Annonce : Tout l'univers de Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
Note de la traductrice : Hello les lecteurs ! Comme promis, il y a certes un boooon bout de temps, voici la suite du chapitre 9 ! (Je le reposte histoire que vous le voyiez.) J'ai bien galéré, avec mon PC qui fait des siennes, et avec le boulot qui me prend tout mon temps, mais le voici, le voilààààà. Just appreciate :)
Chapitre 9
- Point de vue Bella -
Je savais que quand je m'étais endormie la nuit dernière, je me trouvais de mon côté du lit. J'avais bien serré la couverture autour de moi, m'enfermant dans un cocon, de sorte que je ne puisse pas bouger de la nuit.
Mais là, juste quelques heures plus tard, j'ouvris les yeux à cause de la lumière du matin, et réalisai que mon plan avait échoué. J'avais quand même bougé. Parce que la première chose que je vis quand j'ouvris les yeux, était le contour pâle de l'épaule d'Edward. J'étais collée contre lui, mes bras autour de ses hanches, et sa tête était enfouie dans mes cheveux. Un de ses bras m'entourait. A vrai dire, ce n'était pas une des pires façons de se réveiller. Et je n'avais fait aucun cauchemar de toute la nuit.
A proprement parler, je ne me rappelais pas avoir rêvé du tout. Je ne m'étais pas tournée, et retournée je ne m'étais pas agitée ou je ne m'étais pas réveillée en pleine nuit, une sueur froide collant à ma peau.
Je changeai un peu de position et levai le regard vers le visage d'Edward. Il semblait dormir profondément et le plus tranquillement du monde. Il ne le serait sûrement plus quand il se réveillerait et réaliserait que je m'étais débrouillée pour me faufiler entre ses bras.
En plus il m'avait assurée que lui se briderait. Quelquefois, je me disais que ce n'était pas de lui que l'on devrait s'inquiéter. Après tout, il était resté de son côté du lit.
J'essayai de bouger un peu mes fesses de là avant qu'il ne se réveille, et qu'il me demande ce que je faisais là, après avoir insisté lourdement la nuit dernière.
« Il est trop tôt. » marmonna-t-il, adorable.
Je me statufiai.
Etait-il toujours endormi, à la limite de la conscience, ou était-il réveillé tout ce temps, attendant de voir ce que j'allais faire ? Je pensais que je mourrais si c'était la deuxième solution.
Il bougea un tout petit peu et marmonna encore, mais ses yeux restaient clos, j'en déduisis donc qu'il n'était pas complètement réveillé. Et il ne me sembla pas qu'il allait reprendre conscience de sitôt.
« Dors encore un peu, mon amour. » murmura-t-il, encerclant mes hanches et me rapprochant de lui, supprimant les quelques centimètres que j'avais réussi à mettre entre nous.
Il soupira de contentement, et fourra son visage dans le creux de mon cou.
Je me mordis la lèvre, débattant intérieurement.
J'avais essayé de m'échapper, mais cela ne semblait plus une solution convenable. En effet, je l'avais presque réveillé, et je savais qu'il tentait de dormir le plus longtemps possible.
« Bella. » chuchota-t-il dans son sommeil.
Mon cœur loupa un battement, son souffle parcourut la peau de mon cou, et mes dernières bonnes résolutions flanchèrent.
Je reposai ma tête sur son épaule, là où c'était le plus confortable, et j'enroulais de nouveau mes bras autour de lui.
Je ne voulais pas réveiller Edward, après tout, pas vrai ?
La maison était magnifique, je n'aurais jamais voulu partir.
« Ne peut-on pas venir ici dès maintenant ? » soupirai-je, mélancolique.
Edward me sourit, les yeux rivés au mur, les bras passés derrière la nuque.
« Tu aimes ? » demanda-t-il.
J'acquiesçai, enthousiaste.
« C'est parfait. » lui assurai-je.
Edward m'avait demandé plus tôt si je voulais aller avec lui voir la maison. Toute la famille pensait que nous étions allés faire des courses. Enfin, à part pour Alice. Elle croyait que nous étions partis quelque part pour passer un moment « romantique à deux ». Je l'espérais.
Non ! C'est juste ton ami, Bella. Ton ami extrêmement sexy avec qui tu prétends être mariée pour empêcher ton ex de te retrouver et de te tuer.
Que d'amusement !
« Je suis heureux que tu l'aimes. » dit Edward, me sortant de ma rêverie.
Je rougis. J'étais tellement heureuse qu'il ne puisse pas lire mes pensées, parfois.
« Cela signifie beaucoup pour moi que tu sois venue voir la maison avec moi avant que nous en parlions à ma famille. »
« Merci. » dis-je, regardant tout autour de moi encore une fois.
Je ne pouvais imaginer que quelqu'un n'aime pas cette maison. Elle n'était pas aussi imposante que celle de ses parents, mais cela m'allait très bien. J'adorais la maison des Cullen, mais c'était vraiment trop extravagant juste pour Edward et moi. En plus, cette maison avait du charme. Elle était confortable.
Des fleurs entouraient l'allée menant à l'entrée, et l'extérieur de la maison était entièrement fait de briques rouges. Il y avait une grande baie vitrée, avec un sofa devant, idéal pour s'y pelotonner avec son livre préféré. D'un autre côté de la pièce se tenait une grande cheminée de briques.
Et la cuisine était réellement telle que je me l'étais imaginée : grande et spacieuse avec plein de plans de travail. Il y avait un pan de mur recouvert de fenêtres, un peu comme chez les Cullen, laissant passer la lumière dans toute la cuisine, et réchauffant le coin du petit-déjeuner. Me tenir là suffisait à me donner envie de concocter des gaufres, et m'asseoir devant une grande tasse de café fumant.
Cette maison était faite pour moi.
« Tu es la bienvenue. » dit Edward joyeusement, faisant tourner ses clés sur son doigt. « Voudrais-tu voir l'étage ? »
J'acquiesçai.
Edward me prit la main en montant les marches, se rappelant sûrement ma superbe maladresse. Je n'arrivais pas à me coordonner.
Mais cela eut l'effet inverse. J'avais à me concentrer deux fois plus pour ne pas tomber, car ses longs doigts autour des miens étaient très perturbants.
« Je pensais faire de cette pièce une salle de musique. » dit-il, montrant de la tête la première pièce dans laquelle nous entrâmes.
Il n'avait toujours pas lâché ma main, et je ne savais pas si c'était parce qu'il avait oublié, ou parce que… et bien. Je ne savais pas quelle autre raison il pourrait y avoir.
« Mais si tu veux en faire une bibliothèque, ça pourrait aller aussi. »
Mes yeux pétillèrent à l'idée d'avoir une bibliothèque.
« On pourrait faire les deux ? » lui proposai-je, excitée.
Je ne voulais pas qu'il laisse tomber l'idée d'une salle de musique. Je ne savais pas ce que ça donnerait mais cela semblait important pour lui.
Edward poussa la porte et mes yeux s'agrandirent soudain.
Cette pièce était magnifique. Elle était de taille moyenne, avec encore une fois un mur rempli de fenêtres, et un siège devant. Je bavais d'envie à l'idée que cela devienne une bibliothèque.
Les murs étaient de couleur crème et cela attirait la lumière sur l'étagère remplie de livres, d'un côté de l'assise près de la fenêtre. Tout était parfait.
« Je pense que ça pourrait le faire. » dit finalement Edward. « On pourrait mettre le piano en plein milieu de la pièce, et la chaîne hifi de l'autre côté, contre ce mur. »
Mes sourcils s'arquèrent à nouveau. Un piano !
« Et on pourrait mettre une causeuse près de ce mur-ci. » dit-il en montrant le mur d'en face de la porte.
Il se gratta la tête de sa main libre.
« Une autre étagère pour des livres derrière le canapé ? »
Il me regarda, attendant de voir si 'j'approuvais'.
« Edward ! » m'écriai-je.
Eh oui, moi, Bella Swan… euh, Cullen, ai vraiment crié.
« Cela semble incroyable ! » dis-je, souriant de toutes mes dents et secouant sa main.
Ce geste répondit à ma question, car lorsque que j'eus secoué sa main, il regarda nos mains liées avec une adorable expression confuse sur le visage, comme s'il venait de réaliser qu'il ne m'avait pas lâché depuis que l'on était à l'étage. Il y eut un sursaut de je-ne-sais-quoi dans mon cœur à la vue qu'il n'avait pas gardé ma main intentionnellement.
Mais il regarda à nouveau mon visage et me fit l'un de ses plus beaux sourires.
« Je suis content que tu aimes cette idée. » dit-il, rayonnant.
J'acquiesçai, enthousiaste.
« Donc cela ne te dérangerait pas de partager cette salle avec moi ? » me taquina-t-il.
Je détournai ma tête de lui, incapable d'éloigner le sourire de mon visage.
« Ca dépend. » dis-je timidement.
Il fronça les sourcils.
« Ça dépend de quoi ? » demanda-t-il, suspicieux.
Je ris à son expression circonspecte. Comme s'il pensait que j'allais faire un emploi du temps que nous passerions chacun notre tour dans cette pièce.
« Joues-tu vraiment du piano ? » demandai-je.
Il approuva, toujours avec son expression bizarre.
« Depuis que j'ai quatre ans. » admit-il.
Dong. Est-ce qu'il y avait quelque chose que cet homme ne pourrait faire ?
« Est-ce que tu es bon ? » demandai-je, essayant d'être sérieuse. « Parce que je ne crois pas pouvoir venir m'asseoir ici pour lire, avec quelqu'un qui joue du piano comme un chat qui se coince la queue dans une porte. »
Il pencha la tête en arrière et éclata de rire. J'en souris. Je m'étais jurée de le faire rire à nouveau comme ça.
« Eh bien, la beauté est dans l'œil du plus fin observateur, n'est-ce pas ? » ricana-t-il.
Je hochai la tête.
« C'est vrai. » lui accordai-je. « Mais je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit de beau dans le cri d'un chat qui se coince la queue. »
Il gloussa.
« Je te jouerai un morceau quand on aura le piano. » me promit-il. « Et si je passe l'inspection, est-ce qu'à ce moment, nous pourrons partager cette pièce ? »
« Cela me parait bien. » ris-je sottement.
Olala, je criais et gloussais ? Je devais arrêter de fréquenter Alice !
Mais j'avais une chouette vision en tête. Moi, assise sur le canapé près de la fenêtre, absorbée dans n'importe quel livre que je lirais à ce moment-là, tandis qu'Edward jouerait quelque chose de lent et relaxant sur le piano. Ce serait comme mon propre concert privé. Et il n'y avait pas de doute dans mon esprit, que lorsqu'il jouerait, ce serait magnifique. L'agent Cullen ne faisait jamais rien à moitié.
Nous n'avons fait que cela de la matinée, faire le tour de toutes les pièces de la maison, décidant à chaque fois ce que chacune deviendrait. Il y avait quatre pièces tout en haut de la maison : la bibliothèque/salle de musique, une salle de bains, et deux chambres. L'une serait la chambre d'amis, et l'autre serait la nôtre.
Enfin, ce serait ce qu'on dirait aux gens qui viendraient visiter la maison, s'ils demandaient à en faire le tour. Je savais que sa famille viendrait. La 'chambre d'amis' serait pour le moment la chambre d'Edward. Et j'aurais la grande chambre familiale pour moi toute seule. Une partie de moi était contente de bientôt avoir un espace pour moi toute seule, après avoir été observée quasiment 24h/24 pendant un an. L'autre part de moi était triste de ne pouvoir se réveiller dans les bras d'Edward à nouveau. Je ne laissai pas mon esprit vagabonder plus longtemps de ce côté-là de mon esprit.
Après avoir visité toute la maison, et vu le jardin -qui était magnifique, avec son grand arbre centenaire, d'où se balançait un vieux pneu-, Edward décida que nous devrions aller boire un bon café. J'imaginais qu'il accueillait d'un bon œil d'être un peu séparé de sa famille. Il l'adorait, c'était carrément plus qu'évident, mais tout le monde a besoin d'une pause de temps en temps.
« Mad'moiselle. » me sourit-il, tandis qu'il m'ouvrait la porte du petit bistrot dans lequel nous nous étions arrêtés.
Je lui souris en retour, m'efforçant de ne pas me moquer de lui.
Il rigola.
« Ouch. » fit-il, me lançant un clin d'œil. « Tiens, voilà donc une vraie dame… »
« Edward ? »
Ma tête et celle d'Edward se tournèrent brusquement vers la voix ennuyeuse et perçante qui s'était manifestée.
Une grande femme rousse se tenait à une table, un énorme sourire sur le visage, tandis qu'elle regardait Edward.
Elle était magnifique. Elle avait de longs cheveux roux bouclés, de grands yeux bleus, et des jambes interminables. Je la détestai immédiatement.
Sois une cousine, pensai-je. S'il te plait, sois une cousine.
Edward la maudit en soupirant. Je ne l'avais jamais entendu maudire qui que ce soit, et cela me donna envie de le faire aussi, parce que je savais que ce n'était pas une cousine.
« Eddie ! » s'écria-t-elle, en s'avançant vers nous.
Mes yeux lancèrent des éclairs. Même sa femme n'était pas autorisée à l'appeler comme ça.
Edward ferma les yeux et pressa ses doigts contre ses tempes, comme si entendre cette voix criarde l'appeler par le surnom qu'il détestait le plus suffisait à lui donner la migraine.
Enfin, cela me faisait mal au crâne, c'était certain.
« Salut Tanya. » répondit-il poliment, en ouvrant les yeux.
Sa voix était contrôlée et mesurée, et il n'y avait pas cette « lumière » dans ses yeux. J'eus un sentiment de fierté à l'idée qu'il n'était pas content de voir cette personne.
« Eddie. » dit-il une fois de plus.
Wow, elle avait un vocabulaire débordant. Vraiment.
« Tanya. » soupira-t-il. « Tu sais que je n'aime pas que l'on m'appelle comme ça. »
Elle gloussa comme s'il avait sorti la meilleure blague au monde.
« Mais moi j'aime bien. » ronronna-t-elle.
Il fronça les sourcils et entoura ma taille d'un de ses bras, me tenant plus près de lui.
La femme -Tanya, c'est ça ?- fixa le bras autour de ma taille, comme si elle ne m'avait pas vue auparavant. C'était d'ailleurs dur à croire, vu que je la fusillais du regard depuis le début de cette conversation inintéressante.
« Mon amour, voici Tanya. »
Il resserra son étreinte autour de ma taille, et me fit un bisou sur le sommet du crâne.
« Tanya, voici ma magnifique femme, Bella. »
Je ne pus me retenir de sourire d'un air satisfait.
Les yeux de Tanya s'élargirent, et son visage pâlit. Elle semblait proprement horrifiée.
« Ta quoi ? » grinça-t-elle.
Edward s'éclaircit la gorge.
« Ma femme. » dit-il lentement. « Bella. »
Je souris d'un air angélique, et tendis une main vers elle.
« Enchantée. » dis-je poliment. « Quel est ton nom déjà ? »
Edward tourna les yeux vers moi et souleva un sourcil, amusé.
Elle nous regarda l'un après l'autre, avant de se racler la gorge, et de me serrer la main à contrecoeur.
« Tanya. » répéta-t-elle, glaciale.
« Oh. » fis-je comme si je m'en souvenais à l'instant. « C'est vrai. »
Je souris vers Edward, qui s'efforçait tant bien que mal de rester impassible.
« Enchantée, Tanya. »
Elle me lança un regard dédaigneux. Ouvertement.
« Eh bien, je suis sûre qu'Eddie t'a tout raconté à mon propos. » bouillonna-t-elle. « Nous étions au lycée ensemble. »
Je la regardai avec une expression vide. Pour être honnête, il ne m'avait vraiment jamais parlé d'une quiconque Tanya.
« Donc. » dit-elle, ses mots hachés contrastant avec son immense sourire. « Quand t'es-tu marié, Eddie ? »
« Edward et moi rendons juste visite à sa famille, nous rentrons de lune de miel. » lui répondis-je, passant aussi mon bras autour de la taille d'Edward.
« Ah, bien. » commenta-t-elle, comme si elle pensait que c'était tout sauf bien. « Dire que je pensais qu'Edward ne voudrait jamais se caser. »
Edward soupira.
« Je ne pouvais pas la laisser partir. » dit-il. Il semblait se trouver dans une situation vraiment inconfortable.
Je rougis, et regarda le sol, en empoignant un peu plus sa taille. Je savais que je n'avais absolument aucune raison d'être jalouse de Tanya. Ou d'aucune autre fille de son passé, à vrai dire. Mais je ne pouvais arrêter de me demander combien d'autres filles il y avait eues dans ce passé.
« Eh bien, parfait. » dit-elle, avec un regard meurtrier.
Elle loucha vers moi.
« Enchantée, Bridget. »
Je hochai la tête avec raideur. C'est ça, enchantée.
« Eddie. » ronronna-t-elle, battant des cils et essayant d'avoir une voix séductrice. « Tu as mon numéro si tu veux… Parler. »
Elle se pencha légèrement en avant, assez pour s'assurer que l'on voie son décolleté. Qui portait un décolleté, un jour où il faisait froid, à Forks ?
« On reste en contact. » glissa-t-elle.
Je la fusillai encore du regard. J'ai connu des rochers qui pouvaient être plus subtiles qu'elle.
« Tanya. » dit-il poliment, mais il n'y avait rien dans sa voix qui pouvait être interprété comme l'acceptation de cette « offre ». « Etant donné notre relation passée, je ne suis pas sûr que ma femme apprécierait ça. »
Sa femme n'apprécierait vraiment pas ça. Même si ce n'était qu'une fausse femme. Tanya n'avait pas à savoir ça.
« Je crois qu'il y a une table libre dans le coin, là-bas, mon amour. » dit Edward.
J'acquiesçai.
Tanya souffla, et partit sans aucun autre mot à notre égard.
Edward soupira.
« On y va ? » continua-t-il, montrant la table de sa main libre.
Je ne savais pas ce qu'il m'arrivait, si c'était l'adrénaline causée par la jalousie qui parcourait encore mes veines, ou si j'eus un soudain regain de confiance.
Je me mis sur la pointe des pieds et l'embrassai sur la joue.
Edward se glaça.
« Elle regardait encore. » marmonnai-je doucement, avant d'enlever mon bras de sa taille, et de poser ma main sur le sien.
Mon rougissement était si visible à vrai dire, que j'étais sûre qu'autant de chaleur émanait de ma peau, que du soleil. Qui savait que la jalousie était une émotion si puissante ?
« Quelqu'un est jaloux ? » demanda-t-il, très amusé, et il tira une chaise pour moi.
Je baissai les yeux, me cachant derrière mes cheveux.
« C'était bien la réaction d'une vraie mariée, non ? » marmonnai-je encore.
C'était une bonne idée. Tout le monde aurait été suspicieux si la nouvelle femme d'Edward n'était pas le moins du monde affectée par l'apparition de Tanya. Mais je ne pensais pas à ça, quand elle était là. La seule chose à laquelle je pensais à ce moment-là était que Tanya devait déguerpir.
« Je crois que tu as sous-estimé tes pouvoirs d'actrice, mon amour. » se moqua-t-il.
Je regardai la table. Qu'il était frustrant, parfois.
« J'ai appris à le devenir. » me dérobai-je. Mais je ne faisais pas semblant, et nous le savions tous les deux.
Je relevai les yeux, pensive, et perdis toute capacité à respirer.
Son visage était à peine à quelques centimètres du mien, sa respiration courant sur mes lèvres comme une caresse.
« Tu es incroyablement adorable quand tu es jalouse. » expira-t-il.
« Euh… Hum… Euh. »
J'avais l'impression que mon cerveau s'était éteint. C'était comme si les mots de Tanya avaient glissé sur moi sans m'atteindre.
Je me mordis la lèvre sans y penser, et ses yeux se fixèrent instantanément sur elle, son regard s'assombrissant. Il passa sa langue entre ses lèvres, toute trace d'amusement ayant disparu de son visage.
Je n'avais jamais vraiment étudié les lèvres d'Edward en détail, mais maintenant que c'était le cas, je pourrais en écrire des sonnets. Elles étaient pulpeuses et douces, et celle du bas était légèrement saillante. Mon dieu, je rêvais de me pencher d'un tout petit centimètre, pour réduire la distance qui nous séparait, et mordiller cette lèvre boudeuse mais parfaite.
« Edward ? »
Nous nous écartâmes l'un de l'autre instantanément, comme si nous nous étions brûlés. Edward ne lâcha mes yeux qu'au bout de quelques secondes, et tourna la tête vers le nouvel arrivant, les joues toutes teintes de rose.
« Oui ? » dit-il, semblant étourdi, tandis qu'il prêtait attention à la personne qui l'avait appelé.
Je laissai échapper une respiration tremblotante, avant de me recaler au fond de ma chaise. Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ? Qu'en était-il de ma propre mission de ne pas aimer Edward ?
Je jetai un œil dans le restaurant blindé, et rougis. Pas seulement parce que j'aimais l'agent qui devait me garder en vie -soyons honnête, il n'était plus temps de nier à présent-, mais aussi parce que je l'avais embrassé devant toute une salle pleine à craquer.
« Félicitations, jeune homme. » entendis-je quelqu'un dire, et je relevai les yeux, hésitante, toujours rougissante.
Un homme aux cheveux gris, sous lesquels naissait une calvitie, se tenait devant moi. Edward s'était levé pour serrer sa main.
Il avait un regard sympathique, un nez proéminent, et de grosses lunettes cerclées de noir.
« Ton père m'a dit que tu étais revenu à la maison avec une plutôt grosse surprise. » rigola-t-il.
Edward sourit, quelque peu timide.
« Bella, voici Dr. Clark. »
Je me relevai également pour serrer la main de l'homme, et Edward passa son bras autour de mes hanches sans même sembler y penser.
« Dr. Clark, voici ma femme Bella. »
L'homme me sourit gentiment, et me serra la main. Elles étaient grandes et calleuses, avec des doigts râpeux, mais elles étaient chaudes.
« Je suis enchantée. » dis-je, peu rassurée.
« Moi de même. » me dit-il, poliment.
Il posa sa main sur l'épaule d'Edward.
« Je voyais déjà Edward traîner ici, alors qu'il était à peine âgé de huit ans. » me dit-il, clignant de l'œil.
Je souris, essayant d'imaginer Edward comme autre chose que le formidable agent de la CIA qui savait tout sur tout.
« Carlisle l'avait emmené au travail, pour la journée père-fils. » expliqua-t-il. « Ce jeune homme était partout, essayant d'aller partout où il pouvait, pour tout voir, et voulait savoir tout ce qui se passait. Il voulait prendre un scalpel et nous suivre en salle d'opération. »
Edward s'indigna, me lançant un regard voulant dire : 'tu ne crois pas vraiment à ce qu'il dit, hein ?'
Je ricanai.
« Certaines choses ne changent jamais, n'est-il pas ? » piquai-je.
Edward me fusilla des yeux, joueur.
« Merci, Dr. Clark » dit Edward, lui lançant le même regard.
Le Dr. Clark rit.
« Ok, ok. » dit-il, levant les mains comme s'il se rendait à la police. « Je vois où tu veux en venir. »
Il me prit la main une nouvelle fois, et m'embrassa sur le dessus.
« Tu devrais faire attention, Edward. » s'amusa-t-il. « Si j'avais trente ans de moins… »
Edward s'enflamma.
« Faites attention, vieil homme ! »
Le Dr. Clark pouffa.
« J'étais très heureux de te rencontrer, Bella. » dit-il, sur le départ. « Carlisle et Esmé t'adorent. »
Je rougis, baissant les yeux, intimidée.
« Moi de même, Dr. »
Edward rigola, secouant la tête, et se rassit.
Je le suivis, et me rassis aussi, tout en prenant le menu qui se trouvait au milieu de la table.
« Il a l'air d'avoir bon fond. » commentai-je, le regardant par-dessus le menu.
Il acquiesça.
« C'est un très gentil homme. » promit-il.
Il grimaça.
« Même s'il a essayé de me piquer ma femme. »
Je reniflai, et décidai de changer de sujet.
« Je suis heureuse que ton habitude de te trimballer avec des scalpels ait pris fin. » me moquai-je.
Ses yeux roulèrent.
« Je ne comprenais pas pourquoi un jeune homme de huit ans ne pouvait pas aider à opérer. » dit-il. « Et rester assis à attendre n'était pas aussi drôle que de les voir remplacer un cœur. »
Je frissonnai.
« Eurk. » grognai-je, sortant ma langue. « Du sang. »
Edward rit.
« On pourrait peut-être commander ? » suggéra-t-il.
Comme si on l'avait appelée, ou comme si elle nous regardait depuis le début, une jeune femme (à peine plus jeune que moi), vint et prit notre commande, puis s'enfuit très vite, rougissant comme une collégienne.
« Je suis désolé. » dit-il calmement, presque penaud, après un court silence.
Je levai les yeux, les sourcils arqués d'interrogation.
« Pour Tanya. » expliqua-t-il. « Elle est… »
« Dogmatique ? » proposai-je. « Extrêmement sûre d'elle ? Implacable ? »
Il leva une main comme pour m'arrêter.
« Oui. Un peu de tout ça. » admit-il.
Je haussai les épaules, mes yeux se tournant de nouveau vers la table.
« Ton ex ? » demandai-je, comme si je faisais la conversation.
Edward ne dit rien pendant un moment, et je regardai à travers mes cheveux. Il semblait très mal à l'aise et il se frottait la nuque nerveusement.
« Eh bien… oui. »
Je hochai la tête, lui faisant comprendre qu'il n'avait pas besoin de m'en dire plus s'il ne le souhaitait pas.
« On s'est rencontrés au lycée. » continua-t-il, et je levai les yeux timidement. « Lors de notre dernière année. »
« Oui… » l'incitai-je.
« Elle aurait aimé que nous déménagions en ville, et que nous allions à la fac ensemble. Je n'étais pas prêt à ça. »
Il haussa les épaules.
« Et ce n'était pas vraiment ce que je prévoyais… comme tu le sais. »
Il s'éclaircit la gorge maladroitement.
Ah oui, la petite amie qui veut aller en fac avec vous alors que vous vous préparez à intégrer la CIA en secret. Je voyais très bien pourquoi ça ne pouvait pas marcher.
« Mais pourquoi… » commençai-je, mais je m'arrêtai, jouant avec le coin du menu.
Edward souleva un sourcil.
« Quoi ? » m'incita-t-il.
« Rien. » marmonnai-je. « Aucune importance. C'est pas mes affaires. »
Edward pencha la tête sur le côté, me regardant intensément.
« Qu'est-ce qui pourrait ne pas être les affaires de ma femme ? » dit-il finalement.
Il avait un ton amusé, mais je pouvais dire que ça le tuait de ne pas savoir à quoi je pensais.
Je soupirai.
« C'est jusque que… » commençai-je une nouvelle fois, m'efforçant de lui sortir ça avec le plus de tact possible. « Pourquoi… Pourquoi voudrais-tu sortir avec une fille comme elle, au premier abord ? »
Je sentis mon rougissement fuser aussi vite que mes mots, mais elle était tellement… dogmatique, sûre d'elle et implacable. Oh oui, elle l'était.
Je le scrutai pour voir sa réaction, priant pour que ma question ne l'ait pas offensé.
Il haussa les épaules.
« Je ne sais pas. » admit-il. « Elle n'est pas vraiment si mauvaise qu'elle en a l'air ? »
Il dit ça comme une question ouverte, et je me renfrognai.
« Ok, peut-être qu'elle l'est. » soupira-t-il, voyant que je n'avalais pas son air gentil.
« Et… Pourquoi tu l'aimais ? »
« Je ne sais pas. » répéta-t-il. « Ne regrettes-tu pas d'être sortie avec quelqu'un, maintenant ? »
Je devins blanche comme une tombe.
Ses yeux s'élargirent comme s'il venait de réaliser ce qu'il disait, et à qui il parlait.
Je regardai de nouveau la table, jouant avec les paquets de sucre, et m'éclaircis la gorge.
« Si. » dis-je tout bas. « Bien sûr que si. »
« Mon dieu, Bella, je suis tellement désolé. » dit-il, épouvanté. « Je n'ai pas réfléchi. »
Je relevai des yeux soudainement remplis de larmes.
Je haussai les épaules, faisant comme si ce n'était rien.
« Ça va, Edward. » dis-je.
Et je supposai que ça allait. C'était justifié. Je l'avais interrogé à propos de son ex. Il m'a posé des questions par rapport au mien. Ce n'était pas sa faute si son ex n'essayait pas de le tuer à présent.
Mais sérieusement. Regrettais-je d'être sortie avec Jacob ? Il n'en avait pas idée.
« Non. » soupira-t-il, les yeux pleins de souffrance. « Ça ne va pas. On n'a plus à parler de ça du tout. »
Je m'assis droite sur ma chaise, et virai quelques mèches de cheveux de mon visage, déterminée.
« C'était mon premier ami, quand j'ai déménagé. » dis-je, d'une voix mécanique.
J'avais déjà raconté cette histoire avant, mais je n'en revenais pas de la souffrance qui m'assaillait à chaque fois. Vous vous rappelez du proverbe 'Il vaut mieux prévenir que guérir' ? Eh bien, mes amis, ceci est une écrasante vérité.
A chaque fois que faisais le point sur ces mois où Jacob et moi étions amis, ces mois nous amenant à former un couple, je pouvais toujours relever des choses qui auraient pu m'alerter à propos de lui, comme s'ils étaient surlignés de fluo orange. Comment avais-je pu les manquer ? Comme quand il devenait jaloux, et avait ses accès de colère. Comme quand il a commencé à se faire discret et à être sur la défensive, et quand tous ces gens le regardaient avec frayeurs quand ils le croisaient dans la rue.
« Nous étions amis depuis quelques mois quand nous sommes officiellement sortis ensemble. Mais je n'étais jamais allée chez lui. Nous nous rencontrions toujours ailleurs, ou il venait chez moi. »
Je soupirai, me massant les tempes comme il l'avait fait quand il avait raconté son histoire avec Tanya.
« Nous étions ensemble depuis à peu près un mois quand j'allai chez lui pour la première fois. Il n'y avait vraiment rien de suspect. Je ne rencontrai pas… »
Je pris une grande inspiration et fermai les yeux.
« Billy… après plusieurs visites chez eux, et quand je le vis, il était sympa. Un petit peu… tranchant, dirais-je. Il disait toujours qu'il était occupé, et allait se cacher dans son bureau. »
Je haussai les épaules, sentant ma gorge se nouer.
« Je ne m'imaginais pas tout ce qui se tramait. » marmonnai-je pitoyablement. « Je pensais juste que c'était un homme overbooké. »
Je fermai les yeux, essayant désespérément de ne pas être aspirée de nouveau par mes souvenirs.
« Jacob prenait part à tout ça, bien sûr. » murmurai-je, d'une voix étranglée. « Et je ne le savais même pas. »
Mon Dieu, ce que j'avais été stupide. Si naïve. Jacob devait prendre la relève de Billy si quelque chose arrivait à celui-ci. S'il était jeté en prison à vie, ou quelque chose comme ça…
« Après un moment, Jacob a commencé à être… violent. » soupirai-je. « Il ne m'a jamais vraiment blessée, mais il m'attaquait psychologiquement. Il me disait que je ne représentais rien et que je ne savais faire quoi que ce soit de bien. Je savais que je devais rompre. »
Je déglutis, me rappelant certaines scènes alors que j'essayais de toutes mes forces de les zapper.
« Mais j'avais peur. » admis-je. « A chaque fois que j'étais proche de lui dire ça, Il me fixait intensément, avec tant de colère, tant de haine dans les yeux. Je n'avais jamais douté que Jacob Black pourrait faire du mal à quelqu'un, mais je n'avais pas compris l'étendue de la situation. »
Edward était resté silencieux pendant toute mon explication, mais il s'était étendu au-dessus de la table pour prendre ma main, me réconfortant et m'incitant à poursuivre.
« Une nuit, j'ai réfléchi à tout ce qu'il avait fait et dit. Il était devenu mauvais, plus en colère encore qu'auparavant. »
Et pourquoi ne l'aurait-il pas été ? Mon Dieu, cela prenait tout son sens à présent. Il était stressé parce que quelqu'un voulait s'enfuir. Plusieurs nuits avant cette nuit-là, je me posais déjà des questions. A propos de tous les autres qui avaient 'trahi' les Black. Jacob avait-il mis la main à la pâte dans toutes ces morts ?
A cette pensée, des frissons parcoururent mon dos, et la peur me tenaillait les tripes. J'essayais de ne pas m'attarder là-dessus, mais je ne pouvais m'empêcher de m'interroger…
« Je me suis convaincue que c'était le moment de rompre avec lui, avec ces sombres pensées. » continuai-je. « Je suis donc grimpée dans ma voiture et j'ai foncé chez les Black, avant de changer d'avis. »
Je déglutis encore et regardai Edward, qui n'avait toujours rien dit. Je lui en étais reconnaissante, parce que je n'étais pas sûre de pouvoir continuer s'il m'interrompait.
« Je n'ai pas vu Jacob. » murmurai-je. « Il n'était pas chez lui cette nuit-là. »
Une larme s'échappa du coin de mon œil, et je la chassai avec colère.
« Mais Billy était là. »
Je baissai les yeux, ne voulant pas qu'Edward me voie pleurer.
« Et M. Clearwater. » m'étranglai-je d'amertume.
J'avais rencontré son fils une fois, à un pique-nique chez les Black. Seth. Il était grand pour son âge, et avait un visage gai et amical. Il avait passé son temps à raconter des blagues pour me mettre à l'aise. Son père avait fait tout ce qu'il pouvait pour lui. Pour sa famille. C'était pourquoi je pleurais en ce moment. Leur joie avait dû s'envoler à jamais après ça. Il voulait faire les choses bien. Et il en a payé de sa vie.
Seth ne reverra plus jamais son père de sa vie, parce qu'un homme peu soucieux des conséquences voulait tout le pouvoir. Il voulait tirer sur toutes les cordes et voir tout le monde sauter, sous ses ordres. Le plus morbides des marionnettistes.
« Il n'aura jamais pu dire au revoir à sa famille. » extirpai-je. « Il faisait tout ça pour eux et il ne les reverra jamais. »
J'échappai ma main de celle d'Edward, et m'enroulai de mes bras, juste pour me garder entière. Je revoyais la scène, encore et encore.
C'est parce que j'élimine mes employés avec soin… Aucun ne me quitte vivant.
Le click du pistolet, et immédiatement : BAM !
« Il voulait juste quitter tout ça. » pleurai-je. « Il essayait d'agir au mieux. »
J'entendis le raclement d'une chaise sur le carrelage, et presque immédiatement, Edward était près de moi. Il ignora les regards insistants des curieux, et me souleva, m'asseyant sur ses genoux, tandis qu'il prenait ma place.
« Je suis tellement désolé. » me murmura-t-il, encore et encore comme un mantra. « Je suis tellement désolé. Je suis tellement désolé. Je suis tellement désolé… »
Il me caressait les cheveux, et se balançait d'avant en arrière. Je me suis accrochée à lui comme à une bouée de sauvetage.
« Je suis tellement désolé, ma magnifique Bella. » susurra-t-il. « Chuut, tout va bien se passer. »
J'agrippai son col de mes mains, comme une prière pour qu'il reste avec moi.
Ne me quitte pas…
Je repensai à toutes les fois où il s'était excusé pour des choses sur lesquelles il n'avait aucun contrôle.
Ne me quitte pas.
« Tu pleurais la première fois que je t'ai vue. » murmura-t-il dans mes cheveux. « Et je t'ai promis que je ferais tout mon possible pour m'assurer que cela n'arrive plus. »
