Bonjour tout le monde,
Je tiens tout d'abord à m'excuser, je n'ai rien poster tout ce mois de juin, j'étais prise avec mes examens et tout le reste. Dans tous les cas, je vous remercie pour votre fidélité et votre patience. J'espère que ce chapitre vous plaira.
Un grand merci à tous les lecteurs inscrits et non inscrits qui ont pris le temps de laisser leurs impressions avec un review.
Je ne pourrais pas poster un chapitre correct sans l'aide de Zofra, merci à toi!
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture,
Miage.
Il était impossible de connaître le nom de tout le personnel employé dans le manoir Riddle. Il y avait tellement de personne qu'il était très rare pour quelqu'un de les avoir tous rencontrés un jour. La seule personne qui pouvait se vanter de connaître tout le monde serait probablement Nathan, le responsable des domestiques. Cependant, il y avait toujours des exceptions à la règle, en effet, Clarisse, également, pouvait se vanter de connaître ses collègues, voire même ses amis. Car contrairement à Nathan qui avait tendance à être que business et rien d'autre, elle entretenait de bonnes relations avec les autres domestiques ou presque.
Certains domestiques étaient encore remués par les événements des derniers jours, notamment en apprenant qu'un des Omégas du Régent Chef avait été blessé. Beaucoup s'en voulaient de ne pas avoir été là pour le protéger, pour servir de rempart contre leurs agresseurs et étaient tombés dans une sorte de culpabilité qui faisait qu'ils n'osaient même plus regarder Monsieur Riddle dans les yeux, ni les autres Omégas. Clarisse aussi se sentait coupable, et quand elle était partie visiter Harry pour la première fois après la fusillade, il lui avait assuré qu'il ne lui en voulait pas.
Mais cela ne signifiait pas que Clarisse en avait fini avec sa culpabilité.
Toutefois, il y avait une chose qui la troublait : normalement, la consigne dans ce genre de cas de figure était de rester en poste et de protéger ses charges. Mais là, Nathan leur avait ordonné de se replier dans les souterrains, de se cacher, d'attendre que l'attaque passe notamment pour protéger les omégas domestiques qui étaient enceints.
La question qui tournait en boucle dans la tête de Clarisse était de savoir si Monsieur Riddle avait donné son aval pour le repli des domestiques ou est-ce que Nathan avait pris cette décision sans prendre en compte les ordres du Régent Chef. Elle avait fait part de ses inquiétudes à Harry, mais il ne l'avait pas plus renseignée que ça…
Tout ce dont elle était sûre était que Nathan ne trahirait jamais Monsieur Riddle.
« Bonjour Dobby, dit-elle en déposant une bise sur la joue du cuisinier. Créature, salua-t-elle avec un sourire espiègle.
- Clar, tu sais que je n'aime pas ce surnom débile. Regarde-moi, ai-je l'air d'une créature ? »
La domestique le détailla exagérément du regard, de haut en bas puis hocha la tête en prenant sa mine la plus sérieuse : « Oui, effectivement, tu ressembles à une grosse et vilaine créa— »
Elle ne put finir sa phrase, César lui sauta dessus, calant la tête de clarisse dans le coin de son bras et lui frotta les cheveux avec son poing, la décoiffant volontairement.
« Voilà ! s'exclama-t-il en la relâchant. Là au moins tu ressembles plus à une créature que moi. »
Clarisse lui tira la langue, essayant tant bien que mal d'arranger sa coiffure. « Tu sais que je t'aime mon César ! »
Celui-ci afficha une moue dubitative avant de retourner à sa tâche : essuyer et ranger la vaisselle.
« L'assiette de Harry se trouve sous la cloche, sur le comptoir. J'lui ai fait quelque chose de léger.
- Ça marche, merci Dobby. Je vais en profiter pour lui apporter son thé, pour faire genre une pierre deux coups.
- Heu, c'est déjà fait : il m'semble que j'ai vu Charles préparer la tasse.
Clarisse fonça les sourcils : « Comment ça ? Je lui avais bien dit que dorénavant, c'était moi qui m'en chargerais. »
Dobby haussa les épaules, César secoua la tête et Clarisse pinça les lèvres, agacée.
« Il est déjà parti ?
- Non, il est dans la réserve. »
La domestique se dirigea avec empressement dans la réserve et le croisa alors qu'il en sortait. Elle le détailla du regard et vit qu'il tenait dans sa main une boite marron foncé avec écrit en caractères gras et blanc : Лунный чай. Elle plissa les yeux quand elle remarqua l'air surpris qui s'afficha sur le visage de Charles.
« Je pensais avoir fait passer le message à John, mais il semblerait que j'ai besoin de te l'épeler : à partir de maintenant « JE » suis celle qui apportera son thé à Harry. Capisce ?
- Ouais, mais, les ordres viennent d'en haut, Mark m'a demandé de le lui apporter personnellement. »
Clarisse se rapprocha de lui, elle ne prit pas garde de l'inconfort de son interlocuteur et entra dans son espace personnel. Elle avait les yeux plissés et les lèvres pincées, et son visage affichait une mine sombre.
« Tu as besoin que j'aille te chercher Nathan pour que tu obéisses ? » Elle dégagea le col de sa chemise, exposant ainsi sa morsure d'ancrage. « Ou est-ce que ça, ça te suffit ? »
Elle arqua un sourcil, et ses lèvres se soulevèrent en un sourire torve quand elle vit Charles déglutir péniblement. Le jeune domestique secoua faiblement la tête, entraînant dans son mouvement ses cheveux bouclés châtains qui encadraient son visage.
Charles était quelqu'un de rationnel malgré son jeune âge. Il avait été auctionné lors de ses dix-sept ans et avait vite été embarqué dans le service auprès de Monsieur Riddle. Concrètement, il était le disciple de John, le domestique de chambre de Mark. Celui-ci était assez mature en âge donc le but était qu'il le remplace tandis que John serait muté dans un autre service moins taxant pour effectuer d'autres types de tâche. Cela faisait deux ans qu'il était domestique, et durant cette période, il avait appris à ses dépens qu'il ne fallait pas se mettre à dos les personnes qui détenaient le pouvoir. D'abord Mark, cela faisait deux ans que Charles était à son service et il pouvait se vanter d'avoir vu les multiples facettes de l'Oméga, même ses plus sombres, et de ce fait, son instinct de survie lui ordonnait de ne pas aller à l'encontre du Russe.
Mais, d'un autre côté, il y avait Nathan. Et cet homme-là n'était pas à prendre à la légère. Il pouvait être d'une dureté terrifiante quand il s'agissait de recadrer des domestiques qui ne respectaient pas les règles. C'était pour cela que la plupart du personnel du manoir avait peur de lui. Toutefois, si Charles devait choisir entre Mark ou Nathan, il choisirait d'obéir à Mark. Certes, Nathan était effrayant, mais Mark était à se pisser dessus, s'il voulait survivre dans ce milieu, il valait mieux rester dans ses bonnes grâces.
« Je ne sais pas si tu rappelles de Natasha ? demanda Charles, il fit un pas en arrière pour essayer de mettre de la distance entre lui et Clarisse.
Celle-ci arqua un sourcil avant de les froncer légèrement. « Natasha ? Vaguement oui, Natasha Romanov, la seule servante Russe dans le manoir, un cadeau d'encrage de la famille de Mark. »
Charles hocha la tête.
« Elle est morte, il y a quelques mois si je ne me trompe pas, continua-t-elle.
Charles hocha à nouveau la tête.
- Et donc, quel est le rapport entre Natasha et le fait que m'a désobéi ? » demanda Clarisse qui commençait visiblement à perdre patience.
« Elle n'est pas morte de façon anodine, elle s'est suicidée. » dit-il finalement.
Cette phrase alerta Clarisse qui plissa les yeux, suspicieuse. « Comment as-tu mis la main sur cette information, elle n'a jamais été communiqué.
- Personne ne me l'a dit, je le sais parce que j'étais là. » dit-il d'une voix tremblotante. Il baissa les yeux et se mordilla la lèvre, comme s'il se retenait de pleurer. « J'étais-là, repris-t-il dans un murmure, et je l'ai vue quand elle a trempé la lame de son poignard dans du wolfban bouillonnant et qu'elle l'a passé sur ses deux poignets… » Il émit un gémissement et reprit d'un ton saccadé, ses larmes s'abattant silencieusement sur le sol. « J'ai essayé de l'en dissuader, de l'arrêter, mais si j'y été parvenu, elle aurait recommencé un autre jour, et cette fois-ci, je n'aurais sans doute pas été là pour la stopper. »
Clarisse était stupéfaite par ce qu'elle venait d'entendre, si bien qu'elle ne sut quoi répondre face à cette confession, elle baissa les yeux et regarda le bêta pleurer silencieusement, pouvant enfin se libérer de ce poids qui pesait si lourdement sur ses épaules depuis tout ce temps. Maladroitement, Clarisse déposa sa main sur l'épaule de Charles, voulant lui apporter une pointe de réconfort. Seulement une pointe parce que bon, il était quand même allé à l'encontre de sa volonté en préparant le thé d'Harry…
Ce fut qu'après quelques minutes que celui-ci réussit à reprendre contenance.
« Elle s'est suicidée il y a six mois de cela. » dit-il après avoir reniflé vulgairement, à défaut d'avoir un mouchoir, il passa le revers de sa main sous son nez puis l'essuya discrètement sur son haut. Clarisse le regarda, ne comprenant pas trop où il voulait en venir. « Et il y a six mois, Draco donnait naissance à Thelian… »
La main de la domestique se crispa involontairement sur l'épaule du jeune bêta, elle plissa dangereusement les yeux tout en serrant la mâchoire. Charles ne releva pas le comportement de Clarisse, mais au contraire, continua confirmant ainsi les soupçons de la domestique avec une intonation de voix monotone. « Tu sais quelle était sa mission, c'est à peu près la même que celle que j'ai. »
La rousse resta interdite, sachant pertinemment ce que Charles était en train de lui avouer. Elle humecta ses lèvres, puis ôta sa main de l'épaule du bêta. Elle fit deux pas en arrière, puis ferma fortement les yeux. 'Non !' Cria-t-elle intérieurement, elle ne pouvait pas en croire ses oreilles.
« Empêcher Draco de tomber enceint, tout comme à mon tour, je dois empêcher Harry d'y parvenir. Et tu as vu ce qui arrivait à ceux qui ne remplissent pas leurs missions… » Il leva des yeux embrumés de larmes vers Clarisse. « Mais le truc, c'est que je l'aime bien moi Harry et, au final j'ai même pas réussi ma mission…
- Comment ça ? demanda-t-elle dans un souffle, stupéfaite par tous ces aveux.
- J'ai échangé la poudre de thé avec de la poudre de Banira, même odeur, mais pas les mêmes effets.
« Tu mens. » cracha-t-elle, ses lèvres se retroussèrent, montrant ses dents. « J'ai senti ton fameux thé dans les quartiers d'Harry, et je suis certaine que c'était l'odeur d'un thé de la lune. »
Les yeux de Charles s'écarquillèrent, et il se jeta aux pieds de la domestique, pleurant de chaudes larmes. « Ce n'était pas moi ! Je viens d'être assigné à cette tâche, tu l'as dit toi-même, avant, c'était John qui effectuait cette mission. Mais Mark vient de demander sa réaffectation. »
« Mark, tu vas regretter de t'en être pris à Harry, j'y veillerais personnellement. » Murmura Clarisse rentre ses dents. Elle baissa les yeux, et vit Charles qui était en train de pleurer toutes les larmes de son corps puis soupira. Elle s'accroupit puis déposa la paume de sa main sur la tête du bêta. Elle lui caressa lentement les cheveux, puis se mettant dans une meilleure position, elle installa la tête de Charles sur ses genoux. « Tu as bien fait, lui murmura-t-elle lentement, merci pour ton honnêteté et ta loyauté envers Monsieur Riddle. Car tu es sous le commandement du Régent Chef avant d'être sous les ordres de Mark. »
Clarisse continua de consoler le jeune Charles, et fut soulagée quand elle remarqua que la respiration du bêta reprenait un rythme régulier et que ses larmes avaient cessé de couler. Ils restèrent un bon moment en silence, si bien que la domestique crut que Charles s'était endormi dans ses bras.
« Je ne veux pas mourir, dit-il finalement, je ne veux pas finir comme Natasha… » Il tourna légèrement la tête et leva de grands yeux bleu-vert, brillant à cause des larmes vers Clarisse. Celle-ci lui adressa un petit sourire, sa main venant caresser tendrement la joue du bêta. « Je ne veux pas mourir. » dit-il encore dans un murmure avant de fermer lentement les yeux, ses longs cils, la forme ronde de son visage et ses cheveux bouclés lui donnait un air si enfantin que Clarisse eu un pincement au cœur en le voyant si triste. Et dire que quand elle était entrée dans la réserve elle souhaitait en découdre... À présent, elle souhaitait le protéger coût que coût.
Clarisse resserra ses bras autour de Charles d'une manière protectrice, formant des plans dans sa tête pour, dans un premier temps, réaffecter le bêta dans un autre service, puis gérer les aveux que celui-ci venait de lui faire.
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« Bonjour Monsieur Harry, comment allez-vous aujourd'hui ? » demanda Clarisse après être rentré dans la chambre de l'Oméga. Elle déposa la tasse de thé sur la table de chevet, puis alla vers la fenêtre et ouvrit les rideaux.
Harry grogna, cachant ses yeux avec le dos de sa main. « Ferme les rideaux Clar, je les ai laissés clos pour une raison. »
« Non, cette pièce a besoin de lumière. Et puis je t'ai apporté ton thé. » Clarisse s'installa sur le rebord du lit d'Harry et l'aida à se relever et s'installer en position assise. Elle prit la tasse et la lui tendit. « Bois, sinon cela va se refroidir. »
Harry acquiesça lentement sans pour autant faire un geste pour prendre la tasse. Il s'était presque remis de ses blessures, notamment grâce à la capacité des homoïys de se régénérer rapidement. Mais il lui restait des blessures psychologiques et un amas de questions qui demeuraient sans réponses, le troublant énormément. D'abord s'agissant de Mark, certes le kralj était venu les sauver in-extremis, mais n'oublions pas qu'au départ, il les avait laissés se démerder tout seul. Et c'est seulement parce que sa conscience d'Oméga l'avait tanné qu'il était venu à leur secours. Si elle ne l'avait pas fait, il les aurait certainement laissés crever dans la nurserie.
« Le docteur sera là dans dix minutes, tu ferais mieux d'aller sous la douche. » dit Clarisse, faisant sortir l'Oméga de ses pensées.
« Oh, oui, c'est vrai. » répondit-il en acquiesçant. Il releva la couverture et se mit en position assise sur le rebord du lit. Il attrapa ses lunettes qui l'attendaient sur son chevet, les porta à son nez puis prit sa tasse de thé. Il but une gorgée, une autre puis leva les yeux vers Clarisse. « Je trouve que depuis un moment, le thé est meilleur que d'habitude. » déclara-t-il songeur.
« J'ai rajouté un zeste de citron avec de la cannelle pour relever un peu le goût… Je n'aurais pas dû ?
- Non, c'est parfait. » dit-il en terminant sa boisson.
Il se leva, mais dandina sur ses jambes avant de retomber sur le lit, le souffle court. Gémissant de douleur, il passa son bras autour de son ventre et se mordilla l'intérieur de sa joue, ne voulant pas émettre plus de bruit.
Clarisse, qui s'était dirigée vers la salle de bain, accourut après de lui, « Harry ! »
Ce dernier leva une main vers elle, comme pour la stopper et se releva plus lentement, posant sa main sur l'épaule de la domestique s'appuyant contre elle.
« Je croyais que tu allais mieux ?! »
Il secoua la tête puis lui montra la salle de bain avec le bout de son menton. Clarisse, comprenant ce qu'il voulait, l'accompagna jusque dans la salle d'eau, le laissant s'appuyer sur elle. Elle l'aida à se déshabiller puis quand l'eau fut prête, l'aida à se glisser dans la baignoire. Silencieusement, mais débordant d'inquiétude, elle regarda Harry qui certes avait les yeux fermés, mais dont le visage retranscrivait la douleur qu'il ressentait, elle l'aida à se lever, à se sécher et à se rhabiller.
« Ça ira, Clarisse. » dit Harry tout enlevant sa main de l'épaule de son amie. Il s'installa sur le lit et tourna la tête vers la porte quand il vit celle-ci s'ouvrir.
La domestique lança un regard sombre à l'oméga avant de se tourner vers la personne qui venait de rentrer dans la pièce. « Bonjour docteur Colman, comment allez-vous ? »
Le docteur Colman lui adressa un sourire « Je vais bien merci, et comment se porte notre très cher Oméga ? » demanda le médecin de famille en se tournant vers Harry. Quand Harry lui répondit qu'il allait bien, le docteur prit la chaise qui se trouvait vers le bureau et l'approcha du lit avant de s'y installer, déposant son sac à ses pieds.
« Il a été pris de douleur il y a un instant, quand il a souhaité se lever du lit. » rajouta Clarisse, ignorant le regard que lui lança Harry.
« Vraiment ? » dit le docteur, surpris. Il se pencha et ouvrit son sac, sortant un stéthoscope.
Clarisse se rapprocha et ôta la couverture de Harry, l'abaissant jusqu'au niveau de ses jambes puis se recula. Le docteur Colman se pencha vers l'oméga puis porta son instrument sur le cœur de Harry, écoutant les battements de son organe avec attention. Il plissa les yeux puis fonça les sourcils.
« À quel endroit avez-vous ressenti les douleurs ? »
Harry hésita « vers mon bas-ventre, »
Le docteur acquiesça puis souleva délicatement le haut du jeune homoïy. Il se frotta les mains pour se les réchauffer puis les posa sur le ventre de l'Oméga. « Si j'appuie ici, ça fait mal ? »
Harry secoua négativement la tête.
« Et là ? » il continua ainsi jusqu'à ce que Harry gémisse de douleur. Le médecin appuya plus doucement à cet endroit puis huma l'air.
Clarisse le regarda, ses yeux emplis d'inquiétude, attendant avec impatience son diagnostic.
Après un certain temps, le médecin rabaissa le haut de l'Oméga puis regard Harry avec attention. « On ne peut pas parler de grossesse, c'est encore trop tôt. Mais la seule fois où les Omégas prennent plus de temps pour se remettre de leur blessure est lorsqu'ils portent un chiot en leur sein. »
« Mais ça pourrait être autre chose. » rajouta-t-il quand il vit la surprise et le choc se lire sur le visage d'Harry. « J'ai besoin de faire des prises de sang pour être certain. »
Harry se racla la gorge : « Quand vous dites que ça pourrait être autre chose, quoi par exemple ?
- Et bien, je ne veux pas faire d'hypothèses sans avoir toutes les informations en ma possession, voilà pourquoi j'ai besoin de faire des analyses de sang. »
Le jeune homoïy se pinça les lèvres devant cette réponse évasive puis hocha la tête, relevant la manche de son haut. Le docteur ne perdit pas de temps, sortant une seringue et trois petites fioles qu'il remplit rapidement. Puis il rangea le tout et se leva.
« Je réitère mes consignes, pas trop d'effort physique, beaucoup de repos et je vous recontacterai quand j'aurai les résultats de vos analyses.
- D'accord, merci docteur. » dit Harry d'une voix fébrile.
Ce dernier hocha la tête puis sortit de la pièce, Clarisse ferma la porte derrière lui puis tourna son regard vers Harry. Elle fonça les sourcils quand elle vit que ce dernier était blanc comme un linge, près à rendre l'âme ou du moins, à faire une syncope.
« Comment te sens-tu ? lui demanda-t-elle affectueusement en s'installant sur la chaise que le docteur avait empruntée tantôt.
Elle s'inquiétait pour lui, depuis l'attaque, Harry n'était pas vraiment lui-même, il parlait peu, souvent dans ses pensées, le regard perdu et lointain. Tom était venu deux, trois fois le voir, passer du temps avec lui, mais trop peu selon Clarisse. Elle comprenait que le Régent Chef soit occupé de par la conférence de presse donnée suite à l'attaque, l'organisation des représailles et surtout, l'organisation d'une campagne de recrutement après la mort de trois de ses hommes de son cercle intime et six de ses gardes du corps placés à l'extérieur de la villa. Mais Harry avait besoin de lui.
Lentement, Clarisse passa sa main sur le front d'Harry, repoussant sa frange vers l'arrière puis, lui caressa les cheveux. Harry attrapa subitement le poignet de la domestique et le serra si fort que ses jointures devinrent toutes blanches. Clarisse siffla de douleur et entreprit de dégager son poignet mais se ravisa quand elle croisa le regard du jeune homoïy : ses grands yeux vert émeraude étaient écarquillés et reflétaient une lueur étrange… de la peur.
Harry était effrayé.
Mais par quoi, se demanda Clarisse, dont la surprise pouvait clairement se lire sur son visage. C'était la première fois qu'elle voyait Harry aborder une telle expression, et surtout avec une telle intensité. Il n'avait exprimé aucune peur lors de son arrivée au manoir Riddle alors même que les circonstances demandaient qu'il soit apeuré.
« Harry ? »
Malgré que les yeux de l'Oméga soient fixés sur elle, Clarisse savait pertinemment que ce dernier était perdu dans ses pensées. En effet, ses yeux semblaient comme vitreux, comme si elle avait à faire à un corps inerte.
« Harry… » dit-elle à nouveau en bougeant légèrement le bras dont le poignet était encore retenu captif dans l'étau serré que représentait la main de l'Oméga.
Ce dernier eut comme un sursaut, puis cilla rapidement avant de baisser les yeux vers le poignet de Clarisse et de la lâcher aussi rapidement qu'il l'avait attrapé.
« Désolé pour ça… murmura-t-il avant de passer une main sur son visage. Clarisse massa son poignet endolori puis plissa les yeux et le détailla attentivement.
Il semblait fatigué.
« Tu... Tu vas bien ? » demanda-t-elle, pour la première fois hésitante quant à la réponse de l'Oméga.
Harry déglutit puis humecta lentement ses lèvres avant de croiser le regard de Clarisse. « Je ne veux pas être enceint. » murmura-t-il.
Pardon ?
Clarisse arqua un sourcil et le regarda, surprise. C'était bien la première fois qu'elle entendait un Oméga souhaiter ne pas avoir de chiot. Cela faisait partie de leur génétique, un Oméga sans chiot pouvait tomber en dépression ou alors devenir fou. Il n'y avait qu'à regarder Mark pour se rendre compte à quel point avoir un chiot était important pour l'épanouissement d'un Oméga.
Alors pourquoi Harry ressentait-il ce désir contre-nature ? Parce qu'il devait bien y avoir une raison. Généralement c'était quand les Omégas ne se sentaient pas en sécurité avec leur ancré ou dans leur nid, faisant que ceux-ci refusaient que leur chiot ne naisse dans un environnement nocif.
« C'est à cause de l'attaque, conclut-elle finalement. Tu n'as pas à t'inquiéter pour ça Harry, Monsieur Riddle se charge de tout. C'est pour cela qu'il ne vient pas te rendre visite aussi régulièrement que ça, parce qu'il est occupé à régler cette affaire, pour que vous soyez en sécurité. » argumenta-t-elle.
La naissance d'un chiot dans un nid était tellement une source de joie qu'elle se sentait triste qu'Harry veuille priver Monsieur Riddle de cela. C'est vrai qu'il avait ses raisons, mais des raisons infondées ! Tom était le Régent-Chef, bien sûr qu'il était en mesure de protéger ses Omégas !
Clarisse se pinça les lèvres, sentant des sentiments conflictuels l'animer. D'un côté, elle comprenait ce que pouvait ressentir Harry, mais de l'autre elle était agacée de savoir qu'il était prêt à aller jusqu'à priver Monsieur Riddle de chiot.
« Ce n'est pas pour ça. » dit-il finalement, mettant ainsi un terme à l'ardeur de Clarisse, la laissant simplement dans la confusion.
Hein ?
« Je sais tout simplement que mon enfant ne sera pas en sécurité dans ce nid. Ce n'est pas à cause de l'attaque, enfin si, mais partiellement…
- Comment ça ? »
Harry se mit en position assise, puis tourna la tête vers la fenêtre, semblant réfléchir. La domestique bouillonnait de questions, cependant, elle se retint, attendant que le jeune homoïy soit prêt à parler de lui-même.
« Il y a quelque chose que tu ne sais pas, que personne ne sait à vrai dire, et je doute que Draco s'en soit rendu compte. » reprit Harry, en baissant ses yeux sur ses mains qui étaient posées sur ses jambes, au-dessus de la couverture. « Quand nous sommes arrivés dans la nurserie, il n'y avait personne, pas même Maya qui devait normalement être là, déjà rien que ça c'était bizarre. Mais ce n'est pas ça qui m'a interpellé. Quand j'ai pris Thelian dans mes bras, avant de le passer à son Odgajiti, il avait une odeur étrange sur lui, une odeur... Il sentait la fleur d'Hanabaha. »
Clarisse fronça les sourcils quand elle entendit le nom de la fleur. Elle ouvrit la bouche pour poser une question, mais Harry continua.
« Le simple fait que j'ai senti l'odeur est une indication sur le dosage qui devait être vraiment fort pour un enfant. Et puis pourquoi quelqu'un donnerait une sorte de puissant somnifère, bien que naturel, à un enfant ? En plus avec une dose qui aurait pu lui être mortelle ? »
Pourquoi effectivement, se demanda Clarisse.
« Il parait que quand on tue quelqu'un dans son sommeil, il n'a pas le temps de ressentir la douleur. » dit Harry en vrillant son regard dur et empli de colère dans celui de la domestique.
Clarisse émit un cri de stupeur quand elle comprit ce que Harry insinuait, non, pas insinuait, mais révélait.
« Leur mission était de kidnapper Draco et de tuer Thelian. » repris reprit Harry d'une voix fébrile, ses yeux bien que hargneux s'embrumèrent de larmes. « Quand j'y repense parfois, je me dis que je dois tout de même lui en être reconnaissant, d'avoir voulu limiter la douleur de mon chiot lors de sa mort en lui injectant de l'hanabaha. Cela lui garantissait au moins une mort paisible… » Les larmes d'Harry coulèrent librement et silencieusement sur ses joues, laissant des traces salées sur leur passage. À cette vue, Clarisse eut comme un pincement au cœur et elle se leva rapidement de son siège.
Cependant, elle fut retenue par Harry, qu'il l'attrapa encore une fois par le poignet, mais cette fois-ci d'une manière moins brutale.
« Tu comprends pourquoi je ne veux pas tomber enceint. » dit-il en la fixant avec un regard indéchiffrable. « Comment Tom peut-il protéger mon chiot quand la menace vient également de l'intérieur ? »
Clarisse le regarda interdite, puis grinça des dents, tant sa mâchoire était serrée. Elle ne répondit pas, que pouvait-elle répondre à cela ? Harry lui lança un regard appuyé puis ferma les yeux, lui lâchant le poignet par la même occasion. La domestique ne demanda pas son reste et sortit de la pièce presque en courant.
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La porte s'ouvrit en trombe, heurtant le mur et faisant sursauter la personne qui se trouvait dans la pièce.
« Je vais la tuer. » hurla Clarisse qui entra dans la salle commune des domestiques. Elle regarda autour d'elle. « Où est-elle, dans quelle zone l'as-tu affectée ?! »
La personne présente dans la pièce se rapprocha d'elle et posa sa main sur l'épaule de Clarisse.
« Calme-toi d'abord, ensuite nous pourrons parler calmement.
- Ne me dis pas de me calmer, tu n'as aucun droit de me dire de me calmer tant que tu ne me diras pas où est-ce qu'elle est. Je vais la trucider, l'attraper avec mes deux mains et les encercler autour de son cou. Je la regarderai droit dans les yeux, admirant la lumière s'éteindre dans ceux-ci. Et encore, je suis trop gentille. Non ! Je vais plutôt planter mes dents dans son corps et en faire de la chair à pâté. »
La main sur son épaule se resserra et Clarisse grogna contre son propriétaire. « Putain, lâche-moi Nathan, j'ai une dent à régler avec elle. » Elle se dégagea de l'emprise de Nathan et tourna les talons, s'apprêtant à aller traquer sa proie quand elle fut retenue pas le poignet. Qu'est-ce qu'ils avaient tous avec son poignet aujourd'hui ?!
« Tu n'as aucun droit de m'en empêcher, je dois attraper cette salope et la remettre à sa place, et crois-moi, elle ne s'en sortira pas vivante, ce qu'elle a fait est impardonnable. »
Nathan la tira contre lui, et passa son bras autour de la taille de la domestique. Son autre main vint lentement caresser la joue de Clarisse qui grogna et montra ses dents, puis perdant patience, Nathan vint nicher sa tête dans le cou de la jeune femme et déposa ses crocs contre la morsure d'encrage de celle-ci en une sorte d'avertissement.
Cette dernière se débattit, la fureur se dégageant d'elle et Nathan grogna avant d'enfoncer ses dents sur la morsure d'ancrage de son ancré, en une sorte de punition.
Cette dernière arrêta de bouger et de se débattre, fermant les yeux. Sa respiration rapide se calma lentement sous la pression qu'exerçaient les crocs de son ancré sur elle, puis elle se détendit, sentant la colère s'évaporer peu à peu, mais pas totalement. Elle avait toujours des envies de meurtre, mais elle arrivait mieux à les contenir que tantôt.
Nathan retira délicatement ses dents, puis se recula légèrement avant de déposer un tendre baiser sur la morsure d'ancrage légèrement rougie de sa douce. Lentement, il posa ses deux mains sur les joues de sa belle, les caressant tendrement et la fixa.
Celle-ci esquissa un léger sourire avant de rouvrir les yeux. « Tu te sens mieux ? » murmura-t-il. La domestique acquiesça et Nathan déposa un doux baiser sur ses lèvres avant de se reculer. Sa mine se ferma, et il prit un air sérieux, Clarisse reconnu à cet instant le responsable des domestiques et non plus son ancré.
« Bien. » dit-il en s'installant sur une chaise. Il croisa ses chevilles et d'un geste de la main, lui fit signe de s'asseoir sur la chaise que se situait en face de lui. « Puis-je connaître la raison de tout cet émoi ? »
« Où est Maya ? » demanda-t-elle calmement.
Nathan plissa les yeux, mais ne dit rien. Cependant, Clarisse vit sa curiosité de par la manière dont ses lèvres s'étaient imperceptiblement incurvées.
« Pourquoi la cherches-tu ? » demanda-t-il finalement.
Clarisse sentit la frustration monter en elle, mais essaya de se contenir, ne voulant pas être réprimandée une seconde fois. « J'ai deux trois trucs à régler avec elle. »
Nathan huma l'air, « Malheureusement, Maya est morte. Je l'avais chargée de récupérer Thelian et de nous rejoindre dans les sous-terrains quand j'ai ordonné à tous les domestiques de se replier mais elle n'est jamais revenue—
- Oui d'ailleurs parlons-en, pourquoi as-tu ordonné cela ? Normalement la consigne est que l'on doit rester en poste pour protéger nos charges. »
Nathan se pinça légèrement les lèvres, le seul signe visible de son agacement au vu de comportement de son ancré.
« J'ai ordonné cela avec l'aval du régent chef, la plupart des domestiques omégas sont enceints, leurs ancrés risquaient d'être plus préoccupés par leurs sécurités et celle de leur chiot plutôt que de celle de leurs charges.
Clarisse ne dit rien pendant un instant, digérant l'information puis croisa les jambes, sa cheville droite venant faire face à celle de gauche.
« Avez-vous retrouvé le corps, demanda-t-elle finalement.
- Oui, il a été renvoyé à la famille avec les condoléances du régent chef. C'est lui qui a pris en charge l'enterrement.
- Quoi ? s'insurgea-telle. Elle ne méritait même pas d'être enterrée cette traîtresse ! »
Nathan arqua un sourcil et la regarda avec un petit sourire amusé. Purée ce qu'il aimait cette femme, la voir si passionnée, comme une lionne, le rendait toujours tout émoustillé. Mais, il se reprit quand il vit l'air sérieux qu'abordait son ancré.
« Elle a empoisonné Thelian avec de l'Hanabaha ! Elle savait qu'on allait être attaqués, leur mission était de tuer Thelian et de kidnapper Draco. Et elle a eu son rôle à jouer dans cette affaire. » déclara-t-elle, ses deux poings serrés.
Le responsable des domestiques fonça les sourcils, surpris par cette information, puis il se mit à réfléchir, joignant les anomalies qu'il avait relevées et les nouvelles données que son ancré venait de lui révéler. C'est vrai que quelques jours avant l'attaque, Maya lui avait semblé étrange, sur les nerfs, sursautant au moindre bruit, scrutant les environs avec attention, comme si elle attendait l'arrivée de quelque chose, ou de quelqu'un. Effectivement, elle savait que le manoir Riddle allait être attaqué.
Cependant…
« Elle n'était pas seule, déclara-t-il finalement. Elle n'était pas assez haute gradée pour avoir accès à certaines informations comme les plans du manoir par exemple. Et d'après ce que j'ai compris, les intrus avaient cette info en leur possession.
- Elle avait donc un complice ? Clarisse le regarda avec attention, plissant légèrement les yeux.
Ce dernier soupira, « Je sais ce que tu penses, mais ce n'est pas moi. D'ailleurs, je sors tout juste de deux jours d'interrogatoire avec deux sbires du cercle intime du régent chef. Ce n'est pas moi Clar. »
Clarisse se pinça les lèvres puis se leva, elle vint s'asseoir sur les genoux de son ancré et passa une main dans ses cheveux. Elle fonça les sourcils quand elle sentit à quel point il était tendu. « Je suis désolé… Je te crois, je l'aurais senti si tu m'avais menti. » Elle déposa un baiser sur le front de son être aimé puis déposa sa tête sur l'épaule de Nathan, relâchant la pression qu'elle avait accumulée depuis le matin.
« C'est tellement le bordel, Harry… Harry dit qu'il ne veut pas tomber enceint parce qu'il ne se sent pas en sécurité… Charles, tu vois c'est qui Charles ? Le petit bêta qui est affecté aux soins de Mark ? »
Elle continua quand Nathan huma l'air, signifiant que oui, il voyait de qui elle parlait : « Eh bien, ce matin je l'ai choppé en pensant qu'il désobéissait à l'un de mes ordres, mais il s'est mis à pleurer devant moi, me racontant les magouilles de Mark. Et là quand j'entends ce que Maya a fait je ne peux que comprendre Harry. » Elle essuya furtivement les larmes qui s'échappèrent de ses yeux. « Moi aussi je n'aurais pas voulu que mon chiot naisse dans un nid si peu sécurisé. Et dire que j'ai jugé Harry quand il m'a avoué cela. »
Elle attrapa le haut de son ancré par le poing et se mit à pleurer toutes les larmes de son corps, « En plus d'être une piètre adjointe, je suis une piètre amie ! Si seulement j'avais remarqué ce que Maya magouillait ! Si seulement j'avais… » Elle renifla grossièrement, continuant d'émettre des hypothèses sur ce qu'elle aurait pu changer si elle s'en était rendu compte avant.
Nathan passa une main dans son dos, essayant de la calmer mais se sentant impuissant. Il ferma les yeux et serra la mâchoire, écoutant les pleurs de son ancré et sentant ses larmes mouiller son haut.
Clarisse, se calma un peu plus tard, son être aimé l'ayant porté jusqu'à leur quartier. Ceux-ci étaient au dernier étage du manoir, à côté des chambres des autres domestiques. Ils étaient les seuls à posséder une sorte de suite parentale, tandis que les autres servants se partageaient des douchettes et ne possédaient qu'une simple chambrette de 18².
« Il va falloir resserrer la vis au niveau des domestiques. » murmura Clarisse. Celle-ci était allongée sur le lit et regardait Nathan en train de se mettre en pyjama. « On ne peut pas les laisser faire à leur guise, quel genre de responsables sommes-nous ? »
Son ancré se changea rapidement puis vint s'installer à ses côtés. Il passa son bras autour de la taille de sa douce puis déposa un baiser sous le lobe de son oreille. « Tu as raison. Il faut que je remette en place certaines règles qui ont trop souvent été bafouées. »
Clarisse huma l'air puis se retourna et passa sa main sous le haut de son ancré, déposant un baiser contre les lèvres de son tendre. « Je souhaiterais également que tu réaffectes Charles, qu'il soit sous ma charge au service d'Harry. Et puis tu affecteras Jocelyne à Mark. Tu sais tout comme moi qu'elle ne se laissera jamais corrompre ni influencée. C'est la candidate idéale. »
« Ce sera fait, murmura-t-il avant de la dévorer du bout des lèvres. Clarisse gloussa et le laissa aller dans les bras de son ancré, cherchant à oublier pour un temps, aussi infime soit-il, les événements et révélations de la journée.
