The « last songfic » Contest
Titre de votre OS : Amame, te amo.
Chanson choisie: Amame de Juanes
Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à , la chanson à Juanes, seule l'histoire est créée par mes soins. Venez aussi découvrir le Forum Damn-Addict-Lemon à ce lien : damn-addict-lemon . forumgratuit . fr/ (enlever les espaces) sur lequel se feront les votes !
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J'aurai dû me sentir coupable, je savais que j'aurai dû. Je l'avais quitté il y avait un peu moins de trois mois, sans lui laisser la moindre chance. J'avais préféré fuir, le fuir et fuir cette ville. New-York n'avait plus rien à m'apporter si ce n'était un peu plus de déception. J'étais partie avec des regrets mais sans remord.
Depuis trois mois j'avais retrouvé avec soulagement ma région natale. Forks était de loin la ville la plus calme que je connaissais. Et niveau mec, je ne risquais pas grand-chose. Je connaissais déjà ceux de mon âge, ayant passé toute ma scolarité avec eux. Les plus jeunes ne m'intéressaient pas, pas plus que les plus vieux.
Lui m'avait attiré dès le premier regard. Nous nous étions croisé la première fois dans un amphi de Columbia et ses yeux clairs m'avaient subjuguée, envoûtée comme jamais. Je ne l'avais pas revu avant la soirée d'halloween. La première soirée à laquelle j'assistais en tant qu'étudiante. Mes amies de dortoir m'y avaient amenée, pratiquement de force. Une fois entrée, une fois que je l'avais revu, je ne souhaitais plus m'en aller. Et durant quatre longues années nous ne nous étions pas quittés. Nous avions tout fait ensemble, vécu toutes les expériences de la fac, emménagé ensemble dès ma seconde année. Et nous nous étions aimés. Passionnément.
Pourtant Il m'avait menti. Menti comme jamais on ne m'avait menti. Je savais qu'Il était un peu plus âgé que moi puisque c'était l'un des professeurs de mon université, Il enseignait en médecine alors que j'étais en architecture. Mais j'ignorais qu'Il était marié. Marié ! Et heureux en ménage, apparemment.
Il avait osé vivre avec moi pendant tout ce temps. Il m'avait laissé croire à un possible « nous ». Lorsque j'avais découvert la supercherie, par hasard, j'avais immédiatement appelé ma meilleure amie. Je lui déjà avais parlé de ses absences régulières, soit-disant pour des séminaires et de tous ces week-end ou vacances avortés. Je lui avais déjà dis combien Il me manquait parfois et comment Il me comblait la plupart du temps, me faisant oublier ses défauts. Cet après-midi là, je lui avais raconté comment je l'avais vu sortir d'un restaurant en compagnie d'une autre et d'un enfant. Comment je les avais vu heureux ensemble et comment je l'avais vu, Lui, porter un anneau. Comment j'avais croisé une dernière fois son regard avant que son sourire ne se fige et que mes larmes ne s'échappent. Comment j'étais rentrée chez « nous » paralysée par la douleur. Elle m'avait proposé de revenir vivre à Forks, de m'installer avec elle. Le soir même j'étais dans un avion en direction du Washington. Un voyage en aller simple. Dieu et Rose étaient les seuls à connaître ma douleur.
Et voilà qu'après de longues semaines pour me remettre, Il avait le culot de me contacter par mail :
No puedo estar un día más
Je ne peux pas être un jour de plus
Con esta duda de saber si volverás
Avec ce doute de savoir si tu reviendras
Perdóname sé que mentí
Pardonne moi je sais que j'ai menti
Yo soy humano y sólo quiero que me des
Je suis humain et je veux seulement que tu me donnes
Una última oportunidad
Une dernière chance
Para así poderte demostrar
Pour ainsi pouvoir te démontrer
Que me vuelvo loco por tí
Que je deviens fou de toi
Que sin tí no puedo vivir
Que sans toi je ne peux pas vivre
Que mi vida es como un desierto cuando no estás
Que ma vie est comme un désert quand tu n'es pas là
Je m'étais réfugiée sur la falaise, comme à chaque coup dur. Respirant l'air froid de ce mois de novembre. Laissant le vent balayer mes cheveux, que j'avais coupé courts lorsque j'étais arrivée. Il y a trois mois, je voulais changer de vie, changer de peau, changer de moi, me changer moi. La coiffure m'avait parue la plus rapide à modifier. J'avais aussi beaucoup maigri en m'empêchant de manger, mais Rose ne voulait pas me voir mourir alors elle me surveillait de très près et me maternait un peu trop à mon goût. Mon visage portait à présent les marques du manque de sommeil. Les cauchemars rythmaient les nuits où la fatigue me rattrapait. Les autres nuit, je m'occupais suffisamment pour éviter les images douloureuses que me renvoyaient mon inconscient.
Là, après ce mail, je devais me ressourcer dans la nature. Etre seule et posée pour réfléchir. Réfléchir à Lui et à ses manigances. Je ne comprenais pas pourquoi Il revenait vers moi après ces mois de silence. Mais les larmes m'empêchaient de profiter pleinement du paysage. Les remous de l'océan me calmaient et m'attiraient en même temps. Il aurait été tellement plus simple de m'abandonner, de l'abandonner complètement, définitivement.
Rose m'avait appelée dès qu'elle était rentrée dans notre appartement. J'avais dû laisser l'ordinateur allumé et le mail devait être resté affiché. Elle l'avait lu et s'était tout de suite inquiétée. Je la comprenais, Il avait poussé le vice jusqu'à me demander de lui revenir, cherchant à me faire culpabiliser. Elle avait lu à voix haute la seconde partie du message, de son message, me poignardant inconsciemment un peu plus :
Que no puedo aguantar más
Que je ne peux pas supporter plus
Esta soledad que me va a matar
Cette solitude qui va me tuer
Por eso te digo
C'est pourquoi je te dis
Ámame
Aime moi
Y no me dejes tan solo en el olvido
Et ne me laisse pas si seul dans l'oubli
Es todo lo que yo te pido
C'est tout ce que je te demande
Te digo ámame
Je te dis aime moi
Hasta la muerte ámame
Jusqu'à la mort aime moi
Porque sin tí mi corazón
Parce que sans toi mon cœur
Es un abismo tan profundo como el mar
Est un abîme si profond comme la mer
Y un segundo es una eternidad
Et une seconde est une éternité
Como para no estar junto a tí.
Du fait de ne pas être près de toi.
Il avait parfaitement conscience de me faire du mal en reprenant contact avec moi et surtout en le faisant en espagnol. Il connaissait parfaitement le pouvoir que les sonorités de cette langue avaient sur moi. Et je ne l'imaginais que trop bien me réciter son texte, en roulant les lettres. En prenant l'accent qui me faisait tant frissonner. Des images de nous en train de faire l'amour, alors qu'Il me parlait en espagnol me revinrent par saccades. M'assaillant d'émotions que j'aurais aimé oublier, que j'aurais préféré n'avoir jamais ressenties.
Rose voulait me rejoindre, voulait savoir où j'étais et comment je me sentais. Mais je ne lui en avais pas laissé l'occasion. Après avoir entendu le reste du texte, j'avais raccroché. J'étais comme branchée sur le mode automatique. Et mon regard se perdait dans l'océan. Je pris une longue inspiration, me relevais et décidais de ne plus espérer en vain. En fait, son pari était réussi, je me sentais coupable. Alors que ma raison me hurlait qu'Il était le seul responsable, mon cœur me susurrait une autre chanson. Une chanson que l'océan reprenait en m'appelant inexorablement à lui. Il avait gagné, je l'aimais jusqu'au bout.
Je lâchais son prénom dans un soupir « James ».
