Et voici un nouveau chapitre

Enfin une affaire pour Kate et une journée shopping pour Rick!

Bonne lecture à tous!


Chapitre 10 : Cadavres et shopping

Il ne restait plus que deux jours avant la fameuse soirée du procureur et elle n'avait toujours pas la moindre idée de ce que son amant préparait. Elle ne le lui avouerait jamais, mais même si cela l'inquiétait un peu, cela l'excitait surtout beaucoup. Elle répartit donc pour une nouvelle journée de travail laissant à Castle le soin de s'occuper du ravitaillement puisque la veille il avait encore totalement zappé le sujet. Il en avait été quitte pour un restaurant et la menace de devoir s'en occuper seul jusqu'à la fin des temps si au moins trois boîtes de conserves et un minimum de produits frais ne garnissaient placards et frigos à son retour. Elle savait déjà qu'il n'y aurait pas plus de trois boîtes dans les placards et sans doute un congélateur plein de crème glacées...Il était incorrigible et c'est cela qu'elle aimait en lui.

Dans l'ascenseur elle pensait à son boulot. Elle espérait qu'une enquête arriverait très vite car elle n'avait aucune aptitude pour jouer les rats de bibliothèque. La veille déjà, elle avait sérieusement pensé mettre le feu à la pile de dossiers qu'on lui avait confié mais un incendie au milieu de son bureau 3 jours après son arrivée manquait vraiment de sérieux, personne ne croirait à la version de l'accident. Elle n'avait plus qu'à espérer que, comme le lui avait dit le procureur, ces périodes sans cas à traiter soient plus l'exception que la règle. C'est sur ces pensées qu'elle se mit au volant de son4X4 et se lança dans les embouteillages matinaux enviant Castle encore en peignoir devant son café.

De son côté Rick avait une journée plus que chargée. La veille il s'était laissé emporter par ce que sa mère qualifiait invariablement de fièvre créatrice quand elle avait un auditoire, mais qu'entre quatre yeux elle appelait le syndrome de la couleuvre, histoire de lui remettre les pieds sur terre. Certes il devait faire les courses. il avait cru comprendre que remplir sa part des tâches ménagères lui éviterait quelques prises de bec et qu'il ne s'en tirerait pas toujours avec une réservation au restaurant et un sourire niais. Mais il avait la technique, après tout il faisait ça depuis vingt ans et le quotidien du loft était bien rôdé. Comme à son habitude , il expédia donc la corvée des courses de façon moderne en commandant tout ce dont ils avaient besoin sur internet, tout en prenant bien soin de ne pas avoir plus de trois boîtes de conserves dans son panier virtuel. Techniquement elle lui avait donné une sorte de liste en disant ça et il avait une réputation à tenir auprès d'elle. Il n'y avait pas à dire c'était pratique. Tout serait livré en fin d'après-midi.

Mais son programme ne s'arrêtait pas là et il avait pas mal de choses à faire. Depuis la conversation de l'autre nuit Castle avait les yeux qui brillaient. Jamais il n'aurait cru que sa compagne serait aussi facile à convaincre et il était persuadé que ce à quoi il pensait allait lui plaire. Mais pour cela il allait devoir aller acheter quelques accessoires. Il ne lui restait plus qu'à trouver la boutique ad hoc, il devait bien y avoir un quartier spécialisé dans cette ville. Une nouvelle virée sur le web lui apporta tous les renseignements dont il avait besoin. Il voulait aussi savoir à quel endroit se situaient les galeries d'art. Il ne l'avait pas dit à Kate mais la déco froide et fonctionnelle de l'appartement allait le déprimer rapidement. Une fois sa tournée finie, il était destiné à passer ses journées en face de ces murs blancs et il sentait que ça n'allait pas lui convenir très longtemps en l'état. Il décrocha donc son téléphone pour joindre Frank le chasseur du Holliday inn Washington-Capitol. C'était l'avantage des abonnements VIP de ce genre d'établissement, même quand vous n'y séjourniez pas vous pouviez utiliser leurs services. Il ne pouvait décemment pas lui demander l'adresse du quartier chaud de Washington au risque de se retrouver avec un paparazzi en planque à l'arrivée mais une galerie d'art il n'y avait pas mort d'homme. Il lui demanda aussi de lui faire venir une voiture de location puis de le mettre en relation avec un caviste et une société de services pour qu'il puisse engager une femme de ménage. Une heure plus tard il avait organisé son quotidien comme à New-York. La femme de ménage passerait deux mâtinées par semaine et on devait lui livrer le lendemain une sélection de vins français en blanc et rouge. Manquait plus que la Xbox, mais il s'en occuperait dans la journée quand on lui aurait amené sa voiture. Kate allait sûrement le traiter de millionnaire capricieux avant de lui arracher les yeux mais depuis qu'il avait vu Iron Man il voulait absolument conduire l'Audi R8. Ce petit plaisir avait commencé à faire chauffer sa Visa Black Infinite, mais comme il n'y avait pas de plafond il pourrait s'en donner à cœur joie chez les marchands d'art. Restait à patienter jusqu'en fin de mâtinée pour avoir son bolide, mais il était heureux.

En attendant il organisa son plan de bataille. Il n'aurait pas beaucoup de temps entre le moment où il pourrait quitter l'appartement et celui où il devrait réceptionner son «marché» autant ne pas se perdre en route. Il commencerait par les galeries. Il savait à peu près ce qu'il voulait et les plus importantes étaient situées dans le centre ville pas loin des musées. Pour sa petite surprise il avait repéré deux adresses entre Columbia Eights et West end dont les noms lui avaient plu. Secret Pleasure Boutique et Adam & Eve...tout un programme.

Beckett gara son 4x4sur son emplacement privé et avec une certaine lassitude entra dans l'ascenseur qui l'amena jusqu'au dernier étage. Elle n'eut pas le temps de faire deux pas, qu'elle fut interpellée par Candice.

- Bonjour, agent Beckett, il vous attend dans son bureau.

- Nous avons une affaire? Demanda-t-elle aussitôt.

- Oui, et ça doit être plutôt sensible, le procureur était déjà là quand je suis arrivée. Et ça n'arrive pas souvent.

- Très bien, merci Candice.

Deux minutes plus tard Kate était assise face au procureur.

- Voici une enquête qui sera pour vous l'épreuve du feu, si j'ose dire.

- De quoi s'agit-il Monsieur?

- Le capitaine de frégate Samuel Edison, a été retrouvé mort ce matin par son ordonnance. Ça s'est passé dans son appartement dans le quartier de Georgetown.

- Comment a-t-il été tué?

- Une balle dans la tête, mais il n'était pas seul. Il était en charmante compagnie, une femme du nom de Kerstin Eilenbecker, elle aussi tuée d'une balle dans la tête.

- Sa compagne ou une maîtresse?

- Cela n'a pas encore était établi, tout ce que l'on sait c'est qu'elle travaillait à l'ambassade d'Allemagne en tant qu'attachée culturelle. Quant au capitaine il travaillait au Pentagone en tant que spécialiste en cryptologie. Et c'est là bien entendu que tout se complique, nous savons par son ordonnance, le quartier maître Harry Larson, que l'ordinateur d'Edison a disparu et son coffre a été fracturé.

- Conflit entre les services?

- C'est peu de le dire, l'Ambassadeur d'Allemagne a contacté le département d'État, le ministère des armées veut que se soit les services secrets de la marine qui s'en occupent au vu de la spécialisation du capitaine et la police de Georgetown dit que la victime étant une civile, elle a le droit de poursuivre l'enquête et comme il s'agit d'un officier, le NCIS est sur le coup aussi! J'ai donc été réveillé par un coup de téléphone du Procureur Général des Etats -Unis ce matin aux aurores. Elle a tranché, elle veut que je prenne l'affaire en main, elle désire une personne neutre donc par conséquent, vous.

- Très bien Monsieur, je m'en occupe immédiatement.

- Tenez, il lui tendit des dossiers, voilà tout ce que nous avons pour le moment. Si vous avez un souci avec le NCIS dites-le moi, leur directeur Leon Vance est un ami, je l'appellerai si nécessaire.

- J'espère que cela ne sera pas utile Monsieur.

Beckett repartit avec les dossiers sous le bras, elle qui voulait une enquête, celle-ci s'annonçait complexe. Elle demanda aux agents Arrow et Franklin de la suivre dans son bureau. Elle nota qu'ils parurent tout aussi soulagés qu'elle d'avoir enfin quelque chose à se mettre sous la dent. Elle les mit rapidement au courant de l'affaire et ensemble ils commencèrent à noter sur le tableau toutes les infos dont ils disposaient, c'est-à-dire pas grand-chose.

- C'est plutôt vide, nota Harrow.

- Pour le moment seulement, précisa Beckett. Franklin et vous, vous allez à la morgue récupérer le rapport du médecin légiste pour Kerstin Eilenbecker, puisque son corps y a été transporté. Ainsi qu'au service de la police scientifique, je veux tout ce qu'ils ont trouvé. Ensuite enquête de routine sur sa vie, je me charge de l'ambassade et de la police de Georgetown.

- Et tout ça, sans faire de vague. Répondit-il avec un sourire. Ah Washington!

Beckett, les regarda partir amusée, le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils étaient tous les deux au fait des «ménagements de susceptibilité» commune à la Capitale. Elle quitta son bureau, sa première visite serait pour le lieutenant Fawler. Elle arriva au commissariat vingt minutes plus tard, se présenta à l'accueil où un officier lui dit où trouver ce dernier. Le policier était facile à reconnaître, sa chevelure rousse, coupée en brosse ne passait pas totalement inaperçue. Beckett se dirigea droit vers son bureau.

- Bonjour, lieutenant Fawler?

- Oui, et vous êtes?

- Lieu… agent spécial Kate Beckett, je suis là pour…

- Le double homicide, je me demandais quand le FBI allait faire son apparition. Je crois que j'ai ma réponse. Dit-il en soupirant, alors que puis-je faire pour vous agent Beckett?

- J'aimerai toutes les informations que vous avez au sujet de cette affaire.

- Oh ça va être très rapide, je n'ai presque rien, le NCIS a déboulé et on a été prié de se retirer.

- Vous n'avez pas l'air surpris de ma demande?

- Vous savez, nous sommes à Washington et si l'on devait entrer en conflit avec les autres services à chaque fois qu'une enquête comme celle-ci se présente, nous passerions notre temps à nous disputer l'os plutôt que d'essayer de résoudre l'affaire. Dit-il fataliste.

- Je vois…

- Nouvelle dans la grande ville? Et ancien flic?… votre hésitation lorsque vous vous êtes présentée.

- Oui et effectivement j'ai été lieutenant à la criminelle à New York.

- Dans ce cas je vous laisse le bébé avec moins de réticence. Venez, allons dans la salle de pause, je vous offre un café.

- Merci.

Après avoir préparé deux cafés et avoir donné sa tasse à Beckett, Fawler reprit.

- Nous n'avons pas grand-chose, mais en résumé voilà ce que l'on sait. D'après le gardien de l'immeuble, Kerstin Eilenbecker, venait assez régulièrement chez le capitaine Edison et passait tous ses week-ends avec lui.

- Ils étaient en couple?

- Peut-être pas, mais ils se fréquentaient régulièrement depuis un mois. Je viens de recevoir son relevé téléphonique mais je n'ai pas eu le temps de le regarder, idem pour son compte.

- Et pour la scène de crime, quelque chose de particulier qui vous aurait marqué?

- Non, tout était net, enfin si on fait abstraction des deux corps dans le lit. Mais là pas de signe de lutte, une balle dans la tête tous les deux. Et le coffre a été fracturé proprement aussi, celui qui a fait ça connaissait son affaire.

- Je suppose qu'en plus du gardien, il y a des caméras de surveillances dans un immeuble de standing tel que celui-ci.

- Oui, mais là le NCIS est arrivé et ce sont eux qui ont les enregistrements. Un de nos flics du CSI a repéré une fenêtre mal fermée et des traces de chaussures sur l'appui. Donc cela voudrait dire que le tueur est passé par la fenêtre en venant du toit.

- Je vous remercie pour les infos lieutenant, et pour le café.

- Pas de quoi.

Ils retournèrent au bureau de Fawler et il lui remit le dossier qu'il possédait sur l'affaire.

- Bonne chance avec le NCIS, ils vont être beaucoup plus difficiles à convaincre.

- Je n'en doute pas.

Après avoir pris congé du lieutenant, elle se rendit à l'ambassade d'Allemagne et fut reçue par le responsable du personnel. Ce dernier la rassura tout de suite en disant qu'il avait reçu ordre de l'Ambassadeur de lui fournir tous les éléments nécessaires à son enquête, ce qui soulagea Beckett qui ne devrait pas à batailler pour les obtenir. Le jeune femme était rattachée à l'ambassade depuis quatre ans et s'occupait bien de promouvoir la culture allemande auprès des Musées, des offices de tourismes et autres organisations culturelles de Washington. À sa connaissance, elle n'avait aucun problème avec les autres employés. Par contre il ne put lui dire comment elle avait rencontré le capitaine de frégate. Peut-être une de ses collègues féminines pourrait la renseigner, il s'arrangea pour que Beckett puisse interroger toutes les personnes travaillant directement avec Eilenbecker. Mais aucune d'elle, homme ou femme, ne put lui dire comment avait eu lieu leur rencontre, d'autres parurent même surpris d'apprendre qu'elle fréquentait un homme.

Beckett retourna donc à son bureau et avant de commencer l'étude du dossier fourni par Fawler, elle appela le patron du NCIS, rendez-vous fut pris pour le lendemain 9h30. Puis, elle contacta le patron d'Edison au Pentagone, le général Crowley, qui lui donna rendez-vous pour 15h45 le jour même. Les deux jeunes agents arrivèrent une demi-heure plus tard avec tout ce qu'ils avaient pu regrouper comme éléments. Durant les heures qui suivirent, tous les trois épluchèrent les dossiers, notant sur leur ordinateur, toutes les informations importantes, qui allaient directement s'inscrire sur le tableau tactile. Les informations concernaient surtout la jeune femme, pour l'homme il y avait encore beaucoup de «trous».

Après la pause déjeuner, ils reprirent leur travail de fourmi, puis à 15h00 Kate quitta son bureau pour se rendre à son rendez-vous avec le général. Techniquement il ne lui fallait pas plus d'un quart d'heure pour se rendre au Pentagone, mais elle ne voulait surtout pas arriver en retard. Cependant une mauvaise surprise l'attendait, le général avait été appelé pour une affaire urgente. La jeune femme n'était pas dupe, c'était une façon détournée de lui faire perdre patience et lui faire comprendre qu'elle n'était pas la bienvenue. Et elle dut ronger son frein durant plus d'une heure avant d'être reçue. Bien entendu, le général lui donna du «classé confidentiel» à presque toutes ses demandes jusqu'à ce qu'elle lui fasse comprendre que ce n'était pas adéquat.

- Écoutez Général, maintenant ça suffit! Un homme est mort et sa famille à le droit de savoir pourquoi, tout comme la famille de cette jeune femme! Vous m'avez fait attendre plus que de raison et maintenant vous refusez de me répondre. Alors soit vous changez d'attitude tout de suite, soit je retourne voir mon patron qui appellera le sien qui en fera autant avec le votre avant que ce dernier ne vous appelle!

Le coup de bluff était osé, car le patron du procureur général n'était autre que le Président des États-Unis, il n'appellerait certainement pas lui-même mais chargerait un de ses conseillers de le faire. Mais cela fonctionna et le général se montra beaucoup plus coopératif, elle repartit donc avec une copie du dossier personnel d'Edison. Et même avec quelques parties censurées, elle avait de quoi avancer un peu dans l'enquête.

Elle regarda l'heure en montant dans son 4x4, 17h15, elle pesta contre le général, elle allait rentrer en retard à cause de lui. La circulation à Washington à l'heure de pointe était catastrophique, de plus elle devait déposer le dossier à son bureau avant de rentrer. Mais l'avantage de son poste, c'est qu'elle seule choisissait ou pas de faire des heures supplémentaires, et elle avait décidé de n'en faire que lorsque Rick ne serait pas là, histoire de s'occuper, ou quand la situation le demanderait. Or là, ils n'en étaient encore qu'au stade de la paperasse et les deux agents étaient là pour ça, après tout le procureur avait été assez clair à ce sujet. Elle appela donc Castle pour le prévenir de son retard.