Eheheeee~! Nouveau chapitre! =D
Celui-là pourrait choquer, alors attention, âme sensible s'abstenir!
Merci beaucoup de me lire, et j'espère que ça vous plaira! 83
Bonne lecture! =)


Misaki Takahashi

-"Bien… Vous me direz quand vous serez prêt, et nous commencerons. D'accord?"

Misaki opina doucement de la tête, et jeta un coup d'œil circulaire dans la pièce. La même pièce que lors de sa pré-thérapie. Et maintenant…
Et maintenant, l'hypnose.

L'écrivain et lui avaient été pour le moins assez troublés lors de l'annonce de cette méthode, mais finalement, pour lui, pour sa sécurité, et pour la police, il avait rapidement fini par accepter.
Il savait qu'il risquait de le regretter, s'il refusait.
Que ferait-il, si ce psychopathe décidait de revenir alors qu'il n'avait fourni encore aucune information permettant de le sauver sur le moment, ou plus tard…? Non, le mieux était d'utiliser cette manière de procéder, et de voir la suite.
Bien qu'Usagi était tout sauf d'accord pour cette nouvelle médecine : Il la jugeait bien trop précoce, et dangereuse pour l'état de Misaki… Sans pour autant avoir tort : lui-même ne connaissait pas l'étendue que pourrait avoir cette technique sur son état d'esprit actuel… L'étudiant ne pouvait pas nier la fragilité qu'il avait accumulée tout au long des six derniers mois. C'était presque évident, et se mentir était devenu inutile, au fil du temps...

Ainsi, l'auteur lui avait donc promis de ne plus protester, mais seulement si le brun attendait au moins une semaine avant de tester cette nouvelle thérapie. Ce que ce dernier fit avec énormément de mauvaise volonté : personne ne semblait se soucier qu'un malade pouvait débarquer, et le ramener A TOUT INSTANT!
Non, personne.
Alors le voilà.
Une semaine plus tard, de nouveau dans cette salle, avec le même docteur que précédemment.
C'en était… Réellement répétitif.

"Sérieusement, quand est-ce que ce sera enfin fini?!"

Probablement… Quand il serait enfin en sécurité.
Que ce soit physiquement ou mentalement. Ce n'était pas difficile de le comprendre.

La voix du plus vieux le ramena soudainement à la réalité, le faisant rapidement tourner la tête vers ce dernier, qui semblait noter toutes sortes de choses sur son ordinateur :

-"Tout d'abord, nous allons nous fixer un objectif, d'accord?"

Le jeune acquiesça en silence, néanmoins intrigué par les précédents dires dudit médecin.
Il avait déjà entendu suffisamment d'étrangetés ce jour-ci… Qu'allait être cet objectif, au final…?

-"Si vous avez perdu votre voix, c'est probablement à cause d'un événement spécifique… Nous allons donc tenter de nous rapprocher peu à peu de ce souvenir, et tenter de l'accepter. Si vous réussissez à "accepter" cet événement, vous devriez pouvoir faire sortir votre voix… Voulez vous essayer?"

L'étudiant resta silencieux, les yeux fixés sur l'homme qui continuait à taper sur son clavier, sans quitter son écran du regard.

Mais lui… Etait-il prêt à revivre la plupart des horribles choses qu'il avait supportées jusque là?
A revoir… A revoir ce sourire de malade qui était toujours imprimé sur le visage de son ravisseur…?
Toutes ces images plus traumatisantes les unes que les autres…?
Il baissa les yeux dans le doute : il n'était plus aussi déterminé qu'une semaine auparavant…

Remarquant l'expression plus qu'inquiète du jeune homme, le médecin cessa son écriture, et se tourna vers ce dernier, avec un visage décidé :

-"Je ne sais pas ce qui vous est arrivé… Personne ne le sait. Mais nous savons tous que c'était sans aucun doute terrible. Maintenant…"

Il fit une pause dans ses propos, et ferma les yeux en prenant une grande inspiration.
Malgré cela, Misaki connaissait déjà la suite de sa phrase.
C'était presque trop évident… Trop prévisible.
Qui ne l'aurait pas deviné?

-"Maintenant, si vous voulez guérir, et éviter d'avoir ce qu'on appelle des troubles de stress post-traumatique, à savoir revivre sans arrêt des souvenirs de manière violente, je vous conseille de vous laisser hypnotiser."

Revivre des souvenirs de manière violente…
N'était-ce pas ce qui lui était déjà arrivé deux fois…?

"Je ne veux pas que ça recommence…"

Le simple fait de se rappeler de la telle "réalité" de ses rêves…

"Il ne peut pas être sérieux…"

C'était surement impossible de revivre ça jour après jour!
Surement… Impossible… Mais…
Que valait son affirmation à côté de celle de quelqu'un d'expérimenté dans le domaine?

Rien… Non, rien. Strictement rien, pas la moindre petite chose.
Et recommencer ce genre de rêve?

"Je ne veux pas… Je ne veux pas!"

Il serra les dents dans la frustration, et releva la tête vers l'homme en face de lui.
Il hocha doucement la tête : que pouvait-il faire d'autre?
Il savait maintenant pertinemment ce qui arriverait s'il ne se faisait pas rapidement "soigner"… Et il savait également qu'il ferait tout pour éviter que ça recommence.

-"Bien…"

L'autre se leva, suivi du regard par l'étudiant, intimidé par ces précédentes paroles, et ce qui se passerait durant son inconscience.
Du moins… "Inconscience", il l'espérait.

Le plus vieux ouvrit un tiroir de son bureau, et en sortit une petite tige en bois, surplombée par ce qui semblait être une petite bille de couleurs vives.
Cela ressemblait fortement à ce qu'utilisaient les ophtalmologistes pour vérifier les yeux…
Mais l'heure n'était pas aux comparaisons : il inspira et expira un grand coup, vaine tentative pour se donner du courage…

L'homme s'assit finalement juste devant lui à l'aide du fauteuil aux côtés de Misaki, avant de tendre son bras, et donc cette étrange tige, devant les yeux de l'étudiant, qui clignèrent dans l'étonnement :

-"Essayez de vous détendre…"

Se détendre? C'était presque impossible!
Pas avec ce qu'il risquait de retrouver dans quelques instants!
Et à combien s'élevaient les chances que toute cette mascarade marche?!

-"Suivez la bille des yeux…" continua-t-il, déplaçant lentement la tige de bas en haut, et de gauche à droite.
Un geste plutôt… Envoutant, aux yeux de Misaki.

-"Et maintenant…"

Le petit bâtonnet se stoppa.
L'étudiant retint de suite sa respiration.
Puis un mot, qui sembla retentir dans toute la pièce, et qui fut le dernier qu'il puisse entendre, avant de partir aussitôt dans l'inconscience :

-"Dormez!"

Puis ce fut le trou noir.


Jour 2…

Misaki ouvrit péniblement les yeux, sa conscience encore trop profondément enfuie dans un sommeil sans rêve.
Sa vue était floue, et le peu de lumière dans la pièce ne l'aidait pas à se repérer le moins du monde, à son plus grand regret. Une odeur désagréable vint se frotter à ses narines, le faisant grimacer de dégout.
Il voulait juste se reposer, fermer de nouveau les yeux, et sombrer une fois de plus dans le sommeil…

"Attendez…"

Puis il se redressa soudainement, les yeux écarquillés : il n'était pas chez lui. Pas dans sa chambre… Pas dans la chambre d'Usagi non plus.
Il avait été négligemment couché sur ce matelas si peu épais, posé sur une étrange plaque métallique…

"Ou est-ce que je suis…?"

L'étudiant cligna plusieurs fois des yeux, et se redressa doucement, tentant de percevoir ce qu'il y avait autour de lui : une sorte d'armoire, un placard accroché au mur, et… Des choses qu'il ne connaissait pas.

"Mais qu'est-ce que…-"

C'est à ce moment précis qu'il se reçut une gifle mentale gigantesque : tout lui revenait peu à peu. Ce qu'il s'était passé depuis son premier réveil, son deuxième…
Et la fameuse menace de son ravisseur.
Oh, comment avait-il pu oublier ce genre d'événement…?

"Du calme, Misaki…"

C'était bien joli de le dire (ou tout au moins de le penser)… Mais son cœur refusait décidemment de se calmer, et sa respiration semblait s'accélérer de secondes en secondes.
Le moindre bruit semblait le pétrifier de terreur!
Mais il était difficile d'imaginer que quelqu'un puisse être calme dans une situation de ce genre : qui avait déjà été kidnappé par un fou comme la personne qui l'avait enlevé?
Personne de sa connaissance, en tout cas.

"Il faut que je trouve un moyen de sortir d'ici!"

Cela sonnait comme une évidence… Mais avec une porte verrouillée, et blindée comme celle d'une cellule de premier ordre, difficile de faire quoi que ce soit… Surtout si c'était pour trouver un genre de psychopathe derrière la porte, quand il l'ouvrirait!
Il inspira de grande bouffée d'air frais (ou du moins, c'était ce qu'il essayait de croire du mieux possible!), avant de se lever timidement.
Devait-il inspecter plus en détail la pièce, malgré le noir presque total présent dans la salle, ou s'occuper d'essayer d'ouvrir la porte, comme il l'avait vainement tenté précédemment…?

"Ce n'est peut-être pas utile…" Après tout, ce n'était pas comme s'il n'avait pas essayé, et ce n'était pas non plus comme si la porte allait se trouver, comme par miracle, ouverte, et près de la sortie…

"Non… Je dois m'occuper d'inspecter les lieux, et si possible, trouver de quoi m'échapper!"

Le brun n'espérait pas un double des clés, non, mais… Peut-être quelque chose qui permettrait de crocheter la serrure, ou quelque chose comme ça?
En admettant que cette porte avait bel et bien une serrure… Etant donné que cela ressemblait en tout point à une porte de chambre froide, il y avait très peu de chance que quelque chose comme ça se produise… Mais il avait bien le droit d'espérer, non?
Sinon… Sinon, c'était abandonner, et ça, il ne pouvait pas se le permettre!
En particulier alors qu'il ne savait en aucune façon ce qui risquait de lui arriver dans quelques temps! Des minutes, des heures, des jours?
Des mois…? Il n'en savait rien.
Il voulait juste partir le plus vite possible, et à choisir, en entier, et sain et sauf!

Tandis qu'il faisait un pas pour s'approcher de la forme qui s'apparentait à une armoire, un bruit attira son attention.
Un bruit qu'il aurait souhaité ne pas entendre tout de suite…
La porte.
Elle. Allait. S'ouvrir.

"Oh non… Non!"

La première chose qu'il fit fut de se jeter sur le terrible et dur matelas : dormir. Il devait faire semblant de dormir!
Même s'il savait très bien que cela ne changerait rien à ce qui pourrait arriver, mais qui sait…?
Il devait espérer… Et il ne voulait surtout pas voir le visage de son kidnappeur, et surtout pas revoir cet air de folie qu'il avait vu plus tôt…
Et puis, il n'avait rien à faire ici… Il voulait simplement rentrer chez lui!
Qu'avait-il pu bien faire pour se retrouver dans une situation pareille?!

Il se figea alors de tous ses membres lorsqu'il entendit le "clac" d'ouverture de la porte, signe que son agresseur venait d'entrer.
Et encore plus quand il entendit le même bruit, quoiqu'un peu plus fort, signe, cette fois, que l'autre venait de fermer la porte, et donc, sa seule chance d'évasion.
Il était fichu. Terriblement fichu.

Le son des pas de son kidnappeur résonnèrent soudainement dans toute la pièce, le faisant trembler de peur : Misaki avait perdu toute chance d'avoir un sommeil un tant soit peu crédible!
Mais l'autre continua lentement, jusqu'au "lit" du brun, qui se bénit d'ailleurs mentalement d'avoir le visage tourné vers le mur, et pas vers ce psychopathe!

Les pas s'arrêtèrent finalement, et l'étudiant devina avec terreur qu'il se trouvait juste derrière lui. Derrière lui, à le fixer de son regard froid, avec son sourire de fou plaqué aux lèvres…

"S'il vous plait… Qu'il ressorte, par pitié!"

Le bruit de la respiration de son agresseur se rapprocha avec lenteur de son oreille, signe qu'il était visiblement tout proche, et qu'INEVITABLEMENT, il le savait réveillé.
Ce n'était pas dur de le deviner : son cœur battait à un rythme extrêmement rapide, du fait qu'il pouvait facilement être entendu de "l'extérieur".
Quant à sa respiration, n'en parlons pas… Elle était bien trop rapide pour quelqu'un d'assoupi!
Il serra les poings, et ferma fortement les yeux, dans la peur de ce qui allait arriver après.

"Oh pitié!"

Il attendit, immobile comme une pierre, les muscles contractés au maximum pour éviter de trembler, tout en tentant de calmer son rythme cardiaque, et sa respiration.
Bien que c'était loin d'être un jeu d'enfant, avouons le…

Cependant, à son plus grand étonnement, il entendit l'autre se relever et s'éloigner avec une lenteur insupportable.
Enfin, Misaki s'autorisa à pousser un soupir de soulagement… Au moins, il avait pris la bonne décision!
Néanmoins, il ne se redressa pas. Il ne fit pas le moindre geste. Car étrangement…
L'autre s'était éloigné, mais…
Pourquoi… N'avait-il pas entendu la porte?
Espérait-il le piéger pour son prochain "réveil"…?

"Il est encore ici…" Cette pensée eut l'effet d'une douche froide : il en était convaincu. Il n'était pas seul.

Attendre… C'était la seule solution…
Que pouvait-il vraiment faire d'autre…?

Puis il se raidit, en poussant un halètement de surprise :

"Ma… Ma cheville!"

Une main s'était enroulée autour de cette dernière, causant une surprise sans pareille chez le plus jeune, qui ne parvenait même plus à contrôler sa respiration.
S'il s'attendait à ça…!
A tout… SAUF A CA!
Il n'osait pas bouger le moins du monde, et avait ouvert ses yeux dans le choc.
Qu'est-ce qu'il…-?!

Alors, lentement, la main commença à doucement caresser sa cheville, avant de finalement s'attarder sur sa chaussure.
Est-ce qu'il… La dénouait…?!

"Que…?!" Il commença donc réellement à paniquer, l'oppression qu'il ressentait à présent ayant rapidement atteint son apogée.

Au bout de quelques secondes qui lui parurent des siècles, le brun sentit, à sa plus grande horreur, sa chaussure glisser peu à peu de son pied.
Il ne savait pas du tout comment réagir, et surtout par le fait qu'il n'avait aucune idée de ce qui allait arriver…

Lorsqu'il finit par sentir que la chaussette allait elle aussi y passer, il eut un réflexe totalement incontrôlable : tirer sur sa jambe, dans l'espoir de se dégager.
Cependant, son ravisseur n'était pas idiot, et avait déjà prévu le coup : il agrippa fortement sa cheville, l'empêchant ainsi toute résistance, et ramena sans difficulté le membre vers lui, au désespoir du plus jeune, qui était tout simplement impuissant.
Il ouvrit également la bouche pour protester, mais se rappela assez bien de ce qui risquait d'arriver s'il prononçait le moindre mot…

"Qu'il me lâche!"

Il tenta un nouvel essai, mais ne parvint toujours pas à s'éloigner : c'était bien sa plus grande crainte!
Pendant ce temps, la chaussette se retrouva assez vite sur le sol, au grand dam de Misaki, qui ne savait plus quoi faire, ni penser.
Néanmoins, il n'eut justement pas le temps de penser, car quelque chose d'humide passa tout le long de son pied.

Est-ce que c'était…
Non, ça ne pouvait pas être…

"Mon Dieu… Est-ce que c'est sa… Sa LANGUE?!"

A cette pensée, il eut un petit cri d'inconfort et de peur, et recommença ses essais pour s'éloigner, au point d'attraper le morceau de métal qui soutenait le lit pour se tirer.
Pourquoi…?!
Pourquoi il…?!
Le brun avait bien remarqué qu'il y avait probablement une grande différence de force, de carrures… Mais fallait-il que cela soit à ce point?! Au point qu'il soit obligé de se tirer à l'aide de son lit?!

Et puis soudainement, plus rien : la langue qui s'était aventurée sur la plante de son pied gauche s'était évaporée, et la main qui le maintenait en place en avait fait de même.
Surpris, il se redressa, et par crainte d'être encore touché dans le noir, il se recroquevilla dans le coin de son lit, néanmoins toujours tremblant par ce qui s'était passé.
Si le but était de le rendre affreusement mal à l'aise… Eh bien, ce Vladlen pouvait bien aller chercher son oscar, c'était plus que réussi!

Apeuré, et peu rassuré, il s'empressa de jeter de nombreux regards autour de lui, l'angoisse de se retrouver dans une situation semblable à la précédente grandissant de secondes en secondes…

"Où est-il…?" pensa-t-il, à la limite de la panique.

Clic.

Misaki se figea totalement, incapable du moindre geste.
En face de lui…

-"Bouh!"

Crier. Crier. Maintenant, maintenant, maintenant!

Cet homme, ce psychopathe… Avait juste son visage à quelques centimètres du sien, avec une petite lampe torche qu'il venait juste d'allumer.
Juste. En. Face. De. Lui.
Son visage de malade, ce sourire insupportable aux lèvres…

-"Ah… Aaaah…"

Il arrivait à peine à faire sortir sa voix, tant sa surprise était sans pareille, et incomparable. Celui en face de lui laissa son sourire s'élargir, et plissa ses yeux dans le même temps.
Les sons qui sortaient de sa bouche semblaient s'être bloqués : impossible de crier!

Son ravisseur continua, visiblement satisfait du petit effet de son apparition surprise :

-"Vilain garçon…" A cette phrase, il joignit le geste à la parole : il posa sa main droite sur la joue de l'étudiant, et de l'autre, il lui attrapa le menton pour le rapprocher un peu plus de lui.

-"Je suis loin d'être stupide, et tu le sais, non…? Tu croyais vraiment que j'allais te laisser alors que je te savais très bien réveillé?"

Misaki resta silencieux, tentant doucement de retirer sa tête de l'emprise de l'autre homme, mais ce à quoi l'autre répondit par une poigne bien plus puissante au niveau de son menton.
A cela, il n'osait plus faire le moindre geste, de peur de contrarier l'autre à nouveau…

-"Tu n'es qu'un méchant garçon… Un garçon qui n'obéit pas, qui n'écoute rien…"

Misaki tressaillit de nouveau, et serra les dents, cherchant avant tout à cacher le cri qui menaçait de monter de plus en plus.
Pourquoi lui…? Pourquoi… Ca?!

D'un coup, la main qui se promenait sur sa joue se plaça rapidement sur l'arrière de sa tête, pour le tirer vers l'avant. Il ouvrit les yeux dans le choc, et en particulier lorsqu'il sentit un souffle chaud dans son oreille, comme lors de son premier réveil.

-"Et tu sais ce que je fais des garçons comme toi?"

Cette phrase avait eu un ton si enfantin qu'elle paralysa les muscles de Misaki de manière plus impressionnante.
Et puis il eut cette fameuse pensée, qui éclata dans on esprit :

"Est-ce qu'il va me tuer…?"

Cela semblait presque impossible… Vraiment! Pour l'étudiant, il était inconcevable d'imaginer que sa vie allait prendre fin dans, peut-être, quelques minutes. Que ce soit le noir, que son existence soit ainsi totalement rayée de l'univers, et qu'après… Le Rien.
Non… Il n'arrivait pas à imaginer.

Le simple fait de ne pas s'en sortir lui glaça le sang, tout pendant que de terribles mots le ramenaient violemment sur Terre :

-"Je les dresse."

"… Hein…?"

Il avait dû mal entendre… Vraiment mal entendre… (Ce qui était pourtant improbable, étant donnée la distance inquiétante qui séparait la bouche de son potentiel assassin, et l'oreille du brun…)

-"Qu… Quoi?"

Les mots s'étaient échappés de sa bouche. Il fut alors libéré de l'emprise exercée sur l'arrière de son crâne et put voir de nouveau l'expression qui était plaquée au visage de son kidnappeur.

"Non… Non…"

Un malade… C'était tout simplement un malade qui se trouvait devant lui… Ses yeux n'avaient décidemment plus rien d'humain, et son sourire était celui d'un démon.
Cet homme avait perdu toute humanité, si du moins il en avait au moins eu une un jour…. C'était un monstre, et seulement un monstre psychopathe.

-"Non… S'il-vous plait…"

Il n'avait rien fait pour être ici!
Pourquoi, alors, se trouvait-il en face de cet homme complètement fou?! Cet homme qui allait… Qui allait peut-être le tuer dans d'atroces souffrances…
Et ce fut cette constatation qui, justement, causa probablement sa perte.

-"NON!"

D'un geste particulièrement incontrôlé, il jeta violemment toute sa force contre cet homme en face de lui, qui tomba à la renverse, avant de sauter de ce lit métallique. L'autre, qui tenta d'attraper sa jambe au vol, rata sa prise, mais se releva aussi rapidement qu'il fut tombé.
A ce moment, Misaki avait déjà atteint la porte.
Malheureusement, et comme il le savait, elle était close. Cette porte, imposante et totalement incassable, était close.
Et il allait mourir. Mourir pour avoir tenté de s'échapper, probablement…

"OUVRES-TOI! OUVRES-TOI, PITIE!"

Il avait pourtant beau appuyer de toutes ses forces sur cette maudite poignée… Rien. Tout ça… Pour rien.

"Allez, pitié!"

Mais c'était fichu d'avance.

Il se cambra dans la douleur lorsqu'une puissante poigne s'exerça sur son cou, le plaqua contre le métal froid de la porte.

-"Petit imbécile…"

Le brun se contenta simplement de répondre avec un petit cri de douleur, tout pendant qu'il sentait ses mains se faire lier dans son dos. Il tenta malgré tout de résister, mais ne parvint à rien, sauf peut-être à retarder son ravisseur, chose peu utile dans son cas actuel…

Rapidement immobilisé, un ruban noir s'enroula autour de ses yeux.
Interloqué, il essaya encore de se dégager de la prise de l'autre homme, mais sans réel succès, car il se retrouva une nouvelle fois le visage contre la porte…

-"Tu vas rapidement comprendre… Qu'ici c'est MOI qui commande. Je suis ton maître à partir du moment où tu as ouvert les yeux ici!"

Le plus jeune sentit une main attraper ses cheveux. Il n'eut pas le temps de comprendre quoi que ce soit, avant que sa tête soit violemment frappée contre la paroi froide.
Il laissa de nouveau échapper un cri de douleur, sentant progressivement du sang couler de son nez.

-"Mais tu auras tout le temps de comprendre… C'est pour ça qu'on va aller s'amuser MAINTENANT, qu'est-ce que tu en penses?"

Il s'abstint de répondre, conscient du ton de son ravisseur, et qu'il avait suffisamment fait de "bêtises" pour la journée…
Il entendit donc le son de la porte, et d'avance…
Il savait que son cauchemar allait probablement débuter très prochainement.
Cependant, attaché et aveuglé, il jugea, malheureusement, qu'il n'avait aucune chance de pouvoir s'échapper de cet endroit…

… … … … … … … … … … … … … … … … … … … …

-"Nous y sommes!"

Ce fut cette phrase qui lui signifia qu'ils étaient finalement arrivés "à destination"… Chose qu'il redoutait au plus haut point : il avait eu un très bel aperçu de la force de son kidnappeur, au moment où son nez fut fracassé contre le métal… C'était un coup pour le moins assez puissant, et il sentait toujours le sang couler…

"Je ne vois rien… Où est-ce qu'on est?"

Ils avaient marché un peu, avant d'arriver dans cette fameuse pièce, si bien que l'étudiant devina que l'endroit où il se trouvait n'était pas un simple petit appartement… Plutôt une sorte de grande maison, ou toute autre possibilité envisageant un grand terrain.
A cela, il serra les dents, gêné par la probabilité en baisse qu'on le retrouve, où qu'il parvienne à partir d'ici…

Toujours mené par ce Vladlen, il se sentit soudainement poussé sur une sorte de table en métal. Cela eut pour effet de le faire réagir, et il se retourna, à la recherche d'un moyen d'éviter de s'y retrouver au dessus.
Parce qu'à ce stade, c'en était presque évident… A combien s'estimait que cette table était "sans danger", ou qu'elle n'était là que pour faire joli…? (Même si le danger en lui-même ne venait pas de l'objet, mais du sadique qui le menait)

-"Non, arr-

-Mais tu vas te taire, oui?!"

Une douleur brusque prit place dans sa joue et sa tête fut durement poussée sur le côté.

"Que…?"

Il lui fallut quelques secondes avant de comprendre qu'il s'était fait giflé, et avec lenteur, toujours de manière aveugle, il tourna sa tête vers la source de sa douleur : L'homme qui se tenait en face de lui.
Non pas qu'il n'arrivait pas y croire, mais il ne s'y attendait pas vraiment.
Il s'était déjà fait frappé quelques minutes auparavant, mais il ne pensait pas que cela arriverait de nouveau, si bien que son visage laissa paraître une expression de surprise.

-"Tu ne sais pas ce que tu fais, petit imbécile… Mais je vais te montrer. Nous avons tout le temps, de toute façon, n'est-ce pas?"

Le message était clair : Il n'était pas prévu que Misaki s'en aille. Pas du tout. Au contraire, il allait probablement rester très longtemps ici.
Savoir cela le fit tressaillir.

Puis des mains agrippèrent ses épaules, pour le pousser de nouveau vers cette table qu'il souhaitait à tout prix éviter.
Mais il ne trouva pas la force de résister : la peur lui mordait le ventre sur ce qui allait encore se passer, s'il répliquait… De plus, il était attaché, et il portait toujours ce bandeau noir autour de ses yeux, masquant toute sa vision.
Quoiqu'il fasse, cela aurait été inutile… Il aurait fini avec une autre gifle, si ce n'est plus.
Non, il devait attendre, et laisser faire, puis ensuite aviser en fonction.
Peut-être qu'au final, ce ne serait rien de "bien méchant"…?
…. Il en doutait fort, cependant.

Toujours avec ces mains qui pesaient sur ses épaules, il n'eut d'autre choix que de s'assoir sur le bord froid de cette maudite table, avant d'y être allongé de force. La perte de sa vision lui avait fait perdre le sens des directions, et le brun avait, dans le même temps, perdu ses repères.
L'autre le tourna légèrement sur le côté pour le délier. Une fois la corde à terre, il se frotta les poignets de douleur. Il était certain qu'une marque rouge les entourait, et n'était pas sûr qu'elle disparaisse très vite. Mais il n'eut pas le temps de penser davantage qu'il sentit ses mains plaquées le long de son corps et…

Clic-clic.

Il se figea à l'entente de ce bruit, et en voulant se relever de nouveau, il comprit : Ses mains s'étaient retrouvées attachées à la table. Probablement par du métal, si l'on en jugeait par le toucher, ou la résistance par rapport à ses mouvements.
Misaki tourna la tête dans plusieurs directions, dans le but de savoir où était son bourreau, et ce qu'il risquait de faire ensuite. Mais peu importe qu'il entende des bruits de pas ou non, qu'il sache d'où ils provenaient ou non, le plus dur était de supporter le fait de ne rien savoir sur l'après de ceux-ci.
Il serra les poings, une douleur montante commençant à apparaître au plus profond de son ventre.
Et enfin, il sentit une pression sur ses jambes.

"Non…"

Parce qu'il savait.

Clic-clic.

Parce qu'il savait qu'il était coincé.

"Qu'est-ce qu'il va se passer?!"

Misaki sentait son cœur battre de plus en plus vite, tout comme sa respiration qui ne faisait qu'augmenter également.
A cela s'ajoutait la tension qu'il ressentait à cause des bruits peu rassurants à ses côtés…

"Mais qu'est-ce qu'il fait…?!"

L'étudiant essaya de redresser le haut de son corps une fois de plus, peut-être dans l'espoir que ses liens se brisent, mais peu importe comment il l'imaginait, c'était bien improbable…
Et il ne voyait toujours rien…
Il avait déjà assez peur comme ça… Le fait de ne rien voir empirait à un point inimaginable la chose!

Tout d'un coup, une main attrapa son menton, le faisant sortir de sa rêverie, et le forçant à "regarder" dans une certaine direction, probablement dans celle de son ravisseur, auquel il pouvait facilement imaginer un horrible sourire moqueur.

-"Oh, tu veux voir?"

Il sentit la seconde main de l'autre s'attarder sur le derrière de sa tête, à l'endroit où le bandeau était noué.

Non. Non, il ne fallait pas.
Parce qu'il-
Trop tard. Derrière son crâne, le nœud commençait à se détacher, sous les mains habiles de celui qui le dénouait.

-"No-
-Eh bien… Tu vois maintenant!"

Un éclair de lumière jaillit à l'intérieur de ses yeux, le forçant à fermer les paupières, trop ébloui par la clarté de la pièce. Difficilement, il se força à les ouvrir, à la fois horrifié et curieux.
Horrifié car il craignait au plus haut point ce qu'il allait apercevoir.
Curieux, car il pourrait enfin savoir ce qui allait lui arriver.
Alors peu à peu, au fur et à mesure, il sentit sa vue devenir de plus en plus claire, et il put enfin examiner la pièce dans son ensemble, tout comme cet homme qui avait eu le plaisir de le séquestrer…

"… Hein?"

Il avait jeté un regard circulaire et s'était arrêté sur un élément en particulier. Extrêmement particulier, car il en avait automatiquement blêmi. Il s'était même doucement remis à trembler, tant il ne s'y attendait pas.
Et aussi parce que cela voulait tout dire sur le séjour qu'il allait passer dans cet endroit...
Du sang. Du sang partout. Sur les murs, le sol… Et même le plafond!
Partout… Partout!

"Oh non… Oh non, non, non, non, non…" Ce mot se répétait dans son esprit, alors qu'il se rendait de plus en plus compte de la quantité astronomique de sang qui avait dû être versé dans cette salle.

Ses yeux s'attardèrent plus en détails sur les murs, sur lesquels des choses avaient été accrochées. Son visage devint encore plus blême qui ne l'était, et tout pendant que l'autre se baissait pour se trouver à sa hauteur, il avait eu le temps de comprendre en majorité toutes les utilités de ces objets : la douleur et la torture pure et simple.

-"Non…"

Des couteux, plus ou moins longs (mais très souvent ce dernier cas), des cisailles à une taille impressionnante, ou encore… Des sortes de pinces étranges, mais toutes aussi pleines de sang, comme chaque "outil" présent dans cette pièce.

Suivant son regard, l'autre laissa un rire lui échapper, et posa ses doigts dans ses cheveux, s'amusant à entremêler les mèches entre elles.

-"Tu vois? Ce sont tous mes petits jouets… Mais on va s'amuser autrement aujourd'hui. Ce sera pour plus tard, quand je m'occuperai de t'apprendre toutes les règles que j'ai imposées…

-S'il… S'il vous plaît, je n'ai rien fait pour ça, vous… Vous vous trompez de personne!

-Oh, vraiment…? Tu n'es donc pas Takahashi Misaki?

-Je…"

Il savait… Qui il était.
Non, le brun n'avait jamais été choisi au hasard, c'était même le contraire… Il avait réellement été choisi, et emmené ici, sous la bonne volonté de cet homme…
Mais pourquoi?!

-"Je...

-Tu es à l'université Mitsuhashi, tu habites avec le célèbre Usami Akihiko, tes parents sont morts dans un accident de voiture, et ton frère est la seule famille qui te reste. N'est-ce pas, Takahashi Misaki…? Est-ce que je me trompe vraiment de personne?"

Misaki se serait giflé, s'il avait pu : cet homme… Avait fait des recherches sur lui!
Mais comment? Pourquoi?!

-"Pourqu-?!

-Shhhh…"

L'étudiant se tut, lorsqu'un doigt se posa sur ses lèvres, lui intimant strictement le silence.
Et il savait très bien pourquoi… La première règle.
Il ne l'avait pas oubliée, loin de là.

-"J'aime toujours le silence, ça n'a pas changé. Je suppose que tu sais quoi faire, hm?"

Ce ton était clairement… A la fois amusé et sérieux. C'était tout simplement indéfinissable.
Il marquait l'amusement de voir sa victime se poser tant de questions et montrer sa peur, mais aussi l'exaspération de devoir trop en dire, ou tout autre chose de ce genre.
Lentement, l'autre, ce Vladlen, comme il lui avait dit, se retira à l'arrière de la table, non sans avoir au préalable forcé Misaki à se recoucher le long de cette dernière.

"Qu… Et maintenant…?" Il n'osait plus imaginer : il lui suffisait de jeter des regards inquiets à la salle pour comprendre qu'il n'allait pas du tout s'amuser ici… Pas du tout.
Et que ça allait être long… Très long…

De plus, en regardant la tenue de Vladlen, il avait confirmé ses impressions : une blouse blanche. D'un blanc immaculé? Pas vraiment.
Il n'avait pas eu le courage de compter toutes les taches de sang qui s'y trouvaient… Elle en était presque devenue rouge.
On aurait dit le style vestimentaire d'un scientifique fou, avec les lunettes qu'il portait… Comme si c'était volontaire.
Et s'il sortait d'ici, il allait devoir faire une description détaillée de cet homme… C'était peut-être une des clés pour se sauver plus tard, ou… Ou toute autre possibilité.

Il se força donc à jeter quelques regards en arrière pour le dévisager, chercher des détails frappants…
Mais rien de bien concluant : il pouvait simplement dire qu'il était brun, qu'il avait probablement entre trente et quarante ans… Et qu'il était possiblement russe, en vue de son accent lorsqu'il parlait japonais.
Sinon, rien : sans cette blouse couverte de sang, il aurait pu paraître totalement normal…

Soudainement, sa tête plongea en arrière.

"Qu… Quoi?!"

La planche en métal sur laquelle il était couché s'était considérablement penchée en arrière, si bien que son crâne se trouvait plus bas que ses pieds.
Pourquoi…? Etait-ce une fausse manipulation…?

Interloqué, il jeta un regard derrière lui, et aperçut l'autre penché au dessus de lui. Son sourire peu rassurant lui confirma le fait que cela n'était en rien une erreur de manipulation.
Mais alors, quoi…?

-"Nous allons beaucoup nous amuser aujourd'hui…" D'un geste vif, ce dernier attrapa une sorte de tissu comme l'on en voyait des milliers chaque jour. Pourtant, Misaki ne pouvait pas s'empêcher d'avoir un mauvais pressentiment… Cela sentait mauvais. Très mauvais.
Mais il resta silencieux, attendant avec peur la suite.

-"Alors voyons voir… Tu m'as désobéi beaucoup de fois, aujourd'hui… Tout comme hier. Tu mériterais une grosse punition."

L'étudiant se remit à trembler à l'annonce de ce dernier mot, conscient de tout ce que cela impliquait.
Probablement (et même surement, maintenant qu'il avait vu toute l'étendue de la pièce) de la torture et énormément de douleur.

"Je ne veux pas, je veux… Je veux rentrer chez moi!"

Il n'avait jamais rien fait…! Alors pourquoi était-il ici?! Pourquoi LUI, avait-il été choisi par un psychopathe pareil?!

"Parce que justement, c'est un psychopathe." Lui souffla une petite voix, qu'il n'aurait souhaité ne pas entendre.

-"Mettons trois heures pour aujourd'hui, d'accord?"

…. Trois heures…?
Mais trois heures de quoi…?

La main tenant le mouchoir en tissu s'abattit donc rapidement sur son visage, le faisant crier de douleur à cause de son nez, qui avait été précédemment fracassé contre la porte de sa cellule.
Puis avant qu'il ne vit venir quoique ce soit, un filet d'eau s'écoula sur le bout de tissu que la main tenait toujours fermement au niveau de son nez et de sa bouche.
Il essaya de bouger sa tête, de se défendre, mais étant immobilisé et partiellement aveuglé par le mouchoir et la main de son agresseur, il ne put exercer une résistance bien efficace…

"Qu'est-ce que…!"

Il ne… Pouvait plus respirer!
L'eau s'infiltrait à travers les mailles du mouchoir, passant ainsi dans sa bouche, puis lentement dans sa gorge, sans qu'il puisse se débattre, ou répliquer.
Sentant la panique totale monter très rapidement, il recommença à tenter de respirer, sans succès : l'eau empêchait l'air de passer à travers!

"Je ne peux plus respirer!"

Il commença à faire de grands gestes brusques, dans le but de montrer à l'autre qu'il était en train de s'asphyxier, de se… "Noyer"…
Mais rien.
Son "assassin" continuait de sourire comme avant, et n'arrêtait en rien ses mouvements.
Au contraire, cela l'encourageait, même!

Au bout de quelques secondes, à peine, il sentit ses forces le perdre peu à peu, et des points noirs commençaient à danser dans sa vision, et…

Le chiffon fut enlevé.
Pris de terreur, il inspira un grand coup, et se mit à fixer avec peur et étonnement l'homme qui avait tenté de le tuer.

Puis il comprit le sens de sa phrase précédente : "Mettons trois heures pour aujourd'hui, d'accord?"

Trois heures… De "ça".

"Non…" Il ne parvenait pas à l'imaginer… Il serait mort avant!

Mais il savait. Il savait que l'autre serait loin de le laisser mourir.
Qu'y aurait-il de drôle là-dedans, sinon…?

La voix du fou à ses côtés sembla le sortir de sa rêverie :

-"Nous allons bien nous amuser, toi et moi…" Il se remit à rire, et…

Et il reposa le chiffon sur son visage, toujours cet air de sadique peint sur son visage.


-"Calmez-vous! Allons, reprenez vous!"

Misaki ouvrit soudainement les yeux, nez à nez avec le médecin qui se chargeait de lui quelques… Minutes, heures plus tôt? Il avait totalement perdu la notion du temps, et…
La seule chose qui le préoccupait, c'était de regarder autour de lui, pour se prouver que tout cela n'était qu'un mauvais "rêve".
C'était si réel… Tout avait eu l'air si réel, comme s'il était revenu à cette époque, où il ne savait rien de ce qu'il allait vivre pendant les six mois suivant tout… Ca…

-"Ca y est…? Vous êtes "réveillé"…?"

L'étudiant resta un moment interdit, les yeux ancrés dans ceux de son docteur, incapable de réellement répondre : était-il, de toute façon, en état de quoi que ce soit, même répondre à une simple question, d'un hochement de tête?
Peut-être avait-il déjà vécu cette scène… Peut-être s'en souvenait-il comme si c'était hier…
Mais la revivre, comme si elle se passait sur le moment même… C'était plus que traumatisant.

-"Takahashi?" Il fut secoué de nouveau, doucement cette fois-ci, le rappelant ainsi à l'ordre du présent.

"Je suis… Ici. Pas… Pas là-bas…" Il frissonna au souvenir de cette horrible période, et les yeux presque vides, il hocha doucement la tête.

-"…. Bien… Donc nous l'avons trouvé! Si vite… C'est presque un miracle!"

Le plus jeune pencha la tête dans l'incompréhension, jetant un regard interrogateur à son interlocuteur.

"Trouvé…? Mais trouvé "quoi" ?"

Avec hésitation, il prit d'une faible poigne son tableau et son marqueur, mais n'eut même pas le temps d'écrire ne serait-ce qu'une lettre… L'autre l'avait déjà coupé par le son de sa voix :

-"Vous… Ne pouvez pas parler…?"

Haussant un sourcil sous l'étonnement et la septicité, il finit par secouer la tête, déstabilisé par ce qu'on venait de lui dire : l'autre l'avait-il oublié…?
Pourtant, c'était bien la raison de sa présence ici…! Alors…
Alors comment aurait-il pu oublier?

-"Alors… Alors c'est différent de ce que je pensais…"

Misaki renforça sa prise sur les objets qu'il tenait, et commença ainsi à écrire, toujours décontenancé par ce qu'il venait d'entendre : qu'est-ce qui était différent?
Traçant avec rapidité ses lettres, pour la plupart courbées par la vitesse, il finit par retourner le tableau, une angoisse montante au ventre.
Qu'allait-on lui dire, cette fois-ci…?

""Expliquez-vous! Je ne comprends pas."" Etait inscrit sur le petit tableau blanc, écrit en noir, comme chacun de ses précédents messages.

Le spécialiste resta un moment sans réponses, puis se leva, pour se rassoir à son bureau, la tête baissée, comme pour réfléchir à quelque chose.

-"Lorsque vous étiez "inconscient", vous avez… Parlé."

Il en resta interloqué : s'il s'attendait à ça!
Pris d'un nouvel espoir, il ouvrit de nouveau la bouche pour tenter de sortir un quelconque son, mais… Rien n'en sortit, comme il le craignait. Sa voix… Etait réapparue, et avait disparu juste à son réveil.
Qui avait dit que le hasard faisait bien les choses?!

-"Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement…" Il se re-concentra sur le présent lorsque son docteur recommença à parler, avec l'intuition qu'il allait probablement entendre des choses intéressantes…

-"… Mais pendant que vous étiez sous hypnose, vous avez étiez capable de me raconter tout ce que vous viviez pendant votre souvenir… J'ai tout d'abord pensé que votre voix était finalement sortie, mais… Mais maintenant, je pense que votre voix est coincée à cause de votre inconscience."

Il avait donc… Tout raconté?
Il baissa les yeux dans la gêne et la tristesse. Il espérait que ce serait bien le seul qui en saurait autant…
Parce qu'il était tout simplement hors de question que quelque chose comme ça tombe dans l'oreille d'Usagi!
Cependant, il tâcha de rester concentré, et ainsi, recommença à écrire :

""Mon inconscience?"" plus les explications avançaient, moins il comprenait… Cela devenait trop compliqué.

-"Il est possible –je n'en ai aucune preuve, néanmoins– que votre esprit ait mis "sous clés" certains souvenirs trop dangereux, pour vous empêcher de devenir… Disons mentalement instable… "

Autant dire "fou" directement… Misaki avait beau avoir quelques problèmes de mémoire, il n'en demeurait pas moins perspicace pour ce genre de choses… Et ici, il savait très bien qu'avec ce qu'il avait vécu, il avait de très bonnes chances de devenir fou, comme l'autre le disait…
D'ailleurs, c'était à se demander comment ne l'était-il pas déjà.
Malgré cela, quelque chose retint son intention : "certains souvenirs sous clés"…
Si cela était vrai, alors… Alors la plupart des souvenirs qu'il avait encore en mémoire n'étaient probablement rien par rapport à ce que son esprit tentait de cacher!
Et c'était justement ça qui lui faisait peur : retrouver des souvenirs qu'il avait "oubliés", et les revivre comme si c'était réel…

"Mais si je ne fais pas ces séances… Ma voix ne reviendra surement pas…"

"Et jamais tu ne guériras…" lui-souffla une petite voix, à l'intérieur de lui.

Petite voix qui n'avait pas faux, d'ailleurs… Non seulement sa voix ne reviendrait qu'avec ces horribles flashbacks, mais en plus, ces mêmes flashbacks, ironiquement, lui permettraient de ne pas devenir fou!
Si ça, ce n'était pas un coup malheureux du sort…

Doucement, il effaça ce qu'il avait inscrit sur son tableau, et recommença à écrire de petites lettres, de moins en moins rassuré par la situation :

""Si c'est le cas… Je vais devoir continuer l'hypnose…?"" Il n'en avait vraiment, vraiment, VRAIMENT pas envie, mais… Mais il connaissait déjà d'avance la réponse, et il savait qu'il risquait de perdre sa voix, et à la fois sa raison en restant inactif…
Avait-il donc le choix? Non.
Bien sûr que non…

-"J'en ai bien peur…"

Et voilà : on y était. N'était-ce pas ce qu'il avait pensé plus tôt? Il le savait.
Mais… Pour lui, ce n'était pas le plus grave.
Parce qu'il se rappelait de ce moment… Ce moment où il avait cru, pendant trois longues et terribles heures, qu'il allait se noyer, y passer, lentement et douloureusement… Et il savait également très bien ce qui arrivait –ce qu'il allait entendre– après la première torture qu'il avait subie.
Et il devait s'assurer d'une chose. Une chose très importante.
Parce que si cette petite phrase… Cette petite phrase qu'il avait entendue après tout ça… Si elle atteignait l'auteur…
Il n'y aurait plus moyen de l'arrêter : il serait dans une fureur noire, et serait prêt à tuer quiconque osera s'approcher de lui...
De plus, il ne supporterait pas de savoir que l'écrivain soit au courant de… Ca.
Jamais.

""Jusqu'où ai-je parlé…? Où m'avez-vous réveillé?""

L'autre parut réfléchir, et comme s'il avait peur de dire quelque chose de mal placé, il commença doucement :

-"Vous étiez… En crise de panique, vous n'arrêtiez pas de dire que vous alliez vous noyer, mourir, ou…"

""C'est tout?""

Il s'était empressé de l'écrire, comme si la seule réponse qu'il pouvait recevoir allait lui garantir un poids de moins à supporter.
Mais c'était réellement le cas… Il avait réellement besoin de cette réponse pour être plus tranquille.

-"Eh bien… Oui, je vous ai réveillé pendant cette crise."

Misaki poussa un long soupir de soulagement.
L'autre en savait juste assez… Heureusement pour lui!
Il hocha doucement la tête, mais n'osa pas regarder en face son médecin, de peur, par son expression, de le mettre sur une voie qui le pousserait à continuer ses recherches sur ce moment spécial.

Il ne voulait pas continuer ce souvenir.
C'était… Un des plus douloureux. Non pas par la torture qu'il avait subie, par la peur qu'il avait ressentie, ou… Ou tout autre chose de ce genre…
Juste…
Juste ça. Cette phrase, qu'il avait entendue avant de s'évanouir d'épuisement sur cette horrible table…

"Et une dernière chose, très importante… Je ne te violerai jamais. C'est… Pour ainsi dire contraire à mes principes."

Il se rappelait parfaitement avoir eu un énorme soupir de soulagement… A tort, de toute façon. Parce que tout cela aurait été trop simple… Beaucoup trop simple…
Et il l'avait compris, particulièrement quand l'autre s'était penché pour se retrouver à sa hauteur, et continuer, à voix basse, dans son oreille :

"Ce sera toi… Ce sera toi qui me supplieras de le faire."

Il avait tout de suite su qu'il était fichu.


Rumi : Je suis très contente qu'elle te plaise, merci de m'avoir lue, ça me fait très plaisir!
C'est vrai que l'intrigue est un peu dure (MÊME POUR MOI XD ), j'essaie de faire de mon mieux, vraiment... ;w; Le contexte est tellement duuuur! Rien que la peur de faire les personnages OOC est toujours là! OAO"
Je ne vais pas spoiler, mais il y aura un chapitre où Misaki vous fera tous beaucoup de peine... Moi-même, j'en ai eut, quand je l'ai écrit, ce passage! ;_; (Mais queeeel chapitre, tiens...? 8D EH BAH NAN, JE LE DIRAI PAAAAS-EUUUH! XD ) Je te rassure, je ferais tout pour mettre plein de passages meuuugnon! 83 Parce que sinon, je vais accumuler les fangirls qui voudront me lapider...
HUUUUM... 8D En fait, j'ai le choix entre une fin heureuse (cui-cui, les petits oiseaux, tout ça, tout ça), ou une fin MEGAAAA frustrante '.' Je dois avouer que je suis toujours en hésitation... Quoique je choisisse, ça sera bien fait, faut pas s'inquiéter!

Allez, n'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez, et... A plus tard pour le prochain chapitre? :3
Au fait, il y a une bande annonce, maintenant! =) Cherchez ma chaîne (CeliaCP17) et vous serez en mesure de la trouver! En espérant qu'elle vous plaise!
Encore merci de m'avoir lu!