Mille vues sur la fanfic ! Vous êtes génialement géniales. Et ce qui est génialement génial, aussi, c'est l'instant panda du dernier épisode. J'ai trouvé ma nouvelle drogue musicale... Mais je préfère Mathieu avec les cheveux un chouïa plus longs, quand même.

Le titre m'a été inspiré par la chanson "Eva" de Nightwish.

Est-ce que vous aimez la violence, mes sucres d'orge à l'arsenic ?

Moi, oui.


10 – Cruel children's game

Je me réveille à sept heures du mat', épuisée mais encore assez alerte. Après une douche rapide, j'examine ma serrure. De mauvaise qualité, elle semble avoir été crochetée. Ainsi, ce timbré s'y connaît. Cela est-il censé m'étonner ? Sans doute pas.

Soit. Je passe à la porte de sa chambre et y donne un violent coup de pied, à en faire trembler les murs.

- Debout ! Je t'attends dans le resto juste en bas !

Un grognement exaspéré me répond, et pour faire bonne mesure je file un second coup dans le panneau de bois. Bien fait pour ta gueule. Je lâche un bref ricanement, hausse mon sac sur mon épaule et me rends au lieu dit. Je m'affale à une table et commande un café. Noir. Deux sucres.

Dix minutes, deux cafés et un pain au chocolat rassis plus tard, le pervers me rejoint, l'air de très mauvaise humeur, et s'installe à côté de moi. Eh bien, il s'est disputé avec sa main droite, ce matin ?

- Un café ! hurle-t-il au serveur venu prendre sa commande, qui s'empresse de détaler la chercher. Ce que je comprends, en un sens, je n'aimerais pas être la cible de sa colère.

Je reporte mon attention sur le Patron et décide de le narguer un peu.

- N'empêche, ce serait tellement plus classe de boire un thé.

- Va te faire foutre, Alice, grogne-t-il en réponse.

Je souris à pleines dents et lui tends une Calypso. Bougonnant toujours, il s'en saisit et l'allume, fixant le vide.

- Mal dormi ?

Il me lance ce que je jurerais être un regard noir… Sauf qu'il a encore et toujours ses satanées lunettes. A force, celles-ci tendent à devenir une obsession pour moi.

Quels iris cachent les verres ? Quels secrets, quelles émotions ?

- Il me faut un bordel, marmonne-t-il. Une pute. N'importe quoi.

Je lève les yeux au ciel. Putain de queutard frustré. L'image même du stéréotype du mec vivant avec une bite à la place du cerveau et aux pulsions soi-disant incontrôlables.

Bon, de toute évidence, pour pouvoir le gérer, faut qu'il puisse se défouler. Si possible, pas sur moi. Pendant qu'il s'amusera dans son coin, je pourrais toujours repérer la tanière de… Par les dieux, suis-je obligée d'utiliser ce pseudo stupide ? Je vais l'appeler Kevin.

- Bon.

Le Patron se tourne vers moi, ses doigts pianotant sur la table.

- Va te trouver un bordel, une pute, un lamantin, ce que tu veux. Une partouze si ça te fait kiffer. Moi, je vais chercher où se cache l'autre débile. A treize heures, on se retrouve ici.

Un sourire diabolique naît sur ses lèvres. Par Raptor Jésus, je ne veux pas savoir à quoi pense ce fou.

- Quinze, contre-t-il.

- Quatorze.

- Vendu.

Il attrape au vol la tasse de café que lui apporte le serveur, la vide d'une gorgée, la lui rend puis se lève, jetant sa clope au sol. Aucun respect, quoi.

- A tout à l'heure, gamine.

Je le regarde s'éloigner, songeuse. Ma conscience et mon instinct de survie reviennent me tirailler. Ne vaut-il pas mieux tout arrêter ici ? M'enfuir sur ma kawa ? Ou, au pire, le pister et le balancer à la CIA ? Dois-je vraiment risquer ma vie pour atteindre les étoiles ?

N'en aie-je pas assez fait ?

Excellentes questions.

Alice était folle à lier. Moi aussi. Rangeons ma pseudo-conscience au placard.

Il n'y a pas que la gloire qui m'attire. Il y a ce besoin pathétique de comprendre, de savoir. Savoir qui il est, lire son regard, creuser son caractère, le comprendre, trouver qui il est vraiment. De la part d'une sociopathe, c'est amusant, n'est-ce pas ? Paradoxal, même.

C'est ainsi.


- Ils se séparent.

- Bordel.

- Ouais, moi aussi j'aimerais y aller faire un t…

- Pas ça, crétin ! Quoique l'hurluberlu y va peut-être, aux bordels. Bon, piste-le, je m'occupe de la fille.

- Cheffe, j'ai sommeil et…

- Et tu ne veux pas savoir ce qui risque de t'arriver si tu n'obéis pas…

- Ok, ok…

L'homme raccroche, soupire.

A l'autre bout du fil, une femme redresse la tête et abat son poing sur la table, agacée.


C'est à pied que je me dirige vers le nord de La Rochelle. Mon étincelante kawa surprendrait trop, voire attirerait les convoitises des voleurs du dimanche, et je ne désire pas me faire remarquer, encore moins pour un meurtre.

Oui, c'est ainsi que je châtie ceux qui osent toucher ma moto.

Les rues s'enchaînent devant moi. Mêmes fenêtres, mêmes devantures de magasins, de temps en temps un night-club ou un sex-shop, ce qui me fait penser au Patron, mêmes gens… Rien ne les différencie les uns des autres. Un enfant là, une ado ici, un couple dans ce coin, un vieillard assis sur ce banc…

On ne me remarque pas. A peine un regard qui me glisse dessus sans m'accrocher, me note, m'oublie. Je ne suis rien d'autre qu'une passante comme les autres, et avec le temps, l'expérience, j'ai appris à être invisible aux yeux de ceux qui ne voient pas. Juste une ombre.

Mais cela, soudain, change.

Un ado lambda, peut-être. Douze, treize ans ? Ses yeux se fixent sur moi quelques secondes avant de me lâcher. Quelques secondes de trop. Plus éveillé que la plèbe alentour, il n'attend pas, il ne traîne pas, il traque. Et lorsque son regard revient vers moi, je devine qui est le gibier.

Oh, gamin, comme dirait une de mes connaissances, tu t'es attaqué à trop gros prédateur.

Je lui souris, carnassière. Il comprend aussitôt et fait volteface, partant dans les ruelles. Fendant la foule, je le suis.

Navrée, mon enfant, personne ne m'a encore échappé.

Ses pas battant le bitume me guident et c'est avec une douce facilité que je finis par le coincer dans une ruelle déserte, contre un mur.

Il arbore un air de défi mais tremble. Ses pupilles démesurées par la peur, il cherche tout autour une échappatoire. Mal informé, mal formé, guetteur placé là, soit on me sous-estimait, soit on comptait sur ma pitié.

Comme si j'en avais.

Je ne lui laisse pas l'occasion de parler. Pas envie de l'interroger, ni même de faire durer le plaisir. Il est trop tôt, il y a trop de gens, et mon boulot n'est pas fini. Je me contente donc de plaquer une main sur sa bouche pour le faire taire, de sortir ma fine dague et de lui ouvrir la gorge – sur le côté, pour ne pas me faire asperger.

Ses yeux restent exorbités tout le temps de son agonie. Une vague d'adrénaline, teintée de violence vermeille, enivrante, me traverse, tel un courant électrique. Vivre pour tuer, tuer pour se sentir vivant.

Navrée, mon enfant, jusqu'à ce jour je n'ai encore épargné personne.

Ou si. Une. Une personne.

Mais elle ne compte pas.

Avec un soupir, je laisse son corps glisser le long du mur et le fouille rapidement. Je tire de ses poches une carte d'identité – bien treize ans, le gamin –, un porte-monnaie, un sachet d'héroïne – à treize ans ? putain – et un téléphone portable assez rétro. Allumé, quelle chance. Les derniers cris, même en simple veille, demandent un code, c'est agaçant.

Ni SMS, ni appel dans la mémoire de l'appareil. Finalement, c'est assez pro. Aucune trace. Mais ça m'est de toute façon bien égal.

J'essuie ma lame sur les vêtements du gosse, la range, ainsi que la carte ID qui vient se loger dans un de mes nombreuses poches. Je m'apprête à m'éloigner, délaissant le tél, quand celui-ci, à ma grande surprise, sonne.

Du très mauvais rap. Amandine du 68, sérieusement ?

Je le ramasse, le décroche et le porte à mon oreille. Voix de femme.

- Putain, Marc, ça fait dix minutes que t'aurais dû nous appeler. T'es encore shooté ?

Un sourire diabolique fend mes lèvres.

- Si seulement c'était ça… je susurre d'un ton sadique.

Silence. Puis, la femme raccroche.

J'en ris.

Longtemps.

Je me sens incroyablement vivante.


Un portable sonne. L'homme décroche.

- Marc est mort, grogne la femme, l'air choqué. Cette salope l'a tué. Elle va me le payer.

Profonde inspiration. L'homme ne dit rien.

- Bref. Tu en es où ?

- Troisième bordel… Il n'y reste pas longtemps. Je crois qu'il en cherche un qui lui plaise.

- Bien. Continue de le suivre.


Ce gosse m'a mise de mauvaise humeur. Pas parce que j'ai dû le buter – j'ai égorgé des enfants dans leur berceau alors très sérieusement, j'en ai rien à branler – mais parce que son cadavre va éveiller la ville, la mettre que le qui-vive, de même pour ma proie.

Mes proies.

Je poursuis ma route dans les rues grises. Autour de moi, les gens ordinaires se font de plus en plus rares. Je sens de l'hostilité enfler à chacun de mes pas. C'est comme évoluer dans l'arène, cernée de lions, qui attendent que je leur tourne le dos pour se jeter sur moi.

Mais j'ai tué leur pote. Alors, ils vont être prudents, chercher mes failles au lieu de se précipiter bêtement. Mieux, pas mieux ? Je ne saurais dire.

C'est quand la haine devient réellement tangible que je me décide à faire demi-tour. J'ai besoin de l'autre psychopathe pour me servir de pare-balle, je ne vais tout de même pas risquer ma vie.

Ha. Ha. Ha.

Allez… Il est neuf heures. Retournons pieuter un peu, il faut que je sois en forme. Certes, mon exploration est foireuse, mais ça apprendra à l'autre con à me laisser faire tout le boulot.


- Il sort du bordel. Revient à l'hôtel.

- Bien. La salope y est depuis dix heures. J'crois qu'elle pionce.

- On fait quoi ?

- On attend.


A treize heures cinquante, après une sieste salvatrice, je descends au restaurant de l'hôtel et demande ce qui a l'air le plus comestible, soit des sandwichs industriels.

Une demi-heure plus tard, le Patron arrive, l'air de bien meilleure humeur. Lorsque, après sa commande, je m'enquiers de celle-ci sur un ton plutôt ironique, il explose de joie, pour mon plus grand désespoir.

- Bordel, si t'avais vu ! Y avait de ces putes ! Par exemple, une norvégienne, Alexia j'crois… Une belle blonde avec une sacrée paire de seins et qui sait su…

- Non ! je l'arrête avec hâte. Stop. C'est bon. Je ne veux pas en savoir plus.

Il fait la moue, visiblement déçu de ne pas me pouvoir me conter sa perverse épopée.

- Tu ne sais pas profiter de la vie, grommelle-t-il.

Je me contente d'en rire, demandant une bière.

- Profiter de la vie ? Quelle sorte de vie ? On précipite juste notre fin.

Il hausse les épaules et siffle le verre de rhum qu'il a commandé.

- Tu crois que je l'ignore ? Ma chute, au moins, elle est géniale. Toi, tu fais quoi ? Tu restes dans un coin. Tu fous rien. T'es pathétique.

J'esquisse un rictus, vide mon verre et exige un café. Moi, je joue avec toi. Ça vaut tous les bordels du monde, toutes les luxures.

- Peut-être.

Peut-être.


Désolée, pour le délire avec Alice, je sais pas trop ce qui m'a pris.

Alors, il vous a plu, le côté sadique du Sniper ?

Bon, à part ça, j'aimerais vous parler de quelque chose de spécial. De What the Cut ?!, en fait. Qui, parmi vous, a déjà entendu parler du « mystère des Internets » ? Si cela ne vous dit rien, et même si vous voyez de quoi je parle, je peux vous conseiller deux choses.

La première, de taper « Tony Vidéos – l'énigme d'Antoine Daniel Le mystère des Internets » dans youtube. La seconde (je vous aurais ben filé les miens, mais je n'y arrive pas) de taper "mystère des internets - wordpress" dans Google. Cela devrait passer (qui me conseille pour que les liens passent ?).

Que vous n'ayez jamais entendu parler de ledit mystère ou que vous vous interrogiez depuis longtemps sur les lettres subliminales apparaissant de l'épisode 18 à l'épisode 28, plus deux hors-séries, venez donc nous aider à résoudre l'énigme et mettre en échec le Boss Final des Internets.

Pourquoi vous en parler maintenant ? Parce que nous sommes le 22 septembre 2014, et qu'aujourd'hui sort la seconde vidéo de Stingray Transmission. Cela se fête.

- - fin de transmission (ouais, ça me fait kiffer) - -