Bonjour à toutes ... Un petit chapitre, ça vous dit ? ... Et si en plus, on rentre dans le vif du sujet, c'est mieux, non ?!
On vous laisse découvrir.
Y&A
Chapitre 10
Laredo, Texas, Mardi matin, propriété d'Alvaredo
Comme souvent, Alvaredo vint retrouver Neal à la table du petit déjeuner sur la terrasse.
"Navré pour l'interruption hier, M. Alvaredo. J'ai bien peur de m'être vite habitué au fait d'être votre seul invité."
"Il n'est évidemment pas question que vous repreniez contact avec Delmott," répliqua son hôte en le regardant d'un air sévère. "Vous n'aurez qu'à prétexter d'autres engagements."
"Bien sûr, je comprends," accepta Neal, se disant qu'Alvaredo commençait à révéler son vrai personnage.
Il prit une gorgée de café.
"Si cela ne vous dérange pas, je ne vais pas travailler sur le parchemin ce matin. Je souhaiterais aller visiter le musée Border Heritage. Le déchiffrage des glyphes ne donne rien. Je veux étudier davantage la région et son passé voir si certaines choses m'ont échappé dans les documents que vous possédez. Parfois, le simple commentaire d'un guide ouvre une toute autre perspective."
"Comme je vous l'ai déjà dit, vous êtes maître de votre temps M. Caffrey. Seul le résultat compte pour moi."
Le téléphone d'Alvaredo sonna et celui-ci s'éloigna pour y répondre. Neal fronça les sourcils. Il avait hâte de savoir ce que Finch avait trouvé sur le PC. La visite au musée risquait d'être vite expédiée, mais il ne doutait pas un instant qu'Alvaredo vérifierait qu'il s'y était effectivement rendu.
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Laredo, Mardi matin, Suite de l'Hôtel La Posada
Finch buvait tranquillement une tasse de thé lorsque John s'installa pour son petit-déjeuner.
"Bonjour Harold, bien dormi ?" demanda John.
"Pas plus d'heure ou deux. Le système informatique de M. Alvaredo est vraiment très élaboré," répondit Finch d'un ton las.
"Votre tasse de thé me laisse penser que vous vous accordez une pause, j'en déduis que vous êtes arrivés à vos fins," répliqua John.
"Plus ou moins," répondit Finch. "Prenez donc un café, laissez-moi finir mon thé et je vous explique."
Shaw les retrouva quelques minutes plus tard et s'assit à leurs côtés. Posant sa tasse, Finch leur fit le compte-rendu de sa longue nuit de travail.
Il avait réussi à accéder au contrôle du programme de suivi de l'émetteur de Neal. Il pouvait, entre autres, manipuler le positionnement GPS de celui-ci. Il devait encore se pencher plus attentivement sur les informations qu'il avait trouvées dans l'un des dossiers afin de mieux comprendre le fonctionnement général du système. Il voulait être sûr d'avoir une maîtrise totale du programme, surtout sur un émetteur placé à l'intérieur même du corps d'une personne.
Au petit matin, après des heures d'efforts, il était enfin parvenu à rentrer dans les serveurs de données. Il n'osait cependant pas s'aventurer trop profondément dans les fichiers de peur de déclencher une alerte dans un système particulièrement sensible et judicieusement protégé.
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Laredo, Mardi 12h00, Hôtel La Posada
Neal entra dans la suite de l'hôtel.
Finch avait transformé la pièce de séjour en bureau, utilisant le téléviseur comme écran supplémentaire. Il était en vidéo conférence avec Mozzie. Content de revoir son ami, Neal s'approcha de la caméra.
"Salut, Mozz," fit-il comme s'il venait de le croiser la veille.
"Neal !" Le sourire éclatant qui s'afficha sur le visage de Mozzie devait être douloureux. "Comment vas-tu ?"
"Ca va… Beaucoup mieux depuis que tu m'as envoyé la cavalerie, je dois dire."
"Je n'y suis pas pour grand-chose," tempéra le petit chauve.
"Tu as quand même appelé John."
"Ca m'a semblé la chose logique à faire quand j'ai trouvé le mobile."
Neal se figea un instant. Il était évident que le FBI avait dû fouiller son appartement de fond en comble. Il savait qu'ils étaient sans doute passés à côté des principales cachettes, mais Mozzie avait dû pousser les investigations plus loin.
Mozzie eut un petit rire amusé en voyant le visage déconfit de son ami.
"Ne t'inquiète pas, tes secrets sont en sécurité avec moi, vieux frère."
Neal émis un léger grognement dubitatif.
"Finch m'a envoyé la photo de ton parchemin. Je comprends que tu t'y casses les dents, le texte n'a aucun sens. Tu me racontes un peu le passé de ce truc ?"
Neal approcha un fauteuil du bureau de Finch et lui raconta l'histoire que lui avait rapportée Alvaredo.
"Attends, attends…" l'interrompit Mozzie. "Tu me dis que ce serait l'ancêtre d'Alvaredo, un militaire espagnol, qui aurait rédigé ce document ?"
"Oui, pour préserver le secret du trésor. Le symbole "trésor de Tenochtitlan" est le seul qui ait un sens, il confirme ce que représente la carte."
"Mais enfin, Neal !" Mozzie se leva d'un bond incapable de rester en place pour se lancer dans ses explications.
Reconnaissant les gestes de son ami, Neal poussa un soupir. Mozzie avait parfois du mal à ne pas s'impatienter face à une intelligence moins vive que la sienne.
Prenant conscience qu'il était sorti du champ de la caméra, Mozzie réapparut sur l'écran.
"Il est impossible qu'Alvaredo ait maîtrisé les symboles aztèques, voyons ! L'écriture était réservée aux plus hauts notables. N'oublie pas que raconter le passé par écrit avait presque un côté mystique. C'était réservé aux scribes et à une poignée d'élus. Par ailleurs, la plupart des soldats espagnols étaient analphabètes. Nous devons les premières traductions essentiellement aux prêtres jésuites qui ont eu à cœur de comprendre les écrits… avant de les détruire car ils allaient l'encontre de la foi chrétienne. C'est…"
"Mozzie," l'arrêta Neal.
S'il laissait son ami partir en diatribe contre toutes les erreurs commises par les colonisateurs, ils seraient encore dans cette pièce dans deux jours.
Mozzie poussa un léger soupir, frustré d'être coupé dans son élan, et reprit, "en tout état de cause, ton ancêtre n'a pas pu écrire ce texte. Donc soit, il avait avec lui un indien qui l'a fait pour lui, mais d'après l'histoire que tu m'as racontée j'en doute ; soit il a utilisé les symboles à titre décoratif ou pour brouiller les pistes."
Neal avait pâli. Il avait totalement occulté cela. Focalisé sur la traduction des symboles, il avait oublié qu'effectivement Alvaredo ne pouvait pas savoir écrire aztèque. Il se leva d'un bond et commença à faire les cents pas, se reprochant sa bêtise.
"Mais quel âne je fais… Ca remet tout en cause…. Pas étonnant que personne ne comprenne le sens du parchemin !"
Il s'était levé et marchait dans la pièce, se passant la main dans les cheveux avant d'arrêter quand ses doigts ne rencontrèrent que des cheveux courts. Il ne s'habituerait jamais à cette coupe…
"Mais comment veux-tu retrouver un sens au message dans ces conditions ?"
Il s'arrêta pour regarder un agrandissement de la photo du parchemin posé sur la table basse. Le document était posé à l'envers. Il fronça les sourcils et commença à tourner autour.
"Oh seigneur…" murmura-t-il.
Finch et John s'étaient faits discrets, fascinés par les échanges entre les deux hommes dont les cerveaux rivalisaient de vivacité.
"Finch, vous avez la photo du parchemin sur votre ordinateur ?" demanda-t-il se tournant vers l'homme assis.
"Oui, bien sûr," répondit Harold s'empressant de faire apparaître l'image sur son écran.
"Pouvez-vous superposer le lac ?"
"L'humidité n'est pas de l'humidité !" s'exclama Mozzie qui avait compris ce que Neal venait de voir.
"Je ne pense pas, effectivement…"
Finch superposa la carte sur le parchemin et la déplaça jusqu'à trouver des points de ressemblance.
"Assez proche," murmura Neal.
"Attendez," répondit Finch enthousiasmé lui aussi par la recherche. "Ces contours sont les rives actuelles, si l'on modifie avec les variations probables depuis 1520…" ses doigts volaient sur le clavier, "… on obtient ceci."
"J'imagine qu'à l'époque on n'avait pas encore décrété que l'on signalait l'emplacement d'un trésor avec un X…" fit Neal en secouant la tête.
Il posa le doigt sur le symbole "trésor de Tenochtitlan". Penchant la tête, il fit courir son doigt sur les autres symboles. L'impression qui l'avait saisi quelques nuits plus tôt lui revint.
"Finch, pouvez-vous trouver une carte du ciel local ?"
Pris dans la vague de révélations, Finch comprit immédiatement la demande.
"Les symboles ne seraient en fait que des points reprenant les constellations ?"
"Oui, pour signaler comment se placer sur le terrain pour identifier la cache."
"Comment as-tu pensé à ça ?" s'interrogea John.
"Je suis sorti l'autre soir et je suis resté un moment à admirer le ciel." Il se tourna vers John. "On ne voit pas les étoiles à New York. J'avais oublié à quel point c'est un spectacle saisissant. J'ai eu une impression bizarre en regardant les constellations comme si cela devait me faire penser à quelque chose, mais je n'ai pas réussi à identifier quoi." Il montra la photo. "C'est en réalisant que les symboles ne sont en fait que des points que j'y ai repensé."
Il signala la date, tracée sur un coin du document. "Et nous avons même la période de l'année à étudier. Essayez de sortir la position des étoiles pour le mois de mars."
"Tu crois que ça serait aussi simple ?" protesta Mozzie depuis New York.
"Oui, tout est basique dans ce document. Alvaredo a simplement essayé de dissimuler la simplicité de ses indices en utilisant une écriture impossible à comprendre."
"Ce en quoi, il n'a pas eu tort, puisqu'apparemment il a réussi à bafouer des spécialistes depuis des années…" marmonna Mozzie.
"Qui forcément ont cherché à déchiffrer les glyphes, sans y voir autre chose."
Finch finit de positionner les éléments sur son écran. Il ajouta des coordonnées GPS correspondant au du glyphe de Tenochtitlan.
"Messieurs, je vous présente l'emplacement du trésor d'Alvaredo," déclara Neal avec finalité.
Il regarda Mozzie sur l'écran et lui sourit. Celui-ci lui rendit son sourire. La joie d'avoir résolu l'énigme dépassait le simple fait d'avoir trouvé le trésor. Comme toujours, la chasse au trésor et le défi les avaient finalement toujours plus amusés que les richesses au bout de la quête.
Ne voulant pas perdre de temps, ils mirent en place leur plan d'action en moins d'une heure.
Neal retournerait à la propriété et, sous prétexte d'aller se promener en quad, se rendrait sur les lieux signalés par la carte. L'accès par la terre serait plus facile pour identifier l'endroit exact. Finch s'empressa de lui remettre un GPS pour retrouver les coordonnées retrouvées grâce à la carte. Bien sûr, celles-ci restaient approximatives.
De leur côté, Shaw et John accéderaient à la propriété par le lac. M. et Mme Delmott avaient décidé de faire un peu de ski nautique pour occuper leur temps.
"M. Caffrey, j'ai réussi à accéder à votre émetteur," l'informa Finch.
Par réflexe, Neal regarda sa cheville puis eut un sourire amusé. "Les habitudes ont la vie dure," murmura-t-il pour lui-même.
"Dès que vous serez arrivé à la propriété, je lancerai une boucle qui vous placera dans l'atelier. Vous pourrez ainsi vous déplacer en toute liberté sans éveiller de soupçons."
"Très bien, merci."
"Une fois que nous aurons mis la main sur le masque, je pense qu'il nous faudra filer très vite de Laredo. Il conviendra alors de désactiver l'émetteur de Caffrey," intervint John.
"Pas de souci, je serai prêt le moment venu."
Neal quitta la pièce le premier pour prendre la direction de la propriété.
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Laredo, Mardi 15h00, propriété d'Alvaredo
Neal passa dans sa chambre enfiler des vêtements plus adaptés à la tâche qui l'attendait, son costume de ville pour visiter le musée n'était pas des plus confortables pour affronter le désert. Il prit quelques-unes de ses notes. Si on venait à l'arrêter, il aurait une excuse toute trouvée : il poursuivait des recherches en extérieur sur le terrain. Enfin, il enfourcha un quad et prit la direction du portail repéré côté Nord de l'enceinte.
Il regarda sa montre. Pile à l'heure des changements de gardiens. Il avait noté cela durant son séjour. C'était le seul moment où il pouvait espérer quitter la maison sans se faire repérer. Il avait donné cette heure à Finch comme signal pour démarrer la boucle qui le situerait dans le bureau. Comme ses amis, il espérait juste que cela lui donnerait suffisamment de temps avant que la supercherie ne soit découverte. Il ne se faisait guère d'illusions sur le degré de paranoïa des gardes d'Alvaredo.
Il arriva en quelques minutes à la mystérieuse porte dans le mur d'enceinte. Il fut soulagé de voir que le quad était suffisamment petit pour la traverser. A l'aide du boitier électronique fourni par John, il ne lui fallut que quelques instants pour débloquer le verrouillage électronique. Il remercia intérieurement son ami pour son sens de l'anticipation. Lui, avait réclamé des crochets, comme ceux qu'il utilisait habituellement pour forcer une serrure, cependant John lui avait procuré, en plus, ce boitier qui scannait les combinaisons pour trouver la bonne. "Pour couvrir les différentes possibilités" lui avait dit John, avec un sourire en coin.
A l'extérieur de la propriété, la végétation locale reprenait ses droits et le désert se manifestait pleinement. Mesquite, cactus, broussailles de toutes sortes abritaient quantité d'oiseaux attirés par la présence du lac. Des lézards en nombre rappelaient qu'ils ne craignaient pas la chaleur, contrairement à Neal qui commençait à la sentir frapper sur sa nuque. Il comprenait mieux l'usage des chapeaux dans la région. La casquette qu'il avait prise ne protégeait guère que ses yeux et il se félicita pour l'écharpe en coton qu'il avait prise pour se protéger de la poussière, même si la qualité du tissu témoignait qu'elle n'était pas prévue pour ce type d'aventure.
Il arriva bientôt en vue de falaises, vraisemblablement les anciennes bordures du lac à une époque où le désert était moins présent. Cette zone avait été une importante région d'élevage, le désert avait gagné depuis que les premiers colons s'étaient installés.
Il s'arrêta pour observer son plan et le GPS que lui avait fourni Finch. Encore un ou deux kilomètres et il serait à l'emplacement signalé par la carte. Ensuite, la recherche risquait de s'avérer longue. Où était le trésor ? Enfoui dans le sol ? Caché dans une grotte creusée dans l'une des falaises ?
Il jeta un œil au lac mais il ne voyait toujours aucun bateau à proximité. Aucune trace de ses amis. Il espérait sincèrement qu'ils seraient au rendez-vous à l'heure, ou il ne donnait pas cher de sa peau si les gardes d'Alvaredo le retrouvaient.
Il se disait que le décryptage du parchemin n'avait finalement été qu'une petite partie de l'énigme. Il s'arrêta enfin dans une sorte de gorge encaissée. Il regarda autour de lui et observa à nouveau la photo du parchemin. Avec les murs des falaises, la vue du ciel était réduite, mais elle rendait compréhensible le plan des constellations. Il se tourna pour se positionner selon les indications de Finch. Alvaredo senior avait dû revenir de nuit pour dessiner sa carte. Cet homme avait vraiment tout fait pour conserver son secret…
S'arrêtant enfin à l'endroit qui semblait le plus juste sur la carte, il commença à étudier les façades de roche.
"Où as-tu caché ton trésor ?" murmura-t-il.
Il observa les dessins créés par la sédimentation et repéra diverses traces de fossiles. Il écarquilla les yeux en voyant une forme différente. Il savait qu'on avait trouvé des restes de dinosaures dans la région, il n'avait jamais envisagé qu'il aurait la chance d'en voir lui-même les traces sur un mur. Il fronça les yeux en observant le fossile avec plus d'attention.
"Bon sang…. Pas croyable…"
Il regarda de nouveau sa photo et la trace fossilisée d'un animal préhistorique. Il éclata de rire. Le dessin sur la roche correspondait à celui du parchemin. Le symbole aztèque ressemblait étrangement au fossile ; qu'il ressemble au glyphe correspondant au nom de la cité n'était qu'un pur hasard.
"Le trésor de Tenochtitlan... Alvaredo, petit cachotier."
En fait d'écriture aztèque, l'ancêtre de son kidnappeur avait utilisé des dessins trompeurs pour tout simplement représenter la réalité du terrain.
Il s'approcha de la façade et commença à écarter des branches. Une ouverture se cachait derrière les arbustes… Il se félicita d'avoir pris une machette (les employés mexicains les utilisant pour toutes leurs tâches dans le jardin, il n'avait eu aucun mal à en emprunter une) et commença à dégager la grotte que l'on devinait derrière les épineux.
S'il avait eu chaud sur son quad en se rendant sur les lieux, l'exercice ne la rendait que plus mordante. Il s'écarta pour souffler un peu.
"Besoin d'aide ?" fit une voix.
Neal bondit en levant son arme. Il poussa un soupir exaspéré quand il vit Shaw et John.
"Vous êtes fous de surprendre comme ça quelqu'un armé d'une machette ?" leur reprocha Neal en baissant le bras.
"Tu te débrouilles plutôt bien avec cet engin," fit remarquer John, ignorant le reproche de Neal.
Reese lui prit la machette et poursuivit le travail de dégagement. Un peu plus tard, ils purent enfin se glisser dans l'ouverture. La fraîcheur relative de la grotte fut un véritablement soulagement.
Shaw alluma une lampe électrique et balaya les murs du faisceau. Plusieurs ouvertures partaient sur les côtés.
"Vous avez un plan du labyrinthe sur votre parchemin ?" demanda-t-elle moqueuse.
Neal grimaça. Décidément, il fallait se battre à chaque étape. Il regarda de nouveau la photo.
Rien n'indiquait un labyrinthe !
Il y avait bien le glyphe représentant la maison, surmonté de celui du quadripartite. Il n'avait toujours pas réussi à en élucider le sens. Avec un peu –beaucoup– d'imagination, le symbole de la maison pouvait faire penser à une porte…
Il prit la lampe des mains de Shaw et examina les murs avec attention. Le fossile était si discret qu'il faillit le rater. Le quadripartite du parchemin auquel il avait été incapable de donner un sens était en fait une ammonite fossilisée. Alvaredo Sr. avait décidément un sens particulier de l'humour…
"Là," indiqua-t-il en montrant le fossile.
Continuant à balayer le mur du faisceau de la lampe, il aperçut une autre ammonite un peu plus loin. Frôlant la paroi du bout des doigts, il avança puis retrouva la forme du fossile cette fois gravée sur le mur. Ils tournèrent dans un couloir, puis un autre suivant les marques sur les parois.
Enfin, ils arrivèrent devant une planche en bois grossière posée contre un mur. Ils s'empressèrent de la déplacer, un sourire aux lèvres.
Derrière l'ouverture, une vaste grotte fut révélée. John sortit sa lampe de poche et deux faisceaux lumineux balayèrent la pièce. Au centre, sur une sorte de piédestal, se trouvait l'objet de la convoitise d'Hector Alvaredo : le masque des dieux.
L'éclat des lampes électriques faisait briller l'or des fausses plumes, tandis que les yeux de jade semblaient liquides sous la lumière vacillante. Il était encore plus magnifique que dans les représentations que Neal avait trouvées.
Il s'approcha lentement, presque religieusement. Il était somptueux. Cet objet méritait d'être admiré par la population, pas réservé à la collection privée d'un illuminé quelconque. Neal tendit la main pour le toucher puis s'abstint, se souvenant des légendes conférant un pouvoir particulier au masque. Il n'était pas particulièrement superstitieux, mais des bactéries avaient tué les archéologues ayant découvert le tombeau de Toutankhamon ; il n'avait aucune envie de répéter l'expérience.
John observait Neal. L'homme était fasciné par la découverte. Il comprenait mieux son passé. Le criminel était tout simplement amoureux des belles choses. Il ne volait pas pour la richesse, il volait pour relever le défi et admirer toute la beauté des plus belles œuvres d'art.
Shaw balaya le reste de la pièce de sa lampe.
"Où est le trésor ?"
"Pardon ?" sursauta Neal, perdu dans l'admiration du masque.
"Vous nous aviez parlé de lingots d'or et d'argent."
A part le masque, la grotte était quasiment vide.
"J'imagine qu'il a tout dépensé…" répondit Neal sans aucun regret, tandis qu'il s'approchait d'une lance. "Regardez ! La lance d'Alvaredo. -Elle lui a sauvé la vie quand ils s'enfuyaient de l'attaque Aztèque…"
Il ne put s'empêcher de toucher la pointe de fer du bout des doigts. "Le musée de Mexico va être fou de joie…" murmura-t-il.
Drôle de voleur, pensa John. Neal était décidément quelqu'un de surprenant.
Neal repartit vers le masque pour l'observer de plus près.
"M. Caffrey, je vois que je ne m'étais pas trompé en faisant appel à vos services," fit la voix d'Alvaredo à l'entrée de la grotte.
A suivre…
Allez ... un petit ... clifhanger que certaines adorent !
La suite arrivera vite, c'est promis ... Enfin, on verra ...
A bientôt
