Chapitre 9 : Nouveau départ.
Arngeir marchait d'un pas tranquille dans les couloirs du monastère. Il était tôt et, à cette heure-ci, la majorité des acolytes étudiant sous la tutelle des moines étaient encore endormis. Mais pas tous.
Il s'amusa de voir un jeune homme aux cheveux noirs vêtu de la robe simple des Grises-barbes assis sur l'un des fauteuils de la bibliothèque. Ses yeux dorés quittèrent son livre quand il entendit le vieux moine entrer.
« Maître Arngeir. »Salua-t-il calmement sans la moindre surprise.
« Le sommeil te fuit-il, Raziel ? »
« Pas vraiment maître, je n'ai jamais été un grand dormeur. » Répliqua l'assassin avant de retourner à son livre.
Arngeir s'assit doucement en face de son élève et examina son visage. Depuis son arrivée, Raziel avait dépassé toutes les attentes du vieux nordique. En trois mois il avait maitrisé la langue draconique dans ses moindres détails et maniait désormais la Voix aussi bien que les autres Grises-barbes, provoquant la jalousie des étudiants normaux qui auraient besoin de plusieurs dizaines d'années avant d'atteindre son niveau. Pour l'instant Arngeir était plus puissant que lui mais il savait que ce n'était qu'une question de temps avant que le Dovahkiin ne le dépasse. Le vieux moine avait été heureux de transmettre son savoir au jeune homme. Certes Raziel n'était pas le seul élève qu'il entrainait, mais il possédait un caractère pour le moins unique. En plus d'être son élève le plus assidu, il ne craignait absolument pas les autres maitres de la Voix, il les respectait sans peur et cela faisait toute la différence par rapport aux autre élèves. Il avait fini par se lier d'amitié avec les autres maitres en leur enseignant le langage des signes. Arngeir devait avouer que, depuis, la communication était bien plus simple avec Borri, Einarth et Wulfgar, sans compter qu'ils pouvaient désormais l'aider à enseigner aux autres étudiants.
Lorsque Raziel était arrivé au Haut Hrothgar Arngeir avait craint qu'il ne soit un amoureux de la guerre à l'image d'Ulfric Sombrages, mais heureusement ce n'était pas le cas. Il connaissait le passé sombre du jeune homme et les actes horribles qu'il avait commis, mais Arngeir avait appris une chose durant sa longue vie : les mauvais hommes n'entretiennent pas de regrets, contrairement à Raziel.
Arngeir avait fait tout son possible pour soulager l'esprit de Raziel et était heureux de constater que son regard avait perdu un peu de sa tristesse et de sa rage, remplacées par un éclat serein. Mais son esprit ne connaîtrait de vraie guérison avant longtemps. Il était probable que les plaies de son âme ne cicatrisent jamais vraiment.
« Maitre Arngeir, puis-je vous poser une question ? »
La voix de Raziel coupa les pensées du vieux maître qui lui accorda toute son attention.
« Bien entendu Kiir. »
« Pourquoi m'enseigner l'art de la Voix ? Je ne suis pas exactement un modèle de vertu. Vous savez parfaitement que j'utiliserai ce pouvoir pour me battre et pas uniquement pour vénérer Kynareth. »
Raziel examina le visage de son maitre avec curiosité. Pendant quelques minutes Arngeir conserva le silence, puis répondit:
« Bonne question, Kiir. Si tu étais un simple nordique avide de pouvoir je ne t'aurais jamais enseigné la Voix, mais tu es Dovahkiin, l'enfant de dragon. La langue draconique coule dans tes veines, pour toi la Voix n'est pas une simple arme que tu utiliserais comme bon te semble, elle fait partie de toi au même titre que tes bras ou tes jambes. »
Raziel cligna des yeux, étonné par cette réponse.
« Quelle rapport avec le fait de m'enseigner le Thu'um ? »
« Simple, même si j'avais refusé de t'enseigner la Voix tu aurais fini par apprendre à l'utiliser par instinct. Mais tu aurais sans nul doute déclenché les pires cataclysmes. En t'enseignant l'art de la Voix je m'assure que tu ne commettras pas d'erreur malheureuse en utilisant tes pouvoirs et que tu connais parfaitement les dangers qu'ils impliquent. »
Logique.
« … Et ça ne vous dérange pas ? »
« Je ne vais pas te mentir, au début mon cœur était empli de colère à l'idée de dévoiler tous les secrets de la Voix à un inconnu qui s'en servirait à des fins dont je ne savais rien, mais j'ai appris à te connaitre Kiir et je sais que tu te contrôleras. Tu te considères peut-être comme un être corrompu et mauvais mais sache que ton âme est faites d'acier et de feu, peu importent les obstacles je sais que tu feras ce qui est juste. »
Les mots du vieil homme touchèrent Raziel plus qu'il ne voulait le reconnaître.
« Merci maître. » Déclara-t-il doucement.
« Inutile de remercier un homme qui ne fait que dire la vérité, mon apprenti. »
Arngeir se tourna vers la fenêtre de la bibliothèque et repéra les rayons du soleil levant.
« C'est l'heure. Es-tu prêt pour ta dernière épreuve ? »
« Je vous suis. » Dit Raziel en refermant son livre.
Arngeir guida Raziel jusqu'à la salle principale du monastère. Les autres Grises-barbes étaient déjà là et avaient formé un cercle qu'Arngeir vint compléter. Les autres apprentis restaient à l'arrière-plan pour observer la scène. Le vieux maitre fit signe à Raziel de se placer au centre.
« Au cours de ces trois derniers mois tu as appris à utiliser le Thu'um et à parler draconique comme s'il s'agissait de ta langue maternelle. Nous n'avons plus rien à t'apprendre. Ceci sera ta dernière épreuve : afin de pouvoir être sacré Dovahkiin tu dois endurer les voix débridée des Grises-barbes. Si tu survis alors le monde accueillera un nouvel enfant de dragon. »
Bizarre comme épreuve.
« Je suis prêt. » Arngeir hocha la tête et leva les bras au ciel imité par les autres prêtres. Les Grises-barbes commencèrent alors à parler.
«Lingrah krosis saraan Strundu'ul, voth nid balaan klov praan nau.
La couronne de fureur a longtemps attendu une tête digne sur laquelle reposer.
La vue de Raziel se troubla tandis qu'à chaque syllabe la montagne tremblait jusqu'à son fondement.
« Naal Thu'umu, mu ofan nii nu, Dovahkiin, naal suleyk do Kaan, naal suleyk do Shor, ahrk naal suleyk do Atmorasewuth. »
Par notre souffle nous la conférons à l'enfant de dragon au nom de Kyne au nom de Shor et au nom d'Atmora l'ancienne. Raziel serra les dents et se força à rester debout malgré la pression infernale qui s'exerçait sur lui.
« Meyz nu Ysmir, Dovahsebrom. Dahmaan daar rok. »
Tu es maintenant Ysmir le dragon du nord, entendez-le.
Raziel poussa un soupir de soulagement lorsque la déferlante stoppa. Il leva les yeux et croisa le regard d'Arngeir pour un lire une profonde joie mais aussi une pointe de tristesse.
« Mes félicitations Raziel Vedgrohiik, tu as achevé ton entrainement. »
« Et maintenant ? » Demanda Raziel en notant que pour la première fois Arngeir l'avait appelé par son nom complet.
« Je ne sais pas. Même si Akatosh a de grands projets pour toi tu restes maître de ton destin. La seul chose d'on je suis sûr c'est que ton avenir t'attend à l'extérieur de ces murs. »
Le vieux moine semblait désolé de ne pas pouvoir aider son ancien élève plus longtemps.
« Je comprends maître… Pardonnez-moi mais pourriez-vous me rendre un service ? » Demanda Raziel.
« Bien sûr Kiir. »
« Pourriez-vous conservez mon parchemin des anciens ? Je me vois mal voyager avec. » Les autres Grises-barbes approuvèrent le choix du Dovahkiin.
« Ne t'inquiète pas Raziel nous le garderons précieusement jusqu'à ce que tu souhaites le récupérer. » Assura Arngeir.
« Merci maître. Pour tout. » Raziel inclina sa tête et partit vers la pièce qui avait été sa chambre durant ces derniers mois. Elle était peu meublée: un lit, une armoire et un râtelier sur lequel trônaient son armure et ses armes. Il fit courir ses doigts sur l'acier froid de son masque. Pendant trois ans il avait médité et s'était entrainé à manier le Thu'um mais peu importait à quel point cette vie était reposante et libératrice il savait qu'elle ne lui correspondait pas. Il retira la robe grise et la plia respectueusement sur son lit.
Avec un petit pincement de fierté Raziel constata que grâce à la pratique de la Voix son corps n'avait rien perdu de sa force ou de sa souplesse. Avec un frissonnement de plaisir Il s'équipa de sa tenue et de des armes.
Ah ça m'avait manqué !
Une fois prêt Il se dirigea vers l'armoire et l'ouvrit. À l'intérieur se trouvait le Parchemin des Anciens. Raziel s'en empara et sortit de sa chambre avant de marcher en direction de la sortie du haut Hrothgar. Là l'attendaient ses maîtres, en ligne, préparés au dernier adieu.
Raziel s'approcha d'Arngeir et lui tendit le Parchemin. Arngeir le prit et déclara d'une voix emplie d'émotions:
« Puissent les Neufs te protéger Raziel. »
« Drem Yol Lok, maître. » Murmura Raziel dans une révérence.
Il salua également les autres maîtres de la Voix qui s'inclinèrent en même temps en réponse à son salut. Raziel marcha doucement vers la porte du monastère, sans un regard en arrière quitta ce qui avait été son sanctuaire, inspira profondément et examina le paysage de Bordeciel.
Bon, et maintenant ?
L'assassin resta un instant immobile avant de soupirer.
Et bien j'ai pas la moindre idée de ce que je suis censé faire… Je sais ! Je vais aller jusqu'à Blancherive. Je trouverai bien une idée en chemin.
Raziel poussa un long soupir en se rappelant le nombre incalculable d'émissaires qu'Ulfric Sombrages avait envoyé au mont Hrothgar pour tenter de convaincre le Dovahkiin de rejoindre ses forces.
Je peux pas prendre le chemin conventionnel. Si j'ai réussi à esquiver les patrouilles Sombrages à l'aller c'est grâce à Durnehviir.
À chaque fois il avait dit au messager d'aller se faire foutre, mais ça n'avait pas empêché Ulfric d'en envoyer d'autres pour faire des propositions toujours plus folles. Au final le lycan avait arrêté de recevoir les messagers et s'était contenté de les renvoyer à coup de Thu'um. Malheureusement il ne faisait aucun doute que chaque patrouille de sombrages avait reçu la description de l'assassin et avait ordre de le livrer au Jarl de Vendeaume et ce faisant les légionnaires impériaux avaient sans nul doute imité leurs ennemis.
Bon ben heureusement que j'ai un masque mais sérieusement comment faire pour éviter les patrouilles ? Il y a qu'une seule putain de route pour descendre de cette montagne ! À moins que…
« Eh ça vaut le coup d'essayer. » Raziel prit une profonde inspiration et s'approcha des abords du chemin. « FEIM-ZII-GRON ! » Hurla-t-il en sautant dans le vide.
Le cri corps éthéré le transforma en fantôme permettant ainsi qu'il ne prenne aucun dommage de la chute vertigineuse qu'il venait de faire. Pendant plusieurs minutes il tomba silencieusement en regardant la forêt se rapprocher. Juste avant d'atterrir il remarqua un petit village non loin de la rivière.
Rivebois si je ne me trompe pas.
Raziel passa au travers des branches sans en casser une seule et atterrit avec un bruit sourd sur le sol.
Pfiou C'est vraiment génial ce qu'on peut faire avec le Thu'um ! Maintenant je suis tranquille pour un bout de temps, les Sombrages seront persuadés que je suis toujours là-haut.
Après avoir annulé le sort et retrouvé son état normal il commença à marcher tranquillement en direction de Blancherive, se délectant des sensations qu'il n'avait pas goûtées depuis son entrée dans le monastère. Par réflexe il prit son arc à la main, heureux de sentir la chaleur de Vedshul. Même si la menace vampirique avait été quasiment annihilée Bordeciel abritait de nombreux dangers.
Animaux sauvages, guerre civile, chasseurs de loups-garous… Rien que je ne puisse tuer.
Il voyagea ainsi plusieurs jours, tranquillement, sans que rien de bien excitant n'arrive, mais alors qu'il allait entrer dans les plaines qui composaient les deux tiers de la Châtellerie il remarqua des nuages de vapeur au-dessus des arbres.
Des sources chaudes ? Un petit détour ne me fera pas de mal et je meurs d'envie de prendre un bon bain chaud. Les Grises-barbes étaient bien gentils mais je ne regrette pas leurs douches de neige fondue.
Après une courte marche Raziel il atteignit sa destination. Le terrain formait une sorte de cuvette naturelle autour de la source. Raziel se trouvait juste au-dessus du bassin, à environ une dizaine de mètres de la surface, et décida de profiter de sa position pour repérer d'éventuels dangers. Peine perdue: les nuages de vapeur étaient tellement épais qu'ils cachaient absolument tout. Raziel inspira profondément mais se rendit compte qu'il était dans le sens du vent. L'assassin poussa un léger grognement de frustration de voir ses sens rendus ainsi inutiles.
Bon je vais pas rester planté là toute la journée. Je vais descendre pour…
Un craquement sourd retentit tandis que la section de roche où il se tenait céda.
« MERDE ! » Hurla-t-il en tombant dans le bassin d'eau chaude.
Heureusement pour lui, la source était suffisamment profonde pour qu'il n'en percute pas le fond. Avec un rapide battement de pieds il remonta à la surface. Dès qu'il atteignit l'air libre, il cracha l'eau qu'il avait avalée et vérifia ses affaires. Par miracle rien n'avait disparu et à part le fait que sa capuche se soit rabattue dans sa chute et que ses affaires soit imbibées d'eau il allait bien.
Le bruit d'un arc que l'on bandait l'alerta, mais avant qu'il n'ait le temps de bouger une voix grave de femme retentit:
« Plus un geste. »
De mieux en mieux… C'est étrange cette voix est familière.
« Vous êtes soit fou soit extrêmement courageux pour oser venir m'observer pendant mon bain. »
Attends elle croit que je suis un pervers ?!
« Madame désolé de vous décevoir mais je ne savais qu'il y avait quelqu'un dans cette source avant de tomber dedans. »
Elle ne va jamais me croire.
« Et pourquoi devrais-je vous croire ? »
Qu'est-ce que je disais ? Bon pense à un truc Raziel…
« C'est simple si je vous observais vous ne m'auriez jamais vu. »
Idiot! Tu as l'air encore plus coupable en disant ça !
À la grande surprise de Raziel la femme éclata de rire.
« Pour répondre ainsi à la personne qui te menace…Tu dois être extrêmement courageux et complètement fou ! »
Par réflexe, Raziel tourna sa tête pour voir celle qui le menaçait et…
« Aela ?! » Articula-t-il, bien plus étonné de reconnaître la chasseresse que de voir une magnifique femme complément nue avec un arc chargé pointé sur sa tête.
« Comment tu connais mon nom ? » Grogna-t-elle, sa méfiance renouvelée.
Elle ne me reconnait pas ? Ah oui, c'est vrai !
Raziel retira immédiatement son masque.
« Raziel Vedgrohiik ? » S'étonna la chasseresse en baissant son arc.
« Et oui. »
Le monde est petit.
« Drôle de rencontre n'est-ce pas ? »
« En effet. »
« Raziel mes yeux sont ici. » Ricana-t-elle.
« Oh désolé ! Euh tu devrais peut être mettre des vêtements. »
Si possible avant que tout mon sang n'ait atteint la partie inférieure de mon anatomie.
Une fois Aela rhabillée et la pression sanguine de Raziel stabilisée, ils purent discuter normalement…ou presque.
« Donc qu'est-ce qui t'amène du côté de Rivebois ? » Demanda-t-il avec curiosité.
« Moi et deux de mes camarades avons été engagés pour tuer un géant qui s'en prenait à une ferme, mais une fois la mission réussite j'ai quitté le groupe pour aller chasser en solitaire. » Expliqua-t-elle.
« Tu ne vas pas avoir de problème avec les chefs des Compagnons ? »
Aela éclata de rire devant cette question.
J'ai dit quelque chose de drôle ?
« Les Compagnons n'ont pas de chef ! Le vieux Kodlak se charge des contrats et le cercle maintient un semblant d'ordre, mais chacun est libre de ses choix. »
Et ils arrivent à maintenir les choses ainsi ? Je suis impressionné.
« Je vois. »
« Et toi alors ? La dernière fois qu'on s'est vus tu traquais un vampire pour la Garde de l'Aube. »
Raziel se tendit à ce souvenir.
« Je n'ai jamais dit qu'il était un vampire. »
« Pour quelle autre raison un lycan travaillerait-il avec des chasseurs de Vampires ? » Raziel posa sa main sur sa dague, prêt à attaquer.
« Comment… ? »
C'est une chasseuse de lycan ?!
« D'après toi, où nous sommes-nous rencontrés pour la première fois ? »
Raziel fronça les sourcils, ne voyant pas ou elle voulait en venir.
« Et bien à l'auberge… » Commença-t-il avant qu'Aela ne l'arrête.
« Faux nous nous sommes rencontrés dans les plaines qui bordent Blancherive et nous nous sommes combattus. »
Raziel oublia aussitôt sa dague et lui décocha un regard stupéfait.
« Tu es la louve que j'ai affrontée ?! » Articula-t-il.
Le monde est vraiment petit !
« C'est exact. »
« Et bien ça pour une surprise ! Attends, les Compagnons sont au courant de ta nature ? »
« Les membres du cercle oui. Pas les nouvelles recrues. »
« Ils n'ont aucun problème avec ça ? »
Aela parut sur le point de dire quelque chose mais se ravisa.
« J'aimerais pouvoir en t'en révéler plus Raziel, mais il faut mieux que tu parles à Kodlak si tu veux connaitre toute l'histoire. »
« Très bien je ne te poserai plus de questions. »
Il savait qu'Aela considérait les Compagnons comme sa famille et il n'était pas étonné de voir qu'elle ne lui faisait pas encore totalement confiance.
Tiens ça me rappelle…
« Juste pour savoir, l'offre de rejoindre les Compagnons est toujours disponible ?» Demanda-t-il.
Aela se contenta de sourire.
Quelques jours plus tard, au crépuscule, un couple d'individus montant Crin d'Ombre s'immobilisa non loin des écuries de Blancherive.
«On y est, tout le monde descend ! » soupira Raziel en sautant du cheval.
« Sacrée monture que tu as là. » Déclara Aela en flattant l'encolure de Crin d'Ombre qui souffla de plaisir avant de disparaitre.
« Qualité daedrique. »
Tandis qu'ils marchaient tranquillement vers le portail de la ville, Raziel se rendit compte d'un léger détail:
« Dis-moi on ne va pas avoir des problèmes avec les gardes pour entrer ? »
« Inquiet ? » Taquina Aela.
« Ce serait con que j'assomme des gardes pour mon premier jour, non ? » Rétorqua-t-il.
« Tais-toi et admire. »
Aela s'approcha du portail et héla un garde. À la seconde ou il la reconnut, il appela ses compagnons pour ouvrir les portes.
« Juste comme ça ? »
« Les Compagnons ont souvent aidé les gardes à se débarrasser de bandits, alors on s'entend plutôt bien avec eux. »
Une fois dans la ville, Raziel tenta de se rendre à l'auberge mais Aela le stoppa.
« Où tu crois aller ? »
« Ben dormir à l'auberge. »
« Tu voulais pas rejoindre les Compagnons ? »
« … Il doit être minuit. »
« Tu as encore beaucoup à apprendre sur ta future famille. Allez suis-moi. »
Aela guida Raziel jusqu'à Jorrvaskr, la salle de banquets des Compagnons. À l'origine le bâtiment avait été bâti avec deux antiques drakkars nordiques, mais il avait été agrandi par les différentes générations de Compagnons qui avaient creusé le sous-sol pour avoir plus d'espace. Alors qu'Aela s'apprêtait à entrer, Raziel remarqua la forge bâtie sur le promontoire rocheux au-dessus du bâtiment.
La Forgeciel, la forge ou ont été conçus les plus grands plastrons et lames. Avoir une arme forgée avec l'acier de la Forgeciel par le maitre Eorlund, c'est le rêve de tous les guerriers.
Raziel secoua la tête pour mettre fin à sa rêverie et rejoignit Aela au moment où elle ouvrait la porte.
« Je suis rentrée ! »
« Explose-le ! »
« Monte ta garde ! »
« Te laisse pas faire ! »
Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?
Raziel observa avec stupeur la scène qui se jouait devant lui : un elfe noir et une nordique s'affrontaient à coups de poings tandis qu'un petit groupe s'était rassemblé autour d'eux pour les encourager. Aela soupira.
Où est-ce que j'ai atterri ?
« Par Hircine ces deux crétins ont remis ça. » Grogna-t-elle d'un ton ennuyé.
« Ça arrive souvent ? »
« Les bagarres sont une chose normale à Jorrvaskr mais les combats entre Atis et Njada arrivent tellement souvent que c'est devenu un spectacle hebdomadaire. »
« Okay… Njada c'est la nordique qui est entrain de gagner ? » Demanda Raziel en retirant son masque.
Ouf ! Sacré direct du droit !
« Exactement. »
Au même instant, Atis, l'elfe noir, se prit un direct du gauche magistral dans sa mâchoire qui l'envoya au sol. Il resta allongé, assommé sur le coup. Tandis que le petit groupe de Compagnons rugissait, certain de joie d'autres de colère, un jeune nordique roux s'approcha de l'elfe vaincu pour l'aider à se relever. Raziel écarquilla les yeux en reconnaissant le jeune homme.
Erik ? Tiens donc j'avais pas revu ce gamin depuis que j'avais convaincu son père de le laisser devenir mercenaire.
« Hey ! Aela est de retour ! » S'écria une impériale.
Ria si je me rappelle bien.
« Qui c'est le buveur de lait ? » Demanda un gigantesque nordique borgne qui jeta un regard inquisiteur à Raziel.
Ce type a vu plus d'une bataille, il pue le sang.
« Une nouvelle recrue. » Annonça Aela, ce qui déclencha un torrent d'exclamations et de questions de la part des Compagnons.
« C'est la première fois que tu nous ramènes autre chose qu'un animal. Que devons-nous comprendre ?» Demanda le grand borgne un sourire aux lèvres.
« Tu as décidé de changer de type de chasse ? » Demanda Ria avec une moue amusée.
Je crois qu'on vient de démarrer une rumeur.
« Frères et sœurs, un peu de silence je vous prie. »
Les mots n'avaient même pas été criés, mais tous se turent immédiatement et se tournèrent vers celui qui avait parlé : un vieux nordique aux cheveux et la barbe blanchis par le passage du temps, un tatouage sur la joue gauche et un lourd marteau de guerre dans le dos. Raziel remarqua que ce n'était pas de la peur qui brillait dans le regard des Compagnons mais plutôt un mélange de respect et d'affection.
« Héraut. » Salua Aela avec un geste de la tête.
Voici donc le célèbre Kodlak Blancrin, le plus grand guerrier de la précédente génération.
Raziel examina curieusement le vénérable guerrier. Si la moitié des histoires qu'on racontait sur lui étaient vraies, cela signifiait qu'il avait devant lui le modèle que tous les combattants nordiques désiraient égaler.
« Ravi te revoir en bonne santé ma sœur. Et qui donc est ce jeune homme à tes côtés ? » Demanda Kodlak d'une voix calme.
« Je suis Raziel Vedgrohiik. » Répondit-il en inclinant la tête. « Et je souhaite rejoindre les Compagnons. »
« Mmm, laissez-moi vous regarder. »
Le vieil homme plongea ses pupilles dans celles de Raziel. Dans les yeux de l'ancien se cachait une grande sagesse, différente de celle de maître Arngeir mais toute aussi profonde. Face à un tel regard, le mensonge ou le déni étaient inutiles.
Ce type n'est pas devenu célèbre par hasard. Bon sang il dégage une aura monstrueuse alors qu'il est au crépuscule de sa vie. Je me demande à quoi il ressemblait dans sa jeunesse.
« Pourquoi pas ? Je sens une grande force en vous. »
« Maître vous n'y pensez pas ! » Intervint un jeune nordique aux cheveux noirs et aux yeux peints de la même couleur.
« Je ne suis le maître de personnes Vilkas. Et aux dernières nouvelles Jorrvaskr accueille toujours ceux dont le cœur brûle d'un feu dévorant. »
« Mes excuses. Mais ce n'est peut-être pas le bon moment. Je n'ai jamais entendu parler de cet homme. »
Raziel grinça des dents en entendant les paroles de Vilkas.
Si tu avais entendu parler de moi avant c'est que je faisais mal mon boulot.
« De grands guerriers viennent parfois nous voir. Mais des femmes et des hommes en quête de leur propre grandeur viennent aussi. Nous ne faisons aucune différence entre eux. Ce qui importe c'est leur cœur. »
Pas de discrimination ? Intéressant.
« Et leurs bras. »
Merci de pointer l'évidence.
« Bien sûr. Dites-moi Raziel comment vous défendez vous ? »
« Je ne pense pas que des mots suffiront à vous convaincre, n'est-ce pas ? »
« Bien dit, c'est ça l'esprit ! Que diriez-vous d'un petit duel avec notre cher Vilkas, qu'il puisse jauger votre niveau ? »
« Avec grands plaisir. » Déclara Raziel froidement.
Un cercle se forma aussitôt entre les deux combattants. Vilkas était armé d'une épée à deux mains tandis que Raziel avait ses glaives en ébonites.
Pas de Thu'um, ni d'arc magique cette fois.
« Le premier à blesser l'autre l'emporte. Et au cas où je vous rappelle qu'il ne s'agit pas d'un duel à mort. » Annonça Kodlak. « Que le meilleur l'emporte ! »
À La seconde où Kodlak eu finit sa phrase, Raziel attaqua avec l'intention d'en finir en un seul coup mais à sa grande surprise Vilkas para et contre-attaqua dans le même mouvement. Raziel esquiva la claymore du compagnon in-extremis et se remit en garde un sourire amusé sur les lèvres.
Et moi qui avais peur de commettre une erreur en rejoignant les Compagnons ! Ce gamin est aussi fort que moi. Enfin un défi stimulant !
Raziel se jeta un nouveau sur Vilkas leurs lames se croisant avec une violence inouïe, faisant pleuvoir des étincelles. Si au début les Compagnons avaient encouragé les combattants, désormais seul le bruit des lames s'entrechoquant résonnait dans Jorrvaskr tandis que les guerriers observaient avec un silence respectueux le duel de haut niveau qui se jouait devant eux. Raziel remarqua un changement dans le comportement de Vilkas. L'épéiste qui avait était plein de morgue avant désormais avait les yeux qui brillaient d'un nouveau respect.
Il a compris qu'il m'avait sous-estimé.
Alors que le combat durait depuis plus d'une quinzaine de minutes, Kodlak finit par intervenir voyant qu'aucun des combattants ne parvenaient à prendre le dessus.
« Il suffit ! » Les deux guerriers stoppèrent leurs assauts et jetèrent un regard curieux au héraut des Compagnons. « Dis-moi Vilkas pense tu encore que ce n'est pas le bon moment pour qu'il nous rejoigne ? »
« Mes excuses Héraut, j'avais tort. Raziel je suis désolé de t'avoir insulté mon arrogance m'a aveuglé. » Répondit Vilkas en tendant sa main.
« Il n'y pas de mal et j'avoue que notre petit duel m'a encore plus donné envie de rejoindre les Compagnons. » Répondit Raziel en serrant la main de son adversaire.
« Ah je t'aime bien le bleu ! » Rugit le nordique borgne.
« Bien alors c'est décidé. Raziel avant que tu ne rejoignes officiellement les Compagnons il reste une dernière formalité. » Prévint Kodlak.
« Comment ça ? »
« C'est simple les nouvelles recrues doivent passer un test avec un membre du cercle. Une fois ce test réussi tu seras un membre de notre famille. »
Ils ont vu que je savais me défendre mais ils veulent voir comment je me débrouille en situation réelle.
« Quel genre de test ? »
« Simple il te suffit de réussir un contrat. Et soyons honnête si tu as pu rivaliser avec Vilkas tu te débrouilleras sans le moindre problème. »
« Attendez-vous voulez dire… »
« Vilkas est l'un de nos meilleur guerriers et il est aussi un membre du cercle. »
Je comprends mieux le grand silence pendant le duel.
«Mais passons. Ce soir, nous festoyons ! »
Avec un rugissement de joie les Compagnons embarquèrent un Raziel médusé jusqu'à la table de banquet pour fêter la venue du futur compagnon. Pendant la fête improvisée Raziel pu faire connaissance avec les autres membres de l'organisation: il y avait bien sûr Vilkas et son frère jumeaux Farkas qui, s'ils étaient semblable physiquement, étaient comme le jour et la nuit au niveau mental; le nordique borgne Skjor qui semblait avoir du mal à se rappeler les noms et avait appelé Raziel le bleu, Aela (évidemment) et Kodlak Blancrin, le héraut.
Ensuite venaient les autres Compagnons qui étaient un sacré ramassis de fou dangereux: il y avait Ria, une jeune impériale qui idolâtrait Aela et qui semblait avoir une dent particulière contre les ours, Atis, un elfe noir avec un caractère sombre et un penchant pour le mélodrame, Torvar probablement l'homme ayant la plus faible résistance à l'alcool que Raziel ait jamais vu, Njada Bras de fer qui avait prouvé mériter son nom un peu plus tôt tout en ayant un caractère plus changeant que les vents de Bordeciel, et finalement Erik, qui avait parcouru un sacré chemin depuis l'époque où il plantait des radis et cultivait du blé pour son Père.
Erik la main verte et devenu Erik le massacreur. Amusant qu'il ne m'ait pas reconnu… Une seconde, j'avais mon masque quand je l'ai rencontré?
Il y avait d'autres individus qui sans être des Compagnons actifs n'en étaient pas moins des membres de la famille : la vielle Tilma une servante qui s'occupait des guerriers comme une véritable mère depuis si longtemps que même Kodlak ne se souvenait pas de Jorrvaskr sans elle. Il y avait aussi Eorlund Grisetoison, le forgeron attitré des Compagnons, le barde Jon Guerrier-né et Vignar Grisetoison chef du clan Grisetoison et le plus vieux des Compagnons encore vivants à ce jour.
Après plusieurs heures de célébrations bien arrosées, Raziel se retrouva à aider Skjor à mettre au lit les autres Compagnons qui, à l'exception d'Aela et de Kodlak, étaient tous ivres morts.
Et ben... par comparaison la Confrérie Noire et la Guilde des Voleurs ont l'air de dépressifs narcoleptiques.
« Merci du coup de main le bleu. » Grogna Skjor en laissant tomber Torvar sur un lit.
« Pas de quoi. » Répondit Raziel en posant Ria qui marmonnait dans son sommeil. « Euh juste une petite question : je dors où ? »
« Choisis un lit libre dans le dortoir et affale toi dessus. Seules les chambres des membres du cercle sont interdites. » Raziel remarqua qu'à peine la moitié des chambres étaient occupées.
« Pourquoi plusieurs chambres sont vides ? » La question fit grincer Skjor des dents.
Mauvais souvenir je présume.
« C'est simple il y a plus de chambres que de membres du cercle. La précédente génération a connu des coups durs et on commence à peine à s'en remettre. »
« Je comprends. Bonne nuit Skjor. »
« Bonne chance le bleu. » Répondit le borgne avec un grand sourire amusé.
Bonne chance ? Pourquoi bonne chance ?
Se demanda Raziel en se laissant tomber dans un lit. Le matin suivant, Raziel avait saisi toute la portée de l'avertissement de Skjor. Il laissa tomber sa tête sur la table du banquet que Tilma avait nettoyée - allez savoir quand - avec un soupir exténué.
« Mal dormi ? »
Il releva la tête pour voir Aela qui le regardait avec un air amusé.
« Salut, chasseresse. » Marmonna-t-il faiblement.
« Laisse-moi deviner: c'est à cause de Torvar. »
« Comment un homme peut-il ronfler aussi fort et comment les autres arrivent à dormir avec lui ? » Grogna Raziel.
« Et bien ils étaient bourrés. »
« Tu marques un point… »
« Tu caches bien ton jeu tu sais. »
« Pardon ? »
« A part moi, Kodlak et peut être Skjor personne n'a vu que tu te retenais lors de ton duel. »
Tiens donc ils l'avaient remarqué.
« Le Héraut a bien précisé qu'il ne s'agissait pas d'un combat à mort. »
Je vais pas commencer à tuer mes camarades ce serait con.
« Si cela avait été un véritable duel tu penses que tu aurais gagné ? »
Bonne question… J'ai pas utilisé le Thu'um ni Vedshul mais ce gamin n'essayait pas sérieusement de me tuer non plus.
« Probablement mais je ne m'en serais pas sorti indemne. » Aela parut satisfaite de sa réponse.
« Faudra qu'on aille chasser ensemble un de ces jours. »
« Avec plaisir. » Sourit Raziel.
Les deux trinquèrent avec leurs chopes d'hydromel.
« Ah Raziel te voilà. »
Aela et Raziel se tournèrent pour faire face à Kodlak qui était accompagné de Farkas.
« J'ai discuté avec Skjor et nous avons trouvé une mission adéquate : un érudit nous a fourni la localisation d'un des fragments de Wuuthrad dans une ruine nordique, toi et Farkas allez le chercher. »
Raziel et Aela manquèrent de s'étouffer en entendant cela.
« Comment diable un fragment de la hache d'Ysgramor a atterri là-bas ? » Demanda Raziel.
« Aucune idée, mais nous sommes les héritiers de ses traditions et des cinq-cents Compagnons des origines. Restaurer la hache du premier roi des hommes et notre vœu le plus chère. Ainsi nous pourrons retrouver un peu de notre passé perdu. » Soupira Kodlak en jetant un regard triste sur le mur au fond de Jorrvaskr.
Là, attachés sur une sorte de râtelier, se tenaient les quelques morceaux de Wuuthrad que les Compagnons avaient accumulés au fil des siècles.
« Je suis prêt à partir. » Grogna Raziel avec détermination.
Pour une fois il allait faire une mission pour une cause en laquelle il croyait et il devait avouer qu'il adorait ce changement.
« Alors allons-y frère d'armes ! » S'exclama joyeusement Farkas en empoignant le bras de Raziel. « Direction le Cairn des poussiéreux. » Annonça-t-il en l'entraînant avec lui.
« Hé doucement ! »
Kodlak regarda le duo partir avec un sourire amusé.
« Ah la fougue de la jeunesse. Dis-moi Aela tu as remarqué la lueur dans le regard de Raziel ? »
« La lueur ? »
« Oui lorsqu'on a mentionné Ysgramor, son regard s'est empli de respect. Je pense qu'inconsciemment il a pris Ysgramor comme modèle et qu'il juge ses actions comme il pense qu'Ysgramor les jugerait. »
Aela cligna des yeux, comme toujours elle était stupéfaite par la capacité qu'avait Kodlak de lire dans les gens comme dans un livre ouvert.
« Si c'est vrai, alors il était destiné à devenir un Compagnon. »
« C'est rare de t'entendre parler ainsi Aela. »
« … »
« Aela ? »
« Hérault je suis désolée ! Je viens de me rendre compte que j'ai oublié de mentionner une chose extrêmement importante par rapport à Raziel. »
« Que veux-tu dire ma sœur ? »
« Il est lycan comme moi et Skjor. »
Kodlak fronça les sourcils en apprenant la nouvelle, plus par surprise que par déplaisir.
« Mmm il va falloir que j'en parle à Skjor et Vilkas. »
« Ne devrions-nous pas arrêter la mission ? » Demanda Aela.
« Le jeune Raziel n'est pas une recrue comme les autres il pourra gérer les problèmes s'ils surviennent. »
« Mais si Farkas se transforme ? En sentant l'odeur de Raziel il risque de perdre le contrôle. Vous savez comme moi que Farkas et celui qui contrôle le moins bien la bête. »
« Aela tu as affronté Raziel sous forme bestiale n'est-ce pas ? »
Kodlak fixa le visage de la chasseresse pour examiner ses réactions .
« Oui Héraut. »
« Alors qu'en penses-tu ? »
« Raziel est aussi fort que moi ce qui veut dire qu'il est capable de vaincre Farkas… »
« Mais ? »
« Mais il ne se battra pas pour tuer et en voulant neutraliser Farkas sans le tuer il risque de commettre des erreurs. »
Kodlak réfléchit un instant avant de soupirer.
« D'accord Aela, veille sur eux de loin, mais n'intervient que si Farkas perd le contrôle. »
« Merci Hérault. »
Alors qu'Aela partait, Kodlak repensa à la venue de Raziel.
« Un homme tourmenté à la recherche de son identité… juste comme je l'ai vu dans mes rêves. Est-ce le destin ou une simple suite de coïncidence ? » Murmura le vieux guerrier pour lui-même.
Le trajet fut rapide pour Farkas et Raziel.
« J'arrive pas à croire qu'il y ait une telle ruine a moins d'une demi-journée de marche de Blancherive ! » Grogna Raziel en examinant l'entrée du tertre.
« La zone grouille de bandits et de géants alors personnes ne vient ici. » Déclara Farkas en haussant les épaules. « Prêt à massacrer des draugrs ? »
« Avec joie frère d'armes. »
Ils pénétrèrent la crypte et immédiatement Raziel comprit que quelque chose clochait.
« Qu'est-ce que ce matériel de minage fout là ? » Grogna-t-il en posant ses mains sur les poignées de ses épées.
« On dirait que quelqu'un à creusé récemment. » Remarqua Farkas en faisant de même.
« Pas de sang, donc soient ils sont partis soient ils sont entrés dans les ruines. »
« On ne le saura jamais si on reste plantés là. » Déclara simplement Farkas en avançant.
Ouais ça pue le piège cette histoire.
Ils dégainèrent leurs armes et avancèrent prudemment. À chaque nouvelle salle qu'ils découvraient, ils trouvaient des corps de draugrs réduits en pièces, mais rien d'autre. Ils finirent par arriver dans une salle circulaire où leur progression fut stoppée par une herse barrant le passage.
« Il doit y avoir un mécanisme quelque part. » Soupira Raziel en regardant autour de lui.
Dans le pire des cas j'utiliserais le Thu'um pour ouvrir la route.
« Séparons-nous pour le trouver. » proposa Farkas.
Raziel regarda autour de lui et remarqua une petite alcôve avec un levier à l'intérieur.
« Farkas j'ai trouvé. »
Le lycan s'approcha et examina les parois autour.
Pas de trous suspects, pas de déclencheurs étranges ou d'inscription ésotérique… Ça devrait être sûr.
Il tira sur le levier. Avec un grincement la herse qui bloquait le passage se releva mais malheureusement une deuxième herse se déploya piégeant Raziel. J'y crois pas, je me suis fait avoir comme un bleu !
« Ah tu as l'air malin comme ça ! » Plaisanta Farkas en regardant Raziel qui se contenta de jurer dans sa barbe.
Soudain l'assassin plissa les yeux.
C'est moi ou quelque-chose vient de bouger ?
« Ne bouge pas je vais voir s'il y a un deuxième mécanisme... » Raziel écarquilla les yeux en voyant des silhouettes humanoïdes apparaître.
« Farkas c'est un piège ! »
Trop tard. Une quinzaine d'ennemis surgirent de nulle part et encerclèrent Farkas. Leurs membres comportaient des humains mais aussi des orcs et des Khajiits. Au vu de leurs armures ont aurait pu les confondre avec de simples voleurs, mais leurs armes contaient une toute autre histoire. Il n'existait qu'une seul organisation en Bordeciel qui fournissait des armes en argent à ses membres et les couvrait d'une main blanche comme symbole: la Main d'Argent.
Contrairement à la Garde de L'Aube qui chassait seulement les vampires s'en prenant aux humains et autres races de Tamriel, la Main d'Argent profitait de leur soi-disant mission sacrée pour piller tous ceux qui entretenaient un lien avec un loup-garou. Il suffisait qu'un lycan s'arrête dans une auberge pour qu'ils pillent l'auberge sous prétexte qu'elle avait hébergé aidé un monstre. Heureusement ils ne disposaient pas du soutien populaire et officiel de la Garde de L'Aube et comme les lycans ne chassaient pas les humains, son influence avait toujours été de second ordre. Mais malgré ça beaucoup de lycans avait été assassinés par ces ordures sans même savoir pourquoi.
Putain de racistes illettrés ! Pourquoi sont-ils là ? Sont-ils là pour moi ? Attends… l'érudit qui a trouver le fragment est allé les voir les Compagnons ce qui veut dire qu'ils voulaient piéger des membres des Compagnons ! Aela me doit une explication et une bonne !
Les membres de la main d'argent commencèrent à se rapprocher de Farkas qui se retrouva vite collé à la herse qui piégeait Raziel. Les bandits commencèrent à railler les deux hommes tout en se rapprochant.
« Et bien et bien qu'avons-nous là ? »
« Qu'est-ce qu'on fait de l'autre ? »
« Krev a dit pas de témoins. »
« Réjouissez-vous Compagnons, le récit de votre mort fera une belle histoire. »
« Vous aurez du mal à la raconter si vous êtes morts. » Rit Farkas avec assurance.
Ce qui s'ensuivit laissa Raziel sans voix. Farkas se transforma en loup-garou et commença à hacher menu les bandits. Mais quelque chose clochait: au lieu d'être rassuré par le changement de situation le lycan sentait un frisson glacé lui parcourir l'échine.
Pourquoi j'ai cette impression de faux en le regardant.
Avec un hurlement déchirant le dernier membre de la Main d'Argent fut tranché en deux par les griffes de Farkas.
Et bien ça a été rapide !
Le loup-garou se tourna alors vers Raziel.
« Farkas ? »
La bête rugit et fonça contre la herse la percutant de plein fouet faisant grincer le métal. Raziel alla s'asseoir tranquillement au fond de sa cage tandis que Farkas s'acharnait sur la herse. Il plongea son regard dans les yeux de la bête et n'y trouva rien d'humain. Juste de la folie et une insatiable envie de tuer.
J'ai entendu parler de loups-garous perdant le contrôle après un fort choc émotionnel, mais jamais en se transformant normalement… Bon j'espère que le Thu'um ne le tuera pas.
Soudain la herse céda libérant le passage. Raziel dégaina aussitôt ses lames, prêt à affronter Farkas mais ce qui s'ensuivit fut bien diffèrent de ce à quoi il s'attendait. Farkas poussa un hurlement de douleur et s'écroula sur le sol en commençant à convulser. Avant que l'assassin ait pu comprendre ce qui venait de se passer Farkas venait de retrouver sa forme humaine.
« Farkas ? »
« Raziel ? Talos soit béni tu es vivant ! J'ai cru perdre le contrôle au pire moment.» Soupira le nordique de soulagement.
« Farkas c'était quoi ce bordel ? »
« C'est une malédiction qui frappe certains membres du cercle. Si tu veux connaitre toute l'histoire tu devrais demander à Kodlak ou à Vilkas. »
Génial encore plus de questions sans réponses !
« Mmh… d'accord. »
Farkas sembla étonné de voir si peu de réaction de la part de Raziel.
« Tu n'es pas effrayé ? »
Raziel manqua d'éclater de rire en entendant une telle question.
Oh Farkas si tu savais…
« Farkas les trucs de lycans et de vampires c'est mon pain quotidien alors tu penses qu'il faut plus qu'un homme qui se transforme en loup pour m'effrayer. »
« Eh, eh on croirait entendre Skjor. » Dit le grand guerrier en riant.
Une fois que Farkas se fut rhabillés le duo continua à avancer dans les ruines.
Étrangement la suite des ruines fut plutôt calme, les hommes de la Main d'Argent ayant éliminé tous les draugrs et désamorcé tous les pièges. Mais malheureusement ces ruines abritaient autre chose que des pièges et des zombies aux yeux bleus.
« Euh Raziel tu as vu la taille de ces toiles d'araignées ! » Grogna Farkas en tranchant les fils collants d'un coup d'épée.
« J'ai vu ça doit grouiller de givrépeires. » Soupira Raziel en brûlant les toiles avec la torche qu'il avait ramassée sur le corps d'un membre de la main d'argent.
« … »
« Farkas tu va bien ? » Demanda l'assassin en voyant son compagnon étonnamment pâle.
« J'ai comme qui dirait un problème avec les araignées. » Marmonna Farkas en resserrant sa prise sur sa claymore.
Arachnophobie ? Ma foi on a tous nos faiblesses.
« … J'ai compris je passe devant. » Soupira Raziel.
Après avoir éliminé les araignées et foutu le feu aux nids à coups de torche, le duo continua sa route. Ils finirent par arriver à une porte en métal noir qui semblait être le dernier obstacle avant d'arriver au fragment de Wuuthrad.
« C'est bizarre… » Marmonna Raziel pour lui-même.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Pourquoi diable la Main d'Argent se serait fait chier a désamorcer tous les pièges pour s'arrêter face à une petite tanière d'araignées? » Farkas haussa les sourcils en voyant ou son compagnon voulait en venir.
« Il manquait peut-être de temps ou alors ils étaient arachnophobes. » Proposa-t-il. Raziel secoua la tête, incertain.
« Peut-être… »
Farkas s'approcha, tenta d'ouvrir la porte et grogna de surprise.
« C'est étrange… Il n'y pas de serrure ou de poignée. Au lieu de ça il y a des trucs inscrits dans le métal. »
C'est peut-être la clé.
« Laisse-moi voir… Par Hircine c'est du draconique ! » S'étonna Raziel en reconnaissant les signes qu'il avait étudiés chez les Grises-barbes.
« Tu peux le lire ?! » demanda Farkas, les yeux écarquillé de surprise.
« Oui laisse-moi quelques minutes… 'frapper pour entrer' ? »
Sérieusement ?
Farkas donna deux coups secs à la porte qui s'ouvrit aussitôt. Les deux Compagnons restèrent immobiles un instant, se demandant si ce n'était pas un rêve.
« C'était… étrange. » Marmonna Farkas.
« Récupérons le fragment et tirons-nous d'ici. » Grogna Raziel .
Le duo entra dans une salle en U au fond de laquelle se trouvait un mur de mots avec devants une tombe et une table d'offrande et sur la table se trouvait le fragment de Wuuthrad. Alors que Farkas allait récupérait le fragment Raziel examina le mur de mots.
Het mah Herfodr Shul-Kriid, sahrot konahrik do lumnaar do Krent Hahnu.
« Ici périt Herford le tueur de soleil, puissant seigneur de guerre de la vallée des rêves brisés. » Murmura Raziel pour lui-même. L'histoire a peut-être perdu toute trace du lui mais son tombeau a survécu au passage des millénaire.
Soudain un bruit sourd se fit entendre tandis que les tombes s'ouvraient laissant sortir une flopée de draugrs. « Et voilà les zombis. » Soupira Raziel, à peine surpris.
« Forcement ce serait trop facile sinon ! » Rugit Farkas.
Raziel fit siffler son épée et trancha la tête d'un draugr tandis que Farkas faisait voler sa gigantesque claymore comme si elle ne pesait rien, pulvérisant la chair corrompue de leurs assaillants. Les draugrs avaient beau être des ennemis coriaces, une fois qu'on savait qu'il fallait viser leur tête pour les tuer définitivement, ils devenaient un simple contretemps pour des guerriers chevronnés. De plus les seules choses exceptionnelles chez eux étaient leur résistance et leur endurance, il était simple de les dépasser en vitesse. Mais la véritable raison pour laquelle les draugrs étaient craints n'était pas leur force individuelle, mais leur nombre.
Après une quinzaine de minutes Raziel en eut assez d'utiliser ses épées et voyant qu'il restait encore une vingtaine de draugrs décida d'utiliser les grands moyens pour finir la bataille.
« FUS RO DAH ! »
Le Thu'um généra une vague d'énergie qui propulsa tous les draugrs dans un coin. Mais malheureusement pour eux Raziel n'avait pas fini:
« YOL TOOR SHUL ! »
Le torrent de feu incinéra les malheureux zombies, mettant fin au combat et ne laissant que des petits tas de cendres des morts-vivants.
« Tu utilises le Thu'um ? Mais comment ? » S'étrangla Farkas.
« J'ai étudié chez les Grises-barbes. » Expliqua Raziel en rengainant ses épées d'un geste fluide.
« Ah bon ? C'est rare qu'ils acceptent des étudiants. » Raziel grinça les dents, dans le pire des cas ce n'était pas grave si les Compagnons devinaient qu'il était Dovahkiin mais il préférait rester dans l'anonymat autant que faire ce peut.
« Et regarde un passage est apparu ! »
Raziel cacha un soupir de soulagement.
Dieu merci l'innocence de Farkas va m'éviter de donner des explications.
Au même instant un grondement sourd retentit et les murs commencèrent à trembler. Raziel et Farkas se regardèrent, comprenant avec horreur ce qui était en train de se produire
« Euh je crois qu'on devrait courir. »
« Non tu crois ? »
Le duo fila à toute vitesse alors que les ruines millénaire commençaient à s'écrouler autour d'eux. Heureusement le passage qu'il venait d'emprunter menait directement à l'air libre. Ils plongèrent en voyant la sortie du cairn tandis qu'au même instant le passage s'écroulait derrière eux.
« Pfiou les autres nous croiront jamais lorsqu'on va leur raconter ça ! » Grogna Raziel en se relevant.
« Et bien mission accomplie ! » S'écria joyeusement Farkas.
Alors que le duo repartait vers Blancherive, Raziel sentit une présence non loin qui semblait les suivre. Il sourit en reconnaissant l'odeur d'Aela.
J'en connais une qui était inquiète pour nous.
Il ne fallut que quelques heures à Raziel et Farkas pour regagner Blancherive. À peine mirent-ils le pied dans le quartier des nuées que Vilkas surgit de nulle part.
« Nous vous attendions. » Annonça-t-il avec un air grave.
« Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda Raziel.
Il remarqua que Farkas ne semblait absolument pas étonné de voir que son frère les attendait.
« Suivez-moi. » Se contenta de dire Vilkas.
Ils l'accompagnèrent jusqu'à la zone d'entrainement installée dans la cour de Jorrvaskr. Avec surprise, Raziel constata que le Cercle des Compagnons s'était réunis, tandis que les autres membres observaient la scène de loin. Une fois que Vilkas et Farkas eurent rejoint le petit groupe, Kodlak fit signe à Raziel de se placer devant eux.
« Frères et sœur du cercle nous accueillons aujourd'hui une nouvelle âme parmi les Compagnons. Raziel Vedgrohiik a été mis à l'épreuve, a relevé les défis et prouvé sa valeur. Qui parlera pour lui ? »
Ah j'ai compris, c'est un rituel d'intronisation.
« Je suis témoin du courage de cette âme. » Répondit Farkas avec un calme absolu.
« Élèveriez-vous votre bouclier pour le défendre ? »
« Je couvrirais ses arrières afin que le monde ne nous surprenne jamais. »
« Et élèveriez-vous votre épée en son honneur ? »
« Il est prêt à faire couler le sang de ses ennemis. »
« Et élèveriez-vous votre chope en son nom ? »
« J'entonnerai le chant du triomphe quand notre salle de banquet résonnera de ses histoires. »
« Dans ce cas l'avis du cercle est rendu. La furie et le courage font battre son cœur comme elles unissent les Compagnons depuis l'époque des anciens solstices. Laissons-le battre à l'unisson des nôtres, que les montagnes renvoient leurs échos et fassent trembler nos ennemis. »
Je me demande s'ils ont totalement improvisé ça ou si c'est le même rituel depuis l'époque d'Ysgramor ?
« Qu'il en soit ainsi. » Dirent les membres du cercle à d'une même voix.
À la seconde où la sentence tomba les autres Compagnons se jetèrent sur Raziel et le soulevèrent joyeusement.
« Hourra pour notre nouveau frère d'armes ! » Rugit Ria tandis que Torvar, Atis et Njada saisissaient le malheureux lycan avant de l'envoyer en l'air en hurlant.
La fête qui s'ensuivit fit passer les célébrations des jours précédents pour une simple buverie. L'alcool coula à flots tandis que Farkas et Raziel racontaient leurs aventures (en omettant volontairement la transformation en loup-garou de Farkas.). Et Raziel se retrouva à faire une démonstration du Thu'um devant un auditoire médusé.
Arngeir aurait une attaque s'il savait comment j'utilise la Voix.
La soirée passa dans la joie et la bonne humeur jusqu'à ce que les seuls encore sobre soient Aela, Skjor, Raziel et Kodlak. Les autres étant éparpillés un peu partout dans la salle de banquet. Raziel s'approcha du Héraut. Maintenant que tous les autres étaient endormis, il allait obtenir des réponses.
« Héraut puis-je vous poser une question ? »
« Bien sûr. »
« Durant notre mission, nous avons mentionné avoir été attaqués par des membres de la Main d'Argent mais on a omis de préciser que Farkas ne les avait pas massacrés avec son épée. Je l'ai vu se transformer en loup-garou mais sa transformation est différente de celle des lycans. » L'expression de Kodlak s'emplit de tristesse.
« Ah tu es donc au courant pour la malédiction. »
« Je sais simplement qu'il y a une malédiction, c'est tout. »
« Et bien je pense que tu mérites une explication. Avant de commencer j'aimerai te prévenir que les membres du cercle sont au courant que tu es un lycan. »
Pas étonnant, Aela a dû lui dire.
« De plus sache que Aela et Skjor sont eux aussi des lycans. » Raziel cligna les yeux de surprise, il était au courant pour Aela mais le fait que Skjor soit un lycan le surprenait vraiment. « Alors passons aux explications: le précédent Héraut était un homme bon mais extrêmement naïf lorsque des sorcières du Coven de Glenmoril lui ont proposé un pacte pour donner plus de force aux membres des Compagnons il a accepté. »
Nous y voilà.
« Elles ont transformé les Compagnons en lycans ? Mais c'est une prérogative d'Hircine ! »
Impossible que de simples sorcières aient pu copier le pouvoir d'un daedra.
« Exact, le sort nous a transformés en bêtes mutantes incapables de raisonner et avides de sang. Mais nous avons eu de la chance, le seigneur de la chasse fou de rage de voir un tel blasphème à lancé une chasse sauvage contre les sorcières mais le temps que les chasseurs arrivent elles avaient disparu ne laissant derrière elles que les membres de Compagnons dévorés par la folie. Par le plus grand des hasards les chasseurs d'Hircine ont découvert que lorsqu'un mutant buvait le sang d'un pur lycan cela stabilisait les transformations permettant un certain contrôle de la malédiction. Après que les Compagnons aient été soit tués ou stabilisés, la plupart des chasseurs ont continué à poursuivre les sorcières mais certains comme les parents d'Aela et Skjor ont choisi de rester parmi les Compagnons pour les aider à se faire à leur nouvelle nature. Aujourd'hui, trente-cinq ans après, les sorcières ont toujours disparu et aucun remède n'a été trouvé. »
Je comprends mieux de quoi parlait Skjor en disant que la précédente génération des Compagnons avait énormément souffert. Mais il y un truc qui me chiffonne.
« Pourquoi vouloir un remède si le sang a stabilisé les mutations ? »
« La malédiction a un autre effet: l'esprit bestial qu'elle crée corrompt l'âme de ceux qu'elle touche et donc l'accès non seulement à Sovngarde mais aussi au terrain de chasse d'Hircine. Les âmes sont alors condamnées à errer et le seul moyen de les libérer est de briser la malédiction. » Expliqua Kodlak, les yeux perdus dans le vide.
« Si j'ai bien compris il ne reste aujourd'hui que vous et les jumeaux n'est-ce pas ? » Raisonna Raziel.
Bon dieu quel âge avaient Vilkas et Farkas à cette époque ? Deux, trois ans ?
« Oui les autres sont morts. Certains naturellement, d'autres en combattant, d'autres encore ont succombé à la folie et ont été tués avant de s'en prendre à des innocents. »
Raziel fut profondément choqué par le malheureux destin des Compagnons. Être un lycan était pour lui une bénédiction et qu'une bande de saloperies de sorcières aient commis le sacrilège de corrompre un tel don faisait bouillir son sang.
« Je ne sais pas si je serai d'une grande aide mais vous pouvez compter sur moi Kodlak. » Déclara-t-il d'un ton froid sans chercher à cacher sa colère.
« Merci Raziel. »
« C'est noble de ta part le bleu. » Marmonna Skjor en prenant une gorgée supplémentaire d'hydromel.
« Et bien avant d'aller mettre tous ces enfants dans leurs lits je propose un dernier toast. » Déclara Aela en levant son verre. Les autres guerriers l'imitèrent en souriant.
Jolie manœuvre pour alléger l'atmosphère Aela.
« Au nouveau membre de notre famille ! »
« HOURRAH ! » Rugirent les Compagnons, leurs cris raisonnant dans la salle des banquets de Jorrvaskr.
Famille… j'aurais jamais cru en gagner une.
