Auteur: Lou des bois

Genre: Flash back géant, romance, biographie

Couple: MelloxNear sur, et potentiellement (j'y réfléchis : MelloxMatt?, BBxOC?). Attention quand je dit couple, je parle pas forcément d'une histoire d'amour mais parfois juste de relations ambigüe.

Disclaimer: Aucuns de ses persos ne sont à moi (Sauf S), mais un jour j'aurais assez d'argent pour acheter au moins une tablette de chocolat dans laquelle Mello aura croqué et je ferait des clones en utilisant son ADN.

Note: Ça faisait longtemps que j'avais envie d'écrire sur Mello et Near. Pour note, même si cette fic est radicalement tournée sur eux, mon OC Somni aura quand même un peu de texte à elle (J'en avais marre des persos féminins de DN, fallait que je tente de faire un peu mieux). Je pense aussi parler des autres enfants de la Wammy. Mattounet bien sûr, mais aussi A et B.

Hop... Hop... Progressivement, mes chapitres deviennent de plus en plus long. Et je crois que je vais devoir faire 19 chapitre pour tout boucler finalement. J'espère que celui-ci vous plaira!


Chapitre 10 : Retournement


This is halloween - The nightmare before christmas

Un souvenir parmi d'autres. Cet Halloween-là:

-MAAaaaaattttt! Matttttt!

Mello pesta une nouvelle fois. Le couteau avait dérapé et lui avait tailladé le pouce. Il faut avoir taillé une citrouille une fois dans sa vie pour réaliser à quel point c'est chiant.

-Voilà, voilà.

Le dit rouquin arriva et lui tendit un couteau petit mais plus acéré. Mello le lui arracha avec un grognement et sans un remerciement, avant de tourner brualement son regard vers son meilleur pote:

-Bordel Mattie, mais en quoi tu t'es déguisé?

Le dit-garnement semblait engoncé dans une double masse rose en mousse spongieuse. Et il avait une sorte d'unique grosse antenne sur la tête.

-Ben ça se voit non?

-Ce qui se voit c'est que c'est artisanal, ça oui. Peut-être en partie génitales mais le truc est petit en comparaison des...

Matt roula des yeux et fit un geste vulgaire en direction de son meilleurs ami.

-Je suis déguisé en poumon, râla t-il. Et ça, c'est la trachée!

Il avait bien le doit de se plaindre, après tout le temps qu'il avait passé sur son déguisement.

Il surenchérit:

-Et puis toi, t'es en quoi d'abord?

Il examina d'un œil critique le blondinet qui avait enfilé un slip et des bottes dorés par dessus un caleçon et un tee-shirt couleur peau -sur lequel il avai dessiné de faux abdos O.o-. Il avait même entouré ses yeux bleus avec du Khôl.

-Ben je suis en Rocky, du Rocky Horror Picture show. Mais y' a rien à dire, un poumon tout seul, c'est dégueulasse mais pas vraiment effrayant.

-Heuh, tu peux parler. Rocky, ça a beau être une sorte de Frankenstein au départ, Finalement, c'est rien de plus qu'un gay bodybuildé avec un slip doré. En plus t'es trop maigre.

-Je te pisse à la raie Mattie... Je te pisse à la r...

-Arrrrgh! Non, pas cette expression là, Mel', c'est vraiment crade... Oh mon Dieu regarde qui arrive.

Matt accrocha sa main à la manche de Mello et ils contemplèrent le nouvel arrivant de la salle commune.

-Bordel, cette année, Near sera déguisé en... Near!

-Hé mais c'est du plagiat, je m'étais déjà déguisé en Near l'année dernière!

-Mello...

-Avoue que j'étais flippant.

-...

Ils continuèrent de creuser leur citrouille pendant que Somni s'occupait de maquiller les plus petits (Les triplés étaient particulièrement bien réussis en Am, Stram et Gram), leur tirant la langue par dessous sa moustache -Elle s'était déguisé en Einstein-. Elle en profita pour passer le visage le visage de Near au crayon vert, tout en gardant son air inexpressif -ce qui collait bien à un zombie après tout-.


Green grass - Scarlett Johanson

Le ciel était gris et l'air sentait le sel. L'imposante bâtisse de briques rouges était huché en haut d'une colline d'herbes vertes et grasses. Au loin, on devinait la masse grise de la mer qui s'étendait à perte de vue. Somni poussa le fauteuil de Matt jusqu'au perron. Il observa avec curiosité sa nouvelle demeure. L avait vécu ici. Abandonnée, la maison présentait une façade triste et négligée qui se lézardait sous les assauts du lierre.

Somni aida le chauffeur à sortir leurs bagages et les déposa devant l'entrée. Bientôt, l'homme remonta dans son véhicule et fit demi-tour, les abandonnant dans ce trou perdu isolé du monde.

Sans rien dire, Somni contempla la campagne environnante, luxuriante et touffue, avant de sortir un trousseau de clefs. Matt n'aimait pas cet endroit, il lui rappelait trop l'orphelinat.

- Être enfermé ici avec toi, c'est comme... Comme un retour dans un passé très lointain qu'on préfèrerait oublier...

Il voulut hausser les épaules mais ne le pouvait pas. Somni le regarda sans mot dire et puis elle soupira. Enfin elle sourit mystérieusement:

- Bientôt ce genre de commentaire n'aura plus lieu d'être...

- Ce qui veut dire ?

- Ce qui veut dire que je vais acheter ton amitié. J'ai quelque chose pour toi à l'intérieur.

Ils se contemplèrent en chiens de faïence, l'un plissant les yeux, l'autre riant sous cape.

- Mais d'abord allons manger !

- Quelque chose de bon j'espère.

- Quelque chose de pas cher surtout. Des pâtes par exemple. Ce que je t'ai acheté a réduit à néant toutes mes économies.

Somni l'aidât à entrer à l'intérieur de la maison, ce qui n'était pas une mince affaire car deux marches précédaient le perron. La jeune femme jura, pesta, secoua sa chevelure dans tous les sens avant de finalement passer par une porte-fenêtre qu'elle ouvrit de l'intérieur.

Avant même de déballer leurs bagages, ils firent un repas frugal dans la cuisine immaculée qui avait dû accueillir les débordements d'appétit de l'ancien détective le plus connu du monde. Somni était obligé de donner la béqué au roux. C'était humiliant mais acceptable en comparaison des toilettes. Enfin, Somni accompagna Matt jusque dans la chambre du rez-de-chaussée.

- C'est là que se trouve ma surprise ? Demanda-t-il, à moitié agacé d'être curieux malgré lui.

- Absolument, répondit la jeune femme. Tu vas voir ! Après ça, je vais être ta nouvelle meilleure amie.

Elle alluma la lumière, qui révéla une pièce spacieuse qui abritait un lit immense, une penderie et une imposante machine surplombée d'une caméra.

- Mattie, je te présente ton tout nouvel ordinateur.

Le jeune homme écarquilla les yeux :

- Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Cet appareil est très récent. Son développement a commencé durant les années 90, même s'il est encore en cours d'expérimentation aujourd'hui. Mais j'ai réussi à obtenir une de ces petites merveilles.

- Qu'est-ce que c'est exactement ?

- Il possède un système spécial que l'on appelle «eye tracking», c'est-à-dire un système de reconnaissance du regard. Plus précisément, la caméra qui le surplombe va analyser les différents mouvements effectués par tes yeux afin de déplacer la souris et de te permettre de naviguer sans mobiliser tes membres paralysés. Le double clic sera effectué grâce aux clignements des paupières.

Matt lui lança un regard effaré :

- Combien peut coûter ce genre de machine ?

- Pas grand-chose pour L. Mais pour moi... J'espère que tu aimes le pain et l'eau...

Matt baissa la tête, et il se mit à pouffer doucement :

- Alors tu disais vrai. Tu vas vraiment me sauver?

Somni se pencha juste à côté de lui et lui mit un bras autour des épaules.

- Rien ne m'empêche d'essayer en tout cas. Est-ce que ça veut dire que tu m'aimes un peu?

Matt secoua la tête mais son visage abordait un large sourire. Le premier sourire sincère depuis son accident. Somni tapota l'épaule sur lequel elle avait posé sa main et ajouta :

- On va aussi mettre en place la reconnaissance vocale afin de remplacer le clavier. Pour le moment, je contrôlerai tes posts sur les forums et sur la messagerie mais pour le reste, tu as carte blanche. Je t'ai même trouvé un vieux final fantasy sur PC.

Matt lui lança un regard de biais, soudainement suspicieux:

- Est-ce que Roger est au courant de tout ça ?

- Non. Roger voulait que ton isolement soit complet. J'ai pris cette décision de ma propre initiative et il vaudrait mieux que cela ne lui revienne pas.

Les yeux de Matt se plissèrent davantage sous ses goggles.

- Pourquoi tu fais ça ? Ce n'est pas gratuit n'est-ce-pas?

Il regardait en face de lui, et l'écran de l'ordinateur reflétait leur deux visages côte à côte. Les yeux verts de Somni étaient froids et calculateurs, pourtant elle répondit sincèrement:

-Non, ce n'est pas gratuit.

-Qu'est ce que tu veux?

-J'ai besoin de tes capacités en informatique. Mais pas pour l'instant, ne t'inquiètes pas. Quand le moment sera venu tu pourras décider si tu acceptes de m'aider ou pas.

-Pourquoi pas maintenant?

-Ce ne sera pas possible avant que tu ais décidé de toi même qu'il était possible de me faire confiance et de me révéler certaines choses.

Matt cligna des yeux plusieurs fois.

-Qu'est ce que tu veux dire?

Comme seule réponse, Somni détacha son bras de l'épaule de Matt puis recula jusqu'au chambranle de la porte.

-Je vais aller chercher les bagages. Après, on essayera de programmer ton fauteuil pour qu'il réponde à la reconnaissance vocale lui aussi.

-Hé, réponds!

Mais elle le laissa seul et impuissant.

Somni sortit sur le perron et regarda la mer au loin. Ils allaient être tranquille ici. Elle porta sa main dans la doublure de sa veste et toucha quelque chose de froid.

Elle ne s'en séparait jamais.

Elle n'avait jamais prévu de trouver le journal intime dans le coffre-fort de Mello. C'était ça qu'elle était venu chercher. Le journal lui avait permis de mettre davantage son plan au point.

Non. De modifier son plan. De façon à ce qu'il lui soit plus doux.

Apprendre toutes ses choses sur Mello, envoyer le cahier à Near, tout ça c'était de l'improvisation. Enfin peut-être que Mello avait prévu le coup, lui.

Elle sortit le papier glacé de la poche intérieur et le contempla en silence.

Le visage figé et enfantin de Mello la fixait de son air narquois. Elle lui rendit son regard, songeant que le petit garçon sur la photo était loin d'être beau.

Il y avait quelque chose de magique dans les traits de Mello qui lui donnait une séduction malsaine, mais il n'avait jamais été beau.

Near était beau. Le visage très régulier, les narines délicates, les lèvres de poupées, la tendresse du cou.

Elle retourna la photographie et ce qu'elle lût lui arracha un sourire:

Dear Mello

Puis elle rangea la photographie et retourna dans la maison après avoir saisit une valise dans chaque main.


Addictions - Superbus (dans les deux sens)

Je reposais le cahier sur mes genoux et soupirais. Comme il l'avait dit dans son dernier paragraphe, dès lors, Mello cessa de s'intéresser à moi. Il passa moins de temps dans la cour à jouer au ballon avec les autres, moins de temps à asticoter Matt pour qu'il cesse de passer sa vie sur ses consoles débiles. En revanche, il prit un abonnement permanent à la bibliothèque où il étudiait parfois jusque très tard le soir.

C'était là où je le croisais le plus, mais il s'asseyait toujours à une table assez éloigné de la mienne, sans pour autant prendre celle qui était le plus loin. Ses yeux glissaient sur moi avec une fausse indifférence. C'est à dire que parfois, il lui arrivait de me saluer, ce qu'il ne faisait jamais avant.

Un simple «Near» accompagné d'un mouvement de tête. Mais c'était tout. Plus d'insultes, plus de colère. Ce simple bonjour teinté d'indifférence était beaucoup plus troublant que si Mello m'avait complètement évité. Même Matt s'autorisait à être sympa avec moi de temps à autre et le blond ne lui disait rien.

A cet époque, du haut de mes dix ans, j'étais extrêmement troublé de ce changement radical, même si bien sûr, je n'en montrais rien. Mello n'avait pas seulement changé par rapport à moi. Il était naturellement plus calme et réservé. Moins envahissant avec les autres. Cette facette de lui si agressive, qui marchait en conquérant, le chocolat se brisant entre ses canines étincelantes, était désormais réservé à Matt.

Je remarquais aussi qu'il se rendait plus fréquemment à la chapelle. Aux même heures que Somni qui était une habituée -Ce qui lui apportait un certains nombre de moqueries de la part de notre tribu d'athée. Mais depuis que Mello y allait si souvent, plus personne ne disait rien-.

Les notes de Mello remontaient aussi. Bien sûr, il avait toujours été le deuxième de la Wammy's depuis que j'étais arrivé et notre différence de niveau avait toujours été ténu, mais dans le cas présent, cet écart se resserrait.

Ce qui était cinq points sur cent la veille se transformait progressivement en un ou deux points d'écart. Les autres élèves l'avaient remarqués eux aussi et suivaient notre duel muet avec appréhension.

Il y avait quelques occasions où Mello arrivait à me battre. En sport, systématiquement, bien sûr. Mais aussi -et de plus en plus- à l'oral. Mello, bien qu'il manque parfois de précision avait une aisance au discours que je n'aurais jamais. Mais malgré cela, je restai le premier incontesté de la Wammy's.

Une fois encore, cela semblait ne pas l'affecter et cela me perturbait d'autant plus.

J'étais habitué à sa présence autour de moi. A son attention constante, qui bien qu'elle me pèse, me rassurait à sa manière. Depuis combien de temps m'étais-je habitué à me sentir exister à travers sa rancœur.

Voilà à quoi j'étais réduit. Il m'avait poursuivit si longtemps. A présent c'était moi qui le traquait. Pas ouvertement bien sûr. Impossible.

Extérieurement, j'étais le même. Mais en douce, je cherchais son reflet dans le cuivre des serrures quand il marchait derrière moi. Dans celui de la lampe de verre quand il étudiait dans mon dos à la bibliothèque. A l'heure des repas, je récupérais le verre qu'il avait oublié de débarrasser pour le ranger moi même. Sur la surface transparente, je voyais l'empreinte de sa bouche. Je pensais alors à ce baiser qu'il m'avait donné.

Je ne me sentais pas vraiment triste, ni déçu. Je m'aperçus que le vide que j'avais éprouvé pour lui depuis tant d'année avait mué en curiosité. Et cette curiosité devenait maintenant fascination.

Tout ce qui avait trait à Mello se perdait dans cet atmosphère de sensualité juvénile et de danger.

Mello entrait maintenant complètement dans l'adolescence. Ses mains devenaient plus fortes, les os de ses hanches saillaient davantage et ses épaules -toujours maigres- devenaient plus noueuses que tendres. Sa voix, qu'il avait eu assez aigu pendant longtemps prenait une tournure plus profonde, plus animale.

Plus que crier, il adorait susurrer. Plus qu'effrayer, il aimait inquiéter.

Il jouait le jeu de l'eau qui dort. Bien qu'il reste assez adepte de son habituel tee-shirt noir avec caleçon trop grand assortit, sa garde robe se remplit de nouvelles textures. Cuir mat d'un blouson. Jean sombre trop moulant. Puis carrément pantalon de cuir lacé sur le devant.

Quand à moi, les années glissaient sur mon visage de bébé sans l'affiner ni le vieillir. Cela ne m'aurait pas agacé si cela n'avait pas creusé l'écart qui se trouvait déjà entre moi et Mello -à l'avantage de Mello-.

Matt aussi grandissait. Il était toujours aussi maigre et dégingandé dans son pull à rayures mais son visage se teintait d'une masculinité qui lui assurait d'être toujours poursuivit par les attention des filles les plus idiotes de l'orphelinat -qu'il daignait peloter si elles ne gloussaient pas trop-. Pour sa défense je tiens à dire qu'il n'y avait pas de fille vraiment idiote à la Wammy. Même Somni qui n'était pas une surdouée aurait été considérée comme plutôt intelligente dans une classe moyenne -mais il fallait dire que ses capacités étaient stimulées en permanence depuis qu'elle était arrivée ici-.

Les jours coulaient plus paisiblement qu'avant, mais je ressentais quand même un manque désagréable.

Et puis un jour il se passa quelque chose. Back up était partit déjà depuis quelques mois, laissant Somni plus seule qu'elle ne l'avait jamais été, ombre fuyante dans les couloirs de l'institut.

Un matin, Roger nous convoqua tous dans la salle commune où il nous raconta en détail les différents faits de la dernière enquête de L. The los Angeles B.B. murder case. C'était le 22 août 2002.

Somni n'était pas là. Depuis le matin, elle était enfermée dans le bureau de Roger, en tête à tête avec un ordinateur qui diffusait une voix modifiée qui l'interrogeait. L'écran était remplit d'une grande version stylisée de la lettre L.

Somni ne parlerait pas de cet interrogatoire par la suite, mais quand quelques mois plus tard, une rencontre avait été organisé entre nous et le L caché derrière son ordinateur, Somni n'avait pas montré son nez. Mais c'était sans importance. Dans la course pour la succession, elle était hors jeu dès le départ.

Plus que jamais, Somni ne parlait plus à personne. Elle passait sa vie à la bibliothèque, peinant durant des heures sur des exercices qui me paraissaient évident. Aussi, pourquoi avoir choisit l'architecture? Les matières scientifiques lui avaient toujours posés de sérieux problème. Mais elle s'acharnait. Comme pour nous prouver que si elle le voulait, elle aussi pouvait réussir.

Personnellement, ça m'était égal. Mais ça ne l'était pas à Mello. Parfois je le surprenais, la tête placée au dessus de l'épaule de la jeune fille, corrigeant machinalement un de ses exercices, griffonnant des notes dans la marge, du haut de ses douze ans.

Un matin, tout près de Noël, dans le couloir de l'étage des filles, Mello a émergé de la chambre de Somni, encore fripé de sommeil et en caleçon. La rumeur que le second de la Wammy's couchait chez la dernière a fait le tour de l'établissement comme une trainée de poudre qui s'enflamme. Je crois que Linda me l'a littéralement hurlé pendant que je buvais mon thé du matin. Enfin, couchait chez... Et avec surtout.

C'était doublement choquant parce que Somni était beaucoup plus âgée que Mello. Mais en fait, elle était si petite que depuis six mois, le blond la dépassait de deux centimètres -Et Mello n'était pas un modèle de grandeur, bien qu'il ait une tête de plus que moi. Et puis intellectuellement, il la dépassait largement. Quoiqu'on parlait là de QI et pas de maturité.

En tout cas, ni l'un ni l'autre n'a nié, se contentant de hausser les épaules et de changer de conversation quand on osait les interroger.

Je me fichais que Mello couche avec S ou non. Mais je me suis demandé si il l'avait déjà embrassée.

Et ça, ça faisait un peu mal.


Entre le boeuf et l'âne gris - les petits chanteurs de chaillot

23 décembre 2002

Cher journal,

Hier était un jour gris.

J'ai rejoins Somni à la chapelle le soir. Elle ne m'attendait pas. D'habitude je ne viens que le matin. C'était une erreur, je suppose qu'elle préférait être seule.

La chapelle était toute sombre, la nuit était tombée depuis longtemps. Il n'y a pas d'orgue dans la chapelle, mais il y a de bonnes enceintes et le son rend bien. Quand on était petit, avec Matt, on venait pour y écouter du métal.

Somni avait mit de la musique. Un truc chrétien pour Noël. Dans le fond, je ne crois pas être catholique, pas plus que Somni d'ailleurs. Mais je sais pourquoi elle écoutait cette musique.

Parce que ça lui rappelait les Noël. Dehors.

Est ce que quand elle était dans la rue avec Aslant, il l'emmenait sur le parvis de la cathédral de Prague, écouter les chœurs religieux?

Un chanson Madeleine de Proust en quelque sorte. Une chanson qui sent le sapin, la neige et le pain d'épice.

J'ai contemplé son dos. Elle était si raide. Les cheveux blonds nattés. Enfoncée dans sa robe noire col roulé sans manche. Les bras piquetés de chair de poule dans l'air glacé de l'église.

Les paroles résonnaient, amplifiées par la pierre:

Volent à l'entour

De ce grand Dieu d'amour...

Il n'y a pas d'amour. Il y a cette fille seule et maigre. Sans parents. Toute froide dans une église déserte. Je me suis sentie si horriblement triste.

Il n'y avait qu'une seule lumière dans le lieux de culte. C'était la bougie qu'elle avait allumé pour Aslant. Toutes les autres étaient éteintes.

Est ce qu'il restait autre chose à Somni que cette saloperie de bougie?

Je me suis rapproché jusqu'à aller m'asseoir à ses pieds. Elle ne m'a pas jeté un regard. Ses prunelles vertes étaient si vides. Le reflet double de la bougie s'y reflétait.

J'ai posé mon visage contre ses genoux nus et elle a caressé mes cheveux, machinalement, tendrement, toujours sans me regarder.

Entre les deux bras de Marie,

Dors, dors le petit fils

Je me suis sentit comme ça. Comme si c'était Masha qui passait sa main sur mon front. J'étais protégé. Plus que je ne l'avais jamais été toutes ses années.

J'ai resserré mes bras autour de sa taille et je lui ai demandé si elle voulait bien faire l'amour avec moi. C'est venu tout seul.

Enfin, elle m'a regardé. Sans surprise, sans expression particulière. On a attendu que la chanson se termine et puis je l'ai suivie dans sa chambre.

Elle a passé sa robe par dessus sa tête, avant de se glisser sous les couvertures, sans me regarder, sans ôter ses sous-vêtements. J'ai fait pareil et je me suis installé juste à coté d'elle.

Elle a enroulé ses bras autour de moi et a enfouit son nez dans mes cheveux.

J'ai un peu touché ses seins mais elle n'a pas réagit. Elle s'était endormie.

Je ne me suis même pas sentit en colère. Je l'ai serrée fort aussi et j'ai dormis comme un môme. Je crois que je me suis fait avoir. Finalement c'était elle qui avait besoin de moi, pas le contraire.

Quand je me suis réveillé, j'avais toujours le nez contre sa peau. Elle sentait la maman. Enfin, la fille quoi. J'ai bougé et elle a émergé du sommeil à son tour.

«T'es gonflée.» Je lui ai dit.

Elle a répondu «Tu voulais faire l'Amour? Tu n'avais pas besoin d'un autre Amour que celui-là.».

Parles pour toi ma vieille. Puis elle s'est retournée avant d'ajouter:

«Pour du sexe, tu devrais demander à Matt plutôt... C'est évident que tu lui plait...»

«Mais... C'est un garçon...»

«Et alors? Être un garçon ne t'empêche pas de porter un carré avec brushing comme une petite bourgeoise... Et entre nous, c'est tout aussi évident qu tu es gay.»

...

Ah?

Je lui ai demandé de me promettre de ne jamais dire à Matt qu'on avait pas couché ensemble. Elle a promit. Jamais, jamais. Même si j'étais vierge et lui pas, tant qu'il ne le savait pas, c'était pas grave. Et ma sortie fracassante dans le couloir des filles allaient alimenter des ragots pour plusieurs générations de génies à la Wammy.

Peut-être même que L est au courant.

Mello.


Mello: C'est pas pour dire Somni... Mais j'ai l'impression que ta réputation de femme fatale, c'est du vent...

Matt: C'est vrai ça. En fait, tu sortais pas avec B. Tu n'as pas couché avec Mello. Bientôt on apprendra que tu posrte des talons hauts parce que tu as une forme de pied inadaptés à porter des talons plats, hein?

Somni: ...

Near: Et puis c'est quoi ce bordel, pourquoi c'est toi qui a la photo de Mello maintenant?

Somni: Ah ha. Il y a encore des choses que vous ignorez sur moi.

Mello: En plus tu écoutes des chants de Noël, c'est complètement dépassé ça!

Somni: J'y peux rien, cette chanson, c'est vraiment la chanson d'enfance de l'auteur et sa mère l'avais mis à fond en préparant le sapin pendant qu'elle écrivait ce chapitre.

Moi: Moui, ma chanson-Madeleine. et je pense que je publierai un chapitre plus vite que d'habitude la semaine prochaine. Surprise pour l'anniversaire de Mellowwwwwwwwww!