Chapitre 10 : De la magie noire dans l'hiver

Un grand sourire aux lèvres, signe d'un accomplissement très prochain, cette demoiselle venant de faire son entrée dans la maison ne manifestait aucun pacifisme. Son regard d'ailleurs se balada dans la pièce, alors que la fumée se dissipait tout doucement pour laisser apparaître le groupe au grand complet. Bien que sonnée par la force du choc, Tei se redressa pour se libérer de cet écran de fumée. Elle lança alors son regard en direction de cette totale inconnue. A cet instant bien précis, une multitude d'images toutes plus macabres les unes que les autres défilèrent dans son esprit. Cette demoiselle, dans une ruelle sombre. Elle tenait la main à une femme dans la trentaine. Celle-ci était couverte de sang, et la tristesse ainsi que la rage pouvaient se lire sur le visage de cette inconnue. Cette Meiji ensuite se retourna vers elle dans son souvenir et ne lui adressa qu'un regard plein de haine.

- Je... Je connais cette fille... Je la connais... Affirma Tei en exprimant toute sa terreur devant ce nouveau visage.

En dehors totalement de l'écran de fumée, Tei commençait même à reculer sans s'en rendre compte. Son regard était toujours posé sur cette fameuse Meiji. Celle-ci d'ailleurs lui adressa un regard en voyant qu'elle s'était relevée. Lorsque son regard se croisa avec le sien, un frisson traversa tout son être, semblant comprendre quelque chose. Mais la demoiselle aux cheveux mauve se contenta de sourire avec une espèce de suffisance. Ritsu, sentant que son amie était désemparée, lui attrapa alors la main pour l'aider à reprendre ses esprits. A ce contact, Tei se libéra simplement de sa terreur avec un petit sursaut. Elle regarda ensuite Ritsu avec sentiment de surprise, tandis que l'Utau aux cheveux rouges lui adressait alors un regard sérieux.

- Même si tu connais cette fille, ne te laisse pas déstabiliser ainsi, Tei. Je pense que tu es encore sous le choc de tes souvenirs... Ne te laisse pas avoir !

- J'aimerais savoir qui représente l'autorité suprême dans cette maison ? Je voudrais voir le chef tout de suite ici, qu'il se présente à moi, sur le champ !

Bien que secouée par l'explosion si soudaine, Teto était restée à sa place et avait observé la scène. A la question ainsi que la demande de cette fille, une certaine rage commença à monter en elle. Non seulement elle se permettait d'exploser cette si belle maison sans la moindre gêne, mais en plus elle se permettait de donner des ordres. C'était vraiment trop pour Teto. Elle se leva alors en balayant sa tenue de la main pour retirer toute la poussière et s'adressa de sa place, à cette Meiji avec un regard entre le sérieux et le colérique.

- Je suis le chef de cette maison ici. Je m'appelle Kasane Teto.

- Voila donc le chef ici... J'ai failli m'impatienter et tout faire péter. Meiji marqua alors une pause pour leur adresser un petit rire assez sournois, avant de reprendre avec un regard de haine. Ton pseudo-règne ici s'arrête dès maintenant. Tu vas me passer les rennes et disparaître de ma vue. Est-ce que tu m'as bien compris ?

- Tu débarques ici en explosant un mur de notre maison et tu penses que ça te donne le droit de demander tout ce que tu veux ? Demanda Teto en exprimant toute sa rage dans un sourire incontrôlé. Ne prends pas tes désirs pour des réalités, espèce de sale peste !

A la réponse de la courageuse Teto, que tout le monde venait enfin de remarquer, Meiji se laissa aller à avoir un fou rire assez distingué et élégant. Elle semblait à son comportement, être une enfant de noble, ou simplement se moquer du monde. Son regard passa ensuite presque directement vers quelque chose de beaucoup plus sombre. La demoiselle pointa alors sa main vers L'Utau et laissa déferler une vague d'énergie magique noire en sa direction. L'impact provoqua une intense explosion, qui laissa toute l'assemblée complètement choquée. La fumée recourait maintenant Teto.

- Teto... Grande-Sœur vient de se faire... Tenta difficilement de dire Ritsu, effrayé par cette eventualité.

- Voila ce qu'il en coute d'oser me défier. Que cela serve de leçon à chacun d'entre vous, si un jour vous tentez de vous oposer à mon autorité... Vous subirez le même châtiment que cette fille !

- Ne cris pas victoire trop vite. Tu pensais vraiment qu'une si petite frappe aurait raison de moi ?! Ne sous-estimes pas le chef de cette maison, tu risquerais de le regretter, Meiji Gahata. Déclara Teto avec assurance.

C'est alors que Teto usa de sa propre énergie en tant qu'android pour balayer cette fumée tout autour d'elle. L'Utau révéla alors sa toute nouvelle arme en main, en tout point semblable à sa toute première, mais beaucoup plus précise et puissante. L'on pouvait facilement comprendre que c'était grace à sa lance que Teto était toujours debout. Meiji lui adressa alors un regard de compétition.

- Est-ce que ça serait une déclaration de guerre que j'entends ?

Sans même la peine de répondre à son nouvel adversaire, Teto s'élança en sa direction avec la ferme intention de la mettre au sol complètement hors-jeu. Le but n'était pas vraiment de tuer, mais plus de l'empêcher d'accomplir ses noirs desseins. Car après l'intervention de Ritsu, l'Utau aux cheveux roses était devenue un peu plus récitente à l'idée de dérober la vie à quiconque. Ce petit être aux cheveux écarlate était comme un éclat de vérité, et dans un sens, c'était aussi pour le protéger que Teto se battait en cet instant. Elle grimpa alors avec une facilité déconcertante au dessus de la table, esquivant toutes les charges d'énergie envoyée par cette fameuse Meiji. Les autres que Teto n'était pas capable d'éviter, c'était sa lance qui s'en chargeait. Ressentir une telle fougue du combat, excitait profondément la demoiselle sorcière qui commençait à rire avec beaucoup de sadisme et d'amusement.

- Merveilleux, tout simplement merveilleux, Teto ! Tu es une adversaire vraiment fantastique... Pas comme cet homme pitoyable qui n'a même pas osé se défendre quand mes pouvoirs se sont déchainés sur lui ! Les hommes sont tous tellement faibles... Je les hais, autant que je hais ces petites chiennes qui sont à leur pieds !

Alors que progressivement des morceaux du puzzle se mettaient en place, Tei ne resta pas insensible aux révélations de cette sorcière. Elle était sûre que des traces de son histoire lui revenaient en tête. Apercevant cet homme juste à côté d'elle, enclenchant un genre de mécanisme dans son programme interne et la suppliant de s'enfuir le plus rapidement possible. Il avait vraiment l'air paniqué, les larmes aux yeux alors que cette fille se retournait en laissant se déployer son aura. Face à une telle déferlante de souvenirs, Tei s'agenouilla au sol en se tenant la tête avec ses deux mains sous l'effet de l'intense souffrance qu'elle ressentait. Ritsu restait tout de même à ses côtés, passant ses bras autour d'elle pour tenter du mieux de la soutenir.

- Ma tête... J'ai l'impression que ma tête va exploser... Toutes ces images... Et cette fille toujours présente...

- Je suis avec toi, Tei. Quoi qu'il se passe, je resterais à tes côtés.

De son côté, Teto arriva finalement à proximité de son adversaire et exécuta un premier saut en l'air en frappant de haut en bas de toute ses forces. Seulement, Meiji esquiva son attaque pour se poser juste à côté d'elle et laissa se déchainer une petite charge vers Teto, que cette dernière dévia sans problème avec son arme. Teto usa ensuite de sa lance pour tenter de la toucher avec une frappe en estoc, mais la sorcière esquiva son attaque et croisa alors le regard de son adversaire pour activer un genre de champ d'énergie juste avec ses yeux. Teto fut alors repoussée en arrière avec une force inouie, mais parvint tout de même à trouver la force de s'arrêter au sol pour se relancer dans l'action.

L'Utau aux cheveux roses arriva de nouveau vers Meiji et tenta simplement de la déchirer avec une attaque à l'horizontale, qu'elle évita en sautant tout simplement en l'air et contra-attaque par la même occasion avec une charge de magie noire, que Teto esquiva simplement en continuant sa marche en avant. Mais n'en ayant toujours pas finie avec ce combat, la combattante armée se retourna et usa de sa vitesse en espérant atteindre son adversaire pour au moins la déstabiliser. Seulement, son arme se retrouva bloquée sur un champ de force qui surprit Teto par la même occasion. Elle recula alors en arrière et resta un petit moment à regarder la scène, pensant à une manière de traverser cette nouvelle défense. Une seule option s'offrait à elle. La demoiselle activa alors la capacité spéciale de son arme, perceuse pour tenter de détruire son bouclier et ainsi l'atteindre. Elle se laissa ensuite simplement porter par la puissance de son arme et se retrouva de nouveau sur ce bouclier.

- J'ai bien compris ton plan... Tu espères créer une brèche dans ma défense avec ta perceuse et m'atteindre directement. Mais tu penses vraiment que je vais te laisser faire ?

Libérant alors de sa main quelques orbes d'énergie noire, celles-ci déferlèrent toutes sans exception vers Teto. En voyant ceci, elle se sentit dans l'obligation de reculer de quelques mètres pour se mettre en condition pour pouvoir se défendre. Elle parvint avec la chance repousser les quelques premières attaques, mais ne regardant pas derrière elle en reculant, elle se coinça la jambe dans un débris. Comprenant alors que c'était la fin pour elle, l'Utau regarda le reste des charges lui foncer dessus avec un certains choc dans le regard. Celles-ci explosèrent les unes après les autres sur son corps, provoquant un torrent de douleur chez la demoiselle. Suite à cela ainsi qu'à un intense cri de souffrance, elle s'écroula au sol pour y perdre connaissance. Meiji, devant sa victoire face au chef de ce clan déclarait alors sa suprématie dans un rire nullement contrôlé.

- Hahaha... ! Je suis maintenant la Reine officielle et éternelle de cette maison ! Mais avant d'installer mon pouvoir absolue, je me dois d'exterminer quelqu'un... Affirma Meiji en lançant son regard menaçant vers Tei.

En sentant le regard agressif de Meiji se déposer sur elle, Tei commença à craindre une prochaine agression. Elle tenta alors de reculer, en ne perdant pas une seule seconde le regard de la demoiselle des yeux. Ritsu cependant l'attrapa par les deux épaules pour la regarder à la place dans les yeux. Il était lui aussi effrayé par toute cette scène, mais tentait au mieux de garder un certains calme, pour le bien de ses amis.

- Sukone Tei... Un nom qui est resté bien longtemps imprimé dans mon système informatique. Si tu savais combien de temps j'ai mis avant de te remettre la main dessus. On pourra dire que tu m'auras donné du fil à retordre. Mais tu sais tout aussi bien que moi, que c'est terminé pour toi. Affirma Meiji tout en descendant de son tas de gravas pour venir à la rencontre du duo.

- Alors... Tu me connais vraiment, tu sais vraiment qui je suis ? Mais comment ?!

- Je connais ton identité pour une raison très simple. Ma créatrice m'a donné la vie dans le seul et unique but de mettre un terme à ton existence. Est-ce que tu aimerais connaître ta propre histoire? Celle que ton maître a jugé bon de t'effacer avant de disparaître, tout comme la mienne ?! Demanda Meiji avec un semblant de colère dans le regard.

- Arrête de tourner autour du pot et viens-en aux faits ! Ordonna presque Ritsu en restant toujours calme.

- Il y a de cela quelques temps, presque un an maintenant, une machine est venue au monde. Elle a été crée des mains d'un homme marié, heureux dans son mariage mais qui ne pouvait avoir d'enfant avec sa femme. Il était heureux, car sa création était animée d'une si belle voix qu'elle était aussi capable de chanter. Seulement, la petite fille artificielle n'aimait que son père... Sa mère n'était qu'un pauvre démon à ses yeux. Ils s'isolèrent entre eux, finirent par devenir plus complice encore que l'homme avec sa femme... Celle-ci, mise de côté et folle de rage, décida de mettre au point une autre machine en se servant du même modèle que son mari. A la grande différence seulement, que cette machine ne devrait éprouver qu'un seul et unique désir, celui de tuer sa sœur.

Face à cette révélation, une vague de souvenirs remontèrent dans la mémoire de Tei. Celle-ci se libéra tout doucement de l'étreinte de Ritsu pour aller heurter une table juste derrière. Son corps entier était en train de trembler sous l'effet de la peur ainsi que de la souffrance émotionnelle. Elle s'abaissa alors et commença même à pleurer.

- J'ai... J'ai une sœur qui... Qui a souhaité me tuer... Me tuer...

- Seulement, tout ne s'est pas passé comme prévu et avant que je ne réussisse à te tuer, cet homme s'est interposé pour m'en empêcher... Une lourde dispute a éclaté entre ton créateur et la mienne, au cours de laquelle il lui retira purement et simplement la vie... Imprégnant très certainement ton esprit avec cette image... Pour te sauver la vie et te mettre hors de porté de mon détection, ton père te retira la mémoire de ces événements. Seulement, tu étais contaminée par ce traumatisme, ce qui surement déclencha chez toi cette seconde personnalité, celle de ta mère possessive et empoisonnée ! Notre mère, Tei était une vraie sorcière... Et c'est pour cela que j'en suis également une, mais une vraie, à sa grande différence ! Bien que j'avais été mis au monde avec la fonction de ne pas aimer, voir ma mère dans un tel état me tira une telle haine du cœur que je me suis déchainé sur ton père après ton départ... Je lui ai fais payé par milles ce qu'il avait fais subir à sa femme !

Grace ou plutôt à cause des explications de la demoiselle en tenue de sorcière, Tei commença à se souvenir avec une souffrance incroyable de tous ces moments. Elle était tellement en proie à la douleur qu'elle se roula même par terre. Elle revoyait tout, sa rencontre avec cette fille dans une ruelle sombre, ainsi qu'avec sa mère. Cette haine dans leur regard à toutes les deux, mais aussi et surtout l'intervention de son père pour lui sauver la vie. Elle ne se souvenait pas de sa discussion avec sa femme, mais elle se doutait que c'était à leur propos. Elle se souvenait aussi de cette rage, de ce regard empli de folie dans les yeux de son père. Comment aurait-elle pu l'oublier, étant donné que cette rage était maintenant la sienne, en plus de son côté possessive. Tei comprenait tout maintenant, c'était maintenant très limpide. Elle pouvait à peine sentir le contact de Ritsu sur elle, tenter de la ramener pour ne pas qu'elle sombre dans les ténèbres.

- Tei... ! Tei, reste avec moi, je t'en prie ! Ne te laisse pas submerger par tous tes souvenirs ! Il faut que tu te battes contre eux, que tu sois plus forte !

- Comment peut-elle vaincre son passé ? Elle est la seule et unique responsable de la chute d'une histoire d'amour... Bien que j'admets pour avoir beaucoup fréquenté notre chère mère, qu'elle était assez tyrannique et possessive. Mais ce n'est pas une raison !

- Une question que je me pose encore, Meiji. Comment as-tu fais pour retrouver la trace de Tei? Comment est-ce que tu t'y es pris ... ?! Demanda Ritsu.

- Très simple mon ami roux, très simple... N'avez-vous pas remarqué ce cadavre ce matin? Après avoir enquêté longtemps dans cette ville pour récolter des informations, j'ai finalement réussi à mettre la main sur le copain actuel de Tei. Il n'a pas été très difficile par la suite d'hypnotiser cette pauvre victime et l'obliger par le même fait, à contacter ma cible. Un jeu d'enfant pour moi... Une fois en contact avec la cible, je n'ai fais que les suivre durant des heures et des heures, jusqu'à ce qu'elle m'emmène ici... J'avais déjà remarqué en extérieur son caractère plus ou moins instable, mais cette hypnose était surtout présente pour provoquer cet état de rage. J'ai tout calculé dans l'espoir que...

Mais avant que Meiji ne puisse terminer ses explications, un énorme coup de poing avec une grande puissance lui arriva en plein visage pour le faire s'encastrer dans le mur avec une vitesse folle. Tout le monde était grandement surprit et n'osait plus dire un seul mot. Ruko venait d'entrer en scène, le poing déchainé et les muscles à l'air libre. Son regard était entre le sérieux et l'ennuyé et l'on sentait rien qu'à sa manière de se tenir qu'il ne comptait plus rigoler bien longtemps.

- Tu commences à me souler à trop parler la conne. Si tu es venue ici pour te battre, je suis ton adversaire.