Bonsoir !

Tout d'abord, un grand grand merci aux fidèles lecteurs qui continuent à suivre cette histoire, aux nouveau qui l'ont prise en route, et à ceux ayant eu la gentillesse de laisser reviews et MP ! Vraiment, merci !

J'avais prévu de poster ce chapitre demain soir, mais mon homme m'emmène à l'opéra (mon cadeau de noël... si si, c'est chouette, non ?), alors, pour ne pas prendre de retard, je vous le livre dès ce soir !

A partir de ce chapitre, je change le rating en M, même si le texte reste soft (je ne souhaite pas de déconvenues...)

Très bonne lecture à tous


CHAPITRE 9 : ORGUEIL et PREJUGES

Cette fois, je suis bien décidé à prendre ma vie en main. Tout va changer, désormais. Tout doit changer.

Exit ces imbéciles d'élèves ! Plus de Poufsouffle niais, plus d'insupportables Griffondor ni de Serdaigle à l'orgueil démesuré, et plus de Serpentard, bien que ces petits cons soient encore les plus tolérables de tous !

Non, plus d'enseignement pour Severus Rogue ! Juste les potions. Les potions et Hermione Granger.

Les potions, car Poppy ne s'en sortira pas seule : Slughorn n'est pas un mauvais enseignant, mais n'est pas vraiment une personne qu'on puisse qualifier de disponible… Du moins pas comme je l'étais.

Une vie sociale très remplie… prend de l'âge et ne peut plus rester des heures debout, penché au dessus d'un chaudron… souhaite d'avantage consacrer son temps aux élèves après les cours… Si vous acceptiez d'être le fournisseur officiel de l'école, Severus, j'avoue que vous nous tireriez une belle épine du pied…

Pour du culot, je peux dire que Minerva en a un sacré ! Mais cette offre tombe à pic car je n'ai plus de travail, plus de maison et presque plus de gallions dans mon coffre à Gringotts !

Et Hermione Granger… Hermione Granger, car j'ai décidé que j'étais celui qu'il lui fallait.

Il n'y a qu'à ouvrir les yeux et tendre les oreilles pour se rendre compte que Krum ne peut pas satisfaire une sorcière telle que Granger. Mais moi, je peux aisément la satisfaire. Qu'y a-t-il à ajouter à cela ? Je le sais et elle le sait. Tout dans son attitude trahit son inclination à mon égard et je m'en vais de ce pas le lui faire reconnaitre. Nous n'avons que trop joué au chat et à la souris !

Je foule le peu de distance qui sépare nos deux appartements d'un pas pressé et m'arrête face à sa porte. J'inspire profondément, conscient que cette entrevue déterminera la suite des événements. Le poing contre le bois, je m'apprête à frapper, avant de me raviser. Au Diable ! Je n'ai pas pour habitude d'y aller par quatre chemins !

- Ouvrez ! j'ordonne d'un ton sec au page qui garde les appartements de Miss Granger.

- Bien, Professeur, couine le portrait avant de s'enfuir à toutes jambes. A croire que les tableaux de Poudlard me reconnaissent toujours comme professeur de cette école… Parfait.

La serrure se déverrouille, je pousse la porte et entre dans l'appartement. Tout est rouge et or, j'aurais dû m'y attendre. Mais ce ne sont pas les tons ostentatoires de la pièce qui attirent mon attention, mais la position franchement… hum… attrayante, de mon ancienne élève : agenouillée face à la cheminée rougeoyante, elle m'offre une vue inédite sur sa croupe - qu'elle a fort belle, soit dit en passant.

J'amorce un pas dans sa direction mais stoppe net ma progression au son, ô combien irritant, de la voix de Saint Potter. Miss Granger est en train de lui parler et semble bouleversée.

- Oh, Harry… Je ne sais plus quoi faire… Viktor est furieux. Il vient de me dire que si je passais cette année à Poudlard, notre couple ne survivrait pas ! Que c'était à cause de moi qu'il était venu jouer en Angleterre et que moi… moi, je n'hésitais pas à choisir ma carrière plutôt que lui !

- Il a dit ça parcequ'il est en colère et triste, mais il ne le pensait pas, Hermione.

- Oh si, il le pensait ! sanglote Granger. Et le pire, c'est que je crois qu'il a raison. Lorsqu'il a dit que je préférais ma carrière…

- Je ne sais pas quoi te dire, hésite le garçon. Tu as toujours été la mieux placée lorsqu'il s'agissait de prendre une décision, et pour chacun de nous d'ailleurs…

- Là, ce n'est pas la même chose… Et je suis totalement perdue ! je ne sais plus si je dois continuer avec Viktor. On est si différents et…

Je savais bien que Granger finirait par y voir clair sur ce bellâtre à la cervelle ramollie par les cognards !

- Et le professeur Rogue… reprend ma promise avec hésitation.

- Quoi Rogue !

Est-il nécessaire de préciser le ton de la voix de Potter ?

- Il comprend mes craintes… nous parlons tous les deux, tu sais… et… dans le train, il m'a dit quelque chose et… bredouille t-elle.

Bien que de dos, je peux presque la sentir rougir. Parfait.

Et la tête que doit faire Potter en cet instant ! Peut-être que si Miss Granger se décale un peu, je pourrais voir son visage ahuri et défait. Quelle victoire jouissive…

- Oh, Harry… depuis qu'il est au Terrier je ne suis plus la même…

C'est ça, Granger, continue dans ce sens…

- Je savais bien que ce connard te plaisait, éructe alors ce petit con de Potter ! Je l'ai dit à Ron mais il n'a pas voulu me croire ! Merde, Hermione ! Qu'est-ce que tu peux bien trouver à ce type ! Je sais ce qu'il a fait pour nous, mais il n'empêche que je ne l'aime pas !

- Je ne te demande pas de l'aimer mais juste d'essayer de me comprendre et de me soutenir, Harry… Je t'en prie, ne sois pas furieux, toi aussi ! Je n'ai pas besoin de ça en ce moment…

- Mais il est aussi agréable que la porte de ses cachots ! C'est un pisse-froid qui a deux fois ton âge et… et… bégaye à moitié le survivant, ses cheveux sont gras ! Je suis sûr qu'il ne se lave même pas tous les jours !

Sale petit merdeux ! Mes cheveux ne sont pas si gras que ça !

- Suffit, Potter ! Je gronde en avançant vers l'âtre, faisant sursauter les deux jeunes gens qui n'avaient jusqu'alors pas remarqué ma présence.

- Ah !

La main devant la bouche, Granger rougit jusqu'aux oreilles - et dans son cas, rougir est un bien bas mot - tandis que le garçon baisse les yeux. Si je ne connaissais pas aussi bien Potter, j'aurais pu croire à une certaine gêne de sa part.

- Je vais vous laisser… bredouille t-il finalement. Mais si j'apprends que vous l'avez maltraitée d'une quelconque façon, se reprend t-il aussitôt, retrouvant son habituelle arrogance, peu importe que vous nous ayez aidé pendant la guerre, je vous le ferai payer, Rogue !

- Partez, ou je vous fais avaler votre langue bien pendue, Potter, je siffle dangereusement. Et oui, cela fonctionne aussi par cheminette ! J'imagine que c'est la question que vous vous posez, au vu cet air stupide qu'affiche votre visage...

- Et bien, salut Hermione… et bon courage…

- Oui, au revoir Harry, répond l'intéressée d'une petite voix. Ne t'inquiète pas pour moi, je vais déjà mieux…

Le visage rougeoyant de braises de Potter disparait enfin de l'âtre, et Hermione Granger tourne vers moi un regard gêné.

- Que… Qu'avez-vous entendu au juste de cette conversation, Professeur ?

- Qu'aurais-je dû entendre exactement ? je réponds d'un air calculateur. Potter et vous parliez de moi en termes… peu élogieux. Et encore ! J'ajoute sèchement, de façon à la déstabiliser.

A croire que cela fonctionne, car elle se tortille les mains et rougit d'avantage, si tant est que cela est encore possible.

- Je ne suis pas d'accord avec Harry…

- Sur le fait que je prenne ou non une douche journalière ?

- Non, pas ces idioties bien sûr, rétorque t-elle, rouge pivoine. Je sais que vous prenez soin de votre personne…

- A la bonne heure !

- Non, je veux dire, vous n'avez rien entendu d'autre que cette réflexion de Harry sur vos cheveux ? demande t-elle d'un air faussement innocent tout en se détournant de moi, laissant promener son regard sur la bibliothèque débordante de livres qui couvre un mur entier du petit salon.

- Et qu'aurais-je dû entendre, Hermione ? je demande d'une voix que je tempère volontairement.

Je la vois tressaillir en réponse à son prénom, presque murmuré.

- Rien qui puisse vous intéresser, en réalité, se reprend t-elle aussitôt.

Bien trop tôt à mon goût.

Pourquoi ne me dit-elle pas ce qu'elle vient de livrer à Potter ? Pourquoi ne se retourne t-elle pas vers moi, tremblante et bouleversée, pour me crier ses doutes, son attirance pour moi !

Peut-être attend-elle un premier pas de ma part, et, n'étais-je pas venu la trouver chez elle dans cet unique but ? Lui dire l'inéluctable entre nous ?

Sauf que là, mes bonnes intentions ne me paraissent plus si aisées que ça…

- Vos affaires avec Potter ne m'intéressent en rien, Miss Granger. J'étais juste venu chercher l'onguent pour mes blessures, je continue d'un ton froid et cassant, mais qui ne semble pas la troubler outre mesure.

- Par Merlin ! J'avais presque oublié votre traitement ! N'en dîtes rien à Molly ou je subirai ses sermons jusqu'aux portes de l'enfer !

- C'est plutôt tentant, je trouve…

Le petit rire qui sort d'entre ses lèvres résonne le long de ma colonne, procurant de doux frissons ici et là.

- Professeur ! Vous ne m'avez pas habituée à un tel humour, continue t-elle en fouillant dans son sac en perles. Asseyez-vous sur cette chaise et ôtez vos vêtements.

Je tourne vivement la tête vers elle.

- Pardon ?

- Je vais vous appliquer l'onguent, Professeur. Je ne vois pas comment vous feriez pour atteindre vous-même les cicatrices de votre dos, autrement…

- Bien, dis-je en déboutonnant mon pourpoint face à elle.

Miss Granger ne m'a encore jamais appliqué l'onguent. Je n'avais d'ailleurs jamais pensé qu'elle puisse le faire avant aujourd'hui, mais là, en la voyant prendre la pâte du bout des doigts, je tremble d'anticipation.

Mes doigts peinent avec les boutons de ma chemise, c'est dire ! Que dois-je avoir l'air idiot !

Elle me regarde, troublée je dirais, puis vient se placer derrière moi.

Comme je le fais chaque jour avec Molly, je dégage mes cheveux de ma nuque afin qu'elle puisse soigner plus aisément ma blessure. Son souffle tiède me caresse la peau et je ne peux m'empêcher de frissonner longuement.

De haut en bas et de bas en haut, ses doigts glissent le long de ma cicatrice, au rythme de sa respiration. Et c'est à peine si je sens les picotements que produit l'onguent tant je suis concentré sur ses doigts qui parcourent mon dos, aériens, légers, si doux…

Elle me touche, me caresse… et cette intimité avec elle m'excite au plus au point.

Alors, lorsque sa main, hésitante cette fois, continue de suivre l'arantèle de chair sur mon flanc puis mon ventre, je ne peux empêcher un faible gémissement de sortir de mes lèvres par mégarde.

Et elle, respire de plus en plus fort, tandis que sa main, légère et brulante, descend plus bas encore…

Je colle mon dos contre son corps, contre ses seins, ferme les yeux et renverse la tête, prêt à me laisser aller sous ses caresses…

- Comment ferez-vous les prochains jours, je ne serai plus au Terrier mais à Poudlard, souffle alors fébrilement ma tentatrice.

Ses mots me font l'effet d'une douche froide, mais sa main qui continue de glisser anesthésie presque mes pensées.

- Comme d'habitude, Granger. Molly me passera l'onguent… Non, vous me passerez l'onguent… Minerva m'a offert un poste de préparateur… je grogne. Je vais habiter Pré-au-Lard…

C'est à peine si je parviens à articuler trois phrases cohérentes à la suite ! Sa main sur mon corps me rend fou, et je lui fais sentir à quel point en la posant sur mon sexe durci.

- Pourquoi ? Vous prenez goût à ce que vous faites, Granger ?

- Peut-être bien… halète t-elle péniblement dans mon cou.

Je peux sentir sa peur, son excitation, son désir dans cette seule respiration.

- A quel point ? Au point d'envisager de passer… à autre chose ?

- Je ne sais pas… balbutie t-elle alors, déstabilisée.

- Bien sûr que vous savez.

Mon ton s'est fait plus dur, plus offensif alors que ma main maintient fermement la sienne sur ma virilité.

- Vous… vous vous êtes trop vieux pour moi… Quel sorte d'avenir pourrions nous avoir...

Pendant quelques secondes qui me paraissent une éternité, je ne sais quoi répondre. J'avoue avoir sommairement pensé à cette différence d'âge entre nous, mais je ne pensais pas, qu'elle, y accorderait de l'importance.

Si je peux comprendre ses doutes et ses craintes, je ne peux par contre empêcher la colère de monter en moi.

Saine et libératrice. Incontestable et exigeante.

- Oui, je suis certainement trop vieux pour vous, Granger, mais moi je serai là. A vos côtés, à Pré au Lard, et non sur un terrain de Quidditch en vous demandant de mettre votre carrière de côté ! lui dis-je d'une voix devenue rauque tout en lui saisissant rudement le bras.

Elle se tortille comme un strangulot, et parvient finalement à se tourner face à moi. Ses yeux s'embuent, la commissure de ses lèvres tremble. Elle se retient de pleurer, je le vois.

- Hermione…

Est-ce bien ma voix qui vient de prononcer son prénom, presque implorante…

Elle cherche ses mots, ouvre la bouche puis la referme, pose sa main libre sur ma joue, et souffle finalement :

- Je ne sais pas ! Je ne sais plus ! Tout est si rapide et insensé…

- Dans ce cas, lorsque vous saurez… je réponds d'un ton pinçant en la libérant de mon étreinte, avant de me lever et de me diriger vers la porte menant au dehors de ses appartements.

- Severus, je vous en prie...

- Bonne nuit, Miss Granger.

Vexé, blessé dans mon orgueil, je préfère ignorer la douleur de sa supplique et partir.

Pourtant, je sais bien qu'un rien suffirait à la faire se coucher sous moi, mais je ne la veux pas comme ça, à moitié...

Non, je la veux tout entière. Tout entière à moi seul.


Et voilà ! ça vous a plu ? La suite la semaine prochaine...

khalie