MARGAUX FLOWER 2

Je brûlais. Ma peau était littéralement en feu. Je ne voyais rien, seulement des formes flous au dessus de moi, le ciel bleuté et des choses noires qui allaient à toute vitesse. J'allais m'évanouir de douleur c'était certain.

J'avais l'impression que ma tête venait de se prendre un coup monumental, mes pensées avaient du mal à se former.

Je n'arrivais plus à bouger, inerte sur le sol. Mes bras mes jambes ne répondaient pas à mon appel de me lever. J'étais déconnecté.

Mon visage était brûlant, ça faisait tellement mal. Ainsi que sur mes avant bras et je le sentais, sur mon thorax. Mes cheveux étaient collés à mon visage humide.

Je tentais de bouger ma tête et baissai les yeux sur mon corps.

Un bout de ma tenue était désintégrée, ma peau anciennement pâle était à découvert.

La peau était rouge et noir, pratiquement carbonisée. Je pouvais apercevoir les vaisseaux sous ma peau , d'abord bleutés qui noircissaient. Ce n'était pas naturel, c'était de la magie noir

La peau sur mon ventre se mit à brûler à son tour.

Je me mis à hurler à plein poumon de douleur , mon cri résonnant comme une alarme dans mes oreilles.

Je voyais de plus en plus flou. J'allais m'évanouir.

Une forme apparut alors juste au dessus de moi. C'était un humain.

Soudainement, je sentis qu'on me soulevait de terre, la gravité jouant contre moi.

J'étais brusquement collé contre un corps brûlant et m'y raccrochait, attrapant un pan d'un manteau de laine très douce.

Je tentais de lever les yeux vers la personne qui me portait, mais sans y arriver. J'étais trop faible, je fermais les yeux.

Je sentis qu'on avançait avec empressement. Je sentais que je perdais conscience.

-Margaux !

La voix me parvint de manière sourde comme si elle venait de loin.

Je tentais d'entrouvrir les yeux.

-Margaux ! Resté éveillée !reste éveillée !

La voix me martelait de paroles. Je clignais des yeux sans comprendre, tentant de m'accrocher à cette voix.

-Ça fait trop ... mal , je soufflais avec difficulté, la gorge serrée.

La voix me parvint de nouveau, plus proche de moi.

-Je sais, resté éveillé , silteplait ne perds conscience.

Je reconnus alors la voix de la personne qui me portait. Le professeur McRipper. Philippe.

Instinctivement, je m'agrippais encore plus aux pans de son manteau , collant mon corps endolori contre son corps brûlant.

Ma main atteint alors entre les deux côtés de sa chemise, sa peau a découvert, le haut de son torse.

Je sentais des poils hirsutes qui glissaient sous mes doigts. Je m'aggripais à cette surface chaud , glissant ma main sous sa chemise pour atteindre le muscle de son épaule et m'y raccrocher. Le brouillard dans lequel se trouvait mon esprit ne parvenait pas à trouver la pudeur pour me rendre compte que je touchais mon professeur.

Je sentais son corps se tendre, sans pour autant ralentir la cadence à laquelle on allait.

-Je ne peux pas , je soupirais , j'ai trop mal ...

-Non ! , ordonna t-il d'une voix tremblante, trouves quelque chose à te raccrocher ! Ne perds pas conscience, tu devrais avoir un point d'ancrage.

Je parlais sans réfléchir, trop épuisée pour trouver un mensonge.

-Votre voix, je laissais aussitôt échapper.

Me rendant compte de ce que je venais de dire, j'enfouis ma tête dans son manteau, afin qu'il ne puisse pas voir que je rougissais.

Il déglutit et je sentis son cœur battre plus vite à travers tout ses vêtements. Il allait sortir de son cœur à ce rythme.

-Oui ... Oui , il souffla d'une voix hésitante.

Je respirais avec douleur et brusquerie, enfermée dans son manteau. Je poussais un cri de douleur et recommençais à m'évanouir,

-Nous y sommes presque , murmura t-il conscient que sa voix me tenait éveillé, on est y presque ... Continues à ouvrir les yeux , regarde moi .

Je ne voyais que les pans de laine de son manteau alors que j'étais inerte , secouée par le mouvement .

-Regarde moi , répétât-il d'une voix plus ferme ou j'y décelais de la peur dissimulée , regarde moi immédiatement.

Je levais les yeux difficilement et croisais les siens.

Les pupilles de ses yeux verts étaient dilatés et plongés dans les miens, il semblait qu'ils soient devenus plus sombres.

Dans son regard, j'observais une immense peur qu'il tentait de cacher , une pointe de curiosité et un peu de gêne.

Il détourna brusquement le regard et marmonna quelque chose d'incompréhensible.

-Quoi ? , je demandais spontanément sans comprendre.

-Rien , il souffla en fermant brièvement les yeux.

On passa les portes de Poudlard avant qu'il ne commence à gravir les escaliers. Je sentis sa respiration devenir plus hachée, frénétique.

-Je peux marcher si vous voulez Monsieur , fis-je remarquer en levant les yeux vers lui , tentant d'oublier la douleur. Si c'est trop dur pour vous ...

Il continua à gravir les escaliers en regardant droit devant lui , et je crus un instant qu'il ne m'avait pas entendu sauf que le professeur répliqua quelques secondes après.

-Non , il est hors de question que vous marchiez , et puis , il continua d'un ton bourru , je suis assez fort pour vous porter des années ...

Je laissai un sourire se poser sur mes lèvres , devant ce commentaire très masculin.

Des portes s'ouvrirent et j'entendis la voix criarde de l'infirmière.

-Que s'est -il passé ? Oh mon dieu ! Philippe ?

-Une explosion en plein match de Quidditch , souffla calmement le professeur en me déposant sur l'un des lits , mais je crois qu'il y avait de la magie noire ou un quelconque maléfice dans le souaffle ensorcelé.

L'infirmière s'empressa de déboutonner mes habits, baissant mon pantalon et frôlant ma blessure à la jambe. Je laissai échapper un cri de douleur sous les yeux inquiet du professeur McRipper.

-Vraiment désolé très chère , s'excusa l'infirmière alors qu'elle s'empressait de déchirer le haut de mes vêtements .

Je jetais un coup d'œil à mon Colors, je n'aurais pas dû . La peau était rouge , terriblement brûlée . ma jambe gauche avait été épargnée mais mon genou droit était affreusement brûlé.

Mon ventre , ainsi que ma poitrine étaient également brûlée et je sentais des picotis attaquer mon visage , en deduisant que mon visage avait également pris cher .

L'infirmière tira le rideau avec brusquerie, et accourut à ma droite , déboutonnant mon soutien gorge avec empressement pour pouvoir me soigner.

Le professeur McRipper détourna brusquement les yeux pour me laisser un peu de pudeur et il s'apprêtait à partir quand l'infirmière le retint :

-Non , Philippe vous devez rester.

Le professeur l'observa sans comprendre avant qu'il ne baisse les yeux vers moi, évitant soigneusement de ne pas laisser son regard s'aventurer plus bas.

-Vous devez pratiquer le sort de guérison , expliqua t-elle d'une voix nonchalante, je ne suis pas une maîtresse de sortilège telle que vous ...

Il hocha la tête doucement, sans vraiment y faire attention, avant de revenir vers le lit lentement.

-Je vais d'abord devoir la désinfecter avec de l'essence de Dictâme , annonça l'infirmière puis elle baissa des yeux désolés vers moi, ça va faire mal.

Je poussais un gémissement et fermer les yeux.

-Philippe , vous allez devoir la tenir .

Le professeur soupira , gêné, et je me fustigeais pour avoir à le mettre dans une telle situation.

Je gardais les yeux fermés, j'étais mieux comme ça.

Je sentis alors de grandes mains chaudes se poser sur mes épaules, elles étaient rêches mais je ne pouvais m'empêcher d'y trouver une certaine douceur.

Elles se refermèrent alors dessus, plus ferme.

L'infirmière versa alors le dictame sur ma jambe. La douleur était insupportable, j'hurlais.

Je commençais à me débattre et les mains du professeur McRipper se firent plus fortes.

-Retenez la plus ! , cria l'infirmière.

Je ne m'arrêtais pas d'hurler. J'ouvrais alors les yeux, me retrouvant dans ceux d'une professeur à quelques centimètres de moi.

-Retenez la ! , répéta l'infirmière en se pressant plus.

Il força encore plus sur mes épaules et je poussais un cri de douleur.

Brusquement , ses mains toujours sur mes épaules, il ferma les yeux comme souffrant.

Pourtant, j'étais celle qui souffrait , n'est ce pas ?

Le supplice s'arrêta. Enfin, je n'en sais rien, je sombrais dans l'inconscience.

J'ouvrais les yeux brutalement.

Il faisait sombre, je n'y voyais presque rien. À peine distinguable, les rideaux immaculés de mon lit à l'infirmerie. Il me fallut quelques secondes pour me rappeler tout ce qui s'était passé. L'explosion. Ma chute. Puis le professeur Lupin.

Je jétais un coup d'œil à droite.

Il était là.

Les yeux clos dans un demi-sommeil, il semblait paisible.

Les bras croisés, le professeur portait comme une armure autour de lui. Pour se protéger.

De quoi ? Je ne le saurais probablement pas.

Quelque chose à propos de lui m'intriguait grandement, comme un mystère. Une ombre que je ne parvenais pas à déchiffrer.

Des millions de questions se bousculaient dans ma tête. Je voulais tout savoir.

Où était il né ? Avait t-il eu des parents aimants ? Étaient t-ils décédés ? Avait-il fait sa scolarité à Poudlard ?

Probablement. Il était un Griffondor dans le sang, tout comme moi. Cela crevait les yeux. De sa gentillesse envers les autres, à sa manière de défendre les élèves avec bravoure en passant par ce courage timide qu'il ne portait pas étendard.

Je me demandais également comment il en était venu à être l'ami du professeur Black ? Ils étaient pourtant si différents. Cela venait probablement de l'enfance.

Combien avait-il eu de femmes ? Avait -il été marié ? Ou pire, l'était il ?

Il n'était pas mal physiquement. Des traits peu être un peu trop dur et il avait un sourire triste. De plus, il ne s'habillait pas avec des costumes éclatants, toujours modestes mais qui lui allaient si bien.

Bien sûr, il avait dû avoir son lot de femmes . Ses fins cheveux châtains et ses mots qui sortaient si finement avec sa voix douce avaient du lui valoir des nuits de plaisirs.

Je voulais connaître sa vie, lui et tout ce qui était privé au reste du moi.

Il poussa un soupir et je me figeais à l'intérieur de mes pensées. Il fallait que j'arrête de réfléchir à ce genre de choses, et particulièrement à lui.

Soudain, il ouvrit les yeux.

Plongeant les siens dans les miens, il ne dit rien pendant quelques secondes.

-Comment ça va ?

Il se redressa brusquement en me regardant comme si j'étais un feu à peine éteint, prêt à se rallumer et à tout écraser sur son passage.

Je secouais la tête.

-Je n'en sais rien , je soupirais , j'ai encore mal mais surtout je suis choquée d'être encore en vie ...

Est ... est ce que le maléfice est parti ?

Il me regarda quelques secondes, sans rien dire avec des yeux désolés et je compris avant qu'il ne parle.

-Non , il répondit doucement avant de baisser le regard, c'est guéri bien sûr , plus ou moins mais le maléfice est encore là. C'est probablement quelque chose de nouveau , d'amateur ou je ne sais quoi parce que je n'ai jamais vu de tel maléfice...

J'eus l'impression de prendre un nouveau coup dans la poitrine, si c'était possible.

-Mais ... mais qu'est ce que l'on va faire ? , je demandais en croisant les mains avec frénésie.

Il ne répondit rien, gardant son regard baissé.

-Qu'est ce que l'on va faire ? , je m'exclamais , plus fort cette fois.

Il mit soudain le doigt sur ses lèvres , faisant signe de me taire.