Mea Culpa ! Je n'en reviens pas d'un tel retard. Du jamais-vû… Malgré tout, j'espère que vous apprécierez ce 10ème chapitre assez court ma foi mais assez significatif. Un 11ème suivra dans peu de temps, je l'espère. Bonne lecture et tâchez de laisser une petite review avant de quitter ! 

Faramir attendait avec impatience le signal qu'allait lui donner son frère aîné, tapi à la lisière du bois le plus proche de la cité d'Osgiliath, camouflé dans le lourd feuillage des arbres. Encapuchonné d'un tissu coriace aux grands voyages vert forêt, les yeux gris du jeune capitaine étincelaient entre les feuilles tels des gemmes égarées dans la nature. Sa cuirasse ornée de l'Arbre Blanc de Gondor se distinguait peu de son habillement mais rendait à Faramir un air noble et sage malgré qu'il eut totalement à ce moment précis l'esprit de rôdeur : efficace et attentif. Soudain, un homme dans la petite troupe de Boromir avisa l'éclat d'une torche au loin provenant de l'ancienne capitale de Gondor. Faramir bondit sur ses pieds et ordonna à son groupe de le suivre le plus vite qu'ils pouvaient.

Merindil et ses hommes venaient d'arriver.

Boromir esquissa un sourire de contentement en apercevant les cavaliers d'Anorien. Ils étaient prêts à affronter l'armée massive d'Orques originaires de Mordor. Le capitaine de Gondor organisa sa compagnie afin qu'ils puissent être le plus infaillibles. Le guerrier s'adossa contre un des piliers des ruines qui les entouraient et observa les visages des soldats qui se trouvaient à proximité de lui. La bravoure se lisait dans leurs traits et tous étaient en position parfaite pour attaquer sans aucune pitié pour les horribles monstres auxquels ils allaient faire face. Merindil et ses unités pénétrèrent dans le point de repaire de tous les Gondoriens et laissèrent leurs montures là-bas. Son glaive à la main, Merindil trouva Boromir et hocha la tête, signe que tout se passait comme prévu. Quelques instants plus tard, les hommes entendirent le son des rames des créatures repoussantes frapper durement l'eau du fleuve traversant Osgiliath. Lorsque les Orques finirent par échouer sur les berges de la rive est, le silence complet s'abattit dans les rangs Gondoriens. Le tintement des armes des adversaires suivit faisant déglutir certains jeunes soldats à une de leurs premières expériences de batailles. Faramir n'était toujours pas arrivé avec son bataillon, serrant le cœur de Boromir. Il resta toutefois concentré sur son plan d'action contre les Orques. Le Gondor ne devait pas céder la rive ouest d'Osgiliath, déjà que celle de l'est avait été perdue aux mains maléfiques du terrible Sauron. D'un mouvement spontané accompagné de bravoure, Boromir dégaina son épée doublée d'un son métallique. Les autres l'imitèrent attendant le moindre geste de leur grand chef avant de tenter quoi que ce soit. Les cris moqueurs des Orques explosèrent à une dizaine de mètres des Gondoriens et le son de leurs bottes en fer écrasant la boue et la terre impitoyablement se fit entendre glaçant le sang des plus jeunes. Avant qu'une seule des créatures n'entre à l'intérieur des murs en pierre, Boromir en un hurlement débordant d'adrénaline frappa le premier venu en plein ventre. À l'unisson, les hommes débutèrent la bataille, incités par leur capitaine.

Une bonne demi-heure s'était écoulée depuis le début de l'affrontement et c'est à ce moment que Faramir décida d'apparaître au grand soulagement des troupes qui commençaient à fléchir progressivement. On clamait « Faramir ! » dans les quatre coins de la rive ouest d'Osgiliath et le groupe de rôdeurs fonça sur les Orques sans aucune pitié. La charge fut spectaculaire à voir à travers les piliers en pierre massifs. Ce fut en même temps une lourde perte pour les légions orques à la satisfaction des Gondoriens.

Les régiments de Boromir et de Merindil poussèrent les envahisseurs jusqu'aux rives d'où ils étaient venus les obligeant à se replier vers la rive est. Certains soldats célébraient déjà la victoire mais Boromir exigea un dernier effort afin de reprendre la rive est.

- Mes frères ! Il n'est pas encore temps aux célébrations. Profitons de cette occasion unique pour reprendre tout ce qui nous appartient. À l'assaut de la rive est ! s'écria le brave capitaine

Les plus hardis des guerriers ne se firent pas prier une seconde pour suivre leur général et se rendirent au pas de course, l'adrénaline coulant à flot dans leur sang, vers les ponts abandonnés qui traversaient l'Anduin tandis que les autres plus jeunes et moins expérimentés les suivirent, un tantinet confus par tous ces évènements contradictoires qui se succédaient. Une fois que les courageux soldats mirent le pied sur la minuscule plage qui bordait les ruines de la rive est, la dernière légion d'orques et créatures maléfiques peuplant le territoire leur tendirent une embuscade forçant les Gondoriens à reculer sur leurs pas. Les sbires de Sauron réussirent à les bousculer une nouvelle fois jusqu'aux ponts et soudain, au cri d'un des capitaines orques, une catapulte en bois pourri apparût à quelques milles de là et visait l'armée de Gondor. Paniqués, les hommes essayaient tant bien que mal de se dégager afin de regagner la rive est puisqu'ils avaient perdu tout espoir de reprendre possession sur l'autre moitié d'Osgiliath mais la machine de guerre eut raison d'eux puis propulsa un projectile puissant en direction du pont où les Gondoriens se trouvaient. Une explosion immense s'en suivit et multiples furent les soldats de Gondor qui périrent. Toutefois, Boromir en un réflexe spontané attrapa la main de son frère cadet puis il sauta par-dessus les remparts du pont aussi loin qu'il pouvait en entraînant Faramir dans sa chute.

Quand le vacarme de l'explosion parvint à leurs oreilles, afin de ne pas être enseveli par de gigantesques pierres au fond de l'eau, ils se mirent à nager du mieux qu'ils pouvaient, la peur de la mort envahissant leur cœur. À leur grand soulagement, les deux frères parvinrent à gagner la seule rive qui leur était accessible celle de l'est. Mais ils n'allaient pas être au bout de leur peine car ils étaient sur le territoire de l'ennemi sans aucun autre compagnon à leur côté. Faramir était paralysé de terreur et n'osait même pas bouger le petit doigt tandis que Boromir tentait de se concentrer afin de trouver une solution pour s'en sortir vivant et en un morceau. Puis, tout à coup, Faramir poussa un cri d'effroi et s'enfonça entre les piliers. Interloqué, même s'il avait connaissance de la vue fine que possédait son frère, Boromir s'élança à sa poursuite en hurlant son nom. Lorsqu'il put enfin rejoindre Faramir, le jeune homme fut atterré.

Le sage Faramir était accroupi aux côtés de Merindil, capitaine des troupes d'Anorien. Constatant que cette partie de la moitié orientale de la cité était déserte, le fils cadet de Denethor s'empressa d'ôter la cuirasse du blessé. Boromir s'installa à la droite de Merindil pour considérer les dégâts et lui demanda de raconter ce qui s'était passé ainsi que la raison de sa présence ici. Le fiancé de Nilemië cracha un peu de sang puis avala avec difficulté sa salive rougeâtre avant de commencer.

- Tout comme vous, mon capitaine, j'étais en train de combattre sur le pont. Puis…quand j'ai vu la monstrueuse catapulte se diriger vers nous je n'eus plus aucun réflexe et je cessai de me défendre laissant ainsi la possibilité aux orques de m'attaquer. Effectivement… un d'eux (il toussa afin de régurgiter le sang qui se déversait dans son gosier) me toucha de son glaive empoisonné au flanc gauche. Quelques secondes plus tard, je flottais dans l'eau au milieu de maints cadavres et je savais que j'allais y laisser ma peau tout comme ceux-là. Mais… je ne perdis pas espoir car je savais que ma tendre fiancée m'attendait impatiemment dans ma patrie et que nous nous serions mariés si j'avais pu revenir indemne. Alors, je nageai avec le reste de la force qui me restait jusqu'à ce que je puisse m'étendre ici en attendant que la mort me prenne, raconta Merindil

Une larme perla sur sa joue couverte de boue.

- C'est un honneur de mourir à vos côtés, mes très chers amis, les dieux m'ont offert une dernière faveur avant que je rejoigne mes nobles ancêtres, dit Merindil entre deux sanglots

Après avoir posé un regard empli de compassion au blessé, Boromir se tourna vers son frère qui lui confirma simplement par l'expression sur son visage qu'il n'y avait rien à faire pour le pauvre guerrier originaire de Daranor. Le fils aîné de Denethor tint la main à son grand ami le plus fort qu'il pouvait pour lui transmettre un flot d'amitié et d'apaisement.

- Seigneur Boromir…se lamenta Merindil alors que tout son corps vibrait de douleur intense, je vous en conjure, dites à ma douce Nilemië que je n'avais jamais aimé aussi fort une femme comme je l'aime et qu'il faut qu'elle continue sa vie même en mon absence.

Un poignard enduit du plus cruel des poisons venait en ce moment même de transpercer le cœur déjà meurtri de Boromir. Il ne voyait plus rien, comme si on lui avait crevé les yeux en même temps. Il pensait qu'il aurait pu ressentir de la tristesse ou de la rage mais il ne ressentait aucune émotion. Merindil rendit aussitôt l'âme et Faramir s'occupa d'effectuer les prières dédiées aux braves hommes qui tombaient dans la mort sachant que son frère aîné n'était pas en condition du tout pour le faire. Boromir s'assit sur son séant, le regard vide et complètement confus, la bouche entrouverte. Nilemië ne voulait pas le suivre car elle était déjà promise à un autre homme. Elle lui avait menti depuis le début et elle avait abusé de l'amour qu'il lui portait. Peu après avoir fermé les paupières du défunt, Faramir rejoignit son frère au cœur en miettes. Le jeune cadet choisit de se taire et de laisser Boromir reprendre ses esprits après avoir entendu la vérité si douloureuse fut-elle. Puis Faramir décida après maintes minutes de briser le lourd silence s'étant abattu sur eux.

- Il doit sûrement avoir une explication à toute cette discorde, Boromir. Nilemië ne te l'a pas dit parce qu'elle ne voulait pas te perdre, j'en suis sûre. Mais elle aurait du savoir que tout secret ne reste jamais gardé bien longtemps, dit Faramir, ne juge pas aussi vite des choses qui peuvent s'avérer être simplement un malentendu. Tu en as déjà eu l'expérience auparavant avec elle.

- Cela m'étonnerait que Merindil m'ait menti sur sa relation avec Nilemië surtout qu'il vivait ses dernières minutes ici-bas. Je ne veux plus jamais entendre parler de Nilemië, ni la revoir ou avoir quelconque contact avec elle du reste de mon existence sur cette terre. Je tourne la page et je me contrefiche de ce qu'elle peut penser, rétorqua Boromir d'un ton dangereusement calme et indifférent

- Je t'interdis de dire pareille chose en ce moment, grand frère. Oublie ça pour le moment et allons retrouver nos frères d'armes. J'ai un pressentiment que la victoire est proche pour nos troupes, encouragea Faramir

Boromir bondit sur ses pieds après un bref hochement de tête et ne lança aucun regard en direction de la dépouille de Merindil. S'ils pouvaient repousser les orques hors de la rive est d'Osgiliath, Merindil serait assurément rendu et enterré à sa ville natale.

Ce moment d'isolement terminé, les deux nobles guerriers se dirigèrent au pas de course vers le dernier pont qui menait vers l'autre rive. Ils priaient les dieux pour ne pas tomber sur un groupe d'orques terrifiants et de retrouver leurs compagnons le plus vite possible. Une fois qu'ils arrivèrent au pont, Boromir avisa le reste de l'armée à l'autre extrémité du pont. À la vue de leur deux capitaines bien-aimés, les soldats de Gondor crièrent de joie et se risquèrent sur le pont ayant complètement oublié la tragédie qui s'était produite sur l'autre pont un peu plus tôt. Malgré son esprit choqué, Boromir trouva le courage de mener ses troupes à la victoire. Les légions de Merindil se mêlèrent à celles de Faramir ayant appris la triste nouvelle du décès de leur capitaine.

L'Ennemi s'étant replié, Boromir en profita pour adresser à l'armée des paroles d'encouragement et de sages instructions quant à leurs derniers efforts pour reprendre l'autre rive leur revenant de droit.

- Fiers Gondoriens, frères d'armes ! La victoire est proche, cessez de vous interroger sur votre potentiel et votre force. Récupérons nos terres saccagées par des monstres et des créatures sans nom ! Faisons-le pour tous ceux qui sont tombés au combat aujourd'hui, pour ceux qui ont une place privilégiée dans notre cœur, pour notre pays, pour Gondor ! s'écria le chef au tempérament conquérant

Une clameur jusqu'alors jamais vue tonna suite au discours de Boromir. Les guerriers rendaient clairement hommage à leurs glorieux ancêtres lorsqu'ils levèrent bien haut leurs armes vers le fils aîné de Denethor. Le capitaine avait l'allure d'un des rois d'antan venus de la Grande Mer. L'hardiesse de Boromir était à son apogée et cela se faisait ressentir dans toutes ses troupes. L'homme à la fougue belliqueuse imita ses frères d'armes et, n'ayant plus rien à perdre par le refus de Nilemië, pénétra le premier sur la rive est, suivi par les légions, prêt à éliminer toutes formes de démons peuplant l'endroit…