Chapitre IX : Histoire de chats...
-Il faudrait qu'on pense à descendre manger, non ?
-Tu cherches à ne pas te retrouver seul avec moi, ou quoi ? Grogna Henry. C'est la quatrième fois que tu me poses la question...
-Parce que j'ai faim, gloussa Byron. Mais...
Il posa ses lèvres sur celles d'Héra pour reculer au moment où celui-ci commençait à chercher à approfondir le baiser, lui arrachant par là même un grognement de frustration.
-Si tu tiens tant à me voir m'effondrer comme Nathan avec Shawn...
-Trois ans sans te voir, t'entendre et te toucher et tu me fais du chantage ?
-Quel affreux Diable suis-je..., murmura Aphrodite un doigt sur la bouche et une moue innocente sur le visage.
Henry piqua un fard qui fit rire Byron.
-Ce n'est pas drôle ; je rougis encore comme une adolescente chaque fois que tu fais un truc du genre ! Et puis arrête avec ça d'ailleurs : c'est de l'appel au viol !
Il tira cependant le blond à lui afin de l'enlacer, collant le dos de l'ancien capitaine des Zeus à son torse.
-Et je ne partage pas, gronda Héra.
-Tu es trop possessif, se moqua Byron.
-Si tout le monde ne te tournait pas toujours autour je-...
Henry fut coupé par un rappel à l'ordre de la part de l'estomac d'Aphrodite.
-Tu vois, je t'avais dit que j'avais faim. Et tout le monde ne me tourne pas autour ; c'est dans ta tête.
[... ... ...]
Main dans la main, doigts entre-lacés, le couple se rendit au réfectoire que bon nombre avaient déjà déserté pour vaquer à divers activités, dont et surtout : le football. Il restait cependant quelques retardataires comme eux, et d'autres qui avaient pris leur temps pour déjeuner. Parmi ceux-ci ; les anciens de la Royal et d'Alius que Jordan avait rejoint lorsque le reste des anciens Zeus était parti retrouver Artie et Apollo, et qu'Axel et Shawn avaient décidé de suivre Mark pour faire quelques tirs. Jordan fut le premier à voir Henry et Byron et il leur fit signe de venir à la table où il était. Byron entraîna Henry vers le garçon aux cheveux verts et ignora superbement les regards noirs de Jude, David et Joseph pour se concentrer sur les divers plats qui jonchaient la table.
-Heu, tu comptes manger tout ça ? L'interrogea alors Claude, septique, alors que Byron terminait de se servir.
Byron releva vers l'ancien capitaine de Prominence un regard déconcerté.
-Parfaitement. Pourquoi ?
-Rien... C'est juste pour une question purement mathématiques : j'suis pas sûr que tout loge dans ton corps.
-J'ai jamais été doué en maths, fit Byron avec un haussement d'épaule.
-Si t'étais venu aux cours, aussi..., murmura Henry.
-Si j'étais venu aux cours tu n'aurais pas eu l'immense privilège de me les faire rattraper chaque week-end. Et puis, rien que de le voir, ce prof me filait de l'urticaire. Chacun ces allergies.
-Oh, tu devais en avoir un tas alors, parce qu'on ne voyait pas beaucoup en science-phy non plus...
-Je me fiche de savoir à quelle distance on est du soleil : jusqu'à preuve du contraire, on ne peut pas y mettre les pieds !
-La S.V.T...
-Mon corps fonctionne très bien, alors je ne vois pas l'intérêt de disséquer un cœur ou autres trucs visqueux et dégoulinant de sang.
-L'E.P.S...
-Le jour où il y aura le football au programme, je viendrai. Mais me prendre le disque qu'on lance aux chiens dans la tête : non merci !
-Et l'histoire-géo...
-Je connais ma date de naissance et le nom de la capitale de mon pays. Pour le reste, il y a wikipédia et google-map !
-Tu te rends compte du nombre du cours que tu séchais ?
-Fallait bien au moins un point positif à être dans les petits papiers de Ray Dark.
-Ouais, ouais. Tu veux bien me passer le plat principal, s'il te plaît ?
Byron accéda à la requête en souriant devant l'air lassé de son petit-ami.
-Vous êtes ensemble depuis combien de temps ? Demanda alors Bryce s'attirant des regards perplexes de la part des autres anciens joueurs d'Alius.
-Depuis quand tu t'intéresses aux autres ? Fit Claude, médusé.
-Depuis quand tu t'intéresses à moi ? Lui renvoya Bryce, agacé.
-Trois ans et demi, répondit Byron pour couper court à toute dispute.
-Vous êtes bien le seul couple que je connaisse qui a résisté à une séparation aussi longue..., leur dit Jordan, l'air véritablement impressionné.
-Tu parles... J't'en foutrais de la résistance, moi : trois ans à se ronger les sangs... ça ne devrait pas être permis, grommela Henry.
Byron grimaça et s'excusa une nouvelle fois. C'est là que, histoire de rattraper l'ambiance qui venait de tomber en piquet, Isabelle intervint, sous le regard approbateur de Kim qui connaissait déjà la question.
-Comment vous êtes-vous rendus compte que vous vous aimiez ?
Un sourire moqueur apparut sur les lèvres de Byron. Henry lui plaqua une main sur la bouche.
-Tu ne le dis pas !
Byron leva les yeux au ciel et Henry retira prudemment sa main.
-Tu n'as pas à avoir honte, lui dit le blond, néanmoins amusé par la réaction d'Héra. C'était trop mignon.
- « Mignon » n'est pas un qualificatif très positif pour un garçon normal, c'est même plutôt rabaissant.
-Bon, c'était agréablement surprenant et très touchant alors.
-C'était complètement stupide et totalement disproportionné.
-Ne sois pas si dur avec toi-même, voyons. Si j'avais été à ta place, j'aurais réagi exactement pareil.
-Mais tu n'es pas moi.
-Dieu merci, on m'aura épargné d'aimer les sciences.
-Ça pourrait être vexant, tu en as conscience ?
-Tu sais très bien que c'est une moquerie affective. S'il te plaît... j'peux leur dire ?
-Ne... fais pas ce... regard... non, ne... C'est bon, dis leur mais arrête ça.
-Ah, Nathan non plus ne résiste pas..., chuchota Jordan, pour lui-même.
Byron étouffa un ricanement et commença son récit.
-Jordan, tu te rappelles ce que je disais hier avant que tu me sautes dessus ?
-QU'IL QUOI ?! Hurla Henry.
-Pas de cette manière-là, calme-toi. Alors, Jordan ?
-Malheureusement...
-Eh bien c'est le lendemain matin de cette cuite... Henry est entré dans ma chambre pour voir comment j'allais et m'a trouvé nu, avec Nathan, dans mon lit.
-Paix à ton âme, l'ami, fit Jordan à l'encontre d'Héra qui fixait son assiette avec un intérêt démesuré.
-Il a piqué une crise de jalousie phénoménale. Ça a été un concert de hurlements, d'insultes, d'injures... contre Nathan, évidemment. Puis il a crié à l'injustice, au crime contre l'humanité et autres trucs du même genre, comme quoi ça aurait dû être lui. Pour finir, il m'a dit qu'il ne comprenait pas comment il avait pu tombé amoureux de quelqu'un d'aussi volage que moi et il est parti en claquant la porte. Moi je n'avais rien compris : je pensais qu'il me détestait !
