Bonsoir à tous !

Vendredi soir, à l'heure, je suis en week-end (enfin), les vacances arrivent (mais se laissent désirer)... C'est une bonne soirée qui commence, peut-être vais-je arriver à me motiver pour finir cette fichue histoire ?

Parce que non, je n'ai pas avancé, parce qu'il est arrivé quelque chose qui ne m'arrive jamais : j'ai été malade dimanche. LE jour où je pouvais travailler.

Loose.

Bref, My Life, motivation !


Quelques petites réponses :

Mia Hurt : Une vengeance à la Harold... Ma foi pourquoi pas ? Nous allons voir si ce que tu dis est vrai dans les chapitres qui viennent ! ^^

Rimen 14 : Alors toi tu sais poser les questions qui me forcent à réfléchir après 8h de TP x)

Bien : J'ai toujours eu à peu près en tête qu'Astrid était restée un mois, un mois et demi sur l'île d'Alvin. Depuis, il s'est passé presque 5 mois, le temps que l'hiver glacial (la mer gelée) se termine. C'est aussi la raison qui m'a poussée à allonger les chapitres, je ne voulais pas que ça paraissent trop rapide sur un temps qui est quand même assez long. C'est vrai que ça apparaît assez mal, mais les premiers chapitres sont sur des temps beaucoup plus longs que les derniers. En fait, plus on avance, plus le temps qui s'écoule entre les chapitres est court... Je ne m'étais jamais fait la réflexion mais ça doit être ça pour une bonne partie des chapitres.


Et on remercie tous très fort Naemos qui trouve toujours le courage de corriger les torchons qui lui parviennent ! :p


Nous y voilà ! Le chapitre 10 ! Le tournant de cette fiction !

Le début de la fin ! (qui ne saurait tarder... plus que 4 chapitres environ ;))

J'espère comme d'habitude qu'il vous plaira.

Enjoy !


Beurk la Honteuse

Chapitre 10

Harold se retint de jurer – pour changer de son vocabulaire de la soirée – lorsque la porte s'ouvrit dans un fracas tandis qu'il la frappait du pied.

Mais sérieusement, là tout de suite, c'était le cadet de ses soucis.

Une grimace fixée sur son visage, son bras droit enserrant le gauche comme si sa vie en dépendait, il buta sur la table qui trônait au milieu la pièce principale de sa demeure.

« Merde ! » Grinça-t-il.

Il se précipita comme il put vers la cheminée dont les braises brillaient encore et la gratifia d'une autre bûche sans ménagement, simplement balancée par son seul bras valide.

Soirée de merde.

Ignorant la douleur du sang qui s'échappait abondamment de sa blessure, le jeune homme attrapa à la volée la cruche solitaire dans le coin de la pièce pour venir verser l'eau dans la marmite qu'il traîna jusqu'à la cheminée en serrant les dents.

Soirée… de merde !

Encore un petit effort.

Harold vint presque s'écrouler sur le placard de l'autre côté de la pièce. Il ouvrit les tiroirs du haut sans succès et les referma rageusement avant d'attaquer ceux du bas pour enfin découvrir les bandes de tissus neuves tant convoités.

Il referma le tiroir d'un bon coup de pied.

Il ramena la lourde chaise – mais pourquoi fallait-il que tout soit en bois massif ? – après de la cheminée avant de tout bonnement d'écrouler sur celle-ci, les bandages sur la table.

Après toutes ses éprouvantes péripéties, Harold s'accorda un soupir de douleur.

Ça piquait. Beaucoup.

D'une main hésitante, Harold déplaça un peu les bandes de tissus déjà en place tout le long de ses bras. Le forgeron serra les dents lorsque la plaie apparue à l'air libre mais soupira de soulagement lorsqu'il constata que ce n'était pas aussi profond qu'il ne le redoutait.

Mais il allait devoir faire bonne figure pendant quelques jours en supportant la douleur. Et en silence si possible.

Un sifflement rauque lui échappa lorsque les bandes ensanglantées tombèrent au sol.

Ouais. En silence. Il était mal. Très mal.

Harold retint brusquement sa respiration et releva la tête, les yeux plissés.

Un bruit. Un bruissement dehors.

Dans un silence assourdissant, le jeune homme se redressa de sa chaise, la douleur pour l'instant évanouie par les battements de son cœur qui battait à tout rompre dans sa poitrine.

« Qui est là ? »

Sa voix était descendue d'une octave et il aurait presque pu sentir la présence se ratatiner à son entente.

« C'est… C'est moi… »

La tension accumulée ces dernières secondes disparue aussi vite qu'elle était apparue et les épaules du forgeron s'affaissèrent d'un coup.

« Gustave ?! »

Malgré la réelle menace dans son nom, le jeune garçon passa la tête par l'ouverture de la fenêtre et secoua doucement la main.

« Salut… Harold…

- Gustave, tenta de se retenir son aîné. Je peux savoir ce que tu fiches ici ?

- … Euh… Une envie de passer de voir ?

- A cette heure ?!

- …J'arrivais pas à dormir. »

Le garçon semblait être sur le point de se liquéfier sur place, terrorisé par la colère évidente du Banni de Beurk. Mais Harold entama un soupir à fendre l'âme avant de s'écrouler à nouveau – lui arrachant au passage une grimace à inscrire dans les annales – et de regarder le petit brun du coin de l'œil.

« Retourne chez toi Gustave.

- T'es sûr que tu n'as pas besoin d'aide… ?

- Sûr, vas-t-en. »

Harold revint sur sa blessure et l'inspecta un moment, ignorant royalement le jeune brun à sa fenêtre. Ce dernier se contenta de regarder le forgeron.

Il n'était pas normal. Tout ce qui attrayait à Harold était dans le domaine de « l'anormal » mais là, ça l'était plus encore.

Le jeune homme était torse nu. Envolée la chemise trop grande pour lui, il faisait face au froid mordant de la nuit de printemps sans rien, hormis ces bandes de tissus qui s'enroulaient sur tout le long de ses bras.

Les tatouages étaient la seule explication que Gustave pouvait donner.

Il avait froid. C'était évident. Mais la fraicheur extérieur n'expliquait pas à elle seule le tremblement constant qui parcourait Harold.

Ni ses cheveux mouillés.

D'un œil mauvais, le Banni vit le brun qu'il avait reconduis chez lui rentrer par la porte d'entrée et s'avancer prudemment vers lui, comme s'il avait peur. Peur de l'effrayer.

« Pourquoi t'es mouillé ? »

Ce gamin allait passer par la fenêtre. Vraiment. Qu'importe l'étage inexistant et les non-blessures qui s'en suivraient, la stature du gamin collait et l'image avait le mérite de le calmer un tant soit peu.

« Occupe-toi de tes affaires.

- Je suis un grand garçon, je peux encore décider de ce que sont mes affaires et je déclare que ton bras pissant le sang à quatre heures du matin est ma priorité du moment ! »

Harold écarquilla les yeux et fixa le brun qui je regardais sévèrement.

Par les dieux, qui avait remplacé Gustave ?

Le forgeron papillonna des yeux de longues secondes avant qu'un petit rire jaune ne s'échappe de ses lèvres et qu'il baisse la tête.

« Tu passes trop de temps avec moi. Je t'ai refilé ma grande gueule.

- Tant que ce n'est pas ton humeur quotidienne. »

Fichtre. Il apprenait vite le gamin.

Dépassé, Harold abandonna son bras au dît gamin qui contempla silencieusement la blessure.

La plaie était profonde sans être vraiment dangereuse, elle n'avait rien touché d'important.

D'accord il n'y connaissait pas grand-chose mais si on ne voyait pas de blanc, à Beurk on ne s'inquiétait pas trop.

Le plus inquiétant était le sang qui coulait abondamment et la pâleur visible sur le visage d'Harold. Il voyait les marques d'une corde serrée sur le haut du bras, signe que la plaie avait déjà de longues minutes à son actif et qu'Harold avait déjà dû se résoudre à enlever le garrot.

Depuis combien de temps supportait-il la douleur ainsi ?

Et il y avait autre chose.

Une odeur. Une odeur qui flottait autour d'Harold. Quelque chose que Gustave n'arrivait pas à décrire. Une odeur mêlée à celle de la mer.

Harold avait plongé dans la mer.

Mais qu'est-ce qu'il faisait dehors bon sang ?

« Il va falloir nettoyer et suturer je pense. Mais l'avis de Gothi sera sans doute- !

- Laisse Gothi en dehors de tout ça.

- Mais elle est sans doute la mieux placée pour ce genre de chose !

- Gustave. »

Le brun sursauta et regarda Harold dans les yeux. Ces yeux si semblables à ceux du Chef.

« J'ai eu bien pire au cours de ces cinq dernières années. Et c'était un gamin de ton âge qui me recousait le soir. Donc si je dis que tu peux le faire, c'est que tu vas le faire. Sans l'aide de Gothi.

- … Et t'aurais fait comment sans moi ?

- Comment je le fais sans lui. Seul. »

Gustave retint de justesse un soupir. Il comprenait maintenant la difficulté d'Astrid et les rumeurs qui couraient au sujet du jeune homme. D'après le village, il y avait une très nette différence de comportement entre Harold avec la jeune femme et sans.

Gustave constata aujourd'hui que la nuit tombée, Harold redevenait aussi insupportable que les rumeurs le prétendaient.

Le brun attrapa les bandes neuves sur la table et en plongea une partie sans ménagement dans l'eau.

« Il y a du fer ici ?

- … La cruche. L'armature du seau. Je suis pas très fourni.

- Je vois ça… »

Gustave embarqua les deux récipients qu'il déposa dehors.

A défaut de glace ou de neige, le métal froid était l'un des rares remèdes contre la douleur et les bleus trop importants. Peu efficace mais ça avait le mérite d'exister. Enfin, le jeune Viking se posta près du bras dont le sang accumulé empêchait toute opération sur le moment et entreprit de nettoyer doucement la plaie avec les bandes.

« Pourquoi t'as fait bouillir l'eau ? Demanda-t-il.

- Parce que j'ai froid. » Fut la réponse d'Harold.

Ce dernier se retint de hurler de douleur lorsque le tissu ripa sur la blessure. Gustave vit Harold serrer les dents et les poings et baisser lentement la tête dans un gémissement rauque.

« … Désolé… Murmura-t-il.

- Toi j'te retiens…

- … Désolé… »

Harold souffla un bon coup et releva la tête, étrangement rouge maintenant pour fermer les yeux.

« Fais ça rapidement.

- Je vais essayer… Et je fais comment pour suturer ?

- J'ai le nécessaire dans le placard. Tiroir du bas. »

Gustave ne chercha même pas à savoir comment les aiguilles et fils de Gothi étaient arrivés jusqu'ici.

Le jeune brun se mit à la tache, tentant d'oublier les gémissements étouffés d'un Harold peu en forme et désireux d'en finir au plus vite.

Avec Titus, les sutures se faisaient avec la cruche de vinus à côté. Beaucoup moins douloureux. Et avec un petit peu de chance il ne s'en souvenait plus à son réveil. Bénéfice total.

Là, ça piquait fort.

« Alors ? Fit Gustave. Comment tu t'es fait ça ? »

Si la prise de parole tentait de faire oublier ses malheurs à Harold, ce fut réussi. Le regard noir qu'il lança à son guérisseur devait sans doute lui monopoliser toute sa concentration.

« Occupe-toi de tes affaires Gustave.

- Il faut que je me répète ?

- Par pitié non, j'ai encore sur la conscience d'avoir fait faire une tirade à un Viking.

- Il paraît que Rustik aussi t'a fait un joli monologue.

- Et le village ne s'en est toujours pas remis alors évite de faire de l'esprit, tes parents vont m'en vouloir.

- On parle souvent de toi à la maison. »

Sa dernière phrase eut le mérite de faire taire le Banni qui serra les dents – l'aiguille était allée un peu trop profondément pour lui – et tourna la tête.

Être le sujet de conversation du soir n'était pas un problème en soi, mais l'entendre à haute voix était déjà plus gênant. Il n'avait pas envie de savoir.

« Je crois que mes parents parlent de toi depuis ton arrivée. »

Mais apparemment le brun était loin de se douter des états d'âme d'Harold.

« Lorsque tu es arrivé, mes parents nous ont défendus d'aller te parler. Ils disaient que tu allais nous attirer le mauvais œil d'Odin. »

Harold ne répondit pas. Il n'avait pas envie de l'entendre.

Et pourtant, une curiosité malsaine venait de le prendre aux trippes.

« Je leur ai obéi. Parce Rustik me disait aussi de ne pas t'approcher. Donc je l'ai fait. Et puis il est revenu en me disant qu'il allait me présenter à toi. J'ai suivi comme un idiot. Et je t'ai rencontré. »

Il s'en souvenait. Le petit brun qu'Harold voyait le regarder au loin s'était retrouvé pétrifié aux côtés d'un Rustik tout sourire de présenter son petit protégé.

Il le fut moins lorsqu'après quelques minutes, Gustave n'avait plus d'yeux que pour Harold.

« C'est étrange… Murmura-t-il. Comment on peut avoir peur d'une personne simplement parce qu'on te dit d'en avoir peur ?

- … Parce que les gens ont peur qu'on leur prouve qu'ils ont tort. »

Le Larson leva les yeux de son travail pour observer Harold en silence.

« Sur quoi ils ont tort exactement ? »

Comme il s'y attendait, le jeune homme ne répondit pas.

Lentement, le Viking plongea une dernière fois l'aiguille dans la chair du Banni. Il vit l'épiderme et le muscle frissonner avant de se détendre lorsque le fil eut fini de les traverser et l'auburn laissa échapper un soupir de soulagement. Gustave lui, vit avec une toute nouvelle fascination les deux arabesques noires de ses tatouages ne redevenir qu'une. Et il suivit la forme jusqu'en haut de l'épaule, pour redescendre suivre l'avant bras et enfin revenir lentement sur le haut de son bras.

Harold le regarda en silence se plonger dans la contemplation de ses marques indélébiles qui masquaient une grande partie de ses cicatrices. Gustave semblait presque en transe.

Et avec horreur, le Banni le vit s'arrêter sur son épaule.

Puis tourner la tête avec une lenteur effrayante, ses yeux suivant le parcours des courbes entrelacées.

Non. Pas maintenant.

Surtout pas maintenant.

« Gustave ! »

Ce dernier sursauta à l'entente de l'appel cinglant d'Harold. Il s'était redresser et était maintenant figé devant le jeune homme, pris comme un gamin en faute.

« Merci. Retourne chez-toi maintenant. »

Il bénit le ciel que Gustave obéisse sans poser de question sur la voix blanche qu'il venait de prendre. Il n'aurait pas su l'expliquer.

Harold réussit à se reprendre seulement lorsque le gamin entrouvrit la porte.

« Gustave ? »

Le brun s'arrêta et le regarda avec timidité.

« N'en parle à personne.

- … Promis. Le fer est dehors. Faut mettre du froid sur la plaie. »

Quand Gustave sortit enfin, Harold permit à son corps de se détendre complètement et soupira de tout son saoul.

La plus longue soirée depuis son arrivée. Et ce n'était pas près de s'arrêter là.

Parce qu'il s'approchait.

Et Harold devait protéger le village.

Coûte que coûte.

oOo

Trois jours.

Trois jours qu'Harold souffrait et qu'il ne pouvait rien dire.

Trois jours que Gustave voyait Harold porter des charges plus lourdes que lui à la forge et qu'il ne pouvait rien dire.

Et trois jours où il voyait l'attitude d'Harold frôler l'hystérie sans que personne ne s'en aperçoive.

Depuis cette nuit où le Larson surprit le forgeron blessé, et même si personne ne semblait vraiment le voir, l'auburn n'allait pas bien. Et sa blessure n'était en rien responsable. Harold n'avait pas si mal.

Mais Gustave le vit à plusieurs reprises regarder la mer, le regard sévère. Tapoter sur la table en marmonnant à lui-même lorsqu'il pensait que personne ne le regardait. Avaler d'une traite son repas le soir avant de disparaître les dieux seuls savent où. Les Beurkiens pensaient qu'il rentrait sagement chez lui. Mais Gustave lui, savait qu'il n'en était rien.

Sauf qu'il ne savait pas du tout ce qu'il se passait.

Le jeune garçon soupira.

Il ne pouvait plus le garder pour lui. Pas pour le village, pas pour lui.

Pour Harold.

Il se passait quelque chose qu'Harold pensait devoir affronter seul. Mais il ne pouvait pas. Pas dans cet état. Pas avec son bras fort qui le faisait grimacer à chaque fois qu'il levait un marteau.

Et Gustave savait pertinemment qu'il ne pouvait pas protéger Harold. Mais quelqu'un d'autre pouvait le faire.

L'adolescent bondit sur ses pieds lorsqu'il vit Astrid traverser le brouillard qui s'était établi ce matin – la pire purée de pois qu'il n'ait jamais vu d'ailleurs – et se précipita sur elle.

« Astrid ! Il faut que je te parle… »

La blonde sursauta quand Gustave lui sauta presque dessus à travers le brouillard et soupira lorsqu'elle le reconnut.

« Tu m'as surprise, je ne t'ai pas vu avec ce temps…

- Oui, désolé… Je… Je voulais te parler de quelque chose…

- Qu'est-ce que c'est ? »

La guerrière reposa le manche de la hache qu'elle avait en main par habitude sur le sol et toisa le brun qui se pinça les lèvres et détourna les yeux.

Il semblait nerveux et maladroit. Il dansait sur un pied puis l'autre, comme s'il ne savait pas vraiment ce qu'il devait dire.

Astrid eut presque pitié de lui.

« Gustave ? J'ai… pas mal de chose à faire aujourd'hui alors si tu pouvais accélérer le mouvement…

- C'est au sujet d'Harold. »

Cette fois, Astrid fut tout à son écoute et se baissa un peu pour arriver à sa hauteur.

« Harold ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

- En fait… Je ne sais pas trop mais… Hésita-t-il avant de prendre une grande inspiration. Il se passe quelque chose. Mais je ne sais pas quoi. »

La jeune femme serra les dents.

Elle n'était pas aveugle. Elle avait bien vu le comportement de l'auburn ces derniers jours et si cela l'inquiétait, elle n'avait pu se résoudre à lui demander. Il ne lui aurait rien répondu de toute façon.

Harold lui avait demandé de lui faire confiance. Et elle avait confiance.

Mais elle voyait les choses arriver de plein fouet et elle n'avait pas la moindre idée de ce qui se tramait.

Elle soupira.

« Gustave… Je sais, il est étrange ces derniers jours mais…

- Ce n'est pas ça ! La coupa-t-il. Je… Je me doute que tu sais qu'il arrive quelque chose et tel qu'il est, tu ne dois pas savoir non plus sauf que… Il faut que je te prévienne de quelque chose d'autre.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Harold… Il est blessé. »

Astrid fronça les sourcils. La Viking papillonna un instant des yeux avant de s'avancer encore un peu vers son cadet.

« Comment ça… blessé ?

- Au bras. Une entaille. Profonde…

- Comment il s'est fait ça ?

- J'en ai pas la moindre idée…

- Mais comment es-tu au courant de ça ? » Demanda-t-elle suspicieuse.

Gustave déglutit. Il savait qu'il allait devoir y passer, mais ce n'était pas pour autant qu'il avait envie d'en parler.

« C'est… moi qui l'ai suturé ?

- … Explication. »

Gustave déglutit à nouveau.

« J'ai… Un jour… où je dormais mal. J'ai regardé dehors et j'ai vu Harold. Il sortait de la forêt et se tenait le bras. Je… l'ai suivi. Et j'ai constaté les dégâts.

- … Et il t'a laissé le soigner.

- Je ne lui ai pas forcément demandé son avis.

- Je vois… D'accord… »

Astrid se redressa et se passa une main sur le visage.

Du pur Harold. Du pur de pur Harold.

Il n'allait pas en manquer une.

« Astrid… »

La jeune femme rouvrit les yeux sur le jeune garçon qui leva un regard plein d'espoir vers elle.

« Tu sais comme moi qu'il arrive quelque chose. Mais Harold… Je ne sais pas s'il est en état de pouvoir faire face. Je ne suis pas sûr du tout… »

La demande était implicite.

Il lui demandait de protéger Harold si jamais il arrivait quoi que ce soit.

Il la prévenait que le forgeron ne pourrait pas forcément se défendre. Quoi qu'il arrivait sur eux.

Astrid se baissa à nouveau et plaça une main rassurante sur le Viking en devenir qui se dressait devant elle. Un Viking. Et pourtant si proche d'Harold.

Parce qu'Harold n'était pas un Viking. Il était bien plus.

Mais elle ne savait pas encore quoi.

« Merci Gustave. De m'avoir prévenue et de t'être occupé de lui. Merci beaucoup. »

Le brun rougit un instant avant de baisser les yeux en hochant doucement la tête. Puis il s'échappa de sa poigne et courut à travers le brouillard. En quelques minutes, ce dernier avait déjà perdu beaucoup de son épaisseur et Astrid leva les yeux vers un ciel opaque et gris qui s'étalait sur toute l'île.

Harold. Comme d'habitude, il ne lui avait rien dit. Il souffrait en silence. Comme d'habitude.

Mais qu'est-ce qui le poussait ainsi à se détruire de la sorte ? Pourquoi se murait-il dans le silence ?

Il ne pouvait pas protéger uniquement Beurk. C'était impossible.

Alors qu'est-ce qu'il protégeait ?

Toutes ces pensées qui l'asservissaient disparurent en un instant. En poussière.

Parce qu'elle vit quelque chose à cet instant.

Astrid se redressa plus qu'elle ne le faisait déjà et plissa les yeux pour regarder à travers l'opaque couverture grise qui enveloppait entièrement Beurk. Elle resta ainsi quelques secondes mais rien ne vient.

Elle avait rêvé ?

Puis elle les vit à nouveau.

Et encore d'autres.

Elle ne les avait pas vues pendant ce qui lui avait semblé être des siècles mais elle n'avait pas pu les oublier.

Ce qu'elle voyait à travers le brouillard, étaient des ailes.

Astrid hurlait déjà avant même d'y penser.

« DES DRAGONS ! »

oOo

Stoick la Brute était dans le Grand Hall lorsque les cris lui parvinrent. Il bondit de sa chaise et en un instant, il ouvrit dans un fracas les immenses portes du Grand Hall avant de s'y plaquer pour laisser passer les villageois qui venaient s'y réfugier en hurlant. Il leva les yeux vers le ciel.

Et il les vit.

Les dragons.

Et les colonnes de flammes qu'ils lançaient sur son village.

Sans plus attendre, Stoick courut vers le village tout en criant à son peuple d'aller se réfugier dans le Grand Hall. Il entra en trombe dans l'atelier vide de son ami et manqua de jurer devant l'absence du maître des lieux ou de son fils.

Mais où étaient-ils bon sang ?!

Stoick attrapa à la volée une hache et courut vers le centre du village, le regard fixé vers le ciel.

Les dragons attaquaient rarement le jour. Sans doute avaient-ils voulu profiter du manque évident de visibilité que créait ce fichu brouillard et ainsi attaquer le village sans qu'ils ne les…

Etait-il en train d'imaginer les dragons faire dans la stratégie ?

Bon sang, cela faisait vraiment trop longtemps que les dragons n'attaquaient plus Beurk.

Une colonne de flamme apparut juste au dessus de sa tête et Stoick plongea pour l'éviter mais lancée de trop haut, elle ne fit qu'effleurer le bâtiment d'à côté sans faire le moindre dégât. Le dragon à l'origine des flammes ne démontra sa présence que par ses ailes qui perçaient à travers le brouillard avant de disparaître aussi sec.

Comme tous les dragons.

Et un instant, le silence redevint maître du village.

Sa hache à la main, Stoick haleta un moment, sur ses gardes, prêt à fracasser le crâne du moindre dragon qui oserait s'approcher de ses terres et de son peuple.

Mais rien. Plus un bruit. Plus un battement d'ailes ou de flammes brûlantes.

Juste… un ciel opaque et sans défaut au dessus de leur tête.

Plus rien.

Stoick rabaissa son regard vers son village nettement plus visible qu'il y a quelques minutes, le brouillard ayant désépaissi en à peine quelques minutes. Il voyait son peuple, armé et prêt à se battre mais avec ce même regard incertain sur le visage.

Qu'est-ce qui s'était passé ?

Du coin de l'œil, il vit son plus vieil ami – même si leur relation n'était plus au beau fixe depuis quelques temps – arriver en clopinant.

« Gueulfor ! Lui hurla-t-il. Fais-moi un résumé des dégâts !

- Euh… Quel dégât ? »

Stoick se tourna complètement vers le forgeron qui arborait une mine incrédule en balançant sa main et demie devant lui.

« Quoi ? Demanda le Chef.

- Y'a… Y'a aucun dégât Stoick !

- Mais je les ai vus cracher du feu vers les habitations !

- Ils étaient bien trop loin pour toucher quoi que ce soit, expliqua à son tour le père Jorgenson en s'avançant. Aucun vol, aucune habitation touchée…

- C'est comme s'ils s'étaient contentés de passer par-dessus le village, fit Astrid qui arrivait à son tour en serrant les dents.

- Ce n'est pas possible ! S'exclama Stoick. Ce sont des dragons ! Ils ne se contentent pas de traverser le village pacifiquement, ils doivent bien chercher quelque chose !

- Ils sont passés de l'autre côté de l'île, commença le forgeron de Beurk. Tu penses qu'ils se sont regroupés là-bas ?

- C'est bien probable. » Commenta Spitelout.

Ils se seraient rassemblés pour un nouveau plan d'attaque ?

Stoick se morigéna. Les dragons ne pensaient pas, il devait y avoir une autre explication.

« Il faut organiser un raid dans la forêt, élabora le Haddock. On ne peut pas laisser ses dragons errer impunément sur nos terres !

- Dites… C'est moi qui est définitiv'ment perdu la boule ou y'a vraiment un truc à l'horizon ? »

Le Chef, ses conseillers et les tueurs de dragons se retournèrent comme un homme pour fixer comme l'infirme de service, la surface miroitante de l'eau jusque là cachée par le brouillard incessant.

« Tu débloques Gueul', ricana Kranedur. Y'a rien du tout !

- Non il a raison, murmura Astrid. On dirait…

- Des voiles ? » Finit Rustik.

Varek sortit de sa besace une longue vue qu'il donna à son Chef qui se tendit en y glissant l'œil.

« Qu'est-ce que c'est que ça… ?

- Des bateaux ? Demanda Gueulfor en prenant l'instrument et regarder à son tour.

- Oui… Répondit son Chef d'une voix blanche. Et pas qu'un peu... Mais je n'ai pas la moindre idée de qui ça peut être !

- Ouais ben c'est certainement pas pacifique, grinça le père de Rustik.

- Harold est de retour ! »

Astrid fit volte-face dans la seconde. Elle vit comme les autres Harold sortir de la forêt et se figer à l'image qui s'agrandissait de plus en plus à l'horizon et fronça les sourcils. Il avisa ensuite la petite troupe et malgré la présence de son père, il courut vers elle à grandes enjambées en criant.

« C'est quoi ça ?!

- On n'en sait rien ! Répondit la jeune femme en grinçant des dents. Ils sont apparus hors de brouillard comme par magie !

- Gueul' la longue vue ! »

Le forgeron lança l'instrument au garçon qui l'attrapa habilement – d'une seule main, cela n'échappa pas à Astrid – pour la mettre à son œil et contempler la mer à une distance raisonnable des villageois. Et la guerrière vit avec horreur le jeune homme blêmir avant de lentement faire retomber ses bras.

« Ce sont les armoiries des Berserks, déclara-t-il doucement.

- Quoi ? Fit Rustik. T'en es sûr ?

- Certain. Leurs bateaux sont très reconnaissables aussi…

- Mais pourquoi cette armada ? Demanda Gueulfor. Nous en sommes en paix avec les Berserks depuis des générations !

- Comme si ''paix'' faisait partie du vocabulaire de Dagur… Siffla Harold.

- Tu as déjà fait affaire à lui ? Continua Stoick.

- Ce type est dérangé ! Ignora son fils. Il ne reculera devant rien pour atteindre ses objectifs !

- Et c'est quoi ses objectifs ? »

La question d'Astrid fit serra les dents d'Harold qui détourna le regard vers les voiles blanches ornées du dragon fétiche des Berserks.

« J'en ai pas la moindre idée, c'est bien ce qu'il me fait peur.

- Alors on fait quoi ? Demanda Spitelout. J'imagine mal Dagur se pointer ici avec des intentions pacifiques connaissant son état mental et la taille de son armada !

- Sauf que si on l'attaque sans raison, continua Astrid, cette armada nous tombera dessus. Et nous ne sommes pas assez nombreux pour battre autant d'hommes.

- Clair… Soupira Rustik en s'épongeant le front.

- Il faut se préparer à toute éventualité, déclara Stoick. Seuls les guerriers resteront dans le village, on envoie les autres se cacher dans les grottes des plages. Les vieillards et les enfants.

- Je demanderai à certains de rester avec eux au cas où, continua son second en hochant la tête.

- Mais il reste toujours le problème principal… Grimaça Gueulfor. On ne pourra jamais les battre si une bataille démarre. Il y a définitivement trop de métal sur ces bateaux !

- Il n'est pas là pour faire du tourisme… »

Le conseil de guerre se retourna vers Harold qui réfléchissait silencieusement depuis le début du débat et qui maintenant, regardait droit devant lui, les yeux sombres et les dents serrés. Il détourna les yeux en se pinçant les lèvres. Astrid connaissait ce regard.

Ce pourrait-il ?

« Harold ? Tu as un plan ?

- Plutôt une idée, répondit-il les yeux toujours dans le vide, toujours en pleine réflexion. Je pourrais faire quelque chose, mais ils ont bien trop d'arme, ça finirait en boucherie… Sauf…

- Sauf ? Répétèrent les jumeaux à l'unisson.

- Sauf si je peux faire ce à quoi je pense… »

Le jeune homme replongea dans ses pensées en murmurant des mots incompréhensibles pour la totalité de l'assemblée parmi laquelle personne n'osa émettre la moindre protestation avant Astrid dont la patience avait été mise à mal par des Berserks bien trop proche des côtes pour elle.

« Harold ! Si tu peux faire quelque chose dit le nous !

- Je ne peux pas, répliqua-t-il. Parce que personne ne me l'autorisera. »

Il releva la tête, cette fois parfaitement avec eux. Il plongea son regard dans celui incrédule de la blonde qui hésita avant de parler à nouveau.

« De… de quoi tu veux parler ?

- Je peux sauver ce village, déclara-t-il. Mais je dois le faire seul. Et il va falloir attendre un peu.

- Mais de quoi tu veux parler à la fin ?! S'emporta Rustik.

- Je ne peux pas vous le dire ! Répéta Harold d'un ton presque suppliant. Vous ne comprendriez pas ! Personne ne l'acceptera ! Il faut… Il faut que vous me fassiez confiance ! »

Les tueurs de dragons se regardèrent un à un, tandis que Stoick gardait son regard plongé dans celui de son fils qui se bornait à l'éviter.

« … Très bien. »

Ses amis et les jeunes Vikings présents sursautèrent à la voix de leur Chef. Harold aussi.

Et Astrid fut encore plus surprise lorsqu'elle vit le jeune homme lentement, presque timidement, relever son visage pour atteindre des yeux, le regard si semblable au sien de son père.

Pour la première fois depuis des années, Stoick put voir les yeux de son fils disparu.

« … Très bien, répéta-t-il difficilement, la gorge sèche. Je te fais confiance Harold. Combien de temps te faudra-t-il ?

- … Une heure. Une heure et demi tout au plus. »

Sa voix était aussi tremblante que son père. Ce dernier ne put qu'hocher la tête, sa confiance et la vie de son village dans les seules mains du garçon qu'il avait banni cinq années auparavant.

Et étrangement, c'était la chose la plus normal qui lui semblait depuis des années.

« Va Harold, fit Gueulfor pour son ami. On te laisse le plaisir de nous étonner.

- Sois en sûr, tu vas être servi. »

L'auburn n'attendit pas avant de commencer à courir à toutes jambes vers la forêt, une destination bien précise dans la tête.

« Harold attends ! »

Le jeune homme s'arrêta mais se contenta de tourner le visage pour voir Astrid qui fit quelques foulées vers lui.

« … Qu'est-ce que tu vas faire ?

- Tu me connais, un truc idiot.

- Ça c'est déjà fait. »

Harold sourit. Astrid déglutit.

« Un truc de dingue alors. »

Et il reprit sa course, laissant derrière lui le village, Astrid et les doutes. La blonde se permit elle aussi un sourire.

« Là je préfère. »


Harold a peu de chose près mon vocabulaire. Comment ça je parle mal ? ... Oui et alors ?

Bon ! Le voilà le petit bout d'aile tant espéré ! Même des flammes tient ! Vous êtes contents ? Vous la sentez arriver la fin là ? Vous la voyez poindre le bout de son nez ?

Et ben elle est écrite mais pas ce qu'il y a entre les deux. Faut vraiment que j'écrive ce week-end. Et pendant les vacances. En fait il faut que je fasse plus que ça jusqu'à ce que j'y arrive.

Motivation ! o/

Bref, j'espère - encore - que ça vous ait plus, la suite sera à l'heure la semaine prochaine normalement et d'ici là, j'espère avoir assez avancé pour vous dire que le prochain est terminé !

Comme d'habitude, commentaires, réclamation, question, etc, je suis toute à vous !

Le petit bouton bleu ne mange pas de pain :)

A la semaine prochaine !

Geek-naval