The Magic of Deduction

Auteur : writingispurdy

Traduction : ReachingforHeaven

Rating : T (pour ce chapitre)

Warning(s) : harcèlement de mineurs, mentions de relations sexuelles (pour ce chapitre)

Disclaimer : rien ne nous appartient, ni à l'auteur, ni à moi.

Nombre de mots : 4778 mots pour ce chapitre en anglais ; environ 6400 mots en français.

Résumé : John Watson va passer sept ans à l'Ecole de Sorcellerie de Poudlard, et il y rencontrera le garçon qui va devenir le plus grand homme qu'il connaîtra jamais. Sherlock/John.

Pour ce chapitre : « Nous », le corrige Sherlock, parce que quand tout sera fini, il ne laissera plus jamais John quitter son champ de vision. « Nous pourrons l'affronter selon nos propres conditions. »

Note de la traductrice : Bonsoir tout le monde ! Alors, sachez que ce fut la croix et la bannière (oui, j'utilise ce genre d'expressions - je blâme mes cours de médiévale, personnellement) pour poster ce chapitre ; j'ai dû lutter avec les médecins, contre les transports en commun, la SNCF, mon disque dur externe qui a comme par hasard supprimé la version corrigée par mon beta… Well. Le combat fut rude, mais j'ai triomphé ! And so, voilà la première partie de leur septième année, j'espère qu'elle vous plaira. Je vous remercie pour vos reviews (auxquelles je répondrai dans la nuit !) ; merci également à mon beta-pokémon F. aussi, qui est adorable - oh, et accessoirement, il corrige vite, yay ! Sur ce, bonne lecture, et à demain pour la suite !

(Oh, by the way - un extrait du prochain chapitre en bonus à la première personne qui trouverait le nouveau personnage qui fait référence au canon de Arthur Conan Doyle !)


The Magic of Deduction

Year Seven

(part one)


.septième année.

Le jour de son anniversaire, John Watson est toujours en convalescence à Ste Mangouste, alors il n'est pas très étonnant que sa famille décide de lui rendre visite pour l'occasion. John, lui, est un peu surpris de cette initiative - il n'a pas vu sa mère depuis une éternité et il n'a aucune idée de la manière dont elle et sa sœur ont pu apprendre où il se trouvait. Il se redresse immédiatement sur son lit quand les guérisseurs font entrer sa mère et Harriet dans sa chambre, et au début il n'est pas très sûr de savoir s'il doit se réjouir ou se sentir irrité qu'elles soient venues sans le prévenir. Sherlock est assis en tailleur au pied de son lit, et les cartes étalées entre eux sur les draps tombent toutes sur le sol quand Anne Watson prend les deux garçons dans ses bras.

Pendant un long moment, elle se contente de sangloter en couvrant son fils de baisers et en serrant Sherlock contre elle. Harry lui a tout dit, leur annonce Mrs Watson une fois qu'elle a retrouvé un minimum de contenance. Tout. Pendant un bref moment de tension, John croise le regard de Sherlock, mais Mrs Watson hoche la tête et leur adresse un sourire larmoyant.

« Tu es heureux, Johnny, n'est-ce pas ? » demande-t-elle.

En tout cas, avec les larmes qu'il sent lui monter aux yeux, John n'en a certainement pas l'air. « Oui, Maman. »

Elle les embrasse tous les deux sur le front en guise d'excuse, et pour John, c'est suffisant ; il éclate de rire en s'essuyant les yeux avant que qui que ce soit puisse réaliser qu'il est au bord des larmes. Et quand il sourit, Sherlock l'imite aussitôt.

Sa mère et sa sœur décident de rester à l'hôpital jusqu'à la fin de la journée ; Harriet et lui passent un certain temps à essayer de rattraper le temps perdu avec leur mère et à discuter des raisons pour lesquelles John a fini à Ste Mangouste. Ce dernier prend garde à ne pas leur donner trop de détails (il s'interrompt à chaque fois qu'il sent Sherlock serrer discrètement ses doigts entre les siens), et il sait que c'est pour leur bien autant que pour celui de Sherlock. En savoir trop ne pourrait que rapporter des ennuis terribles à sa famille, en particulier quand Sherlock et lui décident de mettre leur plan en action.

Il se sent mal à l'idée de savoir que, juste quand sa mère a enfin décidé de l'accepter tel qu'il est, son changement d'avis n'a plus aucune importance. Jusqu'à ce qu'on arrête Jim, doit se répéter John encore et encore (Harry est la première à remarquer la nuance de tristesse, de mélancolie presque dans les yeux de son frère, et c'est elle qui indique à sa mère qu'il est temps de partir).

Sherlock et lui passent le plus souvent leurs journées allongés côte à côte sur le lit, mais ni l'un ni l'autre ne prononcent le moindre mot pendant des heures parfois (parce qu'ils ont l'esprit ailleurs, ils songent à un futur où ils ne pourront même plus ne serait-ce que se tenir la main), et ils parlent rarement. Ils se prennent la main, ils essaient de graver dans leur mémoire les réactions de l'autre et la texture de sa peau.

Le guérisseur-en-chef vient leur annoncer que John pourra sortir dans deux jours, et la panique les envahit tous les deux. John essaie de ne pas le montrer, bien sûr, mais Sherlock (qui a toujours été capable de décrypter la moindre nuance des expressions de son meilleur ami) n'a aucun mal à s'en rendre compte.

« Il se peut que tu ne sois pas complètement en sécurité », l'avertit le brun. « Jusqu'à ce qu'il soit sûr que nous ne sommes plus ensemble, tu seras peut-être toujours en danger. Et ta famille aussi », ajoute-t-il comme si la pensée venait juste de lui traverser l'esprit.

« Je n'ai plus la Trace, alors je peux me défendre si j'en ai besoin », réplique John, et il prend le temps d'embrasser les doigts de Sherlock.

Ce dernier garde le silence pendant un instant (il tient à mémoriser la sensation sur le bout de ses doigts quand il les passe dans les cheveux de John). Puis : « Il y a sans doute un autre moyen. »

John hoche la tête, et se redresse. « On peut y arriver. Il ne s'y attendra pas, après ce qui est arrivé à Pré-au-Lard la dernière fois. Ca va le faire venir vers toi, et tu pourras l'affronter selon tes propres conditions. »

« Nous », le corrige Sherlock, parce que quand tout sera fini, il ne laissera plus jamais John quitter son champ de vision. « Nous pourrons l'affronter selon nos propres conditions. »

Il a définitivement dit ce qu'il fallait, parce que John lève les yeux vers lui et un sourire éblouissant, désespéré, merveilleux, se dessine sur ses lèvres.

« Je suppose qu'il est temps de se dire au revoir, pour l'instant », murmure Sherlock, et il enfouit son visage dans le cou de John. Ce dernier passe sa main dans la nuque du Serpentard, et soudain l'ampleur de la situation le prend à la gorge. Alors il enfouit son visage dans le cou de Sherlock, sans prononcer un mot (et ses doigts ne tremblent pas ; il préférerait presque que ce soit le cas). « John, je - » Sherlock s'interrompt presque aussitôt, et John le sent frissonner involontairement contre lui.

Il relève la tête, caresse les cheveux et la nuque de Sherlock d'un geste rassurant, et il répond dans un murmure. « Je t'aime aussi, Sherlock. »

C'est au tour de Sherlock de cacher son visage dans le cou de John ; il ferme les yeux et essaie de toutes ses forces de ne pas perdre son calme. Au bout de quelques secondes, il réussit à se ressaisir ; bientôt il se redresse, et croise le regard de son ami (et il espère que John n'a pas besoin de mots pour le comprendre, parce qu'il essaie de faire passer dans ce dernier regard tout ce qu'il n'arrive pas à exprimer par le biais de la parole). John hoche la tête, et il franchit les quelques centimètres qui les séparent pour venir embrasser Sherlock une dernière fois. Leur baiser ne dure qu'un instant - ils savent tous les deux qu'une seconde de plus, et ils seraient incapables de mettre leur plan en action.

Maintenant il est temps de lancer le premier acte - John sent une vague de nausée l'envahir, mais il s'efforce d'endosser le rôle que Sherlock lui a attribué. Il doit faire un effort conscient pour forcer les traits de son visage à prendre une expression de profonde colère - son cœur se serre quand Sherlock l'imite, quand il voit un sourire narquois se dessiner sur ses lèvres.

« Ca suffit », aboie John suffisamment fort pour que les gens dans le couloir (et probablement aussi tous les patients de l'étage inférieur, d'ailleurs) puissent entendre. « Dégage de cette putain de chambre ! Dégage ! » Et il hausse encore le ton pour plus d'effet (il y a une étincelle de fierté dans les yeux de Sherlock, derrière le masque de fureur qu'il a plaqué sur son visage), et quand le Serpentard se lève du lit, ses doigts tremblent. Il rassemble ses affaires sans un mot et sort aussitôt dans le couloir sans même prendre la peine de fermer la porte derrière lui.

John en profite pour se lever à son tour et traverse en boitant les quelques mètres qui le séparent de la porte ; appuyé contre le chambranle, il regarde le dos de Sherlock s'éloigner. « J'espère que je ne te reverrai jamais, espèce de connard ! Toi et ton arrogance, vous pouvez aller vous faire foutre ! » ajoute-t-il d'un ton qu'il n'a définitivement pas l'habitude d'employer, et la rage perceptible dans cette voix qui n'est pas la sienne lui fait presque peur. Il sent sa gorge se nouer quand il voit Sherlock tressaillir - mais ce dernier ne se retourne pas. Il ralentit, il hésite, mais il ne se retourne pas. John serre les poings (ses doigts tremblent toujours). Tout ce qu'il lui reste à faire, c'est claquer la porte de toutes ses forces et retourner se coucher.

Il prend l'oreiller de Sherlock dans ses bras, le serre contre lui, et passe de longues heures sans trouver le sommeil.


Le jour de sa sortie de Ste Mangouste, quand sa mère vient le chercher, elle cherche des yeux le garçon brun qui devrait se trouver à côté de lui. John réplique sans ménagement qu'elle peut l'oublier, qu'il n'est pas là (et il doit se retenir pour demander aux infirmières si elles savent où Sherlock est parti, parce que le sort de ce dernier n'est pas censé le préoccuper ; la nuit qu'il vient de passer sans le corps de son meilleur ami pressé contre le sien est la plus longue qu'il ait jamais eue à endurer).

« Johnny », fait sa mère avec le plus grand sérieux, et John n'arrive pas à soutenir son regard compatissant. « Mon cœur, qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Et voilà venue l'heure de sa première épreuve. Il va devoir mentir à sa mère. Il a l'impression que quelque chose lui obstrue la gorge et il déglutit ; il n'est pas certain d'avoir la force nécessaire, mais il faut qu'il essaie. « Laisse tomber, pour Sherlock. C'est un idiot qui ne se rend pas compte qu'il faut qu'il la ferme de temps en temps. » Il essaie de faire ressurgir dans sa mémoire toutes les occasions où le Serpentard lui a dit quelque chose de cruel (mais Sherlock ne s'est jamais vraiment montré cruel, il lui est juste arrivé de manquer de tact - ce qui n'aide pas vraiment John) ; il se souvient brusquement de leur quatrième année, il se rappelle de la façon dont il a tremblé de rage quand Sherlock lui a demandé si Anderson avait eu raison de le traiter de Sang-de-Bourbe. John sent une fois de plus sa gorge se nouer.

« Ecoute, Maman, est-ce que c'est vraiment important ? » Malgré ses efforts, il est incapable d'empêcher sa voix de trembler. « Je veux juste rentrer à la maison. »

Il voit que sa réaction ne manque pas d'inquiéter sa mère, mais John ne dit rien ; il se contente de se laisser tomber sur le siège passager dès qu'il ouvre la portière et regarde par la fenêtre pendant tout le trajet. Il aimerait qu'il pleuve, il aurait au moins une excuse valable pour être plongé dans une telle léthargie. Mais le soleil brille haut dans le ciel, et John déteste de tout son être la bonne humeur estivale dans laquelle il plonge le paysage.

Pendant un certain temps, il joue à la perfection son rôle et s'enferme dans un silence rageur (le fait qu'il n'ait envie de parler à personne pendant la première de séparation l'aide très certainement). Harry lui envoie plusieurs hiboux ; dans ses lettres, elle lui assure que la situation va s'arranger, et il les ignore toutes sans exception. Sa mère lui dit qu'elle est prête à se rendre elle-même au manoir Holmes s'il le faut pour demander des explications. Il fait de son mieux pour ignorer les larmes qui lui montent aux yeux quand il entend cette preuve de l'amour féroce que lui voue sa mère (sa mère qu'il a décidé d'abandonner il y a des mois), et s'empresse de lui répondre que vraiment, ce n'est pas la peine.

Certaines nuits, lorsqu'il est allongé seul dans son lit sans le rythme familier d'une autre respiration à côté de lui, John ferme les yeux et imagine les notes d'un violon qui jouerait dans l'obscurité.

Et puis, la situation finit par devenir plus supportable (parce qu'il arrive toujours à voir Sherlock quand il ferme les yeux et, la plupart du temps, cette image suffit à l'empêcher de se frapper la tête contre un mur ou de décider de transplaner directement au beau milieu de la chambre de son meilleur ami). Il boite toujours un peu (la douleur a presque disparu, mais à chaque fois qu'il songe au sourire de Moran, à la voix haut perchée de Jim, à l'expression d'horreur sur le visage de Sherlock, il sent comme un coup de couteau lui traverser la jambe et il lui est difficile de marcher normalement), mais au moins il peut se déplacer sans trop de mal chez lui et aider sa mère pour les tâches ménagères, s'entraîner au Quidditch, et d'une manière plus générale adopter le comportement atrocement normal d'un garçon de son âge.

Et sa mère le regarde faire avec une expression mélancolique, parce qu'elle l'aime.


John se tient seul sur le quai ; la vapeur que projette la locomotive s'enroule paresseusement autour de ses jambes. Bien sûr, il n'est pas vraiment seul - une foule d'élèves se presse autour de lui, mais il n'arrive pas à trouver celui qu'il a le plus envie de voir. Et même si c'était le cas, il ne pourrait pas se précipiter vers lui et l'embrasser comme il meurt d'envie de le faire.

(Et il se sent pris d'une brusque envie de vomir quand il réalise qu'il a plus souvent songé ces derniers temps aux essais qu'il doit organiser pour trouver un nouveau Batteur qu'à Sherlock ou à Jim.)

Il finit par remarquer Soo Lin qui s'avance dans sa direction, un sourire rayonnant aux lèvres ; il la prend dans ses bras, et quand elle recule, elle lui montre le badge flambant neuf de préfète-en-chef épinglé sur son pull. Mais avant qu'il n'ait le temps de la féliciter, ils sont rejoints par le reste de l'équipe. Chacun d'entre eux prend la parole en même temps, parce qu'ils ont tous entendu parler de ce qui s'est passé aux abords de Pré-au-Lard il y a quelques mois (leur curiosité est tout à fait normale ; après tout, John est resté à l'hôpital depuis Pâques et Mycroft s'est arrangé pour que le minimum de personnes aient le droit de lui rendre visite par peur de représailles de la part de Moran et de son redoutable sortilège de l'Imperium).

Il leur fait un récit aussi précis que possible de l'incident - même s'il laisse de côté certains détails, comme la douleur et l'horreur qu'il a ressenties quand il a fait face à Sherlock alors qu'il n'était pas lui-même. L'adrénaline qui a fait bouillir son sang dans ses veines quand il a ignoré la douleur fulgurante qui traversait chacun de ses nerfs pour protéger Sherlock, pour le protéger à n'importe quel prix.

« Jimmy avait l'air si gentil », remarque Amanda (et elle l'a connu, elle a passé la moitié de son temps dans la salle commune de Serpentard avec ce Van Coon quand John était en cinquième année), mais son expression est dure et ses yeux étincèlent comme la foudre. « Je n'arrive pas à croire que quelqu'un ait voulu te faire ça, John. »

Ils ressentent plus que jamais l'absence de Violet et de Mike à leur côté, et encore plus de Carl (jamais, jamais ils n'oublieront Carl Powers), et pendant un moment ils restent juste serrés les uns contre les autres sur le quai.

Puis Alex Woodbridge (qui ne cesse de s'améliorer en tant que Gardien, et un véritable génie en Astronomie en plus) lance un coup d'œil autour d'eux, remarque l'absence du dernier membre de leur groupe que personne n'a encore mentionné, et demande : « Où est Sherlock ? » Puis, pire encore, il laisse échapper une exclamation quand il repère le Serpentard en question un peu plus loin sur le quai.

Cela fait deux mois que John n'a pas vu la silhouette si familière de son meilleur ami, son meilleur ami qui se tient seul au bout du quai. Et Sherlock a une mine affreuse. John sait qu'il a rarement l'habitude de faire des nuits complètes, mais au moins Sherlock essaie généralement de dormir quelques heures. Mais maintenant il a le teint pâle et les cernes noirs d'un insomniaque, et il a même l'air encore plus mince qu'avant. Ses épaules sont voûtées, sa tête baissée et ses yeux rivés sur le sol à ses pieds. Alors qu'il l'observe, Sherlock tourne la tête vers eux (Soo Lin l'a interpelé avec sa bonne humeur habituelle), et John sent sa gorge se serrer.

Parce que Sherlock a toujours été capable de dissimuler ses émotions quand il le veut, mais là - il donne l'impression qu'on lui a brisé le cœur.

Mais John se redresse - il sait qu'il ne doit pas céder - et serre les dents. « Ne me parlez pas de lui », marmonne-t-il, et tous ses amis tournent aussitôt la tête vers lui.

« John ? » lui demande Soo Lin.

Et brusquement John perd son calme ; il hausse tellement la voix qu'un groupe d'élèves de première année à quelques mètres d'eux se retourne vers lui en le dévisageant d'un air terrifié. « Sherlock Holmes, un don du ciel pour la communauté sorcière - eh bien, Merlin peut se le garder ! » Il a l'impression d'avoir la gorge en feu, et son ton est plus dur que jamais. « Si l'un d'entre vous lui donne le mot de passe, je - »

« On ne lui donnera pas, si tu ne veux pas », l'interrompt Andy. « Mais qu'est-ce qui s'est passé, John ? »

John sait qu'ils les adorent tous les deux, et il n'a pas envie de décevoir ses amis, mais il doit le faire.

« C'est le bâtard le plus égocentrique qui ait jamais existé, et je n'arrive pas à croire que j'ai pu lui sauver la vie », gronde-t-il - il n'arrive même pas à reconnaître sa propre voix (mais pire encore, il sent des larmes de rage lui monter aux yeux et il ne sait même pas pourquoi). « Il s'en fout des autres, vous savez ? Il cache bien son jeu, et il peut tromper quasiment tout le monde, mais la seule chose qui l'intéresse, c'est lui. »

Il fait volte-face pour dévisager Sherlock, et il comprend que c'est exactement ce qu'attendait le Serpentard, il le voit tressaillir et reculer d'un pas devant son expression furieuse. John ne dit pas un mot de plus, et son équipe monte dans le train à sa suite en laissant Sherlock Holmes seul sur le quai.

John n'arrive même pas à regarder le paysage par la fenêtre du compartiment des préfets, le mouvement constant du paysage le rend malade. Alors il lève les yeux vers le plafond et essaie de ne pas se répéter en boucle les derniers mots qu'il a prononcés. Quand il fait sa ronde dans le Poudlard Express, quand il réalise qu'il est seul dans le couloir, John s'arrête juste un moment devant un compartiment presque vide - un compartiment où un garçon brun est assis seul, son chat tigré endormi sur le siège voisin.

Quand Sherlock lève les yeux (et cette expression terrible sur son visage s'éclaire l'espace d'une fantastique seconde), John presse sa main contre la vitre. Sherlock ne sourit pas, mais ses yeux étincèlent. Puis, John recule d'un pas et continue son chemin dans le couloir.

Après que Soo Lin et lui ont conduit les nouveaux élèves jusqu'à leurs dortoirs, John s'appuie contre le chambranle de la porte et il sent les larmes lui monter aux yeux. Soo Lin lui passe un bras autour des épaules, elle lui prend la main et plonge son regard dans ses yeux perdus ; et John n'arrive plus à se retenir. Il éclate en sanglots.

Elle le ramène jusqu'à la salle commune, le fait s'asseoir près du feu et caresse doucement ses cheveux alors que l'équipe se rassemble autour d'eux sans un mot. Ils n'essaient pas de calmer John par des fausses promesses ou en lui répétant stupidement que tout va s'arranger. Mais ce sont des Poufsouffles, et ils affronteront tous le problème jusqu'à le résoudre, peu importe la quantité d'efforts qu'ils devront fournir. Ensemble.

Personne n'utilise le fauteuil de Sherlock.

Après une bonne nuit de sommeil, il finit par retrouver son calme (voir Sherlock à nouveau après tant de temps s'est révélé plus difficile que ce à quoi il s'attendait) ; les regards noirs que lancent ses amis de Poufsouffle à Sherlock pendant le petit-déjeuner lui font un peu peur, mais le rendent en même temps très fier de la loyauté de sa maison.

Les essais pour le poste de Batteur se déroulent étonnamment bien, et John a déjà pris sa décision avant même que les candidats ne soient descendus de leurs balais. Jabez Wilson, élève de troisième année eux cheveux roux particulièrement impressionnants (et qui lève rarement la tête de ses devoirs dans la salle commune) a réussi à lancer un Cognard avec autant de force que si son bras était un train lancé à pleine vitesse, et John se demande si contre tout espoir, ils n'ont pas finalement une chance de remporter la coupe de Quidditch cette année. Il en est à la moitié du mot qu'il a décidé d'envoyer à Sherlock pour lui faire part de son excitation quand il se rappelle brusquement qu'il est supposé le détester, et son sourire disparaît alors qu'il roule son morceau de parchemin en boule et le lance dans le feu.

Ses amis ont pris l'habitude de l'accompagner partout, comme un bouclier humain, et il n'est presque jamais seul (même Jabez, tout nouveau au sein de l'équipe, fait preuve d'un rapide et féroce sens de la loyauté). John est certain que, sans eux, il aurait déjà cédé sous la pression depuis un bon moment. Et chaque matin, lorsqu'il entre dans la Grande Salle en compagnie de ses coéquipiers, il vérifie chaque fenêtre, à la recherche de cette fameuse chouette mouchetée.

Les mois longs, glacés, s'écoulent dans un silence presque total, et chaque fois qu'il se demande comment Sherlock s'occupe, il sent le vide dans sa poitrine grandir un peu plus. Parce que John a son équipe derrière lui, sa maison qui le soutient, qui est prête à le relever s'il tombe où s'il a besoin d'une épaule pour s'appuyer. Sherlock, lui, se retrouve complètement et irrévocablement seul.


Le plus difficile à supporter, c'est l'attente. Ne pas savoir si Sherlock a reçu des nouvelles de Jim, ou de Moran, ou même de Mycroft. Ne pas savoir si Anderson a essayé de le frapper ou même s'il continue à l'insulter (et cette seule pensée le fait grincer les dents et lui donne envie de sortir sa baguette sur-le-champ), si les Serpentards se moquent de lui pour n'avoir pas su garder l'affection d'un Poufsouffle. Il sent comme un feu brûler dans sa poitrine quand il se retrouve allongé seul dans son lit la nuit, quand il y pense. Alors il s'efforce de ne pas trop laisser son esprit s'aventurer de ce côté.

D'un certain côté, il est aussi bien pour John que les A.S.P.I.C. ne fassent que se rapprocher : quand il n'est pas en train de rappeler à Amanda comment tenir son balai correctement, il passe des heures à étudier en silence, caché derrière une forteresse de livres et de parchemins et ses camarades de maison assis à côté de lui. Mais il ne sait même pas si le plan - son plan, après tout - a un quelconque résultat. Jim ne lui a rien écrit à lui, bien sûr, alors comment pourrait-il le savoir ? Et se dire que peut-être garder ses distances avec Sherlock ne servira à rien au final - cette simple idée commence à le rendre presque fou.

Puis, une nuit glaciale de décembre, alors qu'il effectue sa ronde habituelle au septième étage du château, John découvre une porte qu'il ne se souvient pas avoir jamais vue là. Il avance d'un pas, lève sa baguette allumée vers le panneau de bois sombre - et il finit par réaliser où il se trouve. Il a lu des livres qui parlent de la Salle sur Demande, mais il a toujours cru qu'il ne réussirait jamais à la trouver, que jamais il n'en aurait suffisamment besoin.

L'idée qui lui vient à l'esprit est désespérément stupide, et pourrait définitivement anéantir les éventuels progrès du plan qu'il a mis au point avec Sherlock, mais il va quand même essayer. Parce qu'il est un garçon stupide et qu'il est amoureux et qu'il veut désespérément aider.

John finit par trouver Sherlock dans la bibliothèque, assis à sa table habituelle, dissimulé aux regards de Mme Pince et loin des murmures des autres élèves, et pendant de longues minutes il se contente de rester caché derrière une étagère et d'observer. D'observer la façon dont les doigts de Sherlock sont crispés sur sa plume, les mouvements rapides de ses yeux, la pâleur inhabituelle de son teint, l'expression générale de tristesse que semblent avoir prise les traits de son visage - une expression que John ne lui a jamais vue, mais que le Serpentard ne semble guère plus quitter ces derniers temps.

John prend un livre sur le rayonnage le plus proche - s'il ne le fait pas tout de suite, s'il se laisse le temps de réfléchir, il risque de réaliser à quel point cette idée est stupide et de renoncer.

Lorsqu'il passe à côté de la table de Sherlock, John fait semblant de trébucher et laisse tomber sur le sol les quelques livres qu'il a pris sur les étagères en guise de prétexte. Sherlock lève un regard empreint de tristesse quand John l'accuse en hurlant de lui avoir jeté un maléfice de Jambencoton, quand il enlève cinq points à Serpentard, et quand il s'éloigne d'un pas furieux. Mais une seconde plus tard, le brun ramasse le morceau de parchemin que John a laissé en-dessous d'un des livres qu'il a faits tomber. Une seule ligne :

7ème étage, minuit et demi.


Le Poufsouffle arrive au point de rendez-vous avec un quart d'heure d'avance, et il sent son cœur battre à toute allure dans sa poitrine. Il est absolument certain que Sherlock ne va pas venir, parce qu'il sait que l'idée qu'il a eue est terriblement stupide et qu'elle met leur plan en danger, et il sait aussi que Sherlock est assez intelligent pour s'en rendre compte et pour l'ignorer. Mais il peut toujours espérer. Il passe trois fois devant le pan de mur derrière lequel se cache la Salle sur Demande en prenant soin de garder à l'esprit les mêmes pensées que la nuit précédente (mais il effectue ses allers-retours d'un pas beaucoup plus rapide qu'hier - qu'il est terriblement excité et terrifié, et il a du mal à contrôler le rythme de sa respiration), et il finit par franchir la porte qui vient d'apparaître.

Sherlock est déjà à l'intérieur.

La Salle a choisi de prendre une apparence proche de celle de la chambre de Sherlock au manoir Holmes, et le brun est assis en tailleur au bord du lit (et tout est exactement pareil que cet été qu'ils ont passé ensemble chez lui, il y a une éternité). Tout dans sont attitude crie C'est une mauvaise idée. Seuls ses yeux - ses yeux disent Tu m'as tellement manqué.

John sait qu'il devrait demander des nouvelles au sujet de Jim, s'il a pris contact avec Sherlock, si les Serpentards l'ont malmené. Mais il n'arrive pas à trouver les mots pour s'exprimer, et avant qu'il ait eu le temps de s'en rendre compte il a déjà traversé la pièce (il court presque, et Sherlock se lève tout aussi promptement). Soudain ils se retrouvent pressés l'un contre l'autre ; les mains de John parcourt avidement ce corps dont il n'a rien oublié, ses doigts se glissent à l'arrière du crâne de Sherlock et forcent ce dernier à presser violemment sa bouche contre la sienne.

(Et c'était là le véritable but de cette rencontre pour John ; c'est lui qui a le plus besoin de cette étreinte, c'est lui qui a besoin des lèvres de Sherlock sur les siennes. Il en a besoin, il en a besoin pour que son cœur puisse continuer de battre.)

Alors que leurs souffles haletants se mêlent, alors qu'ils s'embrassent avec plus d'ardeur que jamais encore, tous deux s'arrêtent aussi brusquement qu'ils ont commencé. Et ils restent immobiles, les doigts de John enfouis dans les boucles brunes de Sherlock, leurs lèvres s'effleurant à chaque inspiration. John a fermé les yeux avec autant de force que sous le coup d'une terrible douleur - comme s'il avait plus mal encore que quand la baguette de Clara lui a traversé l'épaule, encore plus que quand Moran lui a jeté le Doloris. Un sanglot s'étouffe dans sa gorge - il refuse de le laisser échapper, mais Sherlock sent son meilleur ami trembler contre lui. Il serre John contre lui avec plus de force encore, et il sent s'allumer dans son cœur une flamme protectrice (une émotion qu'il n'a jamais eu conscience de pouvoir ressentir avec une telle intensité).

« John », et sa voix est plus faible que ce dont il avait l'intention. Le Poufsouffle laisse échapper un bruit qui ressemble presque à un hoquet, et il enfouit sa tête dans le cou de Sherlock - il n'arrête pas de trembler. Les doigts de Sherlock s'enfoncent dans les épaules de John, il veut le garder aussi près de lui que possible. « John, je ne peux pas faire ça. Pas si ça te fait autant de mal. »

« Non », le supplie John, la voix étouffée. « Non, on peut y arriver. » Il presse ses lèvres contre la peau de Sherlock, et tous les deux sont parcourus d'un frisson. « C'était une idée stupide. Si on arrive à rester éloignés l'un de l'autre, on peut y arriver. »

« Mais nous sommes là, ici et maintenant », lui rappelle Sherlock - comme si John pouvait l'oublier (oublier les doigts que Sherlock vient d'enfouir dans ses cheveux à la base de son crâne). « Si nous voulons gâcher nos efforts des derniers mois, autant le faire jusqu'au bout. »

Et le regard que John lui lance allume un feu dans les entrailles de Sherlock. « Mon dieu, oui », murmure le Poufsouffle.

Bien sûr, ce n'est pas la première fois qu'ils se retrouvent dans cette situation (et John rejoue dans sa tête les scénarios de leurs séances dans les placards à balais de l'école bien plus souvent qu'il ne veut bien l'admettre), mais là, c'est différent. Les doigts de John caressent plus qu'ils n'agrippent les boucles de Sherlock ; leurs baisers sont lents, langoureux, plus pour donner que pour prendre, et leurs souffles se mêlent dans un silence presque parfait ; ils défont les boutons de leurs chemises un par un, sans se précipiter - et John prend le temps de poser ses mains à plat sur la peau pâle et brûlante de Sherlock ; les doigts de ce dernier remontent sa colonne vertébrale en prenant le temps d'en caresser chaque vertèbre.

Quand Sherlock glisse une de ses mains jusqu'à la ceinture du pantalon de John, ce dernier hoche la tête en sentant son cœur manquer un battement, et il embrasse la gorge de Sherlock alors que le Serpentard défait la boucle de sa ceinture. Ils prennent tous les deux le temps de reculer pour enlever leurs chaussures, se pressent à nouveau l'un contre l'autre et reculent d'un même mouvement vers le lit jusqu'à ce que Sherlock finisse par finir allongé sur le matelas. John passe une seconde ses doigts sur le ventre de Sherlock (ce qui lui tire un remarquable frisson), puis ils font de leur mieux pour retirer leurs pantalons et leurs chaussettes, et John se dit qu'il faudra qu'il fasse attention à ne pas se tromper de cravate cette fois.

Les boucles de Sherlock qui entourent sa tête posée sur l'oreiller comme un halo forment une vision presque irréelle - Sherlock, dans un lit qui n'est pas vraiment le sien, en plein milieu de la nuit, à Poudlard, dans une pièce que personne ne peut trouver à part ceux qui en ont vraiment besoin. C'est la première fois pour Sherlock, et John n'a pas besoin de parler pour qu'il sache que c'est également la sienne. (Mais ni l'un ni l'autre ne s'en préoccupent vraiment quand leurs mains touchent la peau de l'autre et que leurs corps s'arquent contre le lit et qu'une myriade de sons nouveaux et terriblement intéressants s'échappent de leurs bouches.)


A un moment avancé de la nuit, ou très tôt le matin, alors que John écarte les boucles trempées de sueur des yeux de Sherlock, le Poufsouffle finit par se souvenir de la raison principale pour laquelle il voulait voir Sherlock (bien qu'il ne se plaigne nullement de leurs activités). « Est-ce que ça marche ? » demande-t-il sans être vraiment précis, parce que son cerveau hésite entre dormir et les souvenirs encore récents des jambes de Sherlock autour de sa taille.

« Il va falloir que tu sois plus spécifique« , murmure Sherlock, les yeux mi-clos et ses doigts caressants toujours le dos de John comme s'il jouait du violon sur sa colonne vertébrale.

John n'arrive vraiment pas à trouver le courage de prononcer le nom de Moriarty alors qu'ils sont toujours nus et dans les bras l'un de l'autre, et il essaie de calmer le rythme de sa respiration qui s'est brusquement emballé. « Des nouvelles ? » finit-il par choisir de demander.

Sherlock a bien réalisé que ce rendez-vous avait un double but, mais il n'arrive pas à retenir le grognement qu'il étouffe dans les cheveux de John. « Rien », finit-il par répondre.

John sent quelque chose se serrer dans sa poitrine, et l'espace d'une seconde, il a du mal à respirer. « Tu penses qu'il n'est même pas au courant ? Bordel, Sherlock, tu crois qu'on aurait pu - »

Sherlock le fait taire en pressant ses lèvres contre les siennes, un bref instant, avant de continuer. « Je n'ai pas eu de nouvelles au sens traditionnel du terme. Pas de mystérieuse lettre, aucun émissaire soumis à l'Imperium qui serait venu me menacer. » (Sherlock ne manque pas de remarquer le frisson qui traverse le corps de John, tout comme ce dernier note immédiatement que les doigts de Sherlock resserrent leur étreinte.) « Mais il sait. Ses espions sont assez faciles à remarquer, une fois que tu sais à quoi t'attendre. »

Quand John essaie de se retourner pour jeter un coup d'œil dans la pièce, Sherlock l'attire à nouveau contre lui et l'entoure de ses bras. « Des hiboux », murmure-t-il à son oreille. « Plus que d'habitude ; ils viennent récolter des informations. Il sait. Et tu t'en sors très bien. »

« J'aimerais pouvoir t'aider », et John dissimule sa moue contre le torse de Sherlock. « Ils ne s'en prennent pas à toi, pas vrai ? » demande-t-il brusquement. « Les Serpentards ? »

« Ne t'en fais pas pour ça, John. »

« Sherlock. »

« Non. Cela fait un bon moment que m'attaquer physiquement à commencer à les ennuyer. Et tu connais l'effet fulgurant que les insultes d'Anderson ont sur moi. »

« Je pourrais faire passer ça pour un accident », murmure John d'un ton endormi contre sa peau.

Sherlock sourit dans ses cheveux, le presse contre lui et laisse le silence pendant un long moment avant de finir par avouer : « Tu me manques. »

Et John sait qu'il ne peut pas rester. Il sent sa gorge se serrer ; leur séparation ne peut plus attendre très longtemps, et il déteste cette sensation d'être arraché d'un endroit qu'il est certain de ne jamais vouloir quitter.

« On ne peut pas recommencer », dit John, et c'est difficile, mais il est heureux d'avoir réussi à prononcer ces mots. « Si nous voulons mener ce plan à bien, on ne peut pas se donner rendez-vous ici une nuit sur deux et - il faut que ce soit la dernière fois. Jusqu'à ce qu'on l'attrape. »

Sherlock presse un baiser contre sa tempe, et il laisse échapper dans un souffle - un murmure qui ne ressemble pas du tout à Sherlock Holmes : « Tu le sais, n'est-ce pas ? »

« Oui. » Prenant le visage de Sherlock avec douceur entre ses mains, John pose son front contre le sien. « Moi aussi - je t'aime, Sherlock. »

Ils prennent leurs précautions pour quitter la pièce ; ils choisissent d'espacer leurs sorties d'un intervalle respectable, et de prendre deux chemins différents. John ignore la chouette perchée innocemment sur la balustrade du grand escalier. Soo Lin est toujours debout quand John finit par atteindre la salle commune ; elle est assise près du feu, et il fait de son mieux pour ne pas donner l'impression d'avoir passer plusieurs heures à embrasser la personne qu'il est supposé détester le plus au monde.

« Longue patrouille ? » demande-t-elle d'une voix fatiguée. Elle le regarde de haut en bas. « Tu es allé voir Sherlock ? »

Au moins, John ne panique pas. Il reprend son rôle si facilement qu'il s'en sent presque inquiet. « Ouais, je l'ai vu, d'accord ? Il s'en fout du couvre-feu, comme si le château était à lui - le règlement, c'est trop banal pour Sherlock Holmes. Et il pensait qu'on pouvait se réconcilier, alors on s'est disputés. Contente ? »

Soo Lin fronce les sourcils, et elle n'a vraiment pas l'air contente, mais son excuse fonctionne. Elle ne lui pose plus aucune question. Mais même s'il doit mentir à toute sa maison, rien ne peut empêcher un sourire rayonnant de se dessiner sur ses lèvres quand il enfouit son visage dans son oreiller, ferme les yeux, et rejoue dans sa tête la nuit qu'il vient de passer jusqu'à ce qu'il finisse par s'endormir.


TO BE CONTINUED