Ils se mirent aussitôt en marche. Malheureusement, les estimations d'Hermione s'avérèrent fausses, et le soleil se coucha bien avant qu'ils ne soient arrivés.
- nous allons passer la nuit ici, déclara-t-elle lorsqu'ils atteignirent une clairière.
- À même le sol ? Réagit Suzanne. Dans la neige ?
- Bien sûr que non. Toi et ton frère, allez voir si vous trouvez de quoi manger. Lucy, tu vas m'aider.
- Qu'est-ce que je dois faire ?
Hermione retira son sac de son épaule, et le suspendit à une branche.
- il faut que tu me tiennes le sac grand ouvert.
La fillette fit ce qu'on lui disait, et Hermione plongea les deux bras dans le sac. Elle farfouilla, puis trouva ce qu'elle cherchait, et sortit la tente du sac, sous le regard ébahi de Lucy.
- tu as déjà monté une tente ? Demanda Hermione.
Les deux filles s'affairèrent alors à monter la tente, qui était fin prête lorsque les deux aînés revinrent avec des fruits et des racines.
- on va être un peu serrés, là-dedans, non ? Dit Suzanne, sceptique.
Hermione ne dit rien, et écarta un pan de la tente, et chacun rentra.
- comment est-ce possible ? S'exclama Suzanne lorsqu'elle fut rentrée.
- Un simple sortilège d'agrandissement.
- Ça sent le chat, nota Peter.
- Mrs Figg, la dame à qui appartient cette tente, a 18 chats. Si l'on en croit Harry, elle en a eu jusqu'à 24. attendez ici.
Elle sortit, et Peter la suivit dehors. Elle commença alors à jeter les habituels sorts de protection autour de la tente.
- comme ça nous serons en sécurité, dit-elle.
- Comment le savez-vous ? Demanda Peter.
- Là d'où je viens, je suis en fuite à cause de la guerre. Je dois me cacher. Un peu comme vous. Sauf que moi, je vais chercher le danger. Mais je jette ces sorts tous les soirs. Ils ne m'ont jamais trahie.
- Pourquoi allez-vous chercher le danger ?
- Parce qu'il faut bien que quelqu'un gagne cette guerre. Je suis un peu comme un soldat.
- Vos parents doivent être inquiets...
Hermione eut un rire sombre.
- mes parents... ils sont en Australie. Et ils ne savent même pas qu'ils ont une fille. J'ai dû modifier leurs souvenirs, c'était plus sûr pour nous. Ils me manquent.
- Mes parents me manquent aussi, dit Peter d'un ton triste. Mais je ne dois pas le montrer. Je dois être fort pour les autres.
Hermione poussa un soupir.
- qu'est-ce que ce monde a fait de nous, Peter ? Ni toi ni moi ne devrions avoir ce genre de préoccupations. Toi tu devrais te soucier des filles, et moi de mes notes à l'école.
Peter se rengorgea.
- je m'occupe aussi des filles !
- Hermione eut un rire franc.
- allez, viens, Don Juan ! Rentrons. J'ai faim, pas toi ?
Lorsqu'ils revinrent à l'intérieur, les filles avaient déjà préparé tant bien que mal le repas, qu'il partagèrent en silence.
