[Chapitre 9:] Parleur de Mort.
-Asseyez vous Mr Potter.
Il était six heures du soir et déjà le soleil était en train de se coucher. Harry soupira en sentant les doux rayons caresser sa peau et résista à l'envie de s'endormir. Le sommeil le prenait de plus en plus souvent. Par exemple, après avoir mouché Antoinette, il était rentré dans sa chambre pour profiter de la journée de congé offerte -ordonnée- par le médicomage et à peine avait-il posé ses fesses sur le canapé qu'il s'était endormi. Bon il avait fallu qu'il réveille pour venir à ce putain de rendez-vous mais bon...
Il bailla et tout en mettant sa main devant sa bouche il s'assit en face du professer Vector. Ron n'avait pas tort quand il disait que c'était la plus jolie enseignante de Poudlard. Elle avait des cheveux châtains clair coupé au carré qui mettait en valeur son menton pointu et son cou gracieux. Ses deux yeux en amande étaient d'une jolie couleur brune qui respirait sincérité et gentillesse. Bref, un joli bout de femme. Mais pour l'instant une expression furieuse venait assombrir son visage.
-Mr Potter, je sais que vous n'êtes pas un étudiant comme les autres j'en ai vraiment conscience! Mais ça ne vous empêche pas de vous en remettre à l'autorité professorale quand vous êtes en difficulté! Vous m'écoutez au moins?
-Oui, professeur. Mais, si je puis me permettre je n'étais pas en courant de ce qui se passait.
-Oui je m'en doute, la coutume est beaucoup plus répandue en France qu'en Angleterre. Je vais faire venir un Liseur d'Aura pour voir quel est votre Héritage, accepteriez vous de vous soumettre à ses tests?
-Si cela vous arrange.
Au fond de toi mon beau Roi, tu sais déjà qui tu es...
-Il ne faut pas que ça soit une corvée pour vous Mr Potter. C'est un très grand signe vous savez!
-Oui, professeur. Puis-je partir?
-Je vous en prie.
L'enseignante secoua la tête devant son flemme. Il se leva et constata avec regret que le soleil s'était couché.
La lune est tellement mieux.
"Mais tu vas la fermer oui?"
-Harry? Tu es là?
-C'est ouvert! marmonna-t-il grincheux.
Qui était le con qui le réveillé? Il jeta un tempus rapide et gémit. 23 heures...Sérieusement?
Les coups reprirent et de mauvaise humeur, il repoussa les couvertures et de très mauvaise humeur sortit de la petite chambre pour se diriger vers l'entrée. A l'avenir, Harry allait toujours regardé à qui il ouvrait. S'il avait su dans quelles emmerdes il se mettait, il n'aurait jamais ouvert la porte. D'ailleurs cette dernière faillit sortir de ses gonds tellement il était furieux. Son irritation tomba nette quand il vit une Antoinette tremblant de tous ses membres avec un air de chiot battu. L'élu ferma les yeux.
-Qu'est-ce que t'as encore fait ?
-Rien ! J'te jure ! Tupeuxmelaisserentrers'teuplait?
Il se poussa en grognant et la jeune fille rentra dans l'appartement, en refermant la porte, il aperçut son gros sac. La planche de bois claqua doucement et Harry, qui de toute façon avait perdu sa nuit, se décida à faire du café.
-Bref, pourquoi est-ce que tu me tues ma nuit?
-J'ai décidé d'ignorer Josselin!
-Ah.
"J'aurais du savoir qu'inciter un Français à la révolte, c'était une mauvaise idée."
-J'espère que tu m'as laissé en dehors de toute cette histoire.
-Bah...
"Bon dieu, je hais les Français."
{WD}-{WD}
Salut.
Recevoir une lettre de ma part doit te paraître étrange, mais j'avais besoin de me confier à quelqu'un et malgré ce que peut me dire mon cœur étouffé par la peine et la rancune, ma conscience sait que tu es quelqu'un de bien.
Alors voilà, je ne sais comment aborder le sujet et ça me tue à petit feu. Je crois que je suis terrifié. Oui, c'est surement ça, parce que tu vois, j'ai beau me dire que ça va passer, mais au fond de moi, je sais que c'est un mensonge que je répète. Je n'ai dit à personne ce que je vais te dire.
Pourras-tu garder le secret ?
{WD}-{WD}
Harry toussa légèrement et s'attira le regard noir de Neville.
-Réexplique moi ce que tu as fait Potter.
C'était le jour de la sortie à Paris, et Harry devait enfin se l'avouer, elle avait la classe la capitale. Ils avaient pris les calèches ce matin à 5h, pour arriver là-bas à 6h. Ils s'étaient posés sur une petite prairie à l'écart de la ville. Les professeurs Vector et BeauRegard -le prof de métamorphose français - les avaient conduis à l'entrée du ''ranch'' et leur avaient présenté un tramway magique. Septique Harry avait contemplé la machine et avant qu'Alvida à bout de patience lui mette une baffe dans la tête, avait refusé de monter dedans.
'Il est jaune et orange' avait-il argumenté.
Le fait qu'elle soit une Poussoufle lui était sorti de la tête.
'Un problème avec le jaune Potter?'avait-elle réplique.
Difficile d'expliquer à un blaireau qu'en fait, le jaune était de mauvais gout. Très difficile. Il avait été obligé de monter dans le train coincé entre la fenêtre et Théodore qui avait voulu échapper à l'influence de ses camarades. D'un ton bas, il leur avait confié, qu'ils étaient tout bonnement intenables. Alvida avait ajouté que son référent était un vrai pervers. Harry avait tranquillement renchéri qu'il avait incité sa référente à se rebeller contre sa famille qui travaillée pour la royauté et que depuis le bretteur du prince était venu le voir en lui disant de cesser sa mauvaise influence. Quelle influence?
D'où la situation de maintenant.
-Comment t'as fait pour arriver à cette situation? se désespéra Neville.
-Bah, elle n'arrêtait pas de se plaindre que le prince était chiant. J'lui ai juste dit qu'elle pouvait se venger.
Théodore secoua la tête avec fatalisme tandis qu'Alvida préférait regarder par la fenêtre et Neville soupirait.
-C'est un crime grave tu sais ça?
-Nom de Dieu est-ce que c'est le plafond de la Grande Salle? s'exclama Harry
-Ne change pas de sujet de conversation ! s'écria Neville
-Non mais regardes !
Sous les yeux ébahis de tous les apprentis sorciers se dessinait le ciel de la capitale. Harry se rappela que la ville avait été construite sous terre, et que pour y accéder il fallait passer par les égouts. Pourtant, le plafond de la cavité était un ciel bleu perçant où l'on pouvait apercevoir quelque nuage. Il semblait s'étendre comme un vrai horizon et Harry ressenti la même admiration que quand il avait pénétré à Poudlard. C'était immense. Il pouvait voir trois grands bâtiments et un palais, des parcs, des immeubles, des maisons avec des jardins, des bibliothèques et beaucoup d'autres.
Il entendit les sifflets d'admiration des autres et il sut.
"Je suis amoureux de cette ville."
Je suis d'accord, mon Roi, elle a un certain charme.
-Par ici ! Nous allons vous distribuer les sandwichs et vous pourrez aller vous installer dans le parc, n'allez pas trop loin !
Harry soupira et se laissa tomber dans l'herbe verte. Le grand chêne lui faisait de l'ombre et il était sûr qu'il aurait pu s'endormir. La matinée avait été épuisante. Ils avaient fait deux musées. L'un sur l'histoire française et l'autre les artefacts. C'était un bonheur de s'allonger sur l'herbe.
-Je t'en prends un Harry !
Il fit un signe de remerciement à Neville qui s'éloignait vers les profs. Alvida s'assit à côté de lui et en ouvrant légèrement les yeux, il l'aperçut pencher sur lui. Il lui fit un sourire narquois, mais son froncement de sourcil s'aggrava.
-Tu vas bien ?
"J'entends une voix dans ma tête, j'ai un héritage et de l'autre côté de l'Atlantique, j'ai un psychopathe qui n'est pas mort qui va ressusciter pour essayer de me tuer. Ma vie est un fleuve tranquille."
-Très bien. Pourquoi cette question ?
-Tu es trop pâle, t'as des cernes sous les yeux et t'as fini à l'infirmerie. T'es sûr que t'es celui qui a tué Tu-Sais-Qui?
Harry lui tourna le dos, elle parlait trop et il avait sommeil. Un puissant coup de pied dans les fesses le fit bondir en sifflant de douleur. Il se tourna furieux vers Neville qui avait un sourire mauvais aux lèvres un trois sandwichs dans les mains. Harry lui arracha le bout de pain des mains et se mit à bouder. Dieu que ça faisait mal. Théodore vient les rejoindre sous le regard perplexe d'Alvida.
-Tu ne devais pas aller avec les autres ?
-J'ai changé d'avis.
Elle haussa les épaules et le remercia quand il lui tendit un sandwich. Dubitatif, Harry regarda attentivement le sien, pas rassuré pour le manger.
-Il ne va pas te mordre Harry. soupira Neville.
Il lui adressa un regard noir et mordit à pleine dent dans la nourriture.
-Ça ne vous a pas fait flipper le journal ? souffla Alvida. Mon référent arrêté pas d'en parler hier.
-Je n'ai pas trop eut le temps d'en parler avec le mien, mais les Français avec qui je traîne étaient choqué au possible.
-Tu m'étonnes, marmonna Neville, c'est comme si on assassinait un membre du Magenmagot. T'imagines le truc ?
Un frisson parcourut Alvida.
-C'est super effrayant quand on y repense! s'exclama-t-elle. Et puis t'as vu la façon dont elle a été tuée? On dirait qu'on la fait exploser de l'intérieur.
Harry cligna des yeux. Il n'avait plus faim. Repenser à cette femme, à ces cheveux étalés autour d'elle comme une auréole, ses yeux bleus qui les défier d'oublier sa mort ça le rendaient malade.
-Harry?
Il releva les yeux vers Neville qui le fixait d'un air inquiet.
-Tout va bien?
Il fixa le sandwich entamé.
-Ouais.
Il le posa à côté de lui l'appétit coupé.
Le petit groupe se baladait dans la grand rue qui menait au Consulat. Alvida s'exclamait devant chaque boutique de luxe qu'ils croisaient, ce qui voulait dire beaucoup, Théodore avait eut le regard brillant à la vue de la Bibliothèque National et ils avaient dû empêcher Neville d'entrer dans une boutique de plante rare.
-Mais on trouve de tout sur cette allée ! s'écria la Poussoufle
Plusieurs personnes haussèrent les sourcils au vu de la jeune fille excité comme une puce, mais continuèrent leur chemin. Les profs leur avaient donné quartier libre pour l'après-midi mais ils avaient ordre de rester sur l'Allé du Triomphe. Elle était tellement grande que ça ne posait aucun problème. Vector leur avait dit que c'était à partir de là que tout, c'était construit et que la Fontaine de Jouvence, une réplique bien sûr, était le lieu des sacres des souverains.
Ils venaient de la passer, et cette dernière était magnifique. L'eau cascadait, claire et pure, sur les piliers représentant la construction de la ville. En Angleterre, c'était un tout autre genre...
-Harry, y a aucun truc que tu veux voir?
"Mon lit."
-Non, aucun.
Quelques mètres plus loin, Théodore mit le souhait de rentrer dans une boutique de livres anciens. Fatigué, Harry s'installa sur un banc et leur dit de na pas s'occuper de lui. Les autres rentrèrent joyeusement de la poussière enseigne. Seul, Harry souffla un peu. Il n'avait plus l'habitude d'être avec autant de personne. Qu'est-ce que ça allait être quand il allait reprendre les cours?
-Les gens sont tellement fatigants n'est-ce pas?
Un homme vêtu d'une riche manteau de velours s'était assis à ses côtés. Presque hypnotisé par les yeux noirs de son interlocuteur il se reprit à temps.
-Ah, euh oui, on peut dire ça.
L'inconnu rit doucement et se pencha vers lui. Il avait ses cheveux retenus en un catogan quasiment défait qui laissait s'échapper quelque mèches qui venait se perdre sur son visage. Son nez était fin et pointu, ses lèvres rouge sang constataient violemment avec la pâleur de son visage.
-Comment t'appelles-tu?
-Harry Potter. Et vous?
Pourquoi se confiait-il comme ça? La magie de cet homme était si familière...
-Harry, que fais-tu ici? Un jeune comme toi ne devrait pas être à la vue de tous. Nous ne sommes pas les bienvenus ici.
-De quoi vous parlez? souffla Harry. Un jeune comme moi?
L'homme haussa les sourcils en une expression confuse.
-Tu ne sais pas ce que tu es? dit-il choquer.
Harry fronça les sourcils et essaya de reculer, mais l'homme lui attrapa le bras et le tira vers lui.
-Nous sommes traqués, contraint de nous cacher comme des rebuts de la société, et tu ne sais pas ce que tu es?
-Vous me faites mal! s'écria l'Elu.
"C'est qui ce type?! Pour qui il se prend?"
Ton aîné. Montre-lui le respect qui lui est dû.
L'homme posa son doigt sur ses lèvres.
-On ne dérange pas la Mère avec des questions stupides, enfant idiot.
-Laissez-moi!
L'inconnu le sonda de ses yeux hypnotisant.
-Tu peux m'appeler Lyan si tu veux. Viens.
Il se leva et l'emporta avec lui.
-Non je ne veux pas!
L'homme se pencha vers lui.
-Que tu le veuilles ou non, tu viens avec moi, Harry. Je ne peux laisser l'un des nôtres ici. C'est trop dangereux.
-Attendez, l'un des nôtres? Mais je ne fais pas parti de votre groupe!
Lyan le regarda comme s'il était stupide.
-Tu es un Nécromancien, stupide garçon, et tu oses me dire que tu n'es pas l'un des nôtres?
L'homme se pencha vers lui et colla son front sur le sien.
-Parce que personne d'autre ne voudra de toi.
"Je hais ma vie."
{WD}-{WD}
Je suis un Nécromancien. Un vrai de vrai. Quand je passe à côté d'un cadavre, j'entends ses dernières volontés. Je parle à la Mort. La vraie, celle que personne ne voit, ne comprend, n'aime et qui me tient entre ses doigts.
Je suis terrifié. Je suis seul. Si tu savais comment ce sentiment d'injustice, d'apitoiement, de rage m'enserre le cœur... Je n'en dors plus. Je ne peux plus. Dès que je ferme les yeux, je les vois, je les entends. Les Morts.
Je deviens fou. Je ne peux plus supporter ça. Dans un livre, il disait que pour ça cesse, il fallait accomplir le travail d'un nécromancien.
C'est quoi leur travail au juste ?
Aide-moi. Dis-moi que tu as des infos sur eux.
Et par tous les dieux, si tu as un jour ressenti de l'amitié pour moi, ne dis rien à personne.
Harry Potter.
