir ce que la demoiselle en pense !

J'espère que vous aimerez la suite. Je sais qu'elle a mis un peu de temps à arriver, mais la voilà !


Il était revenu.

Bien qu'elle s'en soit un peu doutée, la simple vue du visage suffisant de Tony Stark donnait à Sarah envie de montrer les dents comme un chien furieux. La jeune fille eut toutes les peines du monde à conserver une expression neutre tandis qu'il s'approchait de sa sœur aînée, allant jusqu'à s'appuyer contre le comptoir avec désinvolture, un sourire d'une insupportable flagornerie plaqué sur les lèvres.

- Bonjour, ma toute belle. Avez-vous réfléchi à ma proposition ?

- Quelle proposition, Monsieur Stark ?

- Eh bien, ma demande en mariage, naturellement !

Les yeux d'Em s'écarquillèrent au point de sembler prêts à jaillir de leurs orbites. Quant à Sarah, elle gronda dans sa barbe.

- Il me semble que nous avions déjà établi que vous étiez fiancé – à une jeune femme charmante, du reste – et que vous étiez un peu trop âgé pour moi, se reprit vite l'aînée. Par contre, j'ai pensé à vous et préparé des muffins aux myrtilles. Chaque jour de cette semaine...

Em adoucit sa pique d'un sourire malicieux. Sarah s'abstint de préciser qu'à son avis, sa sœur faisait preuve de beaucoup trop d'indulgence envers Stark. Malgré ses belles promesses, celui-ci n'était repassé par la pâtisserie ni le lendemain, ni même le surlendemain. En réalité, cela faisait huit jours qu'elles venaient s'installer sur le parvis de son entreprise, pour le plus grand bonheur de ses employés, sans apercevoir davantage que ses démarrages en trombe depuis le haut de la Tour, dans le clinquant costume d'Iron Man. Ce qui, du reste, convenait parfaitement à la jeune fille; moins elle le voyait, mieux elle se portait. Em n'avait pas besoin de lui pour réussir. Elle n'avait besoin de personne. Et personne ne la forçait à préparer des scones aux myrtilles, puisque Monsieur Anthony Edward Stark avait apparemment mieux à faire que venir les chercher. Non que les pâtisseries ne trouvent pas acquéreur; les scones d'Em rencontraient un franc succès auprès de leurs habitués – car après une semaine à peine d'activité, elles comptaient déjà une demi-douzaine de clients réguliers. N'empêche, c'était une question de principe.

- Je sais, oui, j'ai eu l'occasion d'en profiter. Chaque jour de cette semaine, rétorqua Stark, narquois. Mais je me suis dit que j'allais venir en personne, pour une fois, histoire de profiter autant de la charmante pâtissière que de la délicieuse pâtisserie...

Sarah leva les yeux au ciel. Les yeux du milliardaire se mirent à étinceler tandis qu'Em, dont les joues s'étaient colorées de rose, déposait un scone encore tout chaud sur une serviette qu'elle lui tendit. Stark en inspira une bouffée et émit un grognement de plaisir. Même si Sarah estimait qu'il en faisait beaucoup trop, elle ressentait toujours une pointe de fierté à voir les talents de sa sœur aînée reconnus à leur juste valeur. Dieu savait que – en grande partie grâce à leur chère mère, qu'elle pourrisse en enfer –, Em avait largement tendance à se dévaluer.

- Il va vraiment falloir que je trouve une combine pour vous débaucher. Sur ce point, votre délicieuse sœur – pas le petit dragon aux cheveux verts, l'autre – ne s'est pas montrée très utile, d'ailleurs. Que puis-je vous proposer pour que vous quittiez cette camionnette minable et entriez à mon service ? Je suis prêt à me montrer très généreux, vous savez.

Sarah vit rouge. Que Stark admire sa sœur, soit. C'était amplement mérité. Mais qu'il le fasse de loin !

- Parce que vous croyez qu'elle a envie de travailler dans votre symbole phallique tape à l'œil, peut-être ?

- Pourquoi pas ? rétorqua le milliardaire sans quitter Em du regard. Ça n'a pas l'air de déranger ton autre sœur, en tout cas...

- Qu'est-ce que vous en savez ? siffla la jeune fille, venimeuse.

- Eh bien elle est venue travailler tous les jours de cette semaine, non ? Et je me suis même laissé dire qu'elle s'était liée d'amitié avec une jeune personne des étages supérieurs dont j'ignore encore l'identité. Mais je compte mener ma petite enquête…

L'estomac de Sarah se contracta à l'idée que Pippa se soit fait une nouvelle amie et n'ait pas pris la peine de leur en parler. En réalité, leurs interactions étaient plutôt limitées, ces derniers temps. La situation était d'ailleurs assez paradoxale; elles avaient moins de nouvelles de Pippa depuis qu'elles passaient leurs journées à deux pas de son lieu de travail qu'à l'époque où la quasi-totalité du Queens les séparait. Ce n'était pas sa faute, pourtant; commencer un nouveau boulot – en particulier si différent de ses aspirations initiales – était sûrement épuisant. Et quand bien même elle se serait montrée plus disponible, ses sœurs n'auraient pas eu beaucoup de temps à lui consacrer. Em s'épuisait à la tâche, et même Sarah ne comptait plus ses heures. Du reste, elle avait postposé certains rendez-vous essentiels pour l'obtention de sa bourse universitaire afin de pouvoir seconder Em au mieux. Sans rien lui en dire, naturellement. Sa grande sœur aurait très mal pris le fait que Sarah fasse passer ce qui n'était censé être qu'un job d'étudiante avant ses études. Pourtant, la plus jeune estimait qu'aider son aînée était un devoir autant qu'un privilège. Elle n'était peut-être pas aussi forcenée que Pippa, qui veillait sur Em comme une dragonne sur ses œufs. Mais après les nombreux sacrifices consentis par cette dernière, Sarah était prête à faire tout ce qui était en son pouvoir pour l'aider à réaliser son rêve. Même si cela revenait à mettre les siens entre parenthèses pour quelques temps…

- Vous voulez dire que Pippa s'est fait une petite copine de cellule ? railla-t-elle. C'est trop mignon, dites-moi…

Stark la jaugea un instant du regard, avant de se retourner vers Em en haussant un sourcil.

- Vous lui donnez quoi à manger pour la mettre dans cet état ?

- Des scones aux myrtilles, répondit vivement Sarah, grillant la politesse à sa sœur. Mais ne vous inquiétez pas, vous êtes tellement odieux au naturel que cela ne devrait pas avoir une grande incidence sur vous. Au pire, les gens ne verront pas la différence, au mieux ils auront l'impression que votre comportement s'est amélioré de manière substantielle.

- Vous en avez fini, ou il vaut mieux que je revienne plus tard ? intervint alors une nouvelle voix, masculine et teintée d'un soupçon d'amusement.

Sarah, qui était occupée à fusiller Stark du regard, se tourna vers le nouveau venu. Vêtu de bleu marine de la tête aux pieds, celui-ci était de taille moyenne, avec des cheveux châtains hérissés, des traits réguliers malgré son nez un peu rond, et des biceps particulièrement saillants. A première vue, il semblait plutôt réservé et relativement inoffensif, mais Sarah savait qu'il était capable de tuer une personne à deux cent mètres d'une flèche en plein cœur et qu'il pouvait se rendre quasiment invisible lorsqu'il le souhaitait. Hawkeye n'était en aucun cas un homme à prendre à la légère.

- Barton, sur le plancher des vaches. C'est Noël, ma parole ! s'exclama Stark.

Sarah et ses sœurs avaient été conditionnées à craindre Clinton Francis Barton, pour des raisons légitimes. Cependant, la voix railleuse de Stark éveilla chez elle un instinct protecteur insoupçonné.

- Bien le bonjour, Monsieur Barton. Puis-je vous offrir un chocolat chaud ? Les ennemis de Stark sont mes amis, assura-t-elle de son ton le plus sucré.

Em la dévisagea comme si elle venait de perdre la tête, tandis que Stark étrécissait les yeux.

- J'apprécie le geste, répondit l'archer d'un ton neutre, même si je m'interroge sur les conséquences qu'il pourrait entraîner pour moi. Je sais déjà à quel point Stark peut être teigneux et rancunier. D'un autre côté, si j'en crois certaines rumeurs, vous n'êtes pas mal non plus dans le genre…

Prise au dépourvu, Sarah baissa les yeux, pour éviter de se trahir.

- Quelles rumeurs ? demanda Stark d'un ton suspicieux, au moment où Em soupirait avec lassitude :

- Sarah !

- Qu'est-ce qui vous fait croire que je suis à l'origine des rumeurs en question ?

- Parce que j'ai entendu un type dans la cafétéria du troisième affirmer qu'une fille au cheveux colorés faisait courir certains bruits désobligeants sur Stark. Quoique le terme exact qu'il a utilisé était "gratiné", ajouta-t-il, le visage aussi immobile que celui d'une statue, et le timbre de sa voix si neutre qu'on aurait dit celui d'un automate.

- Quel genre de bruits ? insista l'intéressé. Et qu'est-ce que tu foutais dans la cafétéria du troisième ?

L'archer haussa les épaules, apparemment peu enclin à développer. Sarah en profita pour lui préparer un chocolat chaud. Il en avala une gorgée, leva les yeux vers elle, prit une nouvelle gorgée, et releva un coin de sa bouche dans ce qui pouvait être un tic, une grimace ou un sourire.

- Ça vous plaît ? demanda la jeune fille, plus anxieuse qu'elle ne l'aurait souhaité.

- Délicieux, répondit-il, toujours aussi rigoureusement inexpressif.

Pas étonnant qu'une grande majorité des Agents du SHIELD en soient venus à considérer Hawkeye comme un robot dépourvu de sentiments ! Même si le fait qu'il ait décidé d'épargner Black Widow en lui laissant une chance de s'amender tendait à prouver qu'il n'était peut-être pas aussi imperméable aux émotions qu'on aurait pu le croire. Encore qu'il s'était peut-être laissé guider par d'autres motifs. Sarah se considérait avant tout comme pragmatique, peu encline à s'émouvoir, à la notable exception de ses sœurs. Il n'empêchait que Black Widow, toute dangereuse qu'elle fût, était si sublime qu'elle se serait peut-être laissée tenter de l'épargner, elle aussi. Surtout si cela lui avait permis d'obtenir ses faveurs, ce qui avait manifestement été le cas pour Hawkeye…

- Ravie que ça vous plaise, répondit-elle sur le même ton.

Le regard d'Hawkeye croisa celui de Sarah, qui aurait pu jurer y voir une étincelle d'amusement avant qu'il ne revienne à sa neutralité coutumière. La jeune fille n'était pas étrangère au fait de masquer ses émotions; sa sœur aînée était passée maîtresse dans l'art de garder pour elle ce qu'elle ressentait, quoiqu'elle se cachât derrière un doux sourire plutôt qu'une expression froide et détachée. Il n'empêchait que l'attitude d'Hawkeye déconcertait Sarah. Celle-ci en venait même à se demander si elle ne préférait pas les fanfaronnades de Stark, tout compte fait. L'homme était grossier, désagréable, imbu de sa personne, mais au moins, il s'affichait tel qu'il était, avec une insupportable arrogance du reste. Clinton Francis Barton représentait quant à lui une énigme. Or la jeune fille n'avait jamais été capable de laisser un mystère lui filer sous le nez sans au moins tenter de le résoudre. Ce qui pourrait s'avérer problématique, compte tenu de ses antécédents familiaux. Son père était mort, paix à son âme, mais sa garce de mère était bien vivante, ce qui constituait un risque en soi, et pas que d'un point de vue émotionnel...

- Vous voulez qu'on vous laisse en tête à tête, peut-être ? susurra Stark.

- Si cela peut vous faire déguerpir plus vite, avec plaisir, rétorqua Sarah du tac au tac.

Hawkeye haussa un sourcil. La jeune fille réalisa que sa réaction pouvait prêter à confusion, et quêta du regard le soutien d'Em, laquelle était occupée à se masser les tempes, paupières closes. Sarah sentit ses joues se colorer d'embarras. Outre le fait qu'elle n'était pas certaine à cent pour cent qu'Hawkeye ne soit pas un cyborg habilement déguisé grâce à un amas de chair synthétique, elle préférait les filles. Mais cela ne concernait Stark en rien. Et puis Sarah avait horreur d'avoir à se justifier. Croisant les bras, elle le toisa d'un air méprisant.

- Je vois... commenta Stark avec un sourire amusé. Eh bien, mon ange, soyez sûre que je reviendrai demain à la même heure avec une proposition que vous ne pourrez pas refuser. Et je compte sur vous pour me fournir un maximum de détails sur... ceci.

Il engloba Sarah et Hawkeye d'un geste de la main qui passa complètement inaperçu d'Em. Celle-ci avait en effet toujours les paupières closes, et prenait de profondes et régulières inspirations.

- Fille aux cheveux verts, salua le milliardaire avec un petit signe de tête. Barton, je suppose que je te vois plus tard ?

Sans prendre la peine d'écouter la réponse, il s'éloigna, mains dans les poches.

- Comment vous faites pour le supporter au quotidien ? demanda Sarah, avec une curiosité authentique.

- J'ai tendance à me planquer en hauteur, répondit Hawkeye. Suffisamment pour ne pas avoir à entendre ce qu'il dit. Une chance que mon ouïe soit légèrement déficiente, depuis quelques temps…

Sarah fronça les sourcils. Elle aimait à considérer son cerveau d'une manière similaire au processeur d'Igor. Sa propre mémoire était constituée d'interminables séries de 1 et de 0, soigneusement étiquetées, classées et stockées dans des compartiments bien organisés. Elle rangea l'information sur l'ouïe d'Hawkeye dans le tiroir marqué "à examiner plus tard", avant de se tourner vers l'autre information, autrement plus intéressante dans l'immédiat. Il lui fallut environ une seconde et demie pour adresser à sa grande sœur un regard plein d'espoir.

- Ça te dirait d'ouvrir la première pâtisserie aérienne ?